‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 169 sur 230 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le nouvel ouvrage que Je présente au publie est le fruit de trois ans de voyages et de résidence aux ÉtaU-Vmi, dans des drconstanoes de temps et dans une situation d'esprit bien différentes de celles de mon voyage en Turquie.

Udrsqu^en 1788, je partais de Har8dIIe,c*était de plein gré, avec cette alacrité , cette confiance en autrui et en soi , qn*inspire la Jeunesse : Je quittais gaiement un pays d'abondance et de paix, pour aller vivre dans un pays de barbarie et de rai- ■èie, sans autre motif que d'employer le temps d*une Jeunesse Inquiète et active à me procurer des connaissances d'un genre iieuf,et à embellir, par dles, le reste de ma vie d'une aotéole de considération et d'estime.

Dans Fan S, an contraire (en 1796), lorsque te m'embarquais au Havre, c'était avec le dégoût et llndlfférenoe que donnent le spectade et l'expérience ■ de l*taOustioe et de la persécution. Triste du passé, soudeux de l'avenir, J'aUals avec défiance chez un peuple iibn , voir si un ami sincère de cette liberté profanée trouverait pour sa vldllesse un asile de paix dont l'Europe ne lui offrait plus d'espérance.

Ce fut dans ces dispositions que Je visitai successivement presque toutes les parties des États-Unis, étudiant le climat, les lois, les habitants et leurs mcsurs, prindpalement sous le rapport deU vie sodale et du bonheur domesUque... et td ftat le résoHat de mes obeervatlons et de mes réflexions, e considérant d*une part la perspective orageuse et sombre

que étl

la France et de l'Europe entière ; les piobabtlilés de guerres Ignés et opiniâtres, à raison de U lutte élevée entre des yogis au dédln et des lumières eroissanles; entre des dcs-

Bottsmes vieillis et de Jeunes libertés insnrgenies;... d'antre pvt, Ffevenlr padflqoe et riant des «tats-UnIs, de la fKiUté à devenir pioptMIalre, à nison de namense étendue des tenez à peupler ; de la nécesdté et des profits du travail ; de la Hberté des personnes et de l'taidustrie ; de U douceur dn gouvernement, fondée sur sa faiblesse Béne; partons ces mo- Ufk, J'avais pris la résolution de rester aux Ëtats^nis, lors- > J'avais été dix ads d«M. tes iirlMM, Jwqa'aprit U 9 ther-

qu'au printemps de 1796 , une épidémie d'animoslté eoatn In Français, et la menace d'une rupture Immédiate, mlmpoièRst la loi de me retirer. Ce serait peut-être Id l'occssioD de ne plaindre des violentes attaques publiques dirigées cootie ma dans les derniers temps de mon s^our , sous nDflneooe (Toa personnage tout-puissant; mais l'élection de I80l , en (aifast Justice de odie de 1797, m'a rendu une indemnité f-'^-*- '

> Je Ibrd ttéuunolu rmarqMr au à»Mffilat «Mto Tali» dMé d« priadpal grief par leqad ea bm raidit jwpetf (cviMm époqae le laagaf e et le rèflae devlareat «a vn! tirveriiat). l'« ■e eoppoea Tageat eecraC d'aa sewf ei nweiil doatle haeht •'••

rwit eeeeé de frapper aiee eemblalilee : l'on I fie» par laqn^e J'aaraie (boI eed VnmçMi») ttÊmà m MttÊm^» de lirrer la Loaldaae aa Direetoire (qai aaienlt à peiae); rt«* qaaad dee témolae aonbrcax et reepaetaMcs daae et Iiafrty. eoane ea Tirglaie et à FhUadeipUe, pwivaieal allHivieim opidoa, madfeetée à Poecaetea da miaiftra G****, étittieirb- Talion de la LoaieUae eerdt aa feax edcd poiMqae: 4<«DreM broaillerdt avec lee AmértealBi , et fortlSeralt lear paMfcaat fm l*Aaffleterre; qae la LoaLsiene ae eonreaalt eoae aacn n99^^ la France ; qae mb eolonlMaMat ferait trop diipeadiT,a<>«eael ; ea eonierratioa trop dUVeile, fliate de Bariae et de rtew daae notre ffOBTemeinent, Idataia, Tariablc, oMbarraet*, etc. <«■: qa'ea an mot, par la aataro dee ekoece, eUe ae ceavoeit a flndcneat n'appartleadreit qa'à la paleiaaco voUae, ^ «^ toM lee moyeoe d'oecaper , de ié#ta*« et do uiaeeng. — C*J opidoa, coatrdre à ocUe de la plapart do mm *pl»d"t»^ attiré lear baprobatioa , preiqno lear aatauidverelM ea i

et ea Fraaco. J'ai aéaaMlBe eoatlaaé do la dMadrt teH» teape oi U y avait qadqao eoarafo à la «aainnin. A^«d'W qa'elle a roça te plae fcaate dee aftiibiHene, tt éii* m'Itn !■■ ■de de m'ea fdro qadqao mérite.

L'oa eerdt UoaélQnA ri foo eaeail «aa U coiiN de ILMa à-àl'époqae méaeok iofraad IToeMitfiM >Mdeaaalt*|» ndsaaflw pabliee d'oetlae d de oeaiaMa» a'aidt peer «« qa'aao nweane d-Wrfwr, à eaaeo do mes opIaieM ew e» iwt •

la D^tum du eeadlMiene *t ^lafe-IMe. Camm ta"^* lettrée , et coano étraagor, eoaveat qaerftoaaé dans aa pei' * toate liberté, J'aTaic été daae le cas da i

DES ÉTATS-UNIS

De leUrar ai France ( |>raiiial an 6), il ne lembla utile de faire pour mes conciloyens un travail dont J*avals senti le besoin pour moi-même; Je conçus le projet de rassembler dans un cadra resserré, outre mes propres notions, celles qui étaienl épanes en divers livres, en rectiliant quelques pf^ugéa babils à une époque d*eotbousiasme. I>ana le plan que Je traçai. Je posais d'abord pour base le climat et le sol; pois suivant la méthode que Je crois la plus riche en résultats ( celle par ordre de matières ) , Je considérais la quantité de la population ; sa répartition sur le territoire , sa distrlbntion en genres de travail et d'oco^ation : les babitaides , c'estiHlire les wumn , résultant de ces occupations ; la combinaison de ces hai>itudes avec les idées et les pr^ugés de l'origine preniléra. Remontant à cette origine par l'histoire, le langage, les lob, les usages, Je ftdsais sentir l'erreur romanesque des écrivains qui appellent p««p<e net^fi vierge, une réunion d'habitants delà vieille Europe, Allemands, Hollandais, et surtout Anglais des trois royaumes. L'organisation de ces éléments anciens et divers en corps politiques me conduisait à rappeler succinctement la formation de chaque colonie ; à montrâfdans le caractère de ses premiers auteurs , le levain d'esprit qoi a servi de moteur à presque tout le système de conduite de leurs successeurs , selon cette vérité morale trop peu remarquée, « que dans les earporation» comme dans les hidividus, les premières habitudes exercent une inilyence prédominante sur tout le reste de l'existence. » — L'on eût vu dans ce levain une des principales causes de la différence de caraotère et dlndination , qoi se fait de plus en plus remarquer entra diverses parties de V Union, ^ La crise de l'indépendance, ea m'obligeant de ratraoer sommairement ses causes et ses événements , m'eût fourni des remarques nouvelles sur ses salies moina connues, moins observées : une foule de faits omis ou défigurés eût établi entra la révolution d'Amérique et la n^tre, une ressemblance bien plus grande qu'on ne la suppose vulgairement, et dans les motifs , et dana les moyens d'exéniUon, et dans la conduite des parba, et dans les fluctoations, même rétrogrades, de l'esprit public; enfin Jusque dans le cnractèra des trois assemblées principales, dont la première, chea les deux peuples, passe également pour avoir devancé d'une génération les connaissances régnantes, et la dernière, pour avoir étéen anrièredes principes acquis ( 1796 ) : en sorte que ces grands mouvements politiques , appelés révolutione , semblent avoir quelque chose d'automatique , qui dépendrait mohis des combinaisons de la prudence, que d'une marche et d'une série mécanique de passions.

En traitant de la période trop peu connue depuis la paix de llndépeodanoe , Jusqu'à la création du gouvernement fédéral , J'eusse démontré l'influence de cette époque d'anarchie sur le csiactèfe national ; l'altération de l'esprit public et de ses prindpes, par la rentrée des mécontents loyalistes, et l'Immigration d^uie foule de marchands anglais torys : l'altération de la bonne foi et de la slmpUdté primitives, d'abord.par le papêer-monnaie et le défont de lois et de Justice , puis par la ridiesse tesnporaire et le luxe permanent que la guerre d'Europe a introduit dans ce pays neutre : J'eusse fait sentir les avantagea que toute guerre d'Europe procure aux États-Unis; raocroissement sensible qu'ils ont retiré de la dernière , malgré la politique faible et vacillante de leur gouvernement; la diredion naturdie et progresdve de leur ambition vers l'archipel des Antiilea et le continent envhronnant ; la probabilité de leur extension, malgré les dividoos de parti et les germes d'un Bchlne intérieur ; J'eusse dévdoppé les diflérencM d'opinion et même dlntérèl qui partagent VUmon en États de fJEd ( New England ), et en États du Sud ; en pays atlantiques otcnpaysdeMladsdpl: la prépondérance de NiO^rtf! mer-

qiiué I«ar uteor n'était pu eaeore sa premier potte de l'éut. MdbearcucmeBt J'aTde adhéré a« Jageaieat 4e l'on des meUleon rivUemrs aaaldt , qd traitant ee livre de eorapUatioa eau méthode, «ans esaetltad<t de lUts et d'idées, ^oute qa'il la eroirait même soM» but, s'il n'en scfupeonmaU tm secret, et relatif on pays apolO' gisé, qtÊe le temps seuipowra éhotter. Or, en interprétant mon aatenr. Je prétendab qae ce bnt était de capter, par unejlatterie n<diimale, la fareor populaire et les saffrages des électears ; qaaod le fait eat vériflé la prophétie , le prophète ne fat pas oublié.

eantile dans les uns ; celle de V intérêt agricole dans les autres : la faibless^ de ceux-ci, causée par les esclaves; la force «ie ceux-là, causée par leur population libre et Industrieuse : J'eusse Indiqué une cause de schisme encore plus active dana le choc de deux opinions contraires, dites républicaine ei fédéraliste ; l'une soutenant la prééminence du gouvernement monarchique ou plutAt despotique sur toute autre forme de gouvernement ; la nécesdté du pouvoir arbitraire et absolu dam toute espèce de régime , motivée sur l'ignorance , les passions , llndodllté de la multitude, et autorisée par l'expérience et rexemple de la plupart des gouvernements et des peuples anciens et modernes; en un mot, toute l'andenne doctrine poUUco-religieuse , de la prérogative royale des Sluart et des ultramontains : l'autre opinion soutenant, au contraire, que le pouvoir absolu est un prindpe radical de destruction et de dé> sordre, en ce qu'U n'exempte les gouvernants ni des pasdons , ni des erreurs , ni de l'ignorance communes aux autres hommes : qu'U tend au contraire à les produire en eux , à les exalter : que la tsciUté de pouvoir tout, menant à vouloir tout, a ime tendance immédiate et directe à l'extravagance , à la tyrannie : que d la multitude est ignorante et méchante, c'est parce qu'dle reçoit une telle éducation de tels gouvernements : qu'en supposant que les hommes naissent videui, l'on ne peut les redresser que par un régime de raison et de Justice : que cette raison et celte Justice ne peuvent s'obtenir que par des connaissances qui veulent étude, travail, débat contradictoire, toutes choses qui supposent une indépendance d'esprit, une liberté d'opinion dont les hommes tiennent le droit de la nalura même, etc. etc. En un mot, toute la doctrine moderne de la déclaration des droits, sur laquelle s'est élevée l'indépendance des États-Unis. — Teusse discuté, d'après ce que J'ai oui des hommes les plus impartiaux , quelles conséquences peuvent avoir ces dissensions : s'y est vrai qu'une scission en deux ou trois corps de puissance , à une époque plus ou moins reculée , serdt aussi orageuse, ausd fécheuse qu'on le croit vulgairement; d , au contraire , trop d'unité et de concentration dans le gouvernement n'aurait pas des effets pemldeux à la liberté, dénuée d'adle et de choix ; et d trop de sécurité, trop de prospérité ne corrompraient pas radicalement %in jeune peuple ■, qui , en affectant de se donner ce nom , avoue bien moins sa faiblesse acludle, que ses prc^ets de grandeur futura; peuple qui mérite surtout ce nom àe jeune par llnexpérienoe et l'emportement avec lesquels U se livra aux Jouissances de la fortune et aux séductions de la flatterie.

reusse alors conddéré, sous un point de vue moral, la conduite de ce peuple et de son gouvernement, depuis l'époque de 1788, Jusqu'en 1796; et J'eusse prouvé par des faits incontestables, qu'U n'a régné aux États-Unis , proportionnellement à la population , à la masse des afEdres , à la multipUdté des combinaisons , ni plus d'économie dans les finances ', ni plus de bonne foi dans les transactions \ ni plus de décence dans la morale publique 4, ni plus de modération dans l'esprit de parti, ni plus de soin dans l'éducation et l'instruction ', que dans la plupart des États de la vieiUe Europe : que ce qui s'y est fdt de bon et d'utUe, que ce qui y a existé de llberié dvUe , de sAreté de personne et de propriété, a plutdt dépendu des habitudes populaires et Individuelles, de la nécesdté du travaU, du haut prix de toute main-d'œuvre, que d'aucune habile mesura , d'aucune sage poUce du gouvernement : que sur presque tous ces chefii, la nation a rétrogradé des principes de sa formation : qu'à l'époque de 1798, 0 n'a manqué à un parti que d'autres droonstances pour déployer une usurpation de pouvoir, et une violence de caractère tout à fdt contrarévoltttionndres : en un mot, que les États-Unis ont dû leur

* Toatee les Ms qne l'on fdt remarqacr aax Amériedns quelque imperfection ou quelque faiblesse dans lear état sodal , dans leurs arts et leur gouTemement, leur réponse est : •• Nous sommes un ieme peuple : » ils sous-entendent taissem^soms croître.

* Affdre d'Alfer, et oonstmcttoa des f^gates à 1,700,000 fr. la pléee.

3 Traité Jay comparé à cdul de Paris.

4 Afidre de M. Lyons eu plein congrès

5 Scandaleux désordres de coUrgc de Trincetown , et anllité des antres.

TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL

prospérité publique, leur aisance dvUe et particulière, bien plus à leur position insulaire , à leur élolgnement de tout toI- 6in puissant , de tout théâtre de guerre , enfin à la facilité générale de leurs circonstances, qu*à la bonté essentielle de leurs lois, ou à la sagesse de leur administration.

Sans doute, après tous les éloges prodigués par des écrivains d'Europe , et amplifiés par les nationaux , après la proposition faite en congrès de se déclarer la nation la plvM éclairée et la plus sage du globe , c'eût été là d'audacieuses censures ; mais parce qu'une censure quelconque n'est pas une preuve certaine de malveillance', parce qu^ine censure même Iqjuste a moins dlnoonvénients que la flatterie; et parce qu'aujourd'hui Je ne serai pas soupçonné de ressentiment, Je me fusse permis des observations dont la vérité, même sévère, eût été utile et avouée des bons esprits : et en rendant ce service d'un ami désintéressé. J'eusse cm rendre un hommage d'admiration à l'institution qiû, en ce moment, honore le plus les États-Unis, la liberté de la presse et des opinions '.

Enfin, considérant ce pays relativement aux immigrants firançais, J'eusse examiné, d'après mes propres sensations et l'expérience de beaucoup de mes concitoyens , quel genre de ressources et quels agréments de société peuvent trouver dans les villes nos rentiers et nos commerçants ; de quelle espèce de bonheur ils pourraient Jouir dans les campagnes : J'avoue qu'à cet égard mes résultats eussent pu paraître bizarres ; car, après avoir été sur te point de me fixer aux États-Unis, Je n'eusse pas néanmoins encouragé beaucoup de nos Français à suivra mon exemple. La raison en est, qu'autant ce pays off^ de fàdllfé aux Anglais, aux Écossais, aux Allemands, même aux Hollandais, par l'analogie du système dvil et moral de ces peuples , autant il oppose d'obstacles aux Français par la différence du langage, des lois, des usages, des manières, et même des inclinations ; je le dirai avec regret : mes recherohes ne m'ont pas conduit à trouver dans les Anglo-Américains ces dispositions fraternelles et bienveillantes dont nous ont flattés quelques écrivains; J'ai cru au contraire m'apercevoir qu'ils conservent envers nous une forte teinte des pr^ugés nationaux de leur métropole originelle ipr^ugés fomentés par les guerres du Canada ; faiblement altérés par notre alliance dans Vinsur^ reciion ; très-fortement ravivés dans ces derniers temps par les déclamations en congrès , par les adresses des villes et corporations au prârident M. J. A *^ , à l'occasion des pillages de' nos corsaires; enfin encouragés Jusque dans les collèges par des prix d'amplifications et de thèses diffamatoires * contre les Français. L'on ne peut d'ailleurs nier qu'il existe entre les deux peuples un contraste d'habitudes et de formes sociales peu propres à les unir étroitement : les Anglo-Américains taxant les Français de légèreté , d'indiscrétion , de babil ; et les Français leur reprochant une roideur , une sécheresse de manières et une tacitumité qui portent les apparences de la morgue et de la hauteur; enfin une telle négligence de ces attentions , de ces égards auxquels nous attachons du prix , que sans cesse l'on croit y voir llntenlion de l'impolitesse, on le caractère de la grossièreté. D faut qu'en effet ces plaintes ne soient pas sans fondement, puisque Je les ai également recueillies de la part des Allemands et des Anglais. Pour mol , à qui les Tnrks ont de bonne heure fait une éducation peu exigeante sur les formes, Je me suis plutôt attaché à rechercher la cause qu'à sentir les effets de celles-d, et il m'a semblé que cette incivilité nationale tenait moins à un système d'intentions , qu'à l'indépendance mutuelle, à l'isolement, au défaut de besoins réciproques où les circonstances générales placent tous les individus aux États-Unis.

Tel était le plan dont j'avais tracé l'esquisse, et dont quelques parties d^à étaient assez avancées : mais entravé par les affaires tantôt privées et tantôt publiques, arriéré surtout depuis un an par de graves incommodités , J'ai senti que le temps et les forces me manquaient pour porter le travail à son terme,

> Depuis raTénement de M. Jeffenon à la prétidenee, les fédéralistet n'ont eené de l'assaillir d'InTectWes dans les papiers poules ; et telle est la solidité des principes sur lesquels II opère , qu'il a tout laissé dire sans qnc son caractère en fftt ébranlé dans l'opinion publique : peut-être même s'y est-il afTerml.

* Voyes la notiee des prix de Princetown, en 1797 aC 179!.

et Je me suis déddé à ne publier que le TuhUans éê cUmstei du jo2, qui, sans nuire au reste, peut en être lépivi

En mettant au Jour ce nouvel Essai , Je suis loin d'avsir U confiance que plus d'un lecteur pourrait me supposer; csr te brillant succès de mon Voyage en Egypte , loin de ne dooaer la certitude d'en obtenir un semblable, me donne an cootnlic la présomption de la défaveur , soit parce que le si^et de roQvrage actuel est effectivement moins varié , plus sérirax , ph» sdentiflque; soit parce que trop d'éloges accumulés sar on livre, finissent par lasser la blenvelllanoe sur l'autrar, et qu'a tout temps il existe de ces Athéniens qui donnent la coqtâtU noire, uniquement par Tennui d'entendre t<N4ours dire da bien de ce pauvre Aristide, Tai même pensé quelquefois qall eût été plus prudent , plus habile à mon anMurpropre d'écrivain , de ne plus écrire du tout; mais 11 m'a semblé qQ'SToir bien fait un Jour, n'était pas une raison de ne plus ileo biic le reste de la vie ; et comme J'ai dû la plupart des consoUtioiB de l'adversité au travail et à l'étude, comme Je dois les ivantages de ma situation présente aux lettres et à la consIdérafioD des bons esprits, J'ai désiré de leur rendre un dernier tritml de gratitude , un dernier témoignage de xèle.

D'autre part, Je dois m'attendre à de scnipuleui«B crifiqqes de la part des Intéressés directs , les Américains , dont la pispart des écrivains semblent prendre à tâche de refiler les luropéens ; comme si , par une fiction bizarre , ils s'étsUisuleol les représentants et les vengeurs des indigëoes, leois piédéoesseurs ; sans compter le xèle presque fanatique que les («yasi anHgalUeans mettent à décrier tout ce qui vient d^me nation de Jacobins et d'athées ; mais le tempe , qui nivelle toot , fera Justice de la détractation comme de ta flatterie; et psree que Je n'ai pas eu la prétention d'être exempt d'erreur, il me restera du moins le mérite d'avoir attiré l'attention et provoqué de nouvelles lumières sur divers sv^ets auxquels Pod n'Mt peut-être pas sitôt songé.

La table des matières indique l'ordre que J'ai nlri, et la sqfets que J'ai'traités.

Je n'ai point adopté pour l'orthographe des noms anglais U méthode de la plupart des traducteurs , qui se contentent d'écrire les mots tels qu'ils les trouvent : les Anglais n'altiiboant pas aux lettres les mêmes valeurs que nous , il en résalte on grande différence dans U pronondation d'un même mot tracé ; ainsi le nom respectable de fTashington, est prononcé par eux presque Ouorchinn-tonn .* et Us ne nous comprennent pis quand nous le défigurons en Fazingueton '. Tai donc Iromé commode pour mes lecteurs de leur présenter ta vraie pranoodation francisée , sauf à renvoyer en note la manière d'écrire en anglais ; ainsi J'ai dit Soskoudna, au lieu de Susque-haniu ; grine (\ert), au lieu de 9rven;slrf/( nie), auliendejfr«f; ouaft (blanc), au lieu de white, etc. — Cétait ta néthode de nos écrivains au commencement du siède dernier; et Je n'ai pas d'aversion pour les andens us, quand il leor arrifc d'être raisonnables.

Les cartes que J'ai Jointes ne portent pas de grands délalh sur l'état politique, parce que ce n'est pas de lui que J'ai tiailé; mais ils sont nombreux , soignés , et la plupart nouveaux nr Tétai physique , dont Je me suis spédalement occupé.

> On a tniri en eflSet cette méthode dans ta pr^dérc Mais soft ^e Tantenr n'ait pn se charger de revoir les soit qne l'ex^eation ait présenté des difScnltés anxqneUes c pas attendu , le travail s'est tronvé très-défeetoeos. Ce nitatlon, tnlvl ponr qnelqnes mots, ne l'était pas pow antres ; de sorte qne , Iota de se trouver diminuée , ta aufmentée. Il (Ulalt, on mettre pins d'unité dans 1' réUbUr rorthographa anglaise. Moas avqna cm devoir dernier parti.

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DES ÉTATS-UNIS

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