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nde, et détachèrent ‘rain qui pillait ses er. À cette indignavenger la mort de ière et turbulente, tant d’injures, et le onstant et féroce, révolter. Dans cette ivait été leur reine, son fils. Cette femme d'avoir cédé sa couupporter plus longté d’une vie privée, pérance que le mées porterait à reconroits de son fils au plus distingués se aveur. Le pacha de liman, prit son parti idats italiens et es- 1t payés, au lieu de larèrent qu'ils vou- Ainsi Castaldo, leur ndonner la Transyls, et de revenir à la apêcher du moins de age {.
upé des troubles de es fonds étaient trop rts en Hongrie pour rovince importante.
sion bien favorable :
ragé dans uneguerre le chagrins domestids talens au-dessus mille des Ottomans, assions violentes de jaloux de son auto:
ns sa colère , suscep e cet amour qui prostes catastrophes. Il » une esclave circasqui lui donna un fils rite de ce prince aupea Soliman à le dé- Mais Roxelane, capé le cœur du sultan, ivale, Assez adroite
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pour conserver sa conquête, elle en jouit seule pendant de longues années, et augmenta de plusieurs fils et d’une fille la postérité de Soliman. Cependant, loin d’être satisfaite de son pouvoir sans bornes sur l'esprit d’un monarque que la moitié du monde adorait ou craignait, tout son bonheur était empoisonné par l’idée de voir un jour Mustapha sur le trône, et ses fils sacrifiés, selon la barbare politique des Turcs, à la sûreté du nouvel empereur. Occupée sans cesse de ce triste avenir, elle regarda d'avance l'héritier de la couronne comme l'ennemi de ses enfans, et lui voua à ce titre la haine d’une marâtre. Bientôt elle souhaita sa perte pour assurer le trône à l’un de ses fils. Son âme ambitieuse et son esprit plein d'artifices la rendaient également propre à tout tenter, à tout exécuter. Après avoir marié, de l’aveu du sultan, sa fille unique avec le grand-visir Rustan, elle confia son dessein à cet adroit ministre; et celui-ci, que son propre intérêt engageait à favoriser l’agrandissement de cette branche de la famille royale, lui promit de l'aider de tout son pouvoir.
Quand ces mesures eurent été bien concer-
tées, Roxelane affecta le plus grand zèle pour |
la religion mahométane, à laquelle Soliman était scrupuleusement attaché, Elle proposa de fonder une mosquée, établissement d'une dépense considérable , mais regardé chez les Tures comme l’œuvre la plus méritoire, Le mufti, consulté sur cette pieuse intention, y donna de grands éloges ; mais, comme il avait été gagné par Rustan, il dit à Roxelane que son état d’esclave lui ôtant jusqu'à la propriété de ses actions, Soliman son maître recueillerait tout le fruit de cette sainte entreprise. Cette réponse parut laccabler de chagrin. Elle feignit de tomber dans une profonde mélancolie, comme si elle eût été dégoûtée de la vie et de ses plaisirs. Soliman , qui était alors à la tête de son armée, informé de sa douleur et du sujet qui la causait, montra {out l’empressement d'un amant qui veut consoler ce qu’il aime, et la déclara libre par ue écrit de sa main, Contente de ce premier succès, elle commença à bâtir sa mosquée et reprit toute Yça gaîté et la vivacité de son esprit. Cependant de retour à Constantinople, Soliman envoya un eunuque au sérail, selon la couteme , pour inviter sa favorite à partager son lit. Roxelane, avec l'air du plus profond regret, mais d’un ton
ferme et décidé, refusant d’obéir, dit que :e qui était un honneur pour une esclave devenait un crime dans une femme libre, et qu'elle ne con. sentirait jamais à ce que le sultan se rendit coupable avec elle d'une violation si manifeste des lois du prophète. Soliman, dont cette fausse dé. licatesse irritait de plus en plus la passion, ect recours aux conseils du mufti. Celui-ci répondit, conformément à l'Alcoran, que les scrupules de Roxelane étaient fondés; mais il ajouta , d’après les leçons de Rustan, qu'il était facile au sultan de les faire cesser en la prenant pour femme légitime. C'était déroger à une maxime politique que l’orgueil ottoman avait regardée comme inviolable depuis Bajazet II. La femme de ce prince ayant été violée inhumainement par les Tartares lorsqu'il était prisonnier de Tamerlan, les sultans qui lui succédèrent, pour se garantir d'un pareil affront, n'admirent que des esclaves dans leur lit. Cependant la proposition du mufti fut acceptée avec joie, et l'amoureux Soliman épousa solennellement sa maîtresse.
Plus le sacrifice était grand, plus Roxelane fut convaincue de son ascendant sur le cœur de ce monarque. Espérant tout et ne craignant plus rien , elle s'enhardit à tramer la ruine de Mustapha, Ce jeune prince , selon l'usage alors pratiqué par les sultans, avait été chargé du gouvernement de plusieurs provinces, et son père venait de lui confier encore l'administration du Diarbequir, l’ancienne Mésopotamie, que Soli. man avait unie à son empire après l'avoir arra- Chée aux Persans. Dans tous ces différens emplois Mustapha se montra toujours équitable et modéré. Sa valeur et sa générosité le rendaient à la fois le favori du peuple et l'amour des soldats, et cet art de gagner les cœurs était accompagné de tant de prudence qu'il n'avait jamais causé le moindre ombrage à son père.
Il était impossible de l’accuser d'aucun vice ni d'aucune faute qui pût détruire la haute opinion que Soliman avait conçue de lui. La méchanceté de Roxelane était plus raffinée : elle fit servir les vertus mêmes de Mustapha d'instrument à sa perte. Elle affecta de vanter plus d’une fois en présence du sultan les qualités brillantes du jeune prince, son courage, sa libéralité et ses mamères populaires. Ces éloges, malicieusement exagérés et trop souvent répétés, firent tout
: l'effet qu'elle en attendait L'estime de Soliman
D NU ne
pour son fils ne put le garantir des plus cruels soupçons ; il en vint enfin à ne plus pouvoir penser à Mustapha sans jalousie et sans crainte. Roxclane s’en aperçut et en profita. Un jour, étant avec le sultan, elle fit comme par hasard tomber la conversation sur la douleur qu'avait eue Bajazet de voir son fils Sélim se révolter contre lui ; ensuite elle parla de la bravoure des vieilles troupes que commandait Mustapha; elle remarqua que le Diarbequir était limitrophe des états du sophi de Perse, mortel ennemi de Soliman, Les malignes insinuations deRoxelane prirent insensiblement aux yeux de son époux les couleurs de la vérité, et la fureur de la jalousie acheva d'éteindre dans son cœur un reste de tendresse paternelle. Une haine profonde succédant aux sentimens de la nature, Soliman mit des espions autour de son fils pour observer toutes ses paroles et ses actions, et il s'en défia comme de son plus dangereux ennemi.
Alors Roxelane crut pouvoir hasarder encore un pas; ce fut de demander au suitan la permission pour ses fils de paraître à la cour. Elle espéra qu'en trouvant accès auprès de leur père, ils pourraient, par une conduit: soumise et des qualités aimables, remplacer Mustapha dans son cœur. Le monarque, toujours complaisant, consentit encore à se relâcher, en cette occasion, des maximes de la famille ottomane. Mais ce n'était pas assez ; Rustan, à ces intrigues de fernme, joignit un artifice encore plus subtil. Ce ministre écrivit aux pachas des provinces voisines du Diarbequir d'entretenir une correspondance réglée avec lui pour l'informer de la conduite de Mustapha dans son gouvernement. !1 les avertissait chacun en particulier, comme dans le dessein de les obliger, que rien ne pouvait être plus agréable au sultan que d'apprendre les belles actions d’un fils qu'il destinait à soutenir la gloire du sang ottoman. Les pachas, qui ne connaissaient pas les intentions perverses du visir, se croyant trop heureux de faire à ce prix la cour à leur souverain, remplirent leurs lettres d'éloges étudiés, mais funestes pour Mustapha, qu'ils peignaient comme un prince digne de succéder à son illustre père , doué de tous les talens nécessaires pour marcher sur ses traces et peut-être pour égaler un jour sa renommée. Soliman vit toutes ces lettres, et l’on avait soin de choisir, pour leslui montrer, le moment où elles devaient
faire la plus fatale impression. Chaque éloge de son filsie blessait jusqu’au cœur. Il en vint même à soupçonner les pachas d’être prêts à favoriser les attentats d'un prince qu’ils vantaient avec tant d’imprudence; et croyant déjà voir Mustapha les armes à la main, l’attaquer sur son trône, il prit la résolution de prévenir le coup et d'affermir la couronne sur sa tête par la mort de son
| fils.
Sous prétexte de renouveler la guerre contre les Persans, il ordonna à Rustan de marcher vers le Diarbequir avec une nombreuse armée et de le délivrer d'un fils dont la perte importait à sa sûreté. Mais cet adroit ministre se garda bien d’encourir la haine publique en se chargeant d'exécuter un ordre si cruel. Dès qu'il fut arrivé en Syrie, il écrivit à Soliman que le danger était assez grand pour exiger au plus tôt sa présence. Mustapha, disait-il, avait déjà rempli le camp de ses émissaires; la plupart des soldats étaient gagnés, et il avait l'affection de toute l’armée. On avait découvert une négociation entamée avec le sophi de Perse pour marier Mustapha avec une des filles de ce monarque.
Le visir ajoutait que son zèle et son crédit étaient insuffisans dans une conjoncture aussi critique, et que le sultan avait seul assez de sagesse pour décider du meilleur parti qu’il y avait à prendre, et assez d'autorité pour le mettre en exécution.
Cette calomnieuse accusation de correspondance avec le sophi était le dernier coup que réservait à Mustapha le complot de la sultane et du visir, Elle eut tout l'effet qu'on devait attendre de la haine invétérée de Soliman contre les Petsans, et jeta ce prince dans les transports de rage les plus violens. Aussitôt il part pour la Syrie, et précipite sa marche avec toute l'impatience de la crainte et dela vengeance. Dès qu'il eut joint son armée près d'Alep et concerté ses mesures avec Rustan, il envoya un chiaoux à son fils pour lui ordonner de paraître en sa présence. Mustapha n'ignorait pas les intrigues de sa belle-mère ; il connaissait la malice du grandvisir et la violence du caractère du sultan; mais espérant que son innocence et sa prompte soumission détruiraient sans peine les accusations de ses ennemis, il obéit sans délai aux ordres deson père. Arrivé dans le camp, on l'introduisit dans la tente de Soliman. D'abord il n'y vit rien qui pôt lui causer d'alarmes, ni gardes armés,
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ni suite nombreuse: en un mot l'ordre et le silence accoutumés y régnaient. Cependant des muets ne tardèrent pas à paraître. Mustapha, en les voyant, ne doute plus de son sort ; il s'écrie : «On en veut à ma vie,» et tente de s'enfuir. Les muets s'élancent sur lui; il résiste, se débat, demande avec instance à voir le sultan. Enfin tirant de nouvelles forces, ou de son désespoir
ou de l'espérance d'être secouru des soldats, * s'il peut sortir de la tente, il arrête long-temps
les efforts de ses bourreaux. Soliman entend les cris de son fils et le bruit qu’occasione sa résistance. Impatient d'être vengé, et craignant que sa victime ne lui échappe, il ouvre le rideau qui séparait la tente; il avance la tête, jette un regard féroce sur les muets, et, par ses gestes menaçans , semble les accuser de lenteur et de timidité. À la vue d’un père furieux et inflexible, la force manque à Mustapha; son courage l’abandonne; les muets attachent le fatal cordon à son cou, et dans l'instant mettent fin à sa vie. On exposa son corps devant la tente du sultan ; les soldats surpris l'entourèrent, et contemplant ce triste objet avec autant d’indignation que de douleur, ils étaient prêts à se révolter si quelqu'un se fût mis à leur tête. Après ce premier témoignage de leur attachement, chacun se renferma dans sa tente pour y pleurer en secret le funeste sort de leur prince chéri; aucun d'eux ne voulut prendre de nourriture, pas même de l’eau, pendant le reste du jour. Le lendemain au matin, la solitude et le silence régnaient encore dans le camp. Soliman craignit que ce calme ténébreux ne préparât la tempête : pour apaiser les soldats, il Ota les sceaux au grand-visir, jui enjoiguit de quitter l'armée, et donna sa place à Achmet, brave officier qui avait Ja faveur des troupes. Mais la disgrâce de Rustan n’était qu'un jeu concerté; lui-même avait suggéré cet expédient, comme le seul qui pt le sauver ainsi que son maître, Au bout de quelque temps, le ressentiment des troupes tommençant à s’apaiser, et le nom de Mustapha à s’effacer des esprits, Achmet fut étranglé par l'ordre de Soliman, et Rustan rétabli dans sa dignité de visir. Avec son premier pouvoir, il reprit le dessein que lui avait inspiré Roxelane, d’exterminer la race de Mustapha. Cet infortuné laissait un fils unique qui pouvait un jour venger la mort de son père. On excita de nouveau contre
lui la jalousie du sultan, qui, dupe encore des mêmes artifices, consentit à la mort de ce jeune prince. Un eunuque député à Bursa, où était cette innocente victime, exécuta sa commission avec un zèle barbare, et les fils de Roxelanc n’eurent plus de rivaux sur le chemin du trône !,
On ne voit guère de scènes si tragiques, ni de si funestes catastrophes, que dans l'histoire des grandes monarchies de l'Orient, où l’ardeur du climat semble exalter toutes les passions, et où celles du souverain trouvent une libre carrière dans le despotisme de son autorité.
Tandis que Soliman était ainsi livré tout entier à des intrigues de cour, Charles s’occupait‘d'un nouveau dessein qu’il avait formé pour l’agrandissement de sa famille. Les vertus d'Édouard VI, roi d'Angleterre, avaient donné à ses sujets tant d'espérance d’être heureux sous son gouvernement, qu'ils supportaient sans impatience tous les maux que les divisions de ses ministres ambitieux leur faisaient éprouver pendant sa minorité. Mais ce prince, après un règne très court , se trouva attaqué d’une maladie de langueur qui menaçait sa vie; l'empereur n'en fut pas plus tôt instruit, que, saisissant l'occasion d'augmenter sa puissance ou les domaines de son fils, ilimagina de joindre l'Angleterre àses autres royaumes par le mariage de Philippe avec Marie, héritière de la couronne d'Édouard. Cependant comme il craignait que son fils, qui était alors en Espagne, ne refusât d’épouser une princesse qui, âgée de trente-huit ans, en avait onze de plus que lui 2, Charles prit la résolution, malgré sa vieillesse et ses infirmités, de s'offrir luimême pour époux à Marie, qui était sa cousine.
Quoique cette princesse n’eût aucun de ces charmes qui survivent à la jeunesse et inspirent l'affection ou l'estime, Philippe consentit à ce mariage sans hésiter, et sacrifia, selon la coutume des princes, son penchant à son ambition. L'empereur n'attendit pas la mort d'Édouard pour préparer d'avance le succès de cette alliance, Ainsi, dès que le trône fut vacant, les prétentions de Jeanne Gray, aussi malheureuses dans leur issue qu'elles étaient peu fondées, laissèrent à
7 Augerii Gissenit Busbequit, Zegationis turcicæ epistolæ, 4. Franc., 1615, p. 37. Thuan., lib. x, p. 432. Mém. de Ribier , liv. x1, p. 457. Mauroceni, Histor. veneta, lib. vu, page 60.
3 Pallav., Æist. concil, trid., v. V, 1 u, c. 13, p. 150
Marie la possession de tous ses droits !, et | Cherles envoya une pompeuse ambassaue à Londres pour féliciter la nouvelle reine et iui offrir la main de son fils. Cette proposition fut reçue très favorablement. Sans parler de la gloire flatteuse d'épouser l'héritier du plus grand monarque de l'Europe, cette princesse y trouvait encore l'avantage de s'unir plus étroitement à la famille d’une mère qu'elle avait toujours tendrement aimée, et de s'assurer un puissant SeCOurS pour seconder sen projet chéri de rétablir la religion catholique en Angleterre. Mais ses sujets ne pensaient pas ainsi. Les nombreux partisans de la réformation redoutaient ce mariage. Onsavait que Philippe soutenait tous les dogmes de l'église romaine avec un zèle sanguinaire , qui allait même au-delà de la superstition espagnole, Le peuple Anglais, accoutumé à une sorte de familiarité avec ses souverains, qui quelquefois du rang de sujets avaient été élevés au trône, était bien loin de pouvoir endurer la hauteur et la morgue castillane. Un prince étranger, devenu l'époux de leur reine, prendrait nécessairement une grande influence dans le conseil; on redoutait le caractère impérieux de Philippe, on craignait qu'imbu des maximes de la monarchie espagnole, si contraires aux libertés nationales de l'Angleterre, il ne fit adopter sa politique à Marie, et ne lui fournit de l'argent et des troupes étrangères contre ses propres sujets.
La chambre des communes, quoique alors soumise à la volonté de ses souverains, présenta une requête très forte contre cette alliance. On publia un grand nombre de pamphlets qui en représentaient les dangereuses conséquences, et peignaient des plus odieuses couleurs la bigoterie et l'arrogance de Philippe. Mais Marie, inflexible dans toutes ses résolutions , n’eut aucun égard ni aux remontrances de ses communes ni aux sentimens de son peuple. Les ministres en qui elle avait le plus de confiance, étant déjà séduits par les artifices de l'empereur, qui leur avait envoyé de grosses sommes pour gagner le reste du conseil, approuvèrent hautement le choix de leur reine. Le pape, aussitôt après qu'elle fut montée sur le trône , avait dépèché le cardinal de La Pole en Angleterre , en qualité de
4 Carte, Aist. of England, v. U, p. 287
légat, pour réconcilier sa patrie avec le saint siége ; mais ce ministre fut retenu à Billinghen en Allemagne, par l'ordre de l'empereur. On craignait que sa présence ne nuisit aux prétentions de Philippe. et qu’il n'employât son crédit en faveur de Cour :nay, son parent, comte de Devonshire , que les vœux de la nation appelaient à l'honneur d’épouser la reine !.
Cependant les négociations furent pressées avec la plus grande chaleur. Charles acquiesça, sans balancer, à toutes les conditions que les ministres de Marie lui proposèrent, soit pour vaincre les répugnances du peuple anglais, soit pour calmer leurs propres craintes et la défiance qu'ils avaient d'un prince étranger. Les principaux articles du traité furent que Philippe, pendant la vie de la reine, porterait le titre de roi d'Angleterre, mais que cette princesse gouvernerait seule et disposerait entièrement de tous les revenus, offices et bénéfices du royaume ; que les enfans qui naltraient de ce mariage, nonseulement hériteraient du trône de Marie, mais encore auraient la possession du duché de Bourgogne et des Pays-Bas; que si le prince Charles, le seul fils qui restait à Philippe de sa première femme, mourait sans postérité, les enfans de la reine, mâles ou femelles , succèderaient à la couronne d'Espagne et à tous les états héréditaires de l'empereur. Philippe devait jurer solennellement , avant la consommation du mariage , qu'il ne se ferait servir que par les sujets de la reine, et n'introduirait point en Angleterre d'étrangers qui pussent donner de l'ombrage à la nation; qu'il ne changerait rien, ri aux constitutions ni aux lois du royaume, et qu'il n’en ferait jamais sortir ni la reine ni aucun de ses enfans. Si Marie mourait sans laisser d'héritiers, il promettait d'abandonner le trône au successeur légitime, sans y réclamer aucun droit; enfin l'Angleterre, en conséquence de ce mariage, ne devait se trouver engagée dans aucune guerre contre l'Espagne et la France; et son alliance avec celle-ci devait subsister dans toute sa force !.
Mais c'était en vain que l'empereur et les ministres avaient employé toute leur adresse pour ne point blesser l'inquiète jalousie des Anglais, Ces articles, si avantageux en apparence,
1 Carte, v. IL, p. 288.
1 Rymer, Fæder., vol. XV, p. 377, 393. Mém. de
Ribier., vol. 11, p 498.
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trie avec le saint tenu à Billinghen e l'empereur, On iuisit aux prétennployät son crédit parent, comte de nation appelaient s furent pressées ïharles acquiesça, onditions que les sèrent, soit pour euple anglais , soit intes et la défiance inger. Les princint que Philippe, orterait le titre de tte princesse gountiérement de tous s du royaume ; que ce mariage, nonne de Marie, mais du duché de Bouri le prince Charles, pe de sa première é, les enfans de la èderaient à la couétats héréditaires it jurer solennelledu mariage , qu'il sujets de la reine, leterre d'étrangers rage à la nation; ux constitutions ni | n’en ferait jamais es enfans. Si Marie ers, il promettait ccesseur légitime, enfin l'Angleterre, age, ne devait se ne guerre contre son alliance avec toute sa force f.
l'empereur et les toute leur adresse te jalousie des Aneux en apparence ;
p. 377, 393. Mém. de
[1554] ne calmaient point leurs craintes. Ils sentaient que des mots et des promesses étaient un faible rempart contre l'ambition d’un prince que le titre seul d’époux de la reine mettait en état d'éluder toutes les conditions qui restreindraient son autorité ou porteraient obstacle à ses projets. Plus ce traité paraissait favorable à la nation, et plus on craignait que Philippe fût tenté de le violer. Ainsi que Naples, Milan et les autres pays annexés à la couronne d'Espagne, l'Angleterre courait risque de sentir bientôt le poids de la domination tyrannique de cette monarchie, et de se voir forcée, comme ces autres états, d'épuiser ses richesses et ses forces dans des guerres étrangères, où son intérêt et son avantage ne seraient point consultés. Ces considérations produisirent un mécontentement général, et la plus grande indignation contre les partisans de ce mariage.
Le chevalier Thomas Wyat, homme de quelque considération et zélé pour le bien public, voyant la disposition des esprits, excita les habitans de Kent à prendre les armes pour se garantir du joug étranger. En peu de temps il en assembla un gr:rd nombre sous son étendard , et marcha promptement vers Londres. La reine cependant n’était point préparée à la défense, et les affaires prenaient un si mauvais tour, que cette révolte pouvait devenir fatale à son autorité si quelques personnes considérables se fusseit jointes aux mécontens, ou si Wyat avait eu autant de capacité que de hardiesse. Mais l'imprudence de ses mesures et son irrésolution firent déserter la plupart de ses troupes. Une poignée d'hommes mit en fuite le reste, et luimême fut fait prisonnier, sans avoir rien tenté de glorieux pour sa cause ni de proportionné au zèle qui l'animait. {1 subit le châtiment dù à sa témérité et à sa rébellion. L'autorité de la reine s'affermit et s’accrut par le mauvais succès de ce vain attentat. Jeanne Gray, qui avait été poussée par l'ambition de ses parens à lui disputer le trône, fut, malgré sa jeunesse et son innocence, conduite à l'échafaud. Élisabeth, sœur de Marie, se vit observée avec toute la vigilance de la jalousie. Enfin le traité de mariage fut ratifié par le parlement,
Philippe, étant débarqué en Angleterre suivi d'un train magnifique, célébra ses noces avec la plus grande pompe. S’il ne put déguiser son na-
turel sévère et hautain ni affecter des manières gracieuses et populaires, du moins il tâcha de se concilier la noblesse anglaise par son extrême libéralité. Comme il tendait à prendre une puissante influence dans le gouvernement du royaume, l'empereur, pour lever tous les obstacles, tenait un corps de douze mille hommes sur les côtes de Flandre, prêts à s’'embarquer pour l’Angleterre et à seconder les entreprises de Philippe, Enhardie par tant de circonstances favorables, Marie , avec le zèle le plus emporté, suivit son projet de détruire la religion protestante dans ses élats. Les lois d'Édouard VI en faveur de la réformation furent révoquées . le clergé protestant fut chassé, et le culte romain adopté avec toutes ses cérémonies. Le cardinat de La Pole, qui aussitôt après le mariage de la reine eut la liberté de continuer son voyage en Angleterre et d'y exercer ses fonctions de légat avec un pouvoir sans bornes, donna à la nation une absolution solennelle pour le crime d’apostasie, et la réconcilia avec le pape. Mais ce n'était pas assez pour Marie que d’avoir rétabli la religion sur les ruines de l’église protestante, elle exigea de tous ses sujets de se conformer à son culte, à sa formule de foi, et d’abjurer toutes les pratiques ou les opinions qui ne s'accordaient point avec sa croyance. On nomma certaines | pour prendre connaissance du crime d’hérésie ; et, ce qui ne s'était jamais vu en Angleterre, on les revêtit d'un pouvoir plus formidable que celui de l’Inquisition. La vue du danger n'intimida cependant point les ministres de la doctrine protestante, qui, croyant défendre des vérités importantes au bonheur du genre humain, firent hautement l'aveu de leurs sentimens. Ils furent poursuivis avec cette barbarie que le fanatisme seul peut inspirer, et subirent enfin l'affreux . genre de mort que l'église romaine réserve à ses ennemis. Le peuple anglais, qui ne le cède en humanité à aucune nation de l'Europe et qui s’est toujours distingué par la modération de ses lois pénales, vit alors avec autant d'indignation que d'étonnement des hommes revêtus des premières dignités de l’église protestante, vénérables d'ailleurs par l'âge, la science et la piété, condamnés à des tourmens qu'on n’avait jamais inventés, même pour la punition des crimes les plus atroces.
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