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DynasUe Pich&dAd.
Si les Kéaniens ont été les Mèdes, leurs prédécesseurs devraient être les Assyriens de Ninive. ^os romanciers ne citent et ne connaissent pas un seul de ces noms , et cependant ils disent que leurs monuments sont anciens. Kéomars fut, selon eux , le premier homme ou rot. Nous saurons bientôt qu'en penser.
Le cinquième des Piche-dàd ùxe d'abord notre attoition ; nous croyons le reconnaître dans tous ses traits et même dans son nom. Écoutons les chroniques :
a Djem- Chid régnait depuis 5 ou 600 ans sur b « Perse ( les années ne coûtent rien ) : il résidait « à Estahar, qu'il avait embellie; il y avait £ait « une entrée triomphale à l'équinoxe du printemps, « le jour où le soleil entrait au bélier ; et de là vint « le Naurouz des Perses.... Il avait divisé la nation .« en trois classes j les guerriers, les laboureurs, \ei « artisans; il avait composé ou soumis sept pn>- « vinces. Son règne était glorieux, lorsque Dieu, « pour le punir d'avoir voulu se faire adorer, suscita « contre lui un ennemi puissant , qui le renversa.
« Cet ennemi fut Zohàk, qui, selon quelques « auteurs, fut son parent; mais qui, de l'avis de « tous , fut un prince Tàzi, c'est-àniire arabe. Les « uns le disent fils immédiat de Cheddéd, fils ^AAdr « ancien roi d'Iemen : d'autres disent sealemeot « qu'il en descendait par Olouàn on Olouian. Zo- « hâk, à la tête d'une puissante armée, chassa Djem- « chid , qui disparut , et voyagea incognito pendant « 100 ans sur toute la terre... Devenu roi , Zohàk « fut un tyran très-cruel; ce fut lui qui inventa di- « vers supplices, entre autres celui de mettre en « croix et d'écorcher vif: on lui donna divers snr- « noms, tels que Piour-asp, c'est-à^ire, en pehievi, « l'homme aux dix mille chevaux , parce qu'il mar- « chaition}Owcse8CortédedixmiUechevaux(a'(U)es « brillants d'or et d'argent (il est évident que ce « fut un corps de cavalerie d'élite ). On le nomma « aussi tantôt Hotnairi , c'est-à-dire Homérîte ; tan- * tôt QaiS'lohoub , c'est-à-dire le Qaisi aux armes
SUR L'HISTOIRE ANCIENNE
« itineelarUes*;tantôtqfdehdceimâr,c'est'èi-dÏTe « serpetU, par la raison qu'il avait sur les épaules « deux serpents attachés à deux ulcères que le diable « y avait imprimés par deux baisers. Pour remède , « il avait conseillé à Zohdk d'y appliquer des cer- « velles d'hommes et d'enfants : on remplissait les « prisons de victimes destinées à cette œuvre exé- « crable. Les geôliers, touchés de pitié, en lai^- « sèrent échapper quelques-uns, qui se réfugié- « rent dans les montagnes, et devinrent la souche « des Kurdes. Deux enfants d'un forgeron de la « capitale du Pars ( la Perse } ayant été saisis, leur « père, appelé Gao ou Kao , ameuta le peuple par « ses cris, et devint chef d'abord d'une sédition, « puis d'une armée régulière , dont l'étendard prin- « cipal fut le tàbUer de cuir que Gao avait élevé < au bout d'une perche. Ce tablier, qui ne cessa « depuis d'être l'étendard royal , ftit successivement « enrichide tant de pierreries, que lorsque les Arabes « s'en emparèrent à la bataille de Qadesia ( Tan « 652 de notre ère ) , il fit la fortune du corps arabe « qui le prit.
« Gao, devenu général , ne voulut point accep- « ter la royauté; il la déféra à un descendant des « anciens rois d'Jderbieffàn ( la Médie ) , qui me- * nait une vie retirée dans ce pays-là. Ce nouveau « roi , appelé JMdon ou Feridon , secondé de Gao, « battit ZoÀàk, parvint à le saisir, le tua, selon « les uns , ou, selon d'autres, l'enferma dans les « cavernes du mont Demaonend ( en HyrcatUe ). « Or Zohâk avait régné dix générations ou dix siè-* « des ( car l'on n'est pas bien d'accord sur oe « point). »
Voilà les contes populaires que débitent sérieusement, et que croient dévotement la plupart des historiens musulmans et parais : certainement nous avons ici bien des Êibles ; mais sous leur broderie , nous avons aussi un fond de vérités historiques. Essayons de les démêler.
La Perse proprement dite ( ayant pour capitale Estakar ), envahie et subjuguée par un roi étranger, reporte nos idées vers l'Assyrien Ninus et le MèdePbraortes, seuls conquérants que lui connaisse Phistoire. Mais cet étranger, nous dit-on, fut un Arabe, un Homairi, c'est-à-dire un roi sabéen. Nous en connaissons plusieurs; recherchons celui-ci : son père ,ottFunde ses pères, ètaU le célèbre Cheddàd, fils d'Aède l'un et l'autre anciens rois d'Iemen ; nous avons vu ces noms dans les traditions arabes de Schultens. Aboulfeda parlant de Harel Arroges, nous a dit qu'il était fils de Cheddâd,
' La radne lahah manque dans Tarabe ( voyez Golfus ) , mais elle subtUte dans l*hébreu , qai , en plusieurs cas, explique très-bien le vieil aralw.
46Ô fils à'Aàd S anciens rois d'Iemen ; Haret serait donc le Zohdk des Perses, comme il est, dans Ktesias, VArraHos allié de Ninus et coopérateur de ses con-
« n est évident que ce nom S^Add fut, chez les anciens Arabes, le nom de beaucoup d'individus, en même temps quMl était celui d*une tribu. Ainsi chez les Hébreux, Manaué, Siméan, Éphmfm, noms de tribus, sont aussi des noms d'individus. Parmi les merveiUe$ du monde , les Arabes citent le puits de MoaUala chez les Madianitêt, issus d'^dd, tribu expulsée de llemen. Les Madianites sont cités avant Moïse : donc l'expulsion des Aàdites date de bien plus loin.
Dans leurs récits mêlés de fables , les auteurs arabes citent relaUvement à Cheddâd, plusieurs faits d'une exactitude vrair ment historique et très instructifs. Par exemple, Chehah-eldin, dans son Uvreir^Z)fomafi(leBPeries), rapporte que* « AAd eut un grand nombre d'enfants dont trois régnèrent « après lui, (savoir) Monddr, Cheddâd, et Loqman. Ched- <c dâd ayant succédé à BiandOr, fit de grandes conquêtes dans « l'Afrique Jusqu'à l'Océan. Après 200 ans d'absence, revenu « en lemen , il ne voulut point résider an château de MAreb , « et il acheva le château appelé El-Mocheyâd , commencé par « son frère Mondâr. U y employa avec proftision l'or, l'argent « et les pierres précieuses ( qu'il avait rapportées de ses oon- « quêtes). Les murs étaient ornés intérieurement des pierres « les plus rares , et le pavé était de marbre de diverses coun leurs ( c'était une mosaïque ). Cheddâd avait reçu de la na- « ture une/orv« de corps prodigieuse (son nom en dérive : a chedid sigirUle/or< ) ; ii pliait le fer avec les doigts , et l'éclat « de sa voix eût pu tuer un lion.,,, U vécut très-âgé, et vitsa « postérité se mulUpUer à l'infini...
« ht Jardin nommé Aram-Zdt-el-èmâd ( Aram aux colon- « nés), est encore un ouvrage de ce prince. AyAnt lu dans « ( certains ) Uvret révélée la description du paradis , dont les « colonnes sont d'or et d'argent , la poussière de musc et d'am- R bre, les gazons de safran et d'Iris , les cailloux d'hyacinthe « et d'émeraude, etc. il voulut imiter cette magnificence... ' « n choisit une plaine délicieuse, coupée de looo ruisseaux, N et il y bâtit un palais enchanté, etc.
« Dans son livre des MerveilUt de IHeu**, bqoatl s'exprime « plus historiquement sur cet ouvrage : jéram aux eolonneê, « dit-il , est une ville située entre Sanaà et Hadramaut : elle « a été bâUe par Cheddâd, fiU d'Aâd, ancien roi des Arabes ; <f elle avait de longueur la parasanges , et autant de largeur « ( c'est presque la dimension de Moscou ); elle renfermait un « nombre infini d'édifices merveUleux, etc. »
Il faut laisser à l'écart toutes les fables que les écrivaiw ont brodées sur ce riche canevas : les 900 ans de Cheddâd ne doivent pas être de leur invention : leur analogie avec les âges prodigieux des antiquités Juives, prouve seulement qu'alors les années n'étaient pas composées de 12 mois, comme nous l'avons vu dans la Chronologie des Hébreux. En ne prenant que l'essence des faits rapportés dans l'arUcle ci-dessus , nous y trouvons une indication daire.... que dès avant le temps de ^Tofvf etde Piinus, et en remontant Jusqu'à celui de Sétoe-^ trie, les Arabes d'^en avaient d^à fait en Afrique ces grandes expéditions qu'ils répétèrent au temps de Salomon : ils avalent pu d^, bien antérieurement, établir cette colonie d*BtfiiopienM Abiuine, dont l'origine, suivant le savant Ludolf , se perd dans la haute antiquité , et qui diflérant totalement de la race nègre pu leurs cheveux kmgi , leur figure ovale et leur Idiome tout à fait arabique, attestent une invasion étrangère qui expulsa les naturels du riche pays qu'arrosent les affluents du haut NU. On conçoit comment un prince doué de moyens éminents comme Cheddâd , put faire des expéditions dont ses prédécesseurs lui avaient ouvert les voles, et ensuite déployer un luxe dont le royaume de Thèbes lui offrait les modèlfls : il est à remarquer que le mot Arum, qui dans les langues arabiques ne signifie rien , dans le sanscrit
* Vojes Jfatlee det meaMuerUê ortmtcMx, tome n, pag. ilg. ExtndI pur M. d« Saey.
«'^ Notice dM BUDDMritf orieotau, tome II , pag. 39}.
TOLMST.
RECHERCHES NOUVELLES
quêtes : or la Perse fut préciscmeiit l^une de ces conquêtes. D*autres circonstances viennent appuyer ces aualogies : par exemple , le corps de dix mille chevaux arabes brillants cTor et cT argent, d'où vient l'épithète de qaislohoub. En effet, plusieurs auteurs font Uaret >£^ ou partisan de Qais , nom qui , chez les Arabes, fut de toute antiquité celui d'un parti distingué par le drapeau rouge, en opposition au lamarUy distingué par son drapeau blanc : enfin l'invention du supplice en croix rappelle la cruauté de Ninus envers Pharnus, roi de Médie, et lie ensemble les récits de Ktesias , de Mirkondet d'Aboulfeda. Mais selon Ktesias, la Perse fut assujettie à l'empire assyrien, et non aux rois Tobbas, Arabes; il faut donc supposer que Haret en ayant fait la conquête comme lieutenant et allié de Pïinus, l'ayant peut-être gouvernée quelque temps , a porté tout l'odieux de l'invasion , et qu'ensuite l'ayant remise aux Assyriens , le nom de Zohàk, que nous allons voir désigner tout être puissant malfaisant, a passé collectivement, selon le style oriental , à la dynastie entière de liinus : de là ce règne de 1,000 ans attribué à Zohàk, durée qui a quelque analogie avec les 1070 que Yelleïus attribue aux rois d'Assyrie k
Si notre manière de Yoir est juste, Féridon, vainqueur de Zohâh et libérateur de Yiràn, doit être Arbàh, vainqueur de Sardanapal et libérateur des Perses amenés par Gaô au secoure des Mèdes; et réellement, ainsi q^^Arbàk\ Féridoun est Méde de naissance ; il vit en Aderbidjàn ou Médie ; il est de race royale , mais il vit en simple particulier. Il devient roi par élection, promu par Gao, comme Arbâk l'est par Belesis; il règne à Ourmi, ancienne capitale de la Médie propre ; enfin U abdique, et tout indique qa'Arbàk dut abdiquer.
Ferdpufii ajoute que la ville où Zohàk fut attaqué par Féridoun, s'appelait la forte Nevehet , ou
signifie iatxfm; et que le paradit décrit par certains livres révélée, est le paradis indou, tel que le décrivent les Ptmranas : en sorte que nous avons ici rindication évidente de la diffosion du brakmitme.àé» ce temps reculé; et ce nom d'Arum, jardin, donné au riche pays de la Mésopotamie, prouve, avec bien d'autres noms géographiques, que le système Indien s'étendit Jadis , comme Fa très-bien vu Wilford , dans tout le continent de l'Asie. Pour des yeux libres, Thoriion de l'antiquité s'éloigne et s'étend a mesure que l'observateur avance; mais pour qui porte les lunettes Juives, dès quelques pas au delà d'Abraham , l'horizon est obstrué par le mont Ararat et par les ténèbres cbakléennes, où l'imagination fascinée n'aperçoit que des figures gigantesques et des ètresfantastiquesdansdes nuages bizarrement dessinés. > La qualité de parent de menichid se trouve même en harmonie avec la tradiUon citée par Maseoudi, que Vnne des quatre tribus arabes primitives possédèrent la Perse, et furent une portion alUée de ses habitants; l'une de ces tribus portait le nom d'^dcf , qui a dû faire équivoque avec lepâredeC%««f<fd<f.
Nuhet ; et c'est le nom oriental de Nin-nuh ou Mn- Nevet {séjour de Ninus), où Sardanapal fut atuque par Arbâk. Quant à ce que le poète ajoute de son chef, que Nevehet est Ailia, c'est-à-dire Jérusalem , on voit là l'ignorance historique et géographique du musulman, puisque le nom à' Ailia ne fut introduit qu'au temps d'Adrien. C'est par suite de cette fausse interprétation que décrivant la marche de Féridoun, Ferdousi lui finit traverser le Tigre , au bord duquel l'action se passa.
Un écrivain antérieur à ceux que nous copions, l'Arménien Moyse deChorène, aconnu au cinquième siècle ( vers 450 ) toutes ces traditions perso-mèdes , et en nous présentant les noms de Zokak et de Fridoun sous une forme plus ancienne, il nous fournit d'utiles renseignements.
« Comment vous amusez- vous (dit-il à son ami « Isaac Bagratou), comment vous amuses-vous des « plates fables populaires sur Biour-aep-AzdaÂdkf « Et conmient m'imposez-vous la tâche de tous ré- « péter les contes absurdes sur son bienfaU-mé- « fait y sur les démons qui le servent? de vous ra- « conter comment Hrodan (ou ^rodan) le lia avec « des chaînes d'airain, et l'emmena au mont Dem- « baouend? Comment Hrodan s'étant endormi en « route, Biourasp l'entraînait vers une collîne, « lorsque Hrodan réveillé le conduisit à la caverne, « où il l'enferma?... etc. » (pag. 77.)
Ici notre épithète connue de Piourasp, jointe à /izdehak, nous prouve que ce dernier nom est la véritable forme ancienne de celui de Zohàk , et que les Persans modernes lui ont fait une mauvaise étymologie, en l'expliquant deh-àq , ou dix hontes. Moyse de Chorène est plus autorisé et mieux instruit qu'eux, lorsqu'il nous dit que dans la langue arménienne [analogue en plusieurs points à l'ancien mède ] s le mot Azdehak signifie drcu^o , grand serpent; ce qui est le sens même du mot persan màr, que nous avons vu être une épithète de Zohàk , ayant pour type fondamental le draco borea- Us, génie de l'hiver et de tous ses maux y dont Zoroastre fit sa grande couleuvre ^ Ahrimàn.
D'autrepart, l'Arménien Mosès nous dit, page 38, que le nom arménien et mède d'Ast^ag, fils de Kyaxar, était Azdehàk, qui n'en diffère que par l'échange des consonnes fortes avec les consonnes faibles (aSTuaG aZDehâK); d'où il résulte qu'Astyag , roi méchant et fourbe , fut aussi un Zohàk * ;
' On trouve dans Tancienne Arménie le mont Capotes, qui est un mot pur sanscrit, signifiant le lingam (phaUus); rXraxés perce une montagne à un lieu appelé Ordovar, H ke Gange en fait autant au lieu appelé Heridvdr , etc.
* Si Ton observe qu*en parlant de la déMte d'Astyag par Tigrane et Kyrus, Mosis fait menUon de sa maison (militaire } de 10,000 AvMs, Ton penieva qu*U a voulu déripier le
SUR rmSTOIRE ANCIENNE.
et ce nom dut être appliqué par les Arméniens et les Perses à toute la dynastie mède ; car d'une part, Mosès ajoute que dans les yieilles diansons des paysans de son temps, la race ^Aslyag était appelée race des dragons : et d*autre part , si nous analysons le nom de Délôk dans sa prononciation grecque, nous y trouvons nettement Dohdk , synonyme incontestable de Zohàk.
Alors que les rois mèdes, et spécialement As- (yag, ont, comme les Assyriens et SardanapcU, reçu des peuples opprimés le nom de Zohàk ou de génies du mal y leur libérateur Féridoim devra se trouver Kyrus, qui effectivement le fut comme Arbdà. Dans les récits de Moyse de Ghorène, Hrodan on Urodan est le mot même de Fridoun ou Firidoun, attendu que les Arméniens ne prononçant pas/, ils le remplacent par H, comme font les Espagnols dans les mots hfjo , hacer^ Merroj etc. pour JijOf facere, ferro. Ce qu'ajoute une autre tradition persane, « que Férîdon, après avoir «vaincu Zohâk, envoya en Ahissinie une armée « contre Koûs-FU-Dendan , c'est-à-dire contre « Y Éthiopien dUX dents d'éléphant^ frère de « Zbhak ; » de récit , qui porte un caractère antique dans ses expressions , ne peut convenir à Arbâk , et convient très4>ien à /T^rti^, dont le fils Cambyses fit la guerre aux Éthiopiens, que nous savons être une race fraternelle des Homérites ; enfin cet entraînement d^Azdebâk au mont Dembaouend, convient encore à Kyrus , qui , selon Ktesias ', confina Astyage chez les Barcaniens ou ffyrcaniens, dans le pays desquels se trouve le mont Dembaouend : ceci nous expliquerait un fait historique cité par Mirkond :
« > Vers Tan 1000 de notre ère, dit-il, lorsque « Mahmoud Sebecteghin détruisit la dynastie des « princes de Gayr , la tradition du pays était qu'ils •t descendaient des enfants de Zohàk, auxquels « Féridon laissa la vie, en transportant leur père « au Dembaouend. »
Or Ktesias dit qu'Astyages ^ , pour sauver ses enfants et ses petits-enfants, se livra lui-même à Kyrus.
corps des 10,000 eavaUen dévora' partie oonflUtoante de Tétat militaire des Assyriens , pois des Mèdes, pais des Perses, ou nous le trouvons sous le nom des 10,000 immortel», Del6kès et Kyros ne firent que copier Nlnus : par suite d^imitatkm, les Tartaies ont copié les Perses dans leur Umman de 10,000 cavaUers.
> Ktesias dans Photlas , p. Iio.
* Yoyea d'Herbelot, Biblioih. orient, au mot Sâm ben Souri. En général le lecteur trouvera les traditions que nous citons , soit dans la Bibliothèque orientale, soit dans le livre V" de VBiêtoire uninfeneile, tome IV, io-i*», dans lequel est inséré un extrait de Mirkond.
3 Ktesias en Pbotitts.pag. tm.
Un autre fait paradoxal cité par un écrivain grec , se trouve redressé en prenant encore Astyag pour Zohàk. Clitarque , cité par Athénée ' , prétendait , contre tous les autres historiens, qaeSardanapal, après avoir perdu son trône, n'avait point perdu la vie , mais qu'il avait vécu jusqu'à une grande vieillesse. Clitarque aura entendu les Perses dire cela de ZoAdA; et comme Sardanapal est aussi un Zohàk ^ cet auteur s'est mépris dans l'application , et il a attribué au dernier roi assyrien ce qui appartenait au dernier roi mède ; l'un et l'autre vaincus par un Féridowij avec des circonstances très-ressemblantes.
Selon les anciens romanciers persans, Féridoun, vainqueur de Zohàk, épousa une de ses filles dont il eut deux fils , Tour et Salem. Rien de tel ne peut se dire d' Arbak, vis-à-vis de Sardanapal ; mais selon Ktesias, Kyrus, vainqueur d'Astuigas-Azdehak, ■ épousa sa fille, et en eut deux fils, Cambyses et , Tanyo-Xarcés '. Féridon épousa une autre femme de sang perse, dont il eut Irei^ : leur ayant partagé Fempire, il abdiqua. Nous ne connaissons point d'abdication à Kyrus; mais nos auteurs sont sujets à ces fictions : d'ailleurs le récit de Ktesias a ici quelque analogie.
a Kyrus mourant, nomma pour son successeur « Cambyses, son fils aîné; en même temps il éta- « blit TanioxarcèssouverainindépendantdesBsiC'' « triens, des Choramniens, des Parthes et des « Kermaniens (c'est-à-dire de la partie orientale « de son empire); et de plus il donna aux deux « petits-fils d^Astidgas les deux satrapies des Der- « bikes et des Barkaniens. »
Voilà une sorte de partage tripartite. Ktesias ^ ajoute que Cambyses fit périr son frère Tanyo- Xarcès, et \ei romanciers disent qulredj fut tué par ses frères. Quant à ce qu'ils ajoutent, qu'Iredj donna son nom à Viran, et Tour au Tour-an, ils oublient, ou plutôt ils ignorent que dès la plus haute antiquité, l'histoire nous présente la Médie sous le nom d'Aria et d'Ériéné, et le pays montueux de l'ouest et du nord , sous le nom générique de Taur et Tour; ils confondent tout, et leurs récits ressemblent à un jeu de cartes brouillé.
Ce fils à^lredj, nommé Manutchehr, venge sa mort, en faisant à ses oncles une guerre où ils périssent : ce dernier trait ne ressemble à rien de connu. Quant aux actions de Manutchehr, pendant son règne de 60 ans , elles ressemblent à celles de
> Athénée, lib. Xn, édlt de Schwel^anser, tome lY, page46S.
* Hérodote est d^aoooid , seulement U donne à ee second le nom de Smerdie.
3 Hérodote dit la même chose de Smerdit.
ao.
RECHERCHES NOUVELLES
Déîok. et de Kyaxarès. Phraortes est toujours supprimé. Manutchehr, comme Deîokès, rétablit Fordrepublic , divise Tempire en provinces , crée des gouverneurs, institue des chefs de bourgade indépendants des gouverneurs, de peur que ceux-ci n'eussent trop de moyens de se révolter : il fait creuser des canaux par tout TÂderbidjan, c'est-à-dire par toute la Médie; il élève des remparts autour des villes (allusion aux remparts d'Ekbatane), et se livre uniquement à Tadministration : comme Kyaxarès, il est troublé par une irruption de Turks (les Scythes) que conduit Afrasiab : il se réfugie dans les montagnes près de la Caspienne; il y est assiégé longtemps inutilement, et finit par expulser les Turks, en négociant avec eux. Il a deux ou trois successeurs, Nouder, Zou et Kershasp, qui n'ont que des règnes très-courts troublés par Afrasiab , ennemi opiniâtre , vainqueur et possesseur
final de la Perse et de tout Ylran Alors s'élève
Ké Qobad et la dynastie des Kéaniens, que nous avons vu n'être r^llement que la copie défigurée des quatre rois mèdes d'Hérodote : Manutchehr ne serait-il point le Mandaukés de Ktesias, que plusieurs dialectes prononceraient Mandautchehr f Et ses insignifiants successeurs seraient des doublures du même Ktesias, en sorte que le système persan établi au temps de cet auteur, serait devenu la base de ces récits parthiques ou sasaniens ; et réellement ils nous présentent le même système de doublement et de répétition que nous avons vu dans Ktesias. En remontant au premier roi de la dynastie Pichedad, Kéomors lui-même semble en êtreune preuve nouvelle : tout ce qui en est rapporté convient à D^lohès et à Ké Qobad. D'abord son titre de Ké est mède, et l'associe aux Kéaniens; ensuite sa qualité de premier roi, et son épithète de Pishdddy c'est-à-dire donneur de {lois) Justes , caractérise spécialement le premier roi mède d'Hérodote.
« Selon Kondemir < , Kéomors était né dans « VAderhidjan, c'est-à-dire en Médie; ce fut là, « et non en Perse , qu'il résida et régna. Il était fils « de simple particulier : les habitants du pays éprou- « vaut les tristes effets de V anarchie, résolurent « d'établir un chef unique, dont la volonté fût la « loi générale. Les vertus de Kéomors le firent « choisir : on le revêtit de la robe royale , on lui a plaça le tàdj ( la tiare ) sur la tête. Il fut le jpre- « mier roi à qui on baisa les pieds. Il érigea des « tribunaux de justice ; il ordonna de construire « des viUages et de vivre en société ; il inventa (ou
* Yoyes VHiiUrirû univertelle, kt4^, tome lY, pag. 6 et saiv.
« introduisit) des fabriques de toile, de draps et o de coton. Le bonheur dont jouirent ses sujets, R engagea ses voisins , de proche eu proche , à le « reconnaître aussi pour roi. Plusieurs assurent « qu*Ufid aussi de la religion des mages, »
Tout cela n'est-il pas exactement ce qu'Hérodote nous a déjà dit < de Déîokès? La dernière phrase, absurde dans le système persan, qui fait naître Zerdoust bien des siècles plus tard, est au contraire, dans notre système, et lumineuse et vraie.
Désormaisil devient superflu d'analyser les quatre successeurs de Kéomors, dont l'un, tué à la guerre, ressemble à Phraortès ; il suffira d'avoir démontré que ces prétendues histoires anciennes , compilées par les Perses modernes , ne sont que des copies défigurées des mêmes histoires originales que nous ont fait connaître les écrivains grecs, plus voisins des temps, et plus raisonnables : il est arrivé ici au sens moral, ce qui arrive au sens physique, lorsque d'un tableau ou d'un portrait primitif, l'on fait tirer par des mains peu habiles plusieurs copies l'une sur l'autre : dès la seconde, on voit s'altérer la ressemblance, et à la troisième oo quatrième, le modèle n'est plus reconnaissable que par l'analogie des traits principaux. Malgré tout ce que l'amour des choses nouvelles ou merveilleuses a dicté d'éloges à quelques partisans outrés de la littérature orientale, on peut assurer que dans le genre historique spécialement, les fruits qu'elle rend ne valent pas, à beaucoup près, la peine qu'ils coûtent. Notre conclusion n'est pas qu'il faille entièrement la négliger ; nous pensons , au oontraiie, qu'une gratitude particulière est due à ceux qui exploitent cette mine pénible et peu abondante; mais nous ajoutons qu'il est nécessaire que dans le choix des matériaux, ils portent un genre d'esprit trèsdifférent de celui des vrais croyants, pour qui la critique est un art inconnu. L'article suivant , où nous traitons des Babyloniens , en nous fournissant à chaque pas l'occasion d'exercer cet art, va nous donner de nouvelles preuves de son importance.
CHRONOLOGIE