‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 50 sur 466 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LA BARONNE seule.

Vit-on jamais une telle aventure?

Peut-on sentir une plus vive injure?

Plus lâchement se voir sacrifier ?

Le comte Olban , rival d'un jardinier!

(à un laquai» )

Holà , quelqu'un. Qu'on appelle Natiine.

C'est mon malheur qu'il faut que j'examine.

Ou pourrait-elle avoir pris l'art flatteur , L'art de séduire et de garder un cœur , L'art d'allumer un feu vif et qui dure ?

Où ? dans ses yeux, dans la simple nature»

NANINE, 6a5

Je crois pourtant que cet indigne amour N'a point encore ose se mettre au jour.

J'ai vu qu'Olban se respecte avec elle ; AJi ! c'est encore une douleur nouvelle !

J'espérerais , s'il se respectait moins.

D'un amour vrai le traître a tous les soins.

Ah ! la voici : je me sens au supplice.

Que la nature est pleine d'injustice ! . A qui va-t-elle accorder la beauté ? j C'est un affront fait k la qualité. • Approchez-vous , venez , mademoiselle.

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