SCÈNE IL
DORFISB.. , t « '
Entrez, monsieur; bonjour monsieur je tremble;
Asseyez-vous....
ADINE
Je surtout mt^ijit.;.,
Fardonnez-uioi , maù>m,ç , on m'avait dit Qu'une autre....
D&RFipp promeut.
B* # Wqi ! çVfimoi qui suis cette autre.
Rassurez*-vous ; quelle peur est Ja vôtre?
Avec Blanford ma cousine aujourd'hui Dîne dehors; tenez-moi ljeu de lui. r *
Ah! qui pourrait en tenir lieu, madame?
Est-il un feu comparable p sa flamme?
Et quel mortel égalerait son cœur > En grandeur d'âme , en amour, en valeur?
DOJIF1SE.
Vous en parlez , mon fils , avec grand zèle : Votre amitié paraît vive et Adèle :
J'admire en vous ua si "beau naturel
ADINfi.
C'est un penchant bien doux , mais bien cruel.
DORFISfl.
Que dites-vous? La charmante jeunesse * Doit éprouver une honnête tendresse :
Par de saints nœuds il faut qu'on soif lié ; Et la vertu n'est rien sans l'amitié.
ADINE
Ah ! s'il est vrai qu'un naturel sensible De la vertu soit la marque infaillible, J'ose vous dire ici sans vanité Que je me pique un peu de probité.
DORFISE.
Mon bel enfant, je me crois destinée
A cultiver une âme si bien née*
Plus d'une femme a cherché vainement
Un ami tendre, aussi vif que prudent,
Qui possédât les grâces du jeune âge
Sans en avoir l'empressement volage ;
Et je me trompe à votre air tendre et doux ,
Ou tout cela paraît uni dans vous.
Par quel bonheur une telle merveille
Se trouve-t-elle aujourd'hui dans Marseille?
(«!]• approch* «on ûuteuil. )
58o THÉÂTRE.
ADJNE.
J'étais en Grèce , et le braye Blanford En ce pays me passa snr son bord.
Je vous l'ai dit deux fois.
DORFISE. '*
Une troisième A mon oreille est un plaisir extrême.
Mais dites-moi pourquoi ce front charmant Et si français, est coiffe d'un turban; Seriez-vous Turc ? '
ADTNÊ.
La Grèce est ma patrie.
DORFISE.
Qui l'aurait cru? La Grèce est en Turquie?
Que yotre accent , que ce ton grec est doux l Que je voudrais parler grec avec vous !
Que vous avez la mine aimable et vive # D'un vrai Français, et sa grâce naïve !
Que la nature entre nous se méprit Quand par malheur un Grec elle vous fit!
Que je bénis, monsieur, la Providence Qui vous a fait aborder en Provence !
Hélas ! j'y suis , et c'est pouf mon malheur»
DORFISE.
Vous , malheureux I
ADINE
Je le suis par mon cœur.
' . DORFISE.
Ah ! c'est le cœur qui fait tout dans le monde; Le bien , le mal : sur le cœur tout se fonde , Et c'est aussi ce qui fait mon tourment.
Vous avez donc pris quelque engagement?
ADINE
Eh oui , madame. Une femme intrigante
A désolé ma jeunesse imprudente f
Comme son teint, son cœur est plein de fardT
Elle est hardie 5 et pourtant pleine d'art;
Et j'ai senti d'autant plus ses malices ,
Que la vertu sert de masque à ses vices.
Ah! que je souffre, et* qu'il me semble'dur
Qu'un cœur si faux gouverne un cœur trop pur!
DORFISE»
Voyez la masque ! une femme infidèle I Punissons-la , mon fils : çà, quelle est-elle? De quel pays? quel est son rang? son nom 2 ADINE.
Ah! je ne puis le dire.
LA MODE. SSx