‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 451 sur 466 · LE DEVIN · texte numérisé non relu

LE DEVIN

Oui , ce jour est venu , mais il n'est pas passé.

JULES CÉSAR. Ilai

A R T F. M I D O R E d'un autre côté.

Salut au grand César $ qu'il lise ce mémoire.

DÉCIUS d a côté opposé.

Trébonius par moi tous en présente un autre: Daignez le parcourir quand tous aurez le temps.

ARTÉMIDORE

Lisez d'abord le mien ; il est de conséquence: H vous touche de près. Lisez, noble César.

CÉSAR. r

L'affaire me regarde ? elle est donc la dernière.

ARTÉMIDORE

Eh , ne différez pas , liserç dès ce moment.

CÉSAR

Je pense qu'il est fou.

PVBLIUS A Artéim'dore.

Allons , maraud , fais place.

CASSIUS

Peut-on donner ici des placets dans les rues r Va-t en au Capitôle.

POPILIUS Rapprochant de Casaiua.

« . Écoutez, Cassius;

ruisse votre entreprise avoir un bon succès !

.CASSIUS étonné.

Comment î quelle entreprise ?

tOPîtlVS.

Adieu , portez-vous bien* BRUTUS àCassins.

Que vous a dit tout bas ^opilius.Léna ?

CASSITJS.

Il parie de sucoès, et de notre entreprise.

Je crains que le projel n'ait été découvert.

BKTJTti*.

Il aborde Gésar , il lui parle j observons.

dASSIUS àCm Sois donc prêt à frapper , de peur qu'on nous prévienne. Mais, si Cesarsait tout, Wallons noua devenir? Cassius à César tournerait-il le dos ?

.Non, j aime mieux mourir.

CASCA rCasàiiift.

fe^lAh* parle pjfk%iï?°* *°*t à'*l*ru» :

▼dit cemftfé César rit j sota visage est le même.

, CASSIUS à Bratof.

Ah ! we Trébbnks afcït *dro*tement !

«egwde bien , Brutes, comme il écarté Antoine.

DÉCIÛS.

Que Métellus commence, et que dès ce moment, Pour occuper César, Tfiui donne un mémoire;

BRUTUS

Le mémoire est donné. Serrons-nous* près dé lui.

CIIfNA à Caaca.

Souviens-toi de frapper , et de donner l'exemple. Tome II. e mw

ll22 THÉÂTRE.

CESAR s'assied iei , et on suppose qu'ils sont tous dans le safle du sénat. EU bien, tout est-il prêt? est-il quelques abus Que le sénat et moi nous puissions corriger?

C I M B E R se mettant a genoux dorant César. O très-grand, très-puissant, très-redoute' César, Je mets très-humblement ma requête à vos pieds.

CÉSAR

Cimber, je t'avertis que ces prosterne mens , » Ces génuflexions, ces basses flatteries, Peuvent sur un cœur faible avoir quelque pouvoir, Et changer quelquefois l'ordre éternel des choses Dans l'esprit des enfant. Ne t'imagine pas Que le sang de César puisse se fondre ainsi.

Les prières , les cris , les vaines simagrées , Les airs d'un chien couchant peuvent toucher un sot ; Mais le cœur de César résiste à ces bassesses. . Par un juste décret ton frère est exilé.

Flatte , prie à genoux , et lèche-moi les pieds ; Va , je te rosserai comme un chien ; loin d'ici! * Lorsque César fait tort , il a toujours raison. .

CIMBER en se retournant Vers les coures.

îPe&: à point quelque voix plus forte que la mienne , Qui puisse mieux toucher 1 oreille de César, Et fléchir son courroux en faveur de mon frère ?

BRUTUS en baisant la main de César.

Je baise cette main , mats non par flatterie ; Je demande de toi que Pubhus Cimber Soit dans le même instant rappelé de l'exil.

CÉSAR

Quoi , Brutus !

CASSIUS

Ah ! pardon , César , César , pardon !

Oui , Cassius s'abaisse à te baiser les pieds , Pour obtenir de toi qu'on rappelle Cimber.

CÊSA.R.

On pourrait me fléchir si je tous ressemblais ; Qui ne saurait prier résiste a des prières.

Je suis plus affermi que l'étoile du nord, Qui dans le firmament n'a point de compagnon ** '-<;. Constant de sa nature , immobile comme eue.

Les vastes deux sont pleins d'étoiles innombrables :

Ces astres sont de feu T tous sont étincelans $

Un seul ne change point, un seul garde sa place.

Telle est la terre entière ; on y voit des mortels

Tous de chair et de sang , tous formés pour la crainte.

Dans leur nombre infini , sachez qu'il n'est qu'un homme

Qu'on ne puisse ébranler , qui soit ferme en son rang ,

Qui sache résister ; et cet homme c'est moi.

Je veux vous faire voir que je suis Inflexible :

Tel je parus à tous quana je bannis Cimber r

Et tel je veux paraître en ne pardonnant point.

CIMBER

O César! .

CESAR

Prétends-tu faire ébranler l'Olympe ?

DEC I US à genoux.

Grand César!

* Traduit fidèlement.

*• Traduit avec lapins grande exactitude.

JULES CÉSAR. tiaS

CÉSAR repoussant Déçîas.

Va , Brutus en vain Fa demanclé.

C A S C A baissant la robe de César.

Poignards, pariez pour nous.

%\l le frappe; les autres conjurés le secondent. César se débat contre enz ; il marcnè en chancelant tout percé de coups, et ri«*nt jusqu'auprés de Brutus , qui en détournant la tête le frappe comme à regret. César tombe , en s'écriant : )

, Et toi , Brutus, ans»?

CÏNNl.

Liberté! liberté

GIMBER.

La tyrannie est morte.

Courons tous , et irions liberté dans les rues.

f CAàsiûs.

Allez à la tribune , et criez liberté.

BRUTUS aux sénateurs et au peuple qui arrivent, ïïe vous effrayez point , ne fuyez point, restez» Peuple > l'ambition vient de payer ses dettes.

CASSIU& ferulus , à la tribune.

C1MBEÀ.

Et vous aussi, volez.

BRUTUS

Où donc est Publius?

GINNA.

Il est tout confondu.

fcïMBEÉ.

Soyons Termes , urtis ; les amis de César Nous peuvent assaillir.

BRUTUS

a Non , ne m'en parlez pa$.

Àb ! c'est vous , Publiu's ; allons , prenez courage > Soyez en sûreté , vous n'avez rien à craindre , Mi vous, ni les Romains $ parlez au peuple , allez.

GASSIUS.

Publius , laissèz-nousç là foule qui s'empresse Pourrait vous faire mal, vous êtes faible et vieux.

w l BRUTUS.

Allez; qu'aucun Romain \ie prenne ici l'audace De soutenir ce meurtre et de parler pour nous ; , ■ t est un droit qui n*est dû qu aux seuls Vengeurs de Rome.

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