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et soupçonneux; il ne pouvait expliquer cette conduite qu'en l’attribuant à l'esprit d'aveuglement dont sont frappés ceux que le ciel a condamnés à une ruine inévitable t.
Il paraît que l'intention de Lannoy était d'exécuter de bonne foi le traité qu'il venait de faire; ayant réussi à détacher Clément de la ligue, il eût voulu que Bourbon tournât ses armes contre les Vénitiens, qui, de toutes les puissances en guerre avec l'empereur, étaient ceux qui avaient montré le plus de vigueur. Dans cette vue, il dépècha un courrier à Bourbon pour l'informer de la suspension d'armes qu'il venait de conclure avec le pape, au nom de leur commun mattre.
Bourbon avait d’autres projets; et il était trop avancé dans son entreprise pour l’abandonner. Il eût été dangereux de parler de retraite à ses soldats ; d'ailleurs il était bien aise de mortifier un homme qu’il avait tant de raisons de haïr : et comme son commandement ne dépendait en rien de Lannoy, il ne tint aucun compte de son message, et continua de ravager les états ecclésiastiques et de s’avancer vers Florence. Son approche fit renaître toutes les terreurs et toutes les inquiétudes de Clément, qui eut recours à Lannoy et le conjura d'arrêter la marche de Bourbon. En conséquence Lannoy partit pour se rendre à l'armée , mais il n’osa s’en approcher. Dès que les soldats de Bourbon eurent connaissance de la trève , ils entrèrent en fureur , se répandirent en menaces, et demandèrent l’accomplissement des promesses auxquelles ils s'étaient fiés : leur général même pouvait à peine les contenir; et tous les habitans de Rome virent bien qu'il ne restait plus d'autre parti que de se préparer à résister à l'orage qu’il n'était plus possible de détourner. Clément seul, comptant toujours sur quelques protestations équivoques et trompeuses que faisait Bourbon de son inclination pour la paix , retomba dans sa première sécurité 2,
Bourbon, de son côté, n’était pas sans inquiétude, Jusqu'ici toutes ses tentatives sur les places de quelque importance avaient échoué, et Florence, qu'il avait menacée quelque temps, se trouvait, par l’arrivée des troupes du duc d'Urbin , en état de braver une attaque. Il fallut alors changer nécessairement de route, et prendre
? Guich,, Liv. xvanr, p. 446.
* Zbid., p. 437, etc. Mém. de du Bellay, p. 100.
sur-le-champ une résolution nouvelle : il s’arrèta sans hésiter à un parti qui était aussi hardi qu'il parut impie à ses contemporains ; c'était d’attaquer Rome et de la livrer au pillage. Il avait en effet plusieurs raisons pour s’y déterminer. Il était jaloux de traverser Lannoy qui avait entrepris de mettre cette ville en sûreté; il s’imagina que l'empereur serait très satisfait de voir humilier Clément , le premier auteur de la ligue qui s'était formée contre lui; ilse flattait-qu'en contentant l'aviditéde ses soldats par l'immense butin de cette capitale, il les attacherait pour toujours à ses intérêts; ou, ce qui est plus vraisemblable encore, il espéra que la puissance et la gloire que lui promettait la prise de la première ville de la chrétienté le mettraient en état de jeter les fondemens d’un pouvoir indépendant ; et qu'après avoir rompu toute liaison avec l'empereur, il pourrait posséder en son nom seul Naples ou quelques autres états d'Italie 1,
Quels que fussent ses motifs, il exécuta son projet avec une célérité égale à l'audace qui l'avait conçu. Ses soldats, qui avaient leur proie sous les yeux, ne £e plaignaient plus ni de leurs fatigues, ni de la famine , ni du défaut de paye. Quand le pape les vit s’avancer de la Toscane vers Rome, ilsentit la frivolité des espérances dont il s'était bercé , et se réveilla tout à coup de son assoupissement ; mais il était trop tard. Un pontife, même hardi et prompt à se décider, n'aurait plus eu assez de temps pour prendre des mesures efficaces et former avec succès un plan de défense. Sous la faible administration de Clément, tout ne fut que consternation, désordre et irrésolution. Il rassembla cependant ceux de ses soldats licenciés qui étaient restés dans Rome; il arma les artisans et les domestiques des cardinaux; il fit réparer les brèches des murailles , commença de nouvelles fortifications, et excomimunia Bourbon et ses soldats, flétrissant les Allemands du nom de luthériens, et fes Espagnols de celui de Maures ?. Se reposant ainsi sur ces préparatifs imparfaits, et sur la terreur de ses armes spirituelles, que méprisaient encore plus des soldats affamés de butin, il parut quitter sa timidité naturelle, et, contre l'avis de son conseil, il résolut d'attendre l’ap-
* Brant. IV, 271; VI, 189, Relcarius, Comment., 591. 2 Seckend, liv. 1, p. 68,
(1527) proche d’un ennemi qu’il aurait pu éviter s'il eût voulu se retirer à temps.
Bourbon, qui vit la nécessité de ne perdre aucun instant, puisque ses intentions étaient connues, marcha avec tant de vitesse qu’il devança de plusieurs journées l’armée du duc d'Urbin, et vint camper dans les plaines de Rome, vers le soir du 5 de mai. De là il montra à ses soldats les palais et les églises de cette capitale de la république chrétienne, où les richesses de toute l'Europe étaient allées s'engloutir pendant tant de siècles, sans avoir jamais été entamées par une main ennemie; il les exhorta à prendre quelque repos pendant la nuit, pour se préparer à donner assaut le lendemain, et leur promit, pour prix de leur valeur et de leurs travaux, la possession de tous les trésors qui étaient rassemblés dans Rome.
Bourbon, résolu de rendre cette journée mémorable, ou par le succès de son entreprise ou par sa mort, parut dès le matin à la tête de ses troupes, armé de toutes pièces et portant pardessus son armure un habit blanc, pour. ètre
mieux vu de ses amis et de ses ennemis; et
comme tout dépendait de la vigueur de l'attaqae, il mena sur-le-champ ses soldats à l’escalade des murailles. Il tira des trois nations qui composaient son armée, trois Corps séparés, l'un d’Allemands, l’autre d'Espagnols, et le troisième d'Italiens; chacun d'eux fut chargé d'une attaque différente, et le gros de l’armée s’avança pour les soutenir suivant les circonstances. Un épais brouillard déroba leur approche jusqu’à ce qu'ils eussent presque atteint le bord du fossé qui environnait les faubourgs. Les échelles furent plantées en un moment, et chaque détachement monta à l'assaut avec une impétuosité qu’animait encore l’émulation nationale, Ils furent d'abord reçus avec un courage égal au leur ; les gardes suisses du pape et les vieux soldats qu'il avait rassemblés, combattirent avec une bravoure digne de guerriers à qui la défense de la plus fameuse ville du monde était confiée, Les troupes de Bourbon, malgré toute leur valeur, ne faisaient aucun progrès et commençaient même à plier : Bourbon, qui sentit que ce moment critique allait décider du succès de la journée, se précipite de son cheval, court à la tête des assaillans, et arrachant ung échelle des mains d’un soldat, il la plante con-
tre le geant suivr tiré d Il sen mais recon lui de sa mo ques digne vert s péri 4 la tête ll f neste tôt de accou ger; !
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Me p. 446, 3 Jo
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tre le mur, et commence à y monter, encoura- |
geant de la voix et du geste ses troupes à le suivre. Mais aumêmeinstant un coup de mousquet tiré des remparts lui perça les reins d’une balle. Il sentit aussitôt que la blessure était mortelle , mais il conserva assez de présence d'esprit pour recommander à ceux qui se trouvaient près de lui de couvrir son corps d’un manteau , afin que sa mort ne décourageàt pas ses troupes ; et quelques instans après il expira avec un courage digne d’une meilleure cause, et qui aurait couvert son nom de la plus grande gloire, s’il eût péri ainsi en défendant son pays, et non pas à la tête des ennemis de sa patriet,
Il fat imnossible de cacher long-temps ce funeste événement : les soldats s’aperçurent bientôt de l'absence de leur général, qu'ils étaient accoutumés à voir partout où il y avait du danger; mais loin d’être abattus par cette perte, elle ne fit que changer leur courage en fureur. Le nom de Bourbon retentissait dans tous les rangs avec les cris de sang et de vengeance.
Les vieux soldats qui défendaient les remparts furent accablés par le nombre; les nouvelles recrues de la ville prirent la fuite à la vue du péril, et l'ennemi pénétra dans Rome avec une violence irrésistible.
Durant le combat, Clément était au pied del'autel de Saint-Pierre, où il adressait au ciel des prières inutiles pour la victoire, Dès qu'il eut appris que ses troupes commençaient à reculer, il s'enfuit avec précipitation, et par un aveuglement plus étonnant encore que ses fautes précédentes, au lieu de s'évader par la porte opposée, où il n’avait à craindre la rencontre d'aucun ennemi sil alla se renfermer avec treize cardinaux, les ambassadeurs des cours étrangères, et plusieurs personnes de distinction, dans le même château Saint-Ange que son dernier malheur eût dû lui faire envisager comme un asile peu sûr. Tandis qu'il allait du Vatican à cette forteresse, il vit ses soldats fuyant devant un ennemi qui les poursuivait sans faire de quartier; il entendit les cris et les gémissemens des citoyens, et vit commencer les maux que son imprudence et sa crédulité avaient attirés sur ses sujets2.
ILest impossible de décrire, et même d’ima-
Mém. de du Bellay, p. 101. Guich., liv. XVIN,
p. 446, ete. OEuv. de Brant. \V, p. 257, etc. 3 Jov., Fita Colonn., p. 165.
giner le désastre et les horreurs qui suivirent cet événement. Tout ce qu'une ville prise d'assaut peut avoir à redouter de la rage d’une soldatesque effrénée; tous les excès auxquels put se porter la férocité des Allemands, l’avarice des Espagnols , la licence des Italiens, les malheureux habitans de Rome y furent en proie.
Églises, palais, maisons particulières, tout fut pillé sans distinction : ni l'âge, ni le rang, ni le sexe ne se sauva des plus cruels outrages. Cardinaux, prêtres, nobles, femmes, filles, tout fut livré à la merci de vainqueurs barbares, sourds à la voix de l'humanité. Ces violences ne cesstrent pas même, comme il arrive d'ordinaire dans les villes prises d'assaut , lorsque la première fureur du soldat fut assouvie. Les impériaux restèrent dans Rome plusieurs mois, et pendant tout ce temps l’insolence et la brutalité du soldat ne se ralentirent presque point. Le butin qu’ils firent, seulement en espèces monnayées, montait à un million de ducats; et ce qu'ils tirèrent des rançons et de leurs exactions fut encore beaucoup plus considérable. Rome avait été prise plusieurs fois par les peuples du nord qui renversèrent l'empire dans le cinquième et le sixième siècle; mais les peuples païens et barbares, les Huns, les Vandales, les Goths ne l'avaient jamais traitée avec autant de cruauté que le firent alors les sujets dévots d’un monarque catholique.
Après la mort de Bourbon, le commandement de l'armée impériale passa à Philibert de Chalons, prince d'Orange, qui eut bien de la peine à arracher du pillage assez de soldats pour investir le château Saint - Ange, Clément sentit aussitôt la faute qu'il avait faite en se retirant dans un fort si mal pourvu et si peu en état de défense; mais voyant que les impériaux, méprisant toute discipline et ne s’occupant qu'à piller, poussaient le siége avec lenteur, il ne désespéra pas de tenir assez long-temps pour que le duc d'Urbin pût venir à son secours. Ce général s’avançait à la tête d'une armée composée de Vénitiens, de Florentins et de Suisses soudoyés par la France , et cette armée était assez forte pour délivrer Clément du péril où il se
* Jov., Pit. Colonn. 166. Guich., liv. xvut, p. 440, etc. Comment. de captà urbe Romé ap. Scardinum, 11, 230, Ulloa, Pita dell Carl. P, p. 110. Giann. ne, st, di Nap. B. 31, c. ir, p. 507
di ER
trouvait ; mais le duc d'Urbin préféra le plaisir de satisfaire sa haine contre la famille des Médicis, à la gloire de sauver la capitale de la chrétienté et le chef de l'église; il prétendit que l'entreprise était trop hasardeuse ; et par un raffinement de vengeance , après s'être avancé assez près pour être vu des remparts du château et pour donner au pape l'espoir d'un secours prochain, il se retira avec précipitation !. Clément, privé de toute ressource , et réduit par la famine à se nourrir de chair d'âne? , fut obligé de capituler , et de souscrire aux conditions qu'il plut aux vainqueurs de lui imposer. Il se soumit à payer quatre cent mille ducats à l'armée, à rendre à l’empereur toutes les places fortes que possédait l'église, et quoiqu'il donnât des otages, à rester lui-même prisonnier, jusqu'à ce qu'il eût exéeuté les principaux articles du traité. Le pape fut mis sous la garde d’Alarçon, qui, par sa vigilance sévère à garder François I", s'était bien fait connaître pour un homme propre à cet emploi. Ainsi, par un hasard singulier, cet officier eut la garde des deux personnages les plus illustres qui eussent été faits prisonniers dans l'Europe depuis plusieurs siècles. La nouvelle de cet événement si extraordinaire et si inattendu causa à l'empereur autant de surprise que de joie; mais il dissimula ses sentimens à ses sujets, que les succès et les crimes de leurs compatriotes pénétraient d'horreur : et pour adoucir l'indignation qu’en ressentait toute l'Europe, il déclara qu'il n'avait aucune part au saccagement de Rome, et qu’on l'avait attaquée sans ses ordres. Il écrivit à tous les princes ses alliés pour leur notifier qu'il n'avait eu aucune connaissance des intentions de Bourbon#; il prit le deuil et le fit prendre à toute sa cour; il suspendit les réjouissances qu'il avait ordonnées pour la naissance de son fils Philippe; et par une hypocrisie qui ne trompa personne, il ordonna des prières et des processions dans toute l'Espagne pour obtenir la liberté du pape, liberté qu’il pouvait lui faire rendre sur-le-champ par un ordre expédié à ses généraux 4.
La fortune n'était pas moins favorable à la
1 Guich., liv. xvanr, p. 460.
2 Jov., Pit. Colon., 167.
8 Ruscelli, Zettere de principi, , 234.
4 Sleid., 109. Sandov., 1, 822. Mauroc, Æist. Venela, div. 511, p. 220.
maison d'Autriche dans une autre contrée de l'Europe. Soliman était entré en Hongrie avec une armée de trois cent mille hommes. Louis II, roi de Hongrie et de Bohème, prince faible et sans expérience, eut la témérité d'aller au-devant de lui avec un corps de troupes qui ne montait pas à plus de trente mille hommes. Par une faute encore plus impardonnable , il en donna le commandement à Paul Tomorri, moine franciscain , archevêque de Golocza. Ce bizarre général, vêtu de son froc et ceint du cordon de son ordre, marchait à la tète de l'armée; entraîné par sa propre présomption autant que par l’impétuosité d'une noblesse qui craignait moins le danger qu'un service long et pénible, il donna la funeste bataille de Mohacz, où le roi, la fleur de la noblesse, et plus de vingt mille hommes périrent victimes de la sattise et de l'imprudence d'un moine. Soliman , après sa victoire, se rendit maitre et resta en possession des plus fortes places des provinces méridionales de la Hongrie; et ravageant tout le reste du pays, ilemmena plus de vingt mille prisonniers en esclavage. Comme Louis était le dernier mâle de la famille royale des Jagellons, l'archiduc Ferdinand prétendit avoir droit aux deux couronnes. Il faisait valoir deux titres : l'un appuyé sur les anciennes prétentions de la maison d'Autriche à ces deux royaumes; l’autre était fondé sur les droits de sa femme, sœur unique du roi qui venait de mourir. Cependant les lois féodales régaaient avec tant de vigueur dans la Hongrie et dans la Bohême, et la noblesse y jouissait d'un pouvoir si étendu, que les deux couronnes étaient encore électives, et qu'on n'aurait eu aucun égard aux prétentions de Ferdinand, sielles n'avaient pas été soutenues de forces puissantes. Mais son mérite personnel, le respect dû au frère du plus grand monarque de la chrétienté, la nécessité de choisir un prince qui pôt par lui-même ajouter de nouvelles forces à celles de ses sujets pour les faire protéger contre les armes ottomanes que leurs derniers succès avaient rendues redoutables à la Hongrie; enfin les intrigues de sa sœur, veuve du feu roi, lem portèrent sur la prévention que les Hongrois avaient conçue contre l’archiduc , comme étranger ; et malgré un parti considérable, qui avait donné sa voix au vaivode de Transylvanie, Ferdinand demeura paisible possesseur de cette
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(1527 couronne. Les états de Bohéme suivirent l'exemple de la Hongrie; mais pour maintenir et assurer leurs priviléges, ils obligérent Ferdinand de signer avant son couronnement un acte qu'ils appelèrent reverse , et par lequel il déclarait qu'il tenait cette couronne non par aucun droit antérieur, mais par l'élection gratuite et volontaire de la nation. La réunion de tous ces états divers, dont les princes de la maison d'Autriche s'assurèrent dans la suite la possession héréditaire, fut l'origine et le principe de cette supériorité de pouvoir qui les rendit depuis si formidables au reste de l'Allemagne f,
Les dissensions qui divisaient le pape et l’empereur furent extrêmement favorables aux pro: grès du luthéranisme. Charles, irrité des procédés de Clément, et uniquement oceupé à se défendre contre la ligue que ce pape avait formée, n'avait ni la volonté ni le loisir de prendre des mesures pour étouffer les nouvelles opinions qui s’accréditaient en Allemagne. Dans une diète de l'empire tenue à Spire, on examina l’état actuel de la religion; tout ce que l’empereur y exigea des princes fut d'attendre avec patience, et sans encourager les novateurs, la convocation du concile général qu’il avait demandé au pape. Les membres de la diète convinrent que la convocation d’un concile était le parti le plus convenable et le plus régulier qu’on pôt prendre pour parvenir à la réforme des abus de l’église : mais ils soutenaient qu'un concile national, tenu en Allemagne , ferait plus d'effet que le concile général proposé par l'empereur. Quant à l'avis
* Steph. Broderick, Procancellarii Hungar. clades in campo Mohacz ap. Scardium , 11, 218. P. Barre, Hist. d’Ailemagne, tom. VUE part. 1, p. 198.
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qu’il leur donnait de ne point favoriser les novateurs, is en firent si peu de cas que, même pendant la durée de la diète de Spire, les théologiens qui avaient suivi l'électeur de Saxe et le landgrave de Kesse-Cassel, prèchaient publiquement et administraient les sacremens suivant les rits de la religion réformée !. L'exemple même de l’empereur enhardit les Allemands à traiter avec peu de respect l'autorité des papes. Dans la chaleur de son ressentiment contre Clément , il publia une longue réponse au bref plein de fie] que le pape avait composé pour faire l’apologie de sa conduite. L'empereur commencait son manifeste par une énuméralion détaillée de différens traits d'ugratitude, d'ambition et de mauvaise foi de ce pontife; il les peignait des couleurs les plus fortes et les plus chargées, et il finissait par appeler de son autorité à un concile général, Il écrivit en mème temps au collége des cardinaux pour se plaindre de l'injustice et de la partialité de Clément, et pour les exhorter, au cas que le pape refusàt ou différât la convocation d'un concile, à montrer l'intérêt qu'ils prenaient à la paix de l’église chrétienne , si honteusement abandonnée de son premier pasteur, en convoquant eux-mêmes le concile en leur nom 2. On répandit avec soin dans toute l'Allemagne le manifeste ereur, Gui , | pour la violence et l'amertume du style, ne le cédait pas aux écrits de Luther même ; il fut avidement lu par les personnes de tout rang, et l'impression qu'il fit détruisit aisément l'effet des protestations que Charles avait faites auparavant contre la nouvelle doctrine.
‘ Sleid , p. 103.
2Goldast., Polit. impér., p. 981.
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