CONSTANCE, LÉONOR, LE PUC DE FOIX
LE D{7C DE FpIX.
J'ai fait ce que j'ai dû.
J'exécutais votre ordre , et vous avez vaincu.
Vous n'êtes point blesse?
LE D0C DE POIX
Le ciel, le ciel propice, De votre cause en tout seconda la justice.
Puisse un jour cette main , par de plus heureux coups , De tous vos ennemis vous faire un sacrifice ! Mais un de vos regards doit les désarmer tous.
CONSTANCE
Hélas ! du sort encor je ressens le courroux ; De vous récompenser il m'oie la puissance.
Je ne puis qu'admirer cet excès de vaillance.
LE DUC DE FOIX
Non , c'est moi qui vous dois de la reconnaissance. Vos yeux me regardaient j je combattais pour vous : Quelle plus belle récompense !
CONSTANCE
Ce que j'entends , ce que je vois.
Votre sort et le mien, vos discours , vos exploits, Tout étonne mon âme; elle en est confondue; Quel destin nous rassemble , et par quel t noble effort , Par quelle grandeur d'âme en ces lieux peu connue , Pour ma seule défense affrontiez- vous la mort î
LE DUC DE FOIX
Eh ! n'est-ce pas assez que de vous avoir vue ?
CONSTANCE
Quoi ! vous ne connaissez ni mon nom ni mon sort, Ni mes malheurs, ni ma naissance?
LE DUC DE FOIX
Tout cela dans mon cœur eût-il été plus fort Qu'un moment de votre présence ?
Alamir, je vous dois ma juste confiance
Après des services si grands.
Je suis fille des rois et du sang de Navarre;
Mon sort est cruel et bizarre :
Je fuyais ici deux tyrans.
Mais vous Je qui le bras protège Finrtocence , A votre tour daignez vous découvrir.
LE DUC DE FOIX
Le sort , juste une fois , me fit pour vous servir , Et ce bonheur me tient lieu de naissance i ♦
Quoi ! puis-je encor vous secourir?
Quels sont ces deux tyrans de qui là Violence
Vous persécutait à la fois ? ♦ Don Pèdre est le premier ? Je brave sa vengeance. Mais l'autre, quel est-il ?
CONSTANCE
I/autre est le duc de Foix.
LE DUC DE FOIX
Ce duc de Foix qu'on dit et si juste et si tendre ! Eh ! que poùrrâi-je contre lui ?
CONSTANCE
Alamir , contre tous yôus serez mon appui j Il cherche à m'èrilever.
LE DUC DE POIX
Il cherche à vous défendre ; On le dit, il le doit, et tout le prouve assez.
CONSTANCE
Alamir.'Etc'es »!
Non , je dois le Vous étant odie
Mais comment < lis aime.
On dit que la v
S'il est ainsi , gi is aimer ï
Onditquedevj *©>
Que ses jours aux remords sont tous sacrifiés; On dit qu'enfin , si Voiis le connaissiez , Vous lui pardonneriez peut-être.
CONSTANCE
C'est vous seul que je veux connaître , Parlez-moi de voua seul $ ne trompez plus mes vœux.
LE ©UïC DE FOIX.
Ah! daignez épargner un soldat malheureux ; Ce que je suis dément ce que je peux paraître. CONSTANCE.
Vous êtes un héros: et vous le paraissez. .
LE D»UC DE FOIX
Mon sang me fait rougir : il me condamne assez. CONSTANCE.
Si votre sang est d'une source obscure ,
*11 est noble par vos vertus , Et des destins j'effacerai l'injure.
Si vous êtes sorti d'une source plus pure , Je.... Mais vous êtes prïnce , et je n'en doute- plus j Je n'en veux que l'aveu, le reste me l'assure : Parlez. * "
LE DUC DE FOIX
J'obéis à vos lois ; Je voudrais être prince alors que je vous vois.
Je suis un cavalier