Histoire des JulDi, par Jotèphe, traduction trës-lncor
rede. [TArik ei Yhood IToosefoos.]
Enfin, un petit livre d'astronomie dans les principes de Ptolomée, et quelques autres de nulle valeur.
Voilà en quoi consiste toute la bibliothèque du couvent de Mar-Hanna, et Ton peut en prendre une idée de la littérature de toute la Syrie, puisque cette bibliothèque est, avec celle de Djezzâr, Al seule qui y existe. Parmi les livres originaux, il n'y en a pas un seul qui, pour le fond, mérite d*étre traduit. Les Séances même de ffarùi n*ont
d'intérêt qu'à raison du style; et il n'y a dans tout l'ordre qu'un seul religieux qui les entende : les autres ne sont pas mieux compris de la plupart des moines. Le régime de cette maison et les mœurs des moines qui l'habitent, offrent quelques singularités qui méritent que j'en fasse mention. La règle de leur ordre est celle de Saint-Basile, qui est pour les Orientaux ce que Saint-Benoît est pour les Occidentaux; seulement ils y ont fait quelques modifications relatives à leur position; la cour de Rome a sanctionné le code qu'ils en ont dressé il y a trente ans. Ils peuvent prononcer les vœux dès l'âge de seize ans , selon l'attention qu'ont eue tous les législateurs monastiques de captiver l'esprit de leurs prosélytes dès le plus jeune âge, pour le plier à leur institut : ces vœux sont, comme partout, ceux de pauvreté, d'obéissance, de dévouement et de chasteté; mais il faut avouer qu'ils sont plus strictement observés dans ce pays que dans le nôtre; en tout, la condition des moines d'Orient est bien plus dure que celle des moines d'Europe. On en pourra juger par le tableau de leur vie domestique. Chaque jour, ils ont sept heures de prières à l'église, et personne n'en est dispensé. Ils se lèvent à 4 heures du matin, se couchent à 9 du soir, et ne font que deux repas, savoir, à 9 et à 5. Us font perpétuellement maigre, et se permettent à peine la viande dans les plus grandes maladies; ils ont, comme les autres Grecs, trois grands carêmes par an, une foule déjeunes, pendant lesquels ils ne mangent ni œufs, ni lait, ni beurre, ni même de fromage. Presque toute Tannée ils vivent de lentilles à l'huile, de fèves , de riz au beurre, de lait caillé, d'olives et d'un peu de poisson salé. Leur pain est une petite galette grossière et mal levée, dure le second jour, et que l'on ne renouvelle qu'une fois par semaine. Avec cette nourriture, ils se prétendent moins sujets aux maladies que les paysans; mais il faut remarquer qu'ils portent tous des cautères au bras, et que plusieurs sont attaqués de hernies, dues, je crois, à l'abus de l'huile. Chacun a pour logement une étroite cellule , et pour tout meuble une natte, un matelas, une couverture, et point de draps; ils n'en ont pas besoin, puisqu'ils dorment vêtus. Leur vêtement est une grosse chemise de coton rayée de bleu, un caleçon, une camisole, et une robe de bure brune si roide et si épaisse, qu'elle se tient debout sans faire un pli. Contre l'usage du pays, ils portent des cheveux de huit pouces de long; et au lieu de capuchon , un cylindre de feutre de dix pouceâ de hauteur, tel que celui des cavaliers turks. Enfin chacun
d*eux, à l*exception du supérieur, du dépensier et du vicaire, exerce un métier d'un genre nécessaire ou utile à la maison : l'un est tisserand, et fabrique les étoffes; l'autre est tailleur, et coud les habits; celui-ci est cordonnier, et fait les souliers; celui-là est maçon, et dirige les constructions. Deux sont chargés de la cuisine, quatre travaillent à l'imprimerie, quatre à la reliure; et tous aident à la boulangerie, le jour que l'on fait le pain. La dépense de 40 à 45 bouches qui composent le couvent, n'excède pas cliaque année la somme de 12 bourses, c'est-à-nlire 15,000 livres; encore sur cette somme prend-on les frais de l'hospitalité de tous les passants, ce qui forme un article considérable. Il est vrai que la plupart de ces passants laissent des dons ou aumônes, qui font une partie du revenu de la maison ; l'autre partie provient de la culture des terres. Ils en ont pris à rente une assez grande étendue , dont ils payent 400 piastres de redevance à deux émûrs. Ces terres ont été défrichées par les premiers religieux; mais aujourd'hui, ils ont jugé à propos d'en remettre la culture à des paysans qui leur payent la moitié de tous les produits. Ces produits sont des soies blanches et jaunes que l'on vend à BcUrout; quelques grains et des vins ' qui , faute de débit , sont offerts en présent aux bienfaiteurs , ou consommés dans la maison. Ci-devant les religieux s'abstenaient d'en boire ; mais par une marche commune à toutes les sociétés , ils se sont déjà relâchés de leur austérité première; ils conunencent aussi à se VMret la pipe et le café, malgré les réclamations des an-
X Cet Tint Mmt,de trois espèces, aarolr : le looge, le blanc, et le jaune. Le blanc , qui est le plus raie , est amer à un point qui le rend désagréable. Par un excès contraire, les deux antrei sont txop doux et trop saaés. La raison en est qu*on les fait bouillir, en sorte qn*Us ressemblent au vin cuit de Provence. LMsage de tout le pays est de réduire le moût aux deux tieis de sa qnanttté. On ne peut en boire pendant le repas sanssteposer à des aigreurs, parce quUs développent leur fermentation dans Testomac. Cependant U y a qudques cantons où Ton ne cuit pas le rouge, et alors U acquiert une qualité ptCMpie égiOe au bordeaux. Le vin Jaune est célèbre chez nos négociants, sous le nom de vin d'or, qu'il doit à sa beUe couleur de topaze. Le phis estimé se cueille sur les coteaux du Zoûq ou vittagê de Maêbeh près à^jinioura. Il n'est pas nécessaire de le cuire, mais 0 est trop suoé. YoUà ces vins du Uban vantés des anciens gourmeto grecs et romains. C'est à nos Ptançais à essayer slls seraient du même avis; mais Us doiTMiabserver que dans le passage de la mer, les vins cuits fennentent une seconde fois, et font crever les tonneaux. D est probable que les habitants du Liban n'ont rien changé à l'aBdooneméthode de liire le vin, ni à la coltuR des vignes. Elles sontdiaposéespar écbalas de six à huit pieds de hauteur. On ne les taille point comme en France , ce qui nuit sûrement beaucoup àtequantttéet à laquallté de la récolte. La vendange se fait sur laflnde septendire. Leoouvcnt de Mar^EsnnacaelIle environ ifiO kdlné ou jarres de terre , qui Uennent à peu près 110 pintes. Le prix courant dans le pays peut s'évaluer à 7 oa 8 tons noCse pinte.
ÉTAT POLITIQUE
ciens , jaloux en tout pays de perpétuer les habi* tudes de leur jeunesse.
Le même régime a lieu pour toutes les maisons de Tordre , qui , comme je Tai dit , sont au nombre de IS. On porte à 160 sujets la totalité des reh'gieux; il faut y jouter ^ couvents de fenunes qui en dépendent. Les premiers supMeurs qui les fondèrent, crurent avoir fait une bonne opération; mais aujourd'hui Tordre s'enrepent, parce que des religieuses en pays turk sont une chose dangereuse, et qu'en outre elles dépensent plus qu'elles ne rendent. L'on n'ose cependant les abolir, parce qu'elles tiennent aux plus riches maisons d'Alep, de Damas et du Kaire, qui se débarrassent de leurs filles dans ces couvents, moyennant une dot. C'est d'ailleurs pour un marchand un motif de verser des aumônes considérables. Plusieurs donnent chaque année 100 ptstoles, et même 100 louis et 1,000 écus , sans demander d'autre intérêt que des prières à Dieu, pour qu'il détourne d'eux le regard dévorant des pachas. Mais comme d'autre part ils le provoquent par le luxe fastueux de leurs habits et de leurs meubles, ces dons ne les empêchent point d'être rançonnés. Récemment l'un d'eux osa bâtir à Damas une maison déplus de 120,000 livres. Le pacha, qui la vit, fit dire au maftre qu'il était curieux de la visiter, et d'y prendre une tasse de café. Or , comme le pacha eût pu s*y plaire et y rester, il fallut;, pour se débarrasser de sa politesse, lui faire un cadeau de 10,000 écus.
Après Mar-Hanna, le couvent le plus remarquable est Dair-Mokallés , ou couvent de 5aM-5tniveur. Il est situé à trois heures de chemin au nordest de Saide. Les religieux avaient amassé dans ces derniers temps une assez grande quantité de livres arabes imprimés et manuscrits ; mais il y a environ huit ans que Djezzâr ayant porté la guerre dans ce canton, ses soldats pillèrent la maison et dispersèrent tous les livres.
En revenant à la côte, on doit remarquer d'abord Saide, rejeton dégénéré de l'ancienne «Si^ don '. Cette ville, ci-devant résidence du pacha, est, comme toutes les villes turkes, mal bAtie, malpropre, et pleine de décombres modernes. Elle occupe, le long de la mer, un terrain d'environ 600 pas de long sur 150 de large. Dans la partie du sud, le terrain, qui s'élève un peu, a reçu un fort construit par Degnizié. De là Ton domine la mer, la ville et la campagne; mais une volée de canon renverserait tout cet ouvrage, qui n'est qu'une grosse tour à un étage , d^à à demi ruinée.
I Le nom de Sidon subsiste encore dans un pettt vUla^e à une demi-Ueue de Saide.
DE LA SYRIE
3ât
A Tautre extrémité de la ville, e*es^à-dire aa nord-ouest, est le diâteaa. H est bâti dans la mer même, à 80 pas du continent, auquel il tient par des arches. A Pouest de ce chflteau est un écueii de t& pieds d'élévation au-dessus de la mer, et d'environ 900 pas de long. L'espace compris entre cet éeneil et le château sert de rade aux vaisseaux; mais ils n^ sont pas en sûreté contre le gros temps. Le rivage qui règne le long de la ville est occupé par un bassin endos d'un môle ruiné. Cétait jadis le port, mais le sable l'a rempli au point qu'il n'y a que son embouchure, près le château, qui reçoive des bateaux. C'est Fahr-d-Dka^ émir des Druzes , qui a conomenoé la ruine de tous ces petits ports, depuis Bairout jusqu'à Acre , parce que craignant les vaisseaux turks, il y fit coulera fond des bateaux et des pierres. Le bassin de Saide, s'il était vidé, pourrait tenir 20 à 35 petits bâtiments. Du côté de la mer, la ville est absolument sans muraille; du côté de la terre, celle qui l'enceint n'est qu'un mur de prison. Toute l'artillerie réunie ne monte pas â six canons , qui n'ont ni affûts ni canonniers. K peine eompto-t-on 100 hommes de garnison. l'eao vient de la rivière à^Awla, par des canaux découverts où les femmes vont la puiser. Ces canaux servent aussi k abreuver des jardins d'un sol médiocre, où l'on cultive des mûriers et des limoniers.
Solde est une ville assez commerçante , parce qu'elle est le principal entrepôt de Damas et du pays intérieur. Les Français, les seuls Européens que l'on y trouve , y ont un consul et cinq ou six maisons de commerce. Leurs retraits consistent en soie , et sur* tout en cotons bruts ou filés. Le travail de ce coton est la principale branche d'industrie des habitants , dont le nombre peut se montera 5,000 âmes.
A six lieues au sud de Saidê^ en suivant le rivage. Ton arrive par un chemin de plaine trèscoulant, au village de Sofur. Nous avons peine à reconnaître dans ce nom celui de 7^^ que nous tenons des Latins : mais si l'on se rappelle que l'y fîit jadis on; si l'on observe que les Latins ont substitué le ^ au thêta des Grecs, et que ce thêta af ait le son sifDant du (h anglais dans think ^ , l'on sera moins étonné de l'altération. Elle n'a point eu lieu chez les Orientaux, qui de tout temps ont appelé Têowt et Saur le lieu dont nous parlons.
Le nom de Tyr tient à tant d'idées et de faiits intéressants pour quiconque a lu l'histoire, que je crois Sûre une chose agréable à tout lecteur, ei| traçant un tableau fidèle des lieux qui ftirent jadis le théâtre d'Un commerce et d'une navigation im-
' £t non le son de z, oonuae daiif then.
menses, le berceau des arts et des sciences, et la patrie du peuple le plus industrieux peut-être et le plus actif qui ait jamais existé.
Le local actuel de Sùur est une presqu'île qui saille du rivage en mer en forme de marteau à tête ovale. Cette tête est un fond de roc recouvert d'une terre brune cultivable, qui forme une petite plaine d'environ 800 pas de long sur 400 de large. L'isthme qui joint cette plaine au continent est un pur sable de mer. Cette différence de sol rend très-sensible l'ancien état dlle qu'avait la tête de marteau avant qu'Alexandre la joignît au rivage par une jetée. La mer, en recouvrant de sable cette jetée, l'a élargie par des atterrissements successifis, et en a formé l'isthme actuel. Le village de Sowr est assis sur la jonction de cet Isthme à l'ancienne tle, dont il ne couvre pas plus du tiers. La pointe que le terrain présente au nord, est occupée par un bassin qui fut un port creusé de main d'homme. Il est tellement comblé de sable, que les petits enfants le traversent sans se mouiller les reins. L'ouverture, qui est à la pointe même, est défendue par deux tours correspondantes, où jadis l'on attadiait une chaîne de 60 à 00 pieds pour fermer entièrement le port. De ces tours part une ligne de murs qui, après avoir protégé le bassin du côté de la mer, enfermait llle entière; mais aujourd'hui Ton n'en suit la trace que par les fondations qui bordent le rivage, excepté dans le voisinage du port , où les MotouàUs firent, il y a vingt ans, quelques réparations, déjà en ruines. Plus loin en mer, au nord-ouest de la pointe, à la distance d'environ 300 pas, est une ligne de roches à fleur d'eau. L'espace qui les sépare du rivage du contment en face, «forme une espèce de rade où les vaisseaux mouillent avec plus sûreté qu'à Saide, sans cq)endant être hors de danger; car le vent du nord-ouest les bat fortement , et le fond &tigue les câbles. En rentrant dans ille, l'on observe que le village en laisse libre la partie qui donne sur la pleine mer, c'est-à-dire à Pouest. Cet espace sert de jardin aux habitants; mais telle est leur inertie, que l'on y trouve plus de ronces que de légumes. La partie du sud est sablonneuse et plus couverte de décombres. Toute la population du village consiste en 50 à 60 pauvres familles, qui vivent obscurément de quelques cultures de grain, et d'un peu de pêche. Les maisons qu'elles occupent ne sont plus , comme au temps de Strabon , des édifices à trois et quatre étages , mais de chétives huttes prêtes à s'écrouler. Ci-devant elles étaientsans défense du côté de terre; mais les MotauàHs, qui s'en emparèrent en 1766, les fermèrent d'un mur de 20 pieds de haut qui sub-
siste encore. L'édifice le plus remarquable est une masure qui se trouve à l'angle du sud-est. Ce fut une église chrétienne, bâtie probablement par les croisés; il n'en reste que la partie du chœur : tout auprès, parmi des monceaux de pierres, sont couchées deux belles colonnes à triple fût de granit rouge, d'une espèce inconnue en Syrie. Djezzâr, qui a dépouillé tous ces cantons pour orner sa mosquée d'Acre, a voulu les enlever; mais ses ingénieurs n'ont pas même pu les remuer.
En sortant du village sur l'isthme, on trouve à tOO pas de la porte une tour ruinée, dans laquelle est un puits où les femmes viennent chercher l'eau : ce puits a 15 ou 16 pieds de profondeur ; mais l'eau n'en a pas plus de 2 ou 3; Ton n'en boit pas de meilleure sur toute la côte. Par un phénomène dont on ignore la raison, elle se trouble en septembre, et elle devient, pendant quelques jours, pleine d'une argile rougeâtre. Cest l'occasion d'une grande fête pour les habitants ; ils viennent alors en troupe à ce puits, et ils y versent un seau d'eau de mer qui, selon eux, a la vertu de rendre la limpidité à l'eau de la source. Si l'on continue de marcher sur l'isthme, vers le continent, l'on rencontre, de distance en distance, des ruines d'arcades qui conduisent en ligne droite à un monticule, le seul qu'il y ait dans la plaine. Ce monticule n'est point factice comme ceux du désert : c'est un rocher naturel d'environ 150 pas de circuit sur 40 à 60 pieds d'élévation; l'on n'y trouve qu'une maison en ruines et le tombeau d'un chaik ou santon ' , remarquable par le dôme blanc qui le couvre. La distance de ce rocher à Sour est d'un quart d'heure de marche au pas du cheval. A mesure que l'on s'en rapproche, les arcades dont j'ai parlé deviennent plus fréquentes et plus basses; elles finissent par former une ligne continue , qui du pied du rocher tourne tout à coup par un angle droit au midi , et marche obliquement par la campagne vers la mer; on en suit la file pendant une grande heure de marche au pas du cheval. Cest dans cette route que l'on reconnaît, au canal qui règne sur les arches, cette construction pour un aqueduc : ce canal a environ 3 pieds de large sur 2 et demi de profondeur; Il est formé d'un ciment plus dur que les pierres mêmes. Enfin l'on arrive à des puits où il aboutit, ou plutôt d'où il tire son origine. Ces puits sont ceux que quelques voyageurs ont appelés puUs de Sahmon; mais dans le pays, on ne les connaît que sous le nom de Ras-^l-Aén, c'està-dire tête de
> CbeE les nrasalmaiu, le terme de ehaik prend les sens divers de aaiOof», d'ermite, ^Hdht et éejou. nsont pour les imbéciles le même respect religieux qui existait au temps de David,
ÉTAT POLITIQUE
la source. L'on en compte un principal, deux moindres , et plusieurs petits ; tous forment un massif de maçonneriequi n'est point en pierre taillée ou brute, mais en ciment mêlé de cailloux de mer. Du côté du sud, ce massif saille de terre d'environ 18 pieds, et de 15 du côté du nord. De ce même côté s'ofifreune pente assez large et assez douce pour que des chariots puissent monter jusqu'au haut. Quand on y est monté. Ton trouve un'spectade bien étonnant; car, au lieu d'être basse ou à niveau de terre, l'eau se présente au niveau des bords de l'esplanade, c'està-dire que sa colonne qui remplit le puits, est élevée de 15 pieds plus haut que le sol. En outre, cette eau n'est point calme; mais elle ressemble à un torrent qui bouillonne, et elle se répand à flots par des canaux pratiqués à la sur&ce du puits. Telle est son abondance, qu'elle peut faire marcher trois moulins qui sont auprès , et qu'elle forme un petit ruisseau dès avant la mer, qui en est distante de 400 pas. La bouche du puits principal est on octogone, dont chaque côté a 28 pieds 3 pouces de long, ee qui suppose 61 pieds au diamètre. L'on prétend que ce puits n'a point de fond; mais le voyageur Laroque assure que de son temps on le trouva à 36 brasses. Il est remarquable que le mouvement de l'eau à la surfaMse a rongé les parois intérieures du puits, au point que le bord ne porte plus sur rien , et qu*il forme une demi-voûte suspendue sur l'eau. Parmi les canaux qui en partent, il en est un principal qui se joint à celui des arches dont j'ai parlé. Au moyen de ces arches , l'eau se portait jadis d'abord au rocher, puis du rocher par l'isthme, à la tour où Ton puise l'eau. Du reste , la campagne est une plaine d'environ deux lieues de large, ceinte d'une chaîne de montagnes assez hautes , qui régnent depuis la Çdiml^ jusqu'au cap Blanc. Le sol est une terre grasse et noirâtre, où l'on cultive avec succès le peu de blé et de coton que l'on y sème.
Tel est le local de Tyr, sur lequel il se présente quelques observations relatives à l'état de l'ancienne ville. On sait que jusqu'au temps où Nabukodonosor en fit le siège, Tyr fut située dans le continent : l'on en désigne l'emplacement à Palx-iyms, c'està-dire auprès des ptdis; mais dans ce cas, pourquoi cet aqueduc conduit-il à tant de firais > des puits au rocher? Dira-t-on qu'il fîit construit après que les Tyriens eurent passé llle? Mais dès avant Salmanasar, c'est-à-dire 186ansavantNabukodonosor, leurs annales en font mention comme existant déjà. * Du temps à*EiUul»us, roi de Tyr, dit l'historien « Ménandre, cité par Joséphe *, Salmanasar« roi
< La largeur des pUes des arcbes est de neuf pieds. > jinUq. Judaic. Ub. IX, c 14.
DE LA SYBIE.
« d* Assyrie , ayant porté la gaerre en Phénicie , plu- « âeors villes se soumirent à ses armes : les Tyriens « luirésistèrent;maisbientôtsJiandonnéspar5&ftm, « Acre et PaU^Tyrus^ qui dépendaient d'eux, ils • furent réduits à leurs seules forces. Cependant « ils continuèrent de se défendre; et Salmanasar, « rappelé à I^inive, laissa des corps de garde près « des ruisseaux et de Taqueduc pour en interdire m. reau.Cettegéneduracinqans,pettdantlesquelsles « lyriens s'abreuvèrent au moyen des puits qu'ils « creusèrent.»
Si PalX" Tyrus fut un lieu dépendant de Tyr, Tyr était donc ailleurs; elle n'était point dans Ttle, puisque les habitant^ n'y passèrent qu'après Nabukodonosor. Elle était donc au rocher qui en a dû être le siège primitif. Le nom de cette ville en fait preuve; car Uour en phénicien signifie rocher et lieu fort, Cest là que s'établit cette colonie de Stdtmens chassés de leur patrie de%^x cent quarante ans avant le temple de Salomon. Ils choisirent cette position , parce qu'ils y trouvèrent l'a- Tantage d'un lieu propre à la défense, et celui d'une rade très- voisine qui, sous la protection de nie, pouvait couvrir beaucoup de vaisseaux. La population de cette colonie s'étant accrue par le laps des temps et par le commerce, les Tyriens eurent besoin de plus d'eau , et ils construisirent l'aqueduc. L'activité qu'on leur voit déployer au temps de Salomon engageait à l'attribuer à ce siècle. Dans tous les cas il est très-ancien, puisque l'eau de l'aqueduc a eu le temps de former par ses filtrations des stalactites considérables. Plusieurs, tombant des flancs du canal, ou de l'intérieur des voûtes, ont obstrué des arches entières. Pour s'assurer de l'aqueduc, l'on dut établir aux puits un corps de garde, qui devint Po/as-T^n». Doit-on supposer la source factice, et formée par un canal souterrain tiré des montagnes ? Mais alors , pourquoi ne l'avoir pas amenée au rocher même? Il est plus simple de la croire naturelle , et de penser que l'on a profité d^un de ces accidents de rivières souterraines dont la Syrie offre plusieurs exemples. L'idée d'emprisonner cette eau pour la faire remonter et gagner du niveau, est digne des Phéniciens. Les choses en étaient à ce point, quand le roi de Babylone, vainqueur de Jérusalem, vint pour anéantir la seule ville qui bravât sa puissance. Les Tyriens lui résistèrent pendant treize ans ; mais au bout de ce terme, las de leurs efforts , ils prirent le parti de mettre la mer entre eux et leur ennemi , et ils' passèrent dans nie qu'ils avaient en face, à la distance d'un quart de lieue '. Jusqu'alors cette île n'avait dû poher que
> loièpbe est en erreur lonqull parle de Tyr au tempe
peu d'habitations, vu la disette d'eau. La nécessité fit surmonter cet inconvénient; l'on tâcha d'y obvier par des citernes , dont on trouve encore des restes en forme de caves voûtées , pavées et murées avec le plus grand soin >. Alexandre parut, et pour satisfaire son barbare orgueil , Tyr fut ruinée ; mais bientôt rétablie , ses nouveaux habitants profitèrent de la jetée par laquelle les Macédoniens s'étaient avancés jusqu'à l'tle, et ils amenèrent l'aqueduc jusqu'à la tour où l'on puise encore l'eau. Maintenant que les arcades ont manqué, comment l'y trou ve-t-oa encore ? La raison en doit être que l'on avait ménagé dans leurs fondements des conduits secrets qui continuent toujours del'amener des puits. La preuve que l'eau de la tour vient de Ras-el-Aén, est qu'à cette source elle se trouble en octobre comme à la tour; qu'alors elle a la même couleur, et en tout temps le même goût. Ces conduits doivent être nombreux; car il est arrivé plusieurs voies d'eau près de la tour, sans que son puits ait cessé d'en fournir.
La puissance de Tyr sur la Méditerranée et dans l'Occident, est assez connue; Carthage, Utique, Cadix , en spnt des monuments célèbres. L'on sait que cette villa étendait sa navigation jusque dans l'Océan , et la portait au nord par delà l'Angleterre , et au sud par delà les Canaries. Ses relations à l'Orient, quoique moins connues, n'étalent pas moins considérables : les îles de lyrus et Aradus (aujourd'hui Barhain)^ùdJi& le golfe Persique , les villes de Faran et Phœnicum Oppidum, sur la mer Rouge, déjà ruinées au temps des Grecs, prouvent que les Tyriens fréquentèrent dès longtemps les parages de l'Arabie etde la mer de l'Inde ; mais il existe un fragment historique qui contient à ce sujet des détails d'autant plus précieux, qu'ils offirent dans des siècles reculés un tableau de mouvements analogues à ce qui se passe encore de nos jours. Je vais citer les paroles de l'écrivain, avecleur enthousiasme prophétique , en rectifiant des applications qui jusqu'ici ont été mal saisies.
« Ville superbe, qui reposes au bord des mers! « Tyr! qui dis : Mon empire s'étend au sein de « l'Océan; écoute l'oracle prononcé contre toi! Tu « portes ton commerce dans des lies ( lointaines ) , « chez les habitants décotes (inconnues). Sous ta « main les sapins de Sanir * deviennent des vais- « seaux; les cèdres du Liban , des mâts; les peu-
d^Hiram comme étant b&tte dans Tfle. D confond , à ton ordinaire, rétat ancien avec l'état poatérienr. Voyez w^ntfç. /iMf. lib.Yin,c.6.
■ L*on en a récemment décoayert une considérable en dehors du mur de la viUe. Von n*v a rien troavé , et le motsallam refait refermer.
* Peut-être le mont Saimine,
« pliera de BiMom, dti mnes. Tes matekils s'i»-
• ffjoit mr le Kmbb éb Ckgprm > eraé d'une
• marqoetene d'ivoire. Tes Toiles et les paiîilooi « soDt tissas du beau lin de V Egypte; tes vête- « ments sont teints de l'hyacinthe et de la poui^ « pre de VHeUas * (l'Archipel). Shion et Arouad « t'envoient leurs rameurs ; Djabal ( DJMlé) , ses « halnles constructeurs : tes géomètres et tes sa- « ges guident eux-mêmes tes proues. Tous les vais- « seaux de la mer sont employés à ton commerce. « Tu tiens à ta solde le Perse, le Lydien, VÉgyp- « àien; tes murailles sont parées de leurs boucliers « et de leurs cuirasses. Les enfants d' Arouad bor- « dent tes parapets; et tes tours, gardées par les
• Djimedéens (peuple phénicien), brillent de Té- « clat de leurs carquois. Tous les pays s'empres- « sent de négocier avec toi. Tarée envoie à tes « marchés de Taisent, du fer, de l'étain, du plomb. « VYmUe ^, le pays des Masques et de Teblis 4, « t'approvisionnent d'esclaves et de vases d'airain. K VArmémie t'envoie des mules, des chevaux, des « cavaliers. L'Arabe de Dedan ( entre Alep et Da- « mas) voiture tes marchandises. Des Iles nomci breuses échangent avec toi l'ivoire et l'ébène. « VAramien (les Syriens) ^ t'apporte le rubis, « la pourpre, les étoffes piquées, le lin, le corail « et le jaspe. Les enfants d'Israël et de Juda te « vendent le froment, le baume, la myrrhe, le « raisiné, la résine, l'huile; et Damas, le vin de « HaSboun (peut-être Halab, où il reste encore « des vignes) et des laines fines. Les Arabes d'O- « ma» ofifrent à tes marchands le fer poli , la can- « nelie, le roseau aromatique ; et l'Arabe de Dedan, « des tapis pour s'asseoir. Les habitants du désert « et les Kedar payent de leurs chevreaux et de R leurs agneaux tes riches marchandises. Les Ara- « bes de Saiba et Ramé ( dans ITemen) t'enrichis- « sent par le commerce des aromates, des pierres « précieuses et de l'or ^. Les habitants de Haran,
1 Balfl de KaUm, Divera passages confrontés prouvent que ee nom ne doit pas s*appttqaer à la Grèce, mais à Tlle de Chypre, et peut-étn à la eôle de dUeU, oùle Irais abonde. Il convient surtout à Chypre par son analogie avec la ville de KiUîm et le pays des Kitieru, à qui BuluUnu faisait la guerro du toDps de SaloMoasar.
> £nhéhreu^ticAi, qui ne diffère en rien de £relfaf,anden nom de l'Archipel conservé dans Hellespani,
^ Yotm, pUisamment Investi en Javan, quoique les anciens n'aient point coaaa notre^a.
4 Tolel ou TebUt s'écrit aussi T^flit, au nord de rArménie, sur la ftontière de Géorgie. Ces mêmes cantons sont oélèhres ches les Grecs pour les escUves et pour le fer des Chalyba,
5 Ce nom s'étendait aux Cappadodens et aux habitants de la haote Mésopotamie.
< Aussi Strahon dlMl, Mb, XYI, que les Sabéens avaient fourni tout Por de la Syrie, avant que les habitants de Gerrha, près de rembouchure de l'Euphrate, les eussent supplantés.
ÉTAT POLITIQUE
de Kaiané ( en Mésopotamie) et d^Adana (près de Tarse), facteurs de l'Arabe de Cheba (près de Dadas), de l'Assjrrien et du Kaldéen, commereest annî aiee toi, el te vendent des chftles, des manteaux artislement brodée» de l'argent, des mâtures, é&s cordages et éia eèdns. Enfin les vaisseaux (vantés) de Tlirsesosi à tes gages. O lyr, fière de tant de gloire et de richesses 1 bientôt les flots de la mer s'élèveront contre toi , et la tempête te précipitera au fond des eaux. Alors s'engloutiront avec toi tes richesses ; avec toi périront en un jour ton commerce, tes négociants, tes correspondants, tes matelots, tes pilotes, tes artistes, tes soldats et le peuple immense qui remplit tes murailles. Tes rameurs déserteront tes vaisseaux; tes pilotes s'assiéront sur le rivage, l'œil morne contre terre. Les peuples que tu enrichissais, les rois que tu rassasiais, consternés de ta ruine, jetteront des cris de désespoir. Dans leur deuil , ils couperont leurs chevelures; ils jetteront la cendre sur leur front dénudé; ils se rouleront dans la poussière, et ils diront : (2ui jamais égala T\fr, cette reine de la mer? » — Les révolutions du sort, ou plutôt la barbarie des Grecs du Bas-Empire et des musulmans , ont accompli cet oracle. Au lieu de cette ancienne circulation si active et si vaste, Sour, réduit à l'état d'un misérable village, n*a plus pour tout commerce qu'une exportation de quelques sacs de grains et de coton en laine, et pour tout négociant qu'un Êicteur grec au service des Français de Saide, qui gagne à pdne de quoi soutenir sa ùmille.
A neuf lieues au sud de Sour, est la ville ^Aere, en arabe Akka, connue dans les temps les plus reculés sous le nom d'^^co, et postérieurement sous celui de PtoièmaU, Elle occupe l'angle nord d'une baie, qui s'étend, par un demi -cercle de trois lieues, jusqu'à la pointe du Carmel. Depuis l'expulsion des croisés elle était restée presque déserte : mais de nos jours les travaux de Dàher l'ont ressoscitée; ceux que DJezzâr y a £ut exécuter depuis dix ans la rendent aujourdlmi l'une des premières villes de la côte. On vante la mosquée de ce pacha comme un chef-d'œuvre de goût. Son bazar, ou marché couvert, ne le cède point à ceux d'Alep même; et sa fontaine publique surpasse en âégance celles de Damas. Ce dernier ouvrage est aussi le plus utile; car jusqu'alors Acre n^vait pour toute ressource qu'un assez mauvais puits; mais r^u est restée, comme auparavant, de médiocre qualité. L*on doit savoir d*autant plus de gré au pacha de ces travaux, que lui-même en a
DE LA SYRIE
été riogéniaEir et rarehitecte : il fait ses plans, il trace ses dessins, et conduit les ouvrages. Le port d'Aere est un des mieux situés de la côte, en ce qa*il est couvert du vent de nord et nord-ouest par la ville même ; mais il est comblé dqpuis Fakr^ ^Dbi. Djezzâr s'est contenté de pratiquer un abord pour les bateaux. La fortification, quoique phis soignée qu'aucune autre, n*est cependant d'aucune valeur : il n'y a que quelques mauvaises tours basses près du port qui aient des canons; encore ces pièces de fer rouillé sont-elles si mauvaises, qu'il en crève toujours quelques-unes à cbaqae fois qu'on les tire. L'enceinte du côté de la campagne n'est qu'un mur de jardin sans fossés.
Cette campagne est une plaine nue, plus profonde et moins large que celle de Sour; elle est entourée de petites montagnes qui s'étendent en tournant du cap Blanc au Carmel. Les ondulations du terrain y causent des bas-fonds où les pluies dlûver fcNrment des lagunes dangereuses en été par leurs vapeurs infectes. Du reste, le sol est fécond, et l'on y cultive avec le plus grand succès le blé et le coton. Ces denrées sont la base du commerce ^Acre, qui de jour en jour devient plus florissant. Dans ces derniers temps, le pacha, par un abus ordinaire en Tuiàie^ l'avait tout concentré dans ses mains; l'on ne pouvait vendre de coton qu'à lui; l'on n'en pouvait adieter que de lui : les négociants européens ont eu beau réclamer les capitulations du sultan, DjeszAr a répon<ki qu'il était sultan dans son pays, et il a continué son monopole. Ces négociants sont surtout les Français, qui ont à Acre six comptoirs présidés par un consul : récemment il est surveau un agent impérial, et depuis un an un agent russe.
La partie de la baie d'Aore où les vaisseaux mouillent avec le plus de sdreté, est au nord du mont Carmel, au pied du village de He^fa ( wdgo Caiffe ). Le fond tient bien l'ancre et ne coupe pas les câbles; mais le Heu est ouvert au vent de nonl-ouest, qui est violent sur toute cette côte. Le Carmel , qui domine au sud , est un pic écrasé et rocaiHenx, <f environ S50 toises d'élévation. On y trouve, parmi les broussailles, des oliviers et deis vignes sauvages , qui prouvent que jadis l'industrie s'était portée jusque sur cet ingrat terrain ; sur le sommet est uns chapelle dédiée au pn^ihète Elle, d'où la vue s'étend au loin sur la mer et sur la t«rre. Au midi, le pays offre une chaîne de montagnes raboteuses , couronnées de chênes et de sapins , où se retirent des sangliers et des onces. En tournant vers l'est, on aperçoit à six lieues le local de Nasra
ou Nazareifi, célèbre dans l'histoire du diristianisme : c'est un village médiocre, peuplé d'un tiors de musulmans, et de deux tiers de Grecs catholiques. Les pères de torre sainte, dépendants du grand couvent de Jérusalem, y ont un hospice et une église. Ils sont ordinairement les fémiers du pays. Du temps de Dàher, ils étaient obligés de faire à ce chaik un cadeau de 1060 piastres à chaque fenune qu'il épousait, et il avait soin de se marier presque toutes les semaines.
A environ deux lieues au sud-est de Namn est le mont Tabor, d*où Ton a l'une des plus riches per^ctives de la ^rie. Cette montagne est un cône tronqué de 4 îi 600 toises de hauteur. Le sommet a deux tiers de lieue de circuit. Jadis il portait une citadelle ; mais à peine en reste-t-il quelques pierres. Delà Ton découvre au sud une suite de vallées et de montagnes qui s'étendent jusqu'à Jérusalem. A l'est, l'on voit conune sous ses pieds la vallée du Jovrdain et le lac de Tabarté, qui semble encaissé dans un cratère de volcan. Au delà, la vue se perd vers les plaines du Hcnran ; puis tournant au nord, elle revient, par les mon* tagnes de Hasbéya et de la QànMy se reposer sur les fertiles plaines de la Galilée, sans pouvoir atteindre à la mer.
La rive orientale du lac de TiAarié n'a de remarquable que la ville dont elle porte le nom , et la fontaine d'eaux chaudes minérales qui en est voisine. Cette fontaine est située dans la campagne, à un quart de lieue de Tabarié. Faute de soin, il s'y est entassé une boue noire , qui est un véritable éthiops mardaU. Les personnes attaquées de douleurs rhumatismales trouvent des soulagements et même la guéris(Hi dans les bains de cette boue. Quant à la ville, ce n'est qu'un monceau de décombres, habité tout au plus par 100 familles. A sept lieues au nord de Tabarié, sur la croupe d'une montagne, est la ville ou le village de St^fad, berceau de la puissance de Dàher. A cette époque, il était devenu le siège d'une école arabe , où les docteurs motouâlis formaient des élèves dans la science de la grammaire et l'interprétation allégorique du Q&ran. Les juifs, qui croient que le Messie doit établir le siège de son empire à sitfQd, avaient aussi pris ce lieu en affection , et s'y étaient rassemblés au nombre de 50 à 60 fiimilles : mais le tremblement de 1750 a tout détruit; et Safad, regardé de mauvais oeil parles Turks, n'est phis qu'un village presque abandonné. En remontant de Safàd au nord, l'on suit une dialne de hautes montagnes qui, sous le nom de SifeboM-Chalh, fournissent d'abord les sources du Jourdain, puis
une foule de ruisseaux dont s'arrose la plaine de Damas. Le local élevé d'où partent ces ruisseaux compose un petit pays que Ton appelle Hasbéya. En ce moment il est gouverné par un émir, parent et rival de Fémir Yousef ; il en paye à Djezzâr une ferme de 60 bourses. Le sol est montueax, et ressemble beaucoup au bas Liban ; le prolongement de ces montagnes le long de la vallée de Bêqàà, est ce que les anciens appellent AnU-IAhan, à raison de de ce quHI est parallèle au Liban des Druzes et des Maronites. La vallée de Bêqàà, qui en forme la séparation, est l'ancienne CœU-Syrie, ou Syrie creuse proprement dite. Sa disposition en encaissement profond , en y rassemblant les eaux des montagnes , en a fait de tout temps un des plus fertiles cantons de la Syrie; mais aussi en y concentrant les rayons du soleil, elle y produit en été une chaleur qui ne le cède pas même à TÉgypte. L^air néanmoins n'y est pas malsain , sans doute parce qu'il est sans cesse renouvelé par le vent du nord, et que les eaux sont vives et non stagnantes. L'on y dort impunément sur les terrasses. Avant le tremblement de 1759, tout ce pays était couvert de villages et de cultures aux mains des MùtouàUs; mais les ravages que causa ce phénomène, et ceux que les guerres des Turks y ont fait succéder, ont presque tout détruit. Le seul lieu qui mérite l'attention , est la ville de BcUbek.
Balbék, célèbre ahez les Grecs et les Latins sous le nom d^HéHos-poHs, ou vUle du soleil, est située au pied de VAnU-Uban, précisément à la dernière ondulation de la montagne dans la plaine. En arrivant par le midi, l'on ne découvre la ville qu'à la distance d'une lieue et demie, derrière un rideau d'arbres dont elle couronne la verdure par un cordon blanchâtre de dômes et de minarets. Au bout d'une heure de marche, l'on arrive à ces arbres, qui sont de très-beaux noyers; et bientôt, traversant des jardins mal cultivés , par des sentiers tortueux, l'on se trouve conduit au pied de la ville. Là se présente en face un mur ruiné, flanqué de tours carrées, qui monte à droite sur la pente, et trace l'enceinte de l'ancienne ville. Ce mur, qui n'a que 10 à 12 pieds de hauteur, laisse voir dans l'intérieur des terrains vides et des décombres qui sont partout l'apanage des villes turkes; mais ce qui attire toute l'attention sur la gauche , est un grand édifice , qui par sa haute muraille et ses riches colonnes, s'annonce pour un de ces temples que l'antiquité a laissés à notre admiration. Ce monument, qui est un des plus beaux et des mieux conservés de l'Asie, mérite une description particulière.
Pour le détailler avec ordre, il faut se supposer descendre de l'intérieur de la ville: après avoir traversé les décombres et les huttes dont elle est pleine, l'on arrive à un terrain vide qui fut une place > ; là, en face, s'offre à l'ouest une grande masure AA, formée de deux pavillons ornés de pilastres , joints à leur angle du fond par un mur de 160 pieds de longueur : cette façade domine le sol par une es* pèce de terrasse, au bord de laquelle on distingue avec peine les bases de douze colonnes , qui jadis régnaient d'un pavillon à l'autre, et formaient le portique. Le portail est obstrué de pierres entassées ; mais si l'on en surmonte l'obstacle, l'on pénètre dans un terrain vide, qui est une cour hexagone B , de 180 pieds de diamètre. Cette cour est seméede fûts de colonnes brisées, de chapiteaux mutUés, de débris de pilastres, d'entablements, de corniches, etc. ; tout autour règne un cordon d'édifices ruinés CC, qui présentent à l'œil tous les ornements de la plus riche architecture. Au bout de cette cour, toujours en face à l'ouest , est une issue D , qui jadis fut une porte par où l'on aperçoit une plus vaste perspective de ruines , dont la magnificence sollicite la curiosité. Pour en jouir , il faut monter une pente qui fut l'escalier de cette issue , et l'on se trouve à l'entrée d'une cour carrée £, beaucoup plus spacieuse que la première *. C'est de là D qu'est pris le point de vue de la gravure que j'ai jointe : le premier coup d'oeil se porte naturellement au bout de cette cour , oik six énormes colonnes F, saillant majestueusement sur l'horizon, forment un tableau vraiment pittoresque. Un objet non moins intéressant est une autre file de colonnes qui règne à gauche, et s'annonce pour le péristyle d'un temple G; mais avant d'y passer. Ton ne peut sur les lieux refuser des regards attentifs aux édifices H qui enferment cette cour à droite et à gauche. Us font une espèce de galerie distribuée par chambres hhhhh, dont on compte sept sur chacune des grandes ailes; savoir, deux en demi««ercle, et cinq en carré long. Le fond de ces chambres conserve des frontons de niches i et de tabernacles/^ dont les soutiens sont détruits. Du côté de la cour elles étaient ouvertes, et n'offraient que quatre et six colonnes m, toutes détruites. Il n'est pas facile d'imaginer l'usage de ces appartements; mais l'on n'en admire pas moins la beauté de leurs pilastres n, et la richesse de la firise de l'entablement O. L'on ne peut non plus s'empêcher de remarquer l'effet singulier qui résulte du mélange des guirlandes, des feuillures des chapiteaux, et des touffes d'herbes sauvages qui pen-
I Suivez les planches.
t Elle a 360 pieds de large sar 396 de long.
DE LA SYRIE
dent de toutes parts. En traversant la cour dans sa longueur, Ton trouve au milieu une petite esplanade carrée t, où fut un pavillon dont il ne reste que les fondements. Enfin, Ton arrive au pied des six colonnes F : c'est alors que Ton conçoit toute la hardiesse de leur élévation , et la richesse de leur taille. Leur fût a 21 pieds 8 pouces de circonférence, sur 58 de longueur; en sorte que la hauteur totale, y compris rentablement 0, est de 71 à 72 pieds. L'on s'étonne d'abord de voir cette superbe ruine ainsi solide et sans accompagnements; mais en examinant le terrain avec attention, Ton reconnaît toute une suite de bases qui tracent un carré long FF de 268 pieds sur 146 de large : l'on en conclut que ce fut là le péristyle d'un grand temple, objet premier et principal de toute cette construction. Il présentait à la grande cour, c'est-à-dire à l'orient, une face de 10 colonnes sur 19 de flanc ( total 64 ). Son terrain était un carré long de plain-pied avec cette cour, mais plus étroit qu'elle; en sorte qu'il ne restait autour de la colonnade qu'une terrasse de 27 pieds de large : l'esplanade qui en résulte, domine la campagne du côté de l'ouest, par un mur L, escarpé d'environ 30 pieds : à mesure que l'on se rapproche de la ville l'escarpement diminue; en sorte que le sol des pavillons se trouve de niveau avec la dernière pente de la montagne : d'où il résulte que tout le terrain des cours a été rapporté. Tel fut le premier état de cet édifice ; mais par la suite on a comblé le flanc du midi du grand temple , pour en bâtir un plus petit , qui est celui dont l6 péristyle et la cage subsistent encore. Ce temple G, situé plus bas que l'autre de quelques pieds, présente un flanc de 13 colonnes, sur 8 de front (total 38). Elles sont également d'ordre corinthien ; leur fût a 15 pieds 8 pouces de circonférence sur 44 de hauteur. L'édifice qu'elles environnent est un carré long, dont la £ace d'entrée, tournée à l'orient, se trouve hors de la ligne de l'aile gauche de la grande cour. L'on n'y peut arriver qu'à travers des troncs de colonnes, des amas de pierres, et même un mauvais mur dont on l'a masquée. Lorsque l'on a surmonté ces obstacles, on se trouve à la porte, et de là les yeux peuvent parcourir une enceinte g qui fut la demeure d'un dieu; mais au lieu du spectacle imposant d'un peuple prosterné , et d'une foule de prêtres offrant des sacrifices, le ciel ouvert par la chute de la voûte ne laisse voir qu'un chaos de décombres entassés sur la terre, et souillés de poussière et d'herbes sauvages. Les murs, jadis couverts de toutes les richesses de l'ordre corinthien , n'offrent plus que des frontons de niches et de tabernacles, dont presque tous les soutiens
VOLHKT.
sont tombés. Entre ces niches régnent dès pilastres cannelés , dont le chapiteau supporte un entablement plein de brèches; ce qui en reste con* serve une riche frise de guirlandes, soutenues d'espace en espace par des têtes de satyre, de che-* val, de taureau, etc. Sur cet entablement s'élevait jadis la voûte, dont la portée avait 57 pieds de large, sur 1 10 de longueur. Le mur qui la soute*» nait en a 31 d'élévation, sans aucune fenêtre. L'on ne peut se faire une idée des ornements de cette voûte que par l'inspection des débris répandus à terre; mais elle ne pouvait être plus riche que celle de la galerie du péristyle : les grandes parties qui en subsistent of&ent des encadrements à losange , où sont représentées en relief les scènes de Jupiter assis sur son aigle, de Léda caressée par le cygne, de Diane portant l'arc et le croissant, et divers bustes qui paraissent être des figures d'empereurs et d'impératrices. Il serait trop long de rapporter tous les détails de cet étonnant édifice. Les amateurs des arts les trouveront consignés avec la plus grande vérité dans l'ouvrage publié en 1757, à Londres, sous le titre de Ruines de Balhek >. Cet ouvrage, rédigé par M. Robert ff^ood, est dû surtout aux soins et a la magnificence du chevalier Dawkins, qui visita, en 1751, Balhek et Palmyre. On ne peut rien ajouter à la fidélité de la description de ces voyageurs ; mais depuis leur passage il est arrivé quelques changements : par exemple, ils ont trouvé 9 grandes colonnes debout, et en 1784 je n'en ai trouvé que 6 F. Us en comptèrent 29 au petit temple; il n'en reste plus que 20 : c'est le tremblement de 1759 qui en a causé la chute; il a aussi tellement ébranlé les murs du petit temple, que la pierre de la soffîte * de la porte a glissé entre les deux qui l'avoisinent , et est descendue de 8 pouces ; en sorte que le corps de l'oiseau sculpté sur cette pierre se trouve suspendu, détaché de ses ailes et de deux guirlandes qui, de son bec, aboutissent à deux génies. La nature n'a pas été ici le seul agent de destruction; les Turks y ont beaucoup contribué pour les colonnes. Leur motif est de s'emparer des axes de fer qui servent à joindre les deux ou trois pièces don| chaque fût est composé. Ces axes remplissent si bien leur objet, que plusieurs colonnes ne se sont pas déjointes dans leur chute : une entre autres, comme l'observe M. Wood, a enfoncé une pierre du mur du temple, plutôt que de se disloquer. Rien de si par&it que la
> In-^bl, d*atUu, I vol. Cet ouvrage, cher et rare, ne sa troaye que dans les grandes bU>Uoaièques : on peut le oonsulter à ceUe de )a naUon.
* La sofllte est cette traverse qai règne sur la tMe lorsque Ton passe sons une porto.
ItSB
coupe de ces pierres; elles ne isont jointes par aucun ciment, et cependant la lame d'un couteau n'entre pas dans leurs interstices. Après tant de sièdes de construction , elles ont, pour la plupart, conservé la couleur blanche qu'elles avaient d'abord. Ce qui étonnera davantage, c'est Ténormité de quelques-unes dans tout le mur qui forme l'escarpement. A l'ouest L , la seconde assise est formée de pierres qui ont depuis 28 Jusqu'à S5 pieds de longueur , sur environ 9 de hauteur. Par-dessus cette assise, à l'angle du nord-ouest, il y a trois pierres qui à elles seules occupent un espace de 175 pieds et demi ; à savoir, la première, 58 pieds 7 pouces ; la deuxième , 58 pieds 1 1 pouces , et la troisième , 58 pieds juste, sur une épaisseur commune de 12 pieds. La nature de ces pierres est un granit blanc à grandes facettes hiisantes comme le gypse ; sa carrière règne sous toute la ville et dans la montagne adjacente : elle est ouverte en plusieurs lieux, et entre autres sur la droite en arrivant à la ville. Il y est resté une pierre taillée sur trois faces, qui a 69 pieds 3 pouces de long, sur 12 pieds 10 pouces de large, et IS pieds S pouces d'épaisseur. Comment les anciens ont-ils manié de telles masses? C'est sans doute un problème de mécanique curieux à résoudre. Les habitants de Balbeh l'expliquent commodément , en supposant que cet édifice a été construit par les cffénoùn ou génies ^^ sous les ordres du roi Salomon; ils ajoutent que le motif de tant de travaux fut de cacher dans les souterrains d'Immenses trésors qui y sont encore : plusieurs d'entre eux, dans le dessein de s'en saisir, sont descendus dans les voûtes qui régnent sous tout l'édifice; mais rinutilité de leurs recherches, et les avantes que les commandants en ont pris occasion de leur fiiire, les en ont dégoûtés. Hs croient les Européens pMs heureux; et Ton tenterait vainement de les dissuader de Fidée où ils sont que nous avons l'art magique de rompre les talismans. Que peuvent les raisonnements contre l'ignorance et l'habitude? Il ne serait pas moins ridicule de vouloir leur démontrer que Salomon n'a point connu l'ordre corinthien , usité seulement sous les empereurs de Rome; mais leur tradition au sujet de ce prince donne lieu à trois remarques Importantes.
La première est que tonte tradition sur la haute antiquité est aussi nulle chez les Orientaux que chcE les Européens. Parmi eux , comme parmi nous , les faits de cent ans, quand ils ne sont pas écrits, sont altérés, dénaturés, oubliés : attendre d'eux
< Espèces d'esprits intermédUiniflotntotaiiflei et tel dtables. "
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des éclaircissements sur ce qui s'est passé au temps de David ou d'Alexandre, c'est comme si on demandait aux paysans de Flandre des nouvelles de Clovls ou de Charlemagne.
La deuxième est que dans toute la Syrie, les mahométans, comme les juifs et les chrétiens, attribuent tous les grands ouvrages à Salomon; non que la mémoire s'en soit perpétuée sur les lieux , mais parce qu'ils font des applications des passages de l'Ancien Testament : c'est, avec l'Évangile, la source de presque toutes les traditions, parce que ce sont les seuls livres historiques qui soient lus et connus; mais comme les interprètes sont trèsignorants, leurs applications manquent presque toujours de vérité : c'est ainsi qu'ils sont en erreur, quand ils disent que Balbek est la domus saUûs lÀbani de Salomon; et ils choquent également la vraisemblance, quand ils attribuent h ce roi les puits de Tyr et les édifices de Palmyre.
Enfin une troisième remarque est que la croyance aux trésors cachés s'est accréditée et se soutient par des découvertes qui se font effectivement de temps à autre. Il n'y a pas dix ans que l'on trouva à Hébron un petit coffre plein de médailles d'or et d'argent , avec un livre d'ancien arabe traitant de la médecine. Dans le pays des Druzes , un particulier découvrit aussi, il y a quelque temps, une jarre où il trouva des monnaies d'or faites en croissant; mais comme les commandants s'attribuent ces découvertes, et que sous prétexte de les faire restituer, ils ruinent ceux qui les ont faites , les propriétaires s'efforcent d'en dérober la connaissance ^ ils fondent en secret les monnaies anciennes , ou même ils les recachent , par ce même esprit de crainte qui les fit enfouir dans les temps anciens, et qui indique la même tyrannie.
D'après la magnificence extraordinaire du temple de Balbek, on s'étonnera avec raison que les écrivains grecs et latins en aient si peu parlé. fVood, qui les a compulsés à ce sujet, n'en a trouvé de mention que dans un fragment de Jean d^Antioche, qui attribue la construction de cet édifice à l'empereur Antonin le Pieux. Les inscriptions qui subsistent sont confoimés à cette opinion , et elle explique très-bien pourquoi l'ordre employé est le corinthien, puisque cet ordre ne fut bien usité que dans le troisième âge de Rome; mais l'on ne doit pas alléguer pour la confirmer encore, l'oiseau sculpté sur la soffite : si son bec crochu , si ses grandes serres et le caducée qu'elles tiennent, doivent le fiiire regarder comme un aigle , l'aigrette de sa tête, semblable à celle de certains pigeons, prouve I qu'il n'est point l'aigle romain; d'ailleurs il se re-
De tA SYRIE.
trouve le même au temple de Palmyre , ^t par cette raison il s^annonoe pour un aigle oriental , consacré au soleil f qui fut la divinité de ces deux temples. Son culte existait à Balbek dès la plus haute antiquité. Sa statue, semblable à celle d'Osiris, y avait été transportée d'Hé&opo&t d*Égypte. On Yy adorait avec des cérémonies que Macrobe décrit dans son livre curieux des Saturnales '. Wood sup* pose , avec raison, que ce fut de ce culte que vint le nom de Balbek, qui signifie en syriaque ville de Bal, c'est-à-dire du soleil. Les Grecs, en disant IléliopoUs , n*ont fait , comme en bien d'autres cas , qu'une traduction littérale de Toriental. On ignore Fétat que put avoir cette ville dans la haute antiquité; mais il est à présumer que sa poâtion sur la route de Tyr k Palmyre lui donna quelque part au commerce de ces opulentes métropoles. Sous les Romains, au temps d'A.ugu$te, elle est citée comme tenant garnison ; et il reste sur le mur de la porte du midi, à droite en entrant, une inscription qui en fait preuve; car on y lit en lettres greoques : Kentwria prinia. Cent quarante ans après cette époque^ Antonin y bâtit le temple actuel à la place de Tancien, qui sans doute tombait en ruines ; mais le christianisme ayant pris Tascendant sons Constantin, le temple moderne fut négligé, puis converti en église, dont il reste un mur qui masquait le sanctuaire de Tidole. Il subsista ainsi jusqu'à Finvasion des Arabes : il est probable qu'ils envièrent aux chrétiens une si belle possession. L'église moins fréquentée se dégrada : les guerres survinrent ; on en fit un lieu de défense; l'on bâtit sur le mur de l'enceinte, sur les pavillons et aux angles, des créneaux qui existent encore; et de ce moment, le temple, exposé au sort de la guerre, tomba rapidement en ruines.
L'état de la ville n'est pas moins déploiable; le mauvais gouvernement des émirs de la maison de Harfouche lui avait déjà porté des atteintes fimestes; le tremblement de 17S9 acheva de la ruiner. Les guerres de l'émir Yousef et de Djezzâr ont e»core aggravé sa situation; de 5,000 habitants que l'on y comptait en 1751 , il n'en reste pas 1200, tous pauvres, sans industrie, sans commerce, et sans autres cultures que quelques cotons » quelques maïs et des pastèques. Dans toute cette partie, 4e sol est maigre, et continue d'être tel , soit en remontant au nord, soit en descendant ausud'^st vers Damas.
' n 7 appelle HiliopoUs vUle des Awjrien», par la eonfosloo que les anciens font souvent de ce Dom avec celai de 5yriefif.