LETTRE
alphabétiques, comme la pbéddeime, et noD pas nn abrégé d'hiéroglyphes , comme la chinoise?
20<* Si les premiers Chinois n*0Qt inventé lemr écriture que yen le vingt-huitième ou le vingt-neuvième siècle avant notre ère, ne peut-on pas dire que » dans l'état d'isolement et de séparation où vivaient alors tous les peuples, Talphab^ phénicien n'avait pas eu le temps et l'occasion de leur parvenir, et que s'ils l'eussent connu, ils n'auraient pohit pris la peine extrême de construire leur système si compliqué, si défectueux?
Telles sont, mon cher collègue, mes rêveries sur l'antiquité : à mes yeux, cette antiquité ressemble à une haute montagne dont les basses pentes, rapprochées de nous, offrent à notre vue des objets assez distfaicts, assez dairs ; mais à mesure que ces pentes montent et s'éloignent, les objets deviennent embrouillés, confus, jusqu'à ce qu'enfin les hautes cimes , perdues dans une région de nuages, ne laissent plus de prise qu'à notre imagination. La foule spectatrice, curieuse surtout de ce qui est o6<ciir, demande: Qu'est-ce quHl y a là-haut P Les empressés, comme il y en a partout, lui promettent, pour se rendre importants, de lui en rapporter des nouvelles; mais jusqu'à ce jour, ces prétendus explorateurs, sembkibles à certains voyageurs anciens et même modernes (qui ont fait leurs relations dans leur cabinet avant de voir les lieux), ne nous ont donné que des récits vagues, des oui-dire bizarres et discords. Pour visiter les hautes régions historiques, il foudrait des voyageurs de la trempe des Humboldt et des Saussure ; tout se ferait alors, tout se dirait d'après, inspection et par analyse. Pour ma part, il ne m'a été accordé d'approcher que des régions moyennes, et mes excursions m'ont seulement procuré l'avantage de reconnaître les fausses routes , et de découvrir des sentiers secretSy des escaliers dérobés, dont les marches solides peuvent conduire à des points élevés. Je me suis aperçu que les grands cbemins battus n'étaient tous que des culs-de-sac , au fond desquels on trouve de hautes murailles et des fossés, gardés par des gens d'un costume singulier, qui vous crient en latin, en grec, en hébreu, etc. : On nepasse pas. Quant aux sentiers secrets ou escaliers dérobés, j'en ai compté cinq principaux , à l'entrée desquels j'ai déchiffré
quelques notes Instructives, laissées sans doute par des voyageurs qui m'ont précédé. L'une de ces notes dit : « Sentier des monuments astronomiques andens , aoombrésde>rt»lesmytboiogiques et hiéroglyphiques tîoug trouverez à droite les fouilles entreprises par Bailly, et sur la gauche le cukle-sac de D*^*. »
Une autre note dit : « Sentier des mesures longnes, carrées, cubiques, comparées de peuple à peuple, d'époqw à époque : suives les fouilles entreprises par GosseJÎB, Jomard, Girard , etc. »
Une troisième : « Sentier des monnaies, dier médeilr les, comparées et analysées, ainsi que de divers arts induslrieox des anciens; suives les fouiUes de Gamier (pair), de Mongez , etc. »
Une quatrième : « Sentier des alphabets, coosidaà dans leurs rapports, leurs différences, leurs géoéalogiei Branche occidentale, phéaioo-pâasgne , latine, grecque, *e^ Branche orientale, phénico^yro-dialdtiqoe, pat< myrénienne, estranguekMurabe ; chereliei l'origine de réthiopien, dn sanskrit... »
Enfin unednquième : « Sentier des langues, aaalyaéa et comparées dans leurs systèmes grammaticanx, dans leurs éléments de prononciation , dans leurs mots ondi et scientifiques, dans les onomatopées de leurs mois dein- .miers besoins, ^. Analysedes opératàonsdereatendemest dans la formation dn langage, elc elc »
Voilà de quoi occuper la génération qui nous loit ije conçois que chez celles qui nous ont précédés, Fod ail quelquefois entendu des littérateurs cl des dodeois se plaindre que tout fût dit, comme je conçois que daas Saint-Pierre de Rome, aux jours de grande ftte, des aoardi se plaignent qu'on ne fait fÂus de musique , quand des ac* oords célestes remplissent les voûtes. Ah ! dans les études de la nature et de la vérité, ce ne sont pas les objets qm manquent, ce sont les sens de rbomme affecté de maladies physico^morales , qui lui font voir dans son eerveaa ce qui n'existe que là. Je puis en avoir ma part comme uo astre ; mais en ma qualité d'observateur et de médedn, je sois sur mes gardes; et je me préserve surtout du tétanos da l'intolérance.
G. F. YounsT.