‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 299 sur 466 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

DE LA FÊTE POUR LE MAltlÀ&B DE M. LE DAUPHIN. LE SOLEIL descend dans son char et prononce» ces paroles :

Faut-il qu'ayant tant d'assurance

Quand je fuis entendre son nom »

Il ne m'inspire ici que de la défiaoce F

Tout grand homme a de l'indulgence , Et tout hç'ros aime Apollon.

Stai rend son siècle heuveuft veut vivre en la mémoire, bur mériter Homère > Achille a combattu :

Si Ton dédaignait trop la gloire , On chérirait peu la vertu.

(tous tes acteurs bordent le tli**âire, représenta** les muses et

les beaux-arts.) O vdus efuï lai rendez tant de divers homm ag es , Vous qui lé couronne* , et dent il est Vapput , N'espérez pas pour vous avoir tous les suffrages

Que vou* réunissez pour hii.

Je sais que de la cour la science profonde .

Serait de phare a tout le monde :

C'est Un art qu'on ignore ; et peut-être ïés dîèu* En Ont cédé l'Hotmeur au maître de ces lieux. Muses, conten ter-y ous de chercher a lui plaire : Ne vantez point ici d'une voix téméraire La douceur de ses lois , les efforts de son bras %

Thémis , la Prudence et Bellone

Conduisant son cœur et ses pas ; La bonté généreuse assise sur son trône ; Le Rhin libre par lui , l'Escaut épouvanté , Les Apennins tumans que sa foudre environne $ Laissons ces entretiens à la postérité , Ces leçons à son fils , cet exemple à la terre : Vous graverez ailleurs dans les fastes des temps

Tous ces terribles uionumens,

Dressés par les mains de la guerre.

Célébrez aujourd'hui l'hymen de ses enfans , Déployez l'appareil de vos jeux innocens.

g58 THÉÂTRE.

L'objet ou'on désirait, qu'on admire et qu'on aime,

Jette déjà sur vous des regards bienfesans :

Ou est beureux sans tous ; mais le bonheur suprême

Veut eocor des amusemeus.

Cueillez toutes les fleurs , et parez-en vos têtes 5 Mêlez tous les plaisirs , unissez tous les jeux , Souffres le plaisant même ; il faut de tout aux fêtes 5 Et toujours les héros ne sont pas sérieux. Enchantez un loisir , hélas ï trop peu durable. Ce peuple de guerriers, qui ne paraît qu'aimable , Vous écoute un moment, et revoie aux dangers. Leur maître en tous les temps veille sur la patrie. Les soins sont éternels, ils consument la vie ;

Les plaisirs sont trop passagers.

Il n'en est pas ainsi de la vertu solide ; # Cet hymen l'éternisé : il assure à jamais ^ A cette race auguste , à ce peuple intrépide ,

Des victoires et des bienfaits.

Muses , que votre zèle à mes ordres réponde.

Le cœur plein. des beautés dont cette cour abonde, Et que ce jour illustre assemble autour de moi , Je vais voler au ciel , à la source féconde

De tous les charmes que je voi ;

Je vais , ainsi que votre roi , Recommencer mon cours pour le bonheur du monde.

NOUVEAU PROLOGUE de la Princesse de Navarre, envoyé* à M. le maréchal doc de Richelieu , pour la représentation qu'il fit donner à Bordeaux, le 26 novembre 1764.

Nous osons retracer cette fête éclatante

Que donna dans Versa il le au plus aimé des rois

Le héros qui le représente ,

Et qui nous fait chérir ses lois.

Ses mains en d'autres lieux ont porté la victoire j Il porte ici le goût , les beaux-arts et les jeux j

Et. c'est une nouvelle eloive :

Mars fait des conquérons , la paix fait des heureux. Des Grecs et des Romains les spectacles pompeux De l'univers encore occupent la mémoire ; Aussi-bien que leurs camps , leurs cirques sont fameux. Melpomène, Thalie , Euterpe et Terpsichore, Ont enchanté les Grecs et savent plaire encore A nos Français polis et qui pensent comme eux.

La guerre défend la patrie ,

Le commerce peut l'enrichir ; Les lois font son repos , les arts la font fleurir. La valeur , les talens , les travaux, l'industrie , Tout brille parmi vous ; que vos heureux remparts Soient le temple éternel tle la paix et des arts.

PERSONNAGES DE tA COMÉDIE.

CONSTANCE , princesse de Navarre.

LE DUC DE FOIX

DON MORILLO , seigneur de campagne.

SANCHETTE, filU de MoriUo.

LÉONOR , Y une des femmes de la princesse.

HERNAND , écuyer du duc.

Un Officier des gardes. Un Alcade. Un Jardinier. Suite.

La scène est dans le jardin de don MoriUo , sur les confins de la Navarre.

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