SCÈNE VIII
LE MARQUIS seul.
Quel jour pour moi! tout m'étonne et m'afflige. La belle Acanthe est donc de ma maison !
Mais sa naissance avait flétri son nom ; Son noble sang fut souillé par son père :
Bien n'est plus beau que le nom de sa mère ; Mais ce beau nom a perdu tous ses droits Par un hymen que réprouvent nos lois.
La triste Laure , ô pensée accablante !
Fut criminelle en fesant naître Acanthe ; Je le sais trop , l'hymen fut condamné ; L'amant de Laure est mort assassiné.
De maux cruels quel tissu lamentable !
Acanthe , hélas ! n'en est pas moins aimable , Moins vertueuse ; et je sais que son cœur Est respectable au sein du déshonneur ; Il ennoblit la honte de ses pères ; Et cependant , ô préjugés sévères , O foi du monde , injuste et dure loi , Vous l'emportez....