‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 420 sur 466 · LES DEUX PÈRES, GLYCÈRE, PRESTINE · texte numérisé non relu

LES DEUX PÈRES, GLYCÈRE, PRESTINE

LE PÈRE DE GLYCÈRE

Oui , c'était des vapeurs : c'est une maladie Où les vieux médecins n'entendent jamais rien. Cela vient tout d'un coup... quand on se porte bien...

(aGlycère.)

Une seconde dose à l'instant t'a guérie.

Oh ! que cela t'a mit de bien !

LE PÈRE DE DAPHNIS

Ces espèces de maux s'appellent frénésie.

Feu ma femme autrefois en fut long-temps saisie ;

Quand son mal lui prenait, c'était un vrai démon.

LE PÈRE DE GLYCÈRE

N Ma femme aussi.

LE PÈRE DE DAPHNIS

C'était un torrent d'invectives , Un tapage , des cris , des querelles si vives...

LE PÈRE DE GLYCÈRE

Tout de même.

LE PÈRE DE DAPHNIS. Il fallait déserter la maison.

La bonne me disait, je te hais, d'un courage # D'un fond de vérité.... cela partait du cœur.

(àGlycèrc ) Grâce au ciel , tu n'as plus cette mauvaise humeur , Et rien ne troublera ta tête et ton ménage.

GLYCERE se relevant d'an banc de gaxon où elle était penchée.

L'amour fit mon hymen ; mon cœur s'en applaudit : Vous le savez , grands dieux , si ce cœur est sincère.

Mais, dés le second coup de vin

Qu'à cet autel on m'a fait boire ,

Mon amant est parti soudain ,

Eh montrant l'humeur la plus noire :

Attachée à ses pas j'ai vainement couru.

Où donc est-il allé ? ne l'avez-vous point vu ?

LE PÈRE DE DAPHNIS

U arrive.

SCÈ{ÏE IL Les Pkkcédens, DAPHNIS.

LE PÈRE DE DAPHNIS

En effet , je vois sur son visage Je ne sais quoi de dur , de sombre , de sauvage. GLYCÈRE chante.

Cher amant , yole dans mes bras :

Pieu de mes sens , dieu de mon âme , Animez, redoublez mon éternelle flamme.... Ah , ah , ah ! cher époux , ne te détourne pas. Tes yeux sont-ils fixés sur mes yeux pleins de larmes?

Ton cœur répond-il a mon cœur ?

Du feu qui me consume éprouves-tu les charmes? Sens-tu l'excès de mon bonheur ?

( à. cette musique tendre succède nue symphonie impérieuse et d'un caractère terrible. )

DÀPHNJ S au père de Glycère.

, ( il chante. )

Ecoute , malheureux beau-pere > Tu m'as donné pour femme une mégère ; Dès qu'on la voit on s enfuit.

Sa laideur la rend plus fière.

Elle est fausse, elle est tracassière ; Et , pour mettre le comble à mon destin maudit , Veut avoir de l'esprit.

Je fus assez sot pour la prendre :

Je viens la rendre ; Ma sottise finit.

Le mariage Est heureux et sage Quand le divorce le suit.

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