II. AGITANT
Ah! ma femme.
Es-tu morte en effet?
M. AGNANT mGourrffléI*etttt.
Non.... Séducteur infâme, Tu m'enlèves ma fille ! impudent loup-gafreu ! Et de la mère enoor tu viens casier le cou !
GOURVILLE l*atoë.
Eh! madame , pardon.
M*«. AGNANT.
1 Détestable hypocrite !
L'atoeat F LAC ET.
Race de débauchés!
M. AGNANT. .
Cœur faux! plume maudite!
Tu me rendras ma fille , ou je t'étranglerai.
GOUR VILLE l'alué*.
Hélas ! je la rendrai sitôt que je l'aurai.
M« # . AGNANT.
(au faune Gourvitte.)
Tu m'insultes encore!.... Et loi4[ui fus si sage, Parle , as-tu pu souffrir un pareil brigandage ?
Le jeune GOURVILLE. '
Madame, calmez-vous.... Monsieur, écoutez-moi.
M. AGNANT.
Volontiers : tu parais un très-bon vivant , toi ; Je t'ai toujours aimé.
Le jeune GOURVILLE.
Rassurez-vous, mon frère; Vous, monsieur l'avocat , éclaircissons l'affaire; Entendons-nous.
M. AGNANT.
Parbleu , l'on ne peut mieux parler.
Il faut toujours s'entendre, et non se quereller.
Le (Mae GOURVILLE.
Picard , apporterons ici sur cette table De ce bon y in muscat.
M. AGNANT.
H est fort agréable.
J'en foirai volontiers, en ayant Bu déjà; Asseyons-nous, ma femme, et pesons tout cela.
(il s'assied auprès de la taMe.)
Je n'ai rien à peser : il faut que i'pn^ommence Par me rendre ma fille.
iL'aracat PLACE T.
Oui , c'e&t la. conséquence.
(ils se rangeât #ptp«r^e>M. Afnant, -qui reste assis. ) ÇOJURVILLh: lVm*.
Reprenez-la partout où vous la trou venez; Et que d'elle et de ims nous. soyons délivrés*
M—. AGNANT.
Eh bien ! vous le <voyez, encore il m'injurie : L'etîro«té<*mot*!
Le jeune G O UJR V I L L E , i pari à son frère.
Mon frère, je vous prie,
Gardons-nous de heurter ses préjugés de front.
GOURVILLE IWni.
Non , je n'y puis teair r tout -ceei me confond.
Le jeune GOURVILLE, prenant M m *. Agnant^part.
Madame, vous savez combien je suis sincère.
M. AGNANT.
II n'est point frelaté.
Le i/eune GOURVILLE.
Je ne saurais vous taire Que depuis quelque temps mon cher frère en effet Eut avec votre fille un commerce secret.
GOURVILLE l'«S*£ Ça n'est pas vrai.
Le jeune GOURVILLE. a son frère.
Paix dope ! c'est un commerce honnête , Pur, moral, instructif pour bien régler sa téje, Pour éloigner son cœur d'un monde décevant, Et pour la disposer à se mettre en couvent.
M. AGNANT.
Mettre en couvent ma fille! 6 le plaisant visage !
M"". AGNANT.
C'est un impertinent.
GOURVILLE rnfeé*.
Je vous dû....
Lt jeune GOURVILLE fesant signa à ton frère.
Chut! GOURVILLE l*aiutf.
J'enrage !
L'tTOcat P LACET.
Cette excuse louable est d'an cœur fraternel ; Mais monsieur votre aîné n'est pas moins criminel. Tenez , monsieur , voilà ses missives infâmes , Et ses instructions pour diriger les âmes ,
( il tire de* lettres de dessous sa robe. ) Le jeune GOURVILLE prenant les lettres.
Prêtez-moi.
L'aTocat PLACET.
Les voilà.
Le Jeune GOURVILLE.
D'un esprit attentif J'en veux voir la teneur et le dispositif.
L'avocat PLACET.
Mais il faut me les rendre.
Le jeune GOURVILLE.
Oui ; mais je dois vous dire Qu'avant de vous les rendre il me faudra les lire.
( il met les lettres dans sa poche, M™*. Agnant se jette dessus et en prend une. )
GOURVILLE Talné.
Allez, ces lettres sont d'un faussaire.
M" # . AGNANT a GourviUè l'aine.
Fripon , Niras-tu tes écrits! tiens , voici tout du long Tes beaux enseignemens dont ma fille se coiffe; Les voici.
. LWocat PLACET.
Nous devons les déposer au greffe.
li mt . AGNANT prenant des lunettes.
Écoute.... « La vertu que je veux vous montrer » Doit plaire à votre cœur, l'échauffer, l'éclairer. » Votre vertu m'enchante et la mienne me guide,... » Ah ! je te donnerai -de la vertu , perfide !
GOURVILLE l'aîné*.
Je n'ai jamais écrit ces sottises.
Le jeune GOURVILLE versant à Boire à M. Agnant.
Voisin.
M. AGNANT.
De la vertu !
Le jeune GOURVILLE.
Voyons celle de ce bon vin.
(à M»'. Agnant.)
Madame, goûtez-en.
M"". AGNANT ayantbu.
Peste! il est admirable !
Le jeune GOUR VILLE k M. : Afpunt
Vous en aurez Ce soir, mon cher, sur votre table : On vous porte un quartaut dont vous serez content. M. AGNANT.
Non , je n'ai jamais vu de plus honnête enfant.
Le jeune GOURVILLE à l'aTocat Place t.
Et VOUS? f. .
L'arocat PLACET boitun coup.
H est tort bon; mais vous ne pouvez croire Qu'en l'état où je suis je vienne ici pour boire.
Le jeune G O U R V I L L E en présente à ion frère.
Vous , mon frèrei
GOURVILLE l'a!né\
Àh ! cessez vos ébats ennuyeux.
Plus vous paraissez gai, plus je suis sérieux. Après tant de chagrins et de tracasserie, C'esrune cruauté que la plaisanterie : ' - Dans ce jour de malheur tout le quartier , je croi , S'était donné le mot pour se moquer de moi.
(iM» 6 . Agntnt.)
Ma voisine, à la fin , vous voilà bien instruite Que , si votre Sophie est par malheur en fuite , Ce n'était pas pour moi qu'elle a fait' ce beau tour ; Ni vos yeux ni les siens ne m'ont donné d'amour.
• ' M m# . AG.NA.NT. . .1
Mes yeux, méchant!
GOURVILLE l'aîné.
Vos yeux. Cfeét une calomnie , Un mensonge effroyable inventé par l'env|e.
Vous en rapportez- vous au bon monsieur Garant? Nous l'attendons ici de moment en moment.
Il connaît assez bien quelle est mon écriture; Et dans sa poche même il a ma signature.
Il a jusqu'à la clef de mon appartement, OU lui-même a laissé toyt mon argent comptant. II me rendra justice.
M m «. AGNANT.
Oh! c'est un honnête homme. ( ,
L'fttocat PLACER.
Un grand homme de bien.
Le jeune GOURVILLE.
Chacun ainsi le nomme.
M"«. AGNANT. '"
Un homme franc, tout rond.
M. AGNANT. * N L'oracle du quartier.
Le jeune GOURVILLE.
Madame, entre nous tous, je veux vous confier Quelle est à ce sujet ma pensée.
8go THEATRE.
M. À G If AU T, en l>irraot et le regardant enfui te fixement.
Oui, confie.
Le jeune GODRVILLE.
Je crois que c'est chez lui que la belle Sophie A couru se cacher pour fuir votre courroux, Et pour qu'il la «émit en gtâoe auprès de vous. Dans toute la paroisse il prend soin des affaires, Très-charitablement, des filles et Açs mères.
M-". ÀGNANT.
Vraiment , l'avis est bon.
le jeune GOURVILLE.
Mademoiselle Agnant A du cœur ; elle pense y et n'est plus une enfant ; Vous l'avez souffletée, elle s'en est sentie Un peu trop vivement, et puis elle est partie.
M. AGNANT tcajotanaasùet W*trr««la isaia.
C'est votre faute aussi, ma femme ; et , fraochiemest , Vous deviez avec elle agir moins durement :
Vous avez la main prompte , et tous 4%es lu cause De tout notre malheur.
Le jeune GOURVILLE.
Mon Dieu ! c'est peu de chose.
Allez, tout ira bien.... J'entends monsieur Garant, Il revient; parlez-lui, mon frère, et promptement. Sur tous les marguilliers on sait votre influence. Déployez avec lui votre rare éloquence.
(GOURVILLE Tala*.
Que lui dire?
Le jeune GOURVILLE.
Vous seul pouvez persuader.
jGOURVILLE lttné.
Persuader! Eh quoi?
Le J«ne GOURVILLE.
Tout va s'accommoder.
GOURVILLE l'aîné.
Comment?
Le-jeune Gf>*Jt¥ILLE.
Vous seul pouvez manier cette affaire, Vous seul rendrez Sophie à sa charmante mère.
GOURVILLE l'alné.
Moi?
M—, AGNANT.
Va , si tu la rends > je te pardonne tout.
GOURVILLE l'atntf.
Je n'entends rien....
Le jeune GOURVILLE.
D'un mot vous en viendrez à bout.
Allons donc.
{iisert.)
Le jewieGQURVîLLjE.
Vous mettrez la paix dans le tnrfnage.
M. A G N A H T montrait te $ ete» GourtilU, »
Ma femme , ce jeune homme est un «tprit Wea «âge.