‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 57 sur 466 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Le comte D'OLBAN, MARIN.

LE COMTE seul.

Ah! cette nuit est une année entière.

Que le sommeil est loin de ma paupière !

Tout dort ici, Nanine dort en paix;

Un doux repos rafraîchit ses attraits :

Et moi je vais , je cours, je veux écrire ,

Je n'écris rien ; vainement je veux lire ,

Mon œil troublé voit les mots sans les voir,

Et mon esprit ne les peut concevoir.

Dans chaque mot le seul nom de Nanine

Est imprimé par une main divine. /.

Holà , quelqu'un ! qu'on vienne. Quoi ! mes gens \

Son tr ils pas las de dormir si long-temps?

Germon, Marin.

~ M A RI N d errière le théâtre.

J'accours.

LE COMTE

Quelle presse !

Eh ! venez vite $ il fait jour : le temps presse : Arrivez donc.

MARIN

Eh , monsieur, quel lutin Vous a sans nous éveillé si matin?

LE COMTE

L'amour.

MARIN

Oh! oh! la baronne de l'Orme Ne permet pas qu'en ce logis on dorme.

Qu'ordonnez-vous ?

LE COMTE

Je veux, mon cher Marin, Je veux avoir, au plus tard pour demain , Six chevaux neufs , un nouvel équipage , Femme de chambre adroite , bonne et sage , Valets de chambre, avec deux grands laquais, Point libertins, qui soient jeunes, bien faits j

Des dîamans , des boucles des plus belles , Des bijoux d'or, des étoffes nouvelles.

Pars dans l'instant, cours en poste à Paris; Crève tous les chevaux.

MARIN

Vous voilà pris.

J'entends , j'entends. Madame la baronne Est la maîtresse aujourd'hui qu'on nous donne ; Vous l'épousez ?

Quel que soit mon projet.

Vole et reviens.

MARIN

Vous serez satisfait.

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