‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 147 sur 466 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Piécédens, CHAMPAGNE.

CHAMPAGNE

Oui , nous avons terminé la campagne ; Nous avons sauvé Metz, mon maître et moi; Et nous aurons la paix; Vite le roi !

Vive mon mattre !...* il a bien du courage; - Mail il est trop Prient pour son âge :

J'en suis facke. Je suis bien aise aussi , Mon vieux Dignant , de te trouver ki i Ta me parais en grande compagnie ?

DIGNANT.

Oui.... Vous serez de la cérémonie.

Nous marions Acanthe.

CHAMPAGNE

Bon , tant mieux !

lions danserons» nous serons tous joyeux.

Ta fille est belle.... Ha , ha , c'est toi , Colette ! Ma chère enfant , ta fortune &, donc faite ?

Mathurin est ton mari ?

Mon Dieu , non.

CHAMPAGNE, 11 fait fort mal.

COLETTE-

Le traître , le fripon > Croit dans l'instant prendre Acanthe pour femme. CHAMPAGNE.

Il (ait fort bien ; je répons sur mon âme Que cet hymen à mon maître agréra > Et que la noce à ses frais se fera.

ACANTHE

Comment ! il vient?

CHAMPAGNE

Peut-être ce soir même.

DIGNANT,

Quoi ! ce seigneur , ce bon maître que j'aime, Je puis le voir encore avant ma mort?

S'il est ainsi , je bénirai mon sort.$T

ACANTHE. f

Puisqu'il revient, permettes, mon cher pèfe, De vous prier ( devant ma belle-mère ) De vouloir bien ne rien précipiter Sans son aveu , sans l'oser consulter.

C'est un devoir dont il faut qu'on s'acquitte ; C'est un respect | sans doute , qu'il mérite. .

MATHURIN

Foin du respect!

bl&NANT.

Votre avis est sensé ; Et comme vous en secret j'ai pensé.

||AT«rjRIN.

Et moi , l'ami, je pense le contraire.

LE DROIT DU SEIGNEUR. yfy

COtETTE * A*»** Bon ! tenez ferme*

Est un sot qui diffère.

Je ne yeux point soumettre mon honneur , Si je le puis , à ce droit du seigneur.

BERTHE

Et pourquoi tant s'eiftrpueher? la chose Est bonne au fond, quoique le monde en cause, Et notre honneur ne peut s'en tourmenter.

J'en fis l'épreuve; et je puis protester Qu'à mon devoir quand je me fus rendue, On s'en alla dès l'instant qu'on m'eut vu*.

COLETTE

Je le crois bien.

BERTHE

Cependant la raison Doit conseiller de fuir l'occasion.

Hâtons la noce et n'attendons personne.

Préparez tout, mon mari, je 1 ordonne.

JIATHURtlf.

{ICfttettft #■!««• »Uâia.) C'est très-bien dît. Eh bien ! l'amrai-je enfin?

COLETTB.

Non, tu ne l'auras pas, non, Matnnrin.

(ib sortent. ) CHAMPAGIfE.

Oh! oh ! nos gens viennent en diligence.

Eh quoi! déjà le chevalier Géminée!

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