‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 68 sur 466 · LA MARQUISE, LE COMTE · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE COMTE

LA MARQUISE parlant fort vite, et d'un ton de petite vieille babillard*.

Eh bien ! monsieur le comte , m Vous faites donc à la fin votre compte *

De me donner la baron ne pour bru? ,

C'est sur cela que j'ai vite accouru.

Votre baronne est une acariâtre , Impertinente , altière , opiniâtre , Qui n'eut jamais pour moi le moindre égard; Qui l'an passé , chez la marquise Agard .

Qu'elle n'a pas , entre nous , tant de bien : C'est un grand point -, il faut qu'on, s'en informe ; Car on m'a dit que son château de l'Orme

À son mari n'appartient qu'à moitié j

Qu'on vieux procès, qui n'est pas oublié,

Lui disputait la* moitié de la terre :

J'ai su cela de £eu votre grand-père :

I) disait vrai ; c'était un homme ,. luijL

On n'en voit plus de sa trempe aujourd'hui.

Paris est plein de ces petits bouts d'homme ,

Vains , fiers, fbus, soU, dont te caque* m'assomme ;

Parlant de tout avec l'air empressé,

Et se moquant toujours du temps passé.

J'entends parler de nouvelle cuisine ,

De nouveaux goâts; on crève, on se ruine :

Les femmes sont sans frein , et les maris

Sont des benêts. Tout va de pis en pis.

LE COMTE relisant le bilfeL

Qui l'aurait cru? Ce trait me désespère.

Eh bien ! Germon ?

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