CHAPITRE n
Du NU , et de TeiteDsion du Delta.
Toute l'existence physique etpolitiquede l'Egypte dépend du Nil : lui «eul subvient à ce premier besoin des êtres organisés, le besoin de l'eau, si fréquemment senti dans les climats chauds , si vivement irrité par la privation de cet élément. Le Nil seul, sans le secours d'un ciel avare de pluie, porte partout l'aliment de la végétation; par un séjour de trois mois sur la terre, il l'imbibe d'une somme d'eau capable de lui suffire le reste de l'année. Sans son débordement, on ne pourrait cul-
> Chaque tribu a ses foutes parttcuUéres, pour éviter les disputes.
* D^ailleurs il n^existe pas dix arbres dans ce désert, et U parait ineapable d*en produire.
tivtr qu'un terrain trè64K>rné, et avec des soins très-dispendieox; et Ton a raison de dire qu'il est la mesure de l'abondanoe, de la prospérité, de la vie. Si le Portugais Âlbukerque eût pu eiécuter son projet de le dériver de TÉthiopie dans la mer Rouge , cette contrée si riche ne serait qu'un désert aussi sauvage que les solitudes qui Tenvironnent. A voir rusage que rhonune faiit de ses forces, doitron reprocher à la nature de ne lui en avoir pas accordé davantage?
Cest donc à juste titre que les Égyptiens ont eu dans tous les temps, et conservent même de nos jours, un respect religieux pour le Mil > ; mais Il faut pardonner à un Européen, si lorsqu'il les entend vanter la heauté de tes eaux , il sourit de leur ignorance. Jamais ces eaux troubles et fangeuses n'auront pour lui le charme des claires fontaines et des ruisseaux limpides; jamais, à moins d'un sentiment exalté par la privation, le corps d'une Égjrptienne, hâlé et ruisselant d'une eau jaunâtre, ne lui rappellera les naïades sortant du bain. Six mois de l'année, l'eau du fleuve est si bouriieuse, qu'il faut la faire d^>06er pour la boire * : pendant les trois mois qui précèdent l'inondation, réduite à une petite profondeur, elle s'échauffe dans son lit, devient verdâtre, fétide et remplie de ven; et il faut recourir à celle que Ton a reçue et conservée dans les citernes. Dans toutes les saisons, les gens délicats ont soin de la parfumer. An reste , l'on ne £ût en aucun pays un aussi grand usage d'eau. Dans les maisons , dans les rues , partout, le premier objet qui se présente est un vase d'eau, et le premier mouvement d'un Égyptien est de le saisir et d'en boire un grand trait, qui n^incommode point, grâce à l'extrême transpiration. Ces vases, qui sont de terre cuite non vernissée, laissent filtrer l'eau au point qu'ils se vident en quelques heures. L'objet que l'on se propose par ce mécanisme est d'entretenir l'eau bien fraîche, et Ton y parvient d'autant mieux qu'on l'expose à un courant d'air plus vif. Dans quelques lieux de la Syrie l'on boit feau qui a transsudé; mais en Egypte l'on boit celle qui reste dans le vase.
Depuis quelques années, l'action du Nil sur le terrain de fÊ^te est devenue un problème qui
■ ns rappeUnt Mtm, èéni^ Mâeri; et Ion des nouveOes «■ax, c'«rtjhdtfe de rouvertiin da canaox, on voit let mères Is e&rauli dans le ooaiant, avec le pr^ugé que K ont ime Tertn paiiaante et divine, telle que la snptks anciens à tooi les fleuves.
On se sert, poor cet effet, d'amandes amëres, dont on frotte le vase, et alors eUe est réeUemsnt légère et bonne. Mais U a*y a qne la soif, on la prévenUoo , qui puisse la mettre att-dssspi de nos fonlalnes et de nos grandes rivières, tdlci que la Seine et la Loire. .
DE L'EGYPTE. ne
partage les savants et les naturalistes. En considérant la quantité de limon que le fleuve dépose, et en rapprochant les témoignages des anciens des observations des modernes, plusieurs pensent que le Delta a pris un accroissement considérable , tant en élévation qu'en étendue. Savary vient de donner plus de poids à cette opinion, dans les Lettres qu'il a publiées sur l'Egypte; mais comme les fiilts et les autorités qu'il allègue me donnent des résultats différents des siens, je crois devoir porter nos contradictions au tribimal du public. La discussion en devient d'autant plus nécessaire, que ce voyageur ayant demeuré deux ans sur les lieux , son témoignage ne tarderait pas de passer en loi : établissons les questions, ettraitonsd'abord de l'agrandissement du Delta.
Un historien grec, qui a dit sur l'Egypte ancienne presque tout ce que nous en savons , et ce que chaque jour constate, Hérodote d'Halicamasse, écrivait, il y a 22 siècles :
« L'Egypte, où abordent les Grecs ( le Delta ) , « est une terre acquise , un don du fleuve , ainsi que « tout le pays marécageux qui s'étend en remontant « jusqu'à trois jours de navigation >. »
Les raisons qu'il allègue de cette assertion prouvent qu'il ne la fondait pas sur des préjugés. « En « effet, ajoute-t-il, le terrain de l'Egypte, qui est « un limon noir et gras, diffère absolument, et du « sol de l'Afrique, qui est de sable rouge, et de « celui de l'Arabie, qui est argileux et rocailleux... « Ce limon est apporté de rÊthiq>ie par le Nil... « et les coquillages que l'on trouve dans le désert « prouvent assez que jadis la mer s'étendait plus « avant dans les terres. »
En reconnaissant cet empiétement du fleuve si conforme à la nature, Hérodote n'en a pas déterminé les proportions. Savary a cru pouvoir le suppléer : examinons son raisonnement.
En croissant en hauteur, « l'Egypte • s'est aussi « augmentée en longueur; entre plusieurs fiiits que « l'histoire présente, j'en choisirai un seul. Sous « le règne de Psammétique, les Milésiens abordé- « rent avec SO vaisseaux à l'embouchure Bolbi- « tine , aujourd'hui celle de Rosette , et s'y fortifiè- « rent. Us bâtirent une ville qu'ils nommèrent « Metetts {Strabo, lib. XVII) : c'est la même que « Faoué, qui , dans les vocabulaires coptes , a con- « serve le nom de MessU. Cette ville , autrefois port « de mer, s'en trouve actuellement éloignée de 9 « lieues : c'est l'espace dont le Delta s'est prolongé « depuis Psammétique jusqu'à nous. »
« Rend. lib. H, p. 105, édit. Wessellng, in-foL > Lettre» sur V Egypte, tom. I, p. Ifl.
Rien de si précis au premier aspect que ce raisonnement; mais en recourant à l'original, dont Savary s'autorise, on trouve que le fait principal manque. Voici le texte de Strabon , traduit à la lettre' :
« Après l'embouchure Bolbitine, est un cap sa- « blonneux et bas, appelé la Corne de V Agneau y « lequel s'étend assez loin (en mer); puis vient la « Guérite de PerséeetXe Mur clés Milésien8:caT]e8 V Milésiens , au temps de Kyaxares , roi des Mèdes , « qui . fut aussi le temps de Psammétique , roi « d'Egypte, ayant abordé avec 30 vaisseaux à <i l'embouchure Bolbitine, y descendirent à terre, « et construisirent l'ouvrage qui porte leur nom. « Quelque temps après, s'étant avancés vers le nome « de Sais , et ayant battu les troupes à'Inàres dans n un combat sur le fleuve, ils fondèrent la ville de « NaucraHs, un peu au-dessous de Schedia, Après M le Mur des Milésiens, en allant vers l'embou- « chure Sebennytique, sont des lacs, tels que ce- « luideRutos, etc. »
Tel est le passage de Strabon au sujet des Milésiens; on n'y voit pas la moindre mention de Metelis, dont le nom même n'existe pas dans son ouvrage. Cest Ptolémée qui l'a fourni à d' Anville > , sans le rapporter aux Milésiens : et à moins que Savary ne prouve l'identité de MeteUs et du Mur nUlésien par des recherches faites sur les lieux, on ne doit pas admettre ses conclusions.
Il a pensé qu'Homère lui offrait un témoignage analogue dans les passages où il parle de la distance de l'île du Phare à l'Egypte : le lecteur va juger s'il est plus fondé. Je cite la traduction de madame Dacier^, moins brillante, mais plus littérale qu'aucune autre; et ici le littéral nous importe le plus.
« Dans la mer d'Egypte, vis-à-vis du Nil, ra- « conte Ménélas, il y a une certaine île qu'on ap- « pelle le Phare; elle est éloignée d'une des em- « bouchures de ce fleuve d'autant de chemin qu'en « peut faire en un jour un vaisseau qui a le vent « en poupe. » Et plus bas, Protée dit à Ménélas : « Le destin inflexible ne vous permet pas de revoir
« votre patrie que vous ne soyez retourné en-
« core dans le fleuve Ëgyptus, et que vous n'ayez « offert des hécatombes parfaites aux immortels. »
« Il dit, reprend Ménélas, et mon cœur fut « saisi de douleur et de. tristesse, parce que ce « dieu m'ordonnait de rentrer dans le fleuve Ëgyp-
' Geograp. StrahonU, interpr. Casaubon, édit. 1707, lib.
xvn, p. IU2.
* Voyez rexcelleni Mémoire de d'AnvUte sur TËgypte, tn*4», 1766, p. 77.
3 Odyssée, Uv. IV.
ÉTAT PHYSIQUE
« tus, dont le chemin est difficile et dangereux. • De ces passages, et surtout du premier, Savary veut induire que le Phare, aujourd'hui joint au rivage, en était jadis très-éloigné : mais lorsque Homère parle de la distance de cette île, il ne l'applique pas à ce rivage en face, conune l'a traduit le voyageur; il l'applique à la terre d' Egypte , ao fleuve du Nil. En second lieu, par Journée de navigation, on aurait tort d'entendre l'espace indéfini que pouvaient parcourir les vaisseaux ou, pour mieux dire , les bateaux des anciens. En usitant ce terme , les Grecs lui attribuaient une valeur fixe de 640 stades. Hérodote ' , qui nous apprend expressément œ fiiit, en donne un exemple quand il dit que le Kil a empiété sur la mer le terrain qui va en remontant jusqu'à trois jours de navigation; et les 1,6S0 stades qui en résultent, reviennent au calcul plus précis de 1 ,500 stades, qu'il compte ailleurs d'Héiiopolis à la mer. Or, en prenant avec d'Anville les 540 stades pour 27,000 toises, ou près d'un demidegré * , on trouve , par le compas , que cette mesure est la distance du Phare au Ki\ même; elle s'applique surtout à deux tiers de lieue au-dessus de Rosette, dans un local oh l'on a quelque droit de placer la ville qui donnait son nom à l'embouchure Bolbitine; et.il est remarqiud>le que c'était celle que fréquentaient les Grecs , et où abordèrent hss Milésiens , un siècle et demi après Homère. Rien ne prouve donc l'empiétement du Delta et du continent aussi rapide qu'on le suppose; et si l'on voulait le soutenir, il resterait à expliquer comment ce rivage, qui n'a pas gagné une demi-lieuedepuis Alexandre, en gagna 11 dans le temps infiniment moindre qui s'écoula de Ménélas à ce conquérant *.
Il existait un moyen plus authentique d'évaluer cet empiétement; c'est la mesure positive de l'Egypte, donnée par Hérodote. Voici son texte : « La « largeur de l'Egypte sur la mer, depuis le golfe « Plintinite jusqu'au marais Serbonide, près du « Casius, est de 3,600 stades; et sa longueur de « la mer à Héliopolis est de 1,500 stades. »
Ne parlons que de ce dernier article , le seul qui nous intéresse. Par des comparaisons faites avec cette sagacité qui lui était propre, d'Anville a prouvé que le stade d'Hérodote doit s'évaluer entre 50
« ^m)d. lU). n,p. I00ell07.
* U ne s'en faut que de l,aoo toises.
3 Od peut reprocher à Homère de n*éife pas exact, quand Il dit que le Phaie était vis-à-Yis du MU ; mais pour Texcuser on peut dire que, parlant de l'Egypte comme du bout du monde, U n'a pas dû se piquer d'une précision stricte. En second lieu, la branche Canopique allait Jadis par les lacs s'ouvrir près d'Abouqir; et si, comme la vue du terrain me le fait penser, elle passa Jadis à l'ouest même d'Aboilqir , qui aurait été une lie, Homère a pu dire, avec raison, que le Phare était vis-à-vis du NU.
et 51 toises de France. En prenant ce dernier terme , leè 1,500 stades équivalent à 76,000 toises, qui , à raison de 57 ,000 au degré sous ce parallèle , donnent un degré et près de 20 minutes et demie. Or, d*apr^ les observations astronomiques de Niebuhr, voyageur du roi de Danemark en 1761 ' , la différence de latitude entre Hélîopolis (aujourdliuî la Matarée) et la mer, étant d*un degré 29 minutes sous Damiât, et d*un degré 24 minutes sous Rosette, il en résulte d'un côté 8 minutes et demie, ou une lieue et demie d'empiétement; et 8 minutes et demie , ou* 3 lieues et demie de l'autre : c'est-à-dire que l'ancien rivage répond à 11,800 toises au^essous de Rosette; ce qui s'éloigne peu du sens que je trouve au passage d'Homère; tandis que sur la branche de Damiât, l'application tombe 950 toises au-dessous de cette ville. Il est vrai qu'en mesurant immédiatement par le compas, la ligne du rivage remonte environ 3 lieues plus haut du côté de Rosette , et tombe sur Damiât même; ce qui vient du triangle opéré par la différence de longitude. Mais alors BaUfi- Une, mentionnée par Hérodote, est hors de limite; et il n'est plus vrai que Busiris (Abousir) soit, comme le dit Hérodote *, au milieu du Delta. On ne doit pas le dissimuler : ce que les anciens rapportent, et ce que nous connaissons du local n'est point assez précis pour déterminer rigoureusement les empiétements successifs. Pour raisonner sûrement, il faudrait des recherches semblables à celles de Choiseul-Gouffier sur le Méandre ^, il faudrait des fouilles sur le terrain; et de pareils travaux exigent une réunion de moyens qui n'est donnée qu'à peu de voyageurs. Il y a surtout ici cette difficulté, que le terrain sablonneux qui forme le bas Delta , subit d'un jour à l'autre de grands changements. Le Nil et la mer n'en sont pas les seuls agents; le vent lui-même en est un puissant : tantôt il comble des canaux et repousse le fleuve , comme il a fait pour l'ancien bras Canopique; tantôt il entasse le sable et ensevelit les ruines, au point d'en foire perdre le souvenir. Niebuhr en cite un exemple remarquable. Pendant qu'il était à Rosette (en 1762), le hasard fit découvrir dans les collines de sablé qui sont au sud de la ville, diverses ruines anciennes, et entre autres vingt belles colonnes de marbre d'un travail grec, sans que la tradition pût dire quel avait été le nom
< Toyei Fùffuge en, Arabie, par C. Niebahr, iD-4<', qu^il faut disUn^ocr de la Description de VAralne , par le même , S vol. iii-4<».
*Ub.tl,p. m.
' Yoyei Feyage piitareêque de la Grèce ^ tome II.
DE L'EGYPTE. 12I
du lieu<. Tout le désert adjacent m'a paru dans le même cas. Cette partie jadis coupée de grands canaux et remplie de villes, n'offre plus que dtes collines d'un sable jaunâtre, très-fin, que le vent entasse au pied de tout obstacle, et qui souvent submerge les palmiers. Aussi, malgré le travail de d'Anville, ne peut-on se tenir assuré de l'application qu'il a faite de plusieurs lieux anciens au local actuel.
Savary a été beaucoup plus exact dans ce qu'il rapporte d'une de ces révolutions du Nil ', par laquelle il parait que jadis ce fleuve coula tout entier dans la Libye, au sud de Memphis. Mais le récit d'Hérodote lui-même, dont il tire ce fiiit, souffre des difficultés. Ainsi, lorsque cet historien dit, d'après les prêtres d'Héliopolis, que Menés, premier roi d'Egypte , barra le coude que faisait le fleuve, 2 lieues et quart (100 stades) au-dessus de Memphis 3, et qu'il creusa un lit nouveau à l'orient de cette ville , ne s'ensuit-U pas que Memphis avait été jusqu'alors dans un désert aride , loin de toute eau? et cette hypothèse peut«lle s'admettre? Peut-on croire littéralement à ces immenses travaux de Menés, qui aurait fondé une ville citée comme existante avant lui ; qui aurait creusé des canaux et des lacs, jeté des ponts, construit des palais, des temples, des quais, etc.; et tout cela dans l'origine première d'une nation, et dans l'en- Êinoe de tous les arts? Ce Menés lui-même est-il un être historique, et les récits des prêtres sur cette antiquité ne sont-ils pas tous mythologiques? Je suis donc porté à croire que le cours barré par Menés était seulement une dérivation nuisible à l'arrosement du Delta; et cette conjecture parait d'autant plus probable, que malgré ie témoignage d'Hérodote, cette partie de la vallée, vue des pyramides, n'offre aucun étranglement qui fasse croire à un ancien obstacle. D'ailleurs, il me semble que Savary a trop pris sur lui de faire aboutir à la digue mentionnée au-dessus de Memphis , le grand ravin appelé no^r-ft^to-ma^ ùa fleuve sans eau, comme indiquant l'ancien lit du Nil. Tous les voyageurs cités par d'Anville le font aboutir au Faîoume, dont il parait une suite plus naturelle 4. Pour établir ce fait nouveau, il faudrait avoir vu les lieux; et je n'ai jamais ouï dire au Kaire que
> Cette podUoD convient beaucoup à Bolbitlue. » Lettre I", p. 12.
3 Herod. liv. H.
4 En effet, on serait plus porté, sur HnspecUon de la carte, à croire que ce fût là Jadis le conn du fleuve; quant aux pétrilications de mâts et de vaisseaux entters dont parle Siccard, elles auraient bien besoin, pour êtres crues, d'être constatées par des voyageurs plus éclairés que ce missionnaure.
Sayary se soit avancé plus au sud que les pyramides de Djizé. La formation du Delta, qu'il déduit de ce changement , répugne également à se concevoir ; car dans cette révolution subite^ comment imagi^ ner que le pMs énorme des eaux, qui vM se jeter à Ventrée du gol/e^j fit refluer celles de la merî Le choc de deux masses liquides ne produit qu'un mélange, dont il résulte bientôt un niveau commun; en disant abonder plus d'eau, ou dut couvrir davantage. U est vrai que le voyageur i^joute : Les sables et le limon que le M entraine s'y amoncelèrent; VUedu DeUa, peu considérable d'abord, sortit des eaux de la mer, dont elle recula les limites. Mais comment une fie sort-elle de la mer? Les eaux courantes aplanissent bien plus qu'elles n'amoncellent : ceci nous conduit à la question de l'exhaussement.