LE COMTE, GERMON
LE COMTE
Eh bien ! Nanine est donc enfin partie?
GERMON
Oui, c'en est fait.
LE COMTE
J'en ai l'âme ravie.
GERMON
Votre âme est donc de fer.
LE COMTE
Dans le chemin Philippe Hombert lui donnait-il la main?
j65# THÉÂTRE.
GERMON
Qui ? yiei Philippe Hetabert ? Hélas ! Nawiw , Sans ecuyer, fort tristement chemine, Et de ma main ne veut pas seulement,
LB GQMTE.
Ou donc va-t-elle?
GÉRMOlf.
Ou ï mais apparemment Chez ses amis.
LE COMTE
À Remival, sans doute?
GERMON
Oui, je croiff bien qu'elle prend cette route.
LE COMTE
Va la conduire à ce couvent voisin, Où la baronne allait dès ce matin :
Mon dessein est qu'on la mette sur l'heure Dans cette utile et décente demeure; Ces cent louis la feront recevoir.
Va.... garde-toi de laisser entrevoir Que c'est un don que je veux bien lui faire j Dis-lui que c'est un présent de ma mère $ Je te défend» de prononcer mon nom.
GERMON
Fort bien ; je vais vous obéir.
( il ftut quelques pet. ) LE COMTE.
A son départ, tu dis que tu l'as vue?
GERMON
Eh , oui , vous dis-je.
LE COMTE
Elle était abattue ?
Elle pleurait ?
GERMON
Elle fesait bien mieux, Ses pleurs coulaient à peine de ses yeux :
Elle voulait ne pas pleurer
LE COMTE
À-t-elle Dit quelque mot qui marque , qui décèle $es sentimens? as-tu remarqué....
GERMON
Quoi?
LE COMTE
À-t-elîe enfin , Germon, parlé de moi?
GERMON
Oh oui , beaucoup.
VAN1HE. x 65i
LfcCQMTB.
Ek bien ! 4ranoi donc, traître, QuVt-eltadit? \
GBRHONè Que vous êtes son maître ; Que vous avez des vertus , ctes bontés....
Qu'elle ouhlîra tout.,., hors vos cruauté
1E COMTE
Va.... mais surtout garde qu'elle revienne.
( Germon sort. )
Germon !
GE&MOJV.
Monsieur.
LE COMTE
Un mot; qu'il te souvienne , Si par hasard» quand tu la conduiras, Certain Hombert venait suivre ses pas, De le chasser de la belle manière.
GERMON
Oui , poliment , à grands coups d'étrivière : Comptez sur moi ; je sers fidèlement.
Le jeune Hombert, dites-vous ?
LE COMTE
Justement.
GERMON
Bon ! je n'ai pas Khonneur de le connaître ; Mais le premier que je verrai paraître Sera rossé de la bonne façon ; Et puis après il me dira son nom.
(fil fait un p»tet revient; )
Ce jeune Hombert est quelque amant» je gage»
Un beau garçon, le coq de son village, Laissez-moi faire*
LE COMTE
Obéis promptement.
GERMON
Je me doutais qu'elle avait quelque amant; Et Biaise aussi lui tient au cœur peut-être.
On aime mieux son égal que son maître.
LE COMTE
Ah! cours, te dis*je,