‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 457 sur 466 · LI3JA · texte numérisé non relu

LI3JA

Monrs de ma main , malheureuse , et non pas des mains d'une béte.

PHOCAS en tendent les bras à Jnbia lorsqu'elle est prête s tomber do haut 4» la montagne.

Tu ne mourras pas , je te soutiendrai , je serai l'Atlas du ciel de ta beauté > tu es en sûreté , reprends tes esprits.

CIHTIA a Lihia.

Dis-nous qui tu es.

LIBIA.

Je suis Libia £i He du magicien Lisippo , la merveille de la Calabre. Mon père a prédit des malheurs au duc de Calabre son maître; il s'est retiré depuis en Sicile , dans une cabane , oh il a pour tout meuble son almanach , des

! guerre et 0e paix * p milieu de ces précipices j'ai vu une espèce de béte en forme d'homme , ou une espèce d'homme en forme de béte : c'est un squelette tout courbé , une anatomie ambulante j sa barbe et ses cheveux sales couvraient en partie un visage sillonné de-eeWides que le temps , ce maudit laboureur, imprime sur les aillons de notre vie pour n'y plus rien semer. Cet homme ressemblait â

ces vieux étançons de bAtimens ruines, qui , étant sans écorce et sans racine , . sont prêts a tomber au moindre vent. Cette maigre face en venant à moi m'a

toute remplie de crainte.

r PHOCAS.

-^Femme, ne crains rien; ne poursuis pas : tu ne sais pas quelles ide'es ta

nppeUes dans ma mémoire ; mais où ne trouve-t-on pas des hommes et des

bétes ? 11 y a là-dedans quelque chose de prodigieux.

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