LES DEUX PÈRES, GLYCÈRE, PRESTINE
LE PÈRE DE GLYCÈRE
Oui , c'était des vapeurs : c'est une maladie Où les vieux médecins n'entendent jamais rien. Cela vient tout d'un coup... quand on se porte bien...
(aGlycère.)
Une seconde dose à l'instant t'a guérie.
Oh ! que cela t'a mit de bien !
LE PÈRE DE DAPHNIS
Ces espèces de maux s'appellent frénésie.
Feu ma femme autrefois en fut long-temps saisie ;
Quand son mal lui prenait, c'était un vrai démon.
LE PÈRE DE GLYCÈRE
N Ma femme aussi.
LE PÈRE DE DAPHNIS
C'était un torrent d'invectives , Un tapage , des cris , des querelles si vives...
LE PÈRE DE GLYCÈRE
Tout de même.
LE PÈRE DE DAPHNIS. Il fallait déserter la maison.
La bonne me disait, je te hais, d'un courage # D'un fond de vérité.... cela partait du cœur.
(àGlycèrc ) Grâce au ciel , tu n'as plus cette mauvaise humeur , Et rien ne troublera ta tête et ton ménage.
GLYCERE se relevant d'an banc de gaxon où elle était penchée.
L'amour fit mon hymen ; mon cœur s'en applaudit : Vous le savez , grands dieux , si ce cœur est sincère.
Mais, dés le second coup de vin
Qu'à cet autel on m'a fait boire ,
Mon amant est parti soudain ,
Eh montrant l'humeur la plus noire :
Attachée à ses pas j'ai vainement couru.
Où donc est-il allé ? ne l'avez-vous point vu ?
LE PÈRE DE DAPHNIS
U arrive.
SCÈ{ÏE IL Les Pkkcédens, DAPHNIS.
LE PÈRE DE DAPHNIS
En effet , je vois sur son visage Je ne sais quoi de dur , de sombre , de sauvage. GLYCÈRE chante.
Cher amant , yole dans mes bras :
Pieu de mes sens , dieu de mon âme , Animez, redoublez mon éternelle flamme.... Ah , ah , ah ! cher époux , ne te détourne pas. Tes yeux sont-ils fixés sur mes yeux pleins de larmes?
Ton cœur répond-il a mon cœur ?
Du feu qui me consume éprouves-tu les charmes? Sens-tu l'excès de mon bonheur ?
( à. cette musique tendre succède nue symphonie impérieuse et d'un caractère terrible. )
DÀPHNJ S au père de Glycère.
, ( il chante. )
Ecoute , malheureux beau-pere > Tu m'as donné pour femme une mégère ; Dès qu'on la voit on s enfuit.
Sa laideur la rend plus fière.
Elle est fausse, elle est tracassière ; Et , pour mettre le comble à mon destin maudit , Veut avoir de l'esprit.
Je fus assez sot pour la prendre :
Je viens la rendre ; Ma sottise finit.
Le mariage Est heureux et sage Quand le divorce le suit.