‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 101 sur 466 · A MM. LES PARISIENS · texte numérisé non relu

A MM. LES PARISIENS

Messieurs , —Je suis forcé par l'illustre M. F de m'exposer vis-à-vis de

vous. Je parlerai sur le ton du sentiment et du respect $ ma plainte sera marquée au coin de la bienséance , et éclairée du flambeau de la vérité. J'espère que M. F sera confondu vis-à-vis des honnêtes gens , qui ne sont pas accoutumés à se prêter aux méchancetés de ceux qui , n'étant pas sentimentés , font métier et marchandise d'insulter le tiers et le quart sans aucune provocation > comme dit Cicéron dans l'oraison pro Muret\â , page 4*

Messieurs , je m'appelle Jérôme Carré , natif de Montauban; je suis un pauvre jeune homme sans fortune ; et comme la volonté me change d'entrer dans

Montauban , à cause que M. L. F de P m'y persécute, je suis venu

implorer la protection des Parisien». J'ai traduit la comédie de l'Écossaise de M. Hume. Les comédiens français et les italiens voulaient la représenter ; elle aurait peut-être été jouée cinq ou six fois: et voilà que M. F emploie son autorité et son crédit pour empêcher ma traduction de paraître ; lui qui encourageait tant les jeunes gens , quand il était jésuite , les opprime aujourd'hui : il a fait une feuille entière contre moi 5 il commence par dire méchamment que nfa traduction vient de Genève, pour me faire suspecter d'être hérétique.

Ensuite il appelle M. Hume M. Home ; et puis il dit que M. Hume le prêtre , auteur de cette pièce , n'est pas parent de M. Hume le philosophe. Qu'il consulte seulement le Journal encyclopédique du mois d'avril 1768, journal

* Il y avait long-temps que M.' «le Voltaire avait réclamé contre l'usage ridicule de placer les spectateurs au théâtre, et de rétrécir l'avaut-scène par des banquettes, lorsque M. le comte de Lauraguais donna les sommes nécessaires pour mettre les comédiens à portée de détruire cet usage.

M. de "Voltaire s'est élevé contre l'indécence d'un parterre debout et tumultueux ; et dans les nouvelles salles construites à Paris, le parterre est assis. Ses justes réclamations ont été écoutées sur des Objets plus important. On lui doit en grande partie la suppression des sépultures dans les églises, l'établissement des cimetières hors des villes, la diminution du nomlre des fêles , même celles qu'ont ordonnées des évêques qui n'avaient jamais lu ses ouvrages ; enfin l'abolition de la servitude de la glèbe et celle de la torture. Tous ces changemens se sont faits, à la vérité, lentement, à demi , et comme si l'on eût voulu prouver m les fesant qu'on suivait non sa propre raison, mais qu'on cédait à l'impulsion irrésistible que M< de Voltaire avait donnée aux espritt.

La tolérance, qu'il avait tant prêchée, s'est établie peu de temps après sa mort en Suède et dans les états héréditaires de la maison d'Autriche; et, quoi qu'on en dise, nous la verrons bientôt s'établir en France.

** M. le comte de Lauraguais avait fait une pension au célèbre du Marsais , qui sans lui eût traîné sa vieillesse dans la misère. Le gouvernement ne lui donnait aucun secours, parce qu'il était soupçonné d'être janséniste et même d'avoir écrit en faveur du gouverne-» ment contre les prétentions de la cour de Rome.

*** Cette plaisanterie fut publiée la YeiUe de la représentation* ,

L'ÉCOSSAISE. 6g 7

que je regarde comme le premier des cent soixante-treize journaux qui paraissent ,tous les. mois en Europe ; il y verra cette annonce , page 137 :

« L'auteur de Bouclas est le ministre Hume , parent du fameux David Hume , si célèbre par son impiété. »

Je ne sais pas si M. David Hume est impie : s'il Test, j'en suis bien fâché , et je prie Dieu pour lui comme je le dois; mais il résulte que l'auteur de f Ecossaise est M. Hume le prêtre , parent de M. David «Hume , ce qu'il fallait prouver, et ce qui est très-indifférent.

J'avoue à ma honte que je l'ai cru son frère ; mais , qu'il soit frère on cousin , il est toujours certain qu'il est l'auteur de C Ecossaise. Il est vrai que , dans le journal que je cite , V Ecossaise n'est pas expressément nommée ; on n'y parle que à" Agis et de Douglas ; mais c'est une bagatelle.

11 est si vrai qu'il est l'auteur de C Écossaise , «pie j'ai en main plusieurs de ses lettres, par lesquelles il me remercie de l'avoir traduite $ en voici une que je soumets aux lumières du charitable lecteur.

Mjr dear translater, mon cher traducteur, you hâve çomnùtted many a blunder in four performance , vous avez fait plusieurs balourdises dans votre traduction 'fou hâve quite impoverish'd tne caracter of Wasp , and you houe blottcd hU chastisement at the endofthe drama... vous avez affaibli le caractère de Frelon, et vous avez supprimé son châtiment à la fin de la pièce.

Il est vrai , et je l'ai déjà dit, que j'ai fort adouci les traits dont l'auteur

Ï>eint son Wasp (ce mot wasp veut dire frelon ) { mais je ne l'ai fait que par e conseil des personnes les plus judicieuses de Paris. La politesse française ne permet pas certains termes que la liberté anglaise emploie volontiers. Si je suis coupable , c'est par excès de retenue; et pespère que messieurs les Parisiens , dont je demande la protection, pardonneront les défauts de la pièce en faveur de ma circonspection. •

Il semble que M. Hume ait fait sa comédie uniquement dans la vue de met" tre son Wasp sur la scène, et moi j'ai retranché tout ce que j'ai pu de ce personnage j j'ai aussi retranché quelque chose de milady Alton pour m'éloigner moins de vos mœurs, et pour faire voir quel est mon respect pour les dames. t M. F.... , dans la vue de me nuire , dit dans sa feuille , pag n4 » qu'on l'appelle aussi Frelon , que plusieurs personnes de mérite l'ont souvent nommé ainsi. Mais , messieurs , qu'est-ce que cela peut avoir de commun avec un. personnage anglais dans la pièce de M. Hume ? Vous voyez bien qu'il ne cherche que de vains prétextes pour me ravir la protection dont je vous supplie de m'honorer.

Voyez , je vous prie , jusqu'où va sa malice : il dit, page n5, que le bruit courut long-temps qu'il avait été condamné aux galères ^ et il affirme qu'en effet , pour la condamnation , elle n'a jamais eu lieu : mais , je vous en supplie , que ce monsieur ait. été aux galères quelque temps, ou qu'il y aille * quel rapport cette anecdote peut -elle avoir avec la traduction d'un drame anglais? Il parle des raisons qui pouvaient, dit-il, lui avoir attiré ce malheur.

demande, messieurs, votre protection contre lui. Recevez ce petit drame avec cette affabilité que vous témoignez aux étrangers.

J'ai l'honneur d'être avec un profond respect , messieurs, votre très-humble et très-obéissant serviteur, Jérôme Cabbé, natif de Montauban, demeurant dans l'impasse de Saint-Thomas du Louvre ; car j'appelle impasse , messieurs, ce que vous appelez cul-de-sac ; je trouve qu'une rue ne ressemble ni à un cul ni à un sac : je vous prie de vous servir du mot à' impasse, qui est noble , sonore, intelligible , nécessaire , au lieu de celui de cul, en dépit du situr F. ...» , ci-devant j. •»♦...

AVERTISSEMENT

Cette lettre de M. Jérôme Carré eut tout l'effet qu'elle méritait. La pièce fut représentée au commencement d'auguste 1760. On commença tardée t

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médie de f Ecossaise , quoique M. Hume ne l'eût jamais en en vue , le public

le reconnut ainsi. La comédie était sue de tout le monde par cœur avant qu'on la jouit, et cependant elle fut reçue arec un succès prodigieux.. F. ... fit encore la faute d'imprimer dans je ne sais quelles feuilles , intitulées l'Année littéraire , que C Ecossaise n'avait réussi qu'à l'aide d'une cabale composée de . douze a quinze cents personnes , qui tontes , disait-il , le haïssaient et le méprisaient souverainement. Mais monsieur Jérôme Carré était bien loin de faire des cabales : tout Paris sait assez qn'il n'est pas 4 portée d'en foire j d'ailleurs il n'avait jamais vu ce F , et il ne pouvait comprendre pourquoi tous les spectateurs s'obstinaient a voir F dans Frelon. Un avocat , à la seconde représentation , s'écria : « Courage , monsieur Carré, vengez le public. » Le parterre et les loges applaudirent à ces paroles par des battemens de mains qui ne finissaient point. Carré, au sortir du spectacle, Ait embrassé par plus de cent personnes. Que vous êtes aimable, monsieur Carré, lui disait-on, cravoir fait justice de cet homme , dont les mœurs sont encore plus odieuses que la plume ! Eh , messieurs , répondit Carré , vous me faite» plus d'honneur que je ne mérite ; je ne suis qu'un pauvre traducteur d'une comédie pleine de morale et d'intérêt.

Comme il parlait ainsi sur l'escalier , il fut barbouHlé de deux baisers par

la femme de F. Que je tous suis obligée, dit-elle, d'avoir puni mon mari !

mais vous ne le corrigerez point. L'innocent Carré était tout confondu ; il ne comprenait pas comment un personnage anglais pouvait être pris pour un Français nommé F. ... : et toute la France lui fesait compliment de l'avoir peint trait pour trait. Ce jeune homme apprit par cette aventure combien il mut avoir ae circonspection : il comprit en général que , toutes les fois qu'on fait le portrait d'un homme ridicule , il se trouve toujours quelqu'un qui lni ressemble.

^ Ce rôle de Frelon était très-peu important dans la pièce ; il ne contribua en rien au -vrai succès , car elle reçut dans plusieurs provinces les mêmes applaudisse mens qu'à Paris. On peut dire & cela que ce Frelon était autant estimé dans les provinces que dans la capitale ; mais il est bien plus vraisemblable que le vif intérêt qui règne dans la pièce de M. Hume en a fait tout le succès. Peignez un faquin , vous ne réussirez qu'auprès de quelques personnes ; intéressez , tou$ plairez a tout le monde.

Quoi qu'il en soit , voici la traduction d'une lettre de milord Boldthinker au prétendu Hume , au sujet de sa pièce de V Ecossaise :

«r Je crois , mon cher Hume , que vous avez encore quelque talent ; vous en êtes comptable à la nation : c'est peu d'avoir immolé ce vilain Frelon à la risée publique , sur tous les théâtres de l'Europe, où l'on joue vôtre aimable et vertueuse Écossaise ; faites plus, mettez sur la scène tous ces vils persécuteurs de la littérature , tous ces Hypocrites noircis de vices , et calomniateurs de la vertu : traînez sur le théâtre , devant le tribunal du public, ces fanatiques enragés , qui jettent leur écume sur Finnocence , et ces hommes faux # qqi vous flattent a'un oeil et qui vous menacent de l'autre , qui n'osent parler ae- Tant un philosophe , et qui tâchent de le détruire en secret ; exposez au grand jour ces détestables cabales qui voudraient replonger les hommes dans les ténèbres.

* Vous avez gardé trop long-temps le silence ; on ne gagne rien à vouloir adoucip les. pervers ; il ny a pins d'autre moyen de rendre les lettres respectables que de faire trembler ceux qui les outragent : c'est le dernier parti que prit Pope avant que de mourir : il rendit ridicules à jamais , dans sa Duncimde , tous ceux qui devaient l'être : ils n'osèrent plus se montrer , ils disparurent, tonte la nation lui applaudit; car si, dans les commencemens, la malignité donna un peu de vogue à ces lâche* ennemis de Pope , de Swift et de leurs amis , la raison reprit bientôt le dessus. Les Zoïles ne sont soutenus qu'un temps. Le vrai talent des vers ttt une arme qn'il faut employer à venger le genre humain. Ce n'est pas les Pantolabes et les Nomentanus seulement qu'il faut effleurer ; ce sont les Anitus et les Mélitus qu'il faut écraser. Un vers bien fait transmet à la dernière postérité la gloire d'un homme de bien et la honte 4'<ui méchant. Travaillez , vous ne manquerez pas de matière , etc. »

PREFACE

La comédie dont nous présentons la traduction aux amateurs de la littérature , est * de M. Hume, pasteur de l'église d'Edimbourg, déjà connu par deux belles tragédies , jouées à Londres : il est parent et ami de ce célèbre philosophe M. nome , qui a creusé avec tant de hardiesse et de sagacité les tondemens de la métaphysique et de la morale : ces deux* philosophes font également honneur à 1 Ecosse leur patrie.

La comédie intitulée l Écossaise nous parut un de ces ouvrages qui peuvent réussir dans toutes les langues , parce que l'auteur peint la nature , qui est partout la même : il a la naïveté et la vérité de l'estimable Goldoni , %vec

KuVêtre plus d'intrigue , de force et d'intérêt. Le dénoûment, le caractère de téroïOe et celui de Freeport , ne ressemblent à rien de ce que nous connaissons sur les théâtres de France ; et cependant c'est la nature pure. Cette pièce paraît un peu dans le goût de ces romans anglais qui ont fait tant de fortune : ce sont des touches semblables , la même peinture des mœurs ; rien de recherché , nulle envie d'avoir de l'esprit , et de montrer misérablement l'auteur , quand on ne doit montrer que les personnages ; rien d'étranger au sujet ; point de tirade d écolier , de ces maximes triviales qui remplissent le vidé de l'action. C'est une justice que nous sommes obligés de rendre à notre célèbre auteur.

Nous avouons en même temps que nous avons cru , par le conseil des hommes les plus éclairés , devoir retrancher quelque chose du rôle de Frelon , qni paraissait encore dans les derniers actes : il était puni , comme de raison , à la un de la pièce ; mais cette justice qu'on lui rendait semblait mêler un peu de froideur an vif intérêt qui entraîne l'esprit au dénoûment.

De plus le caractère de Frelon est si lâche et si odieux , que nous avons voulu épargner aux lecteurs la vue trop fréquente de ce personnage , plus dégoûtant que comique. Nous convenons qu'il est dans la nature ; car dans les grandes villes , oîi la presse jouit de quelque liberté , on trouve toujours quel-

Xues-uns de ces misérables qui se font un revenu de leur impudence , de ces rétins subalternes qui saenent leur pain à dire et à faire du mal , sous le prétexte d'être utiles aux belles-lettres, ; comme si les vers qui rongent les-fruits et les fleurs pouvaient leur être utiles.

L'un des deux illustres sa vans, et , pour nous exprimer encore plus correctement , l'un de ces deux hommes de génie qui ont présidé au Dictionnaire encYclopédiaue , â cet ouvrage nécessaire au genre humain, dont la suspension fait gémir 1 Europe ; l'un de ces deux grands hommes» dis- je » dans des essais qu'il s'est amusé à faire sur l'art de la comédie , remarque très-judicieusement que Ton doit songer à mettre sur le théâtre les conditions et les états des hommes. L'emploi du Frelon de M. Hume est une espèce d'état en Angleterre; il y a même une taxe établie sur les feuilles de ces gens-là. Ni cet état ni ce caractère ne paraissaient dignes du théâtre en France ; mais le pinceau anglais ne dédaigne rien : il se plaît quelquefois a tracer des objets oont la bassesse peut révolter quelques autres nations. Il n'importe aux Anglais que le sujet soit bas, pourvu qu'il soit vrai. Ils disent que fa comédie étend ses droits sur tous les caractères et sur toutes les conditions; que tout ce qui est dans la nature doit être peint; que nous avons une fausse délicatesse, et que l'homme le plus méprisable peut servir de contraste an plus galant homme*

J'ajouterai , pour la justification de M. Hume , qu'il a l'art de ne présenter son Frelon que dans des moment où l'intérêt n'est pas encore vif et touchant. n a imité ces peintres qui peignent un crapaud, un lézard , une couleuvre, dans un coin du tableau , en conservant aux personnage» la noblesse de leur caractère.

Ce qui nous a frappé vivement dans cette pièce , c'est que l'unité de temps 9 de lieu et d'action y est observée scfqmuleusement, Elle a encore ce mérite rare chez les Anglais , comme chez les Italiens , que te théâtre n'est jamais vide. Rien n'est plus commun et plus choquant que de voir deux acteurs sortir de la scène, et deux autres venir à Mur place sans être appelés , sans être attendus; ce défaut insupportable ne se trouve point dans ^Écossaise.

** " ' ...«.«. • a*» t genre de

préféra-

On sent bit» que c'était une plaùanterit d'attribuer cette pièce à M* Huns»

7 oo THÉÂTRE.

même que la bonne plaisanterie consiste à ne rouloir point être plaisant , ainsi celui qui vous émeut ne songe point à tous émouvoir j i\ nest point rhe'toricien $ tout part du cœur. Malnewr à celui qui tâche , dans quelque genre que ce puisse être !

Nous ne savons pas si cette pièce pourrait être représentée à Paris ; notre état et notre vie^ qui ne nous ont pas permis de fréciuenter souvent les spectacles , nous laissent dans l'impuissance de juger queljeffet une pièce anglaise ferait en France.

Tout ce que nous pouvons dire , c'est que malgré tous les efforts que nous avons faits pour rendre exactement l'oriçinal , nous sommes très-loin d'avoir atteint au mérite de ses expressions , toujours fortes et toujours naturelles.

Ce qui est beaucoup plus important , c'est que cette comédie est d'une excellente morale, et digne de la gravité du sacerdoce dont Fauteur est revêtu , sans rien perdre de ce qui peut plaire aux honnêtes gens du monde.

La comédie ainsi traitée est un des plus utiles efforts de l'esprit humain. U faut convenir que c'est un art , et un art très-difficile. Tout le monde peut compiler des faits et des raison ne m en s $ il est aisé d'apprendre la trigonométrie : mais tout art demande un talent , et le talent est rare.

Nous ne pouvons mieux finir cette préface que par ce passage de notre compatriote Montagne sur les spectacles :

« J'ai soutenu les premiers personnages es tragédies latines de Bucanam et de Guerante, et de Muret, qui se représentèrent à notre collège de Guienne avec dignité. En cela , Andréas Goveanus , notre principal , comme en toutes autres parties de sa charge , fut sans comparaison le plus grand principal de France, et m'en tenait-on maître ouvrier. Cest un exercice que je ne mésloue point aux jeunes enfans de maison , et ai vu nos princes depuis s'y adonner en personne , à l'exemple d'aucuns des anciens , honnestement et iouablement : il est loisible même d'en faire mestier aux gens d'honneur et en Grèce. Aristoni Iragico actori rem aperit : huic et genus et fortunn honesta erant : nec ars , quia nihil taie apud Grœcos pudori est , ea deformabat. Car j'ai toujours accusé d'impertinence ceux qui condamnent ces esbatemens , et d'injustice ceux qui empeschent l'entrée de nos bonnes villes aux comédiens qui le valent , et envient au peuple ces plaisirs publics. Les bonnes polices prennent soin d'assembler les citoyens , et les rallier comme aux offices sérieux de la dévotion , aussi aux exercices et jeux. La société et amitié s'en augmentent , et puis on ne leur concède des passe-temps plus réglés, que ceux qui se font en présence de chacun , et à la vue même du magistrat ; et trouverais raisonnable que le prince à ses dépens en gratifiast quelquefois la commune } et qu'aux villes populeuses il y eût des lieux destinés et disposés pour ces spectacles , quelque divertissement de pires actions et occultes. Pour revenir à mon propos , il n'y a tel que d'allécher l'appétit et l'affection j autrement on ne fait que des asnes chargés i)e livres; on leur donne à coups de fouet , en garde» leur pochette pleine de science ; laquelle , pour bien faire , il ne faut pas seulement loger chez soi , il la faut épouser. »

PERSONNAGES

Maître FABRICE , tenant un café avec des appartement* LINDANE, Écossaise.

Le lord MONROSE , Écossais.

Le lord MURRAY.

POLLY, suivante.

FREEPORT, qu'on prononce FRIPORT, gros négociant de Londres.

FRELON , écrivain de feuilles.

Lad j ALTON : on prononce Léùu Plusieurs Anglais qui viennent au café.

Domestiques. , , Un Messager d'état,

La scène est à Londres,

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