‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 17 sur 230 · LB PEUPLE · texte numérisé non relu

LB PEUPLE

Gomment avez-vous donc acquis tant de richesses ?

LES PBIVILÉGIBS.

En prenant le soin de vous gouverner.

LES RUINES

LB PXCPLS.

Quoi ! axmsfaUgwms, et vous Jouissez ! nous produisons, et vous dUs^z! Les richesses viennent de nous, vous les absorbez, et vous appelez cela

gouverner! Classe privilégiée, corps distinct

qui nous êtes étranger, formez votre nation à part, et voyons comment vous subsisterez.

Alors le petit groupe délibérant sur ce cas nouveau, quelques hommes justes et généreux dirent : • D Êint nous rejoindre au peuple, et partager ses ferdeaux ; car ee sont des hommes comme nous , et nos richesses viennent d'eux. » Mais d'autres dirent avec orgueil : « Ce serait une honte de nous confondre avec la foule , die est faite pour nous servir ; ne sommes-nous pas la race noble et pttre des conquérants de cet empire? Rappelons à cette multitude nos droits et son origine. »

LBS NOBLES.

Peuple! oubliez-vous que nos ancêtres ont conquis ce pays, et que votre race n'a obtenu la vie qu'à condition de nous servir? Voilà notre contrat social; voilà le gouvernement constitué par l'usage et prescrit par le temps.

LB PEUPLB.

Race fntre des conquérants! montrez-nous vos généalogies! nous verrons ensuite si ce qui dans un individu est 90/ et rapine, devient vertu dans une nation.

Et à l'instant, des voix élevées de divers côtés commeneèrent d'appeler par leurs noms une foule d'individus fio6£e« ; et citant leur origine et leur parenté, elles racontèrent conunent l'aïeul, le bisaïeul, le père hii-même, nés marchands, artisans, après s'être enrichis par des moyens quelconques, avaient adfieté, àprix d'argent, la noblesse : en sorte qu'un très-petit nombre de famQles étaient réellement de souche ancienne. « Voyez, disaient ces voix, voyez ces roturiers parvenus qui renient leurs parents; voyez ces recrues plébéiennes qui se croient des vétérans illustres ! • Et ce fut une rumeur de risée.

Pour la détourner, quelques hommes astucieux s'écrièrent : « Peuple doux et fidèle, reconnaissez raatorité légitime : le roi veut, la loi ordonne. »

LB PBUPLB.

Classe privilégiée, courtisans de la fortune, laissez les rois s'expliquer; les rois ne peuvent vouloir que le sabii de l'immense multitude , qui est lepevpfe ; la loi ne saurait être que le voeu de \ équité.

Alors les privilégiés militaires dirent : « La multitode ne sait obéir qu'à la force, il faut la châtier. Soldats, firaq^wz ee peuple rebelle! »

VOLSCT.

LB PBUPLB.

Soldats , vous êtes notre sang ! frapperez-TOus vos parents, vos frères? Si le peuple périt, qui nourrira l'armée?

Et les soldats baissant les armes, dirent : a Nous sommes aussi le peuple, moutrez-nous l'ennemi! » Alors les privilégiés ecclésiastiques dirent : « Il n'y a plus qu'une ressource : le peuple est superstitieux; il faut l'effrayer par les noms de Dieu et de religion.

« Nos chers frères! nos enfants! Die» nous a établis pour vous gouverner. »

LB PEUPLB.

Montrez-nous vos pouvoirs célestes.

LES PBÊTBBS.

11 faut de la foi : la raison égare.

LE PEUPLB.

Gouvernez-vous sans raisonner?

LES PBÉTBES.

Dieu veut la paix : la religion prescrit l'obéissance,

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