‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 29 sur 466 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

DORFISE, COLETTE.

COLETTE

A vos desseins je ne puis rien comprendre.

C'est une énigme.

DORFISE.

Eh bien ! tu vas l'entendre.

J'ai fait promettre à ce beau chevalier De taire tout; il va tout publier.

C'en est assez ; sa voix me justifie.

Blanford croira que tout est calomnie ; Il ne verra rien de la vérité ; Ce jour , au moins, je suis en sûreté; Et dès demain , si le succès couronne Mes bons dessein*, je ne craindrai personne.

COLETTE

Vous m'enchantez , mais vous m'épouvantez ; Ces pièges-là sont-ils bien ajustés/ Craignez-vous point de vous laisser surprendre Dans les filets que vos mains savent tendre?

Prenez-y garde.

DORFISE.

Hélas ! Colette , hélas !

Qu'un seul faux pas entraine de faux pas !

De faute en faute on se fourvoie , on glisse , On se raccroche , on tombe au précipice \ La tête tourne; on ne sait oit l'on va.

Mais j'ai toujours le jeune Adine là.

Pour l'obtenir , et pour que tout s'accorde , Il reste encore à mon arc une corde.

Le chevalier à minuit croit venir, Mon jeune amant le saura prévenir.

Il faut qu'il vienne à neuf heures, Colette; Entends-tu bien ?

COLETTE

Vous serez satisfaite.

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