‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 252 sur 466 · ANITUS, MÉLITUS · texte numérisé non relu

ANITUS, MÉLITUS

Monsieur le juge , un mot. Il faut perdre Socratt.

MÉLITUS

Monsieur le prêtre, il y a long-temps que j'y pense; unissonsnous sur ce point; nous n'en serons pas moins brouillés sur le reste.

ANITUS

Jje sais bien que nous nous haïssons tous deux; mais , ep se détestant, il faut se réunir pour gouverner la république.

MÉLITUS

D'accord. Personne ne nous entend ici ; je sais que vous ête* un fripon; vous ne me regardez pas comme un honnête homme; je ne puis vous nuire, parce que vous êtes grand - prêtre ; vous ne \pouvez me perdre, parce que je suis grand-juge; mais Socrate peut nous faire tort à l'un et à l'autre en nous démasquant : nous devons donc commencer, vous et moi, par le faire mourir , et puis nous verrons comment nous pourrons nous exterminer l'un l'autre à la première occasion.

ANITUS à part. .

On ne peut mieux parler. Hom ! que je voudrais tenir ce coqujn. d'aréopagite sur un autel, les bras pendans d'un côté et les jambes de l'autre , lui ouvrir le ventre avec mon couteau d'or, et consulter son foie tout à mon aise !

MÉLITUS à pari.

Ne pourrai-je jamais tenir ce pendard de sacrificateur dans la geôle, et lui faire avaler une pinte de ciguë à mon plaisir!

ANITUS

Or çâ, mon cher ami; voilà vos camarades qui avancent;, j'ai préparé les esprits du peuple.

MÉLITUS

Fort bien , mon cher ami, Comptez sur moi comme sur vousmême dans ce moment; mais rancune tenant toujours.

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