‹ Œuvres complètes de ThéophileChapitre 7 sur 62 · Dans son apologie, Garasse avoue avoir remplacé le mot · texte numérisé non relu

Dans son apologie, Garasse avoue avoir remplacé le mot

SUR Théophile. lîij

a 6° Job recogneut fort bien les flammes éternelles, « mais il ne les mérita jamais , et pria Dieu de l'en « garentir; et Théophile, recognoissant des flammes a éternelles, estoit ou si insensible de les désirer, ou a si profane de les appliquer à ses impudicitez , car « c'est ainsi quil parle en la page cciii de ses œuvres :

Moy,je demande seulement Du plus sacré vœu de mon anie Qu'il pleust aux dieux et à ma dame Que je bruste éternellement.

a Je prie le bon Dieu, pour le zèle que je porte à « son salut, qu'il ne luy accorde pas le contenu de ses a requestes, car elles sont de la nature de celles dont « parloit Seneque , lesquelles ne peuvent eslre accor- « dées aux postulans qu'à un très grand préjudice de « leur bonheur. »

Au sujet du Traité de Timmortalité de l'âme : « Je « m'attens bien qu'on me mettra devant les yeux, pour c m'imposer silence, le Traicté de l'immortalilé de l'ame, « faict et imprimé par un je ne sçay qui , soy-disant a Théophile , qui est estimé l'un des principaux chefs « de la bande libertine, et que par conséquent j'ay tort « de diffamer ainsi mal à propos des personnes d'honcc neur, qui sont en crédit et authorité aux meilleures « compagnies. Il est vrai que j'ai leu ledit Traicté de ce l'immortalité de l'ame conjoinctement avec sa Larissa, « qui est une pièce grandement deshonneste. Mais à « cela je respons deux choses : la première, que j'ay « bien veu des Bréviaires imprimés à Genève, quoy « qu'à Genève on ne recite ny vespres ny matines , et c( ceux qui se moquent de nostre Bréviaire sont ceux-là « mesmes qui le font imprimer à cause qu'ils voyent « que c'est un livre de bon usage , qui se débite aise-

incague par des points . afin d'assimiler cette épigramme au sonnet sodomite du Parnasse satyrique et à la satire des Sueurs impudiques « où se trouve profanée la sainte ampoule de Reims ». Plusieurs mots de ces pièces ne sont imprimés qu'à moitié et sont terminés par des points. C'étoit , de la part du jésuite , une escobarderie.

liv Notice

« ment. Ainsi ce Théophile, pour relever un peu les « brèches de sa réputation et endormir les plus foibles « esprits, s>st advisé , durant les longueurs de son (( bannissement, de traduire le F^haedon et le faire imu primer, luy donnant ce tiltre De Cimmortalité de a l'ame , d'autant qu'il s'est apperceu que c'est la « commune créance de tout le monde, et que, pour « effacer ses anciennes flestrissures , il n'y avoit un plus (c souverain remède que de faire l'hypocrite aux des- (( pens de Socrate, et faire suer les presses d'impri- « merie un peu plus honneslement qu'il ne sua jadis « par ces anciennes sueurs dont il se vante luy-mesrae « en la première page du Parnasse satyrique.

ce C'est ainsi que Lucilio Vanino, le plus infâme a atheiste de nos jours, a cependant escrit contre les « atheisles, ainsi qu'un usurier crie contre les autres, « quoy que ce soit avec un dessein bien différent. Ainsi « Théodore de Beze a faict des epigrammes contre « l'impudicité; ainsi les autbeurs de la Quintessance a satyrique ont composé contre l'yvrognerie, et j'at- « tens qu'au premier jour le ministre Moulin fera uq « livre contre la bouffonnerie.

a La seconde chose que je responds à l'Immortalité de « ce Théophile, c'est qu'il a beau dire, ses actions de- (( mentent sa parolle; sa plume n'est pas semblable à X son discours ; les tavernes regorgent encore des hon- « teuses et vilaines propositions qu'il a vomy dans leurs « sales. 11 me souvient que Martin Luther, pourmons- « trer avantageusement qu'il ne croyoit point Tim- « mortalité de Tame , dit que, quant à luy , il ne pre- « noit aulre consolation qu'à manger et à boire ^ c< ainsi que j'ai rapporté cy-dessus. Or, c'est le mesme « sentiment et la mesme profession de foy que faict ce « Théophile, car voylà comment il parle en la page (( cent vingt et deux de ses œuvres ramassées , quand il « descrit l'entretien de ses tristes pensées durant soq « bannissement :

Autrement, dans l'ennuy d'un lieu si solitaire, Où l'esprit ny le corps ne treuve rien à faire,

SUR Théophile. Iv

Où le plus philosophe, avecques son discours, Ne sçauroit sans languir avoir passé deux jours , Le chagrin m'eust saisy, sans une grande chère Qui deux fois chasque jour encliantoit ma misère: Car je n'ay sceu trouver, de l'humeur dont je suis , Un plus présent remède a chasser mes ennuys; Et si , comme tu dis , vous avez tous envie De me faire passer un jour de douce vie , Appresle de bons vins.

c< Telle fut la consolation de Martin Luther, et telle est u aujourd'huy la consolation de Théophile : boire , raan- « ger, s'enyvrer; au partir de là, bon esprit et sainct a personnage.

« ... Si Luther est le premier qui ait proféré cette « parolle, que pour cent ans de vie en ce monde il « quitteroit volontiers sa part de paradis, il peut avoir « cette misérable consolation quil a esté suivy de « beaucoup d'autres, autant ou plus libertins que luy : « car, pour laisser les horribles blasphèmes des autheurs « du Parnasse de Théophile , qui posent leur paradis « en leurs impudicitez, et leur enfer en Tesloigneraent c( de la cour , et , faisant bonne chaire deux fois le jour , « disent que Job n'a jamais enduré un martyre pareil « au leur, qui est une profanation très impie de l'Es- « criture Saincte, ce qui me faict hérisser le poil et gla- « cer le sang dans les veines, c'est l'impunité avec la- « quelle nos libertins font courir deux sonnets non imu primez parmy les gens de la cabale, l'un et l'autre si « blasphématoires, que le diable, voulant faire des sonce nets , ne sçauroit en composer de pires. »

« Au premier, ils mettent la félicité du paradis à « l'enchère et vendent tous les plaisirs des bien-heu- « reux , tous les contenteraens de l'autre vie et tous les « meubles du ciel empyrée pour un double , comme « si Dieu estoit un banqueroutier, ou que, pour s'accc quiter de ses debtes, il fust contraint d'exposer à ce l'encan tousses moyens. Au second, qui est addressé tt à un seigneur assez renommé parmy les libertins , ils ce protestent qu'ils ne sont pas de ces buses qui se lais-

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Notice

« sent prendre à la pipée pour l'espérance d'un paradis « imaginaire; que c'est une lycanthropie d'esprit qui « a introduit celle fable du paradis et de l'autre vie ; « que, pour eux , ils n'en croyent rien non plus que des « fables d/Esope, et que, pour se guérir l'esprit de ces « sottes imaginations, le meilleur remède est de s'ena yvrer profondement.

« Je vous demande pardon , lecteur catholique , si « j'ose profaner vos oreilles par le récit de si horribles a impielez , et je vous asseure que si ces deux pièces « de poésie n'estoient communes et trivialles entre tous ((. les libertins, je n'en eusse faicl aucune mention. Je « n'ay pas voulu neantraoins les transcrire ny coucher « sur le papier , de peur de les enseigner à ceux qui ne w les sçavent pas : il me suffit que vous appreniez avec a horreur que l'impiété est maintenant en règne, et qu'à « grande peine pourra-t-elle jamais s'estendre et desa border au-delà de ce que nous voyons. »

La section vingt et unième est faite sur le mot Piien. 11 paroît que Théophile avoit dit, en parlant du péché originel, que nos premiers parents avoient été chassés pour rien du paradis , et sur ce rien Garasse entasse toute sorte de déclamations. Il paroît aussi que les mots Vinquisition d'Espagne, la tyrannie du pape , éioieni employés par Théophile dans ses discussions religieuses, et ils prouvent que le huguenot avoit été mal converti; ils prouvent aussi que les espions des jésuites écouloient aux portes. « Un je ne sçay qui disoit, il n'y a pas un « moys, à une personne, laquelle il redouble : Je campe u maintenant, depuis le retour du roy. » Et le révérend cite Tertullien : Sedes incerta, vita cruda, libido promiscua.

Les injures ne tarissent pas , et le poète est accusé d'avoir décrié son pays : a Nous le descrire comme les ft faux-bourgs d'enfer, c'est en cela qu'il sera desad- « voiié de tous ceux qui accompagnèrent le roy à la « conquestede ses villes rebelles, qui confessent que dece puis la feiie ville de Tonins jusques à Clerac est le « plus agréable paysage et le meilleur terroir quils

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c< ayenlveu en France : car, en effect, on dit que les hu- « guenots et les crapaux ne se logent jamais qu'en « bonnes terres. » Le poète a eu le malheur d'appeler son pays son bannissement.

Panât est aussi bon catholique que îuy.

Les libertins ont leur bibliothèque: Poraponace, le Paracelse , Machiavel, et au second rang Hierosme Cardan, Charron et Lucilio Vanino.

a Le troisiesrae ordre qui se void en la bibliothèque K des libertins sont des livres qui concernent non i' seulement la créance, mais qui touchent aussi les moice nés, et sont des ouvrages d'une si horrible impudi- « cité que j'ay honte d'en parler clairement; seulement « diray-je que ces vilains , et nommément TAmy de a Dieu , qui porte la marotte , et faict un bouchon de « son nom au Parnasse et à la Quintessance, ont faict en « sorte qu'on estimera désormais aucunement honnestes o et passables les Priapées , le Petronius , le Martial « et les impudicitez de Beze.

« Outre et pardessus ces trois ordres de livres , les « libertins ont en main le Rabelais, comme Fenchiridion « du libertinage. Ce vaurien ne mérite pas la peine « qu'on en parle; je dis seulement que, pour le bien ce qualifier, il faut dire de Iuy que c'est la peste et la ce gangrené de la dévotion. Il est impossible d'en lire ce une page sans danger d'offenser Dieu mortellement, ce je dis quand mesme il ne seroit point défendu par les a censures ecclésiastiques. Je proteste en conscience que ce je n'en ay jamais leu quatre lignes de suitte; mais, à Ci voir ce qui est rapporté de Iuy dans les œuvres de ce raaistre Estienne Pasquier, lesquelles j'ay assez dilice gemment feuilletées , j'estime que Piabelais est un très ce maudit et pernicieux escrivain , qui succe peu à peu ce l'esprit de piété, qui desrobe insensiblement l'homme ce de soy-mesme, qui anéantit le sentiment de religion, ce en un mot K/îTToâyio; Y\j-/o/./.é-;:rr,i , qui a faict plus a de degast en France par ses bouffonneries que Calvin G par ses nouveau tez. »

Les dernières lignes de ce livre indigeste sont un

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dernier reproche adressé à Théophile : il a changé son nom , il s'appelle Théophile tout court.

Ces extraits peuvent donner une idée de ce gros inquarto appelé la Doctrine curieuse, l'Ànli-Theophile^ espèce de ragoût assaisonné d'une prodigieuse érudition et de celte éloquence populaire qu'affectionnaient les prédicateurs de la Ligue. Autant de sections , autant de litanies de maudits : Luther et Calv in , Charron et Lucilio Yanino ; enfin, Théophile.

La Doctrine curieuse fut bientôt suivie d'une Apologie. En effet, Ogier, prieur commcndataire de Chomeil, s'étoit empressé de publier une réponse à Garasse : Jugement et censure de sa Doctrine curieuse, Paris , 1623, in-8. Ce jeune Ogier étoit grand ami de Balzac, et il écrivit, dans cette circonstance, sous ses inspirations, comme il fit en écrivant V Apologie de Balzac. Cet ouvrage passe même pour être de Balzac. Nous verrons que ce dernier avoit une vieille rancune contre son ancien régent (iarassus , qui étoit comme lui d'Angoulérae, et y avoit fait les quatre vœux en 1618, après avoir consacré plusieurs années à l'enseignement. Il va sans dire qu'Ogier fait bon marché de Théophile ; mais, en atta'iuant l'ouvrage en lui-même , il mit le jésuite dans la nécessite d'en défendre le but et de préciser ses précédentes accusations.

Ogier reproche notamment à Garasse de parler à chaque instant de la Pomme-de-Pin et du Cormier : a II « y nomme incessamment ces lieux de desbauches, la « Pomme-de-Pin et le Cormier, jusques à en saouler le a lecteur, non à deux pistolGS par teste , car il ne luy « sert autre mets que ces deux noms de taverne :

II ne donne au lecteur {viandes malheureuses) Que des pommes de piu et des cormes pierreuses.

« Tellement que qui veut maintenant sçavoir où a sont les fameuses tavernes , qu'il lise Garasse ; qui ce veut sçavoir à quel prix on y est traicté , qu'il lise « Garasse ; qui veut sçavoir où se vend le bon vin ,

SUR Théophile. lix

K qu'illise Garasse. Vrayment , s'il vient à mourir,

Jlarris en seront les voisins , Car il enseignoit les bons vins.

oc Quanta la Pomme-de-Pin , je ne sçay pour quelle a raison il en fait mention nommément ; pour le Cor- V mier, sans doute il luy met im bouchon dans son lia vre , pour le recompenser d'un traictement qui luy (c fut faict lorsqu'il presclioil cest advent passé à Sainctt< Eustache. w

Le jésuite répond dans son Apologie :

« Lucilio Vanino et ses compagnons ont, à leur ad- « vis, quelque froide excuse en leur impiété, sçavoir : « une resolution philosophique qui les porte au mespris (( de la mort , et de là les jette furieusement jusques à « celuy de leur ame. Théophile Viaud et ses complices « semblent se mettre à couvert des reproches qu'on « leur faict par un lasche et faux desadveu de leurs « vilainies. Les frères de la Croix de Roses sont du na- « turel de la rose , et ont quelques demangezons amou- «< reuses, comme les appelle Julian l'empereur, car les « amorces de sçavoir toutes choses , le désir de se ren- « dre immortel, l'espérance, quoyque vaine, de s'enri- « chir sans travail, sont véritablement Epwrt/.à /.vt7//.aT«. c( Les illuminez de Seviile n'ont pas faute de couleur « pour plastrer et enduire leurs erreurs; mais quand « l'abomination de désolation se loge dans ce sanctuaire, « c'est-à-dire quand les ecclésiastiques changent trais- « treusement departy , et se glissent dans les tentes de « Tantechrist non tanqvam esploralores, scd tanquam « transfiiga, nous pouvons dire que l'affaire est deses- « perée, et adjouster, en gémissant , ce que nostre Sei- « gneur disoit : Quand vous verrez ces choses , levez « vos testes, pour cequ'asseurement le jour de vostre « rachat s'approche.

« Je ne suis point entré dans les cavernes , et moins « dans les tavernes , pour descouvrir les blasphèmes « horribles de Viaud et ses complices, car ce qu'il (Ogier) « dit touchant le sieur Cormy, et du soupper que j'y

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a pris , il a esté fort mal informé ; et, s'il se fut enquis a plus outre , il eust appris que le sieur Cormy me don- « noit à soupper tousjours devant les advnns , suyvant « la coustume et la commission qu'il avoit de Messieurs « les marguilliers de Sainct-Eustache, et que souvent « il souppoit avec moy luy-mesme et un très honeste a homme de ses amis, qui ne receurent jamais que très « bonne edilication de ma hantise.

« Nostre ecclésiastique, reconnu dans Paris, ou pour le a moins dans les cabarets de Paris, pour compagnon et « camarade éternel de Théophile Viaud , se fasche fort « contre moy de ce que, pour qualifier la secte des li- <i berlins , je ne l'appelle quasi point autrement que Ves- « cfiolle de nos jeunes veaux.-.

« Le dernier remède est d'envoyer nos jeunes sodomia tes et épicuriens en galère.

a Théophile est un beau nom , mais il'est accompagné « de très laides circonstances. Pour mon particulier, je a proteste devant le ciel et le3 anges que le motif que « j'ay de luy faire la guerre ne vient d'aucun interest « personnel ou particulier , et que , s'il est autre que je « ne pense , je suis son très fîdelle serviteur ; voire qu'il « soit ce qu'il est, je dis pour sa personne, je me met- «■ trois en pièces s'il falloit employer ma vie pour son c< salut.

« Mais pour ce qu'il est publiquement ennemy de « Dieu et lui faict la guerre par ses propositions séance daleuses, par ses mœurs , par ses desbordemens ordi- « naires, je dis courageusement que, tandis qu'il sera Cl autre par effect que Théophile, ou qu'il sera seulece ment Théophile de nom, qu'il se bandera contre l'honcc nesteté de mœurs , la religion et la pieté , il peut atcc tendre de moy service, mais non pas paix. Je ne puis ce perdre rien de plus ny rien de moins que la vie ; je ne ce puis craindre rien de plus ny lien de moins que la a mort. Jusques là j'auray du mouvement, du zèle et Cl de la parole; quant aux effects, ils suivront, si Dieu a le veut : Incrementum dai Deus.

« Tout le monde dit publiquement qu'il est atheiste,

SUR Théophile. Ixj

n corrupteur de la jeunesse et abandonné à tous les vices a imaginables ; mais quand il faut le déposer juridique- « ment, il se trouve peu de personnes qui ne soient c( muettes...

« Je ne veux non plus rapporter les horribles blas- « phemes et brutalitez du Parnasse satyrique qui por- « tent son nom, puisqu'il desadvoiie le livre et est « réduit à ceste nécessité d'avorter et estouffer son fruict « pour se justiiier.» (Ce qui n'empêche pas le jésuite de revenir quelques lignes plus loin sur le sonnet et la satire.) Il veut bien n'accuser que ces propositions :

Fragments d'une histoire comique. Première journée : Que ie tempérament du corps force le mouvement de l'âme.

ce C'est-à-dire que qui a le tempérament du corps et a la complexion portée à Timpudicité ou ryvrognerie « doit estre yvrogne nécessairement et impudique... u Proposition tirée de l'eschole d'Epicure.

« ...11 faut avoir de la passion pour les belles fem- « mes.... Proposition brutale, contraire au texte de TE- « vangile. »

...H ne se porte plus aux voluptez secrcttes qu'avec quelque modération ,« qui est publiquement au- « thorizer l'impudicité. » // a/î?je la bonne chère, les « livres.

La bonne chère, «chose horrible et scandaleuse à un « homme de lettres ».

Le sonnet à Isîs : Les dieux seroient contraints de pécher avec elle.

Sur la mort d'un de ses amis : Trois larmes en feront la raison : l'ame est mortelle.

Philis le regarde de travers : Dieu le père se venge sur lui de la mort de son fils : « parolles scandaleuses « qui mettent la mort de Jésus-Christ en parangon de « l'œillade d'une garce. »

« 11 est au Castelet, on va le conduire à la Conciergece rie. Au lieu de songer à sa conscience, il fait des stan- <c ces. On parle à Paris de le faire brusler tout vif, et il a s'amuse à faire des rymes, »

Ixij Notice

Un divertissement qu'on doit permettre à l'homme, Et que Sa Sainctelé ne permet pas à Rome,

la sodomie*.

« ...Pour conclusion de ce qui touche Théophile « Viaud, je dis que cet esprit desnaturé ne fait jamais « bien qu'en meschancete, et nettement qu'en vilenies « Je dis nettement quant au style, et horriblement pour ce les pensées et paroles. »

Théophile devoit payer seul les frais de cette petite guerre. Garasse se réconcilia avec Ogier, et lui écrivit le 7 février i6'i4 : « J'ay senti un contentement singulier, i< sçachant et de vous et de ceux qui vous hantent <.c plus familièrement que, grâces à Dieu, vous avez en a horreur les libertinages dont quelques uns vous acca- « soient trop légèrement , et que mesmes vous n'aviez « de vostre vie veu de cinquante pas seulement ce paua vre homme aussi mal nommé que mal moi igené, qui « a donné le principal sujet à mon livre de la Doctrine ce curieuse.

« Nous sommes en cela semblables, car j'ay rendu a grâces à Dieu mille fois de ne l'avoir jamais veu, tant ce pour faire veoir au monde que je n'escris contre luy c( pour aucun interest personnel, ainsi que quelques ce foibles esprits se sont persuadez , comme aussi pour ce ce que j'estime la veuë de semblables personnes du ce naturel de celle du Basilic. Ab his , dit Tertullian, vel ce videri invisurn est. »

La vue du poète ne devoit plus blesser les yeux de ses ennemis. Le Pioi et le Parlement lui permettoient de fuir lentement; le P. Voisin et le lieutenant le Blanc ne le permirent pas. 11 faut lire dans la Requête et dans VAjjologie au roi , dans la Pris-e de Théophile - et dans le Procès-verbal de son emprisonneme)it ^, la triste histoire de sa capture et de tout ce qu'il eut à souffrir; il faut voir se bander la grande et noire machine. Voisin

i. Le jésuite a changé punit en permet. V. l'Apologie de Théophile.

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