Tome IL
Mais 9 pour être baronne , est-on si difficile ?
Je sais que sa cour est l'asile Du goût que Jes Français savaient jadis aimer; Mais cil* est he séjour de la douce indulgence» On a tu son suffrage enseigner à la France
Ce nue Ton deyait estimer :
On la voit garder le silence»
Et ne décider point alors qu'il faut blâmer.
M m «. DU TOUR.
Elle se taira doue, monsieur, à votre farce.
Et pourquoi, s'il tous plaît?
M—. DU TOUR
Oh ! parce .
Que Ton haït les mauvais plaisans.
Mais que voulez- vous donc pour vos amusemens ?
M» e . DU TOUA.
Tout autre chose. •
Et quoi ? des tragédies Dglais soient d'horrible^ copies?
Qui du théâtre ang
M—. DU TOUR-
Non , ce n'est pas ce qull nous faut ; La pitié, non 1 horreur, doit régner sur la scène. Des sauvages Anglais la triste Melpoméne
Prit pour théâtre un échafaud.
Aimez-vous mieux la sage et ^r*ve comédie Où l'on instruit toujours , on jamais on ne rit , Où Sénéaueet Montaigne étalent leur esprit, Où le public enfin bat des mains et s'ennuie ?
M»«. DU TOUR
Non , j'aimerais mieux Arleauin Qu'un comique de cette espèce; Je ne puis souffrir la sagesse Quand elle prêche en brodequin.
Oh! que voulez-vous donc?
M*«. DU TOUR
De la simple nature , Un ridicule fin , des portraits délicats»
De la noblesse sans enflure ; Point de moralités ; une morale pure Qui naisse du sujet et ne se montre pas.
Je veux qu'on soit plaisant sans vouloir faire rire; Qu'on ait un style aisé, gai, vif et gracieux^ Je veux enfin que vous sachiez écrire Comme on parle en ces lieux*
Je tous baise les mains ; je renonce à vous plaire. Vont m'en demandez trop : je m'en tirerais mal;
Allez tous adresser à madame de Staal * :
Vous trouverez là votre affaire.
M—. DU TOUR
Oh ! que îfe voudrais bien qu'elle nous eût donne* Quelque bonne plaisanterie i
Je le voudrais aussi i jetais déterminé A ne vous point lâcher ma vieille rapsodie, Indigne du séjour aux Grâces destiné.
M*% DU TOUR
Eh Iqui l'a donc vomu?
r> * ^ ^ Q«5y«T«BW?ThAréie....
Cestune étrange femme ni faut, ne vous déplaise. Quitter tout dés qu'elle a parle'. " * ^'
Dût-on être- berné, sifflé, . .
Elle veut à la fois le bal et comédie, ■■ »
Jeu , toilette , opéra , promenade , soupe ,
Des pompons , dès magots , de la géométrie ,
oon esprit en tout temps est de «ont occupé ; E *> jugeant des autres par eHe, .
S Elle croit que pour plaire on n'a qu'à le vouloir: ue tous les arts , ornés d'une grâce nouvelle , e briller dans Anet se feront un devoir, Dès que du Maine les appelle.
Passe nour les beaut>arts : il sont fait» pour ses yeui.
Mais non les farc^» insipides :
Gilles doit disparaître auprès des Euripides. Je conçois vos raisons , et vous m'ouvrez les vent. On ne me joûra point.
On Je
Vo< No Qu
Ma.
M me . DU TOUR.
Mais je crois qu'ici vous voulez disputer?
VOLTÀÏRE.
Vous-même m'avez 4it qu'il fallait sur la scène Plus d'esprit, plus clé sens, des mœurs, un meilleur ton.... Un ouvrage en un mot. w. ■• •
»*•. DJ7 JrOUB.
Oui , vous avez raison ; .
Mais je veux qu'on vous siffle, et j'en fais mon envie.
Si vous n'êtes plaisant , vous serez plaisante : *
Et ce plaisir, en Térité >
* Vaut cejui de la comédie. . , • ï v
Allons, et qu*bn commence. .,..*.',
VOLTAIRE. ' % ' /Vt'/, ,; r
Ob! mai?..*, vous m'avez dit....
• On connaît mjoame de. ftaal. pa> «e» Mémtfrps , quoiqutyle iit 4 eu: Intention de n* s*jr peindre çiSen buste* Elle a fait aussi quelques comédies où il y a du naturel, âe U «allé et da bon ton. >■ ..;.-.. I
M"«. DU TOUR
J'aurai mon dit et mon dédit.
De berner un pauvre homme ayez plu9.de scrupule.
M me . DU TOUR.
Vous voilà bien malade ! il faut servir les grands. On amuse souvent plus par son ridicule j Que l'on ne plaît par ses talens.
Allons, soumettons-nous: la résistance est vaine. Il faut bien s'immoler' pour les plaisirs d'Anet. Vous n'êtes dans ces lieux , messieurs , qu une centaine : Vous me garderez le secret.