CHAPITRE Vn
SI
Etat du peuple en Egypte.
On jugera aisément que, dans un tel pays, tout
est analogue à un tel régime. Là où le cultivateur ne jouit pas du fruit de ses peines , il ne travaille que par contrainte, et l'agriculture est languissante : là où il n'y a point de sûreté dans les jouissances, il n'y a point de cette industrie qui les crée, et les arts sont dans l'enfance : là où les connaissances ne mènent à rien, l'on ne fait rien pour les acquérir, et les esprits sont dans la barbarie. Tel est l'état de l'Egypte. La majeure partie des terres est aux mains des beks, des Mamlouks, des gens de loi; le nombre des autres propriétaires est infiniment borné, et leur propriété est sujette à mille charges. A chaque instant c'est une contribution à payer, un dommage à réparer; nul droit de succession ni d'héritage pour les immeubles ; tout rentre au gouvernement, dont il faut tout racheter. Les paysans y sont des manœuvres à gages , à qui l'on ne laisse pour vivre que ce qu'il faut pour ne pas mourir. Le riz et le blé qu'ils cueillent passent à la table des maîtres, pendantqu'euxne se réserventqueledtM^a, dont ils font un pain sans levain et sans saveur quand il est froid. Ce pain , cuit à un feu formé de la fiente séchée des bufOes et des vaches s est , avec l'eau et les oignons crus , leur nourriture de toute l'année : ils sont heureux s'ils y peuvent ajouter de temps en temps du miel , du fromage, du lait aigre et des dattes. La viande et la graisse, qu'ils aiment avec passion , ne paraissent qu'aux plus grands jours de fête, et chez les plus aisés. Tout leur vêtement consiste en une chemise de grosse toile bleue, et en un manteau noir d'un tissu clair et grossier. Leur coiffure est une toque d'une espèce de drap, sur laquelle ils roulent un long mouchoir de laine rouge Les bras , les jambes , la poitrine sont nus , et la plu , part ne portent pas de caleçon. Leurs habitations sont des huttes de terre , où l'on étouffe de chaleur et de fumée , et où les maladies causées par la malpropreté , l'humidité et les mauvais aliments , viennent souvent les assiéget : enfin, pour combler la mesure , viennent se joindre à ces maux physiques des alarmes habituelles , la crainte des pillages des Arabes, des visites des Mamlouks, des vengeances des familles, et tous les soucis d'une guerre civile continue. Ce tableau, commun à tous les villages, n'est guère plus riant dans les villes . Au Kaire même, l'étranger qui arrive est frappé d'un aspect général de ruine et de misère; la foule qui se presse « On se rappelle que l*£gypte est un pays nu et sans bote.
ÉTAT POLITIQUE
dans les rues n'offre à ses regards que des haillons hideux et des nudités dégoûtantes. Il est vrai qu'on y rencontre souvent des cavaliers richement vêtus; mais ce contraste de luxe ne rend que plus choquant le spectacle de l'indigence. Tout ce que l'on voit ou que l'on entend annonce que l'on est dans le pays de i'esdavageet de la tyrannie. On ne parle que de trouhles civils, que de misère publique, que d'extorsions d'argent , que de bastonnades et de meurtres. Nulle sûreté pour la vie ou la propriété. On verse le sang d'un homme comme celui d'un bœuf. La justice même le verse sans formalité. L'offîcier de nuit dans ses rondes , l'officier de jour dans ses tournées, jugent , condamnent et font exécuter en un din d'œil et sans appel. Des bourreaux les accompagnent , et au premierordre la téted'un malheureux tombe dans le sac de cuir, où on la reçoit de peur de souiller la place. Encore si l'apparence seule du délit exposait au danger de la peine ! mais souvent , sans auive motif que l'avidité d'un homme puissant et la délaticm d'un ennemi , on cite devant un bek un homme soupçonné d'avoir de l'argent; on exige de lui une somme; et s'il la dénie, on le renverse sur le dos, on lui donne 2 et 300 coups de bâton sur la planledes pieds, et quelquefois on l'assomme. Malheur à qui est soupçonné d'avoir de l'aisance ! Cent espions sont toiyours prêts à le dénoncer. Ce n'est que par les dehors de la pauvreté qu'il peut échapper aux rapines^ de la puissance.
Mlgèie et famine des dernièrea années.
Cest surtout dans les trois dernières années que cette capitale et l'Egypte entière ont offert le spectacle de la misère la plus déplorable. Aux maux habituels d'une tyrannie effrénée, à ceux qui résultaient des troubles des années préoédentes, se sont joints des fléaux naturels encore phis destruc- 0 teurs. La peste, apportée de Constantinople au mois de novembre 1783, exerça pendant l'hiver ses ravages accoutumés; on compta jusqu'à 1,500 morts sortis dans un jour par les portes du Kaire '. Par un effet ordinaire dans ce pays, l'été vint la calmer. Mais à ce premier fléau en succéda bientôt un autre aussi terrible. L'inondation de 1783 n'avait pas été complète; une grande partie des terres p'avait pu être ensemencée faute d'arrosement; une autre ne l'avait pas été faute de semences : le
I En TarUe, les tombeaux, selon Tosage des anciens, nont tovOoan hors des villes; et comme ehaqae tombeau a ordinairement une grande pierre et one peUte maçonnerie, U en résulte presque. une seconde ville, que Ton pourrait appeler, comme Jadis & Alexandrie, Nécropolis, la ville da wtorU.
Nil n'ayant pas encore atteint, en 1784 , les termes favorables, la disette se déclara sur-le-cbamp. Dès la fin de novembre, la famine enlevait au Kaire presque autant de monde que la peste; les rues, qui d'abord étaient pleines de mendiants, n'en offrirent bientôt pas un seul : tout périt ou déserta. Les villages ne furent pas moins ravagés; un nombre infini de malheureux, qui voulurent échai^r à la mort, se répandirent dans les pays voisins. J'en ai vu la Syrie inondée; en janvier 1786, les rues de Saîde , d'Acre , et la Palestine , étaient pleines d'Égyptiens, reconnaissables partout à leiir peau noirâtre; et il en a pénétré jusqu'à Alep et à Diarbekr. L'on ne peut évaluer précisément la dépopulation de ces deux années , parce que les Torks ne tiennent pas des registres de morts, de naissances, ni de dénombrements mais l'opinion commune était que le pays avait perdu le sixième de ses habitants.
Dans ces circonstances, on a vu se renouveler tous ces tableaux dont le récit fait frémir, et dont la vue imprime un sentiment d'horreur et de tristesse qui s'efface difficilement. Ainsi que dans la famine arrivée au Bengale , il y a quelques années , les rues et les places publiques étaient jonchées de squelettes exténués et mourants ; leurs voix défaillantes imploraient en vain la pitié des passants ; la crainte d'un danger oonunun endurcissait les cœurs; ces malheureux expiraient adossés aux maisons des beks, qu'ils savaient être approvisionnés de riz et de blé, et souvent les Mamlouks , importunés par leurs cris, les chassaient à coups de bâton. Aucun des moyens révoltants d'assouvir la rage de la faim n'a été oublié; ce qu'il y -a de plus immonde éuit dévoré; et je n'oublierai jamais que revenant de Syrie en France, au mois de mars 1785, j'ai vu sous les murs de l'ancienne Alexandrie, deux malheureux assis sur le cadavre d'un diameau, et disputant aux chiens ses lambeaux putrides.
U se trouve parmi nous des Ames énergiques qui , après avoir payé le tribut de compassion 4û à de si grands malheurs, passent, par un retour d'indignation, à en faire un crime aux hommes qui les endurent. Us jugent dignes de la mort ces peuples qui n'ont pas le courage de la repousser, ou qui la reçoivenrsans se donner la consolation de la vengeance. On va même jusqu'à prendre ces faits en preuve d'un paradoxe moral témérairement avancé ; et l'on veut en appuyer ce prétendu axiome, que les kabUanU despayê chauds, avi&s par tempérament et par caractère, sont destinés par
> Os ont contre cet usage des pr^ugés supersUttcux.
DE L'EGYPTE
êa nature à n'éirejamaU que les esclaves du despotisme.
Mais a-t-OQ bien examiné si des faits semblables ne sont jamais arrivés dans les climats qa^on veut honorer du privilège exclusif de la liberté? A-t-on bien oboervési les fiiitsgénéraux dont on s'au^se, ne sont point aocompagnés de circonstances et d'accessoires qui en dénaturent les résultats? Il en est de la politique comme de ia médecine, oà des phénomènes isolés jettent dans Terreur sur les vraies cautts du mal. On se presse trop d'établir en règles génâ^les des cas particuliers : ces principes universels qui plaisent tant à Tesprit ont presque toujours le défaut d'être vagues. Il est si rare que les fsits sur lesqods on raisonne soient exacts , et l'observation en est si délicate, que Ton doit souvent craindre d'élever des systèmes sur des bases imaginaires.
Dans le cas dont il s'agit , si l'on approfondit les causes de raocableroent des Égyptiens , on trouvera que ce peuple, maîtrisé par des circonstances cruelles, est bien plus digne de pitié que de mépris. En effet, il n*en est pas de Tétat politique de ce pays eommede celui de notre Europe. Parmi nous, les traces des anciennes révolutions s'afiaiblissant chaque jour , les étrangers vainqueurs se sont rapprodiés des indigènes vaincus; et ce mélange a formé des corps de nations identiques, qui n'ont plus en qœ les mènes intérêts. Dans l'Egypte, an contraire, et dans presque toute l'Asie, les peuples in- ^gèoes , asservis par des révolutions encore récentes à des conquérants étrangers, ont formé des corps mixtes dont les intérêts sont tous opposés. L'état est proprementdivisé en deux factions : l'une, celle du ptaple vainqueur, dont les individus occupent tous là emplois de la puissance civile et militaîre; Fantre, celle du peuple vaincu, qui remplit toutes les daases subalternes de la société. La Motion gouvernante, s'attriboant à titre de conquête le droit exclusif de toute propriété, ne traite la ftctioo gOQveniée que comme un instrument passif de «8 jouissances ; et celle-ci à son tour , dépouillée de tout intérêt personnel, ne rend à l'autre que le moins qu'il lui est possible : c'est un esclave à qui ropokncede son mattreest à charge, et qui s'affranchirait volontiers de sa servitude, s'il en avait les moyens. Cette impuissance est un autre caractère qui distingue cette constitution des nôtres. Dans les états de l^urope, les gouvernements tirant du sein même des nations les moyens de les gouverner* il se leur est ni facile ni avantageux d'abuser de leur puissance; mais si, par un cas supposé, ils se formaient des intérêts personnels et distincts. Us n'en pourraient porter l'usage jusqu'à la tyrannie. La raison en est qu'outre cette multitude qu'on appelle
petqde, qui quoique forte par sa masse, est toujours faible par sa désunion, il existe un onire mitoyen , qui participant des qualités du peuple et du gouvernement, fait en quelque sorte équilibre entre l'un et l'autre. Cet ordre est la classe de tous ces citoyens opulents et aisés qui , répandus dans les emplois de la société, ont un intérêt commun qu'on respecte les droits de sûreté et de propriété dont ils jouissent. Dans l'Egypte, au contraire, point d'é- Ut mitoyen, point de ces classes nombreuses de nobles, de gens de robe ou d'église, de négociants, de propriétaires, etc. qui sont en quelque sorte un corps intermédiaire entre le peuple et le gouvernement. Là, tout est militaire ou homme de loi , e'est-À-dire homme du gouvernement; ou tout est laboureur, artisan, marchand, c'est-à-dire joet^^fe; et le petiple manque surtout du premier moyen de combattre l'oppression , l'art d'unir et de diriger ses forces. Pour détruire ou réformer les Mamiouks, il £suidrait une ligue générale des paysans, et elle est impossible à former : le système d'oppression est méthodique; on dirait que partout les tyrans en ont la science infuse. Chaque province, thaque district a son gouverneur, chaque village a son Ueutenant < qui veille aux mouvements de la multitude. Seul contre tous, s'il paratt faible, la puissance qu'il représente le rend fort. D'ailleurs, l'expérience prouve que partout oà un homme a le courage de se ûdre maître, il en trouve qui ont la bassesse de le seofwder. Ce lieutenantconununiquede son autorité à quelques membres de la société qu'il opprime , et ces individus deviennent ses appuis : jaloux les uns des autres, ils se duputent sa fitveur, et il se sert de chacun tour à tour pour les détruire tous également. Les mêmes jalousies, et des haines invétérées divisent aussi les villages; maison supposant une réunion déjà si difiiciie, que pourrait, avec des bétons ou mêmedes fusils, une troupedepaysans à pied et presque nus , contre des cavaliers exercés et armésde pied en cap ? Je désespère smrtout du salut dé^ l'Egypte, quand je considère la nature du terrain trop propre à la cavalerie. Parmi nous, si l'infanterie la mieux constituée redoute encore la cavalerie en plaine, que sera-ce chez un peuple qui n'a pas les premières idées de la tactique, qui ne peut même les acquérir, parce qu'elles sont le fruit de la pratique, et que la pratique est impossible? Ce n'est que dans les pays de montagnes que la liberté a de grandes ressources; c'est là qu'à la faveur du terrain, une petite troupe supplée au nombrepar l'habileté. Unanime, parcequ'elleestd'abord peu nombreuse, die acquiert chaque jour de nou- « En arabe, qâiemrmaqdm , mol k mot tenant lieu, dont 00 a tût ealmacan
velles forces par Thabitude de les employer. L'oppresseur moins actif, parce quMl est déjà puissant, temporise; et il arrive enfin que ces troupes de paysans ou de voleurs qu'il méprisait, deviennent des soldats aguerris qui lui disputent dans les plaines Tart des combats et le prix de la victoire. Dans les pays plats, au contraire, le moindre attroupement est dissipé, et le paysan novice, qui ne sait pas même faire un retranchement, n'a de ressource que dans la pitié de son maître et la continuation de son servage. Aussi, s'il était un principe général k établir , nul ne serait plus vrai que celui-ci : que les pays de plaine sont le siège de l'indolence et de V esclavage; elles montagnes, lapatriede l'éner- ^ et de la liberté '. Dans la situation présente des Égyptiens , il pourrait encore se faire qu'ils ne montrassent point de courage, sans qu'on pût dire que le germe leur en manque, et que le climat le leur a refusé. En effet, cet effort continu de l'âme , qu'on appelle courage , est ime qualité qui tient bien plus au moral qu'au physique. Ce n'est point le plus ou le moins de chaleur du climat , mais plutôt l'énergie des passions et la confiance en ses forces qui donnent l'audace d'affronter les dangers. Si ces deux conditions n'existent pas , le courage peut rester inerte ; mais ce sont les circonstances qui manquent , et non la faculté. D'ailleurs , s'il est des hommes capables d'énergie, ce doit être ceux dont l'âme et le corps trempés, si j'ose dire, par l'habitude de souffrir, ont pris une roideur qui émousse les traits de la douleur ; et tels sont les Égyptiens. On se fait illusion quand on se les peint comme énervés par la chaleur, ou amollis par le libertinage. Les habitants des villes et les gens aisés peuvent avoir cette mollesse, qui dans tout climat est leur apanage ; mais les paysans, si méprisés sous le nom àe fellahs, supportent des fatigues étonnantes. On les voit passer des jours entiers à tirer de l'eau du Tïil, exposés nus à un soleil qui nous tuerait. Ceux d'entre eux qui servent de valets aux Mamlouks font tous les mouvements du cavalier. A la ville, à la campagne, à la guerre, partout ils le suivent, et toujours à pied ; ils passent des journées entières à courir devant ou derrière les chevaux; et quand ils sont las , ils s'attachent à leur
* En effet, la plupart des peuples anciens et modernes qui ont déployé une grande acUvité , se trouvent être des montagnards. I^es Assyriens, qui conquirent depuis l'Iodus Jusqu'à la Méditerranée, vinrent des montagnes d^Atourie. Les Kaldéens étaient origioaires des mêmes contrées; les Perses de Cyrus sortirent des montagnes de TÉlymalde, les Macédoniens, des monts Rhodope. Dans les temps modernes, les Suisses, les Écossais, les Savoyards, les miquelets, les Asturiens, les habitants des Cévennes, toujours libres, ou difficiles à soumettre , prouveraient la généralité de cette règle , si t'excepUon des Arabes et des Tartares n^indiquait qu*il est une autre ci^ morale qui apparUent aux plaines comme aux oiontogoes.
ÉTAT POLITIQUE
queue, plutôt que de rester en arrière. Des traits moraux fournissent des inductions analogues à ces traits physiques. L'opiniâtreté que ces paysans montrent dans leurs haines et leurs vengeances > , leur acharnement dans les combats qu'ils se livrent quelquefois de village à village , le point d'honneur quMls mettent à souf&ir la bastonnade sans déceler leur secret >, \mt barbarie même à punir dans leurs femmes et leurs filles le moindre échec à la pudeur ^ , tout prouve que si le préjugé a su leur trouver de l'énergie sur certains points, cette énergie n'a besoin que d'être dirigée, pour devenir un courage redoutable. Les émeutes et les séditions que leur patience lassée excite quelquefois, surtout dans la province de Charqié, indiquent un feu couvert qui n'attend pour faire explosion que des mains qui sachent l'agiter.
S ni.
État des arts et des esprits.
Mais un obstacle puissant à toute heureuse révolution en Egypte, c'est l'ignorance profonde de la nation; c'est cette ignorance qui aveuglant les esprits sur les causes des maux et sur leurs remèdes, les aveugle aussi sur les moyens d'y remédier.
Me proposant de revenir h cet article qui , comme plusieurs des précédents, est commun à toute la Turkie, je n'insiste pas sur les détails. Il suffît d'observer que cette ignorance répandue sur toutes les classes, étend ses effets sur tous les genres de connaissances morales et physiques, sur les sciences, sur les beaux-arts, même sur les arts mécaniques. Les plus simples y sont encore dans une sorte d'enfance. Les ouvrages de menuiserie, de serrurerie, d'arquebuserie, y sont grossiers.lL.es merceries, les quincailleries, les canons de fusil et de pistolet viennent tous de l'étranger. A peine trouve-t-on au Kaire un horloger qui sache raccommoder une montre, et il est européen. Les joailliers y sont plus commims qu'à Smyrne et Alep; mais ils ne savent pas monter proprement la plus simple rose. On y fait de la poudre à canon, mais elle est brute. 11 y a des raffineries; mais le sucre est plein de mélasse, et celui qui est
' Quand un homme est tué par un autre, la famille du mort exige de celle de l'assassin un talion , dont la poursuite se transmet de race en race, sansjamais ToubUer.
> Quand un homme a subi cette torture sans déceler son argent , on dit de lui : Cest un homme ; et ce mot rindemnise.
* Souvent, sur un soupçon, ils les égorgent; et ce pré Jugé a lieu également dans la Syrie. Lorsque pétais k RaoUé, un paysan se promena plusieurs Jours dans le marché, ayant son manteau taché du sang de sa fille, qu*il avait ainsi égorgée ; le grand nombre l'approuvait : la Justice turke ne se mêle pa:^ de ces choses.
DE L EGYPTE
lilaiic devient trop coûteux. Les seuls objets qui aieut quelque perfection sont les étoffes de soie; encore le travail en est bien moins fini , et le prix beaucoup plus fort qu*en Europe.