‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 315 sur 466 · CONSTANCE, LE DUC DE FOIX, LÉONOR, SANCHETTE. SÀNCHE^XE · texte numérisé non relu

CONSTANCE, LE DUC DE FOIX, LÉONOR, SANCHETTE. SÀNCHE^XE

Vous ? vous êtes, un traître; Vous n'échapperez pas , et je prétends connaître Pour qui la fête était, qui vous trompiez des deux. LE DUC DE FOIX.

Je n'ai trompé personne; et si je fais des vœux, Ces vœux sont trop cachés , et tremblent de paraître. Ne jugez point de moi par ces frivoles jeux.

Une fête est un hommage Que la galanterie, ou bien la vanité ,

Sans en prendre auc^n avantage-,

Quelquefois donne 4, la beauté:

Si j'aimaià, si j'osais m'abandonner aux flammes De cette passion , vertu des grandes âmes, J'aimerais constamment, sans espoir de retour;

Je mêlerais dans le silence Les plus profonds respects au plus ardent amour : J'aimerais un objet d une illustre naissance: ,

, SANCHETTE à part.

Mon père est fxnx baron.

LE DUC DE FOIX

Un objet ingénu. t ,

SANCHETTE

Je le suis fort.

LE DUC DE FOIX

c "Doux, fier, éclairé , retenu, Qui joindrait sans effort l'esprit et l'innocence.

SANCHETTE à part.

Est-ce moi ?

; LE DUC DE FOIX

J'aimerais certain air de grandeur Qui produit le respect sans inspirer la crainte, La beauté sans orgueil , la vertu sans contrainte * L'auguste majesté sur le visage empreinte Sous les voiles de la douceur. ■, .

SANCHETTE

De la majesté ! moi !

LE DUC DE FOIJL

Si j'écoutais m»on cœur, Si j'aimais , j'aimerais avec délicatesse, ,

Mais en, brûlant avec transport;

Et je cacherais ma tendresse , Comme je dois cacher mes malheurs et mon sort.

LÉONOK.

Eh bien ! connaissez-vous la personne qu'iLaime ?

CONSTANCE à Léonor.

Je ne me connais pas moi-même ; Mon cœur est trop «mu pour oser vous parler.

.'!'. scène x. \ '\ ; .

MORILLO et les Pièce***!. . - MOftîLlO. *' » '■' ,ï> Hélas! tout cela fait trembler :"' Ta mère en va mourir; que deviendra ma fille? L'enfer est déchaîné; mon château, ma famille, Mon bieu, tout est pillé; tout est à l'abandon t. Lé duc de Foix a fait investir nota maison.

' ;:: "' CONSTANCE. *'» ï » ! ' '■

Le duc de Foix? Qu'entends-je? O ciel, ta tyrannie Veut encor par se» makw persécuter ma vie !

MORILLO. 's .. 1 Bon ! ce n'est là que? la moindre partie De ce qu'il nous faut essuyer. - Un certain du Guesclin 4 brigand de son métier , Turc de religion , et Breton d'origine , Avec des spadassins devers Burgos chemin^. .. f , , • j

Ce traître duc de Foix vient de s'associer

Avec toute cette racaille.

Contre eux, tout près d'ici , le roi va guerroyer, Et nous allons avoir bataille.

CONSTANCE. ' ''

Ainsi donc à mon sort je n'ai pu résister!

Son inévitable poursuite "'^ -* ^ i -» "<»< !. ,,<j

Dans le piège me précipite < Par les mêmes .chemins choisis pour l'éviter. /

Toujours le duc de Foix ! sa funeste tendresse Est pire que la haine: il me poursuit sans cesse.

MORILLO. ;.„'.. /' \ '/■'

C'est bien moi qu'il poursuit, si y?us Je trouvez jboa 4 Serait-ce, donc pour vous que je .suis au pillage? . >

On fera sauter ma, maison ; Est-ce vous qui causez tout ce maudit ravage? , Quelle personne étrange êtes-vous . i'il'Voifcs plaît, j Pour que les rois et les princes ^"''' Prennent à vous tant d'intérêt .

Et qu'on coure après vous au fond de no* provinces"? CONSTANCE.'

Je suis infortunée; et c'est assez pour vous , : , **

Si voua ave* un cœur.

THÉAXEE.

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