‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 436 sur 466 · CASSIUS, CASCA · texte numérisé non relu

CASSIUS, CASCA

CÀSSIUS.

Qoi marche dans ceé lieux à cette heure?

CASCA

Un Romain.

CASSIUS

C'est la voix de Casca!

CASCA

Votre oreille est fort bonne.

Quelle effroyable nuit !

Ne vous en plaignez pas ; x

Pour les honnêtes gens cette nuit a des charme». CASCA.

' Quelqu'un vit-il jamais les cieux plus courroucés ?

CASSIUS

Oui , celui qui connaît les crimes de la terre. Pour moi, dans cette nuit j'ai marché dans les rues; J'ai présenté mon corps à la foudre , aux éclairs ; La foudre et les éclairs ont épargné ma vie.

CASCA

Mais pourquoi tentiez-vous la colère des dieux? C'est à l'homme à trembler lorsque le ciel envoie Ses messagers de mort à la terre coupable.

CASSIUS

§ue tu parais grossier ï que ce feu du génie ui luit chez les Romains , est éteint dans tes sens! il tu n'as point d'esprit, ou tu n'en uses pa9. Pourquoi ces yeux hagards et ce visage pâle ? Pourquoi tant t étonner des prodiges des cieux ? De ce bruyant courroux veux-tu savoir la cause ? Pourquoi ces feux errans , ces mânes déchaînés , Ces monstres , ces oiseaux , ces enfans qui prédisent? Pourquoi tout est sorti de ses bornes prescrites? Tant de monstres , crois-moi , doivent nous avertir Qu'il est dans la patrie un plus grand monstre encore ; Et si je te nommais un mortel , un Romain , Non moins affreux pour nous que cette nuit affreuse , Que la foudre, l'éclair, et les tombeaux ouverts j Un insolent mortel, dont les rueissemens Semblent ceux du lion qui marche au Capitole; Un mortel par lui-même aussi faible que nous , Mais que le ciel élève au-dessus de nos têtes , # Plus terrible pour nous , plus odieux cent fois Que ces feux, ces tombeaux , et ces affreux prodiges !

CASCA

Cest César , c'est de lni que tu prétends parler.

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