CHAPITRE PREBflER
Delakdnalnielle.
Z>. Qa'est-oe que la loi naturelle?
R. CtaXVordreréguÙertieonstanidesfaAtSypst
kqael Dixo régit FunÎTers; ordre que sa sagesse
ptéseote aux sens et à la raison des hommes , pour
servir à leurs actions de règle égale et commune, et pour les guider, sans distinction de pays ni de secte , vers la perfection et le bonheur.
/>. Béfinissez-moi clairement le mot ^i.
R. Jjô mot loi, pris littéralement, signifie lec* lure ' , parce que, dans l'origine, les ordonmamces et règlements étaient la lecture par excellence que l'on faisait au peuple, afin qu'il les observât et n'encourût pas les peines portées contre leur infraction : d'où il suit que l'usage originel expliquant l'idée véritable, la loi se définit :
« Un ordre ou une défense d'agir, avec la clause « expresse d'une peine attachée à l'infraction, ou « d'une récompense attachée à l'observation de « cet ordre. »
D. Est-ce qu'il existe de tels ordres dans la nature?
R, Oui.
D. Que signifie ce mot naturel
fi. Le mot natwre prend trois sens divers :
l'' Il désigne l'univers, le monde matériel; on dit, dans ce premier sens, beauU de la natwre, richesse de la natm-e, c'est-à-dire les objets du ciel et de la terre offerts à nos regards;
2* U désigne làpuissance qui anime, qui meut l'univers, en la considérant comme un être distinct, comme l'âme est au corps ; on dit , dans ce second sens : « hesinienUons de la natwre, les « secrets incompréhensibles de la nature. »
S' Il désigne les opérations partielles de cette puissance dans chaque être ou dans chaque classe d'êtres; et l'on dit, dans ce troisième sens : « C'est « une énigme que la nature de l'Aonim^; chaque « être agit selon sa nature. »
Or , comme les actions de chaque être ou de chaque espèce d'êtres sont soumises à des règles constantes et générales, qui ne peuvent être enfreintes sans que l'ordre général ou particulier soit inter-
> Du laUn lex, UcHo : Âlooran signifie aussi la lecture, et n'est qu'une traducUon littérale du mot loi.
verti et troublé , Ton donne à ces règles d'actions et de mouvements le nom de lois naturelles ou lois de la nature.
D. Donnez-moi des exemples de ces lois.
H, C'est une loi de la nature, que le soleil éclaire successivement la surface du globe terrestre; — que sa présence y excite la lumière et la chaleur; — que la chaleur agissant sur Peau forme des vapeurs; -— que ces vapeurs élevées en nuages dans les régions de Fair, s'y résolvent en pluies ou en neiges, qui renouvellent sans cesse les eaux des sources et des fleuves.
C'est une loi de la nature , que l'eau coule de haut en bas; qu'elle cherche son niveau; qu'elle soit plus pesante que l'air; — que tous les corps tendent vers la terre; —que la flamme s'élève vers les cieux; qu'elle désorganise les végétaux et les animaux; — que l'air soit nécessaire à la vie de certains animaux; que, dans certaines circonstances, l'eau les suffoque et les tue; que certains sucs de plantes, certains minéraux attaquent leurs organes, détruisent leur vie; et ainsi d'une foule d'autres faits.
Or, parce que tous ces faits e^ leurs semblables sont immuables , constants , réguliers , il en résulte pour rbomme autant de véritables ordres de s'y oonformer , avec la clause expresse d'une peine attachée à leur infraction, ou d'un bien-être attadié à leur observation : de manière que si l'homme prétend voir clair dans les ténèbres, s'il contrarie la marche des saisons, l'action des éléments; s'il prétend vivre dans l'eau sans se noyer, toucher la flamme sans se brûler , se priver d'air sans s'étouffer, boire des poisons sans se détruire, il reçoit de chacune de ces infractions aux lois naturelles une punition corporelle et proportionnée à sa faute; — qu'au contraire, s'il observe et pratique chacune de ces lois dans les rapports exacts et réguliers qu'elles ont avec lui, il conserve son existence, et la rend aussi heureuse qu'elle peut l'être; et parce que toutes ces lois, considérées relativement à l'espèce humaine, ont pour but unique et commun de la conserver et de la rendre heureuse , on est convenu d'en rassembler l'idée sous un même mot, et de les appeler collectivement la ki naturelle.