p. 638. Struvius
L1546] aucun soupçon de ses desseins. L'électeur de Saxe même, lorsqu'il partit dès le commencement de la campagne pour se joindre à ses associés, mit ses états sous la protection de Maurice, qui, avec une trompeuse apparence d'amitié, lui promit de les défendre t. Mais à peine l’électeur en fut-il éloigné, que Maurice prit des mesures secrètes avec le roi des Romains, pour s'emparer du dépôt qu’on lui avait confié. L’empereur lui envoya bientôt une copie du ban de l'empire porté contre l'électeur et le landgrave. C'était à Maurice, comme étant le plus proche héritier , à sauver ces états de toute invasion, et Charles le somma par l'obéissance qu'il devait au chef de l'empire, sans parler de son intérét personnel , de se saisir incessamment des terres confisquées de l'électorat, l’avertissant en même temps que s’il refusait d'exécuter cet ordre, il se rendrait complice des crimes de son parent et s’exposerait aux mêmes peines 2,
Cet artifice fut vraisemblablement suggéré par Maurice, afin de faire passer sa conduite à l'égard de l'électeur pour un acte forcé d’obéissance , au lieu d’un attentat contre les droits du sang. Mais pour couvrir son ambition de prétextes encore plus spécieux, aussitôt après son retour de Ratisbonne, il assembla les états de sa principauté, et leur dit que la guerre étant inévitable entre l'empereur et les confédérés de Smalkalde , il avait besoin de leur avis pour se bien conduire dans cette circonstance. Préparés sans doute à cette demande, et disposés à plaire à leur prince, les états cherchérent à se conformer à ses vues, en lui conseillant d'offrir sa médiation aux deux partis; et si on la rejetait, ils étaient d’avis qu'en stipulant une entière sûreté pour la religion protestante , il obéit à l'empereur, Maurice ayant sur ces entrefaites reçu le rescrit impérial , ainsi que le ban contre l'électeur et le landgrave, convoqua une seconde fois les états, leur exposa les ordres qu'il venait de recevoir, et la peine dont on le menaçait en cas de désobéissance; ensuite il les informa que les confédérés avaient refusé sa médiation, et que l'empereur lui avait fait les promesses les plus satisfaisantes à l'égard de la religion. Il parla de l'intérêt qu'il avait à mettre à couvert les terres de l'électorat , et du danger de laisser des étran.
! Séruvius, Corp., p. 1,046.
* Sleid,, p. 391. Thuan, p. 84,
gers s'établir dans la Saxe; enfin, dit-il, comme ses sujets n'y étaient pas moins intéressés que lui-même, il voulait régler sur leurs avis la conduite qu'il tiendrait dans cette conjoncture épineuse et délicate, Les états, toujours soumis et complaisans , se fiant aux promesses de l'empereur pour la liberté de conscience, proposèérent, avant de venir à des mesures violentes, d'écrire au nom de l'assemblée à l'électeur, pour lui représenter que le meilleur moyen d'apaiser l'empereur et de garantir ses domaines d'être saisis par voie de confiscation ou de conquête, était de consentir que Maurice en prit possession paisiblement et à l'amiable, Ce prince seconda luimême leurs instances, dans une lettre qu'il écrivit au landgrave son beau-père. Une proposition si extravagante fut rejetée avec le dédain et l'indignation qu’elle méritait. Le landgrave, dans sa réponse à Maurice , lui reprocha sa trahison et son injustice envers un bienfaiteur , et lui montra le plus grand mépris pour son affectation à exécuter le ban de l’empire, dont la forme illégale et arbitraire ne pouvait pas lui laisser douter de sa nullité ; enfin il le pria de ne pas se laisser aveugler par l'ambition jusqu'à oublier tout ce qu’il devait à l'honneur et à l’amitié, ou jusqu’à trahir la religion protestante, qu’on se proposait dans cette guerre, de l’aveu même du pape, d'éteindre et d’abolir par toute l’Allemagnet,
Mais Maurice s'était engagé trop avant pour être arrêté par des raisons ou par des reproches. Le seul parti qu'il eût à prendre était d'exécuter par la force ce qu’il avait préparé par l’artifice et la dissimulation. Aussi hardi à consommer son projet qu'il avait été adroit à le former, il assembla environ douze mille hommes. Il envahit une partie de l'électorat, tandis que Ferdinand avec une armée de Bohémiens et de Hongrois se jetait sur l'autre. Maurice en deux combats sanglans défit les troupes que l'électorat avait laissées pour la garde de ses états; et, profitant de ses avantages, il se rendit maître en personne de tout l'électorat , à l'exception de Wi ttemberg, Gotha et Eisenach, places fortes qui, défendues par de bonnes garnisons, refusérent d'ouvrir leurs portes. La nouvelle de ces conquêtes ra. pides parvint bientôt aux deux camps des im:
? Sleid., p. 405, etc Thuan., p.85. CGamerar,, p, 184.
à70 HISTOIRE DE CHARLES-QUINT.
646) l périaux et des confédérés. Dans le premier, elle | de la cause commune : d'un. autre côté, le peu on fut reçue avec des démonstrations de joie pro- | de succès de tous leurs efforts pour obtenir des bri portionnées à l’importance dont on avait jugé | secours étrangers, et la rigueur de la saison qui lièi ce succès; mais l'autre parti fut saisi d'étonne- obligeait un si grand nombre de soldats et À ble
ment et de terreur. Le nom de Maurice devint même d'officiers à quitter le service. Toutes ces
3 Sleid., p. 411.
la:
en exécration ; on le regarda comme un apostat | considérations leur firent conclure qu'il ne leur le de sa religion, un traître à la liberté germa- | restait d'autre ressource que de forcer les impé- no! nique, un perfide en un mot qui avait violé les | riaux au combat par une attaque soudaine, ou lhi droits les plus sacrés. La rage et l'esprit de parti | bien d'entrer en négociation d'accommodement art se déchaînèrent contre lui; satires, invectives, | avec l'empereur, Mais l'abattement et la conster- et libelles, déclamations dans les chaires et dans | nation s'étaient si fort emparés de {ous les es. att les écrits, avec toute la grossièreté du style de prits, qu'entre ces deux partis ils choisirent le pla ce siècle, rien ne fut épargné pour le noircir et | moins courageux , et donnèrent pouvoir au mi- ou le rendre odieux. Cependant, se confiant tou- nistre de l'électeur de Brandebourg de faire en et[ jours dans son adresse ordinaire, comme si sa | leur nom des ouvertures de paix. apr conduite eût pu se justifier, il publia un mani- Dès que l’empereur s'apcrçut que cette fière lect feste qui contenait toutes les raisons frivoles | ligue, qui l'avait menacé de le chasser de l'Alle- but qu'il avait d'abord alléguées dans l'assemblée | magne, s'abaissait jusqu'à faire les premières Ful de ses états, et dans sa lettre au landgrave 1, avances, il jugea qu’elle avait perdu sa vigueur sag L'électeur, au premier avis qu’il reçut des | avec l'esprit d'union. Prenant aussitôt le ton de tion mouvemens de Maurice, se proposait de mar- vainqueur, comme si les confédérés étaient déjà Sou Cher avec des troupes au secours de la Saxe ; | à sa merci, il ne voulut point entendre parler de In mais les députés de la ligue assemblée à Ulm négociation, à moins que, pour préliminaire, cau: obtinrent de lui en ce moment qu'il préférerait | l'électeur de Saxe ne consentit à s'abandonner mer la cause commune à la sûreté de ses états. Enfin, | entièrement lui et ses états à sa disposition t, Ces dan touché des souffrances et des plaintes réitérées | honteuses conditions n'eusseut pas été suppor- com de ses'sujets, l'électeur montra la plus vive im- | tables, même dans la Situation la plus déses- mes patience d'aller les délivrer de l'oppression de | pérée; aussi furent-elles rejetées par un parti qui dér Maurice et de la cruauté des Hongrois, qui fai- | était plutôt déconcerté que subjugué. Mais, enre- lége saient la guerre avec cette espèce de barbarie | fusant de se soumettre lâchement à la volonté de ce f qu'on croyait légitime contre les Turcs, et qui l'empereur, ils n’eurent pas assez de vigueur pour pere commettaient partout les plus grands excès de | prendre l'unique moyen de conserver leur indé- la r violence et de rapine. Le désir de l'électeur était pendance ; c'était de rester unis en un seul corps : d'A FE si naturel, et il y mit tant de chaleur, que les jusqu'alors cette union avait rendu la confédéra- chas k députés d'Ulm n'osérent refuser entièrement d'y tion formidable, au point que les impériaux bire condescendre , quoiqu’ils prévissent les malheu- avaient pensé plus d’une fois à se retirer, Cepen- de l reuses conséquences qui résulteraient de la divi- dant les confédérés, qui, s'ils fussent restés unis, Li sion de l’armée, Cependant, avant de rien arré- auraient toujours tenu l'empereur en respect, pren ter, ils se rendirent au camp des confédérés à malgré leur diversion en Saxe, après avoir cédé son Giengen sur la Brentz, afin de les consulter, | aux instances de l'électeur, consentirent à diviser vec] L: Ceux-ci ne furent pas moins embarrassés sur le | l'armée, Neuf mille hommes furent laissés dans M 4 Iparti qu'ils devaient prendre dans une conjonc- | le duché de Wittemberg pour défendre cette cercl ture si critique. Ils voyaient d'un côté la déser- | province, ainsi que les villes de la Haute-Alle- leurs ion ouverte d'une partie de leurs alliés ; la froi. | magne. Un Corps considérable marcha vers Ja se 80 deur et l'indifférence de plusieurs autres qui | Saxe avec l'électeur; mais la plupart des confé- bour n'avaient jusqu'ici contribué en rien aux charges | dérés retournèrent avec leurs chefs dans leur du d: de la guerre, et la pesanteur du fardeau qui | pays où ils se disperstrent 2. Ainsi allait tomber tout entier sur les défenseurs zélés Dès que la confédération eut séparé ses forces, d'ébr ! Hortensius, ap. Scard,, vol, 11, p, 485, ‘TI * Sleid., p. 409, 410
11646) un, autre côté, le peu orts pour obtenir des zueur de la saison qui ombre de soldats et le service. Toutes cet conclure qu’il ne leur 1e de forcer les impéttaque soudaine, ou n d’accommodement (tement et la consterparés de tous les esartis ils choisirent le èrent pouvoir au mindebourg de faire en > paix.
crçut que cette fière : le chasser de l’Allefaire les premières ait perdu sa vigueur int aussitôt le ton de fédérés étaient déjà tentendre parler de pour préliminaire, ntÎt à s’abandonner sa disposition {, Ces eut pas été supportion la plus déses- Lées par un parti qui 1bjugué. Mais, enrenent à la volonté de ssez de vigueur pour onserver leur indéis en un seul corps :
rendu la confédéraque les impériaux serctirer. Cepenfussent restés unis, ereur en respect, , après avoir cédé isentirent à diviser urent laissés dans ur défendre cette de la Haute-Allele marcha vers la lupart des confés chefs dans Jeur
séparé ses forces, , 485.
on cessa de la craindre, et chacun de ses membres, qui trouvait auparavant sa sûreté particulière dans l’union générale , commença à trembler en se voyant exposé seul à tout le poids de la vengeance de l'empereur. Il ne leur laissa pas le temps de se reconnaitre ni de former une nouvelle ligue. Quoique ce fût au plus fort de l'hiver, à peine furent-ils dispersés qu'il mit son armée en marche, résolu de tenir la campagne, et de profiter d’une conjoncture favorable qu'il attendait depuis si long-temps. Quelques petites places où l'ennemi avait laissé des garnisons lui ouvrirent leurs portes. Nordlingen, Rothenberg et Halle, villes de l'empire, se soumirent bientôt après. Cependant Charles ne put empêcher l’électeur de lever en se retirant de fortes contributions sur l’archevèque de Mayence, l'abbé de Fulde, et d’autres ecclésiastiques !. Mais ce désagrément fut plus que compensé par la reddition d'Ulm, l'une des principales villes de la Souabe, et distinguée par son zèle pour la ligue. Ï ne fallut qu'un exemple de désertion dans la cause commune pour entrainer le reste des membres ; chacun voulut rentrer des premiers dans son devoir, afin d'obtenir une meilleure composition. L’électeur palatin, malgré sa promesse de rester neutre, avait envoyé aux confédérés quatre mille chevaux : c'était un secours si léger, qu'à peine pouvait-il être compté; mais ce fut une assez grande faute aux yeux de l'empereur, qui obligea ce prince faible à en faire la réparation la plus humiliante. Les habitans d’Augsbourg, ébranlés par la déroute générale, chassèrent de leur ville le brave Schertel, et subirent les conditions que leur prescrivit le chef de l'empire.
Le duc de Wittemberg, quoiqu'il eût été des premiers à se soumettre, fut obligé d’implorer son pardon à genoux; encore ne l'obtint-il qu'avec peine ?.
Memmingen et d’autres villes libres dans le cercle de la Souabe, se voyant abandonnées de leurs premiers associés, ne virent de sûreté qu'à se soumettre à la discrétion de l’empereur. Strasbourg et Francfort-sur-le-Mein, places éloignées du danger, n’en montrèrent pas plus de fermeté. Ainsi cette ligue, dont la puissance menaçait d'ébranler le trône impérial même, fut dispersée
1 Thuan., p. 88.
** Mémoires de Ribier, tom. 1, p. 589
et détruite en peu de semaines. Presque aucun des confédérés ne resta sous les armes, excepté l'électeur et le landgrave , que l'empereur ne se mit pas en peine de ramener, les ayant dès le
commencement dévoués à ses vengeances. Mais
ceux mêmes qui se soumirent n'obtinrent pas un pardon généreux et sans condition; Charles abusa de sa supériorité pour les traiter avec hauteur et sans ménagement. Tous les princes et les députés des villes se virent forcés d'implorer sa clémence dans la posture humiliante de supplians. Comme il avait alors le plus grand besoin d'argent, il leur imposa de grosses ameudes qu’il leva sans la moindre remise. Le duc de Wittemberg paya trois cent mille écus; la ville d’Augsbourg, cent cinquante mille: Ulm, cent mille; Francfort, quatre-vingt mille: Memmin gen, cinquante mille, et les autres états à proportion de leurs richesses et selon le degré de leur faute. De plus ils furent obligés de renoncer à la ligue de Smalkalde; de fournir des secours , s'ils en étaient requis, pour l'exécution du ban de l'empire contre l'électeur et le landgrave ; d'abandonner à Charles toute leur artillerie et toutes leurs munitions: de recevoir garnison dans leürs principales villes et forteresses : et dans cet état de dépendance et de désarmement il leur fallut attendre la dernière sentence que l'empereur s'était réservé de prononcer à la fin de la guerre!. Mais en leur dictant ainsi des lois à son gré, ce prince eut toujours l'adresse de ne rien déclarer qui intéressât la religion; et les confédérés, dans leur consternation, oubliant le zèle dont ils avaient été jusqu'alors animés, ne s’occupèrent que de leur sûreté particulière , sans oser faire mention d’un article sur lequel l'empereur leur imposait silence par son exemple, Les habitans de Memmingen furent les seuls qui risquèrent quelques faibles efforts pour obtenir la promesse d’être protégés dans l'exercice du protestantisme; mais les ministres de l’empereur
reçurent leur demande d’une manière qui les en
fit bientôt désister.
L’électeur de Cologne, qui, malgré la sen-
tence que le pape avait portée contre lui > était resté, du consentement de Charles, en possession de son archevêché, fut alors sommé par l'empereur même de se soumettre aux censures
! Sleid., p. 411, etc. Thuan., lib, 1v. P. 125. Mém. de Ribier, tom, 1, p. 606.
Ef
ressé, craignant d'exposer ses sujets aux mal-
heurs de la guerre, résigna volontairement sa
place, Par un esprit de modération, convenable
à son âge et à son ministère, il aima mieux jouir
de la vérité et de l'exercice de sa religion dans
la solitude d’une vie privée, que de troubler la société en risquant le sort douteux des combats Pour conserver son rang {.
Cependant l'électeur de Saxe se présenta aux
“ntières de ses états; et comme Maurice ne put «sembler assez de troupes pour l'arrêter >ilre- Couvra promptement la possession de ses domaines, prit sur son rival la Misnie, et le dépouilla de tous ses territoires, à l'exception de Dresde et de Leipsick, villes assez fortes pour résister quelque temps. Obligé de quitter la campagne et de s’enfermer dans sa capitale, Maurice dépêcha courrier sur courrier à l'empereur pour l’informer du danger où il se trouvait et le presser vivement de marcher à son secours. Mais Charles, occupé pour lors à prescrire des conditions aux membres de la ligue qui rentraient successivement dans leur devoir, crut qu'il suffisait de détacher vers la Saxe A!bert, marquis de Brandebourg-Anspach, à la tête de trois mille hommes. Cei officier, quoique très propre à une pareille expédition, se laissa surprendre par l'électeur, qui lui tua la plus grande partie de ses troupes, mit en fuite le reste, et le fit lui-même prisonnier 2, Ainsi Maurice se trouvait plus en danger que jamais, et sa ruine était inévitable, si son ennemi eût su profiter de l’occasion. Mais l'électeur, toujours arrêté par sa lenteur et son irrésolution, soit qu’il eût seul ou qu'il partageât le commandement, ne donna d'autre preuve d'activité que celle d’avoir surpris Albert. Au lieu de marcher droit à Maurice, que la défaite de son renfort avait déconcerté, il eut l’imprudence d'écouter des ouvertures d'accommodement de la part d’un ennemi insidieux, qui ne voulait que l'amuser et traîner la guerre en longueur,
La situation des affaires de l'empereur ne lui permettait pas en ce moment d'aller au secours de son allié. Pour se dispenser d'entretenir un ombre superflu de troupes, il avait, après la dispersion de l'armée des confédéres, congédié
% Sleid., p. 418. Thuan,, lib. 1v, p, 428.
* D'Avila, p. 836. Mém. de libier, tom. 11, p. 592.
de l'église. Mais ce prélat vertueux et désinté- | le comte de Buren avec ses Flamands !
mL croyant que les Espagnols et les Allemands, joints aux
forces du pape, suffraient Pour réprimer les derniers efforts des membres de la ligue. Mais Paul commençait, quoique trop tard, à se repentir d’avoir fait une alliance dont les plus sages Vénitiens s'étaient efforcés en vain de le détourner. Ce furent les rapides progrès de l’ar. mée impériale et la prompte destruction de la ligue protestante qui lui firent ouvrir les yeux, Lès ce moment, il oublia tous les avantages qu'il s'était promis d'un triomphe complet sur l'hérésie, et ne vit plus que la faute qu'il avait faite en contribuant à étendre la Puissance de l'empereur au point de lui frayer par l'oppression de la liberté de l'Allemagne un chemin à Ja domination absolue sur toute l'Italie. Dès qu'il se fut aperçu de son imprudence , il tâcha de la réparer. Sans informer l'empereur de ses intentions , il ordonna à Farnèse, son petit-fils, de revenir au plus tôt avec les troupes qu'il commandait, et il retira la permission qu'il avait donnée à Charles de s'approprier en Espagne une grande portion des terres du clergé. li ne manquait pas de prétextes pour justifier cette brusque désertion. Le terme de six mois, auquel se bornaient les stipulations de son traité avec l’empereur, venait d’expirer. La ligue que leur alliance avait pour but de détruire semblait être entièrement dissipée. D'un autre côté, Charles, dans toutes ses négociations avec les villes et les princes qui s'étaient Soumis, n’avait jamais consulté le pape, ni pensé à lui assigner la moindre part dans ses conquêtes et dans les énormes contributions qu'il avait levées. Enfin il n'avait fait aucune démarche pour la destruction de l’hérésie ou pour le rétablissement de la religion catholique, deux objets que Paul s’était proposés en lui ouvrant si libéralement les trésors de l'église, Ces prétextes, quelque spécieux qu'ils fussent , n’en imposèrent point à l’empereur sur la secrète jalousie qui était le vrai motif de la conduite du pontife. Mais, comme l'ordre expédié pour le rappel des troupes d'Italie était aussi absolu qu'imprévu, il fut impossible de les retenir. Charles se récria hautement contre la trahison du pape qui l'abandonnait sans sujet au moment de terminer une guerre entreprise
* D’Avila, p. 836, Mém, de Ribier, tom. 11, p. 592.
pirat gran événe d'en ( avant Allem établi rendi!
oublie elle y versel de vin tude d L’adm restrei les au désirë:
popula respec!
sée de ses tal loux de conseil modér:
conyrai jamais Fra- P. 126,
ses Flamands, croyant Allemands, joints aux ent pour réprimer les ibres de la ligue, Mais [ue trop tard, à se realliance dont les plus efforcés en vain de le rapides progrès de l’ar.
mpte destruction de la firent ouvrir les yeux.
lia tous les avantages triomphe complet sur ue la faute qu'il avait endre la puissance de ui frayer par l'oppresmagne un chemin à Ja oute l'Italie. Dès qu'il udence , il tâcha de la mpereur de ses intense, son petit-fils, de les troupes qu'il comermission qu'il avait proprier en Espagne rres du clergé. li ne S pour justifier cette ne de six mois, auquel ms de son traité avec er. La ligue que leur détruire semblait être autre côté, Charles, 1s avec les villes et les S, n'avait jamais coni assigner la moindre et dans les énormes vées. Enfin il n'avait r la destruction de sement de la religion ue Paul s'était proralement les trésors relque spécieux qu'ils int à l’empereur sur le vrai motif de la , comme l’ordre exroupes d'Italie était fut impossible de les hautement contre la ndonnait sans sujet > guerre entreprise
ier,tom. Il, p. 592.