‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 158 sur 466 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LE MARQUIS sur le devant, DIGNANT au fond.

LE MARQUIS

Je vois «Toii part l'attentat qui m'afflige.

Le chevalier m'avait presque promis De se porter à des coups si hardis.

U croit au fond que cette gentillesse Est pardonnable au feu de sa jeunesse ; Il ne sait pas combien j'en suis choqué.

A quel excès ce fou-là m'a manqué I Jusqu'à quel point son procédé m'offense ! Il deshonore, il trahit l'innocence; Voilà le prix de mon affection Pour un parent indigne de mon nom !

Il est pétri des vices de son père ; H a ses traits , ses mœurs, son caractère , Il périra malheureux comme lui.

Je le renonce , et je veux qu'aujourd'hui Il soit puni de tant d'extravagance.

DIGNANT.

Puis-je en tremblant prendre ici la licence De vous parler?

LE MARQUIS

Sans doute, tu le peux:

Parle-moi d'elle.

DIGNANT.

Au transport douloureux Oii votre -cœur devant moi s'abandonne, Je ne reconnais plus votre personne.

Vous avez lu ce qu'on vous a porté , , , Ce gros paquet qu'on vous a présenté?

LE MARQUIS

Eh , mon ami , suis-je en état de lire ?

DIGNANT.

Vous me faites frémir.

LE MARQUIS

Que veux-tu dire ?

DIGNANT.

Quoi! ce paquet n'est pas encore ouvert ?

LE MARQUIS

Non.

Juste ciel ! ce dernier coup me perd.

LE MARQUIS

Gomment !... j'ai cm que c'était un mémoire De mes forets.

DIGNANT.

Hélas ! vous dévies croire Que cet écrit était intéressant.

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