SCÈNE PREMIÈRE
LYDIE, ARSINE.
Muses , filles du rie! * la poix régne en vos fêtes ;
Voua suspendes les mortelles douleurs, Dans les cœurs des humains tous calmes les tempêtes ;
Les jours sereins naissent de vos faveurs.
Amour , sors de mon ces or 3 Amour* brise ma chaîne , Relus m'abandonne aujourd'hui ; Dépit vengeur , trop juste haine , Soyez , s'il se peut , mon appui.
Amour, sors de mon cœur; Amour, brise ma chaîne, Ne sois pas tyran comme lai.
* ABSIHB.
Les Muses quelquefois calment nn cour sensible > Et pour les implorer vous quittez votre cour; "Mais craignez a'y chercher ce guerrier invincible j An temple de U Gloire il vole en ce grand jour;
Il en sera plus inflexible.
LYDIE
Non , je veux dans son cœur porter le repentir. U cherche ici la Gloire , et efe'noui me rassure ;
La Gloire ne pourra choisir
Un vainqueur injuste et parjure.
Hélas ! je l'ai cru vertueux.
Que le sort l'a changé ! que sa grandeur l'égaré ! Je l'ai cru bienfesant ,- sensible , généreux ;
Son bonheur l'a rendu barbare. .
* Cet acte , différent de celui qu'on a lu , a été tiré d'une partition du célèbre RameaH. Nous ignorons si c'est ici la première idée du poète , ou si ces enangemens avaient été faits pour la reprise du Temple de la Gloire, en 1746. Cependant cet opéra, donné à la cour en 1745, en cinq actes, fut représenté à Paris , en 1746* , en trois actes seulement; et celui-ci fut alors supprimé.
ARSINE.
Il insulte à des rois qu'a domptés sa valeur }
Devant lui marchent la vengeance ,
L'orgueil , le faste , la terreur $
Et l'Amour fuit de sa présence.
LYDIE
Que de crimes , 6 ciel ! avec tanf; de vaillance ! Déesses de ces lieux , appuis de l'innocence ,
Consolez mon cœur alarmé $
Secourez-moi contre moi-même,
Et ne permettez pas que j'aime Un héros enivré de sa grandeur suprême ,
Qui n'est plus digne d'être aimé*