‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 14 sur 466 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Le chevalier MONDOR, ADINE, DORFISE.

Le chevalier MONDOB. •

Chasserons-nous ce rival plein de gloire, Qui me méprise et s'en fait tant accroire ?

ADINE arrivant dans le fond à pas lents, tandis que le chevalier entrait brusquement.

Ecoutons bien.

î*«hèf»ïierM0ftDOR7 ? ] " ■;"'

H faut me rendre heureux :

Il faut punir son air avantageux. ' Je suis à vous j avec plaisir je, laisse Au vieux Darmiu sa petite maîtresse.* A le troubler on n'a' que de l'ennui ; On perd sa peine à se moquer 3e lui.

Cest ce Blanford , c'est sa vertu sévère, Sa gravité, qu'il faut qu'on désespère»

Il croit qu'on doit ne lui refuser rien, !

Par la raison qu'il est. homme de bien.

Ces gens de bien me mettent à la gène.

Ils vous feront périr d'ennui , ma reine.

DORFISE dW«*rte4ettft«t>*>èfe, apparoir regardé* Attw.

Vous vous moquez ! j'ai poui- monsieur Blanford ' Un vrai respect, et je l'estime fort. , ,

Le dieValiejr M ON D OR.

B est de ceux qu'on estime et qu'on bénie',

Est-il pas vrai.? ; ' ' *• --• ■ - * •-" -*-• >'-'

ADINEipart. ., \^,' .*.

Que ceci mé, consterne !

Elle est constante , elle a delà vertu ! " Tout me confond j die aime ; ah ! qui l'eût cru ? DORtfîSE.

Que dit-il là? '

A&ÏKE * part ' '- — il

Qàoil Dbrfise* est fidèle?

Et pour combler mon malheur, elle est beHe.

DORFISE an chevalier, après avoir regarda Adine.

Il dit que je suis belle. ' * s !

Le chevalier AI OND OR.

II n'a 'pas tort, Mais il commence à m'importuner fort. >

Allez, l'enfant; j'ai des secrets à dire A cette dame. , .

' \ ' J Abl5E. '• *V " i J> ,!

Hélas ! je mè retire. , ' '

DO,RFISE aachevaUe*.,

Vous vous moquez.

"' : ' l \ (» Adine.)

Restez, restez ici.

(au chevalier. )

Osez-vons bien le renvoyer ainsi? . :>ï..^j

(à Adine. ) ; - ;:0

Approchez-vous : peu s'en faut qu'il ne pleure j * m aï* L'aimable enfant ! je prétend* qu'il demeure. Avec Blanford il est chez moi venu:

Dès ce moment son naturel ni'à £lu.

I* chevalier MONDOR.

EU laissez là «ou naturel 7 madame»

5 7 4 THÉÂTRE, j

De ce Blanford vous basses la flamme; Vous m'av.e$ dit qu'U e^t. WoJLaJ , jaloux.

DORFISB fi^Mmeut. i , i,. ',.,:;

Je n'ai rien dit. • ( ' •

(àÀdine,)

Ça , quel âgé avtez-vt>tis? ; ; * - \ ADÏNE. '' ' " ^ r \ %i J'ai dix-huit ans. ' t "" ' \' DOKF1SE. ' '

* -Cette tendre jeunesse .

A grand besoin du frein de la sagesse.

L'exemple entraîne, et lfe vice est charmant; ■• L'occasion s'ofiVe si fréquemment !

Un seul coup d'œil perd de si belles amen! : ; Défiez-vous de voufr-mêoaa et des fentoi*s> ; i ; < » Prenez, bien garde au souiQe emjOTspaftejtf , Qui àes vertus flétrit l'aimable fleur. /• - : ^ ; •• «

Le obewiie, BIONDQ^ .

Que sa fleur soit , pu ne soit, pas flétrie ,, [ L

Mêlez-vous moins de sa fleur, je vous prie , „» <; u.'i Et m'écoutez.

DpjiFiSE, , :i Mon Dieu ! point de courroux; Son innocence a des charmes si 4oux ! , L

Le chevalier MX) » D0 R.

C'est un enfant. ' . . j.;, :

D R F I SE approcha» V^'Adine.

Çà , dites-no}, jetoti* klmme , D'où vous yenez, et comment *mffQW &Mana&4' t i

ADIWE, :, f ',•.:• ' v ; • J'ai nom Adine; en Grèce je suis né ? , u J ; :

Avec Darmin Blanford m'a ramené, j

PORFIS^i;

Qu'il a bien faitl ,. ! ; ;

Le chevalier MONt>dR. ' \ ./ f

Quelle humeur curieuse!

Quoi ! je vous peins mon, ardeur amoureuse , Et vous parlez encore a cet enfant !

Vous m'oubliez pour lui I

DORFISE doucement* ~ •

Paix, imprudent.

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