‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 71 sur 466 · LE COMTE, GERMON · texte numérisé non relu

LE COMTE, GERMON

LE COMTE

Eh bien ! Nanine est donc enfin partie?

GERMON

Oui, c'en est fait.

LE COMTE

J'en ai l'âme ravie.

GERMON

Votre âme est donc de fer.

LE COMTE

Dans le chemin Philippe Hombert lui donnait-il la main?

j65# THÉÂTRE.

GERMON

Qui ? yiei Philippe Hetabert ? Hélas ! Nawiw , Sans ecuyer, fort tristement chemine, Et de ma main ne veut pas seulement,

LB GQMTE.

Ou donc va-t-elle?

GÉRMOlf.

Ou ï mais apparemment Chez ses amis.

LE COMTE

À Remival, sans doute?

GERMON

Oui, je croiff bien qu'elle prend cette route.

LE COMTE

Va la conduire à ce couvent voisin, Où la baronne allait dès ce matin :

Mon dessein est qu'on la mette sur l'heure Dans cette utile et décente demeure; Ces cent louis la feront recevoir.

Va.... garde-toi de laisser entrevoir Que c'est un don que je veux bien lui faire j Dis-lui que c'est un présent de ma mère $ Je te défend» de prononcer mon nom.

GERMON

Fort bien ; je vais vous obéir.

( il ftut quelques pet. ) LE COMTE.

A son départ, tu dis que tu l'as vue?

GERMON

Eh , oui , vous dis-je.

LE COMTE

Elle était abattue ?

Elle pleurait ?

GERMON

Elle fesait bien mieux, Ses pleurs coulaient à peine de ses yeux :

Elle voulait ne pas pleurer

LE COMTE

À-t-elle Dit quelque mot qui marque , qui décèle $es sentimens? as-tu remarqué....

GERMON

Quoi?

LE COMTE

À-t-elîe enfin , Germon, parlé de moi?

GERMON

Oh oui , beaucoup.

VAN1HE. x 65i

LfcCQMTB.

Ek bien ! 4ranoi donc, traître, QuVt-eltadit? \

GBRHONè Que vous êtes son maître ; Que vous avez des vertus , ctes bontés....

Qu'elle ouhlîra tout.,., hors vos cruauté

1E COMTE

Va.... mais surtout garde qu'elle revienne.

( Germon sort. )

Germon !

GE&MOJV.

Monsieur.

LE COMTE

Un mot; qu'il te souvienne , Si par hasard» quand tu la conduiras, Certain Hombert venait suivre ses pas, De le chasser de la belle manière.

GERMON

Oui , poliment , à grands coups d'étrivière : Comptez sur moi ; je sers fidèlement.

Le jeune Hombert, dites-vous ?

LE COMTE

Justement.

GERMON

Bon ! je n'ai pas Khonneur de le connaître ; Mais le premier que je verrai paraître Sera rossé de la bonne façon ; Et puis après il me dira son nom.

(fil fait un p»tet revient; )

Ce jeune Hombert est quelque amant» je gage»

Un beau garçon, le coq de son village, Laissez-moi faire*

LE COMTE

Obéis promptement.

GERMON

Je me doutais qu'elle avait quelque amant; Et Biaise aussi lui tient au cœur peut-être.

On aime mieux son égal que son maître.

LE COMTE

Ah! cours, te dis*je,

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