‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme] (volume 2)Chapitre 64 sur 112 · Mém. de Ribier, ani, Z£stor., lib. vin · texte numérisé non relu

Mém. de Ribier, ani, Z£stor., lib. vin

1551] pu subordonnée dérangerait souvent le mouvement

général, et déconcerterait les résultats les plus !

importans auxquels il s'était attendu. Il survint

en effet des circonstances qui firent naître de |

nouveaux obstacles à l'exécution de son plan sur

Ja religion. Jules INT, dans les premiers épanche- |

mens de sa joie et de sa reconnaissance, lors de

son élévation au trône pontifical, avait confirmé |

Octave Farnèse dans la possession du duché de Parme; mais il ne tarda pas à se repentir de sa générosité et à en apercevoir des conséquences qu'il n'avait pas prévues , et dont il n'avait pas été touché lorsque le sentiment de ses obligations envers la famille de Farnèse était encore

sur Parme qu’il regardait comme un fief de l’empire. Gonzague, gouverneur de Milan, qui avait été l’un des principaux auteurs du meurtre de Pierre-Louis Farnèse , dernier duc de Plaisance, sentant bien qu’un tel outrage ne se pardonnerait jamais, avait juré la ruine d’une maison qui devait le détester; il employa tout le crédit que ses longs services lui donnaient sur l'esprit de l'empereur, à lui persuader de £emparer de Parme par la force des armes. Charles, entraîné par ses sollicitations et par le désir qu'il avait lui-même de réunir Parme au Milanais, goûta

d'obtenir aucun secours du pape, fut obligé de chercher ailleurs la protection dont il avait besoin. Henri Il était le seul prince qui fût assez puissant pour la lui donner, et il se trouvait heureusement dans des circonstances qui lui permettaient de goûter une pareille proposition. 11 venait de terminer, de la manière qu'il le désirait, les affaires qu’il négociait depuis quelque temps avec les deux royaumes de la Grande- Bretagne, affaires “qui avaient jusqu'alors détourné son attention de celles du continent: il devait ce succès en partie à la vigueur de ses armes, en partie à son adresse à tirer avantage

| des factions politiques qui déchiraient les deux récent. L'empereur avait toujours conservé Plai- |

sance, et n'avait pas renoncé à ses prétentions |

royaumes, et qui mettaient autant de violence et de précipitation dans les démarches des Écos-

| sais que de faiblesse et d'incertitude dans celles | des Anglais. Il avait obtenu des Anglais des

cette proposition; et Gonzague, que la plus lé- |

gère apparence d'approbation encourageait, commença à rassembler des troupes et à faire d'autres préparatifs pour l'exécution de son projet.

Octave, averti du danger qui Je menaçait, vit la nécessité de veiller à sa propre sûreté, en :

augmentant là garnison de sa capitale, et en levant des soldats pour défendre le reste du pays. Mais comme la modicité de ses revenus ne lui permettait pas de faire des efforts si dispendieux, il exposa sa situation au pape, et implora la protection et l'assistance qu’il avait droit d'attendre en qualité de vassal de l'église. Ce- Pendant le ministre impérial avait déjà prévenu le pape; et en lui exagérant sans cesse le danger d'offenser l'empereur, et l'imprudence de souytenir Octave dans une usurpation si nuisible au

saint siége, il était venu à bout de détacher en-

tièrement Jules de la famille des Farnèse. La re- !

quête d'Octave fut en conséquence rêçue très froidement , et ce prince ayant perdu l'espérance

conditions de paix favorables aux Écossais ses alliés; il avait déterminé les nobles d'Écosse non: seulement à fiancer leur jeune reine au dauphin, mais encore à la faire passer en France pour y être élevée sous ses yeux ; il avait enfin recouvré Boulogne et son territoire, qui avaient été conquis par Henri VIII.

Après avoir fait ces arrangemens si avanta.

geux à sa couronne, et s'être délivré avec honneur du fardeau de la guerre qu’il faisait À l’'Angleternt et des secours qu'il fournissait aux Écossais, Henri se trouvait en pleine liberté de poursuivre les mesures que lui suggérait naturellement sa jalousie héréditaire contre la puissance de l’empereur. Il reçut donc avec plaisir les premières ouvertures que lui fit Octave Farnèse, et saisissant avec avidité l'occasion qu'on lui présentait de rentrer en Italie, il conclut surle-champ un traité dans lequel il promit de soutenir la cause d'Octave et de lui fournir tous les secours dont il aurait besoin. Cette négociation ne put pas être long-temps ignorée du pape, qui, prévoyant les calamités que produirait la guerre si elle se rallumait si près de l’état ecclésiastique, expédia aussitôt des lettres monitoriales par lesquelles il requérait Octave de renoncer à sa nouvelle alliance, Octave ayant refüsé de se conformer à cette réquisition, Jules prononça, peu de temps après, qu’il avait perdu tout droit à son fief, et il lui déclara la guerre comme à un vassal désobéissant et rebelle, Mais comme il ne pouvait pas espérer de triompher,

avec ses forces seules, d’un prince soutenu par un allié aussi puissant que le roi de France, il eut recours à l’empereur, qui, de son côté, refloutant l'établissement des Français dans Parme, lonna ordre à Gonzague de faire marcher toutes ses troupes pour seconder le pape. Ainsi les Français prirent les armes comme alliés d’Octave, et les impériaux comme protecteurs du saint siége, et tandis que les hostilités commençaient entre eux, Charles et Henri affectaient de publier qu’ils resteraient inviolablement attachés à la paix de Crépy. La guerre de Parme ne fut distinguée par aucun événement mémorable. Il se donna plusieurs petits combats avec des succès divers : les Français ravagèrent une partie du territoire ecclésiastique; les impériaux dévastèrent le Parmesan; et après avoir commencé de faire en règle le siége de Parme, ils furent obligés d'abandonner honteusement cette entreprise {.

Les mouvemens et les alarmes, que les pré:

paratifs et les opérations de cette guerre occasionaient en Italie, empéchèrent la plupart des prélats italiens de se rendre à Trente au premier de mai, jour fixé pour l'assemblée du concile. quoique le légat et les nonces du pape y fussent arrivés, ils furent obligés de s’ajourner au premier de septembre, dans l'espérance qu'il s'y trouverait alors un nombre suffisant de prélats et de docteurs pour commencer avec décenceles délibérations. Il s’y rendit à cette époque environ soixante prélats, pour la plupart de l’état ecclésiastique ou d'Espagne, et un petit nombre d'Allemands ?, La session s’ouvrit avec les formalités accoutumées, et les pères du concile étaient près d'entamer les affaires, lorsque l'abbé de Bellosane parut, et, présentant des lettres de créance en qualité d’ambassadeur de Henri, demanda audience. L’ayant obtenue, il protesta , au nom du roi son maître, contre une assemblée convoquée dans des circonstances si peu convenables, et lorsqu'une guerre allumée sans motifs, par le pape, mettait les députés de l'église gallicane dans l'impossibilité de se rendre à Trente en sûreté, ou d'y délibérer avec la tranquillité nécessaire sur les articles de foi et

lAdriani, Zstor., Vib, vin, p. 505, 514, 524. Sleidan, p. 613. Paruta, p. 220. Letiere del Caro, scritte al nome del Card. Farnese, tom. H, p, 11, etc.

2 Fra-Paolo, p, 268.

de discipline ; il déclara que son maître ne regarderait pas cette assemblée comme un concile général et écuménique, mais seulement comme un conventicule particulier et partiel !. Le légat affecta de mépriser cette protestation, et les prélats procédèrent, malgré cet incident, à l’examen et à la décision des grands points qui étaient en controverse sur leucharistie, la pénitence et l'extrème-onction. Cependant la démarche du roi de France devait ébranler nécessairement l’autorité du concile; les Allemands ne pouvaient avoir beaucoup d'égards pour une assemblée dont la légitimité était attaquée, à l'ouverture même de ses séances, par le second monarque de la chrétienté; et ils n'étaient pas disposés à respecter les décisions d'un petit nombre d'hommes qui s’arrogeaient, sans y être autorisés, tous les droits appartenant aux re: présentans de l’église universelle.

L'empereur, cependant, s’occupa à mettre en œuvre toutes les ressources de son autorité, pour établir la réputation et la juridiction du concile. Il avait eu assez de crédit sur les trois électeurs ecclésiastiques, qui étaient, après le pape, les princes de l’église les plus éminens en puissance et en dignité, pour!les déterminer à assister en personne au concile; et il avait obligé plusieurs évêques allemands, d'un rang inférieur , à se rendre eux-mêmes à Trente, ou à y envoyer leurs représentans. Il accorda un saufconduit impérial aux ambassadeurs nommés par l'électeur de Brandebourg, le duc de Wittemberg et d’autres princes protestans pour assister au concile; et il exhorta ces princes à y envoyer aussi leurs théologiens pour proposer, expli quer et défendre leur doctrine, Son zèle, en même temps, anticipa les décrets du concile; et comme si les opinions des protestans avaient déjà été condamnées, il prit ouvertement des mesures pour achever de les anéantir. Dans cette vue il fit assembler les ministres d’Augsbourg, et après les avoir interrogés sur différens points de controverse, il leur enjoignit de ne rien enseigner sur ces articles de contraire aux dogmes de l’église romaine. Ces ministres ayant refusé de se conformer à une réquisition si contraire aux mouvemens de leur conscience, Charles leur ordonna de sortir de la ville en

? Sleid.. p. 818. Thuan., p. 262, Fra-Paolo, p. 301.

e son maître ne ree comme un concile s seulement comme t partiel !. Le légat protestation, et les cet incident, à l’exagrands points qui ucharistie, la péni- Cependant la dévait ébranler nécescile; les Allemands ) d'égards pour une é était attaquée , à nces, par le second et ils n'étaient pas écisions d'un petit geaient, sans y être ppartenant aux re.

selle.

s'occupa à mettre es de son autorité, t la juridiction du > crédit sur les trois ii étaient, après le les plus éminens en ur'les déterminer à le; et il avait obligé s, d'un rang infées à Trente, ou à y IL accorda un sauf.

adeurs nommés par le duc de Wittemestans pour assister princes à y envoyer r proposer, expli ine. Son zèle, en crets du concile; et protestans avaient it ouvertement des les anéantir. Dans s ministres d’Augsterrogés sur difféil leur enjoignit de ticles de contraire aine. Ces ministres r à une réquisition de leur conscience, rtir de la ville en

Fra-Paolo, p. 301.

trois jours, sans révéler à personne la cause de leur bannissement; il leur défendit de prècher à l'avenir dans aucun pays souinis à la juridiction impériale , et leur fit prêter serment d'obéir scrupuleusement à ces ordres. Ils ne furent pas les seules victimes de son zèle; le clergé protestant, dans la plupart des villes du cercle de la Souabe, fut traité avec la même violence; en plusieurs endroits, les magistrats qui s'étaient distingués par leur attachement aux nouvelles opinions, furent destitués brusquement et sans forme judiciaire, et l'empereur disposa arbitrairement de leurs places en faveur des plus fanatiques de leurs adversaires. Le culte réformé fut presque entièrement aboli dans toute l'étendue de cette vaste province. Les priviléges anciens des villes libres furent violés. Le peuple fut forcé d'assister au ministère de prêtres qu’il regardait avec horreur comme des idolâtres, et de se soumettre à la juridiction de magistrats qu'il détestait comme des usurpateurs {,

L'empereur, ayant, par ces violences, manifesté d’une manière plus claire qu’il ne l'avait encore fait l'intention où il était de renverser la constitution germanique et d’extirper la religion protestante, partit pour Inspruck, dans le Tirol ; il fixa sa résidence dans cette ville, qui,

Par sa situation dans le voisinage de Trente et

sur les confins de l'Italie, paraissait une place commode , d’où il serait à portée d'observer à la fois les opérations du concile et les progrès de la guerre de Parme, sans perdre de vue ce qui pouvait se passer en Allemagne 2,

Cependant le siége de Magdebourg se continuait avec des succès alternatifs. Lorsque Charles avait proscrit les bourgeois de cette ville et les avait mis au ban de l'empire, il avait employé en même temps auprès des états voisins les exhortations et l'autorité pour leur faire prendre les armes contre ces mêmes bourgeois, qu’il traitait de rebelles et d'ennemis communs de l'empire. Séduit par ses exhortations et ses promesses, George de Mecklenbourg, frère cadet du ducrégnant, prince actif et ambitieux, rassembla un nombre considérable des soldats de fortune qui avaient accompagné Henri de Brunswick dans ses bizarres expéditions; et quoiqu'il fût lui-même un zélé luthérien, il en-

1 Sleid., p. 516, 528 .Thuan., p. 276, 2 Sleid., 329,

vahit les territoires de Magdebourg, espérant mériter par ses services que l'empereur lui accordât la propriété d’une partie deces domaines. Les bourgeois, qui n'étaient pas encore accoutumés à supporter patiemment les calamités de la guerre, firent une sortie pour sauver leurs terres du pillage; ils attaquèrent le duc de Mecklenbourg avec plus de valeur que de prudence, et furent repoussés après avoir perdu beaucoup de monde. Mais comme ils étaient animés de cet esprit indomptable que donne le zèle de la religion joint à l'amour de la liberté, loin de se laisser décourager par ce premier revers, ils se préparèrent à la plus vigoureuse défense. Un grand nombre de soldats vétérans, qui avaient servi dans les longues guerres de l’empereur et du roi de France, ayant offert leurs services aux assiégés, sous la conduite d'officiers braves et expérimentés, les habitans acquirent par degrés les connaissances militaires, et joignirent les avantages de la dis- Gpline à l’activité du courage. Le duc de Mecklenbourg , mafgré le premier succès qu'il avait eu sur les habitans, n’osa pas investir une ville très bien fortifiée et défendue par une si bonne garnison ; il continua de ravager le plat pays. Comme l'espérance du butin attirait au camp des assiégeans un grand nombre d'aventuriers, Maurice de Saxe devint jaloux du crédit que pouvait acquérir un prince qui avait à ses ordres un corps de troupes si nombreux; il marcha aussitôt vers Magdébourg avec ses propres troupes, et prit le commandement en chef de toute l'armée: c'était un honneur auquel son rang et ses talens, ainsi que la nomination de la diète, lui donnaient un droit incontestable. Avec ces deux corps réunis, il investit la ville et commença le siége en règle. Tandis qu'il se faisait auprès de Charles un mérite de cette expédition et de son zèle à exécuter le décret impérial, il s'exposa encore une fois aux censures et aux malédictions du parti dont il partageait les sentimens sur la religion. Cependant les approches de la place se faisaient lentement; la garnison troublait les assiégeans par de fréquentes sorties, dans l’une desquelles le duc de Mecklenbourg fut fait prisonnier; elle détruisait à mesure leurs ouvrages et enlevait des soldats dans les postes avancés. Les bourgeois de Magdebourg, animés par les discoiirs de leurs pas-

teurs, et les soldats de la garnison, encouragés par l’exemple de leurs officiers, supportaient sans murmurer toutes les fatigues du siége et se défendaient toujours avec le même zèle qu'ils avaient montré d’abord: d’un autre côté les soldats des assiégeans se relâchaient au contraire de leur ardeur, et murmuraient de tout ce qu'ils étaient obligés de souffrir dans un service qui leur déplaisait ; ils se soulevèrent même plusieurs fois en demandant ce qui leur était dû de leur solde, qu’on n’avait pu leur payer depuis quelque temps, parce que les Allemands ne contribuaient qu'avec répugnance aux dépenses de cette terre !. Maurice avait d’ailleurs des motifs particuliers et qu’il n’osait pas encore avouer, pour ne pas pousser le siége avec vigueur; il aimait encore mieux rester à la tête d’une armée, exposé à toutes les imputations auxquelles la lenteur de ses opérations donnait lieu, que de précipiter une conquête, qui , en ajoutant quelque chose à sa gloire, l'aurait mis dans la nécessité de licencier ses troupes.

Cependant les habitans commençaient à souffrir les horreurs de la disette; Maurice se voyant dans l'impossibilité de prolonger davantage le siége, sans donner à l’empereur des soupçons qui auraient déconcerté toutes ses mesures, il conclut à la fin un traité de capitulation avec la ville, aux conditions suivantes : que les habitans imploreraient avec soumission la clémence de l’empereur; qu’à Pavenir ils ne prendraient point les armes, et n’entreraient dans aucune alliance contre la maison d'Autriche; qu’ils reconnaîtraient l'autorité de la chambre impériale ; qu’ils se conformeraïent aux décrets de la diète d’Augsbourg sur la religion; que les nouvelles fortifications qui avaient été ajoutées à la place seraient démolies; qu’ils paieraient une amende de cinquante mille couronnes; qu'ils livreraient à l’empereur douze pièces d'artillerie, enfin qu’ils donneraient la liberté sans rançon au duc de Mecklenbourg et à tous les autres prisonniers. Le lendemain la garnison sortit de la ville; et Maurice en prit possession avec toute la pompe militaire.

Avant que les articles de la capitulation fussent entièrement convenus, Maurice avait eu

Piusieurs conférences avec Albert, comte de |

! Thuan., p. 277. Sleid., p. 514.

Mansfeldt, qui avait le principal commandement à Magdebourg , et avec le comte Heideck, officier qui avait servi avec beaucpup de distinction dans les troupes de la ligue de Smalkalde, que l'empereur avait proscrit à cause de son zèle pour la cause protestante, et que Maurice avait secrètement engagé à son service et admis dans sa confiance la plus intime. Il leur communiqua un plan qui depuis long-temps occupait son esprit, et dont le but était de procurer la liberté au landgrave, son beau-père, de rétablir les priviléges du corps germanique, et de mettre des bornes aux dangereuses usurpations de la puissance impériale. Après les avoir consultés sur les mesures qu’il serait nécessaire de prendre pour assurer le succès d’une entreprise si périlleuse, il donna à Mansfeldt des assurances secrètes que les fortifications de Magdebourg ne seraient

| point détruites, et que les habitans ne seraient ni troublés dans l'exercice de leur religion ni

privés d'aucune de leurs anciennes immunités. : Afin d'engager plus sùrement Maurice, par son

propre intérêt, à remplir ces promesses, le sénat . deMagdebourg l'élut nour son burgrave , dignité | qui avait anciennement appartenu à la maison électorale de Saxe, et qui lui donnait une: juridiction très étendue, tant dans la ville que dans le territoire 1.

Ainsi les bourgeois de Magdebourg, après avoir soutenu un siége d’une année entière, après avoir combattu pour leur liberté civile et religieuse, avec une intrépidité digne de la cause qu'ils défendaient, furent enfin assez heureux pour conclure un traité qui les laissa dans un meilleur état que ceux de leurs compatriotes qui, par timidité et par défaut d’esprit patriotique, s'étaient soumis si bassement à l'empereur. Mais tandis qu’une grande partie de l'Allemagne applaudissait au courage des Magdebourgcois.

et se réjouissait de les voir échappés à la destruction dont ils avaient été ménacés, tout le monde admira l'habileté de Maurice dans la conduite de sa négociation avec eux , et l'adresse avec laquelle il avait su tourner chaque événement à son avantage. On voyait avec étonnement qu'après avoir fait éprouver aux habitans de Magdebourg , pendant plusieurs mois, toutes les

? Sleid., p. 528. Thuan., p. 276. Obsiditionis Magdeburg.descript. per Sebast. Besselmiorum ap. Scard., l lib. u, p. 518.

Be en ‘ns: tt ER

ipal commandement mte Heideck, officier ) de distinction dans malkalde, que l’eme de son zèle pour la aurice avait secrètee et admis dans sa eur communiqua un occupait son esprit, ocurer la liberté au de rétablir les privie, et de mettre des rpations de la puisvoir consultés sur les ire de prendre pour eprise si périlleuse, urances secrètes que ebourg ne seraient habitans ne seraient de leur religion ni iciennes immunités, nt Maurice, par son s promesses , le sénat on burgrave, dignité artenw à la maison ai donnait une jurians la ville que dans

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. Obsiditionis Magdeselmiorum ap. Star,

horreurs de la guerre , il était à la tin, par uné élection volontaire, revêtu de l'autorité suprême dans cette même ville qu'il venait d’assiéger, et qu'après avoir été si long-temps l'objet de leurs déclamations et de leurs satires, comme aposlat et ennemi de la religion qu'il professait, ces mêmes habitans paraissaient mettre une confiance sans bornes dans son zèle et dans sa bienveillance !, En même temps les articles publics du traité de capitulation étaient si exactement conformes à ceux que l'empereur lui-même avait accordés aux autres villes protestantes, et Maurice sut si bien faire valoir le mérite d’avoir réduit une place qui s'était défendue avec tant d'opiniâtreté, que Charles, loin de soupçonner ni fraude ni collusion dans les conditions du traité, le ratifia sans hésiter, et releva les Magdebourgeois de la sentence de ban qui avait été prononcée contre eux.

La seule difficulté qui pouvait encore embarrasser. Maurice, c'était de tenir rassemblées les vieilles troupes qui avaient servi sous lui , et celles qui avaient été employées à la défense de la place. 11 imagina, pour y réussir, un expédient d'une adresse singulière. Ses projets contre l’empereur n'étaient pas encore assez mûrs pour qu'il osât les faire connaître et travailler ouvertement à les mettre en exécution. L'hiver qui approchait ne lui permettait pas d’entrer sur-le-champ en Campagne. Il craignait de donner une alarme prématurée à l’empereur en reténant à sa solde Un corps si considérable, jusqu'à ce que le temps des opérations militaires fût revenu avec le printemps. Dès que Magdebourg lui eut ouvert ses portes, il permit à ses soldats saxons de retourner chez eux; comme c'étaient ses sujets, il était bien sûr de leur faire reprendre les armes et de les rassembler quand il en aurait besoin; it Paya en même temps une partie de ce qui était dû aux troupes mercenaires qui avaient suivi ses étendards, aussi bien qu'aux soldats qui avaient servi dans la garnison ; et après les avoir relevés de leur serment de fidélité, il les licencia. Mais au moment Où il leur donna leur congé, George, duc de Mecklenbourg , qui venait d’être mis en liberté, offrit de reprendre ces mêmes troupes à son service, et de se rendre caution pour le paiement de ce qui leur était encore dû. Ces

*Arnold., Fita Maurit, ap. Menken., lib. u, p.1227.

aventuriers , accoutumés à changer souvent de maîtres , acceptèrent sans peine la proposition ; ainsi les mêmes troupes restérent unieset prêtes à marcher partout où Maurice les appellerait, tandis que l’empereur, trompé par cet artifice, et imaginant que le duc de Mecklenbourg ne Les avait engagées que pour soutenir, par la force des armes, ses prétentions sur une partie des états de son frère, vit tout cet arrangement d’un œil très indifférent 1. Après avoir hasardé des démarches si essentielles pour l’exécution de ses projets, Maurice qui voulait empêcher l’empereur d'en démèler l’objet, et prévenir les soupçons qu'elles pouvaient lui inspirer, sentit la néces- Sité d'employer quelque nouvel artifice pour fixer ailleurs l'attention de ce prince et pour le confirmer dans sa sécurité. Il savait que le principal objet qui occupait l’empereur, c'était d'engager les états protestans d'Allemagne à reconnaître l'autorité du concile de Trente, et à y envoyer des ambassadeurs en leur propre nom, ainsi que des députés de leurs églises respectives. Maurice sut mettre à profit ces dispositions de Charles pour l’amuser et le tromper. Il affecta le plus grand zèle pour satisfaire les désirs de l'empereur à cet égard; il nomma des ambassadeurs qu’il autorisa à se rendre au concile; il chargea Mélanchton et quelques-uns des théolologiens les plus distingués de sa communion , de préparer une confession de foi et de la proposer à cette assemblée. A son exemple et probablement en conséquence de ses sollicitations, le duc de Wittemberg, la ville de Strasbourg et d’autres états protestans nommèrent des ambassadeurs et des théologiens pour assister au concile. Ils s’adressèrent tous à empereur pour avoir son sauf-conduit qu’ils obtinrent dans la forme la plus authentique : c'en était assez pour la sûreté des ambassadeurs, qui se mirent en route sur-le-champ ; mais les théologiens protestans demandèrent pour eux un sauf-conduit particulier du concile même. Le destin de Jean Hus et Jérôme de Prague, que le concile de Constance, dans le siècle précédent, avait condamnés aux flammes, sans égards pour le sauf-conduit impérial dont ils étaient munis, rendait cette précaution prudente et même nécessaire. Mais comme le pape était aussi occupé à empêcher

1 Thuan., p. 278. Struv., Corp. hist. germ. Arnold. Vita Maurit. ap. Menken., lib. 11, p. 1227.

que les théologiens protestans eussent la liberté de parler dans le concile, que Charles avait été ardent à leur faire solliciter cette mème liberté, le légat vint à bout, par des promesses et par des menaces, d'engager les pères du concile à refuser d'expédier un sauf-conduit dans la même forme que celui qui avait été accordé par le concile de Bâle aux partisans de Jean Hus. Les protestans , de leur côté, insistaient pour qu'on copiât exactement les termes de cet acte ; et les ministres impériaux interposèrent leur médiation pour qu'on les satisfit à cet égard. On proposa des changemens dans la forme; on suggéra des expédiens; ou fit des protestations et des contre-protestations ; le légat et ses associés tâchaient d'arriver à leur but par l’artifice et la chicane; les protestans soutenaient leur avis avec fermeté et obstination. L'empereur recevait à Inspruck le détail de tout ce qui se passait à Trente : ce prince, entrainé par un excès de zèle ou de confiance dans son habileté, tenta de

concilier les partis opposés; mais il se trouva |

engagé dans un labyrinthe de négociations interminables. Toutes ces intrigues favorisaient cependant les vues de Maurice; tandis qu’elles absorbaient tous les mouvemens de l’empereur et qu'elles détournaient son attention de tout autre objet, l'électeur eut tout le loisir de laisser müûrir son plan, de former ses brigues et d'achever ses préparatifs avant de lever le masque et de frapper le grand coup qu'il méditait depuis si long-tempsi.

Mais avant que d'entrer dans ces détails, il est nécessaire de parler d'une révolution nouvelle qui se fit en Hongrie, et qui ne contribua pas peu aux effets extraordinaires que produisirent les opérations de Maurice, Lorsqu’en 1541, Soliman , par un stratagème plus convenable à la basse et insidieuse politique d’un petit usurpateur qu'à la magnanimité d’un puissant conquérant, priva le jeune roi de Hongrie des domaines que son père lui avait laissés, il accorda à ce prince infortuné la Transylvanie, province qui faisait partie de son héritage paternel : il lui permit de conserver le titre de roi, quoique ce ne fût plus qu'un vain nom; et il confia le gouvernement de la Transylvanie, avec le soin d'éiever le jeune prince, à la reine et à Martinuzzi,

\ Sleid., p. 526, 529. Fra-Paolo, p. 323, 338 Thuan., p. 286

évèque de Waradin; le feu roi avait désigné ce prélat pour être tuteur de son fils et gérant de ses états, dans un temps où ces deux emplois étaient d’une bien plus grande importance, Ce

partage d'autorité excita, dans une petite prin-

cipauté, les mêmes dissensions qu'it aurait pu faire naître dans un grand royaume; une jeune reine ambitieuse et capable de gouverner, et un prélat fier et non moins ambitieux se disputèrent à qui aurait la plus grande influence dans l'administration. Tous deux avaient leur parti dans la noblesse, »t les grands talens de Martinuzzi commençaient à lui donner l’ascendant, lorsque Isabelle tourna contre lui-même les artifices dont il se servait , et sollicita la protection des Turcs. Les pachas voisins, jaloux du pouvoir et du crédit de l'évêque, promirent volontiers à la reine le secours qu'elle demandait ; et ils auraient bientôt obligé Martinuzzi d'abandonner la direction des affaires, si son ambition, fertile en expédiens, ne lui avait pas suggéré un nouveau moyen qui tendait non-seulement à conserver, mais encore à étendre son autorité. Il fit un accommodement avec la reine, par la médiation de quelques nobles qui craignaient de voir leur patrie livrée aux calamités d’une guerre civile; en même temps, il dépècha secrètement un de ses confidens à Vienne , et entama une négociation avec Ferdinand. Comme il n’était pas difficile de persuader à ce prince que le même homme dont l'inimitié et les intrigues l'avaient chassé d’une partie de ses états de Hongrie, pourrait également lui servir à recouvrer ce qu'il avait perdu, ce prince reçut avec joie les premières ouvertures d’un raccommodement. Martinuzzi lui présenta des avantages si considérables et s'engagea avec tant de confiance à faire prendre les armes, en sa faveur, aux nobles les plus puissans de la Hongrie, que Ferdinand, malgré la trève qu'il avait conclue avec Soliman, promit d'entrer à main armée dans la Transylvanie. Les troupes destinées à cette expédition étaient composées de vieux soldats allemands et espagnols ; le commandement en fut donné à Castaldo, marquis de Piadena, officier formé par le fameux marqui de Pescaire, à qui il ressemblait singulièrement tant par son génie entreprenant dans les affaires, que par ses grands talens dans l’art de la guerre. Cette armée, moins redoutable par le nombre que par la discipline des soldats et l'habileté du

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table par le nombre Idats et l’habileté du

fénéral, fut puissamment secondée par Martinuzzi et par les Hongrois de son parti, Le sultan était alors à la tête de son armée sur les frontières de la Perse; les pachas turcs n'étant pas en état de donner à la reine des secours aussi puissans et aussi efficaces que l’état de ses affaires l'exigeait, elle sentit bientôt qu'elle ne pourrait pas conserver long temps l'autorité de régente, et commença même à désespérer de la sûreté de son fils.

Martinuzzi ne laissa pas échapper une occasion si favorable de parvenir à son but : lorsqu'il vit Isabelle dans cet état de découragement, il hasarda de lui faire une proposition qu’en un autre temps elle aurait rejetée avec mépris. Il lui représenta l'impossibilité où elle était de résister aux armes victorieuses de Ferdinand; il lui fit voir que, quand les Turcs la mettraient en état de s’y opposer avec succès, sa situation n'en serait pas meilleure, et qu’elle ne pourrait pas les regarder comme des libérateurs, mais comme des maîtres aux ordres desquels elle serait obligée de se soumettre ; il la conjura, par ce qu’elle devait à sa dignité, à la sûreté de son fils et au repos de la chrétienté, de céder la Transylvanie à Ferdinand, et de lui sacrifier les prétentions de son fils sur la couronne de Hongrie, plutôt que de voir l’une et l’autre la proie des ennemis invétérés de la religion chrétienne. Il promit, en même temps, au nom de Ferdinand, un dédommagement pour elle et pour son fils, proportionné à leur rang et à la valeur dece qu’ils devaient sacrifier. Isabelle, se voyant abandonnée par quelques-uns de ses partisans, sc défiant de quelques autres, privée d'amis et environnée des troupes de Castaldo et de Martinuzzi, souscrivit, quoique avec la plus grande répugnance, à des conditions si dures. En conséquence elle livra les places fortes qui étaient encore en sa disposition; elle remit toutes les marques de la royauté, et particulièrement une Couronne d'or, qui, selon une tradition des Hongrois, était descendue du ciel, et conférait à celui qui la portait un droit incontestable au trône, Comme elle ne put Pas se résoudre à rester au rang d'une personne privée , dans un pays où elle avait auparavant exercé la puissance souvetaine ; elle partit sur-le-champ avec son fils pour aller en Silésie prendre possession des princi-

pautés d'Oppelen et de Ratibor; Ferdinand avait |

promis d'accorder au jeune prince l'investiture de ces deux principautés, et une de ses filles en mariage.

La résignation du jeune roi étant publiée, Martinuzzi , et, à son exemple, lereste des nobles de Transylvanie prétérent serment de fidélité à Ferdinand, qui, de son côté , Pour reconaaître le zèle et le succès avec lequel ce prélat l'avait servi, affecta de le distinguer par tous les témoignages possibles de faveur et de confiance. Il le nomma gouverneur de Transylvanie avec une autorité presque illimitée; il ordonna à Castaldo de déférer en fout à ses avis et à ses volontés; il ajouta de nouveaux appointemens aux revenus considérables dont il jouissait déjà ; il lui donna l'archevêéché de Gran, et obtint du pape qu’il serait fait cardinal, Toute cette ostentation de bienveillance n'était cependant rien moins que sincère, et ne servait qu'à cacher des sentimens entièrement opposés. Ferdinand craignait les talens de Martinuzzi et se défiait de sa fidélité ; il prévoyait que ce prélat, dont le crédit avait été assez puissant pour faire échouer toutes les tentatives qu’on avait faites jusqu'alors pour limiter et pour abolir les priviléges exorbitans de la noblesse hongroise, préférerait en toute Occasion le rôle de défenseur des libertés de son pays, à celui d’un vice-roi dévoué aux volontés de son souverain.

Ferdinand chargea, en secret , Castaldo d'observer tous les mouvemens de Martinuzzi , de se défier de ses desseins et de traverser toutes ses mesures; mais soit que le prélat ne s’apcrçût point que Castaldo était l'espion de ses démarches, soit qu'il méprisât les artifices insidieux de Ferdinand, il prit la direction de la guerre contre les Turcs avec le ton d'autorité qui lui était propre, et la conduisit avec beaucoup de noblesse et non moins de succès. Il reprit quelques villes dont les infidèles s'étaient emparés, et fit échouer les entreprises qu’ils formérent sur d'autres places; il établit l'autorité de Ferdinand non-seulement dans la Transylvanie, mais encore dans le Bannat de Temeswar et dans plusieurs des pays voisins. Dans la conduite de ces opérations il était souvent d'une opinion contraire à celle de Castaldo et de ses officiers ; il traitait les prisonniers turcs avec un degré d'humanité et même de générosité que Castaldo condamnait hautement. Cette conduite fut re-

présentée à Vienne comme un artifice de Martinuzzi pour se ménager l'amitié des infidèles, dans la vue de s'assurer leur protection pour se mettre en état dans la suite de se rendre tout-à-fait indépendant du souverain qu'il reconnaissait alors. Quoique Martinuzzi alléguât, pour justifier sa conduite, qu'il serait contraire à la bonne politique d'irriter, par des cruautés inutiles, un ennemi toujours ardent à se venger, les accusations de Castaldo n’en firent pas moins une forte impression sur l'âme de Ferdinand déjà prévenu contre le prélat , et d'autant plus jaloux de tout ce qui pouvait ébranler son autorité en Hongrie, qu'il savait combien elle était précaire et mal assurée, Castaldo confirmait et fortifiait ces soupçons par les avis qu'il faisait passer continuellement aux confidens du roi à Vienne ; il empoisonnait les démarches innocentes de Martinuzzi, et présentait celles qui étaient équivoques sous le côté le plus défavorable; il lui imputait des desseins qu'il n’avait jamais formés, et l’accusait de crimes dont il n'était point coupable; il parvint enfin par ces manœuvres à convaincre l'erdinand qu'il ne pourrait conserver la couronne de Hongrie qu’en se débarrassant de cet ambitieux prélat. Mais Ferdinand, convaincu qu'il serait

dangereux de procéder suivant le cours ordinaire | de la justice contre un sujet assez puissant pour | être en état de défier son souverain, prit le parti |

d'employer la violence pour obtenir la satisfaction que la loi ne pouvait lui procurer.

N ordonna, en conséquence, à Castaido de le défaire de Martinuzzi, et Castaldo se chargea volontiers de cet abominable office; il communiqua son dessein à quelques officiers italiens et espagnols dignes de sa confiance, et concerta avec eux les moyens de l’exécuter : ils entrèrent un jour de grand matin dans l'appartement de Martinuzzi, sous prétextc de lui présenter quelques dépêches qu'il était important d'expédier sur-le-champ à Vienne. Tandis qu'il lisait avec attention un écrit, un des conjurés le frappa d’un coup de poignard à la gorge. Le coup n'était pas mortel; Martinuzzi, se retournant avec l’'intrépidité qui lui était naturelle, se jeta sur l'assassin et le renversa à ses pieds ; mais les autres conjurés se précipitant sur lui, ce vieillard seul et désarmé ne put résister long-temps à un combat si inégal, et tomba bientôt percé de cent coups de poignard. Les peuples de la Transylvanie.

contenus par la présence des troupes étrangères, n'osérent prendre les armes pour venger la mort

d'un prélat qui avait été si long-temps l'objet dé leur vénération et de leur amour. Ils parlèren, cependant de ce meurtre avec exécration; ils & récriérent hautement contre Ferdinand, qui malgré la reconnaissance qu'il devait à des sen. vices récens et importans , et le respect que méritait un caractère regardé par les chrétiens comme inviolable et sacré, n'avait pas craint de verser le sang d'un homme dont le seul crime était son attachement à sa patrie, Les nobles, détestant la jalouse et cruelle politique d’une cour qui, sur des soupçons sans preuves et sans vraisemblance , faisait égorger par des assassins un homme aussi considérable par son mérite que par son rang, se retirèrent dans leurs terres, ou s'ils restèrent dans l’armée autrichienne, ils ne servirent qu'avec répugnance et avec froideur, Les Turcs, encouragés au contraire par la mort d’un ennemi dont ils redoutaient les talens, se préparèrent à renouveler les hostilités au commencement du printemps; ainsi, au lieu de la sûreté que Ferdinand avait espéré de se procurer par la mort de Martinuzzi, il vit ses états de Hongrie à la veille d'être attaqués avec plus de vigueur et défendus avec moins de zèle qu’auparavant !.

Cependant Maurice , ayant concerté toutes ses intrigues, et presque achevé tous ses préparatifs, était sur le point de mettre ses projets au grand jour, et de corsmencer les hostilités contre l’empereur. Son premier soin, après avoir pris cette résolution, fut de rejeter cette étroite et superstitieuse politique qui avait fait éviter aux confédérés de Smalkalde toute espèce de liaison avec les étrangers. Il avait vu combien cette maxime avait été funeste à leur cause; instruit par leur faute, il eut autant d'empressement de solliciter la protection de Henri II, que les confédérés en avaient montré à repousser l'interposition de François I". Heureusement pour Maurice, il trouva Henri très disposé à se prêter aux premières ouvertures qu'il lui fit, et en état de mettre en mouvement toutes les forces de la monarchie française. Henri, depuis long-temps observait avec jalousie le progrès des armes de

? Sleid ,p. 525. Thuan., tib.1x, p. 309, etc. Istuanhañ,

Hist. regn. Hung., lib. xvi, p. 169. Mém. de Rivier, tom. 11, p. 871. Natalis comitis, Æist., lib. 1v, p. 84, cic.

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