‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 28 sur 230 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Solutton du problème des oontradictioos.

Et le législateur reprenant la parole, dit : « O nations! nous avons entendu les débats de vos opinions; et les dissentiments qui vous partagent nous ont fourni plusieurs réflexions, et nous présentent plusieurs questions à éclaircir et à vous proposer. « D'abord, considérant la diversité et l'opposition des croyances auxquelles vous êtes attachés, nous vous demandons sur quels motifs vous en fondez la persuasion : est-ce par un choix réfléchi que vous suivez l'étendard d'un prophète plutôt que celui d'un autre? Avant d'adopter telle doctrine plutôt que telle autre, les avez-vous d'abord comparées? en avez-vous fait un mûr examen? ou bien ne les avezpvous reçues que du hasard de la naissance, que de l'empire ^e l'habitude et de l'éducation? Ne naissez-vous pas chrétiens sur les bords du Tibre, musulmans sur ceux de l'Euphrate , idolâtres aux rives de l'Indus, comme vous naissez blonds dans les régions froides, et brûlés sous le soleil africain? Et si vos opinions sont l'effet de votre position fortuite sur la terre, de la parenté, de l'imitation, comment le hasard vous devient-il un motif de conviction , un argument de vérité ?

« En second lieu, lorsque nous méditons sur l'exclusion respective et l'intolérance arbitraire de vos prétentions, nous sommes effrayés des conséquences qui découlent de vos propres principes. Peuples! qui vous dévouez tous réciproquement aux traits de la colère céleste, supposez qu'en ce moment VÉtre universel que vous révérez, descendît des cieux sur cette multitude, et qu'investi de toute sa puissance, il s'assît sur ce trône pour vous juger tous; supposez qu'il vous dît : « Mortels! « c'est votre propre justice que je vais exercer • sur vous. Oui, de tant de cultes qui vous par- « tagent, un seul aujourd'hui sera préféré; tous « les autres, tonte cette multitude d'étendards, de « peuples, de prophètes, seront condamnés à une « perte étemelle. Et ce n'est point assez : parmi « les sectes du culte choisi, une seule peut me « plaire , et toutes les autres seront condamnées. « Mais ce n'est point encore assez : de ce petit « groupe réservé, il faut que j'exclue tous ceux a qui n'ont pas rempli les conditions qu'imposent^

LES RUINES

(' ses préceptes. O hommes! à quel petit nombre « d'éft(5 avez- vous borné votre race! à quelle pé- «i nurie de bienfaits réduisez-vous mon immense «'bonté! à quelle solitude d'admirateurs condam- « nez-vous ma grandeur et ma gloire! »

Et le législateur se levant : « I9*importç; vous Tavez voulu; peuples! voilà Turne où vos noms sont placés : un seul sortira.... Osez tirer cette loterie terrible.... » Et les peuples, saisis de frayeur, s'écrièrent : « Non, non; nous sommes tous frères, tous égauw; nous ne pouvons nous condamner. »

Alors le législateur s*étant rassis, reprit : « O hommes! qui disputez sur tant de sujets, prêtez une oreille attentive à un problème que vous m'offrez, et que vous devez résoudre vous-mêmes. » Et les peuples ayant prêté une grande attention , le législateur leva un bras vers le ciel; et montrant le soleil : « Peuples, dit-il, ce soleil qui vous éclaire vous paraît-il carré ou triangulaire? — Non, répondirent-ils unanimement , il est rond. »

Puis prenant la balance d'or qui était sur l'autel : « Cet orque vous maniez tous les jours, est-il plus pesant qu'un même volume de cuivre? — Oui, répondirent unanimement tous les peuples, l'or est plus pesant que le ciiivre. »

Et le législateur prenant l'épée : « Ce fer est-il moinsdur quedu plomb?— Non, » direntles peuples.

« Le sucre est-il doux et le fiel amer? — Oui. »

« Aimez-vous tous le plaisir, et haïssez-vous la douleur? — Oui. »

« Ainsi vous êtes tous d'accord sur ces objets et sur une foule d'autres semblables.

« Maintenant, dites, y a-t-il un gouffre au centre de la terre et des habitants dans la lune? «

A cette question , ce fut une rumeur universelle; et chacun y répondant diversement , les uns disaient oui, d'autres disaient non; ceux-ci, quece/^ était probable; ceux-là, que la question ëtoi/ oiseuse, ridicule; et d'autres , que cela était bon à savoir : et ce fut une discordance générale.

Après quelque temps, le législateur ayant rétabli le silence : « Peuples, dit-il, expliquez-nous ce problème. Je vous ai proposé plusieurs questions, sur lesquelles vous avez tous été d'accord , sans distinction de race ni de secte : hommes blancs, hommes noirs, sectateurs de Mahomet ou de Moïse, adorateur&de Bouc^ou de lésous^ vous avez tous fait la même réponse. Je vous en propose une autre, et vous êtes tous discordants! Pourquoi cette unanimité dans un cas, et cette discordance dans un autre? m

Et le groupe des hommes simples et sauvages prenant la parole, répondit : « La raison en est

simple : dai.s le premier cas, nous voyons, nous sentons les objets, nous en parlons par sensation; dans le second, ils sont hors de la portée de nos sens; nous n'en parlons que par conjecture. »

« Vous avez résolu le problème, dit le législateur; ainsi votre propre aveu établit cette première vérité :

« Que toutes les fois que les objets peuvent être soumis à vos sens, vous êtes d^ accord dans votre prononcé;

« Et que vous ne eUfférez d'opinion, de sentiment, que quand les objets sont absents et hors de votre portée.

« Or de ce premier fait en découle un second, également clair et digne de remarque. De ce que vous êtes d'accord sur ce que vous connaissez avec certitude, il s'ensuit que vous n'êtes discordants que star ce que vous ne connaissez pas bien, sur ce dont vous n'êtes pas assurés; c'est-à-dire que vous vous disputez, que vous vous querellez, que vous vous battez pour ce qui est incertain, pour ce dont vous doutez. O hommes! n'est-ce pas la folie?

« Et n'est-il pas alors démontré que ce n'est point pour la vérité que vous contestez; que ce n'est point sa cause que vous défendez, mais celle de vos affections, de vos préjugés; que ce n'est point l'objet tel qu'il eut en lui que vous voulez prouver, mais l'objet tel que vous le voyez; c'està-dire que vous voulez faire prévaloir, non pas Vévidence de la chose, mais Vopinion de votre personne , votre manière de voir et de juger. C'est une puissance que i^us voulez exercer , un intérêt que TOUS voulez satisfaire, une prérogative que vous vous arrogez; c'est h lutte de votre vanité. Or, comme chacun de vous, en se comparant à tout autre, se trouve son égal, son semblable, il résiste par le sentiment d'un m^me droit. Et vos disputes, vos combats, votre intolérance, sont l'effet de ce droit que vous vous déniez, et de la conscience inhérente de votre égalité.

« Or le seul moyen d'être d'accord est de revenir à la nature, et de prendre pour arbitre et régulateur l'ordre de choses qu'elle-même a posé; et alors votre accord prouve encore cette autre vérité :

« Que les êtres réels ont en eux-mêmes une tnaniére d'exister identique, constante, uniforme, et qu'il existe dans vos organes une tnaniére semblable den être affectés.

« Mais en même temps, à raison de la mobilité de ces organes par votre volonté, vous pouvez concevoir des affections différentes, et vous trou-

LES RUINES

?er aTec les mêmes objets dans des rapports divers, en sorte que vous êtes à leur égard comme une glace r^chissarUCy capable de les rendre tels qu'ils sotU en ejfet, mais capable aussi de les défigurer et de les altérer.

« D*où il suit que, tauies les fois que vous percevez les objets tels qu'ils sont, vous êtes d'accord entre vous et avec eux-mêmes; et cette similitude enU^e vos sensations et la manière dont existent les êtres, est ce qui constitue pour vous leur vérités

« Qu'au contraire, toutes les fois que vous différez d'opinions, votre dissentiment est \di preuve que vous ne représentez pas les objets tels qu'ils sont, que vous les changez,

m Et de là se déduit encore, que les causes de vos dissentiments n'existent pas dans les objets eux-mêmes, mais dans vos esprits, dans la manière dont vous percevez ou dont vous jugez,

« Pour établir Vunanimité d'opinion, il faut donc préalablement bien établir la certitude, bien constater que les tableaux que se peint l'esprit sont exactement ressemblants à leurs modèles; qu'il réOéchit les objets correctement tels qu'ils existent. Or cet effet ne peut s'obtenir qu'autant que ces objets peuvent être rapportés au témoignage et soumis à l'examen des sens. Tout ce qui ne peut subir cette épreuve est par là même impossible à juger; il n'existe à son égard aucune r^Cy aucun terme de comparaison, aucun moyen de certitude.

« D'où il faut conclure que, pour vivre en concorde et en paix, il faut consentir à ne point prononcer sur de tels objets, à ne leur attacher aucune importance; en un mot, qu'U/aut tracer une ligne de démarcation entre les objets vér\fic^

blés et ceux qui ne peuvent être vér\fiés, et séparer d'une barrière inviolable le monde des êtres fantastiques du monde des réalités; c'est-à-dire qu'il faut ôter tout effet dvU aux opinions théologiques et religieuses,

« Voilà, à peuples! le but que s'est proposé une grande nation affranchie de ses fers et de ses pr^ugés; voilà Touvrage que nous avions entrepris sous ses regards et par ses ordres, quand vos rois et vos prêtres sont venus le troubler.... O rois et prêtres! vous pouvez suspendre encore quelque temps la publication solennelle des lois de la nature, mais il n'est plus en votre pouvoir de les anéantir ou de les renverser. »

Alors un cri immense s'éleva de toutes les parties de l'assemblée; et l'universalité des peuples, par un mouvement unanime , témoignant son adhésion aux paroles du législateur : « Reprenez , lui dirent-ils, votre saint et sublime ouvrage, et portez-le à sa perfection! Recherchez des lois que la nature a posées en nous pour nous diriger, et dressez-en l'authentique et immuable code; mais que ce ne soit plus pour une seule nation, pour une seule famille : que ce soit pour nous tous sans ^ception ! Soyez le législateur de tout le genre humain, ainsi que TOUS serez Vinterpréte de la même nature; montrez-nous la ligne qui sépare le monde àes chimères de celui des réalités, et enseignez-nous, après tant de religions et d'erreurs, la religion de l'évidence et de la véritél »

Alors le législateur ayant repris la recherche et l'examen des attributs physiques et constitutifs de l'homme , des mouvements et des affections qui le régissent dans l'état intUviduel et social, développa en ces mots les lois sur lesquelles la nature elle-même a fondé son bonheur.

NOTES

SERVAlCr D'ÉCLAIRCISSiEBIEirrS ET D'AUTORITÉS A DIVERS PASSAGES DU TEXTE.

Pa8eiO,eoloDiieS,llgMlo. {LeJUdeiaSérique,)Ceiià-dîn U «o*e, oiigfaialn da pays montaeax où se termine la gratÊde mmnUUê, payi qai parait avoir été le beroeaa de remplre chinois, oonnu des LaUns sons le nom de Regio SerarMim, Seriea,

Oid, {Lu iàsïïiu de Kachemire.) Cest^i-dire les ohAles, qa*fi8écliid, dnq siècles avant notre ère, parait avoir désignéa sons le nom de Ckomd-Chtmd,

Pag. 14, col. s, lig. 26. {Laprctqulle trop célèbre de Vlnde.) Quel tsien véritable le commerce de rinde , entièrement com-

posé d*obJeti de luxe, procare-t-U à la masse d*ane naUon? quels sont ses effets, sinon d*en exporter, par une marine dispendieuse en hommes, des matières de beatAn et d*uUlité, pour y importer des denrées inutiles, qui ne servent qu'à marquer mieux la disUncUon du riche et du pauvre? et queUe masse de superstitions llnde n*a-t-elle pas i^outée à la superstition générale?

Pag. 14, col. 2, lig. 44. ( F^oilà Thèbeeaux cent palais. ) L*ex • pédiUon française en Egypte a prouvé que Tbèbes , divisée en quatre grandes dtcs , sur les deux bords du Nil , ne put avoix

NOTES

les cent portes dont parle Houière. ( Voy. le tome II de la Commission d* Egypte. ) L'historien Diodore de Sicile avait d^à indiqué la cause de Terreur, en observant que le mot oriental porte siguiliait aussi palais ( à cause du vestibule public qui en forme toujours rentrée ) ; et cet auteur semble avoir saisi la cause de cette tradition grecque, quand il i^oute : « Depuis Thèbes Jusqu'à Mempliis, il a existé le long du fleuve cent vastes écuries royales , dont on voit encore les ruines , et qui contenaient chacune deux cents chevaux (pour le service du monarque) : » tous ces nombres sont exactement ceux d'Homère. (Voy. Diodore de Sicile, liv. I, secL n , § d<« pr*»mien rois d'Egypte. ) Le nom d'Éthiopiens appliqué ici aux Tkébains, est Justifié par l'exemple d'Homèn, et par la peau réellement noire de ces peuples. Les expressions d'Hérodote, lorsqu'il dit que les Égyptiens avaient là peau noire et les cheveux crépus, d'accord avec la tète du sphinx des pyramides, ont pu et dû faire croire à Yauteur du Foyage en Syrie , que cet ancien peuple fut de race nègre ; mais tout ce que l'expédition française a fait connaître de momies et de têtes sculptées est venu démentir cette idée; et le voyageur, docile aux leçons des faits, a délaissé son opinion, avec plusieurs autres qu'il avait consignées dans un mémoire chrolonogique, composé à l'âge de vingt-deux ans, et qui, mal à propos, occupe une place dans l'Encyclopédie iD^<», tome m des Antiquités. L'expérienoe et l'étude lui ont procuré le mérite de se redresser lui-même sur bien des points, dans un dernier ouvrage publié à Paris, en 1814 et 1815, sous le titre de Recherches nouvelles sur Vhistoirt ancienne.

Pag. 16 , col. I , lig. 10. ( Ici étaient ces ports iduméens. ) Les villes d'Aîlah et d'Atsiom Gaber, d'où les Juifs deSalomo^, guidés par les Tyriens de Hiram, partaient pour se rendre à Ophir, lien inconnu sur lequel on a beaucoup écrit, mais qui parait avoir laissé sa trace dans Ofor, canton arabe, à l'entrée du golfe Persique.(Voy. à ce su^et les Recherches nouvelles, et le Foyage en Syrie. )

Pag. ao , col. 2 , lig. U. ( Ainsi , parce qu'un homme fut pUts tort, cette inégalité, accident de la nature, f^t prise p mrsa loi.) Presque tous les anciens philosophes et politiques ont établi en principe et en dogme, que les hommes naissent inégaux ; que la nature a crié les uns pour être libres, les autres pour être esclaves. Ce soi.t les expressions positives d'Aristote dans sa PoUtique, et de Platon, appelé divin, sans doute dans le sens des rêveries mytliologiques qu'il a débitées. Le droit du plus fort a été le droit des gens de tous les anciens peuples, des Gaulois, des Romains, des Athéniens; et c'est de là précisément que sont dérivés les grands désordres politiques et les crimes publics des nations.

Ibid. Ug 2A. {Btle despotisme paternel fonda le despotisme politique. ) Qu'est-ce qu'une famlUe? C'est la portion élémentaire dont se compose le grand corps appelé nation. L'esprit de ce grand corps n'est que la sonmie de st»s fractions ; telles les moeurs de la famille , teUes celles du tout. Les grands vices de l'Asie sont : i le despotisme paternel ; v> la polygamie, qui démoralise toute la maison, et qui, chez les rois et les princes , cause le massacre des frères à chaque suecesMon , et ruine le peuple en apanages ; 3® le défaut de propriété des biens-fonds, par le droit tyrannique que s'arroge le despote; 4" Hnégallté de partage entre les enfants; 6° le «Iroit abusif de tester; 6« et l'exclusion donnée aux femmes dans 1 héritage. Changez ces lois, vous changerez FAsIe.

Pag. 21 ool. 2, lig. 17. ( Vautre ( effet de l'égolsme ), que tenaant tomours aconcentrenle pouvoir enunesettlemain.)nfSi\ tres^iemarquable que la marche constante des sociétés a été dans ce sens, que commençant toutes par un état anarohique ou démocratique, c'est^-dire par une grande division des pouvoirs, elles ont ensuite passé à Varistocraiie , et de 1 aristocraUe à la monarchie. De ce fait historique U résulterait que ceux qui constituent des États sous la forme démo- «rai<7««? , les destinent à subir tous les troubles qui doivent amener la monarchie ; mais U faudrait en même temps prouver que les expériences sociales sont d^à épuisées pour l'es-

pèce humaine, et que ce mouvement spontané n'est pas l'effet même de son ignorance et de ses habitudes.

Pag. 22, col. I, Ug. 22. {Sous prétexte de religion, leur orgueil fonda des temples, dota des prêtres oiseux , bâtit pour de vains squelettes d*extravagants tombeaux, mausolées ei pyramides. } Le savant Dupuis n'a pu croire que les pyramides fussent des tombeaux ; mais outre le témoignage positif des historiens, Usez ce que dit Diodore de l'importanoe religieuse et superstitieuse que tout Égyptien attachait à bâtir sademeure éternelle, Uv. L

« Pendant vingt ans , dit Hérodote , cent mille hommes travaiUèrent diaque Jour à bAtir la pjrramide du roi égyptien Cheops. » — Supposons par an seuiementtrois oentsjoars , à cause du sabbat; ce sera 30 millions de Journées de travail en une année, et 600 millions de Journées en vingt ans; à i» sous par Jour , oe sera 460 milUons de firancs perdus sans aucun produit ultérieur. — Avec cette somme, si oe roi eût fermé i'istbme de Suez d'une /orte muraille, comme celle de la Chine, la destinée de l'Egypte eût été tout autre : les invasions étrangères eussent été arrêtées , anéanties , et les Arabes du désert n'eussent ni conquis ni vexé ce pays. — TVovaux stériles! que de mUUards perdus à mettre pierre sur pierre, en forme de temples et d'églises! Les alchimistes changent les pierres en or; les architectes changent l'or en pierres. Malheur aux rois (comme aux bourgeois ) qiii livrent leur bourse à ces deux classes d'empiriques !

Pag. 26, col. 1 , Ug. 40. ( A prononcer mystérieusement Aûm. } Ce mot pour le sens, et presque pour le son, ressemble à VAeuum ( «vum ) des Latins , Yéternité, le temps sans bornes» Selon les Indiens, oe mot est l'emblème de la divinité tripartite : A désigne Brahma (le temps passé , qui a créé ) ; U, Fichenou ( le temps présent, qui conserve ); M, Chiven ( le temps futur , qui détruira ).

Ibid. lig. 43. {SPil faut commencer par le coude.) Cest on des grands points de scMsme entre les partisans d'Omar et ceux d'Ali. Supposons que deux musulmans se rencontrent en voyage, et qu'ils s'abordent fraternellement; l'henie de U prière venue, l'un commence l'ablution par le bout des doigts, l'autre par le coude, et les voilà ennemis à mort. En d'autres pays , qu'un homme veuille manger de la viande tel Jour plutôt que tel autre, ce sera un cri d'indignation. Quel nom donner à de teUes foUes?

Pag. 37, col. 3, Ug. 63. (La horde des Oguzians.) Avant que les Turcs eussent pris le nom de leur chef Othman I**, ils portaient celui d'Ogtatians; et c'est sous cette dénomination qu'Us lurent chassés de la Tartarie par Genglz , et vinrent des bords du Gihoun s'établir dans l'AnadoU.

Pag. 29, col. 1, Ug. 20. ( QuHl régnait de peuple àpeupU,,. des haines implacables. ) Usez rhistoire des guerres de Rome et de Carthage, de Sparte et de Messène, d'Athènes et de Syracuse, des Hébreux et des Phéniciens; et voilà cependant oe que l'antiquité vante de plus policé !

Pag. 31 , col. I , lig. 37. {Le Chinois, avili par le despotisme du bambou.) Les Jésuites se sont efforcés de pehidre sous de belles couleurs le gouvernement chinois; aujourd'hui l'on sait que c'est un pur despotisme oriental (entravé par le vice d'une langue et surtout d'f<n« écriture mal construites). Le peuple chinois est pour nous la preuve que dans l'antiquité» Jusqu'à rinvenUon de l'écriture alphat>étlque , l'esprit humain eut l)eauooop de peine à se déployer, comme avant les chilfres arabes on avait l)eaucoup de peine à compter. Tout dépend des méthodes : on ne changera la Chine qu'en changeant sa langue.

Pag. 33, col. I , lig. 42. {Reconnaissez ^autorité légitime.) Poai apprécier le sens du mot légitime, il faut remarquer qu'U vient du latin legi-intimus , intrinsèque à la loi, écrit en eUe. Si donc la loi est faite par le prince seul , le prince seul se fait lui-même légitime : alors il est purement despote; sa volonté est la loi. Ce n'est pas là ce qu'on veut dire; car le même droit serait acquis à tout pouvohr qui le renverserait. Qu*estce que la loi (source du droit)? Le latin va encore nous le

NOTES

dire : le radical Ug-^rt, Ure, Uctio, a fait lex, res lecta, ekme lut r cette dioae lae est an ordre de faire ou de ne paa foift telle action détignée, et ce, sous la condition d'une peine ou d*ane rêcompenêc attachées à Vobservation ou à Vinfinction» Cet ordre est lu à ceux quHl concerne , afin qu'ils n*eD ignorant, n a été écrit, afin d*étre lu sans altération : tel est le sens, et telle fut Torigine du mot toi. De là les diverses épitbètes dont il est susceptible : loi ^9« > ^^ abeurde , loi Juste, loi it^uete, selon Peffet qui en résulte; et c'^t cet effet qui caraetédse le pouToir d^où elle émane. Or, dans Tétât sodal , dans le gouvernement des hommes ^ qu'est-ce que ajuste et Yi^fuste? Le juste est de maintenir ou de rendre & chaque indlTidu ce qui lui appartient : par conséquent , d*abocd la vie, quni Uent d*un pouvoir au-de$sut de tout; V l*usaBe des sens et des facultés qu'il tient de ce même pouvoir; y> la jouissance des fruits de son travail; et tout cela, en ce qui ne blesse pas les mémet droits en autrui; car s'il les blesse, il y a it^uetice, c'est-ànlire, rupture d'égalité et d'équilibre d'homme à homme. Or plus il y a de lésés , plus il y a d'ii^astices; par conséquent, si, comme il est de fait , ce qu'on appelle le peuple^ compose l'immense nu^orité de la natioo, c'est llnlérét, c'est lebienrètre de cette minorité qui constitue la Justice : ainsi la vérité se trouve dans l'axiome qui a dit : SoIms populi suprema lex esto. Le salut du peuple , voOàla loi, voilà la légitiwUté. Et remarquez que le salut ne veut ^aa dire la volonté, comme l'ont supposé quelques fanatiques; car d'abord le peuple peut se tromper; puis comment exprimer cette volonté collective et abstraite? l'expérienoe nous Fa prouvé. Salus populi ! L*artest de le connaître et de reffeetoer.

Pag. 36 , col. I , lig. S. ( Vidée de liberté contient essentiellement celle de justice , gui natt de Végalité. ) Les mots retracent eux-mêmes cette connexion ; car œguilibriumf aguitas, œgualitas , sont tous d%me même famille , et l'idée de Végalité matérielte, de la balance, est le type de toutes ces idées abstiaites. La liberté elle-même, bien analysée, n'est encore que la Justice : car si un homme, parce qu'il le dit libre , en attaque on autre, celui-ci , par le même droit de liberté , peut et doit le repousser; le droit de l'un est égal au droit de l'autre : la forae peut rompre cet équilibre, mais elle devient injustice et tyrannie de la part du plus bas démocrate coomie de celle du plus haut potentat

Pag. M, col. I, lig. 63. ( St cette religion ( de Mahomet ) n'a cessé ^inonder de sang la terre. ) Useï l'histoire de l'islamisme par uê propres écrivains, et vous vous convaincrez que toutes les goenea qui ont désolé l'Asie et l'Afrique depuis Mahônet, ont eu pour cause principale le fanatisme apostolique de sa doctiine. On a calculé que César avait fait périr trois millions d'hommes : il serait curieux de faire le même calcul sor chaque fondateur de religion.

Pag.39,col. I,lig. 34. (Ac«ii<attfr»sectes.)Ll^sezàcesq]etle Dictionnaire des hérésies, par l'abbé Pluquet, qui en a omis un grand nombre ; 3 vol. ln-8<* , petit caractère.

Ibid. cd. % lig. 46. {Xt les Parsis se diviseront.) Les sectateurs de Zoroastre, nommés Parsis, conune descendants des Perses, sont plus connus en Asie sons le nom ii\jurieux de Gamres ou Gnèbres, qui veut dire it^fidiles ; Us y sont ce que sont les juifs en Europe. Màbed est le nom de leur pape ou grand prêtre, Toy. Henri Lord , Hyde , et le Zend-avesta , sur les rites de œtlereUgton.

Pig. 40, col. I, lig. 14. ( Brahma.., réduit à servir de piédestal oM Ungam, ) Yoy. le tome I*' in-4<* du Voyage de Sonnerat aux Indes»

Jbid. eoL 8, lig. 4. ( £« Chinois V adore dans Fôt. } La langue chinoise n'ayant ni le £ ni le I>, ce peuple a prononcé Fôt ce que les Indiens et les Persans prononcent Bodd, ou BoUdd (par ok bref). Pét, au Pégon, est devenu fota et Fta, etc. Ce n'est que depuis peu d'années que l'on commence d'aveu des mikios exactes de la doctrine de Boudd et de ses divers sectaires : nous devons ces notions aux savants anglais, qui , à ■Msoie que leur nation subjugue les peuples de llnde, en étodleat les religions et les mœun , pour les faire connaître.

L'ouvrage intitulé Asiatie Researches^ti une oolledion précieuse en ce genre : on trouve dans le tome VI, pag. I6S, dans le tome VU, pag. Si et pag. 899, trois mémoires instructifs sur les boudistes de Ceglan et de Birmah ou Ava. Un écrivain anonyme, mais qui parait avoir médité ce sqjet, a publié dans Y Asiatie Journal de I8I6 , mois de Janvier et suivants, Jusqu'en mai, des lettres qui font désirer de plus grands développements. Nous reviendrons à cet article dans une note du chapitre xxi.

Pag. 40, col. 2, lig. 19. {Le sintoSste nie rexistence.)yoyez dans Kempfer la doctrine des sintolstes, qui est celle d' Épicure mêlée à celle des stoïciens.

Ibid. Kg. 28. {Le Siamois, Féeran talipat A la nutin.) Cest une feuille de palmier latanier; de là est venu aux bonzes le nom de talt^ins. L'usage de cet écran est un privilège exclusif.

Ibid. Kg. 37. {Le sectateur de Con^tzée cherche son horoscope. ) Les sectateurs de Confudus ne sont pas moins adonnés à l'astrologie que les bonzes : c'est la maladie morale de toutlX>rient.

Ibid. Kg. 81. Le dàlaï-lama, ou l*tfiimefiae prêtre de La, est ce que nos vieilles relations appelaient le prêtre Jean, par l'abus du mot persan DJehàn, qui veut dire le monde. Ainsi le prêtre Monde, le dieu Monde, se lient parfaitement.

Dans une expédition récente, les Anglais ont trouvé des idoles des lamas qui contenaient des postules sacrées de la garde-robe du grand prêtre. On peut citer pour témoins Hastings, et le colonel PolUer , qui a péri dans les troubles d'Avignon. On sera bien étonné d'apprendre que cette idée si révoltante tient à une idée profonde, celle de la métempty^ eose, qu'admettent les lamas. Lorsque les Tartares avalent les reliques du pontife ( comme ils le pratiquent ) , ils imitent le Jeu de l'univers , dont les parties s'absorbent et passent sans cesse les unes dans les autres. Cest le serpent gui dévore sa queue; et ce serpent est Boudd ou le monde,

Pag. 41 , col. I, lig. 6. ( Qui adore un serpent dont les porcs sont avides. ) Il arrive souvent que les porcs dévorent des serpents de l'espèce que les nègres adorent, et c'est une grande désolation dans le pays. Le président de Brosses a rassemblé , dans son Histoire des fétiches, un tableau curieux de toutes ces folles.

iM<f.llg.7. {FoilàU r^20ttfe.)LesTéleutes,nailonUriare,8e peignent Dieu portant un vêtement de toutes les couleurs , et surtout des couleurs rouge et verte; et parce qu'ils les trouvent dans un habit de dragon russe , ils en font la comparaison à ce genre de soldat Les Egyptiens habillaient aussi le dieu Monde d'un habit de toutes couleurs. Eusâbe, Prép. évang. p. ii6, liv. m. Les Téleutes appellent Dieu Bou, ce qui n'est qu'une altération de Boudd, le dieu Œuf ti Monde.

Ibid. Ug. 9. ( Foilà le Kamtschadale. ) Consultez à ce sujet Fouvrage intitulé Description des peuples soumis à la Russie, et vous verrez que le tableau n'est point chargé.

Pag. U, col. 2, Ug. 29. ( Votre système porte toutentier sur des sens alUgorigues. ) Quand on Ut les Pères de PégUse , et que Ton voit sur quels arguments Us ont élevé l'édifice de la reUgion , l'on a peine à comprendre tant de créduUté ou de mauvaise fol; mais c'était alors la manie des aUégories : les palên» s'en servaient pour expliquer les ^ttons des dieux ; et les chrétiens ne firent que suivre l'esprit de leur siècle, en le tour nant versun autre côté. Il seraitcurieux de pubUer ai^ourd'h ui do tels Uvres , ou seulement leurs extraits.

Pag. 46, col. 2, Ug 39. {Les Juifs devinrent nos imitateurs, nos disciples. ) Voyez à ce sqjet les Recherches nouvelles sur Vhis. toire ancienne, où U est démontré que le Pentateuque n'est point l'ouvrage de Moïse : cette opinion était répandue dans les premiers temps du christianisme , comme on le voit dans les Clémentines, homéUe l , g 61 , et homélie viu , g 42 ; mais personne n'avait démontré que le véritable auteur fût le grand prêtre Helkias, l'an 618 avant Jésus-Christ

Pag. 46, col. I, lig. 18. ( Tant de choses analogues aux trois I religions. ) Les Parsis modernes et les mithriaques anciens, qui

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NOTES

•ont la même choie, ont tons les sacrementi des chrétiens, même te mmffiet de la oonlirmatlon. « Le prêtre deMithra , dit Tertolllen, et Pnetcriptione , c. 40» promet la déltvraooe dei péchéft par leur aveu et par le bajâéme ; et , s'U m'en loo- Ylent bien, Mithra marque ses soldats au front (avec le chrême, Kouphi égyptien); il célèbre Voblatwn du pain, rimage de la rtaurrection, et présente la couronne, en menaçant de répée , etc. »

Dans ces mystères on éprouvait Tinitié par mUle terreurs , par la menace du feu , de Fépée , etc. et on loi présentait une cooionne, qu*ii refusait, en disant : Dieu est ma couronne. (Voyez cette couronne dans la sphère céleste, à côté de Bootes. ) Les personnages de ces mystères poriaient tous des noms A^animaux constellés. La messe n'est pas autre chose que la célébration de ces mystères et de oeuK d'Eleusis. Le DonUnus vobiseum est à la lettre la formule de réception, ckon-k, àm, p-ak. Voy. Beausobre, Histoire du manichéisme, tom. n.

Pag. 46 , col. ) , lig. 51. Les F^Uu ou Fèdams sont les livres sacrés des Indous , comme les Bibles chez nous. On en compte trois : le Rick Vèda , le Yadjour Vèda et le Sama Vèda. Ils sont si rares dans llnde, que les Anglais ont eu l)eauconp de peine à en trouver Toriginal dont ils ont fait faire une copie déposée au Briti&h Muséum. Ceux qui comptent quatre Yèdas, y comprennent VAttar Vèda, qui traite des cérémonies, et qui est perdu, n y a ensuite des Commentaires nommés Upanishada, dont Tun a été publié par Anquetll Duperron, soosle titre de Oupnekhat, livre curieux en ce qu'il donne une idée de tous les autres. La date de ces livres passe 25 siècles au-dessus de notre ère; leur contenu prouve que toutes les rêveries des métaphysiciens grecs viennent de llnde et de l'Egypte. — Depuis l'an 1788, les savants anglais exploitent dans llnde une mine de littérature dont on n'avait aucune Idée en Europe et qui prouve que la dvilisation de llnde remonte à une très-haute antiquité. Après les Fèdas viennent les Chastras, au nombre de 6. Ils traitent de tiiéologie et de sciences. Puis viennent, au nombre de 18, les Poumnas, qui traitent de mjrthologie et d'histoire : voyez le Bahgouet-guita, le Baga Fadam, et VÉzour Fidam, tra duits en français , etc.

Pag. 47, col. 3, lig. 7. Toote cette cosmogonie des lamas, des bonzes, et même des brahmes , comme l'atteste Henri Lord, revient littéralement à celle des anciens Égyptiens. « Les Égyptiens, dit Porphyre, appellent Kneph VinUlUgence ou cause effectrice (de l'univers). Ils racontent que ce dieu rendit par la bouche on œi^, duquel fut produit un autre dieu, nommé Phtha ou Yulcain (te feu-principe, le soleil); et ils i^outent que cet on^est te monde. » Eusébe, Prép. ivang, pag. 116.

« ns représentent, dit-Il ailleurs, le dieu Kneph, ou la cause efliciente, sous la forme d'un homme de couleur bleu foncé (celte du dei ) , ayant en main un sceptre , portant un; ceinture, et coiffé d'un petit bonnet royal de plumes trèslégères, pour marquer combien est subtile et fugace l'idée de cet être. » Sur quoi J'observerai que Kneph, en hébreu, signitte une aile, une plume; que cette couleur bleue ( céleste) se trouve dans la plupart des dieux de llnde, et qu'elle est, sous le nom de narayan, une de leurs épithètes les plus célèbres.

Pag. 48 , col. I, lig. SO. ( Que les lamas nesànt que des manichéens.) "Voyez V Histoire du manichéisme, par Beausobre, qui prouve que ces sectaires furent purement des zoroastriens ; ce qui fait remonter l'existence de leurs opinions I200 ans avant Jésus-Clirist. Il suit de là que Boudd Chaucasam fût encore antérieur, puisque la doctrine boudiste se trouve dans les plus andens livres indiens , dont la date passe 3100 ans avant notre ère (tel que le Bahgouet-guita ). Observez d'ailleurs que Boudd est te 9^ avatar ou incarnation de Fichenou, ce qui le place à l'origine de cette théologie. En outre , chez les Indiens, les Chinois, les Tibétains, etc. Boudd est le nom de la planète que nous appelons Mercure, et du Jour de la semaine consacré à cette planète (le mercredi); cela le remonte à l\>rigine du calendrier; en même temps cela nous

llndlqoe primitivement identique à Hermès , ee qni étend son existence jusqu'en £gypte. Maintenant remarquez que les prêtres i&^^ttiA racontaient qu'/Termés mourant avait dit : « Jusqu'id J'ai vécu exilé de ma véritable patrie , J'y retourne : ne me pleurez pas; Je retourne à la céleste patrie où chacun se rend à son tour : là est Dieu; cette vie n'est qu'une mort. » Voyez Chalcidius in Timœum. Or cette doctrine est précisément celle des boudistes anciens, on eamanéens, des pythagoriciens et des orphiques. Dans la doctrine d'Orphée , le dieu monde est représenté par un cntf: dans ^ les idiomes hébreu et arabe, l'œuf se nomme baidh, anale- ' gue à Boitdd (Dieu), et à Boûd, en persan Yexistence, ee qui est ( le monde). Boùdd est encore analogue à bed et v€td , qui chez les Indiens signifie science. Hermès en était le dieu : il était l'auteur des livres sacrés ou Fèdas égyptiens. On voit quels rameaux présente, et à quelle antiquité tout oed noas porte. Maintenant le prêtre boudiste à*Ava ajoute : « Qull est de foi que, de temps à autre, le dei envole sur la terre des Boudda pour amender les hommes, les retirer de lemre vices, et les remettre en voie de salut. » Avec un tel dogme répandu dans llnde, dans la Perse, dans l'Egypte, dans la Judée, on sent combien les esprits ont dd être disposés dès longtemps à ce que des siècles postérieurs nous ofGrent.

Pag. 48, col. I, lig. 30. (Longtemps avant lésous.) D'après les notions des savants anglais de l'Inde , la doctrine de Boudda y est trèft-andenne. L'écrivain anonyme que nous avons dté, pag. 73, col. 2, lig. 6, dte un traité écrit il y a peu d'années par le chef des prêtres boudistes &Ava, à la prière de l'évéque catholique de cette vilte, qui dit : « Que les dieux qui ont apparu dans le présent monde Jusqu'à ce Jour, sont au nombre de quatre, savoir : Boudda Chaucasam, Boudda Gonagom, Boudda Gaspa, et Boudda Gautama, duqael la loi règne aduellement; il obtint la divinité à trente-dnq ans, et passa à l'immortalité 3363 ans avant la date dudit écrit ( qui se place vers 1805 ). » Par conséquent Gautama serait mort vers l'an 557 avant l'ère chrétienne, au temps où régnait Kyrus en Perse , et où florissait Pythagore.

2o D'autre part, des écrivains arabes et persans , cités dans Y Histoire des Huns, tom. H, par de Guignes ; dans V Histoire de la Chine, tom. V , in-4° , note de la page 50 , et dans la préface de VÉzour Fèdam (Ya4)our Vèda), placent l'apparition d'un autre Boudda à l'année 1027 avant notre ère. ( Ce serait Gaspa.)

3<* Le tableau statistique de rempereor mogol Akbar, intitulé Ain Akberi, traduit par Gladwin, dit, pag. 433, tom. n, que Boudd avait dispara 2983 ans avant l'an 40 de eet empereur, c*est4Hiire, I8M ans avant lésa»<3uist ( Ce ferait Gonagom. )

Ibid. lig. 37. ( Fondés eur Vabsenee de tout témoigna^ authentique.) « Tout le monde sait, » disait Fauste, qvU, quoique manichéen, fut un des plus savants hommes du ut* siècle, « tout le monde sait que les Évangiles n'ont été écrits ni par Jésus-Christ ni par ses apôtres, mais longtemps iq>rès, par des inconnus, qui Jugeant bien qu'on ne les croirait pas sur des choses qu'iU n'avatent pas vues, mirent à la tête de leurs récits des noms d'apôtres ou d'hommes apos> toliques et contemporains. » Sur cette question, voyez V Histoire des apologistes de la religion chrétienne, attribuée à Fréret, mais qui est de Burigny, membre de l'Académie des inscriptions. Voyez aussi Mosheim, de Mebv* christianorum; Correspondence of Atterbury, archbishop, 6 vol. in-6°, 1796; Toland, Nazarenu»; et Beausobre, Bîmtoire du manichéisme, tom. L II résulte de tout ce qu'on a écrit pour et contre, que l'origine précise du christianisme n'est pas connue; que les prétendus témoignages de losèpbe [Antiq.jud. liv. XVm, c. 3) et de Tadte {Annotes, liv. XV , c. 44 ) ont été interpolés vers te temps do condte de Wlkée , et que personne n'a encore mis en évidence te fait radical , c'est-à-dire , l'existence réelle du perMmnage qui a occasionné le système. Sans cette existence néanmoins, il serait difficile de concevoir l'apparition du système à son époque connue, encore qu'il ne soit pas sans exemple en histoire de voir des suppositions gratuites et absolues. Pour résoudre ee problème, vraiment curieux et important, il faudrait qu'un

NOTES

«prit dooé dA lagadlé , miml diostractioo , et torioot d*im- MrtiaUté, nrafitant des Kcberdies d^à faites , y nfouUt un lableulOOiiqMmtif de la doctrine des boudisies, et spécialefflcnt de la secte de Samana Goutama, contemporain de Kynis; qu'il examinât queUe Ait la facUité des communications de llndc arec la Perse et la Syrie, surtout depuis le itene de Darius Hystaspe, qui, selon Agathlas et Ammien, coniralU les sages de rinde , et introduisit plusieurs de leurs idées cbcx les mages; quelle fut encore cette facilité depub àlexandie, sous les Sélenddes, qui entretenaient des relations diploaiatiqaes avec les rois indiens : il verrait que , par suite de oa communications, le système des samanéens put se répandre de proche en prodie jusqu'en Egypte ; qui! put être la ff^iflm^ déterminante de la corporation des esséniens en ladée, etc.: alore il ne resterait plus qu'à examiner si, toutes choses étant •<"«< pr^^arées, rexaltatlon générale des esprits n'a pas pu susciter un individu qui aurait rempli le rôle désigné; soH que lul-mêmcsefùtcruetannoncé pour être le personnage attenda, soit que ce fût la mulUtude qui, enthousiasmée de sa eondotte, de sa doctrine et de ses prédications, lui en eût •ttritNié remploi. Dans l'un et l'autre cas, il serait conforme aux proliabUités humakies que des attroupements populaires eossmt excité la surveillance et l'inquiétude du gouvernement romain et qu'enfin un incident remarquable , tel que Ventrée en lérusaloD, eûtdéterminé le {uréfet à une mesure de rigueur, à un ade de sévice qui aurait brusquement terminé ce drame (à peu met comme U est raconté), mais quin'anraU fait qu'accroître lintérèt pour le personnage regretté, et par là donné lien à des rédU et à des associations dont le résultat cadrerait parfaitement avec l'état de choses qui apparaît ensuite dans rhistoice. Sans doute là où manque son témoima«e positif, ron ne pourraitétabUr ce qu'on appelle Mrliliuto morale ; mais par l'enchaînement des causes et des effets , on poomit arriver à un degré dèprohalnUté qui eii produirait reffet ; puisque d'ailleurs , avec les témoignages les plus positif, riiistolre n'a Jamais de droit qu'aux plus ou moins grandes probabilités.

Pag. 48, col. I, lig. KO. ( Ladœtrine tnftfritftfrv.) Lesboudistes ont deux doctrines , l'une publique et ostensible , l'autre h»!^ rievrv et seoète, précisément comme les prêtres égyptiens. Poaiqool cette différence? demandera4<Mi. C'est que la do^ trine pmbHfme enseipiant les o/firandes, les expiations, tek fbaâation», etc. il est utUe de la prêcher au peuple; au lieu que raatre enseignant le néant et ne rapportant rien , il convient de ne la faire connaître qu'aux adeptes. On ne peut r phis évidemment les hommes en yWjMms et en dupes.

lUd. col. S, lig. U. ( FoUà ce qu'a révélé notre Boudah, ) Ce sont les propres termes de la Loubère, dans sa description do royaume de Siam et de la théologie des bonzes. Leurs dogmes , comparés à ceux des anciens philosophes de la Grèce et de lltalte, retracent absolument tout le système des stoïciens et des ^cnriens, mêlé avec des superstitions astrologiques et quelques traits du pythagorisme.

Pag. 51, col. I, lig. 18. ( La barbarie originelle du genre hU' mutin. ) Cest le témoignage unanime de toutes les histoires , et même des légendes , que les premiers hommes furent partout des sauvages , et que ce fut pour les civiliser et leur apprendre a>Snfv du pain, que les dieux se manifestèrent

lUd, lig. IS. ( N'acquiert d'idées que par l'intermède de ses êtns.) ToQà précisément où ont échoué les anciens, et d'où sont venues leurs erreurs : Ils ont supposé les idées de Dieu innées , ooétemellef à l'Ame ; et de là toutes les rêveries déveloupées dans Platon et lamblique. Yoy. le Timée , le Phédou , et de M^fsUriis jEgyptiorum, sect l'*, chap. 8.

Pag. BS, col. % lig. 8. ( Xe témoignage de tous les anciens monuments, ) « Hrésulte clairement, ditPlutarque, des vers d'Orphée et des livres sderés des Egyptiens et des Phrygiens , que la théologie ancienne , non-seulement des Grecs , mais en général de tous les peuples, ne fut autre chose qu'un système depkffsique, qu'un tableau des opérations de la nature, envelopipé d'allégories mystérieuses et de symboles éHigmati-

ques : de manière que la mnHilode Ignorante «'attaehAt pluiât ausens apparentqu'au senscaché,etquemêmedanscequ'elte comprenait de ce dernier, elle supposât toqjours quelque chose de plus profond que ce qui paraissait. (Plutarque, fragment d'un ouvrage perdu, cité dans Eusèbe, Prépar. évang, llv. UI, chap. i, page 86.)

« La plupart des philosophes , dit Porphyre , et entre autres Chœremon ( qui vécut en Egypte dans le premier siècle de Vère chrétienne ) , ne pensent pas qull ait jamais existe d'autre monde que celui que nous voyons; et lis ne reconnaissent pas d'autres dieux , de Unis ceux qu'allèguent les ËgypUens , que ce que Ton appelle vulgairement les planètes, les signes du zodiaque et les constellations, qui jouent avec eux en aspects ( de lever et de coucher ) ; à quoi ils ^Joutent leurs divisions de signes en décans ou mattres du temps, qu'ils appeUent les chefs forts tX puissants dont les noms, les vertus curatives des maladies, les comchers, les levers, le» présages de ce qui doit arriver, font la matière des abnanachs ( c'estàndire que les prêtres égyptiens faisaient de véritables abnanachs de Matthieu Laensberg) ; car lorsque les prêtres disaient que le soleil était l'architecte de l'univers, Chœremon sentait que toitt leurs récits sur Isis et sur Osiris, que toutes leurs fables sacrées se rapportaient en partie aux planètes , aux phases de la lune, au cours du soleU, en partie ( aux étoiles de ) l'hémisphère du Jour et de la nuit, ou au ileuve du NU, en un mot à des êtres physiques, naturels, et rien à des êtres immatériels et dépourvus de corps... Tous ces philosophes croient que les mouvements de notre volonte et de nos actions dépendent de ceux des astres, qu'ils en sont dirigés; et Ils se soumettent aux lois d'une nécessité ( physique ) qu'ils appellent destin oa fatum, supposant une chaîne ( de causes et d'effets) qui lie, par Je ne sais quel lien, tous les hommes entre eux ( depuis l'atome ) Jusqu'à la puissance supérieure et à l'influence première de ces dieux; en sorte que, soit dans les temples, soit dans les simulacres ou idoles, ils n'adorent autre chose que la puissance de la destinée. » Porphyr. Episk ad lanebonem,

Pag. 52 , col. a , 11g. 25. {Exigea la connaissance des deux, ) Jusqu'à ce Jour on a répète, sur l'autorite Indhwcte de la Genèse, que l'astronomte avait éte inventée par les enfants de Pfoé, On a raconte gravement que, pAtres errante dans les plaines de Sennaar , ils employaient leur désœuvrement à rédiger un systeme des cieux; comme si des pAtres avaient besoin de connaître plus que l'étoile polaire, et comme si le besoin n'était pas l'unique motif de toute invention ! SI les anciens pasteurs furent si studieux et si habiles, comment arrive* t-il que les modernes scient si ignorants et si négligents? Or il est de fait que les Arabes du désert ne connaissent pas six constellations , et qu'ils n'entendent pas un mot d'astronomie. Page 53, coL 1, lig, I. {Des génies auteurs des biens et des maux, ) H parait que par le mot genius les anciens ont entendu proprement une qualité, une faculté génératrice, productrice ; car tous les mote de cette famille reviennent à ce sens : generare, genos, genesis, genus, gens,

(I Les Sabéens anciens et modernes , dit Haimonides , reconnaissent un dieu principal, fabricateur du monde et possesseur du ciel ; mais à cause de son éloignement trop grand , ils le pensent inaccessible; et imitant la conduite du peuple à l'égard des rois. Us emploient auprès de lui pour médiateurs les planètes et leurs anges, auxquels ils donnent le titre de princes et de rois , et qu'Us supposent habiter dans ces corps lumfaieux, comme dans des palais ou tabernacles , etc. » More Nebuchim, pars m, c. 28.

Ibid, Ug. 17. ( Un sexe Uré du genre de son appellation, ) Selon qu'un olijet se trouva du genre mascuihi ou féminin dans la langue d'un peuple, le dieu qui porte son nom se trouva mâle ou femelle chez ce peuple. Ainsi les Cappadoctens disaient le dieu Lunus et la déesse SoleU ; et ceci présente suis cesse les mêmes êtres sous des formes diverses, dans la myUiologte des anciens.

Ibid. lig. 36. (O gui contribue à la conservation de soi et de ses semblables, ) A ceci Plutarque ajoute que ces prêtres ( égyptiens ) ont toujours fait le plus grand cas de la con-

NOTES

wrrattoa de la aanlé.... et qu^ib la regardent comme une condition nécessaire au service des dieux et à la piété, etc. Yoy. Isi» et Onris, h la fin.

Pag. 63, col. ijUgAiJ ParaMuentremonteraudelàdequinze mille ans.) L'orateur historien suit id Fopinion du sayant Dupui», qui d*abord en son mémoire sur V Origine des constellations , puis dans son grand ouvrage sur VOrigine de tous les cultes , a rassemblé une foule de preuves que Jadis la 6alanee était placée à Téqulnoxe du printemps , et le bélier à Téquinoxe d*auU>nme, c'est-^-dire que la précession des équinoxes a causé un déplacement de plus de sept signes. L'action de ce phénomèneest incontestable : les calculs les plus récents révaluent à 60 secondes, 13 ou 16 tierces par an; donc chaque degré de signe xodiacal est déplacé et mis en arrière , en 71 ans 8 ou 9 mois, donc un signe entier, en 2162 ou 63 ans. Or si, conmie il est de fait, le point équinoxial du printemps fût Juste au l" degré du bélier, Tan 388 avant Jésus-Christ; c'est-è-dire si , à cette époque , le soleil avait parcouru et mis en arrière tout ce signe pour entrer dans les poissons, qu'il a quittés de nos Jours, il s'ensuit qu'il avait quitté le taureau 3163 ans auparavant, c'est-à-dire vers l'an 3640 avant lésui- Ghrist, et qu'il y était entré vers l'an 4692 avant Jésus-Christ. Ainsi remontant de signe en signe, le l" degré du bélier avait été le point équinoxial d'automne environ I2,9I2 ans avant l'an 388, c'est-èhdire 13,300 ans avant l'ère chrétienne : ijoutez nos dix-huit siècles, vous avez I6,I00 ans , et de plus la quantité de temps et de siècles qu'il fallut pour amener les connaissances astronomiques à ce degré d'élévation. Maintenant remarquez que le culte du signe taureau Joue un rôle principal chez les Égyptiens, les Perses, les Japonais , etc. ; ce qui indique à cette époque une marche commune d'idées chez ces divers peuples. Les 6 ou 6000 ans de la Genèse ne font objection que pour ceux qui y croient par éducation. Yoy. à ce ii^et l'analyse de la Genèse, dans les Recherches nouvelles sur Vhistoire ancienne; voy. aussi VOrigine des constella" fions, par Dupuis , I78I ; VOrigine des cultes , en 3 vol. in-4<*, 1794, et le Zodiaque chronologique, in-4<*, 1806.

Ibid, col. 2, lig. 46. ( Les noms des objets terrestres qui leurrépondaient. ) « Les anciens , dit Maimonides , portant toute leur attention sur Tagriculture, donnèrent aux étoiles des noms tirés de leurs occupations pendant l'année. » More Nebuchim , pars V.

Pag. 64, col. I, lig. 37. ( Telfitt lemoffen d'appellation.) Les anciens disaient : crabiser, eapriser, tortuiser, oonmie nous disons serpenter, coquetier; tout le langage a été construit sur ce mécanisme.

Ibid. col. 2, lig. 47. {En qui la vertu des astresà'était insérée.) « Les anciens astrologues, dit le plus savant des Juifs (Maimonides), ayant consacré à chaque planète une couleur, un animal, un bols, un métal, un fruit, une plante, ils formaient de toutes ces choses une Jlgure ou représentation de l'astre, observant pour cet effet de choisir un instant approprié , un jour heureux , tel que la conjomction ou tout autre aspect favorable; par leurs cérémonies (magiques), ils croyaient pouvoir faire passer dans ans figures ou idoles les influences des êtres supérieurs ( leufs modèles ). C'étaient ces idoles qu'adoraient les Kaldéens'Sabéens : dans le culte qu'on leur rendait, il fallait être vêtu delà couleur propre.... Ainsi, par leurs pratiques, les astrologues introduisirent l'idolâtrie, ayant pour ol^et de se faire regarder comme les dispensateurs des faveurs des cieux ; et parce que les peuples anciens étaient entièrement adonnés à l'agriculture, ils leur persuadaient qu'ils avaient le pouvoir de disposer des pluies et des autres biens des saisons : ainsi toute Tagriculture s'exei^t par des règles d'astrologie, et les prêtres faisaient des talismans pour chasser les sauterelles, les mouches, etc. » Yoy. Maimonides , More Nebuchim , pars ni , c. 9.

« Les prêtres égyptiens, indiens, perses, etc. prétendent lier les dieux à leurs idoles, les faire descendre du ciel à leur gré; Us menacent le soleil et la lune de révéler les secrets de4 mystères , d'ébranler les cieux, etc. » Eusébe, Préparât, évang. pag. 196 ; et lamblique , de Mgsteriis ^gyptiorum.

Pag. 66,001. 1, lig. 7. (Fuieenséenremplirlesrélesastronomi7ti««.)Cesontle8 propres paroles de lamblique, deSymbolis jEgyptiorum, c. S, sect. 7. U était te ffVQAPfotée, le méiamorphiste universel.

Ibid. lig. 44. (Fotre tonsure est le disque du soleil.) R Les Arabes, dit Hérodote, liv. m, se rasent la tête en rond et autour des tempes, ainsi que se la ras&it, disaientils, Bacchus (qui est le soleil ). » Jérémie, c. xxv, v. 23, parla de cette coutume. La touffe que conservent les musulmans est encore prise du soleU, qui, chez les Égyptiens, était peint, au solstice d'hiver, n'ayant plus qu*uh cheveu sur la tête. — ( Fotre étole est son zodiaque. ) Les étoles de la déesse de Syrie et de la Diane d'Éphèse, d'où dérive celle des prêtres, portent les douze animaux du zodiaque. Les chapelets se retrouvent dans toutes les idoles indiennes, composées il y a plus de 4600 ans , et leur usage est universel et immémorial en Asie. La crosse est précisément le béton de Bootes oa Osiris. (Yoy. la planche m.) Tous les lamas portent la mitre , ou bonnet conique , qui était l'emblème du eoleil.

Ibid. col. 2, lig. 18. ( On en fit la vie historique d'BenuU. ) Yoy. l'ouvrage de Dupuis , Origine des constellât, et Origine de tous les cultes.

Ibid. lig. 44. {La réunion de ces figures avait des sens convenus. ) Le lecteur verra sans doute avec plaisir plusieurs exemples des hiéroglyphes des anciens.

« Les égyptiens, dit Hor-Apollo, désignent réternilé par les figures du soleil et de la lune. Ils figurent le monde par un serpent bleu à écailles Jaunes { les étoiles ; c'est le dragon chinois ). S'ils veulent exprimer l'année , ils représentent Isis , qui dans leur langue se nomme aussi Sothis, ou la canicule , première des constellations, par le lever de qui l'année commençait. Son inscription à sâs était : Cest moi qui me lève dans la constellation du chien.

« Us figurent aussi l'année par un palmier, et le mois par un rameau, parce que chaque mois le palmier pousse une branche.

« Us la figurent encore par le quart d'un arpent (L'arpent entier, divisé en quatre, désignait la période bissextile de quatre ans : l'abréviation de cette figure du champ quadiiûrtite est visiblement la lettre ha ou héth, septième de i'alpnabet samaritain; les lettres alphabétiques pourraient bien n'être que des abréviations d'hiéroglyphes astronomiques ; et par cette raison on aurait écrit de droite à gauche, dans le sens de la marche des étoiles. ) Us désignent un prophète par limage d'un chien, attendu que l'astre-chien {Anoubis) annonce par son lever l'inondation.

« Us peignent llnondaUon par un lion , parce qu'elle arrive sous ce signe; et de là, dit Plutarque, l'usage des figures de lion vomissant de l'eau à la porte des temples.

<i Us expriment Dieu et la destinée par une étoile. Us teprésentent aussi Dieu, dit Porphyre, par une pierre noire, parce que sa nature est ténébreuse , obscure. Toutes les choses blanches expriment les dieux célestes, lumineux; toutes les circulaires expriment le monde, la lune, le soleil, les orbites; tous les arcs et croissants, la lune.... Ils figurent le feu elles dieux de l'Olympe par des pyramides et des obélisques (le nom du soleU, BaiU, se trouve dans ce dernier mot); le soleil par un cône { la mitre d'Osiris) ; la terre par un cylindre ( qui roule) ; la puissance génératrice ( de l'air ) par le phallus, et celle de la terre par un triangle, emblème de l'organe femelle. ( Eusèbe , Prépar. évang. p. 98. )

K Le limon , dit lamblique ( de Symbolis, sect. 7 , c. 2) , désigne la matière, la puissance générative et nutritive; tout ce qui reçoit la chaleur, \à fermentation de la vie.

n Un homme assis sur le lotos ou nénuphar désigne Vesprit moteur (le soleil), qui, de même que cette plante vit dans l'eau sans toucher au limon ; existe pareillement séparé de la matière, nageant dans l'espace, «e reposant sur luimême; rond dans toutes ses parties, comme le fruit, les feuilles et les fleurs du lotos. { Brahma a des yeux de lotos , dit le Chaster Néardiaen , pour désigner son intelligence, son œil, qui surnage à tout, comme la fleur du lotos sur l'eau. ) Un homme au timon d'un vaisseau, continue lamblique.

NOTES

désigne le 9oieii qui gouverne toat. Et Porphyre nous dit que cVst encore loi que représente un homme dans un «aissenu sur un crooodUe (amphihie, emblème de Tair et de i>an).

« A Ûéphantine on adorait une figure d*homme oui», de etmUur bleue, ayant une tète de bélier et des cornes de bouc qui embrassaient le disque; le tout pour figurer la conjonction du soleil dans le bélier avec la lune. La couleur bleue désigne la puissance attribuée à la lune dans cette conjonction, d*élever les eaux en nuagee, (Eusèbe, Prépar, ivang, pag.ii6.)

« L*épervier est Temblème du soleil et de la lumière, à raison de son vol rapide et élcTé au plus haut de Tair, où mbonde la lumière.

« Le poisson est l*emblème de Taversion , et Thippopotame de la Tiolenœ, parée que, diton, il tue son père et viole sa mère. De là, dit Plutarque, l'inscription hiéroglyphique du temple de Sais, où Ton voit peints sur le vestibule, l'* un enfant. S* uiwvieillard, 3*> un épervier, 4' un poisson, et 6<* on hippopotame; ce qui signifie : P arrivants (à la vie ) et S* partanU, 3* dieu, i"* hait, 6« rU^Justioe. (Voyez lais ' etOain».)

« Les Égyptiens, i\Joute-t-iI, peignent le ntonde par un scarabée, parce que cet insecte pousse à contre-sens de sa marche une boule qui contient ses oet^, comme le ciel des fixes pousse le soleil (Jaune de Tceuf ) à contresens de sa rotation.

« Us peignent le monde par le nombre cinq, ipd est celui des éléments , savoir, dit Diodore , la terre , Tean , Talr, le feu etrétlier ou sgnritus (ils sont les mêmes chez les Indiens) ; et selon les mystiques, dans Hacrobe, œ sont le INeu suprême oa premier mobile, llnteOlgenoe ou mens née de lui , FAme du monde qui en procède, les sphères célestes, et les choses terrestres. De là, ^oule Plutarque, Tanaiogie de pente, emq (en grec) , à Pt», le touL

« L'âne, dlMl encore, désigne Typhon , parce qu'il est de oonleor nwite, comme lui : or Typhon est tout ce qui est bourbeux, limoneux » ( et J'observerai qu'en hébreu , limon , oouicor rousse , et âne , sont des mots formés de la même racine kamr). De plus , lamblique nous a dit que le limon désignait la matière, et il J^te ailleurs que tout mal, toute corruption, viennent de la matière; ce qui, comparé au mot delCacrobe, tout est périssable, sc^et au changement dans la sphère céleste, nous donne la théorie du système d'abord phyrique, puis moralisé, du bien et du mal des anciens. Yoy. encore le Mémoire sur le zodiaque de Denderah, que le savant Dupuis a inséré dans le Journal intitulé : Revue philosophique, année I80l.

Pag. M, col. S, lig. 31. ( Une cause insensée de superstition. ) CTest le propre texte de'Plutarque , qui raconte que ces divers colles furent donnés par un roi d'Egypte aux différentes villes, pour les désunir et les asservir (et ces rois étaient pris dans la caste des prêtres ). Yoy. Isis et Oeiris.

'Pu^.b7,ttÀAy\\g.i^{Danslaprqfeetiondelasphèrequetraçaient les prêtres aetronomes,) Les anciens prêtres eurent trois espèctt de protection , quil est utile de faire connaître ao lecteur.

« nous lisons dans Subulus, dit Porphyre , que Zoroastre fat le premier qui ayant choisi dans les montagnes voisines de la Perse une caverne agréablement située, la consacra à Miikra ( le soleil ) , créateur et père de toutes choses, c'està-dire qu'ayant pajrtagé cet antre en divisions géométriques qui représentaient les climats et les éléments, il imita en petit l'ordre et la disposition de l'univers par Mithra, Après Zoroastre, ce devint un usage de consacrer les antres à la oélébrsEtion des mystères; en sorte que de même que les temples sont affectés aux dieux célestes, les autels champêtres aux héros et aux dieux terrestres , les souterrains aux dieut ti^ernams (inférieurs) ; de même les antres et les grottes furent spécialement attribués au monde, à Vunivers et aux nymphes : de là est venue à Pythagore et à Platon l'idée d'appeler le monde urne caverne, un antre. » ( Porphyre, éle Antro Pfympharum, )

Tdd donc une première projection en relief; et quoique

les Perses aient fait honneur de son invention à Zoroastre, on peut assurer qu'elle eut lieu chez les Égyptiens, et que même étant la plus simple, elle y dut être la plus ancienne; les cavernes de Thèbes , remplies de peintures , autorisent ce sentiment.

En voici une seconde : « Les prophètes ou hiérophantes des Égyptiens, dit l'évêque Synésius, qui avait été tnt7iV aux mystères, ne permettent pas aux ouvriers ordinaires de faire les Idoles ou images des dieux; mais Us descendent eux-mêmes dans les antres sacrés , où ils ont des coffres cachés , qui renferment certaines sphères sur lesquelles ils composent ces images en secret et à l'insu du peuple, qui méprise les choses shnpies et naturelles, et qui veut des prodiges et des fables, V (Syn. m Calvit, ) C'est-à^re que les prêtres avaient des sphères armillaires comme les nôtres; et ce passage, si concordant avec celui de.Chierémon , nous donne la clef de toute leur théologie astrologique.

Enfin ils avalent des plans plats , dans le geni% de la planche m; avec cette différence que leurs plans, très<»mpliqués, portaient toutes leurs divisions fictives de décans et sous^écans, avec les indications (hiéroglyphiques) de leurs influences. Kirker en a donné une copie dans son OEdipe égyptien, et Gétwlin un fragment figuré dans son volume du Calendrier (sous le nom de Zodiaque égyptien). « Les anciens Égyptiens, dit l'astrologue ^ttfiiw Firmicus {Astron. lib. II, c. 4, et lib. IV, c. 16), divisent chaque signe du zodiaque en trois sections; et chaque section fut sous la direction d'un être fictif, qu'ils appelèrent décan ou chef de dizaine; en sorte qu'il y eut trois décans par mois et trente-six par an. Or ces décans, qui furent aussi appelés dieux (theoi), règlent les destinées des hommes.... et ils étaient spécialement placés dans certaines étoiles.... Dans la suite on imagina en chaque dizaine trois autres dieux , que l'on appela les dispensaUurs; de sorte qu'il y en eut neuf par mois , qui furent encore divisés en un ooinbre infini dt puissances. » Les Perses et les Indiens firent leurs sphères sur des plans semblables; et si l'on dressait un tableau de la description qu'en donne Scaliger à la fin de Hanllius, l'on y verrait précisément la définition de leurs hiéroglyphes, car chaque article en est un.

Pag. 67, col. I, lig. 49. ( L'hémisphère d*hiver lui était antipode. ) Voilà précisément pourquoi le nom d'Ahrimones était toi^ours écrit par les Perses renversé ainsi : uputuyy.

Ibid. col. S, lig. 19. ( Typhon, (festrà-dire déluge, à raison % des pluies.) Typhon, prononcé touphon par les Grecs, est précisément le touphan arabe , qui veut dire déluge ; et tous ces déluges des mythologies ne sont, tantôt que V hiver et les pluies, et tantôt le débordement du Nil; de même que les prétendus incendies qui doivent terminer le monde ne sont que la saison d'été. Voilà pourquoi Aristote, de Meteeris, lib. I, c. 14, dit que l'hiver de la grande année cyclique est un déluge, et son été un incendie. « Les Égyptiens, dit Porphyre, emploient chaque année un taUsman en mémoire du monde; an solstice d'été, ils marquent de rouge les maisons , les troupeaux , les arbres , disant que ce Jour-là tout le monde a été incendié. C'était aussi alors que se célébrait la daoaepyrrhique ou de Vincendie. » — Et ceci explique l'origine des purifications par le feu et par l'eau ; car ayant appelé le tropique du cancer porte des deux et de la chaleur ou feu céleste, et celui du capricorne porte du déluge ou de l'eai» , il fut censé que les esprits ou âmes qui passaient par ces portes pour aller et venir aux deux , étalent rôtis ou baignés : de là le baptême de Mlthra, et le passage à travers les flammes, pratiqués dans tout l'Orient longtemps avant Moïse.

Ibid. lig. 31. {Dans la Perse, en un ten^ postérieur.} Dans un temps postérieur, c'est-à^ire, lorsque le bélier devint le signe équinoxial, ou plutôt lorsque le dérangement du ciel eut fait apercevoir que ce n'était plus le taureau.

Ibid. lig. 47. ( Tous les actes religieux du genre gai. Toutes les fêtes anciennes, relatives au retour ou à l'exaltation du soleil , portaient ce caractère : de là les hilaria du ca^ lendrier romain an passage (pascha) de l'équinoxe vemal. Les danses étaient des imitations de la marche des planètes. Celle des derviches la figure encore aujourd'hui.

NOTES

Pag. 67, col. «, llg. 5«. ( Touê Ut aetâ$ religievx du genre triste.) « On n'offre, dit Porphyre, de Baerilloes sanglante qu*aax démons et aux génies malfaisants, pour détoarner leur colère... Les démons aiment le tang, Y humidité ^ la poanteur. » ( Eusèbe, Prép. évang. p. 173 . )

« Les Êgsrptiens , dit Plutarque , n'offrent de victimes sanglantes qa*À Typhon. On loi immole an boeuf roux; et ranimai de sacrifice est un animal exécré, chargé de tous les péché» du peupU (le bouc de Moïse). » Voy . de Iside et Osiride.

Pag. 68, col. I , llg. 3. ( Ce partage des animaux en tacrés ou abominablei,} Strabon dit, à Toccasion de Moïse et des Juife : fi 0e la superstition sont nées les prohibitions de certaines viandes et les circoncisions. » — Et J'observe, à r<^ard de cette dernière pratique, que son but était d'enlever au symbole d'Osiris (phallus) VobetacU prétendu de la fécondation; obstacle qui portait le sceau de Typhon, « dont la nature, dit Plutarque, est tout ce qui empêche, s*oppose, fait obetniction. »

Pag. 59, col. I , llg. 61. (Les heureux n'y donneront point d'ombre. ) nestàcesc^etun passage de Plutarque si intéressant et si explicatif de tout ce système, que le lecteur nous saura gré de le lui citer en entier. Après avoir dit que la théorie du bien et du mal avait de tout temps exercé les physiciens et lea théologiens : « Plusieurs, i4oute-t41, croient qull y a deux dieux dont le penchant opposé se plaît, l^ln au bien, et l'autre au mal; ils appellent spécialement dieu le premier, et génie ou deeman le second. Zoroastre les a nommés Oromaze et Ahrimanen ; et il a dit que de tout ce qui tombe sous nos sens, la lumière est l'être qui représente le mieux l'un; les ténèbres et l'Ignorance, l'autre. 11 i^oute que Mithra leur est intermédiaire; et voilà pourquoi les Perses appellent Mithra le médiateur ou Vintermédiaire. Chacun de ces dieux a des plantes et des animaux qui lui sont particulièrement consacrés : par exemple , les chiens , les oiseaux , les hérissons , sont affectés au bon génie ; tous les anhnaux aquatique», au mauvais.

ft Les Perses disent encore qu'Oromaze naquit ou ta\ formé de la lumière la pins pure ; Ahrimanes , au contraire , des té> nèbres les plus épaisses ; qu'Oromaze fit iix dieux aussi bons que lui, et qu'Ahrimaoes leur en opposa six méchants ; qu'ensuite Oromaze se tripla (Hermès Trismégiste), et s'éloigna du soleil autant que le soleil est éloigné de la terre ; et qu'il lit les étoiles , et entre autres Sirius , qu'il plaça dans les deux comme un gardien et une sentinelle. Or il fit encore vingtquatre autres dieux, qu'il plaça dans uo œuf; mais Ahrimanes en créa vingt-quatre autres qui percèrent Vœuf, et alors les biens et les maux furent mêlés (dans l'univers ). Mais enfin Ahrimanes doit être un Jour vaincu, et U terre deviendra égale et aplanie, afin que tous les hommes vivent lieureux.

R Théopompe i^ute, d'après le^ livres des mages, que tour à tour l'un de ces dieux domine tous les trois mille ans , pendant que l'autre a du dessous; qu'ensuite Us combattent à armes égales pendant trois autres mille ans; mais enfin que le mauvais génie doit succomber (sans retour), jilors les hommes deviendront heureux, et ne donneront point d^ombre. Or le dieu qui médite ces choses se repose en attendant qu'il lui plaise de les exécuter. » ( De Iside et Osiride. )

L'allégorie se montre à découvert dans tout ce passage. L'on^festla sphère des fixes, le monde; les six dieux d'Oromaze sont les six signes d'été; les six signes d'Ahilmanes, les six signes d'hiver. Les quarante-huit dieux créés ensuite sont les quarante-huJtconstellatlons de la sphère ancienne, par^ tagée également entre Ahrimanes et Oromaze. Le r61e de Sirius, gardien, sentinelle, décèle l'origine égyptienne de ces idées ; enfin cette expression , que la terre deviendra égale et aplanie, et que les hommes heureux ne donneront point d'ombre, nous montre que le paradis véritable était Véquateur.

tbid. col. 2 , llg. 7. ( Les cérémonies de Vanire de Mithra. ) Dans les antres factices que les prêtres pratiquèrent partout, on célébrait des mystères qui consistaient, dit Origène contre Celae , à imiter les mouvements des astres , des planètes et de

tous les deux. Les initiés portaient des noms de c<iiisljellatk.ns, et prenaient des figures d'animaux. L'on était déguisé en lion, l'autre en corbeau, celui-d en bélier. De là les masques de la première comédie. (Voyez Antiq. dévoilée, tom. II, pag. M4 .) Dans les mystères de Gérés, le chef de la procession s*appelalt le créateur; le porteur de flambeau, le soleil; celui qui était près de l'autel , la lune; le héraut ou diacre. Mercure. En Egypte , il y avait une fête où des hommes et des femmes représentaient Vannée y le siècle, les saisons, les parties du Jour, et Us suivaient Baochus. ( Athénée, Uv. Y , c. 7. ) Dans l'antre de Mithra U y avait une écheUe à sept échelons ou degrés, figurant les sept sphères des planètes, par où montaient et descendaient les Ames; c'est précisément l'écbeUe de la vision de laoob; ce qui indique, à cette époque, tout le système formé, n y a à la Bibliothèque royale un superbe volume de pdnture des dieux de llnde, où l'échelle se trouve représentée avec les Ames qui y montent, planche dernière. Voyez VMtronomie ancienne par BaUly, où nos assertions sur les connaissances des prêtres sont amplement prouvées.

Pag. 60, col. I, lig. 34. {Dont toutes les parties avaient un* liaison intime. ) Ce sont les propres paroles de lambttqae , d» Myst. JBgypt.

Ibid. lig. S7. ( Un fluide igné, électrique.) Plus Je considère ce que les andens ont entendu par éther et esprit, et ce que les Indiens nomment Yakaehe, plus J'y trouve d'analogie avec le fluide électrique. Un fluide lumineux remplissant l'univers, composant la matière des astres, prindpe de mouvement et de chaleur, ayant des molécules rondes, lesqueUes slnshiuant dans un corps, le remplissent en s'y dilatant, queUe que soit son étendue : quoi de plus ressemblant à l'électridté?

Ibid, lig. 30. ( Xe coeur ou le foyer. ) « Les phyiident, dit Macrobe , appelèrent le soldl cœur du monde ( c. so Sam. Scip. ) Les Égyptiens, dit Plutarque, appeUent l'orient le visage, le nord le.rd^ droit, le midi le côté gauche du monde ( parce que le cœur y est placé ). » Sans cesse Ils comparaient l'univers à un homme, et de là le Microcosme si célèbre des alchimistes. Observons, en passant, que les alchlmlsteB, les cabalistes, les firancs-maçons, les magnétiseurs, les martinlstes , et tous les visionnaires de ce genre, ne sont que des disciples égarés de cette école antique. Consultez encore le pythagoricien Ocellus Lucanus, et VOEdipus agypHacus de Klrker,t. H, page 206.

Ibid, lig. 60. (Dans Véther, au milieu de la voûte des ciçix.) Cette comparaison à un Jaune d'oeuf porte, l» sur l'analogie de la figiue ronde ei jaune, 9? sur la situation au milieu, 3<* sur le germe ou prindpe de vie placé dans le Jaune. La figure ovale serait-dle relative à Vellipse des orbites? Je suis porté à le croire. Le mot orphique offre d'aUleurs une remarque nouvelle. Macrobe dit (Som. Seipion. c. 14 et c. 20) que le soleU est la cervelle de l'univers, et que c'est par analogie que dans l'homme le cr&ne est rond, comme l'astre siège de l'intelligenoe : or le mot œrph ( par aln ) signifie eu hébreu le cerveau et son siège ( œrvix ) ; alors Orphée est le même que Bedou ou Beats; et les bonzes sont ces mêmes orphiques que Plutarque nous peint comme des charlatans qui ne mangeaient point de viande , vendaient des talismans, des pierres, etc. et trompaient les psirticuUers et même les gouvernements. Voyez un savant Mémoire de Fréret, sur les Orphiques, Acad des Inscrip. tom. XXm, ln-4<>.

Ibid. col. 2, lig. 7. ( Sur la tête une sphère d'or. ) Yoyee Porphyre, dans Eusèbe, Prépar. évangél. Uv. III, pag. lift.

Pag. 61, col. I, Ug. 10. {De là tout le système de V immortalité de l'Ame. ) Dans le système des premiers spirituaUni» , l'Ame n'était point créée avec le corps, ou en même temps que lui , pour y être insérée; eUe existait antérieurement et de toute éternité. Void, en peu de mots, la doctrine qu'expose Macrobe à cet égard ( 5a»». Scip. passim ).

n II existe un fluide lumineux, igné, très- subtil, qui, sous le nom ù'ather et de spiritus, rempUt l'univers; U compose U substance du soleU et des astres ; U est le prindpe et Vagent essentiel de tout mouvement, de toute vie; U est la Divinité. Quand un corps doU être animé sur la terre, une

NOTES

molteule ronde de ee fluide gratfte par la rôle lactée yen la sphère lunaire; et parvenue là, elle se combine avec un air plus grossier, et devient propre à s^associer à la matière : alors elle entre dans le corps qui se forme, le remplit tout entier, Fanlme, croit, souffre, grandit et diminue avec lui : lorsque ensuite U périt, et que ses éléments grossiers se dissolvent, cette molécule incorruptible 8*en sépare, et elle se r^iralt de suite au grand océan de Téther, si sa combinaison avec Voir lunaire ne la retenait : c^est cet air ( ou gaz ) qui conservant les formes du corps, reste dans Tétat d*ombre ou de fentôme. Image parfaite du défUnt. Les Grecs appelaient cette ombre Vimage ou VidoU de Tâme ; les pythagoriciens la nommaient son char, son enveloppe; et Pécole rabbinique son vai8teau, sa naeeUe. Lorsque Thomme avait bien vécu, cette àme entière, c^est-À-dlre son char et son éther, remontaient à la lune, où il 8*en faisait une séparation ; le char vivait dans réiysée lunaire, a Véiher retournait mnjlxes, c'est-a-diie à Dieu; car, dit Macn^, plusieurs appellent Dieu le del deyilxes ( c. 14 ). »

SI rhomme n*avait pas bien vécu, Fâme restait sur terre pour se purifier , et elle errait çà et là à la manière des ombres d*B6mère, qui connut toute cette doctrine, en Asie, trois siècles avant que Phérécyde et Pythagore Teussent njeunle en Gi^ce. Hérodote dit, à cette occasion, que tout le roman de Fume etdeseâ trantmigraUons a été inventé par le§ Égyptiens , et répandu en Grèce par des hommes qui 8*en sont prétendos les auteurs. « Je sais leurs noms, dit-ll, mais Je veux les taire ( lib. Il ). » Cioéron y supplée, en nous apprenant positivement que ce fut Phérécyde, maître de Pythagore ( Tuêcul. lib. 1 , g 16). Dans la Syrie et dans la Judée, nous trouvons une pfcuve palpable de son existence , cinq siècles avant Pythagore, en cette phrase de Salomon, où il dit : « Qui sait si respiit de Hiomme monte dans les régions supérieures ? Pour oui, méditant sur la condition des honunes, i*ai vu qu'elle était la même qoe celle des animaux. Leur tin est la même; nioninie périt comme ranimai ; ce qui reste de Tun n'est pas plus que ce qjaï reste de Tautre; tout est néant » Ecclee. c. ni,v. II.

Et telle avait été Topinion de Moïse , comme Ta bien observé le traducteur d*Hérodote, Larcher , dans sa première édition , noie 3S0 du liv. Il, où il dit aussi que Yimmortaliti ne slntrodnlsit chez les Hébreux que par la communication des AssyriHis. Du reste , tout le système pythagoricien , bien analysé , n'est qu'on par système de physique mal entendu.

Pag. 6l,coLS.lig.6l. (Ses fMHnsm^mtfs, tout dérivé*,) fsïôi^ mère analyse, tous les noms de la Divinité reviennent à celui d\in ot^ei matériel quelconque, qui en fut censé le siège. pîoos en avons vu une foule d'exemples : donnons-en un encore dnns notre propre mot dieu. Ce terme , comme on le sait , est le deua des Latins, qui lui-même est le ifteoi des Grecs. Or, Je raves de Platon ( in Oratglo ), de Macfobe ( Satum, Ub. I, c 2« ), etdePJularque (/s»e< Ostrtf ), sa radneest lAd», qui signifie errvr , comme j»2aiitftn ; c'est-à-dire qull est synonyme A planètes, parce que, i^outent ces auteurs, les anciens Grèce, ainsi que les harbaree, adoraient spécialement le» planitet. Je sab que Ton a beaucoup décrié cette recherche des étymologles; mais si, comme il est vrai, les mots sont les signes repiésentatUil des idées, la généalogie des uns de^'lent celle des autres, et un bon dictionnaire étymologique serait la plus parfaite histoire de l'entendement humain. Seulement il faut porter dans cette recherche des précautions que Ton n'a pas prises Jusqu'à ce Jour, et entre autres il faut avoir fait ooe comparaison exacte de la valeur des lettres des divers alphabets. Hais, pour continuer notre sujet, nous i^outerons qae dans le pliénicien, le mot thàh (par aln) signifie aussi emr, et qu'il parait être la source de thein : si l'on veut que dens dérive du grec Znw, nom propre de Youpiter, ayant pcNir radne zaâ ,jevis,îl reviendra précisément au sens de yo» , qui signifiera Véme du monde , le feu-principe, Div^us , qui ne signifie que génie, dieu du second ordre, me parait irenir de Forlental div pour dib, Ump et chacal, l'un des euiMèmcs du soleil, A Thèbes, dit Macrobe, le soleil était peint sous la forme d'un loup ou chaced (car il n'y a pas de loups en figypte). La raison de cet emblème est sans doute

que le ehaeal annonce par ses cris le lever du soleil, ainsi que le coq; et cette raison se confirme par f analogie du mot lykos, loup, et lyké, lumière du matin, d'où est venu lux. Dius, qui s'entend aussi du soleil, doit venir de dih, épervier. « Les égyptiens, dit Porphyre (Eusèbe, Prépar. évang, p. OS), peignent le soleil sous l'emblème d'un épervier, parce que cet oiseau vole au plus haut des airs, où abonde la lumière. » Et en effet, on voit sans cesse au Kaire des milliers de ces oiseaux planer dans l'air, d'où Us ne descendent que pour importuner par leur cri qui Imite la syllabe dih; et ici, comme dans l'exemple précédent, se retrouve l'analogie des mots dies, jour, lumière, et dius , dieu , soleil,

Pag. 63, col. I , Ug. 16. ( Hâtèrent par leurs disputes le progris < des sciences et des découvertes, ) L'une des preuves les plus plausibles que ces systèmes furent inventés en Egypte, réside surtout en ce que ce pays est le seul où l'on vole un corps complet de doctrine formé dès la plus haute antiquité.

Clément d'Alexandrie nous a transmis {Siromat Ub. Y!) un détail curieux de quarante-deux volumes que l'on portait dans la procession d'isis. ■ Le chef, dit-41 , ou chantre , porte un des instruments, symboles de la musique , et deux livres de Mercure , contenant , l'un des hymnes aux dieux , l'autre la liste des rois. Après lui Vhoroseope (l'observateur du tempe) porte une palme et une horloge, symboles de l'astrologie; il doit savoir par cœur les quatre livres de Mercure qui traitent de l'astrologie, le premier sur l'ordre des planètes, le second sur les levers du soleil et de la lune, et les deux autres sur les levers et aspects des astres. Vécrivain sacré vient ensuite , ayant des plumes sur la tète ( comme Kneph), et en main un livre, de l'encre et un roseau pour écrire (ainsi que le pratiquent encore les Arabes) : 11 doit connaître les hiéroglyphes, la description de l'univers, le com du soleil, de la lune, des planètes; la division de l'Egypte (en trente^ix némes), le cours du Nil, les instruments, lei ornements sacrés , les lieux saints , les mesures , etc. Puis vient le porte-étole, qui porte la coudée de justice, ou mesure du NO, et un calice pour les libations : dix volumes concernent les sacrifices, les hymnes, les prières, les offrandes, les cérémonies, les fêtes. Enfin arrive le prophète, qui porte dans son sehi et à découvert une cruche : il est suivi par ceux qui portent les pains (comme aux noces de Cana). Ce prophète, en qualité de président des mystères, apprend dix (autres) volumes sacrés qUl traitent des lois, des dieux et de toute la discipline des prêtres , etc. Or il y a en tout quarante-deux volumes, dont trente-six sont appris par ces personnages; les six autres sont du ressort des pastophores : Us traitent de la médecine, de la construcUon du borps humain ( l'anatomie ) , des maladies , des médicaments , d^ Instruments , etc. »

Nous laissons au lecteur à déduire toutes les conséquences d'une pareille encyclopédie. On l'attribuait à Mercure; mais lambUque nous averUt que tout livre composé par les prêtres était dédié à ce dieu , qui , à titre de génie ou décan ouvreur du zodiaque , présidait à l'ouverture de toute entreprise : c'est le Janus des Romains, le Guianesa des Indiens, et U est re> marquable que lanusei Guianesaoni homonymes. Du reste, il parait que ces livres sont la source de tout ce que nous ont transmis les LaUns et les Grecs dans toutes les sciences , même en alchimie , en nécromancie , etc. Ce que l'on doit le plus regretter est la partie de l'hygiène et de la diététique, dans lesquelles il parait que les Ë^Uens avait réeUement fait de grands progrès et d'utUes observations.

Jbid, llg. 46. ( Son Dieu n'en Jktt pas moins un dieu égyptien . ) « A une certaine époque , dit Plutarque (de Mde ) , tous les égyptiens font peindre leurs dleux-anhnaux. Les Thébains sont les seuls qui ne payent pas de peintres, parce qu'ils adorent un dieu dont les formes ne tombent pas sous les sens et ne se figurent point. > Et voilà le Dieu que Moïse, élevé à HéliopoUs , adopta par préférence , mais qu'U n'InvenU point

Ibid. lig. 48. («f Yahouh, décelé par son propre nom,)

NOTES

Telle est la vraie prononciation da Jehovah de nos modernes , qui choquent en cela toutes les règles de la critique , puisqu'il est constant que les andens , surtout les Orientaux syriens et phéniciens, ne connurent Jamais ni le Je ui le v, venus des Tartares. L'usage subsistant tles Arabes, que nous rétablissons ici, est confirmé par Diodore, qui nonune law le dieu de Moïse ( lib. I ) ; et I*on voit que law et Yahouh sont le même mot : l'identité se continue dans celui de Youpiier; mais afin de la rendre plus complète, nous allons la démontrer par le sens même.

En hébreu , c'est-à-dire , dans l'un des dialectes de la langue commune à la basse Asie, le mot Yahouh équivaut à notre périphrase celui qui est lui, i*étre existant, c'est-à-dire, le principe de la vie, le moteur ou même le mouvemeftt ( l'âme universelle des êtres ). Or qu'est-ce que Jupiter? Écoutons les Latins et les Grecs expliquant leur théologie : <c Les Égyptiens, dit Diodore d'après Manethon, prêtre de Memphis, les Égyptiens donnant des noms aux cinq éléments, ont appelé V esprit ( ou éther ) Youpiter, à raison du sens propre de ce mot, car Vesprit est la source de la vie, l'auteur du principe vital dans les animaux; et c'est par cette raison qu'ils le regardèrent comme le père, le générateur des êtres. Voilà pourquoi Homère dit père et roi des hommes et des dieux. » ( Diod. lib. I, sect i. )

« Chez les théologiens , dit Macrobe , Touplter est l'âme du monde; de là le mot de Virgile : Muses, commençons par Youpiter: tout est plein de Youpiter { Songe de Seipion, c. 17 ); » et dans les Saturnales, 11 dit : Jupiter est le soleil lui-même; c'est encore ce qui a fait dire à Virgile : « L'esprit alimente la vie ( des êtres ), et Vdme répandue dans les vastes membres ( de l'univers ) en agite la masse, et ne forme qu'un corps Immense. »

a Youpiter, disent les vers très-anciens de la secte des orphiques nés en Egypte, vers recueillis parOuomacrite, au temps de Pisistrate; Youpiter, que l'on peint la foudre à la main, est le commencement, l'origine, la fin et le milieu de toutes choses : puissance une et universelle, il régit tout, le ciel, la terre, le feu, l'eau, les éléments, le Jour, la nuit. Voilà ce qui compose son corps immense; ses yeux sont le soleil et la lune ; U est l'éternité , l'espace. Enfin , (^oute Porphyre, lupiter est le monde, Vunivers, ce qui constitue l'existence et la vie de tous les êtres. Or, continue le même auteur, comme les philosophes dissertaient sur la nattiie et les parties constituantes de ce dieu, et qu'ils n'imaginaient aucune figure qui représentât tous ses attributs, ils le peignirent sous l'apparence d'un homme.... n est assis, pour faire allusion à son essence immuable; il est découvert dans la partie supérieure du corps , parce que c'est dans les parties sapériettres de l'univers ( les astres ) qu'il s'offre le plus à découvert II est couvert depuis la ceinture, parce qu'il est le plus voilé dans les choses terrestres. Il tient un sceptre de la main gauche , parce que le cœur est de ce côté , et que le cœur est le siège de l'entendement, qui ( dans les hommes ) règle toutes les actions. » Voy. Eusèbe, Prépar. évang. page

Enfin voici un passage du géographe philosophe Strabon, qui lève tous les doutes sur l'identité des idées de Moïse et de celles des théologiens païens.

« Moïse, qui fut un des prêtres égyptiens, enseigna que c'était une erreur monstrueuse de représenter la Divinité sous les fonnes des anhnaux , comme faisaient les Égyptiens , ou sous les traits de l'homme, ainsi que le pratiquent les Grecs et les Africains : cela seul est la Divinité, disait-il, qui compose le ciel , la terre et tous les êtres, ce que nous appelons le monde, Yuniversalité des choses, la nature; or personne d'un esprit raisonnable ne s'avisera d'en représenter l'image par celle de quelqu'une des choses qui nous environnent C'est pourquoi rejetant toute espèce de simulacres ( idoles) , Moïse voulut qu'on adorât cette Divinité sans emblème et sous sa propre nature; il ordonna qu'on lui élevât un temple digne d'elle , etc. » Geograph. lib. XY I , pag. 1104, édit de 1707

La iliéologie de Moïse n'a donc point différé de celle des sectateurs de Vdme du monde, c'est-à-dire des stoïciens, et même (l«*s épicuriens.

.Quant à l'histoire de Moïse, Diodore la présente soos on Jour naturel, quand il dit, liv. XXXIV et XL, « que les luifs furent chassés d'Egypte dans un temps de disette, où le pays était surchargé d'étrangers, et que Moïse, homme supérieur par sa prudence et par son courage, saisit cette occasion pour établir sa nation dans les montagnes de Judée. » A l'égard des six cent mille hommes armés que VBxode lui donne , c'est une erreur de copiste, dont le lecteur trouvera la démonstration tirée des livres mêmes, dans les Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne.

Pag. es , col. f , lig 63. ( Sous le nom d'Éi, ) G'éUit le monosyllabe écrit sur la porte du temple Ûe Delphes Plularque en a fait le sujet d'un traité.

Jhid. col. 2 , lig. lb.(Le nom d'Osiris mime. ) n se trouve en propres termes au chap. xxxu du Deutironome. « Les ouvrages de Tsour sont parfaits. » On a traduit Tsour par créateur; en effet il signifie donner des formes; et c'est l'une des définitions Û*Osiris dans Plutarque.

Pag. 63, ool. 2, lig. 27.( Satan, Varchange Miéhel. )<i Les noms des anges et des mois, tels que Grabriel, Bfichel, Tar, Nisan, etc. vinrent de Babylone avec les Juifs, » dit en propres termes le Talmud de Jérusalem. Voyez Beausobre , Hist. du manich. tom. Il, pag. 624, où il prouve que les saints du calendrier sont imités des 866 anges des Perses; et lamblique , dans ses Mystères égyptiens , sect 2 , ch. 3 , parie des anges, archanges, séraphins, etc. comme un vrai chrétien.

Ihid. lig. 42. ( Consacrèrent la théologie de Zoroasire. ) «Toute la philosophie des gymnosophlstes, dit Diogène Laërce, sur l'autorité d'un ancien, est issue de celle des mages j et plusieurs assurent que eelle des Juife en a aussi tiré son origine ( llv. I, c. 9 ). » Mégasthène, historien distingué du temps de Séleucus Micanor, et qui avait écrit particulièrement sur l'Inde, parlant de la philosophie des ancioia sur les choses naturelles, Joint dans un même sens les bràet les Juifs.

Pag. 64, col. I , lig. 22. ( Ramener Vdge d^or sur la terre. ) Voilà la raison de tous ces oracles païens que Ton a appliqués à Jésus , et entre autres de la quatrième églogue de VirgUe et des vers sibyllins si célèbres chez les anciens.

Ibid. col. 2, lig. 6. ( Au bout des six mille ans prétendus. ) Lisez à ce sujet le chapitre xyu des Recherches nouvelles sur V histoire ancienne, où est expliquée la mythologie de la création. La version des Sepûmte comptait cinq mille et près de six cents ans; et ce calcul était le plus suivi : on sait combien, dans les premiers siècles de l'église, cette opinion de la fin du monde agita les esprits. Par la suite , les saints conciles s'étant rassurés , ils la taxèrent d'hérésie dans la secte des millénaires; ce qui forme un cas bien shogulfer; car d'après les propres Évangiles que nous suivons, il est évident que Jésus eût été un millénaire ^ c'est-à-dire un Aéré tique.

Ibid. lig. 34. ( Figuré par la constellation du serpettL ) a Les Perses, dit Chardin, appellent la constellation du serpent Ophiuchus, serpent d*Éve; u et ce serpent Ophiuchus ou Ophioneus Jouait le même rôle dans la théologie des Phéniciens ; car Phérécyde , leur disciple et le maître de Pythagore , disait , « ç\v^ Ophioneus serpentinus^yd&X. été le chef des rebelles à Jupiter. » Voy. Mars. Flcin. Apol. Socrat. p. m. 7V7, col. 2. Et J'^outerai qu'œphah (par aln ) signifie en hébreu vipère, serpent.

Au sens physique , séduire , seducere , n'est qu'aâtm* à soi , mener avec soi.

Voyez dans Hyde, pag. I II , édit. de 1760, de ReligUme veterum Persarum, le tableau de Mithra^ cité ici.

Ibid. lig. 63. ( Persée monte de Vautre côté. ) Bien plus, la tête de Méduse , cette tête de femme jadis si belle, que Persée coupa et qu'il tient à la main, n'est que celle de la Vierge, dont la tète tombe sous l'horizon précisément lorsque Persée se lève; et les serpents qui l'entourent sont Ophiuchus et le dragon polaire, qui alors occupent le zénith. Ceci nous indique la manière dont les anciens astrologues ont composé

NOTES

loola lean figures et touta leun fables; Us prenaient les oonstdUlioM qui se trouvaient en même temps sur la lûuide de l^horizoa, et en assemblant les parties, ils en formaient des groupes qui leur serraient d*almanacb, en caractères hiéroglyphiques : voilà le secret de tous leurs tableaux, et la solulîfoii de tous les monstres mythologiques. La Vierge est encore Andromède délivrée par Persée de la baleine qui lapourNut <pn) mqmiiur).

Pag. 65, col. I,lig. K,iJUaitéparuneiriergeehaste.)Téiétaii le tableau de la sphère perslque , cité par Âben-Ezra , dans le Cœlmm poeticum de Blaeu , pag. 71. « La case du premier d^ can de la Vierge , dit cet écrivain , représente cette belle vierge à longue chevelure, assise dans un fauteuil, deux épis dans une main, allaitant un enfant appelé lisuê par quelques nations, et Ckriat en grec »

n existe à la Bibliothèque du Roi un manuscrit arabe, n* 1166 , dans lequel sont peints les douze signes , et celui de la Tierge rq;tté8ente une jeune iUle ayant à côté d'elle un enfant ; d*ailleiii8 toute la scène de la naissance de J^us se trouve rassemblée dans le del voisin. VétabU est la constellation du oodier et de la chèvre , Jadis le bouc ; constellation appelée ptwKpe Jifvis Heniochi , étabie (flou ; et ce mot lou se retrouve dans le nom d'/ou^sepA (Joseph). Non loin est Vdne de Typhon ( la grande ourse), et le boraf ou taureau, acoompagnements antiques de la crèche. Pierre , portier, est Jantu avec ses defr et son front chauve : les douxe apôtres sont les génies des dooie mois , etc. Cette vierge a Joué les rôles les plus variés dans toutes les mythologies ; elle a été T/sts deg Égyptiens , laquelle disait dans Tinscrlption citée par Julien : le huitftiefai enfantieêt le toleil. La plupart des traits cités par Phitarqoe lui sont rdatifs, de même que ceux d'Osiris conviennent à Bootee. Aussi les sept étoiles principales de Vourse , appelées chariot de David, s'appelaient-elles chariot d*Onris (voyez Kirfcer) , et la coitronne qull a derrière lui était formée de Herre, appelé chenrOsiris, arbre d*Osiris. La Fierge a aasd été Cérèt, dont les mystères furent les mêmes que ceux dlsis et de Mithra; elle a été la Diane d'Éphèse , la grande déene de Syrie, CybUe traînée parles lion»; Minerve, mère de BaedHis; Aeiréê, vierge pure, qui (bt enlevée au ciel à la fln de rd^e d^or; Thémù, aux pieds de qui est la balance qu'on lui mit en main; \ASihyUe de Virgile, qui descend aux eil^ffsoa sous rhémisphère avec son rameau à la main, etc.

ïïbid. lig. SO. ( FivTaU abaini, hwnble. ) Ce mot humbU vieot du latin hunU-U», humirjacene, couché ou penché à terre , et toQjours le sens physique se montre la racine du sens Abstrait et moral.

lUd.Ug, 34. {Benainait, réturgeait dana la voûte des deux,) Resorgere, se lever une seconde /ois, n'a signifierez «rtur à la vie que par une métaphore hardie ; et Ton voit l'effet perpétuel 'des sens équivoques de tous les mots employés daas les traditions.

Ibâ, lig. 38. {Chris, c'estréhdire le conservateur.) Selon leur usage constant, les Grecs ont rendu par x ou JoU espagnol le A4 as|Mré des Orientaux, qui disaient hàris; en hébreu , A^rvf s'entend du soleil ; mais en arabe, le mot radical signifie g4srder, conserver, et haris, gardien, conservateur : c'est répitlièle propre de Fichenou ; et ceci démontre à la fois l'identité des trinités indienne et chrétienne , et leur commune orlghie. Il est évident que c'est un même système, qui , di- TkÊé en deux branches , l'une à l*Orlent , l'autre à l'Occident, a pvis deux formesdiverses : son tronc principal estle système P7thaBorldeBderdm«rf»moiMi«,on yoti-p»ler. Cette épithète de pUer ou père ayant passé au Démiourgos des piatonieiess, Il en naquit une équivoque qui fit chercher le JIU. Povr les phllosc^es, ce tui Ventendement, nous et logos, dont les Latins firent leur verbum ; et l'on touche ici au doigt eC a l'ofl rorlgine du père étemel et du verbe son fils, qui procède de lui (iMiM ex Deo note, dit Macrobe); l'antma ou ^ptn'fiM mmuiifot le &ii«i^£^<; et voilà pourquoi Jlfanit, ^^**^> f^oi^tin, et d'autres prétendus hérétiques des prenilen siècles, qui remontaient aux sources, disaient que piea le père était la lumière inaccessible et suprême du del (premier eerde, Ya^nès)\ que le fils était la lumière

VOLUET.

seconde résidante dans le soleil, et te Saint-Esprit l'air qui enveloppe U terre. ( Voy. Beausobre, 1. 11, p. 686. ) De là, chez les Syriens, son emblème du pigeon, oiseau de Fénus Uraftie, c est-à-dire de l'air. « Les Syriens (dit Nigidius in Germa, nico) disent qu'une cotom6« couva plusieurs Jouis dans TEuphrato un «i^rde poisson, d'où naquit rénus, » Aussi ne mangent-iU pas de pigeon, dit Sextus Empiricus (Inst Pyrrh. lib. m, c 23); et ceci nous indique une pinode commencée au signe des poissons (solstice d'hiver). Remarquons d'ailleurs que si Chris vient de hariMch par un chin , U signifiera fabricateur; épilhète propre du soleil. Ces variantes , qui ont dû embarrasser les anciens, prouvent toujours également qu'il est le véritable type de Jésus, ainsi qu'on l'avait déjà aperçu dès le temps de TertuUien. « Plusieurs, dit cet écrivain, pensent, avec plus de vraisemblance, que le soleil est notre Dieu ; et ils nous renvoient à ta religion des Perses. » apologétique, c. 16.

Pag. 66, col. I, Ug. 44. {VunedespériodessoUdres), Voy. l'ode curieuse de MarOanus Capella au soleil , traduite par Gébelin , volume du Calendrier, pag. 647 et 648.

Pag. 67, col. 2, Ug. 16. {Des sacrifices humains.) Lisez la ih>ide déclamation d'Eusèbe(/»r^p.éi>.Uv.I, pag. II), qui prétend que depuis que Christ est venu, il n'y a plus eu ni guerres, ni tyrans , ni anthropophages , ni pédérastes , ni incestueux , ni sauvages mangeant leurs parente, ete. Quand on lit ces premiers docteurs de l'église, on ne cesse de s'étonner de leur mauvaise foi ou de leur aveuglement. Un travail curieux serait de publier aujourd'hui un demi-volume de leurs passages les plus remarquables, podr mettre en évidence leur folie. La vérité est que le christianisme n'a rien invente en morale, et que tout son mérite a éte de mettre en pratique des principes dont le succès a éte dû aux circonstances du temps; c'est-à-dire que le despotisme orgueilleux et dur des Romains, dans ses diverses branches militaires , Judiciaires et administratives, ayant lassé ta patience des peuples, il se fit dans les classes inférieures ou populaires, un mouvement de réaction absolument semblable à celui qui , depuis vingt-cinq ans , a Ueu en Europe de ta part des peuples contre l'oppression des deux castes dites sacerdotale ei féodale.

Pag. 68, col. I, lig. 19. {Association d'hommes assermenté» pour nous faire la guerre. ) Cétait l'ordre de Halte , dont les chevaliers faisaient vau de tuer ou de réduire en esctavage des musulmans , pour la gloire de Dieu.

Ibid. col. 2, lig. 16. ( I7i» tarif de crimes.) Tant qu'U existera des moyens de se purger de tout crime, de se racheter de tout châtiment avec de l'argent ou de frivoles pratiques ; tant que les grands et les rois croiront se faire absoudre de leurs oppressions et de leurs homicides en bâtissant des temples, en faisant des fondations; tant que les particuUers cit>iront pouvoir tromper et voler, pourvu qu'Us Jeûnent le carême, qu'ils aillent à confesse, qu'ils reçoivent Pextrême-onctlon, il est impossible qu'il existe aucune morale privée ou pubUque, aucune saine légistatlon praUque. Au reste, pour voir les effete de ces doctrines, lisez V Histoire de la puissance temporelle des papes, 2 vol. in-8o, Paris, I8II.

Ibid. lig. 23. {Jusque dans le sanctuaire du lit nuptial.) La confession est une très-ancienne invention des prêtres, qui n'ont pas manqué de saisir ce moyen de gouverner.... Elle était pratiquée dans les mystères égyptiens, grecs, phrygiens , persans , etc. Plutarque nous a conservé le mot remarquable d'un Spartiate qu'un prêtre voulait confesser. Sst<e àtoiouàDieuqueJemeeot\fessêrai?Amevi, répondit le prêtre. En ce cas, dit le Spartiate, homme, retire-toi. (Dits remarquables des Laeédémoniens.) Les premiers chrétiens confessèrent leurs fautes publiquement comme les esséniens. Ensuite commencèrent de s'établir des prêtres , ayec l'auto rite d'absoudre du péché d*idoldtrie... Au temps de Théodose, une femme s'étant publiquement confessée d'avoir eu commerce avec un diacre, l'évêque Nectaire, et son successeur Chrysostôme, permirent de communier sans confession. Ce ne fut qu'au septième siècle que les abbés des couvents imposèrent aux moines et moinesses la confession deux fois

NOTES

rannée; et ee oe ftit que plus tard eneofe que les évéques de Rome la géaéraUsèrent Qaant aux mosulmaiu, qui ont en hoireo^ cette pratique , et qal n'accordent aux femmes ni un caractère moral, ni presque une Ame, Us ne peuvent concevoir qu'un honnête liomme puisse entendre le rédt des actions et des pensées les plus secrètes d'ime fille ou d'une femme. Nous , Français , chez qui l'éducation et les sentiments rendent beaucoup de femmes meilleures que les hommes, ne pourrions-nous pas nous étonner qu'une honnête femme pût les soumettre à l'Impertinente curiosité d'un moine ou d'un prêtre?

Pag. 68, col. a, lig. 84. ( CarporatUms ennemie» de la aociété, } Yeut-on connaître l'esprit général des prêtres envers les autres hommes , qu'ils désignent toi]Uour8 par le nom de peuple , écoutons les docteurs de l'église eux-mêmes. « Le peuple, dit révêque Synéslus {in Calvit. pag. 616), veut absolument qu'on le trompe; on ne peut en agir autrement avec lui... Les anciens prêtres d'Egypte en ont toujours usé ainsi; c'est pour cela qu'ils s'enfermaient dans leurs temples , et y composaient, à son insu, leurs mystères; (et oubliant ce quil vient de dira) si le peuple eût été du secret, il se serait/dcA^ qu'on le trompât Cependant, comment faire autrement avec le peuple, puisqu'il ttX peuple? Pour mol , Je serai toujours philosophe avec moi , mais Je terai prêtre avec le peuple. »

« n ne faut que du babil pour en imposer au peuple, écrivait Grégoire de Razianze à Jérôme. {Hieron, ad Nep. ) Moins il comprend, plus il admira... Nos Pères et docteurs ont souvent dit, non ce qulls pensaient, mais ce que leur faisaient dire les circonstances et le besoin. »

« On cherchait, dit Sanchonlaton , à ezdter radmiration par le merveilleux. » {Prép. év. iiv. m.) Tel fotle régime de toute l'antiquité, tel est encore celui des brahmes et des lamas, qui retrace parfaitement celui des prêtres d'Egypte. Pour excuser ce système de fourberie et de mensonge, on ditqull serait dangereux d'éclairer le peuple, parce qu'il abulerait de ses lumières. Est-ce à dire qu'instruction et friponnerie sont synonymes? Non; mais comme le peuple est malheureux par la sottise, llgnorance, et la cupidité de ceux qui le mènent et l'endoctrinent, ceux-ci ne veulent pas qull y vole clair. Sans doute il seraitdangereox d'attaquer de fjnmt

la croyance erronée d'une nation ; mais II est un art philanthropique et médical de préparer les yeux à la lumière, comme les bras à la liberté. Si Jamais il se forme une oorpomtion dans ce sens, elle étonnera le monde par ses suecèt.

Pag. 88, col. I, Ug. 10. (Devin», magicien»), Qn'ert^ qu'on mo^tdm, dau le sens que le peuple donne à ce mot? C'ert on homme qui , par des parole» et des geete», prétend agir sor les êtres surnaturels, et les forcer de descendre à sa voix, d'obéir à ses ordres. Voilà ce qu'ont fait tous les andeos prêtres, ce que font encore ceux de tous les tdo(dfir«t, etoeqol, de notre part, leur mérite le nom de magicien», Halntenant quand un prêtre chrétien prétend faire descendre IMeo do ciel , le fixer sur un morceau de levain , et rendre , avec ee talisman, les Ames pures et en état de grâce, que fidt-U lolmême, sinon un acte de magie? Et quelle différence y M-U entre lui et un chaman tartare, qui invoque les génie», o« un brahme indien , qui fait descendre F'iekenou duis on vaae d'eau , pour chasser les mauvais écrits? Biais telle est la magie de Vhahitude et de rédueation, que nous trouvons simple et raisonnable en nous, ce qoi dans aotniinoaspantt extravagant et absurde....

Ibid. lig. 31. {Denrée» du pim» grand prix,) Oteieitiium curieuse histoire que l'histoire comparée des agnu» du jm^ etde8|NM<i7/ef du^raïuf lama .'En étendant cette Idée à tootes les pratiques religieoses, il y a un très-bon ouvragée fUre : ce serait d'accoler par colonnes les traits analogues oo contrastants de croyance et de sapecttition de tous les peuples. Un autre genre de superstHion dont il serait également utile de les guérir, est le respect exagéré pour les grand»; et pour cet effet, ii sufflndt d'écrire les détails de la vie privée de ceux qsd gouvernent le monde, princes, coortisans et minbtres. n n'est point de travail plus philosophiqoe que celuHà : aussi avons-nous vu quels cris ils Jetèrent quand on pubUa les anecdotes de la cour de Berlin. Qoe seraiUce al noos avions celles de chaque eoor ? Si le peuple voyait à décooTeii toutes les misères et tootes les tnriÂtades de ses Idoles, U ne serait pas tenté de désirer leurs fausses Jouissances , dont l'aspect mensonger la tooimenle, at l'enpèebe de Jooir do plus nal dssa ooakytftoo.

FIN DBS NOTES.

lA LOI NATURELLE,

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