‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 314 sur 466 · CONSTANCE, LÉONOR, LE PUC DE FOIX · texte numérisé non relu

CONSTANCE, LÉONOR, LE PUC DE FOIX

LE D{7C DE FpIX.

J'ai fait ce que j'ai dû.

J'exécutais votre ordre , et vous avez vaincu.

Vous n'êtes point blesse?

LE D0C DE POIX

Le ciel, le ciel propice, De votre cause en tout seconda la justice.

Puisse un jour cette main , par de plus heureux coups , De tous vos ennemis vous faire un sacrifice ! Mais un de vos regards doit les désarmer tous.

CONSTANCE

Hélas ! du sort encor je ressens le courroux ; De vous récompenser il m'oie la puissance.

Je ne puis qu'admirer cet excès de vaillance.

LE DUC DE FOIX

Non , c'est moi qui vous dois de la reconnaissance. Vos yeux me regardaient j je combattais pour vous : Quelle plus belle récompense !

CONSTANCE

Ce que j'entends , ce que je vois.

Votre sort et le mien, vos discours , vos exploits, Tout étonne mon âme; elle en est confondue; Quel destin nous rassemble , et par quel t noble effort , Par quelle grandeur d'âme en ces lieux peu connue , Pour ma seule défense affrontiez- vous la mort î

LE DUC DE FOIX

Eh ! n'est-ce pas assez que de vous avoir vue ?

CONSTANCE

Quoi ! vous ne connaissez ni mon nom ni mon sort, Ni mes malheurs, ni ma naissance?

LE DUC DE FOIX

Tout cela dans mon cœur eût-il été plus fort Qu'un moment de votre présence ?

Alamir, je vous dois ma juste confiance

Après des services si grands.

Je suis fille des rois et du sang de Navarre;

Mon sort est cruel et bizarre :

Je fuyais ici deux tyrans.

Mais vous Je qui le bras protège Finrtocence , A votre tour daignez vous découvrir.

LE DUC DE FOIX

Le sort , juste une fois , me fit pour vous servir , Et ce bonheur me tient lieu de naissance i ♦

Quoi ! puis-je encor vous secourir?

Quels sont ces deux tyrans de qui là Violence

Vous persécutait à la fois ? ♦ Don Pèdre est le premier ? Je brave sa vengeance. Mais l'autre, quel est-il ?

CONSTANCE

I/autre est le duc de Foix.

LE DUC DE FOIX

Ce duc de Foix qu'on dit et si juste et si tendre ! Eh ! que poùrrâi-je contre lui ?

CONSTANCE

Alamir , contre tous yôus serez mon appui j Il cherche à m'èrilever.

LE DUC DE POIX

Il cherche à vous défendre ; On le dit, il le doit, et tout le prouve assez.

CONSTANCE

Alamir.'Etc'es »!

Non , je dois le Vous étant odie

Mais comment < lis aime.

On dit que la v

S'il est ainsi , gi is aimer ï

Onditquedevj *©>

Que ses jours aux remords sont tous sacrifiés; On dit qu'enfin , si Voiis le connaissiez , Vous lui pardonneriez peut-être.

CONSTANCE

C'est vous seul que je veux connaître , Parlez-moi de voua seul $ ne trompez plus mes vœux.

LE ©UïC DE FOIX.

Ah! daignez épargner un soldat malheureux ; Ce que je suis dément ce que je peux paraître. CONSTANCE.

Vous êtes un héros: et vous le paraissez. .

LE D»UC DE FOIX

Mon sang me fait rougir : il me condamne assez. CONSTANCE.

Si votre sang est d'une source obscure ,

*11 est noble par vos vertus , Et des destins j'effacerai l'injure.

Si vous êtes sorti d'une source plus pure , Je.... Mais vous êtes prïnce , et je n'en doute- plus j Je n'en veux que l'aveu, le reste me l'assure : Parlez. * "

LE DUC DE FOIX

J'obéis à vos lois ; Je voudrais être prince alors que je vous vois.

Je suis un cavalier

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