SECOND DIVERTISSEMENT
Suivais de la Gloire , cinq hommes et quatre femmes. ACTE IV.
Le théâtre représente la ville d'Artaxate à demi ruinée , au milieu de laquelle est une place publique ornée d'arcs de triomphe chargés de trophées.
PLAUTINE, JUNIE, FANIE.
PLAUTINE.
Reviens, divin Trajan, vainqueur doux et terrible : Le monde est mon rival , tous les cœurs sont à toi ;
Mais est-il un cœur plus sensible
Et qui t'adore plus que moi?
Les Parthes sont tombés sous ta main foudroyante ;
Tu punis , tu venges les rois;
Rome est heureuse et triomphante ;
Tes bienfaits passent tes exploits.
Reviens, divin Trajan, vainqueur doux et terrible; Le monde est mon rival , tous les cœurs sont à toi 5/
Mais est-il un cœur plus sensible
Et qui t'adore plus que moi ?
FANIE,
-Dans ce climat barbare , au sein de l'Arménie, Osez-vous affronter les horreurs des combats?
PLAUTINE.
Nous étions protégés par son puissant génie, Et l'Amour conduisait mes pas.
JUNIE
L'Europe rç verra son vengeur et^son maître; Sous ces arcs triomphaux on dit qu'il va paraître. PLAUTINE.
Ils sont élevés par mes mains.
Quel doux plaisir succède à ma douleur profonde ! Nous allons contempler dans le maître du monde
Le plus aimable dés humains.
JUNIE
Nos soldats triomphans , enrichis , pleins de gloire , Font voler son nom jusqu'aux cieux.
FANIE.
H se dérobe à leurs chants de victoire; Seul , sans pompe et sans suite , il vient orner ces Keux.
PLAUTINE
Il faut à des héros vulgaires- *
La pompe et l'éclat des honneurs ;
Ces vtins appui» sent n^ceiiairej Pour les vaines grandeur?* Trajan seul est suivi de sa gloire immortelle ; On croit voir près de lui l'univers à genoux ; Et c'est pour moi qu'H vient ! ce héros m'est -fidèle l Grands dieux, vous habitée dans cette ame si belle, fit je kt partage avec vous !
TKAJAN, PLAUTI^f:, Suite.
PLAUTINE couraot au-devant de Trajan.
Enfin , je vous revois , le charma <le m'a y\* M'est rendu pour jamais.
ÏKAJAN.
Le ciel me vend cher ses bienfaits ,
Ma félicité m'est ravie.
Je reviens un moment pour m'arracher h vous , Pour m'animer d'une vertu nouvelle ;
Pour mériter, quand Mars m'appelle, D'être empereur de Rome et d'être votre époux.
PLAUTINE
Que dites-vous ! quel mot funeste' Un moment! vous, peiel! un seul mpmentœe re*$e, Quand mes jours dépendaient de voua revoir toujours
TRAJAN
Le ciel en tous les temps m'accorda son secours ; Il me rendra bientôt aux charmes que j'adore. C'est pour vous qu'il a fait mon cœur.
Je vous ai vue , et je serai vainqueur.
PLAUTINE.
Quoi! nel'êtes-vous pas? quoi! serait-il encore Un roi que votre main n'aurait pas désarmé?
Tout n'est-il pas soumis du couchante l'aurore? L'univers n'est-il pas calmé?
TRAJAïf.
On ose me trahir.
PT.AUTIWE; Non , je j tke puis vous croire?
On ne peut vous manquer de fol.
TRAJAN
Des Parthes terrassés l'inexorable roi • - ( ' : *
S'irrite de sa chute , et brave ma victoire.
Cinq rois qu'il a séduits sont armés contre nrti ; Ils ont joint l'artifice aux excès de la rage ;
Ils sont au pied de ces remparts j Mais j'ai pour moi les dieux, les Romains , mon courage r
Et mon amour et vos regards* #LÀUTINfc.
Mes regards vous suivront ; je venxque sur mal tête
Le ciel épuise son courroux.
LE TEMPip DE LA GLOIRE. ^3
Je ne vous quitte pas , je braverai lents «Mpa; . J'écarterai la. mort qu'en vous apprpto, Je mourrai du moins près de vous.
TRiJfAN.
Ah! ne m'accablez point; mon coeur est trop sensible;
Ah! laissez-jcacwi vous mériter. ...
Vous m'aimez , il suffit j .rien ne m/es^ knpo£*pb)e» < Rien ne pourra me résister.
PLAUTINfi.
Cruel, pouvestvous m?arr£ter? . ! i
J'entends déjà les cria d'un ennemi penfidè. t
TRAJAN
J'entends la voix du devoir qui nie gàto*. ■ ■'••• Je vole; demeurez ; la victoire me suit.
Je vole ; attendez toçt dç mo,n peuple «Upéptf** r Et de l'amour qui me cofttjujit.
(ensemble.) . > ' ; ' .' '< -» »' i .
Je vais i , ,, . , ''"
*,. J punir un barbare ,
Terrasser eous | mes 1 coups
L'ennemi qui nous sépare , Qui m'arrache un moment à vous.
PLAUTINE.
Il m'abandonne à nia douleur mortelle ; Cher amant, arrêtez : ah! détournez les yeux, Voyez encor les miens.
TRAJÀ» a»fo*4d|itli&lre.
dieux ! 6 justes Hém !
Veillez sur l'empire et sur elle.
PLAUTINE.
* Il est déjà loin de ces lieux.
Devoir, es-tu content? Je meurs, et je l'admire.
Ministres du dieu des combats , Prêtresses de Vénus , qui veillez sur l'empire. Percez le ciel de cris, accompagnez mes pas, Secondez l'amour qui m'inspire.