CONSTANCE, LE DUC DE FOIX, LÉONOR, SANCHETTE. SÀNCHE^XE
Vous ? vous êtes, un traître; Vous n'échapperez pas , et je prétends connaître Pour qui la fête était, qui vous trompiez des deux. LE DUC DE FOIX.
Je n'ai trompé personne; et si je fais des vœux, Ces vœux sont trop cachés , et tremblent de paraître. Ne jugez point de moi par ces frivoles jeux.
Une fête est un hommage Que la galanterie, ou bien la vanité ,
Sans en prendre auc^n avantage-,
Quelquefois donne 4, la beauté:
Si j'aimaià, si j'osais m'abandonner aux flammes De cette passion , vertu des grandes âmes, J'aimerais constamment, sans espoir de retour;
Je mêlerais dans le silence Les plus profonds respects au plus ardent amour : J'aimerais un objet d une illustre naissance: ,
, SANCHETTE à part.
Mon père est fxnx baron.
LE DUC DE FOIX
Un objet ingénu. t ,
SANCHETTE
Je le suis fort.
LE DUC DE FOIX
c "Doux, fier, éclairé , retenu, Qui joindrait sans effort l'esprit et l'innocence.
SANCHETTE à part.
Est-ce moi ?
; LE DUC DE FOIX
J'aimerais certain air de grandeur Qui produit le respect sans inspirer la crainte, La beauté sans orgueil , la vertu sans contrainte * L'auguste majesté sur le visage empreinte Sous les voiles de la douceur. ■, .
SANCHETTE
De la majesté ! moi !
LE DUC DE FOIJL
Si j'écoutais m»on cœur, Si j'aimais , j'aimerais avec délicatesse, ,
Mais en, brûlant avec transport;
Et je cacherais ma tendresse , Comme je dois cacher mes malheurs et mon sort.
LÉONOK.
Eh bien ! connaissez-vous la personne qu'iLaime ?
CONSTANCE à Léonor.
Je ne me connais pas moi-même ; Mon cœur est trop «mu pour oser vous parler.
.'!'. scène x. \ '\ ; .
MORILLO et les Pièce***!. . - MOftîLlO. *' » '■' ,ï> Hélas! tout cela fait trembler :"' Ta mère en va mourir; que deviendra ma fille? L'enfer est déchaîné; mon château, ma famille, Mon bieu, tout est pillé; tout est à l'abandon t. Lé duc de Foix a fait investir nota maison.
' ;:: "' CONSTANCE. *'» ï » ! ' '■
Le duc de Foix? Qu'entends-je? O ciel, ta tyrannie Veut encor par se» makw persécuter ma vie !
MORILLO. 's .. 1 Bon ! ce n'est là que? la moindre partie De ce qu'il nous faut essuyer. - Un certain du Guesclin 4 brigand de son métier , Turc de religion , et Breton d'origine , Avec des spadassins devers Burgos chemin^. .. f , , • j
Ce traître duc de Foix vient de s'associer
Avec toute cette racaille.
Contre eux, tout près d'ici , le roi va guerroyer, Et nous allons avoir bataille.
CONSTANCE. ' ''
Ainsi donc à mon sort je n'ai pu résister!
Son inévitable poursuite "'^ -* ^ i -» "<»< !. ,,<j
Dans le piège me précipite < Par les mêmes .chemins choisis pour l'éviter. /
Toujours le duc de Foix ! sa funeste tendresse Est pire que la haine: il me poursuit sans cesse.
MORILLO. ;.„'.. /' \ '/■'
C'est bien moi qu'il poursuit, si y?us Je trouvez jboa 4 Serait-ce, donc pour vous que je .suis au pillage? . >
On fera sauter ma, maison ; Est-ce vous qui causez tout ce maudit ravage? , Quelle personne étrange êtes-vous . i'il'Voifcs plaît, j Pour que les rois et les princes ^"''' Prennent à vous tant d'intérêt .
Et qu'on coure après vous au fond de no* provinces"? CONSTANCE.'
Je suis infortunée; et c'est assez pour vous , : , **
Si voua ave* un cœur.
THÉAXEE.