‹ Œuvres complètes de ThéophileChapitre 57 sur 62 · APOLLON CHAMPION · texte numérisé non relu

APOLLON CHAMPION

oy de qui les rayons font les traits du tonnerre Et de qui l'univers adore les autels, [la guerre, Moy dont les plus grands Dieux redouteroient Puis-je sans deshonneur me prendre à des mor- J'attaque malgré moy leur orgueilleuse envie, [tels ?

Apollon champion. 277

Leur audace a vaincu ma nature elle sort: Car ma vertu , qui n'est que pour donner la vie , Est aujourd"huy forcée à leur donner la mort.

J'affranchis mes autels de ces fascheux obstacles , Et foulant ces brigands que mes traicts vont punir, Chacun d'oresnavant viendra vers mes oracles Et préviendra le mal qui luy peut advenir.

C'est moy qui , pénétrant la dureté des arbres , Arrache de leur cœur une sçavante voix, Qui fais taire les vents, qui fais parler les marbres, Et qui trace au destin la conduicte des roys.

C'est moy dont la chaleur donne la vie aux roses. Et fait ressusciter les fruicts ensevelis ; Je donne la durée et la couleur aux choses , Et fais vivre l'éclat de la blancheur des lys.

Si peu que je m'absente, un manteau de ténèbres Tient d'une froide horreur ciel et terre couvers ; Les vergers les plus beaux sont des objects funèbres , Et , quand mon œil est clos, tout meurt en l'univers.

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