DES
ment suspect. Le père de Sésostris, à ce qu'il raconte, fit rassembler tous les enfans mâles qui étaient nés en Égypte le même jour que son fils, pour les faire élever avec lui d’après un méme plan d’éducation et les préparer à l'exécution des grands desseins auxquels il destinait Sésostris. En conséquence, lorsque Sésostris partit pour l'expédition de l'Inde qui, d'après les circonstances rapportées par Diodore, doit avoir eu lieu la quarantième année de sa vie, on dit qu'il existait encore mille sept cents des compagnons de sa jeunesse à qui il confia les premiers grades de son armée. Mais si nous appliquons à l'examen de cette histoire les principes invariables d’arithmétique politique, il est évident que s’il existait mille sept cents des enfans mâles nés le même jour que Sésostris, à l’époque où commença sa grande expédition, le nombre des enfans qui naissaient en Égypte chaque jour de l'année devait être au moins de dix mille, et la population du royaume excéder soixante millions (Goguet, Origine des lois, des arts, etc. tom. T1, p. 12, etc. \; proportion qui s'étend fort au-delà des termes de la vraisemblance , dans un royaume qui, d’après les excellens calculs de M. d’Anville { Mémoire sur l'Égypte ancienne et moderne, p. 23, etc.), ne contient pas plus de onze cents lieues carrées de pays habitable, Une autre circonstance merveilleuse, c’est la description d'un vaisseau de cèdre qui avait quatre cent quatre-vingt-dix pieds de long, couvert d’or à l'extérieur et d'argent en dedans, que Sésostris consacra à la divinité qui était le premier objet du culte à Thèbes (lib. 1, p. 67 ); telle est encore la des cription qu’il donne de l’armée égyptienne, qui, outre six cent mille hommes d'infanterie et vingt-quatre mille cavaliers, contenait vingl-sept mille chariots armés { Ibid. P. 64). — 4. Ces détails et quelques autres répugnaient gi fort au bon sens de Strabon le géographe, qu’il n’hésita
| nullement à rejeter ce que l’on racontait de l'expédition | de Sésostris dans l'Inde; et non-seulement il assure dans
les termes les plus positifs que ce monarque ne mit jamais le pied dans l’Inde(lib, xv, p. 1007, C. édit. Casaub. Amst, 1707), mais il range au rang des exploits fabuleux de Bacchus et d'Hercule, tout ce qui s’est dit de ses opérations dans ce pays(p, 1007, D. 1009 B.). L'historien philosophe d’Alexandre-le- Grand paraît avoir eu la même opinion sur les exploits de Sésostris dans l’Inde (Hist. ind., c. v, Arrian, exped. Alex. edit, Gronov. L.
| Bat. 1704). — Le peu de renseignemens qu'Hérodote
avait eus sur l'Inde et ses habitans, il paraîtles avoir tirés
: non pas des Égyptiens, mais des Perses (lib. , €. av);
circonstance qui ferait croire que de son temps il y avait peu de rapports.entre l'Égypte:et l'Inde.
NOTE 2, Suer. 1, p. 509.
Quand on considère l’étendue et les effets du commerce des Phéniciens, on doit s'étonner, au premier coup d'œil, des faibles éclaircissemens que l'on trouve dans les aneiens écrivains sur ce commerce. Mais si l'on se rappelle que tous les historiens grecs (excepté Hérodote), qui parlent des Phéniciens, publièrent leurs ouvrages longtemps après la destruction de Tyr par Alexandre-le Grand, on ne s'étonnera plus qu'il nous aient laissé ignorer presque tous les détails d'un commerce qui avait porté aîlleurs sa splendeur, et qui ne suivait plus la même direction. Mais la puissance et la richesse de Tyr dans les jours brillans de son commerce , doivent avoir attiré sur elle tous les regarüs. II n’est point d'auteur ancien où l’on trouve un compte plus détaillé de la nature et de la variété des opérations de son commerce, que dans les prophétiss d’Ezéchiel qui fleurit deux cent soixante ans avant la caute de Tyr, et rien ne donne en même temps une plus haute idée de l'immense puissance de cet état (ch. XXVI, XXVII, XXVIN ).
NOTE 3, SEcr. 1, p. 511.
L'état qui nous est donné par Hérodote du revenu de la monarchie perse est curieux, et paraît avoir été copié sur quelque registre public qui lui avait été communiqué. D'après cet état, s'urpire por était divisé on viayt satrapies ou gouvernemens. Le tribut levé sur chacun de ces gouvernemens est spécifié, et la totalité en monte à 14,560 talens d'Eubée, ce qui fait, suivant le docteur Arbuthnot, une somme égale à celle de 2,807,437 livres sterling ; somme très petite pour le revenu du grand roi, et qui ne s'accorde guère avec tout ce que les anciens
historiens racontent des richesses, de la magnificence et du luxe de lorient.
NOTE 3 bis, SECT. 1, p. 512.
Le major Rennell, dans la deuxième édition de son Mémoire, où il donne aussi les mœurs modernes de Vindus ou Hydaspes (Behut et Thylam), a tracé, d'après des matériaux fort imparfaits et cependant avec une exactitude qui fait honneur à son discernement, les routes par lesquelles Alexandre, Tamerlan et Nadir Shah ont pénétré dans l'Inde. 11 déploie dans ces recherches la supériorité de ses connaissances dans la géographie ancienne et moderne de ce pays. Une carte nouvelle sert à préciser ses recherches, j'y renvoie nos lecteurs. Il faut bien se garder de considérer ces laborieuses investigations comme un pur objet de curiosité. La géographie de cette région fertile et considérable de l'Inde
onnue sous le nom de Panjab, peut devenir sous peu |
d'années fort intéressante, bien qu'aujourd'hui nous la connaissions fort peu, Si d’un côté les fondemens, sur
lesquels l'empire britannique dans les Indes semble ap- |
puyé depuis l'heureuse issue de la dernière guerre, restent long-temps solides, et d’un autre côté les Saiks, cette confédération de plusieurs états indépendans, continuant à étendre leurs conquêtes avec la méme
siècle, il est fort probable que l'esprit commercial si entreprenant de l’un des deux peuples, et l’ardeur mar-
NOTES ET ECTAIRCISSEMENS
tiale de l'autre, ardeur qui conserve toute l'activité et toute l’impétuosité, naturelles aux hommes dans les premières époques de leur union sociale, pourrônt donner naissance à des événemens de la plus grande importance. Les frontières des deux états se rapprochent de plus en plus. Les Saiks sont déjà parvenus sur la rive occidentale du fleuve Jumna, et.le territoire du nabab d’Oude s'étend le long de sa rive orientale. Ce nabab allié ou tributaire de la compagnie des {ndes est protégé par une brigade de l’armée de Bengale, stationnée constaminent sur les frontières occidentales (Rennell, Hém. Zntrod., p. 116 ). Dans une position si rapprochée, la rivalité du pouvoir, le choc des intérêts, et d'autres causes innombrables de jalousie et de discorde ne peuvent guère manquer d'amener tôt ou tard des hostilités ouvertes. Les Saiks possèdent tout ie Soubah de Lahore, la plus grande partie du Moultan et la partie occidentale de Delhy. Ce territoire comprend environ 400 milles anglais du N. O. au S. E,, sur une largeur qui varie de 300à 150 milles. Leur principale ville est Lahore, On connaît peu de chose de leur gouvernement et de leurs maximes politiques; mais on les représente comme fort doux. Dans leur manière de faire la guerre, ils se montrent cependant sauvages et cruels; leur armée est tout entière composée de cavalerie, et ils peuvent rassembler jusqu'à cent mille hommes. ( Rennell., Mérm , deuxième édit, Zn&rod.. p.191, 122 à p. 365. Por. aussi Esquisses de M. Crawfora, deuxième édit, v. Il, p. 263.)
NOTE 4, Secr. 1, p. 512.
Îl est étonnant qu'Alexandre n'ait rien appris des pluies périodiques de l'Inde, dans les provinces limitrophes de cette péninsule; cette connaissance aurait pu l’aider à mieux y choisir le temps de ses opérations militaires. Son expédition dans l'Inde commença vers la fin du printemps (Arrian., lib, 1v, c. xxu1), lursque les pluies étaient déjà commencées dans les montagnes, d’où toutes les rivières qui arrosent le Panjab partent, et dont les eaux par conséquent devaient être considérablement accrues avant qu'il arrivdt sur leurs bords (Rennell, pag. 268 ). — 11 passa l'Hydaspe à la mi-été, à peu près dans le fort de la saison pluvieuse. Dans un pays que traversent tant de grands fleuves, une armée en campagne à cette époque de l’année doit avoir beaucoup souffert. Arrien (lib, v, c. 1x) donne une description exacte de la nature des pluies et des inondations dans cette partie de l'Inde; on en trouve une plus étendue encore dans Strabon (lib. xv, 1013). C'était de ce que leur faisaient souffrir ces pluies, que se plaignaient les soldats d'Alexandre (Strabo, 1, xv, 1021, D.); et ce n'était pas sans raison, car il n’avait cessé de pleuvoir pendant soixante-dix jours (Diod. Sicul., xvir, c. xc1v ).—Une circonstance qui fait voir avec quelle exactitude les officiers d'Alexandre observaient tout ce quise passait dans cette partie de l'Inde, mérite d’être remarquée. Aristobule, dans son journal dont j'ai fait mention, remarque que quoiqu'il eût abondamment plu dans les montagnes et dans le pays qui les
| avoisine, les plaines qui s'étendent au-delà ne recurent rapidité qu'ils l'ont fait depuis le commencement. du |
pas la plus petite ondée (Strabo, lib. xv , 1013, B. 1015, B.). Le major Rennell apprit d'une personne digne de foi, qui avait résidé dans ce district de l'Inde, où les
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n'ait rien appris des ; les provinces limitro- ‘onnaissance aurait pu de ses opérations milie commença vers la fin xx11), lorsque les pluies montagnes, d’où toutes )> partent, et dont les e considérablement acbords (Rennell, pag.
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Européens ne vont guère aujourd'hui, que pendant une : l'antiquité. Des extraits de la Description que donne grande partiede la mousson du S.O., ou au moins dans les Néarque du climat et du sol de l'Inde et des mœurs des mois de juillet, août et partie de septembre, qui sont les naturels, remplissent la première partie, La seconde temps des pluies pour la plupart des autres endroits de contient le Journal où cet officier rend compte de son l'Inde, l'atmosphère dans le Delta indien est chargé de voyage depuis l'embouchure de l’Indus jusqu'au fond du nuages en général, mais sans aucune pluie, sice n’est : golfe Persique. Cette lecture donne lieu à plusieurs obtrès près de 1a mer. Il tombe même à peine quelques on- | servations. — 1. Il est remarquable que ni Néarque, ni dées pendant tout le cours de la saison. Le capitaine Ha- | Ptolémée, ni Aristobule, ni même Arrien, ne fassent pas milton rapporte que quand il se rendit à Tatta, il y avait | la moindre mention du voyage de Scylax; ce silence ne trois ans qu'il n'avait plu du tout (Mémoires, p. 288). : pouvait pas venir de leur ignorance; car Hérodote était —Tamerlan, dont la capitale n’était pas éloignée de l'Inde, ; l’auteur favori de tout Grec qui avait quelque prétention doit avoir été à même de connaltre la nature du pays; | littéraire. [1 avait probablement pour cause les raisons il évita la faute d'Alexandre, et fit sa campagne de l’Inde qu'ils avaient de 8e défier de la véracité de Scylax, et dont pendant la belle saison, Comme Nadir Shah, lorsde son | j'ai déjà fait l'exposé. En conséquence, Arrien met dans invasion de l'Inde l'an de Jésus-Christ 1738, etäson retour | la bouche d'Alexandre un discours où il affirme qu’il est l’année suivante , traversa les mêmes pays qu’Alexandre, | le premier après Bacchus qui ait passé l’Indus; ce qui et marcha presque sur la même ligne. Rien ne peut don- | suppose qu'il n’ajoutait pas foi à ce que l'on rapporte de ner une plus forte idée de l’invincible constance du con- | Scylax, et qu'il n’avait pas entendu parler de ce que l'on quérant macédonien, que la description des embarras | dit que Darius Hysdaspe avait fait pour soumettre cette que Nadir Shah eut à surmonter , et des fatigues qu’es- | partie de l'Inde à la couronne de Perse (Arrian,, vi, suya son armée. Quoique possédant un pouvoir sans | c. x). Cette opinion est confirmée par Mégasthène, qui bornes et des richesses immenses, et non moins distin- | avait fait une très longue résidence dans l'Inde. 11 assure gué par ses grands talens que par une longue expérience | qu’à l'exception de Bacchus et d'Hercule (aux exploits dans la conduite de la guerre, il eut la douleur de perdre | fabuleux desquels Strabon s'étonne qu'il ait pu accorder une grande partie de ses troupes eu traversant les rivières quelque confiance (lib, vx, p. 1007, D.), Alexandre du Panjab, en s’ouvrant un chemin à travers les monta- | était le premier qui se fût emparé de l'Inde (Arrian. , gnes du nord de l'Inde, et dans les chocs qu'ileutà es- | Æist. indie, c. v). Arrien nous apprend que les Assacans suver de la part des belliqueux habitans des pays qui | et d’autres peuples qui possédaient le pays qu'on appelle s'étendent depuis les bords de l'Oxus jusqu'aux frontières | aujourd'hui le royaume de Candahar, payëérent tribut de Perse. Il se trouve dans les mémoires de Khojeh Ab- | d’abord aux Assyriens et ensuite aux Mèdes et aux Perses dulkurreem, Cachemirien de distinction qui servait dans | (Æis£ indic., c. 1). Comme toutes les bel!es provinces son armée, une description intéressante desa retraite et | au nord-ouest de l’Indus étaient censées anciennement de ses malheurs. faire partie de l'Inde, il est probable que ce qu’e!les Payaient en impôt est la somme portée sur le rôle qu'Hérodote avait consulté dans le compte qu'il rend du revenu annuel de l'empire perse, et qu'aucune des provinces IL paraîtrait d'abord incroyable qu’on eût purassembler | au sud de l'Indus ne fut jamais soumise aux rois de en si peu de temps une flotte aussi nombreuse. Cependant | Perse. — 2. Ce voyage de Néarque fournit plusieurs Arrien nous assure qu’il n'indique ce nombre que d’après | preuves frappantes du peu de lumières des anciens sur Ptolémée, fils de Lagus, dont il regarde le témoignage : toute autre navigation que celle à laquelle ils étaient accomme étant du plus grand poids (lib. vr, c. mu). Mais | Coutumés dans la Méditerranée. Quoique le génie éntrecomme le Panjab est rempli de rivières navigables sur | prenant d'Alexandre et la grandeur de ses vues lui lesquelles se faisait tout le commerce entre les naturels, | eussent inspiré le dessein d'établir un commerce par mer il s’y trouvait de tous les côtés des vaisseaux tout préts à | entre l'Inde et ses états de Perse, cependant Néarque et la disposition du conquérant, qui ne doit pas avoir eu de | lui avaient si peu d'idée de l'Océan qu'ils désiraient de peine à en rassembler un si grand nombre. Si l’on pouvait parcourir, qu’ils craignaient que leur navigation n'y fût ajouter foi au récit de l'invasion de l'Inde par Sémiramis, | arrétée par des détroits impraticables et d'autres obstacles il n’y avait pas moins de quatre mille vaisseaux réunis | semblables ( Æist. indic., e. xx ; Q: Curt,, lib. 1x, c. 1x). dans l’Indus, pour barrer le passage à sa flotte. ( Diod, Lorsque la flotte arriva à l'embouchure de l’Indus, i’éton- Sicul., lib, 11, c, Lxx1v ).— 1l est singulier que lorsde l'in- | nement que produisit le flux et le reflux de la marée de vasion de l’Inde par Mahmoud de Gaznah, on ait rassem- | l'océan Indien, phénomène, selon Arrien, jusqu'alors blé contre lui dans l’Indus une flotte composée du même | inconnu à Alexandre et à ses soldats, est une autre nombre de vaisseaux. Nous apprenons de Ayeen Akbery, | preuve de leur ignorance dans l’art de la navigation que les habitans de cette partie de l'Inde commercent (lib. vr, c. xix ); et il n’y a nullement lieu d'étre surpris encore aujourd’hui entre eux par eau; les habitans du | de leur étonnement, les marées élant à peine sensibles Circar, de Tetta seul, ne possèdent pas moins de quarante | dans la Méditerranée où se renfermait toute la science des iille vaisseaux de différentes constructions ( v. Ul,p.143). | Grecs et des Macédoniens, C'est pour cette raison que lorsque les Romains portèrent leurs armes victorieuses | dans les pays situés sur l'océan Atlantique, ou sur les | mers qui y communiquent, ce phénomène nouveau des Tous ces détails sont tirés del’ Æistoire de l'Inde, d'Ar- | marées fut pour eux un objet de surprise et de terreur, |
NOTE 5, Secr. 1, p. 513.
TZ m—
NOTE 6, Secr. 1, p. 313.
rien, ouvrage différent de celui dont j'ai déjà parlé, et | César décrit l’étonnement de ses soldats au sujet d'une run des traités les plus curieux qui nous soient venus de | maline qui endommagea beaucoup sa flotte quana il fit
574 NOTES ET ECLAIRCISSEMENS
sa descente en Angleterre, et avoue que c'était pour enx un spectacle nouveau (Bell.Gallic,, lib. 1v,c. xux); les marées sur la côte voisine de l'embouchure de l'indus, sont extrémement hautes et suivies de grands effets, surtout cette précipitation soudaine de la marée dans la bouche des fleuves et des bras de mer étroits qui est connue dans l'inde sous le nom du calibré, et dont le major Rennell donne une description exacte(Zn£., xxav, Mém, p.278); dansle Periplus Maris Erythræi, p. 26, il est question de ces hautes marées, et la description qu’on en donne ressemble beaucoup à celle du ealibré. Pline rend un compte fort exagéré des marées dans l'océan Indien (Wat. hust., lib. xun, c. 25) Le major Rennell semble croire qu’Alexandre et ses compagnons ne devaient pas être si absolument étrangers au phénomène des marées puisque Hérodote avait appris aux Grecs, « qu'il y avait tous les jours un flux et reflux régulier de la marée dans la mer Rouge (lib, 11, c. m1). « C’est là toute l'explication que donne Hérodote de ce phénomène. Mais il y a chez les anciens des exemples du peu de cas que l’on faisait des faits rapportés par des auteurs respectables, qui ont de quoi surprendre dans les temps modernes. Quoique Hérodote, comme je viens de le remarquer, eût raconté fort au long le voyage exécuté par Scylax, Alexandre et ses historiens ne font pas la moindre mention de cet événement. J'aurai dans la suite occasion de citer un exemple encore plus remarquable du peu d'attention qu’ont fait des écrivains, venus après Hérodote, à la description exacte qu'il donne de la mer Caspienne. D'après ces exemples et d’autres semblables, qu’il eût été facile de produire, nous pouvons conclure que le peu que dit Hérodote du flux et du reflux singulier de la marée dans la mer Rouge, n'est pas une raison suffisante pour rejeter, comme indigne de foi, ce qu’Arrien raconte de la surprise des soldats d'Alexandre à la vue des effets extraordinaires de la marée à l'embouchure de l’fudus.— 3. Le cours entier du voyage de Néarque, les promontoires, les anses, les rivières, les villes, les montagnes, qui se présentèrent successivement à ses regards, sont décrits avec tant d'ordre, et les distances des lieux les plus remarquables, tracées avec tant de précision, que M. d’Anville, en les comparant avec la position actuelle du pays, d’après les rapports anciens et modernes les mieux faits à ce sujet, s’est vu en état d'indiquer la plupart des lieux dont parle Nénarque, avec un degré de certitude qui ne fait pas moins d'honnenr à la véracité du navigateur grec, qu’au talent, au savoir et à la pénétration du géographe français ( Mém. de littérat., tom. XXX, p. 132, etc).
Dans les temps modernes, le nom de mer Rouge est particulier au golfe Arabique ; mais les anciens appliquaient à la mer qui s'étend depuis ce golfe jusqu’à l'Inde,
ladénominatiou de mer Érythrée, d'un roi Érythras, dont |
on ne connaît rien de plus que le nom, qui, en grec, signifie rouge. D’après la signification accidentelle de ce mot, on s’est imaginé que cette mer était d’une couleur différente des autres, et par conséquent d’une navigation plus dangereuse.
NOTE 7, SECT. 1, p. 514.
Alexandre s'occupait tel'ement de cimenter de plus en | plus cette union de ses sujets, qu'après sa mort on trouva
dans ses tablettes, entre autres magnifiques projets qu’il méditait, plusieurs indices qui annoncaient le projet de bâtir plusieurs villes nouvelles, les hnes en Asie et les autres en Europe, et de peupler celles d’Asie d’Européens et celles d'Europe d’Asiatiques, « afin, dit l’historien, qu'en mélant les mariages et en se rendant des services mutuels, les habitans de ces deux grands contineus parvinssent insensiblement à n’avoir qu’une même âme, et à rester attachés les uns aux autres par les liens d'une affection réciproque (Diod. Sicul., lib. xvmm, C, I). »
Les historiens orientaux ont mêlé à tant de circonstances fabuleuseset incroyables le peu qu'ils savent desaffaires des nations européennes et particulièrement d’Alexandrele-Grand et de ses conquêtes de la Perse, que leurs récits ne méritent que bien peu d’attention. Bien qu'ils aient représenté de la manière la plus fausse tous les événemens de sa vie, ils s'étaient formé la plus havte idée de la grandeur de son pouvoir et le distinguaient par le nom d'Escander Dhulearnein , c’est-à-dire à deux cornes, par allusion à l'étendue de son empire, qui, suivant eux , s'étendait de l’orient à l’occident du monde. (D'Herbelot, Bibl. Orient. , article Escander. 4nc. Univ. Hist., vol. V, édit., in-8°, p. 432. Richardson, dans la dissertation qui précède son Dictionnaire arabe et persan, p. 12.) On ne peut savoir si les historiens de l'Hindostan ont donné un compte rendu plug exact de l'invasion de l'Inde par Alexandre , jusqu’à ce que quelques-uns de leurs ouvrages, écrits en langue sanseriie, aient été taduits. Plusieurs circonstances prouvent que l'on conserve encore dans les provinces septentrionales de la péninsule quelques notions traditionnelles sur l’invasion de l'Inde par Alexandre. Les rajahs de Chitore, qui sont regardés comme les souverains les plus anciens parmi les princes indiens, se vantent de descendre de Porus , aussi célèbre dans l’orient qu’il l’est dans l’occident pour sa valeureuse opposition au conquérant macédonien. (Fragm. d’Orme, p. 5 ). Le major Rennell a dit, d'après des renseignemens nouvellement reçus de l’Inde et confirmés par de nombreux témoignages, que dans le pays de Kuttore, à l’extrémité orientale de l’ancienne Bactriane , il existait encore au moment de l'invasion des provinces par Tamerlan, un peuple qui prétendait descendre des compagnons d'Alexandre, Dans la Bijore, la Bazira d'Alexandre, pays de même district, mais plus à l'occident, il existe encore aujourd’hui une tribu qui fait remonter son origine à certains individus laissés par le conquérant dans son passage à travers celte province. Aboul Fazel et Soojah Rae, historien oriental d’une grande réputation, rapportent cette même tradition sans aucune différence remarquable, le dernier ajoute seulement que ces européens, si on peut leur donner ce nom, continuèrent à conserver sur leurs voisins l’ascendant qu’on pouvait supposer leurs ancêtres en possession d'exercer lorsqu'ils étaient venus*s’y établir. Bien que nous devions rejeter comme fausse cette généalogie, cependant le simple fait de la prétention prouve la
| croyance des habitans du pays et il doit y avoir quelque
base à la croyance qu’Alexandre non-seulement conquit
| le Bijore, mais transféra celte conquête à quelques-uns
de ses compatriotes. Les habitans de Bijore avaient aussi une très haute opinion de l'étendue d'autorité d’Alexandre et ils lui donnaient aussi le nom de Picorne, cou
rivièr d'Arri dans | bâtie « impor l’Ayee quité.
fondé
pensait les imn (Nat.
aversio historie empire côtes d docteur intimen vet., P avec la sées qu Syriens Îles adja la propa former Xercès l'y en a d’observ l'autorit comman plusieur:
Perses e dats ( He quels mc
agnifiques projets qu’il moncaient le projet de ss hnes en Asie et les celles d'Asie d'Euroes, «afin, dit l’histoet en se rendant des es deux grands contià n'avoir qu’une même ux autres par les liens pd. Sicul., Vb. xvim,
é à tant de circonstanqu'ils savent desaffaires lièrement d’Alexandre- > la Perse, que leurs l'attention. Bien qu'ils a plus fausse tous les | formé la plus havte oir et le distinguaient in, c’est-à-dire à deux > de son empire, qui, à l'occident du monde.
rticle Escander. 4nc.
, p. 432. Richardson, mn Dictionnaire arabe et voir si les historiens de te rendu plus exact de », jusqu’à ce que quels en langue sanseriie, nstances prouvent que ovinces septentrionales traditionnelles sur l'in- Les rajahs de Chitore, erains les plus anciens ntent de descendre de t qu'il l’est dans l’occia au conquérant macé- Le major Rennell a dit, lement reçus de l'Inde moignages, que dans le orientale de l’ancienne oment de l'invasion des ple qui prétendait desmdre, Dans la Bijore, néme district, mais plus ourd’hui une tribu qui ns individus laissés par travers celte province.
en oriental d’une grande éme tradition sans au- > deruier ajoute seuleut leur donner ce nom, urs voisins l’ascendant ancêtres en possession s*s’y établir. Bien que ausse cette généalogie, prétention prouve la il doit y avoir quelque non-seulement conquit onquête à quelques-uns s de Bijore avaient aussi ue d’autorité d’Alexannom de Picorne, con
formément à l'emblème frappant du pouvoir dans toutes un tel service. Par une suite des les langues orientales ( Ayeen Akbery , vol. XI, p. 194). 8ieux, plusieurs naturels de l’Indostan refusent encore Ceux qui sont accoutumés à ja fecture des écritures aujourd'hui de s’embarquer et de servir sur mer: et saintes, doivent se rappeler plusieursexemples du même cependant , dans certains cas, les cipayes au service
emploi de cette image. des puissances européennes ont surmonté ces sortes de &crupules.
mêmes scrupules reli-
NOTE 8, Seer.1, p. 515.
| NOTE 10, Secr. 1, p. 516.
li parait que c'est une opinion Sénéralement reçue | qu’Alexandre ne bâtit que deux villes dans Yinde, Nicée | M. le baron de Sainte-Croix, dans et Bucéphalie sur les bords de l'Hydaspe, aujourd’hui | savante Critique des historiens d’AI Chaul, et que c’est Cratère qui fut chargé de ce double | (pag. 96), paraît conserver des doutes soin. Mais il est évident, d'après Arrien (lib. v, c. ult.), | villes qu'on dit qu
son ingénieuse et exandre-le-Grand sur le nombre de
| 'Alexandre a bâties. Plutarque ( de qu’il fit bâtir une troisième ville sur l'Acésinès, aujour- | Fort. Alex.,) assure. qu'il n'en fonda pas moins de
d'hui le Jénaub, sous l'inspection d'Éphestion; et si son | Soixante-dix. Il parait, par plusieurs passages des andessein était de tenir ce pays en respect, il paraît qu'il | ciens auteurs, que le moyen dont Alexandre et ses sucne pouvait le faire que par le moyen d'une place forte | cesseurs faisaient usage pour conserver leur autorité sur . sur l’une des rivières qui sont au sud de l'Hydaspe, Cette | les peuples conquis, était de bâtir des villes, ou, ce qui partie de l'Inde a été si peu fréquentée des modernes, | revient au même, des places fortes. Séleucus et Antioqu'il est impossible de marquer avec précision la situa- | chus, sous l'empire desquels tomba la plus grande partie tion de ces villes. Si le P. Tiessenthaler, qui pense que la | de la Perse, ne furent pas moins remarquables que rivière qu'on appelle aujourd'hui Rave est l’Ascésinès Alexandre pour bâtir de nouvelles villes, et il paraît que d’Arrien (Bernouilli, vol. 1, pag. 39), est bien fondé | ces villes remplissaient parfaitement le but des fondadans sa conjecture, il est probable que celte ville fut | teurs, et qu’elles empéchèrent effectivement, comme bâtie quelque part près de Lahore, l’un des postes les plus | j'aurai occasion de l'observer, la révolte des provinces importans de cette partie de l'Inde, et regardée dans | conquises, Quoique les Grecs, animés de l'amour de la l’Ayeen Akbery comme une ville de la plus haute anti- | liberté et de leur patrie, eussent refusé de s'établir en
quité. Mais le major Rennell est, selon moi, très bien | Perse tant que cet empire fut sous la domination de ses
fondé dans son opinion que le Jénaub doit être l’Acésinès | propres monarques, malgré tous les avantages qu’on des anciens.
leur promettait, comme le remarque M. de Sainte-Croix , le cas devint tout différent lorsque le pays fut soumis à leur propre domination , et qu’ils s’y établirent non pas | Comme sujets, mais comme mattres. Alexandre et ses
Les serupules de religion qui empéchaient les Perses | successeurs montrèrent un égal discernement dans le d'entreprendre aucun Voyage par mer étaient couuus | choix qu'ils firent de l'emplacement des villes qu'ils fondes anciens, Pline rapporte de l’un des mages que Tiri- | dérent. Séleucie, que batit Séleucus, ne le cédait qu’à date avait envoyé en ambassade à l'empereur Néron, | Alexandrie pour le nombre des habitans, pour la ri- «qu'il n’avait pas voulu venir par mer, parce qu’il ne
| chesse et l'importance. (M. Gibbon, vol, 1, M. d'Anville. pensait pas qu’il fût permis de salir cet élément de tous | Mém. de Littér. , xxx.)
NOTE 9, Sgor. 1, p. 516.
les immondices qu'y occasionerait le séjour des hommes » (Nat. hist., lib. xxx, c. 11); ils portaient si loin cette aversion pour la mer que, suivant l'observation d’un
historien très bien instruit, il n’y avait pas dans leur C’est dans Justin que se trouve le peu de détails que empire une seule ville un peu importante bâtie sur les | nous avons sur les progrès de Séleucus dans l'Inde côtes de la mer (Ammian. Marcel. lib, xxmr, c. wi). Le | (lib. xv, c. iv); mais nous ne pouvons compter sur son docteur Hyde nous apprend combien ces idées étaient témoignage que lorsqu'il est appuyé de celui des autres intimement liées avee les principes de Zoroastre ( Rel. auteurs, Plutarque semble affirmer que Séleucus avait vet., Pers., cap. vi); dans toutes les guerres des Perses | pénétré fort avant dans l'Inde ; mais ce respectable écriavec la Grèce, les floites du grand roi n'étaient CoMpo- | vain brille davantage dans l’art de tracer les caractères sées que de vaisseaux fournis par les Phéniciens, les | et par l’heureux choix des circonstances qui les dévelop- Syriens, les provinces conquises de l’Asie-Mineure et les pent et les distinguent, que par l'exactitude des recher Îles adjacentes. Hérodote et Diodore de Sicile parlent de | ches historiques. Pline, dont l'autorité est d'un plus la proportion dans laquelle chaque pays contribua, pour grand poids , semble regarder comme une chose certaine former la flotte de douze cents vaisseaux avec laquelle que Séleueus avait porté ses armes dans les districts de Xercès entra dans la Grèce; et parmi ces vaisseaux il l’inde où Alexandre n'était jamais entré (Pline, Mat. 1’ÿ en a pas un seul qui appartint à la Perse. 11 est bon hist., lib. vs, c. xvn). Le passage où il en est question n’est d'observer en même temps que, suivant Hérodote, dont | pas très clair, mais il semble intimer que la marche de l'autorité est incontestable à cet égard, la flotte était | Séleucus avait été de l’Hyphase à l’Hysudre, de là à Pa- Commandée par Ariabigines, fils de Darius , qui avait | lybothra, et de ce dernier endroit à l'embouchure du Plusieurs satrapes distingués sous ses ordres, et que les | Gange. Les distances des principaux endroits où il s'ar- Perses et les Mèdes servaient à bord en qualité de s01- | réta sont marquées , et font un total de deux mille deux | cent quarante-quatre milles romains. Telle est l'interpré-
dats ( Herod., lib. vn, c. xevi, xevu). Je ne puis dire par Quels motifs ou par quelle autorité on les engagta dans i tation que donne à ce passage de Pline M. Bayer (Zistor,
NOTE 11, Secr. 1, p. 5!7.
regni Græcorum Bactriani , pag. 37 ); quant à moi, il me paraît extrémement peu probable que l'expédition de Séleucus dans l'Inde ait pu durer assez long-temps pour | consommer des opérations aussi étendues. Si Séleucus eût pénétré dans l'Inde jusqu’à l'embouchure du Gange, les anciens aüraient beaucoup mieux connu cette partie du pays qu'ils ne paraissent l'avoir jamais fait.
NOTE 12, Secr. 1, p. 517.
Le major Renneli nous donneune grande idée de cet effet @x nous disant que « le Gange, après s'être échappé du @it montagneux où il avait erré dans un espace de plus
de huit cents milles ( Mém., p. 233), reçoit dans son « cours à travers les plaines onze rivières dont les unes « sont aussi grandes que le Rhin et pas une moindre que « la Tamise, sans compter celles qui sont moins remar- « quables et dont le nombre est égal (p. 257). »
NOTE 13, Secr, 1, p. 517.
Je me suis écarté du major Rennell, en fixant la position de Palybothra, et ce n’est qu'avec défiance que je le fais. Suivant Strabon, Palybothra était située au confluent du Gange et d’une autre rivière (lib. xv, p. 1028, A. }; Arrien est plus positif encore. Il place Palybothra au cunfluent du Gange et de l’Erranaboas, qu'il représente comme moins grand que le Gange et l'Indus, mais
comme supérieur à toutes les autres rivières connues |
(Hist. ind., e. x). Cette position répond exactement à celle d’Allahabad. Le P. Boudier, aux observations duquel la géographie de l'Inde doit beaucoup, dit que le Jumna, à l'endroit où il se joint au Gange, lui a paru tout aussi considérable que ce fleuve (d'Anville, 4ntiq. de l'Inde, p. 53). Allahabad est le nom que donna à cette ville l’empereur Akbar, qui y éleva une puissante forteresse; M. Hodges en a publié un élégant dessin, n° 4 de ses Select. views in India. Son nom ancien, sous lequel elle est encore connue des Indous, est Praeg où Piyag, et le peuple de ce district s'appelle Praegi, dénomina-
tion qui se rapproche beaucoup de celle de Prasii, an- | cien nom du royaume, dont Palybothra était la capitale |
(P. Tiessenthaler, chez Bernouilli, tom. 1, p. 223. — D'Anville, p. 56). Allahibad est un lieu de dévotion si fameux parmi les Indous, qu’elle porte le non de Reine des lieux adorés (Ayeen Akbery, vol. Il, p.35); son territoire, qui forme un espace de quarante milles, est réputé saint. Les Indous croient que l’homme qui y meurt est sûr d'obtenir tout ce qu’il désire à la seconde naissance. Quoiqu'ils enseignent que le suicide en général sera suivi de tourmens dans l’autre vie, cependant ils pensent qu'il y a du mérite à se tuer à Allahabad ( Ayeen Akbery, t. Ill, p. 255). Le P. Tiessenthaler décrit les différens objets de vénération à Allahabad, vers lesquels se rendent encore un très grand nombre de pèlerins (Bernouilli, t. 1, p. 224) ; de toutes ces circonstances, on peut conclure que c’est un endroit d’une très haute antiquité, et dont la situation est la même que celle de la Palybothra des anciens.
C'est par deux considérations principales que le major Rennell s’est déterminé à placer Palybothra au méme lieu
que Patna. — 1. D'abord parce qu’il avait appris que sur |
le sol de Patna où très près, il existait anciennement une
très grande ville nommée Potelpoot-her ou Patalippu tra, ce qui s'approche beaucoup de l’ancien nom de Palybothra, Quoiqu'il n’y ait point aujourd’hui à Patna deux | rivières qui se joignent, il a su que le confluent de la Soanne et du Gange, aujourd’hui à vingt-deux milles au- | dessus de Patna, était autrefois sous les murs de cette ville. Les rivières de l'Inde changent quelquefois leur | cours d'une manière singulière, et il en cite quelques | exemples remarquables. Mais quand on conviendrait que ce que racontent les naturels de ce changement de cours | dela Soanne est parfaitement exact, je doute que ce que dit Arrien de la grandeur de l’Erranaboas, puisse s'appliquer à cette rivière aussi justement qu'au Jumna.—-2. 11 parait : que l'itinéraire de Pline en sa table des distances de Taxile (la moderne Attock) à l'embouchure du Gange, a eu quelque part à sa décision (Nat. hist., lib. vi, c. xvn); mais dans cette table les distances sont marquées d’une , manière si peu exacte et quelquefois si évidemment er- | ronée, qu’il n'est pas possible de s’y fier jusqu’à un cer- ! tain point. D’après cette table Palybothra est située à | quatre cent vingt-cinq milles au-dessous du confluent du | Gange et de Jumna. Cependant aujourd'hui il n’y a pas | plus de deux cents milles d'Angleterre de distance entre | Allahabad et Patna, Une différence si considérable ne peut s'expliquer qu’en supposant quelque erreur extraor- | dinaire dans la table, où un changement arrivé dans le | point de jonction du Gange et du Jumna, Il n’y a pour la | première de ces suppositions, que je sache, aucun manuscrit, et pour la seconde aucune tradition dont on puisse | g'étayer. Le major Rennell a exposé les raisons qui l’a- | vaient engagé à supposer que la situation de Palybothra , était la même que celle de Patna (Mémoires, p. 49, 5). . Il a prévu quelques-unes des objections qui pourraient être faites à cette supposition, et il s’est efforcé de les prévenir ; et après tout ce que je viens d’y ajouter, je ne | serais point surpris que dans une discussion géogra- | phique, mes lecteurs fussent disposés à préférer sa déci- | sion à la mienne.
NOTE 14, Secr. 1, p. 518.
Je ne parle point d’une légère incursion d’Antiochusle-Grand dans l’Inde, environ cent quatre-vingt-dix-sept | ans après l'invasion de son ancêtre Séleucus. Tout ce que | nous savons de cet événement, c'est que le monarque | syrien, après avoir terminé la guerre qu'il faisait aux | deux provinces révoltées de Parthe et de Bactriane, entra dans l'Inde, et reçut un certain nombre d’éléphans et de l'argent de Soppagasénus, roi du pays, avec qui il avait conclu un traité de paix. (Polyb., lib. x, p. 597, etc. Lib. x, p. 651, édit. Casaub. Justin., lib. XV, C. iv; Bayer, Aist. regn. Græcor. bact., p. 69, etc.)
NOTE 15, SEcr. 1, p. 519.
Un fait, que Strabon rapporte en passant et qui est échappé au génie investigateur de M. de Guignes, s'accorde parfaitement avec le récit des écrivains chinois, et Je confirme. Les Grecs, dit-il, furent dépouillés de la
| Bactriane, par des tribus ou hordes de nomades scythes, | qui vinrent du pays au-delà du Jaxartes, et sont connus sous les noms d’Asii, Pasiani, Tachari et Sacarauli, | (Strab., lib. x, p. 779, A.) Les nomades des anciens
ment plus pôtr traier golfe depui pardé trême conçu toires maien timen porte éloign lis ap funér dénon ment.
donc | eùt ét Arabi( abrég parait lémée Béréni ports époque reur | Egypt l'Inde !
chemir ment l Apollil firmée (Vora village la ville suite, | merce bas que d'Anvil chandis mer de meaux par la € (Voya, 188, et cherche quelles jusqu'ar munica!
mission autres é Bérénic fixé Ja presque D). Par
oot-her ou Patalippu de l'ancien nom de Paujourd'hui à Patna deux | que le confluent de la à vingt-deux milles ausous les murs de cette ingent quelquefois leur et il en cite quelques nd on conviendrait que ce changement de cours 1, je doute que ce que dit \boas, puisse s'appliquer au Jumna.--2. 1 paraît e des distances de Taxile chure du Gange, a eu hist., lib. vi, c. xvni); s sont marquées d’une fois si évidemment ers'y fier jusqu’à un cer- Palybothra est située à dessous du confluent du aujourd'hui il n’y à pas terre de distance entre ence si considérable ne quelque erreur extraorngement. arrivé dans le | Jumna, 1! n’y a pour la > je sache, aucun manustradition dont on puisse posé les raisons qui l’asituation de Palybothra (Mémoires, p. 49, 54).
bjections qui pourraient et il s’est efforcé de les viens d'y ajouter, je ne une discussion géograposés à préférer sa déci-
> incursion d’Antiochusnt quatre-vingt-dix-sept tre Séleucus. Tout ce que c'est que le monarque guerre qu'il faisait aux Parthe et de Bactriane, rtain nombre d’éléphans roi du pays, avec qui il Polyb., lib. x, p. 597, etc.
Justin., lib. xv, C. 1; ct., p. 69, etc.)
te en passant et qui est de M. de Guignes, S'acdes écrivains chinois, et
furent dépouillés de la rdes de nomades scythes, Jaxartes, et sont connus |, Tachari et Sacarauli.
Les nomades des anciens
SUR L'INDE
étaient des peuples qui, comme les Tartares, ne subsis-
taient que par leurs troupeaux , Sans le secours de l'agriculture,
NOTE 16, Secr. 1, p. 519.
Comme la distance d’Arsinoë (Suez) au Nil est infiniment moindre que de Bérénice à Copte, c'était la voie la plus prompte et la moins dispendieuse par laquelle on pt recevoir en Égypte toutes les marchandises qui entraient dans le golfe Arabique. Mais la navigation du golfe Arabique qui, malgré toutes les lumières acquises depuis, est encore aujourd’hui lente et difficile, était regardée autrefois par les peuples des environs comme extrémement dangereuse; et la crainte qu'ils en avaient conçue leur avait fait donner à plusieurs de ses promontoires, de ses baies et de ses ports, des noms qui exprimaient d’une manière frappante l'impression de ce sentiment. Ils appelèrent l'entrée du golfe Babelmandeb, porte ou port d’affliction. À un port qui n’en est pes bien éloigné, ils donnèrent le nom de Mele, c'est-à-dire mort, Ils appelèrent une pointe adjacente Gardefan, cap des funérailles. L'auteur à qui je dois ces détails cite d’autres dénominations qui devaient leyr origine au même sentiment. (Foyages de Bruce, vol. 1, p. 442, etc.) Il n'était donc pas étonnant que l’entrepôt du commerce de l'Inde eût été transporté de l'extrémité septentrionale du golfe Arabique à Bérénice, puisque par ce changement on abrégeait de beaucoup une navigation dangereuse. 11 parait que ce fut la principale raison qui détermina Ptolémée à établir le port de communication avec l'Inde à Bérénice, quoiqu'il y eût sur le golfe Arabique d’autres ports infiniment plus près du Nil que celui-là. À une
époque postérieure après la ruine de Copte par l’empereur Dioclétien, Albuféda nous apprend ( Descript. Egypt., édit. Michaelis, p. 77), que les marchandises de l'Inde furent transportées de la mer Rouge au Nil, par le chemin le plus court, c'est-à-dire de Cosseir (probablement le Philoteras Portus de Ptolémée) à Coüs, le Vicus Apollinis, trajet de quatre jours. Cette distance fut conirmée au docteur Pococke par le rapport des naturels
erroné le calcul de Pline, qui met entre Bérénice et Copte une distance de deux cent cinquante-huit milles. (Pococke, p. 87.) Mais comme Pline ne se borne pas à indiquer la distance totale, qu’il nomme les différens endroits où l’on s'arrétait sur la route, et marque le nombre des milles qui les séparent ; qu'enfin l'itinéraire d'Antonin se rapporte exactement à sa mesure (d'Anville, Egypt., p. 21), il n'y a pas raison de douter de son exactitude,
NOTE 17, Secr. 1, p. 620,
Le major Reunell est d'avis, « que sous les Piolémées, les Égyptiens étendirent leur navigation jusqu’à la dernière extrémité du continent indien, et remontérent le Gange jusqu’à Palybotra, » aujourd’hui Patna. (/ntrod., p. 36.) Mais s’il eût été ordinaire de remonter le Gange jusqu'à Patna, les parties intérieures de l'Inde auraient dû étre mieux connues des anciens qu’elles ne l'ont jamais été, et ils auraient cherché des renseignemens ailleurs que dans Mégasthène. Strabon commence sa description de l'Inde d’une manière très remarquable. Il demande l'indulgence de ses lecteurs, parce que, dit-il, c'était un pays très éloigné et que peu de personnes avaient visité, et qu’alors même, ces personnes n'ayant vu qu'une petite partie du pays, ne rapportaient que ce qu’elles avaient oui dire, ou tout au plus ce qu’elles avaient remarqué à la bâte dans le cours de leur service Militaire, ou dans la suite d'un voyage. (Strabo, lib. Xv, p. 1005, B.) Il observe qu’un très petit nombre de commercans du golfe Arabique avaient été jusqu'au Gange. (/bid., 1006, C.) li assure que le Gange se jette dans la mer par une seule embouchure (Zbid., 1011 , C.) ; erreur dans laquelle il ne serait certainement pas tombé, si la navigation de ce fleuve eût été plus commune de son temps. Il parle bien de remon-: ‘er le Gange (/bid., 1010), mais c'est en passant et dans une seule phrase ; au lieu que si un voyage intérieur aussi considérable, un voyage de plus de quatre cent milles, à travers un pays riche et peuplé , eût été ordinaire, ou même s’il eût jamais été exécuté par aucun des marchands romains, grecs ou égyptiens, on n'aurait pu s'empêcher d’en faire une description particulière ; et
(Voyages, vol. 1, p. 87); en conséquence, Coùs, de petit village qu’il était, devint, après Fostat ou le vieux Caire, la ville la plus considérable de la Haute-Égypte. Dans la suite, par des causes que je ne puis expliquer, le commerce de la mer Rouge par Cosseir passe à Kène, plus bas que Coûs, en suivant la rivière. (Albuf., p. 13, 77, d'Anville, Égypte, 196-200.) Aujourd'hui toutes les marchandises de l'Inde destinées pour l'Égypte, ou vont par mer de Gedda à Suez, et de là sont portées par des chameaux jusqu’au Caire, ou elles sont amenées par terre | par la caravane qui revient du pèlerinage de 1a Mecque. | (Voyage de Nieburh, tom. 1, p. 224. Volney, 1, 188, etc.) Tel est le tabieau complet, autant que mes recherches ont pu l'être, des différentes routes par lesquelles les productions de l'Inde ont été transportées jusqu'au Nil, depuis la première ouverture de cette communication, 11 est singulier que le P. Sicard ( Mém. des missions dans le Levant, tom. Il, p. 157), et quelques autres écrivains respectables, supposent que Cosseir est la Bérénice fondée par Ptolémée, quoique Ptolémée en ait fixé la latitude à 23° 50, et que Strabon l'ait placée presque sous le même parallèle que Syène (lib. 11, p. 195, D.). Par une suite de cette méprise, on a regardé comme
Pline et les autres écrivains en auraient nécessairement parlé comme d’une chose extraordinaire dans la nayigation des anciens. Arrien, ou l'auteur quelconque du Periplus Maris Erithræi » observe qu'avant la découverte d’une nouvelle route dans l'Inde, dont nous parlerons dans la suite, le commerce avec ce pays se faisait dans de petits vaisseaux qui suivaient les détours de chaque baie (pag. 32, ap. Huds. Geogr, min.), des vaisseaux d’une construction si légère et asservis à un tel mode de navigation n'étaient guère propres à un voyage aussi éloigné que l’était celui autour du cap Comorin, et dans toute la longueur du golfe de Bengale jus-
, qu’à Patna. Il n’est pasinvraisemblable que les marchands
qui, suivant Strabon , ont été jusqu'au Gange, s’y soient rendus par terre, ou des pays à l'embouchure de l’Indus ou de quelque endroit de la côte de Malabar : et quela navigalion du Gange, dont il ne parle qu'accidentellement, se faisait par les naturels dans des vaisseaux du pays. Ce qui donne quelque poids à cette opinion, ce sont ses remarques sur la mauvaise construction des vaisseaux qui fréquentaient cette partie de l'océan Indien. D'après ce
qu'il en dit, il est évident que ce ne pouvait être que des
vaisseaux du pays (p. 1012, C.).
NOTE 18, Secr. 1, p. 520.
Les idées erronées de plusieurs écrivains distingués
de l'antiquité, sur la mer Caspienne, quoique parfaite- |
ment connues de tout homme de lettres, sont si étonuantes, et fournissent un exemple sifrappant de l'imperfection de leurs connaissances géographiques, qu'un exposé plus complet de ces erreurs pourra non-seulement faire plaisir à quelques-uns de mes lecteurs, mais en cherchant à tracer les différentes routes par lesquelles les marchandises de lorient arrivaient aux nations de l'Europe, il devient même indispensable d'entrer dans quelques détails sur la diversité de leurs sentimens à cet égard. 1. Selon Strabon, la mer Caspienne est une baie qui communique avec le grand Océan septentrional d'où elle sort par un bras étroit, puis forme une mer qui s'étend dans une longueur de cinq cents stades (lib. xx, p. 273, A), Pomponius-Mela est du même avis, et il repré-
céan comme uu détroit extrêmement long, mais si resserré, qu'on le prendrait pour une rivière. (Zbid., vu, c.v.) Pline lui-même en fait une semblable description,
(Wat. hist, Vib. vi, c. xxx.) Au siècle de Justinien, cette !
opinion sur la communication de la mer Caspienne avec l'Océan prévalait encore. ( Cosm. indicopl. Topog. Christ, lib. 11, p. 138, C.) Quelquesécrivains des premiers âges, par une méprise plus singulière encore, ont supposé que la mer Caspienne communiquait avec la mer Noire. Quinte-Curce, dont l'ignorance en géographie est notoire, a adopté la même erreur (lib. var, c. vus, édit.) 2. Arrien, écrivain beaucoup plus judicieux , qu’un séjour assez long dans la province romaine de Cappadoce , dont ilétait gouverneur, aurait dù mettre à même d'obtenir des renseignemens plus certains, déclare dans un endroit que l'origine de la mer Caspienne est encore inconnue; et il ne sait si elle se joignait à la mer Noire ou au grand Océan oriental qui environne l'Inde (lib, vnr, c. xvi). Dans un autre endroit, il assure qu’il y avait une communication entre la mer Caspienne et l’océan Oriental (lib. v, ec. xxvi.) Ces erreurs paraissent d'autant plus extraordi-
naires qu'Hérodote avait donné une description exacte de | ) : faut, suivant Pline, quatre-vingt-quatorze jours pour ! aller d'Alexandrie à Musiris. L'an 1788 , /e Roddam,
la mer Caspienne, près de cinq cents ans avant le siècle de Strabon. « La mer Caspienne, dit-il, est une mer indépendante et qui ne tient à aucune autre. Elle a en longueur ce qu’un vaisseau armé de rames neut parcourir en quinze jours, et dans sa plus grande largeur, ce qu'il peut faire en huit jours. » (Lib, 1, c. cour.) Aristote en donne la même description, et soutient avec sa précision ordinaire que c’est un grand lacet non pas une mer.(Heteorolog, lib. 11.) Diodore de Sicile joint son opinion à la leur (vol.ll,lib. xvim ,p.261). Aucun de ces auteurs ne dé-
termine si c'était du nord au sud, ou de l’est à l’ouest que
lamer Caspienne s’étendait dans sa plus grande longueur. Dans les anciennes cartes, qui servent d’éclaircissement à la géographie de Ptolémée, elle est représentée comme s'étendant de l’orient à l'occident dans sa plus grande
premiers renseignemens sur la vraie forme de la mer Caspienne ; il avait suivi une partie considérable de sa côte, avec une caravane de Russie, l’an 1558. (Hakluyt, Collect. vol. 1, p.334.) L’exactitude de la description de Jenkinson fut confirmée par une reconnaissance de cette
mer, exécutée par ordre de Pierre-le-Grand, en 1714, et il est maintenant hors de doute que non-seulement la mer Caspienne n'est jointe à aucune autre mer, mais qu'elle s'étend infiniment plus en longueur du nord au sud que de l’est à l’ouest dans sa plus grande largeur, Nous apprenons cependant, par ces détails, à combien de mauvais plans, pour le transport des marchandises de l'Inde ou de l’Europe, les fausses idées qu'on s’en était généralement faites avaient douné lieu, par la supposition où l'ou était qu’elle communiquait avec la mer Noire ou
| avec l'océau septentrional, C'est une preuve de plus de
l'attention d’Alexandre-le-Grand pour tout ce qui pouvait contribuer à l'avancement du commerce , que l'ordre qu’il donua peu de temps avant sa mort, d'équiper pour la mer Caspienne une escadre destinée à la reconnattre,
| et à s'assurer si c'était avec la mer Noire ou avec
l'océan Indieu qu’elle communiquait. (Arrien, lib. vu,
| ©. XVI.) sente le détroit par lequel la mer Caspienne tient à l'O-
NOTE 19, Sur. u, p. 523.
Ce détail curieux nous apprend combien la navigation des anciens était imparfaite, même à son plus haut point de perfection. On n'aurait jamais employé trente jours à
| fairele voyage de Bérénice à Océlis, si on eût connu une | autre méthode que celle de suivre servilement tous les
détours des côtes. Le voyage d'Océlis à Musiris serait, sui-
| vant le major Rennell , de quinze jours pour un vaisseau
européen , d’après la nouvelle manière de nayiguer , n’y ayant que sept cent cinquante milles marins sur une ligne droite ( Zntroduc. p. 37). 11 esb singulier que, quoique le Periplus maris Erythræi ait été écrit après le voyage d'Hippale, son auteur se soit surtout attaché à décrire l’ancienne marche le long des côtes d'Arabie et de Perse jusqu’à l'embouchure de l’Iudus, et de là en descendant le rivage occidental du continent jusqu’à Musiris. Je ne puis expliquer cette singularité qu’en supposant que par une suîte de cette difficulté qu'éprouvent les hommes à renoncer à d'anciennes habitudes, la plus grande partie des commerçans de Bérénice continuèrent de suivre cette route à laquelle ils étaient accoutumés. Il
vaisseau de la compagnie anglaise des Indes, de mille ton
neaux de port, ne mit que quatorze jours ile plus à faire son voyage de Porstmouth à Madras. Telle est la mesure des progrès qu’on a faits dans la navigation.
NOTE 20, Secr. 11, p. 524.
Platon pensait que, dans une république bien gouvernée, les citoyens ne doivent point se livrer au commerce , ni l’état chercher à se rendre puissant sur la mer. li prétend que le commerce corromprait la pureté de leurs
. mœurs, et que le service de la mer les accoutumerait à . trouver des prétextes pour justifier une conduite dont longueur. De nos jours, ce fut un marchand anglais, An- | toine Jenkinson, qui donna aux peuples de l'Europe les |
l'opposition à tout ce qu'il y a de noble et de convenable tendrait à relâcher insensiblement les liens de la
| discipline militaire. 11 assure qu'il aurait été moins fu- | neste pour les Athéniens de continuer d'envoyer tous les : ans les fils de sept de leurs principaux citoyens pour étre
dévorés par le Minotaure , que d’avoir renoncé à leurs
| mœurs primitives et d'être devenus une puissance mari-
time.
plan, mile:
idées phes.
quest doitf posé il n’o lib, v domi sign
Plit ue 4 lib. x) mani mas.
l'autr miner attach exem} seul d
sage d C. 1), à il dit :
ce qui chère
Plin turelle tion di fums, conciti aient merce nous | s'en fa d'être chandi propre peut 80 cès ave temps norun sur le plusies le prix chez le parmi Peut 86 poids « thnot |
MN criptio des dif
erre-le-Grand, en 1718, ie, que non-seulement la aucune autre mer, mais n longueur du nord au sa plus grande largeur, r ces détails, à combien jort des marchandises de idées qu'on s'en était géé lieu, par la supposition it avec la mer Noire ou Lune preuve de plus de d pour tout ce qui pouu commerce, que l’ordre sa mort, d'équiper pour estinée à la reconnattre, la mer Noire ou avec iquait. (Arrien, lib. vu,
ui, p. 523.
d combien la navigation ‘me à son plus haut point s employé trente jours à lis, si on eût connu une vre servilement tous les icélis à Musiris serait, suize jours pour un vaisseau nanière de nayiguer , n’y milles marins sur une li- Les singulier que, quoiræi ait été écrit après le se soit surtout attaché à ng des côtes d'Arabie et de l'Iudus, et de là en du continent jusqu’à Mue singularité qu’en supte difficulté qu'éprouvent iennes habitudes, la plus de Bérénice continuèrent ils étaient accoutumés. Il ngt-quatorze jours pour L'an 1788 , le Roddam,, se des Indes, de mille ton orze jours de plus à faire idras. Telle est la mesure a navigation.
ie république bien gou- | point se livrer au comndre puissant sur la mer.
omprait la pureté de leurs | mer les accoutumerail à tifier une conduite dont de noble et de convenasiblement les liens de la wil aurait été moins funtinuer d'envoyer tous les cipaux citoyens pour êlre d'avoir renoncé à leurs enus une puissance mari
time. Dans cette république parfaite, dont il trace le plan, il veut que la capitale soit située au moins à dix milles de ia mer, ( De {egibus, lib, 1v, ab initio.) Ces idées de Platon furent embrassées par d’autres philosophes. Aristote entre dans la discussion formelle de la question de savoir, si un état bien organisé doit ou ne doit pas être commerçant ; et quoique extrémement disposé à soutenir une opinion contraire à celle de Platon, il n'ose s'expliquer ouvertement à ce sujet, (De Repub, lib. vu, c. vi.) Dans des siècles où de telles opinions dominent, on ne doit pas s'attendre à de grands renseignemens sur le commerce,
NOTE 21, See. u, p. 525.
Pline dit (lib. 1x, c. xxxv): Principium ergo culmen- UC omnium rerum prelii margarilæ tenent, (\n lib.xxxvu, c.1v.) affirme, maximum in rebus humanis pretium non solum inter gemmas , habet adamas. Ces deux passages sont tellement opposés l'un à l'autre, qu'il est impossible de les concilier, ou de déterminer lequel est le plus conforme à la vérité, Je me suis attaché au premier, parce que nous avons plusieurs exemples du prix exorbitant des perles, mais pas un seul de cette cherté extrême des diamans. Un autre passage de Pline me confirme dans cette opinion (lib. x1x, c. 1), après avoir parlé du prix exorbitant de l'asbeste , il dit : « Æquat pretia excellentium margaritarum;» ce qui implique qu'il regardait les perles comme la plus chère de toutes les marchandises,
NOTE 22, Sacr. 1, p. 525.
Pline a consacré deux livres entiers de son histoire naturglle (lib. x1x et x), à l'énumération et à la description des épices et des aromates, des onguens et des parfums, dont le luxe avait introduit l'usage parmi ses concitoyens. Comme la plupart de ces productions vevaient de l'Inde, ou des pays au-delà, et que le cummerce avec l’orient était considérable du temps de Pline, nous pouvons nous former une idée du grand débit qui s'en faisait par l’extréme cherté dont ell:s continuèrent d'être à Rome. La comparaison des prix des mêmes marchandises à Rome autrefois, et aujourd’hui, dans notre propre pays, n'est pas un pur objet de curiosité, mais peut servir de règle pour apprécier la différence du succès avec lequel le commerce de l'Inde s’est fait dans les temps anciens et modernes. Meursius (De luxu Romanorum, c. V), et Stanislas Robierzyckius, dans son traité sur le même sujet (lib. 11, c. 1,) ont fait des recueils de plusieurs passages remarquables des anciens auteurs sur le prix extravagant des pierres précieuses et des perles chez les Romains, et sur l'usage général qui s’en faisait parmi les personnes de tous les rangs. Le lecteur anglais Peut se contenter des exrellentes tables de monnaies, des poids el des mesures des anciens par le docteur Arbuthnot (p. 172 etc.).
NOTE 23, Secr. 11, p. 526.
M. Mahudel, dans un mémoire lu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'an 1719, a présenté letableau ‘es différentes opinions des anciens sur la nature et l’o-
rigine de la soie, qui toutes tendent à prouver leur ignorance à ce sujet, Depuis la publication du mémoire de M. Mahudel , le P. du Halde a fait la description d’une espèce de soie, dont je crois qu'il a le premier donné connaissance aux modernes, « Elle est produite par de petits insectes qui ressemblent beaucoup aux limacons, ls ne forment pas, comme les vers à soie, des cacons de forme ronde ou ovale, mais font de très longs ls qui s’attachent aux arbres et aux buissons, selon que le vent les pousse, On les ramasse et on en fabrique des étoffes de soie plus Grosses que celles qui viennent des vers À soie domestiques. Les insectes, qui produisent cette grosse soie, ne sont pas privés, » (Description de l'empire de la Chine, tom. 11, fol. p. 207). Ceci ressemble beaucoup à la description de Virgile ; Velleraque ut foliis depectant tenuia Seres.
GEORG., 11, p. 191.
Il ne faut que lire attentivement Virgile pour s’apercevoir que outre toutes les autres qualités d'un grand poële qui peint, il avait une connaissance très étendue de l'histoire naturelle, La nature et les productions des vers à soie sauvages sont traitées d'une manière plus détaillée dans la vaste collection des Mémoires concernant l'histoire , les sciences et les arts, etc., des Chinois. tome Il, p. 575, etc. ; et par le père de Mailla , dans son histoire volumineuse de la Chine, tome XII, p. 434.C’est une circonstance singulière dans l'histoire de la soie, que les mahométans la regardent comme une étoffe immonde, parce qu'elle est le produit d'un ver; et tous leurs docteurs, d'un consentement unanime, ont décidé que toute personne revêtue d’un habit uniquement composé de soie, ne peut étre admis à réciter les prières journalières prescrites par le Koran (d'Herbel, Bibl. Orient. artic., Harir.),
NOTE 24, Sxcr. 11, p. 526.
Si l’usage des manufactures de coton de l'Inde avait été commun parmi les Romains, on en aurait spécifié les di£férentes espèces dans la loi de Publicanis et de Vectigalibus, comme on avait fait pour les épices et les pierres précieuses, Une telle explication n'aurait pas été moins nécessaire au marchand qu'au collecteur , pour les diriger l'un et l’autre dans leur opérations.
NOTE 25, Sacr. n1, p. 526.
Le lieutenant Wilford a porté beaucoup d’exactitude et d’érudition dans l'examen de cette partie du Périple d’Arrien ; et il est évident, d’après ses recherches, que la Plithana d’Arrien est la moderne Puthanah sur la rive méridionale de la Godvéry , à deux cent dix-sept milles anglais au sud de Baroche ; que la position de Tagara est la même que celle de la moderne Dultabad , et les hautes terres à travers lesquelles les marchandises arrivaient à
: Baroche sont les montagnes de Ballagaut. Les hauteurs
et les distances de ces différens endroits, telles qu’Arrien les désigne, sont une nouvelle preuve, si elle était nécessaire , de l'exactitude des renseignemens qu'il avoit pris sur ce district de l'Inde, (Recherches sur l'Asie ; vol. 1, p. 369, etc.)
b80 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENS NOTE 26, SEcr. 11, p. 529.
Strabon avoue qu'il s’est très peu servi des nouvelles hmières que les observations astronomiques d'Hipparque avaient répandues sur la géographie , et il justifie sa négligence par une de ces subiilités scolastiques que les anciens mélaient trop souvent dans leurs écrits. « Un «géographe, dit-il, c’est-à-dire celui qui décrit la terre, «ne doit faire aucune attention à ce qui est hors de la «terre ; et les hommes occupés de la conduite des affaires «dans les parties habitées de la terre, ne s'inquièteront «nullement des distinctions et des divisions d'Hipparque.» (Lib. ur, p 194,0).
NOTE 27, SEcT. 11, p. 529.
Agathemère, qui fleurit assez près de Ptolémée , nous apprend quelle haute idée les anciens avaient de lui. «Ptolémée , dit-il, qui a réduit la géographie en un sys- «tème régulier, traite de tout ce qui y a rapport, non «pas d'une manière indifférente, ou seulement d’après «ses propres idées, mais recueillant avec soin tout ce «qu’avaient écrit des auteurs plus anciens, il en a pris «tout ce qui lui paru conforme à la vérité. » ( Epitome Geogr, lib. 1, c. vi, édit. Hudson. ) Agathodémon , artiste d'Alexandrie, non moins épris de son ouvrage, y joignit une suite de cartes propres à en faciliter l’intelligence , où la position de tous les lieux dont parle Ptolémée, avec leur longitude et leur latitude, se trouvait marqué d’une manière absolument conforme à ses idées. (Fabric. Biblioth. græc., UN, 412.)
NOTE 28, SET. 11, p. 529.
Comme c'était dans ces itinéraires ou dans des plans que les anciens géographes puisaient les renseignemens les plus certains sur la position et les distances de beaucoup d'endroits, il peut n'être pas inutile de faire voir de quelle manière ils furent exécutés par les Romains. Jules- César coneut le premier l’idée de faire lever un plan général de l'empire; il le commenca sous l'autorisation d’un lécret du sénat, et Auguste l’acheva. Comme Rome était encore bien inférieure à la Grèce dans les sciences, l’exécution de cette grande entreprise fut confiée à trois Grecs, hommes de grands talens, et versés dans toutes les branches de la philosophie. Le plan de la partie orientale de l'empire fut achevé par Zénodoxe en quatorze ans, cinq mois et neuf jours; celui de la partie septentrionale, par Théodote , en vingt ans, huit mois et dix jours. La partie septentrionale fut achevée en vingt-cinq ans un mois et dix jours. (Æthici Cosmographia apud Geographios cditos a Hen. Stephan, 1577, p. 107.) Ce fut là une entreprise digne de ces personnages illustres , et dignes de la magnificence d’un grand peuple. Outre ce plan général, chaque nouvelle guerre occasionait de nouvelles mesures et une nouvelle description des pays qui en étaient le siége. Nous pouvons conclure, d’après Végèce, (/nstit, rei militaris, ib. x, c. vi), que chaque gouverneur d’une province romaine était muni d’un plan de sa province, où était spécifié la distance des lieux en milles, la nature des grandes routes, les chemins de côté, ceux de traverse, les montagnes, les rivières, etc. Tous ces objets, dit-il n'étaient pas seulement représentés par des
mots, mais dessinés sur des cartes, afin qu’en concertant ses mouvemens militaires, l'œil du général pût seconder les résolutions de son esprit.
NOTE 29, Sec. n1, p. 530.
La suite de cette méprise est remarquable. Ptolémée (lib. var, c. x ), calcule la longitude de Barygaza ou Baroche, à 17° 20’; et celle de Cory ou cap Comorin , à 10° 20”; ce qui fait précisément une différence de quatre degrés , au lieu que la différence réelle entre ces deux endroits est de près de quatorze degrés.
NOTE 30, SEcr. 11, p. 530.
Ramusio , éditeur de la plus ancienne et peut-être de la meilleure collection de voyages qui existe , est le pre-
| mier que je sache, qui ait remarqué cette singulière erreur
de Ptolémée. ( Fiaggi, vol. 1, p, 181.) 11 observe avec raison que l’auteur de la navigation autour de la mer Érythrée s'était montré plus exact dans la description de l'Inde, qu’il avait représentée comme s'étendant du nord au sud. ( Peripl., p. 24, 29.)
NOTE 31, Secr. 11, p. 531.
Cette erreur de Ptolémée mérite justement le nom d'énorme que je lui ai donné; et elle paraîtra plus surprenante encore quand on se rappellera qu'il n’a pu ignorer ni ce que Hérodote rapporte du voyage autour de l'Afrique, exécuté par ordre d’un des rois d'Égypte (ib. iv, c. iv), ni l'opinion d'Ératosthène, qui soutenait que la grande étendue de l'océan Atlantique, était la seule chose qui s'opposät à la communication par mer entre l'Europe et l'Inde. ( Strab. Geogr., lib. 1, p.113, A.) Cependant cette erreur ne doit pas étre imputée tout entière à Ptolémée. Hipparque, que nous pouvons regarder comme son guide, avait enseigné que la terre
| n’était pas environnée de toutes parts par l'Océan , mais | qu'elle était occupée par différens isthmes qui la parta- | gent en plusieurs grands bassins. (Strab. lib, 1, p. Il, B) | Ptolémée, ayant adopté cette opinion , soutint, pour étre
conséquent, qu’il y avait un pays inconnu qui s'étendait de Cattigara à Prassum, au sud-est de la côte d'Afrique (Geogr., lib. var, c. it cr Comme le système géographique de Ptolémée était généralement reçu, cette erreur se propagea par le même canal. Pour s’y conformer, le géographe arabe Édrissi, qui écrivait au douzième siècle, enseigna qu’une suite de terres non interrompue s'étendait de Sofala du côté de l’orient, en suivant la côte d'Afrique, jusqu’à sa jonction avec une partie du continent indien. ( D'Anville, Æntig., p. 187.) Au premier volume des Gesta Dei per Francos , est jointe une ancienne carte très grossière du monde habitable, dessinée d’après cette idée de Ptolémée. M. Gosselin, dans sa carle intitulée Ptolemæi systema geographicum , a représenté cette étendue de terre imaginaire par laquelle Ptolémée suppose que l'Afrique est jointe à l'Asie. (Géogra- Phie des Grecs analysée. )
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st remarquable. Ptolémée situde de Barygaza ou Ba- Cory ou cap Comorin , À 1 une différence de quatre nce réelle entre ces deux ze degrés.
T. II, p. 630.
; ancienne et peut-être de ges qui existe , est le prerqué cette singulière erreur , P, 181.) Il observe avec gation autour de la mer xact dans la description de comme s'étendant du nord
mérite justement le nom ; et elle paraîtra plus surje rappellera qu'il n’a pu pporte du voyage autour lre d’un des rois d'Égypte d'Ératosthène, qui soutel'océan Atlantique, était la a communication par mer ab. Geogr., lib. 1, p.113, ne doit pas être imputée Jarque, que nous pouvons avait enseigné que la terre es parts par l'Océan , mais rens isthmes qui là partains. (Strab. lib, 1, p. Ill, B).
)pinion , soulint, pour étre pays inconnu qui s'étendait ud-est de la côte d'Afrique Comme le système géograéralement recu, cette ercanal. Pour s'y conformer, qui écrivait au douzième de terres non interrompue lorient, en suivant la côte | avec une partie du contitig., p. 187.) Au premier rancos , est jointe une anmonde habitable, dessinée , M. Gosselin, dans sa carte geographicum , à reprénaginaire par laquelle Ptot jointe à l'Asie, (Géogra-
NOTE 32, Srcr. n1, p. 531.
Dans cette partie de la dissertation , aussi bien que dans la carte qui doit l'accompagner, on a généralement suivi les opinions géographiques de M. d’Anville, auxquelles le major Rennell a donné la sanction de son approbation {Zntrod , p. 39); mais M. Gosselin a dernièrement publié la Géographie des Grecs analysée, ou les systèmes d'Ératosthène, de Strabon et Ptolémée, comparés l’un à l'autre et tous ensemble aux nouvelles connaissances des modernes, ouvrage savant et ingénieux où il diffère de son compatriote dans plusieurs de ses décisions. Suivant M. Gosselin, le Magnum-Promontorium , que M. d’Anville prétend être le cap Romania, à l'extrémité méridionale de la péninsule de Malacca, est la pointe de Bragu , à l'embouchure de la grande rivière d’Ava, près de laquelle il place Zaba, que M. d’Anville et Barros ( Decad. 11, liv. vr, c. 1), supposent étre située sur le détroit de Sincapura ou Malacca. Il soutient que le Magnus
Sinus de Piolémée est le même que le golfe de Martaban, et non point celui de Siam, suivant la décision de M. d’Anville. La position de Cattigara, comme il s'efforce de le prouver répond à celle de Mergui, port considérable sur la côte occidentale du royauwe de Siam; et Thina ou Sinæ Metropolis, que M. d’Anville recule jusqu'à Sin+ Hoa, au royaume de Cochinchine, est située sur la même rivière que Mergui, et porte aujourd'hui le nom de Tana- Serim. L’Ibadii Insula de Ptolémée, que M. d’Anville reconnait dans Sumatra, fait partie, suivant lui, de ce groupe de petites Îles qui sont à la hauteur de cette partie de la côte de Siam (p. 137—148). Selon le système de M. Gosselin, les anciens ne portèrent jamais leurs voiles dans le détroit de Malaca, ne connaissent
poiut l’ile de Sumatra, et l'océan Oriental leur était abso- |
lument inconnu, S'il est quelqu'un de mes lecteurs à qui ses opinions paraissent bien fondées, la navigation et le commerce des anciens dans l'Inde auront des bornes en-
core plus étroites que celles que je leur ai assignées. |
Ayeen Akbery (vol. Il, p. 7 ), nous apprend que Cheen était l’ancien nom du royaume de Pégu ; comme ce pays est limitrophe d’Ava où M. Gosselin place le Grand-Promotoire, cette grande ressemblance de noms paraîtra peut-être confirmer son opinion que Sinæ-Metropolis était située sur cette côte, et non pas aussi loin vers l'orient que M. d’Anville l’a placée
Comme la description que Ptolémée a faite de cette partie orientale de l’Asie est plus erronée, plus obscure et plus contradictoire qu'aucune autre partie de son ouvrage, et comme tous les manuscrits grecs et latins sont extrémement incorrects dans les deux chapitres qui contiennent la description des pays au-delà du Gange, M.d’Anville,dansson Mémoire sur les Limites dumonde connu des anciens au-delà du Gange, s'y est plus livré aux conjectures qu’on ne le voit dans les autres recherches de ce judicieux géographe, Il se fonde aussi plus qu'à l'ordinaire sur les ressemblances entre les noms anciens et modernes des endroits, quoique partout il découvre un penchant peut-être trop grand à suivre leur étymologie et à s’y fier, Il est vrai que souvent ces restemblances sont frappantes, et l'ont conduit à plus d’une beureuse découverte. Mais en lisant ses ouvrages, il est impossible, à mon avis, de ne pas s’apercevoir que queldues-unes de celles qu'il cite sont peu naturelles et souvent
imaginaires. Toutes les fois que je l'ai suivi, je n'ai embrassé de ses décisions que celles qui m'ont paru fondées sur son exactitude ordinaire.
NOTE 33, Secr. 11, p. 534.
L'auteur de {a Navigation autour de la mer Érylhrée a marqué les distances de plusieurs endroits qu'il cite avec une exactitude qui doit faire regarder son ouvrage comme la description la plus complète qu'il soit possible de trouver dans aucun auteur ancien, de la côte
| depuis Myos-Hormus, sur la côte occidentale du golfe
Arabique, le long des rivages de l'Éthiopie, de l'Arabie,
| de la Perse et de la Caramanie, jusqu’à l'embouchure de
l’Indus, et de là, en descendant la côte occidentale de la péninsule de l’Inde, jusqu’à Musiris et Barace. C’est un mérite de plus dans ce court traité, qui en a déjà beaucoup à bien des égards. On peut regarder comme une preuve remarquable de l'étendue et de l'exactitude des connaissances de cet auteur sur l'Inde qu'il est le seul écrivain de l'antiquité qui paraisse avoir eu quelque idée de la grande division qui subsiste encore de ce pays; à savoir : l’Indostan propre, comprenant les provinces septentrionales de la péninsule, et le Deccan, qui renferme les provinces méridionaies : « De Barygasa, dit-il, le «continent s'étend vers le sud, d’où vient que ce district «s'appelle Dachinabades; car dans la langue du pays le « sud s'appelle dachanos.» (Peripl., p. 29.) Comme les Grecs et les Romains, lorsqu'ils adoptaient une dénomination étrangère, avaient toujours soin d'y joindre une
| terminaison particulière à leur propre langue, et que la
structure grammaticale des deux langues rendait en quelque sorte nécessaire, il est évident que Dachanos est le même nom que Deccan, mot qui n’a point changé de signification, et qui est encore le nom de cette division de la péninsule, La rivière Nerbuddah sert actuellement de borne au Deccan du côté du nord, et c’est aussi là que l’a posée notre auteur. (Perip, , ibid.)
NOTE 33, SEcT. 11, p. 535.
Quoique les anciens astronomes, en fixant les latitudes des lieux d’après les observations faites sur le soleil et sur les étoiles, aient négligé plusieurs procédés qu'il aurait
| fallu employer, il ne manquait quelquefois qu'un petit
nombre de minutes à l'exactitude de leurs résultats ; mais d’autres fois la différence allait jusqu’à deux et même trois degrés ; et l'on peut calculer que, l’un dans l'autre, ces résultats approchaient de moitié de la vérité. Ainsi cette partie de la géographie ancienne aurait été passablement exacte s’il y eût eu un nombre suffisant de déterminations faites d'après ces principes. Il s'en faut de beaucoup au contraire qu’elles soient nombreuses, et il paraît qu'elles ne furent appliquées qu'aux endroits les plus remarquables des pays qui environnent la Méditer:-
| ranée,
Lorsque, faute d'observations plus exactes, la latitude se déterminait d’après la mesure du jour le plus long ou le plus court, on ne pouvait dans aucun cas compter sur un grand degré de précision, surtout dans le voisinage de l'équateur. Une seule erreur d'un quart d'heure (et il était aisé d’y tomber, d’après la inanière peu exacte dont les anciens mesuraient le temps) pouvait dans de telles
positions en causer une de quatre degrés dans la détermination de la latitude,
Quant aux lieux situés dans la zone torride, il y avait pour la fixation de la latitude une ressource qui manquait ailleurs; c'était d'observer le temps de l’année où le soleil était vertical à un endroit, ou, dans d’autres termes, quand les-corps perpendiculaires à l’horizon n'avaient point d'ombre à midi : la distance du soleil de l'équateur en ce temps, qui était connue par les principes de l'astrononie, était égale à la latitude du lieu. Nous avons des exemples de l'application de cette méthode dans la détermination des parallèles de Syène et de Méroé. L'exactitude dont cette méthode était susceptible semble être limitée à près d’un demi-degré; et encore faut-il supposer que l'observateur restait à la même place : car s’il voyageait d’un lieu à l’autre, sans avoi: occasion de corriger l'observation d’un jour par celle du jour suivant, il risquait de s’écarter beaucoup plus encore de la vérité.
Quant à la longitude des lieux, comme les éclipses de lune ne sont pas fréquentes et ne pouvaient que rarement servir à la déterminer et seulement lorsqu'il se trouvait des astronomes capables de les observer avec exactitude, on peut n’en tenir aucun compte dans l’examen de la géographie des pays éloignés. C'était donc uniquement par les distances et par les hauteurs d’un lieu à
| même ligne droite d'occident en orient, avec une légère
inflexion vers le sud, 11 y a en même temps plusieurs baies et promontoires représentés sur cette côte, qui ressemblent beaucoup, dans leur position, à ceux qui y existent aujourd’hui. On voit clairement par la réunion
| de toutes ces circonstances quels étaient les élémeus qui
entrèrent dans la composition de l’ancienne carte de l'Inde. Les vaisseaux qui avaient visité la côte de ce pays avaient tenu compte du temps qu'ils avaient mis à aller d’un lieu à l’autre, et en suivant la côte avaient remar-
| qué de quel côté était la terre lorsqu'ils traversaient une
l’autre que s’assignaient anciennement les différences des |
méridiens des divers endroits;<et par conséquent c'était principalement sur la longitude que tombaient toutes les erreurs d’estimations, de plans et de descriptions, de même qu'il arrive sur un vaisseau, qui n’a d’autre moyen de déterminer sa longitude qu’en comparant l'estime avec les observations de la latitude; quoiqu'il y ait cette différence, que les erreurs auxquelles ie plus habile des anciens navigateurs fût sujet étaient bien plus grandes que celles où le patron le plus ignorant, muni d’une boussole, pourrait tomber aujourd'hui, La longueur de la Méditerranée, prise en degrés de longitude depuis les Colonnes d’Hercule jusqu’à la baie d’Issus, ne porte pas quarante degrés; mais dans les cartes de Ptolémée elle
en à plus de soixante; et en général ses longitudes, à°
partir du méridien d'Alexandrie, surtout du côté de l’orient, sont défectucuses à peu près dans la même proportion. Îl parait, à la vérité, que dans les mers éloignées on décrivait souvent les côtes d’après le relevé imparfait des distances qu'avait parcourues le vaisseau, sans la moindre connaissance de la direction de sa marche ou des gisemens. Il est vrai que Ptolémée avait coutume de déduire un tiers pour les détours que suivait un vaisseau dans son cours (Géog., lib. 1, cap. xn1); mais il est clair que Papplication de cette règle générale pouvait rarement conduire à un juste résultat, Nous en avons un exemple frappant dans la forme que ce géographe a donnée à la péninsule de l'Inde, De Barygazenum-Promontorium, à l’endroit désigné Zocus undé soleunt in Chrysen navigantes, c'est-à-dire de Surate sur la côte de Malabar, à Narsapour sur celle de Coromandel, la distance , prise le long du rivage de la mer, est à peu près la même que ce qu’elle est réellement, c’est-à-dire d’enwiron cinq cent vingt lieues. Mais la méprise dans la diÿection est étonnante ; car les côtes de Malabar et de Co- #omandel, au lieu de s'allonger vers le sud et de s’entrecouper au cap Comorin, par un angle très aigu , sont représentées par Ptolémée comme s'étendant sur une
baie ou doublaient un promontoire. C’est à ce journal imparfait, auquel se joignait peut-être une mauvaise mesure de la latitude dun ou de deux endroits, que se bornèrent probablement tous les renseignemens qu'il fût possible à Ptolémée de se procurer. On ne sera pas étonné qu'il n’ait pas pu en obtenir de mieux raisonnés de la part de marchands, dont la navigation n’avait nullement pour objet l’examen des côtes, si l’on considère que même le célèbre Periplus d'Hannon ne mettrait pas un géographe à même de lever un plan plus exact de la côte d'Afrique que Ptolémée n'a fait celle de l'Inde.
NOTE 35, Secr. 1, p. 538.
L'introduction du ver à soie en Europe et les effets qu’elle produisit se presentèrent sous la plume de M. Gibbon en écrivant l’histoire de l’empereur Justinien; et, quoique ce ne fût qu’un incident d'un intérêt secondaire dans la foule des grands événemens qui devaient fixer son attention, il l’a examiné avec un soin et l’a rapporté avec une vérité qui auraient faii honneur à l'écrivain qui eût borné là l'objet de ses recherches (vol, IV, p.71, etc.); et ce n’est pas seulement ici que je me fais un devoir de lui rendre cette justice. Le sujet de mes recherches m'a souvent conduit sur un terrain qu'il avait parcouru, et je m'en suis uniquement rapporté à son habileté et à son discernement.
NOTE 36, Secr. ut, p. 539.
Ce voyage, avec les observations d'Abu-Zeid et de Hassan de Siraf, fut publié par M. Renaudot l'an de Jésus- Christ 1718, sous le titre d'anciennes Relations des Indes et de la Chine, de deux voyageurs mahométans qui y allérent dans le neuvième siècle ; traduites de l'arabe, avec des remarques sur les principaux endroits de ces relations, Comme M, Renaudot, dans ses Remarques, veprésente la littérature et la police des Chinois sous des couleurs bien différentes de celles qui caractérisent les brillantes descriptions qu'en avaient données les jésuites, poussés par une admiration a-zugle, deux zélés missionnaires ont révoqué en doute l'authenticité de ces relations, et ont assuré que leurs auteurs n'avaient jamais été en Chine (P. Prémare, Lettres édifiantes et curieuses, tom. XIX, p. 420, etc. ; P. Parennin, ibid. , tom. XXI, p. 158, etc.). Plusieurs savans d'Angleterre conservèrent aussi des doutes sur le même sujet, en ce que M. Renaudot n'avait donné d’autres éclaircissemens sur le manuscrit qu'il avait traduit, sinon qu'il l'avait trouvé dans la bibliothèque de M. le comte de Seignelay. Comme personne depuis n'avait vu le manuscrit, les doutes augmentèrent, et M, Renaudot fut accusé d'avoir
1 orient, avec une légère | même temps plusieurs és sur cette côte, qui resposition, à ceux qui y airement par la réunion s étaient les élémeus qui de l’ancienne carte de | visité la côte de ce pays qu'ils avaient mis à aller t la côte avaient remarrsqu'ils traversaient une toire. C’est à ce journal peut-être une mauvaise le deux endroits, que se > renseignemens qu'il fût er. On ne sera pas étonné e mieux raisonnés de la gation n’avait nullement , Si l'ou considère que nnon ne ‘mettrait pas un plan plus exact de la côte celle de l’Inde.
en Europe et les effets sous la plume de M. Gibempereur Justinien; et, d'un intérêt secondaire mens qui devaient fixer 2 un soin et l’a rapporté honneur à l'écrivain qui ches (vol. IV, p.71, etc.); je me fais un devoir de de mes recherches m'a qu'il avait parcouru, et lé à son habileté et à son
II, p. 539.
tions d'Abu-Zcid et de |. Renaudot l'an de Jésusciennes Relations des v voyageurs mahoméiwiéme siècle ; traduites r les principaux endroits audot, dans ses Remaret la police des Chinois Les de celles qui caractés qu'en avaient données miration a-2ugle, deux ; en doute l'authenticité e leurs auteurs n'avaient >, Lellres édifiantes et {c. ; P. Parennin, ibid., irs savans d'Angleterre ir le même sujet, en ce d’autres éclaircissemens aduit, sinon qu'il l'avait 1. le comte de Seignelay.
it vu le manuscrit, les audot fut accusé d’avoir
voulu en imposer au public. Mais les manuscrits de Colbert ayant été déposés dans la bibliothèque du roi, comme le sont, heureusement pour la littérature, la plupart des collections particulières en Frante, M. de Guignes , après bien des recherches, découvrit en nature le manuscrit cité par M. Renaudot, Il paraît avoir été écrit au douzième siècle (Journal des Savans, déc. 1764, p. 315, etc.). Comme je n’avais pas l'édition française du livre de M. Renaudot, c'est de la traduction anglaise que sont tirées mes citations. La relation des deux voyageurs arabes se trouve confirmée sur beaucoup de points par leur compatriote Massoudi, qui publia son traité de l'histoire universelle, auquel il donna le titre bizarre de Champs d’or,de Mines de diamants, cent six ans après leur mort. C’est encore lui qui nous a laissé sur la situation de lPinde au dixième siècle des détails qui prouvent évidemment qu’à cette époque les Arabes avaient acquis une connaissance très étendue de ce pays. Suivant la description qu. en donne, la péninsule de l'Inde était divisée en quatre royaumes. Le premier était composé des provinces arrosées par l’Indus et les autres rivières qui s’y jettent; sa capitale était Moultan, La capitale du second royaume était Canoge, qui, par les ruines qu’on voit encore, parait avoir été une très grande ville (Mémoires de Rennel, p. 54). Pour donner une idée de sa population, les historiens indiens assurent qu’elle contenait trente mille boutiques où se vendait la noix de bétel, et soixante mille bandes de musiciens et de chanteurs qui payaient un droit au gouvernement (Férishla, traduit par Dow, val. 1, p. 32). Le troisième royaume était Cachemire. Massoudi est le premier auteur, queje sache, qui fasse mention de ce paradis de l’Inde, dont il ne donne qu'une courte mais fidèle description. Le quatrième est le royaume de Guzurate, qu’il représente commne le plus grand et le plus puissant, et il s'accorde avec les deux voyageurs arabes dans la dénomination de Balhara qu’il donne à ses souverains. Ce que Massoudi raconte de l'Inde est plus remarquable, en ce qu'il avait lui-même visité ce pays (Notices et extraits de manuscrits de la Bibliothèque du Roi, tom. 1, p.9, 10). Massoudi appuie ce que disent les deux voyageurs arabes des progrès étonnans des Indiens dans l'astronomie. Suivant lui, on bâtit un temple sous le règne de Brahman, premier monarque de l'Inde, avec douze tours représentant les douze signes du zodiaque, et où l’on voyait toutes les étoiles dans l'ordre où elles paraissent dans les cieux. Sous le inême règne fut composé le fameux Sind-Hind, qui paraît être le traité le plus parfait de l'astronomie indienne (Notices, tom. 1, p. 7). Un autre auteur arabe, qui écrivait vers le milieu du quatorzième siècle, partage l'Inde en trois parties, l’une septentrionale, qui comprend toutes 'es provinces arrosées par l'Indus ; l’intermédiaire, qui s'étend de Guzurate au Gange; la méridionale, qu'il appelle Comar, du nom du cap Comorin (Wolices , elc., tom. XI, p. 46).
NOTE 37, SECT, 11, p. 540.
{l ne paraît pas que les Chinois aient été versés plus que les Grecs, les Romains ou les Arabes, dans l’art de la navigation, Leurs propres auteurs ont tracé la route qu'ils euivaient de Quang-Tong à Siraf, près embouchure du golfe Persique. Ils se tenaient le plus près du rivage
qu'il leur était possible jusqu'à leur arrivée à l'tle de Ceylan, et alors, doublant le cap Comorin, ils suivaient le côté occidental de la péninsule jusqu'à l’embouchnre
de l’Indus, et de là serraient la côte jusqu’au lieu de leur destination. (Mém. de littérat., tom. XXXII, p. 367.) Quelques auteurs ont prétendu que les Arabes et les Chinoisconnaissaient très bien le compasde marineet l’usage qu’on en fait dans la navigation : mais il est rerrarquable que dans aucune des langues arabe, turque ou perse, il n’y a point originairement de mot pour boussole. Ms lappelaient communément bossola, nom ltalien qui prouve que la chose qu'il signifie ne leur était pas moins étrangère que le mot même, 1! n'y a pas une seule observation de quelque antiquité, faite par les Arabes sur la variation de l'aiguille, ou quelque inférence utile à la navigation, qui en ait été tirée. Le chevalier Chardin, l’un des voyageurs les plus savans et les mieux instruits qui aient visité l'orient, ayant été consulté sur ce point, donna la réponse suivante : « Je soutiens, sans crainte « d’être démenti, que c’est à nous que les Asiatiques sont « redevables de ce merveilleux instrument qu'ils tenaient «de l’Europe long temps avant la conquête des Portu- «gais. Car, d’abord, leurs boussoles sont exactement pa- « reilles aux nôtres, et, Lant qu'ils peuvent, il les achè- «tent des Européens, osant à peine se fier aux leurs
«Secondement, il est certain qu'il n’y avait que les an- «ciens navigateurs qui g'attachaient aux côtes; ce que «j'attribue au défaut de cet instrument qu'ils n'avaient « pas pour les guider et les instruire au milieu de l'Océan. «On ne dira pas qu'ils craignaient de se hasarder trop «loin de chez eux ; car les Arabes, les premiers naviga- «teurs du monde, selon moi, du moinssur les mers orien- «tales, ont, de temps immémorial, navigué du fond de «la mer Rouge tout le long de la côte d'Afrique, et les «Chinois ont été dans un commerce continuel avec les «îles de Java et de Sumatra, ce qui est un voyage très «considérable, Tant d'iles inhabitées et cependant pro- «ductives, tant de terres inconnues aux peuples dont je «parle, sont une preuve que les anciens navigateurs «ignoraient l’art de gouverner en pleine mer. Je n’ai «que des raisonnemens à présenter sur cette matière, «n'ayant jamais {rouvé personne en Perse ou dans les «Andes qui ait pu me dire à qu’elle époque le compas y «fut connu pour la première fois, quoique je me sois «adressé aux plus savans hommes des deux pays. J'ai fait «le voyage des Indes en Perse sur des vaisseiux indiens, «où il n'y avait que moi d'Européer. Tous les pilotes «étaient Indiens, et ilsse servaient, pour leurs observa- «Lions, du rayon astronomique et du quart de cercle, « C'est de nous qu'ils tiennent ces instrumens; ils sont « faits par nos artistes, et ils ne diffèrent absolument en «rien des nôtres, si ce n’est dans les caractères, qui sout «arabes. Les Arabes sont les plus habiles navigateurs « parmi les Asiatiques et les Africains; mais ni eux ni les «Indiens ne font usage des cartès ; et elles ne leur sont « pas très nécessaires : ils en ont bien, mais copiées sur «les nôtres; car ils ne connaissent point du tout la pers- « pective. » (Recherches sur la premiére entrée des mahométans en Chine, p. 141, etc.) M. Niebhur étant au Caire, fit connaissance d'un mahométan qui avait une aiguille marine qui servait à indiquer la Kaaba, et il ni donnait le nom d’£! Magnatis; preuve évidente qu'elle venait d'Europe. (Foy. en Arabie, t. 11 , p. 169.
NOTE 37 bis, p. 540.
Quelques hommes savans, tels que Cardan, Scaliger, etc. ont imaginé que les Zasa Murrhina , particulièrement décrits par Pline (Æist. nat., lib. xxxvur) et mentionnés cà et là par plusieurs auteurs anciens grecs et romains, étaient la véritable porcelaine de la Chine, M. l'abbé Le Blond et M. Larcher ont examiné cette opinion avec autant de soin ec d’érudition que le méritait le sujet , dans deux: Dissertations publiées dans les Hém. de liltéral. (t. XLHI), D'après eux il serait évident que les vases murrhina étaient formés d'une pierre transparente que l’on trouve en creusant la terre dans quelques-unes des provinces orientales de l'Asie. On cherchait à imiter ces vases avec des vaisselles de verre colorié. Comme tous
deux étaient fort beaux et fort rares, on les vendait à |
un très haut prix aux opulens citoyens de Rome.
NOTE 38, SEcT. in, p. 540.
Nous avons des preuves de la propagation du christia-
nisme et du mahométisme dans la Chine et dans l'Inde, |
qui ne laissent aucun doute sur cet objet. Ces preuves
sont présentées par Assemanni (Bibliot.Orient. vol. IV, | p. 437, etc. 521, ete., et par M. Renaudot, dans deux Dis- |
sertations qu'il a jointes aux #nciennes relations; enfin par M. delaCroze, Zistoire du christianisme des Indes. Aujourd’hui cependant nous savons que le nombre des prosélytes dans les deux religions est infiniment petit, surtout dans l'Inde, Un Gentou regarde toutes les distinctions et tous les priviléges de sa caste comme lui appartenant par un droit exclusif et incommunicable. Convertir ou être converti sont des idées qui répugnent également aux principes les plus profondément enracinés dans son âme ; et il n'y a pas un seul missionnaire catholique ou protestant dans l'Inde, qui puisse se vanter d'avoir surmonté ces préjugés, si ce n’est dans un petit nombre d'individus qui appartiennent aux castes les plus
basses, ou qui n’en ont pas du tout, Celte dernière cir- |
constance est un grand obstacle aux progrès du christianisme dans l’{nde, Comme les Européens mangent la chair
de l'animal sacré pour les Indiens, et boivent des li- | queurs enivrantes, exemples que suivent les nouveaux | convertis au christianisme, cette conduite les fait descen- |
dre au niveau des parias, l'espèce d’hommes la plus méprisable et la plus odieuse. Quelques missionnaires catholiques en sentirent si bien la conséquence, qu'ils affectérent d'imiter l'habillement et la manière de vivre des bramines, et refusèrent de fréquenter les parias, ou de les admettre à la participation des sacremens, Mais ils en furent blâmés par le légat apostolique Tournon, comme d'une chose contraire à l'esprit et aux maximes de la religion chrétienne. ( ’oyages aux Indes Orientales, par M. Sonnerat, tom. 1, p. 58, notes.) Malgré les travaux des missionnaires pendant plus de deux cents ans, dit un écrivain moderne distingué, et les établissemens de différentes nations chrétiennes qui les °ntretiennent et qui les protégent parmi peut-être cent millions d’Indiens, il n’y en a pas douze mille chrétiens, et encore ce petit nombre n'est-il composé que de Chaucalas, ou proscrits ( Esquisses sur l’histoire, la religion, la littérature et les mœurs des Zndiens , p. 48 ). On fait monter à prés de dix millions le nombre des mahométans
ou des maures qui sont aujourd'hui dans l’Indostan ; mais ils ne sont point originaires du pays; ce ne sont que les descendans des aventuriers qui n’ont cessé de s’y répandre de la Tartarie, de la Perse et de l'Arabie, depuis l'invasion de Mahmoud de Gazna, l'an de Jésus-Christ 1002, premier conquérant de l'Inde , parmi les mahomé
tans (Orme, ist, of military transactions , in Indostan, vol. 1, p. 24. D'Herbelot, Bibliot, Orient., artic, Gasnaviah). Comme il parait que les mœurs des Indiens d'aujourd'hui sont absolument les mêmes qu'autrefois
ilest probable que les chrétiens et les mahométans, qu’on dit avoir été en si grand nombre dans l'Inde et dans la Chine, étaient surtout des étrangers qu'y avait attirés l’appât d’un commerce lucratif, ou bien leurs descendans, Le nombre des mahométans dans la Chine s’est considérablement augmenté par l’usage établi chez eux d’acheter dans les années de famine des enfans qu’ils élèvent dans la religion mahométane, ( Hist. génér. des Voyages, tom. VI, p. 357.)
NOTE 39, Secr. 11, p. 542,
La Chronique d'André Dandulo, doge de Venise, qui fut élevé à cette dignité dans un temps où ses compatriotes avaient établi un commerce régulier avec Alexandrie et en tiraient toutes les productions de l’orient, faisait naturellement espérer quelques éclaircissemens sur leurs premières relations avec ce pays; mais, excepté je ne sais quelle histoire de quelques vaisseaux vénitiens qui étaient allés à Alexandrie, vers l’an 828, en dépit d'un décret de la république, et qui avaient enlevé le corps de saint Marc (Murat., Script. rer. ital., vol. XH, Bb. van, c.11, p. 170), je ne trouve aucun autre indice sur la communication entre les deux pays. Il se présente au contraire des circonstances qui font voir que les relations des Européens en Égypte avaient presque entièrement cessé pour un temps. Antérieurement aux septième et huitième siècles, la plus grande partie des actes publics, en Italie et dans les autres pays de l’Europe, s’écrivaient sur du papier fait d’un arbrisseau d'Égypte : mais après cette époque, comme les Européens ne cherchaient plus à commercer avec Alexandrie, presque toutes les chartres et autres actes sont écrits sur du parchemin (Murat. Antiq. ilal, medii ævi, vol. I, p. 832). Je ne me suis si fort appesanti, et dans le texte et dans cette note, sur ces détails qui prouvent l'interruption du commerce entre les chrétiens et les mahométans, que pour détruire une erreur dans laquelle sont tombés plusieurs auteurs modernes, en supposant que bientôt après les premières conquêtes des califes, le commerce avec l'Inde avait repris son ancienne marche, et les négocians d'Europe fréquentaient avec la même liberté qu'auparavant les ports d'Égypte et de Syrie,
NOTE 40, Secr. 11, p. 543.
ILest bon de remarquer , dit M. Stewart, que les Indiens ont un art admirable pour rendre leur religion lucrative. Les fakirs, dans leurs pèlerinages des côtes de la mer dans l’intérieur des terres, se chargent ordinairement de perles, de corail, d'épiceries et autres objets précieux d'un petit volume, qu’ils échangent, à leur retour, contre de la poudre d'or, du musc et aulres
mer la p deve Malg celui par s de J.
qu'il cents beau nom de qu 1, merc!
tinopl moin frapp «vers «mer «mer «du!
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| dans l’Indostan ; maïs ys; ce ne sont que les ont cessé de 8’y répant de l’Arabie, depuis , l'an de Jésus-Christ le, parmi les mahomé
ransactions , in Æn- Bibliot. Orient., artic, les mœurs des Indiens s mêmes qu'autrefois
les mahométans, qu’on dans l'Inde et dans la pers qu'y avait attirés bien leurs descendans, la Chine s’est considélabli chez eux d'acheter ans qu’ils élèvent dans énér. des Voyages,
o, doge de Venise, qui temps où ses compae régulier avec Alexanoductions de l’orient, elques éclaircissemens ce pays; mais, excepté ues vaisseaux vénitiens ers l’an 828, en dépit qui avaient enlevé le pl. rer. ital., vol. XI, aucun autre indice sur pays. Il se présente au at voir que les relations t presque entièrement ment aux Septième et arlie des actes publics, e l'Europe, s’écrivaient 1 d'Égypte : mais après ens ne cherchaient plus resque toutes les chardu parchemin (Murat.
p. 832). Je ne me suis et dans celte note, sur ruption du commerce lans, que pour détruire nbés plusieurs auteurs LÔt après les premières erce avec l'Inde avait les négocians d'Europe erté qu'auparavant les
1. Stewart, que les Inr rendre leur religion pèlerinages des côtes res, se chargent ordi- , d'épiceries et autres e, qu'ils échangent, à d'or, du musc et auires
articles semblables, qu'il leur est facile de cacher dans , livre : Origine des Médicis, et commencement de q
leurs cheveux et dans leurs ceintures; faisant par ce moyen un trafic assez contidérable, en proportion de | leur nombre. (Relation du royaume de Thibet. —
Transact. philos., vol. LXVIU, part. u, p. 483.)
NOTE 41, Secr. nr, p. 646.
Caffa est la place de commerce la mieux située de la mer Noire. Dans les mains des Génois, qui en avaient eu | la possession pendant plus de deux siècles, elle était devenue le centre d’un commerce étendu et florissant. Malgré tous les désavantages d’un gouvernement tel que | celui des Turcs, elle est encore aujourd'hui renommée par son commerce. Le chevalier Chardin , qui y fut, l'an de J.-C. 1672, dit que dans un séjour de quarante jours | qu'il y fit, il vit à Caffa arriver ou partir plus de quatre cents vaisseaux. ( Voyages , t. 1, p.48.) 11 y remarqua
leur pouvoir et de leur grandeur, ne donne que peu de renseignemens sur le commerce qu'ils ont fait. Ce silence de tant d’auteurs est une preuve que les historiens n'avaient pas encore commencé à considérer le commerce comme un objet assez important dans {es rapports politiques des nations, pour en suivre la nature et les effets. D’après les renvois de divers écrivains à Scipio-Ammirato ({storie fiorentine), à Pagnini (Della Decima ed allri | 8ravezze della mercatura di Fiorentini), et à Balducci (Pratica della mercatura), je croirais qu’il serait possible de trouver quelque chose de plus satisfaisant sur le trafic | tant de la république que de la maison de Médicis ; mais | je ne trouverais ces iivres ni à Édimbourg ni à Londres.
NOTE 45 , Secr, nt, p. 548.
Leibnitz a conservé une pièce précieuse qui contient les
beaucoup de restes de la magnificence des Génois. Le | instructions de la république de Florence aux deux amnombre de ses habitans, selon M. Peyssonnel , est encore | Passadeurs envoyés au soudan d'Égypte pour négocier ce de quatre-vingt mille. ( Commerce de la mer Noire, | traité avec lui, avec la réponse de ces ambassadeurs à t. 1, p. 15.) Il parle de son commerce comme d’un com- | leur retour. Le grand objet de la république était d’ob-
merce très considérable.
NOTE 42, Seér. ur, p. 547.
tenir la liberté de commercer dans toute l'étendue des états du soudan, sur le mêine pied que les Vénitiens, Les principaux priviléges qu’ils sollicitèrent étaient : 1. Libre entrée dans tous les ports du soudan, protec-
L'insolence et la rapacité des Génois établis à Constan- | tion tant qu'ils y resteraient, et liberté d'en sortir quand
tinople sont représentées par Nicéphore Grégoras, té-
ils voudraient, 2. Permission d'avoir un consul revêtu des
moin oculaire de leur conduite, sous les couleurs les plus | mêmes droits et de la même juridiction que ceux des
frappantes : « Les Génois , dit-il, à présent, c’est-à-dire «vers l’an 1340, s'imaginent avoir acquis l'empire de la «mer, et s’arrogent un droit exclusif au commerce de la «mer Noire, empêchant les vaisseaux grecs d'approcher «du Méotide, de la Chersonèse et de toute autre partie «de la côte supérieure à l'embouchure du Danube, sans | «une permission expresse de leur part. Ils étendent cette «exclusion jusque sur les Vénitiens, et ils ont poussé le «délire jusqu’à s'occuper du projet de lever une taxe «sur tous les vaisseaux qui passeraient le Bosphore. »
(Lib. xvan, cn, 6 (.)
NOTE 43, Secr. nr, p. 547.
On croyait qu’il était si nécessaire de s’autoriser d’une permission du pape pour commercer avec les infidèles, que long-temps après cette époque, l'an 1454, Nicolas V, dans sa fameuse bulle en faveur du prince Henri de Portugal, entre autres priviléges, lui accorde la permission | de trafiquer avec les mahométans, s'appuyant de seinblables permissions accordées aux rois de Portugal par
les papes Martin V et Eugène. ( Leibnitz, Codex jur. gent, diplomat., pars 1, p. 489.)
NOTE 44, Secr. in, p. 548.
Ni Paul Jove, panégyriste zélé des Médicis, ni Jos, M. Brutus leur détracteur, quoiqu'ils parlent tous deux de l'exorbitante richesse de cette famille, ne s'expliquent sur la nature du commerce par lequet ils s'étaient enrichis. Machiavel lui-même, dont le génie se plaisait à rechercher toutes les circonstances qui avaient contribué à l'agrandissement ou à la décadence des nations, ne
paralt pas avoir envisagé le commerce de son pays comme : un sujét qu méritât le moindre éclaircissement. Dénina |
qui a intitulé le premier chapitre de son dix-huitième
Vénitiens ; et liberté de faire bâtir une église, un ma- Sasin et un bain dans tous les lieux de leurs établissemens. 3. Qu'ils ne paieraient point sur les objets d’importation ou d'exportation des droits plus forts que n’en payaient les Vénitiens. 4. Que les effets de tout Florentin, qui mourrait dans les états du soudan, seraient remis L entre les mains du consul, 5, Que la monnaie d’or et d’ar- | gent de Florence serait reçue en payement. Tous ces pri-
viléges, qui font voir sur quel pied généreux et équitable les chrétiens et les mahométans traitaient alors ensemble, les Florentins les obtinrent ; mais à cause des raisons mo- | tivées dans le texte, il paraît qu'ils n’ont jamais eu une grande part au commerce de l'Inde. (Leïbnitz, Mantissa, God. jur. gent. diplom., pars altera, p. 163.)
NOTE 46, Secr. ur, p. 547.
Les parties orientales de l'Asie sont aujourd'hui si parfaitement connues, que le compte inexact qu’en à rendu le premier Marco Polo n’attire que peu de cette attention qu'excita d'abord la publication de ses voyages; et il s’est
> | mélé à ses récits des circonstances qui ont poussé quel-
ques auteurs à justifier cette défaveur , en révoquant en doute la vérité de ce qu'il rapporte, et même à soutenir qu’il n'avait jamais vu le pays dont il prétend donner la description. 1 n’établit, disent-ils, la position d'aucun lieu en spécitiant sa longitude ou sa latitude, Il donne aux provinces et aux villes, surtout dans sa description du Catay, des noms qui n’ont aucune ressemblance avec les noms modernes, Il faut cependant observer que Marco | Polo n'étant pas du tout un savant on n’a pas dù s’atten- | dre qu'il fixerait la position des lieux avec l'exactitude ; d'un géographe, Comme les voyages qu'il faisait dans la Chine étaient ou pour accompagner le grand Khan, ou | pour faire exécuter ses ordres, il est probable que les
noms, qu'il donne aux différentes villes, sont ceux que leur faisaient porter les Tartares au service de qui il était, et non point les noms originaires chinois. Une circonstance explique les inexactitudes qui se trouvent dans la relation de ses voyages, c'est qu’elle ne fut point publiée d'après un journal régulier que les changemens continuels de sa situation, pendant une si longue suite d'aventures, ne lui permirent pas de tenir ou de conserver, Il la composa, de retour dans son pays natal, et principalement demémoire. Mais, malgré ce désavantage, le compte qu'il rend des contrées de l’orient qui ont été l'objet de mes recherches renferme des éclaircissemens sur beaucoup de points que l'Europe ne connaissait pas alors, et dont l'exactitude est aujourd'hui parfaitement démontrée, M. Maisden, dont l'exactitude et le discernement sont justement estimées , rappelle sa description de l'ile appelée par lui Java minor, et qui est évidemment Sumatra. D'où il paraitrait que Marco Polo aurait passé un temps considérable dans cette île, en aurait examiné avec soin quelques parties , et aurait pris sur d’autres les renseignemens les plus détaillés (ist. de Sumatra, p. 281.) J'en rapporterai quelques-uns qui, quoiqu'ils ne soient pas relatifs à des objets de grande importance, prouvent incontestablement qu'il a visité ce pays, et qu'il a observé avec attention les mœurs et les usages du peuple. Il rend un compte particulier de la nature et de la préparation du sagou, premier article de subsistance chez toutes les nations de la race malaise , et il apporta le premier échantillon de cette production singulière à Venise (lib, we, e. xvr), I parle aussi de l'usage où l’on était généralement de mâcher le bétel, et la manière de le préparer est encore aujourd'hui la même que celle qu'il a décrite. (Ramus, V'iaggi 1. p. 55, D. 56.) IL va même jusqu'à parler de la manière particulière dont on nourrissait les chevaux, et qui existe encore. (Ramus, p. 53, F.) Mais ce qui est bien plus important, il nous apprend que le commerce avez Alexandrie, lors de son voyage dans l'Inde, se faisait encore de la même manière que j'avais présumé qu'il se faisait anciennement. C'était encore des vaisseaux du pays qui portaient les marchandises de l’orient à la côte de Malabar, d'où elles étaient enlevées avec le poivre et d'autres productions particulières à cette partie de l'Inde par des vaisseaux qui venaient de la mer Rouge (lib. nr, c. xxvni). On peut rendre compte par-là peut-être de cette qualité supérieure que Sanudo a‘tribue aussi aux marchandises apportées à la côte de Syrie, du golfe Persique, sur celles qui arrivaient en Égypte par la mer Rouge. Celles-là étaient choisies et achetées dans les lieux qui les avaient produites ou manufacturées par des marchands persans qui continuaient leurs voyages dans toutes les parties de lorient ; tandis que les marchands égyptiens, dans la formation de leurs cargaisous, étaient bornés, pour lout assortiment, aux marchandises apportées à la côte de Malabar par les natureis. Ce que Marco Polo raconta à quelques personnes de son temos des nombreuses armées et des revenus immenses des princes orientaux, leur parut si extravagant, quoique absolument conforme à ce que nous savons aujourd'hui de la population de la Chine et de la richesse de llndostan , qu'ils lui donnèrent le nom de ÆHesser Marco flillioni. (Préfat. de Ramus, pag. 4.) Mais il fut bien différemment écouté des personnes mieux instruites. Colomb, ainsi que les savans avec qui il etait en relation,
mettait une si grande confiance dans la véracité de ses rapports, qu’ils servirent de base principale aux spéculations et aux théories qui menèrent à la découverte du Nouveau-Monde. (Fe de Colomb, par son fils, c.vu, vin.
NOTE 47, Seer. 11, p. 552.
L'an 1301, Jeanne de Navarre, femme de Philippe-le Bel, roi de France, ayant passé quelques jours à Bruges, fut tellement frappée de la grandeur et de la richesse de cette ville, et surtout de la magnificence des femmes des
|! bourgeois, que par un mouvement de cette envie natu-
relle à son sexe ( dit Guicciardin } elle s'écria avec indi guation : « Je croyais être ici la seule veine, mais je vois
| «qu’il y en a des centaines encore. »(Descrit. dei Pacs
Bassi, p. 408.) NOTE 48, SEcT. 111, p. 552.
J'ai remarqué dans l’histoire du règne de Charles Ÿ, vol, {, p.163, que, durant la guerre excitée par la fa-
| meuse ligue de Cambray, tandis que Charles Villde France
ne pouvait se procurer de l'argent qu'avec une prime de quarante-deux pour cent, les Vénitiens trouvaient les sommes qu'ils voulaient à cinq pour cent. Mais je pense bien que ce prix ne doit pas être comme le taux ordinaire de l'intérêt à cette époque, mais comme un effort volontaire et patriotique des citoyens, pour venir au secours de leur pays dans une crise dangereuse. 11 y a dans l’histoire de la république des exemples frappans de ces généreux dévouemens, L'an 1379, lorsque ies Génois, après avoir remporté une grande victoire navale sur les Vénitiens, se disposaient à attaquer leur capitale, les citoyens, par une contribution, mirent le sénat à même de faire un armement qui sauva leur pays. (Sabellicus, Zist. rer. vencet, Dec. M, lib. 1v, p. 385,390.) Dans la guerre avec Ferrare, qui commença l’an 1472, le sénat, sûr de l’attachement des citoyens à leur pays, ordonna que chacun apportât au trésor public toute sa vaisselle d'or et d’arsent et ses bijoux , s’'engageant d’en payer la valeur à la fin de la guerre, avec cinq pour cent d'intérêt; et cet ordre futexécuté avec allégresse.{Petr, Crrnœæus de Bello
Ferrar. ap. Murat. Script. rer. ilal., vol. XXI, p. 10/6.)
NOTE 49, SECT. int, p. 652.
On peut citer deux faits comme preuves de l'étendue
| extraordinaire du commerce des Vénitiens à cette épo- | que. — 1° On trouve dans la grande collection de Rymer | une suite d’actes par lesquels les rois d'Angleterre confé-
raient différens priviléges et différentes immunités aux
| marchands vénitiens qui commercçaient en Angleterre,
ainsi que divers traités de commerce avec la république,
| qui montrent clairement à quel point leurs rapports s'é-
taient multipliés dans ce pays. M. Anderson cite chacun de ces traités dans leur ordre; et quiconque est engagt dans des recherches sur le commerce, a dù sentir en plus d’une occasion combien il devait au travail infatigable el à l’excellent jugement de cet écrivain, — 2° L'établissement d'une banque par l'autorité publique, dont le crédit était fondé sur celui de l’état, dans un siècle et chez une nation où l’on connait si bien les avantages que le conmerce retire de l'institution des banques, il est inutil® d'en faire l’énumération, Les transactions mercantiles doivent avoir été nombreuses et étendues , avant que l'un
aper.
les f form cès. | pren conn dern fut o qu’ell CIEL jamai cise d loi de Jésus de V1
Un ches € vernel dans | été su de son par l’a Vers 1 force 1 cision seaux quels vaisses matelo ques, « pentier culiers Hist. «
Si nc habital raisons de tous tinens uns des par des désolat la possi ties du ètre ple différer tion uti du char vaisseal Va£es, ( mercer pour to étonnan pesant, espace « quelque sage éct exprès |
> dans la véracité de ses se principale aux spécuèrent à la découverte du Rb, par son fils, c.vur, vin.
e, femme de Philippe-le
quelques jours à Bruges, ideur et de la richesse de nificence des femmes des nent de cette envie natun ) elle s'écria avec indi
seule veine, mais je vois re. »{Descrit. dei Pacsi
du règne de Charles V, guerre excitée par la faque Charles VIlide France ent qu'avec une prime de Vénitiens trouvaient les pour cent. Mais je pense e comme le taux ordinaire js comme un effort volon- 18, pour venir au secours gereuse. 11 y a dans l’hisples frappans de ces génélorsque ies Génois, après toire navale sur les Vénileur capitale, les citoyens, > sénat à même de faire un 8. (Sabellicus, Æist. rer.
, 390.) Dans la guerre avec 172, le sénat, sûr de l’atpays, ordonna que chacun e sa vaisselle d'or et d'art d’en payer la valeur à la r cent d'intérêt; et cet or- Petr. Crrnæus de Bello . ilal., vol. XXI, p. 1056.)
It, P. 692.
nme preuves de l'étendue tes Vénitiens à cette éporande collection de Rymer 8 rois d'Angleterre confélifférentes immunités aux merçaient en Angleterre, merce avec la république, 1 point leurs rapports s'é- M. Anderson cite chacun ; et quiconque est engagt merce, a dù sentir en plus it au travail infatigable el crivain, — 2° L'établisseté publique, dont le crédit dans un siècle et chez une les avantages que le comes banques, il est inutile transactions mercantiles étendues, avant que l'on
aperçût pleinement l'utilité d’une telle institution , ou que les principes du commerce fussent si bien connus qu'ils formassent des règlemens propres à la diriger avec succès. Venise peut se vanter d’avoir donné à l’Europe le premier exemple d'un établissement entièrement inconnu aux anciens et dont s’enorgucillit le système moderne commercial. La constitution de la banque de Venise fut originairement établie sur des principes si justes, qu'elle a servi de modèle à l'établissement des banques dans les autres pays, et l'administration de ses affaires a &i$ cond:ite avec tant d'intégrité, que son crédit n’a jamais été ébranlé, Je ne peux pas spécifier l’année précise dans laquelle la banque de Venise fut établie par une loi de l'état. Anderson présume qu’elle l’a été l'an de Jésus-Christ 1157.(Chron.,v.1, p. 84. Sandi, Æist. civil, de Ven. part.n, vol. , p. 768; part.an, vol. Il , p.892.)
NOTE 50, Sscr. ur, p. 553.
Un auteur italien assez estimé, et qui a fait des recherches exactes sur l'histoire ancienne de ses différens gouvernemens , assure que si tous les états qui commerçaient dans la Méditerranée s’étaient réunis, Venise seule aurait été supérieure à tous par ses forces navales, et l'étendue de son commerce ( Denina, Révol, d’Ilalie , traduites par l'abbé Dujardin, lib. xvnt, c. vr, tom. VI, p. 339 ). Vers l'an 420, le doge Mocenigo donna un plan de la force navale de la république, lequel confirme cette décision de Denina, Elle consistait alors en trois mille vaisseaux marchands de différentes grandeurs, à bord desquels il y avait dix-sept mille matelots; en trois cents vaisseaux de plus grande force, montés par huit mille matelots ; et en quarante-cinq larges galères ou caraques, conduites par onze mille matelots. Six mille charpentiers étaient employés aux arsenaux publics et particuliers, (Marc Sanuto, Fes des ducs de Ven. Ap.Murat, Hist. de l'Italie , vol. XXH, p. 959, )
NOTE 51, Secr, in, p. 558.
Si nous remarquons la forme et la position des parties habitables de l'Asie et de l'Afrique, nous aurons de bonnes raisons pour considérer le chameau comme le plus utile de tous les animaux que les habitans de ces grands continens aient domptés. Dans ces deux continens, quelquesuns des plus fertiles districts sont séparés l'un de l'autre par des trajets si étendus de sables arides, séjour de la désolation el de la sécheresse, qu'ils paraissent exclure la possibilité de toute communication entre ces deux parties du monde, Mais comme l'Océan, qui semble d’abord être placé comme une barrière insurmontable entre les différentes régions de la terre , est devenu par la navigalion utile à leur commerce réciproque, ainsi par le moyen du chameau, que les Arabes nomment avec emphase le vaisseau du désert, on traverse les déserts les plus sauvafes, et les nations qu'ils séparent sont en état de commercer entre elles. Ces voyages pénibles, impraticables Pour tout autre animal, le chameau les exécute avec une étonnante promptitude, Chargé de six, sept à huit cents pesant, il peut continuer sa marche durant un long espace de temps avec peu de nourriture ou de repos, et quelquefois sans boire pendant huit ou neuf jours. Par la fage économie de la Providence, le chameau parait formé exprès pour étre la bête de charge des régions où il est
placé, et où son service est très nécessaire. Dans tous les districts de l’Asie ou de l'Afrique, où les déserts sont multipliés et très étendus, le chameau abonde; ces pays lui sont propres et la sphère de son activité ne peut s'étendre plus loin. Il redoute également les excès de la Cha. leur et du froid, et ne peut se faire méme au doux climat de notre zone tempérée, Comme le premier commerce des marchandises de l'Inde dont nous ayons quelque détail authentique fut fait par le moyen des chameaux (Gen., XXXVI1, v. 5), et comme c’est en les employant que le transport de ces marchandises a été d'une si grande étendue dans l’Asie et dans l'Afrique, les particularités dont j'ai fait mention relativement à ce sin gulier animal m'ont paru nécessaires à l’éclaircissement de cette partie de mon sujet, Si quelques-uns de mes lecteurs désirent une plus ample information et souhaitent de connaître comment l’industrie et l’art de l’homme avaient secondé les intentions de la nature en dressant le | Chameau dès sa naissance à cette vie active et laborieuse | à laquelle il est destiné, il peut consulter l'Histoire naturelle de M. le comte de Buffon, article chameau et dromadaire, une des plus éloquentes descriptions, et autant que je peux juger, d’après l'examen des autcrités qu'il a citées, une des plus exactes qu’ait données ce fameux écrivain, M. Volney, dont l'exactitude est bien connue, donne aussi une description de la manière dont le chameau voyage. Elle peut être agréable à quelques uns de | mes lecteurs. «On emploie surtout les chameaux en (Cvoyageant à travers les déserts, parce qu'ils consomment «peu et portent de gros fardeaux. Leur charge ordinaire | «est d'environ sept cent cinquante livres, leur nourriture cest tout ce qu’on leur donne, paille, chardons, les «noyaux de dates, fèves, orge, etc. Avec une livre de «nourriture par jour, et autant d’eau , le chameau (Cvoyagera pendant des semaines. Dans la journée du «Caire à Suez, qui est de cinquante ou de cinquante-six «six heures, ils ne mangent ni ne boivent, mais ces «longs jeûnes si souvent répétés les épuisent, Leur «marche ordinaire est très lente, ils font à peine au-delà «de deux milles par heure; il est inutile de les presser, . ils ne précipiteront pas leur pas, mais si on leur accorde «quelques repos, ils marcheront quinze ou dix - huit ccheures par jour, » ( Foyage, tom. 1, P. 383.)
NOTE 52, Secr. nr, p. 559.
Pour donner une idée complète de la circulation étendue des marchandises indiennes par terre, il serait nécessaire de tracer la roule et d'évaluer le nombre des différentes Caravanes qui les transportent, Si ceci était exécuté avec exactitude, ce serait un objet curieux de recherche géographique, aussi bien qu'une addition précieuse à l'histoire du commerce. Quoique je ne pusse entrer dans un si long détail sans contredire la brièveté à laquelle je me suis attaché dans cette recherche, cependant il est peut-être nécessaire ici d’éclaircir cette partie de mon sujet en parlant des deux caravanes qui visitent la Mecque, afin que mes lecteurs puissent mieux apprécier l'importance de leurs transactions commerciales, La première est la caravane qui va du Caire en Égypte, et l’autre de Damas en Syrie. Je choisis celles-ci, et parce qu’elle sont les plus considérables et parce qu'elles sont décrites par des auteurs non suspects, qui ont eu les meilleures occasions d’être pleinement informés de tout
588 NOTES ET ECLAIRCISSEMENS
ce qui avait rapport à ce sujet. La première est composée non-seulement de pèlerins de chaque partie de l'Égypte, mais encore de ceux qui arrivent à® tous les petits élais mahométans sur les côtes d'Afrique dans la Méditerranée, de l'empire de Maroc et même des royaumes maures dans la mer Atlantique. Lorsque la caravane s’assemble, elle est composée au moins de cinquante mille personnes, et le nombre des chameaux employés à porter de l’eau, des provisions et des marchandises, est encore plus grand. Ce voyage, qui en partant du Caire et en y revenant ne s'achève pas en moins de cent jours, se fait entièrement par terre, et comme Id route est ordinairement à travers les déserts sablonneux, stériles, inhabités et sau
vages, qui rarement offrent quelque subsistance, et où souvent on ne peut trouver des sources d’eau, les pèlerins essuient toujours beaucoup de fatigue, et quelquefois doivent supporter des peines incroyables. Hakluit a publié anciennement une bonne description de cette caravane (vol. 11, p. 202, etc.). Maillet est entré à ce sujet dans un détail curieux et minutieux. ( Descript. de l'Egypte, part. n, p. 212, etc.) Pocock a donné la route avec la longueur de la marche de chaque jour'; il la tenait d'une personne qui avait été quatorze jours à la Mecque (vol. 1, p. 188, 261, etc.). La caravane de Damas, composée de pèlerins de presque toute la province de l'empire turc, est peu inférieure en nombre à la première, et son commerce n’est pas moins important. ( Voyage de Volney, tom. 11, page 251, etc. ) Ce pèlerinage fut formé dans l’année 1741 par Khojeh Abdulkurreem, dont j'ai déjà parlé, note 4, p. 572. Il donne la route ordinaire de Damas à la Mecque évaluée par heures, manière commune d'apprécier une journée dans lorient à travers les contrées peu fréquentées. Selon l'évaluation la plus modérée, la distance entre les deux villes, par son c.lcul, doit être de plus d’un millier de milles. Une grande partie du voyage se fait au travers d’un désert, et les pélerins essuient non-seulement beaucou» de fatigue, mais courent souvent de grands dangers de la part des
Arabes vagabonds (Mémoires, p. 114, etc.). C’est une |
singulière preuve de l'esprit de rapines des Arabes, que quoique toutes leurs tribus indépendantes soient mahométanes zélées, cependant ils ne se font pas de scrupule
de piller les caravanes des pèlerins, qui ne font querem- |
plir un des plus indispensables devoirs de leur religion :
quelque nombreuses que soient ces caravanes, nous ne |
pouvons pas supposer que tous les pèlerins qui visitent la
Mecque leur appartiennent. Il y a des renforts considé- | rables des vastes domaines de la Perse, de chaque pro- | vince de l’Indostan et des contrées à l’est, de l’Abyssinie, |
des différens états sur la côte méridionale d'Afrique et de
toutes les parties de l'Arabie, qui tous rassemblés ont été | estimés monter à deux cent mille, En quelques années le | nombre est encore augmenté par de petites bandes de | pèlerins de plusieurs provinces intérieures de l'Afrique, |
dont les noms et les positions commencent maintenant à être connus en Europe. Nous sommes redevables de ce
dernier fait à l’association pour favoriser la découverte |
des parties intérieures de l'Afrique, formée par quelques
Anglais sur des principes si généreux et des vues de bien
public qui les honorent autant que leur propre pays. Dans le rapport du comité du conseil privé sur la traite
des nègres, il y a d’autres particularités, et il paraît que | situées à l'immense distance de six mille trois cent
le commerce des caravanes, daus les parties intérieures |
de l’Afrique, est non-seulement très étendu, mais d’un bénéfice considérable. Outre la grande caravane qui va au Caire et est jointe par des pèlerins mahométans de chaque partie de l'Afrique, il y a des caravanes qui n’ont d'autre objet que le commerce; elles partent de Fez, Alger, Tunis, Tripoli et des autres états sur la côte maritime, et pénètrent dans l’intérieur de la contrée. Quelques-unes d’elles ne mettent pas moins de cinquante jours pour atteindre le lieu de leur destination; et comme leur marche peut être estimée à environ dix-huit milles par jour, on peut aisément calculer l'étendue de leur voyage. Comme le temps de leur départ et leur route sont entière-
‘ment connus, elles sont rencontrées par le peuple de
toutes les contrées qu’elles traversent et qui commercent avec elles. Les marchandises indiennes de toute espèce, forment un article considérable de ce trafic : la denrée principale qu’elles peuvent donner en échange consiste eu csclaves (part. vi).
Comme les voyages des caravanes qui sont purement commercçantes ne commencent pas dans des saisons fixes, et que leurs routes varient selon la convenance ou la fantaisie des marchands qui les composent, on ne peut les décrire avec le même degré d’exactitude. En considérant les détails de quelques auteurs et les notions des autres, on peut tirer une connaissance suffisante pour nous 8atisfaire, que la circulation des marchandises d’orient
| par ces caravanes est très étendue. Le même commerce
qui se faisait anciennement par les provinces au nord-est de l’Asie avec l'indostan et la Chine, et que j'ai décrit au commencement, subsiste encore. Parmi toutes les nombreuses tribus de Tartares, même de celles qui conservent leurs mœurs pastorales dans la plus grande pureté, la demande pour les productions de ces deux contrées est très considérable. ( F’oyage de Pallas, tom. 1, p. 357, et tom. 11, p. 422.) Pour faire des échanges des mar chandises les unes avec les autres, les caravanes partent annuellement de Boghave (Hackluyt, vol. L. p.332), de Samarcande, du Thibet, et de plusieurs autres places et retournent avec d’amples cargaisons de marchandises indiennes et chinoises. Mais le commerce entre la Russie et la Chine, en cette partie de l'Asie, est bien plus étendu et mieux connu. Il est probable que quelque relation de cette espèce existait entre elles; mais elle a augmenté considérablement lorsque les parties intérieures de la Russie furent devenues plus accessibles par les conquêtes de Gengis-Kan et de Tainerlan. Les nations commerçantes de l'Europe étaient si au fait de la manière de faire le commerce, qu’aussitôt après que les Portugais eurent ouvert la communication avec l’orient par le cap de Bonne-Espérance, on essaya de diminuer les avantages qu'ils retiraient de cette découverte, de l'emporter sur les Russes pour transporter les marchandises indiennes et chinoises à travers toute l'étendue de leur empire, partie par terre et partie par le moyen des rivières navigables, dans quelque port de la Baltique, d'où elles pussent être distribuées dans chaque pariie de l’Europe. (Ramusio, Recueil des voyages, vol. 1. p. 374. B.)
Ce plan , trop vaste pour que le monarque alors sur le trône de la Russie pût le mettre à exécution, devint praticable par les conquêtes de Basilovitz, et le génie de Pierrele-Grand. Quoique les capitales des deux empires fussent
soixante-dix-huit milles l’une de l’autre, et que laroule, à
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travers un désert inhabité, parcourait un espace de plus de quatre cents milles (Voyages de Bell., vol. M, p. 167), l#8 caravanes voyageaient de Pétersbourg à Pékin. 11
tait été stipulé, lorsque cette communication fut établie, «ue le nombre des personnes dans chaque caravane n’excèderait pas deux cents. Tous restèrent renfermés dans les murs d’un caravanserai pendant le peu de temps qu'ils passèrent à Pékin, et il ne leur fut permis de traiter qu'avec un petit nombre de marchands à qui on avait accordé le monopole de ce commerce; mais, malgré ces entraves et ces précautions, la vigilance jalouse avec laquelle le gouvernement chinois interdit aux étrangers tout commerce libre avec ses sujets, prit l'allarme, et l'admission des caravanes russes fut aussitôt défendue. Après différentes négociations, on employa à la fin un expédient qui assura les avantages d'un commerce réciproque , sans enfreindre les règlemens circonspects de la police chinoise. Sur les limites des deux empires, on bâtit deux petites villes contiguës, l'une habitée par les Russes, et l'autre par les Chinois, Les sujets de chaque empire portent dans ces villes les productions commerçables de leur pays. Les fourrures, les toiles, les draps de laine, le cuir et les glaces de la Russie sont échangés contre la soie, le coton, le thé, le riz et les bijoux de la Chine, Quelques règlemens sages de la souveraine placée aujourd’hui sur le trône de la Russie, dont le génie est supérieur aux maximes étroites de quelques-uns de ses prédécesseurs, ont rendu ce commerce si florissant , que le produit monte tous les ans au moins à huit cent mille livres sterling, et que c'est le seul trafic avec la Chine qui se fasse presqu’entièrement par échange. M. Coxe, dans ses recherches sur la Russie, a recueilli, avec l'attention et le discernement qui lui sont ordinaires, tout. ce qui est relatif à cette branche de commerce, dont la nature et l'étendue étaient peu connues en Europe ( ch. u,utet1v.)Ce n’est pas le seul endroit où la Russie recoive des marchandises chinoises et indiennes. Un supplément considérable des unes et des autres est apporté par des caravanes de Tartares indépendans, à Orembourg sur la rivière de Jaik (Voyage de Pallas, tom. 1, p. 355), et à Troizkaia sur la rivière d'Oui, et à d'autres places dont je ne fais pas mention. Je suis entré dans ce long détail relativement à la manière dont les productions de l'Inde et de la Chine sont introduites en Russie, parce qu'il offre la preuve la plus frappante qu'il est possible de transporter par terre des marchandises considérables à une très grande distance,
NOTE 53, Secr. 1v, p. 560.
que, vers le sud , qui ait été entrepris par aucun des peuples commerçans des côtes de la Méditerranée est celui d'Hannon, ordonné par la république de Carthage. La position de cette ville, beaucoup plus voisine du détroit de Gibraltar que Tyr, Alexandrie et les autres places de commerce dont j'ai fait mention, lui donnait plus de facilité pour entrer dans l'Océan. Cette circonstance, réunie
aux divers établissemens que les Carthaginoïis avaient faits en différentes provinces d’Espagne, leur suggéra naturellement cette entreprise, et leur présenta dans le succès des avantages considérables. Le voyage d'Hannon, loin de détruire, parait confirmer la justesse des raisons que j'ai données, et pour lesquelles de semblables tentatives n’ont pas été faites par d’autres peuples commerçans dans la Méditerranée,
NOTE 54, Secr. 1y, p. 560.
Quoique les auteurs éclairés que j'ai cités aient regardé comme fabuleux ce voyage des Phéniciens, Hérodote en rapporte une circonstance qui semble prpuver qu'il a été réellement entrepris. «Les Phéniciens, dit-il, affirmaient «qu’en navyiguant autour de l'Afrique, ils avaient le s0- «leil à leur droite, ce qui ne parait pas croyable, quoi- «que d’autres aient paru le croire (lib, 1v, c. xzu)». Il est certain que cela doit étre arrivé, s'ils ont réellement fait un tel voyage. La science de l'astronomie cependant était si imparfaite dans ces premiers temps que l’expérience seule pouvait avoir donné aux Phéniciens la connaissance de ce fait; ils n'auraient pas osé sans cela affirmer ce qui aurait paru une fiction dénuée de vraisemblance; même après leur rapport, Hérodote en doutait.
NOTE 55, SEcT. 1v, p. 563
Malgré les demandes multipliées pour les productions de l'Inde, on remarque que pendant le seizième siècle quelques marchandises qui sont aujourd'hui les principaux articles d'importation de lorient, étaient ou entièrement inconnues, ou de peu de valeur. Le thé, dont l'importation excède de beaucoup celle de toutes les autres productions de l’orient, n’a été d’un usage général, pendant tout un siècle, dans aucun pays de l'Europe; même pendant ce court espace, par quelque caprice singulier du goût, ou par l'empire de la mode, l’infusion d’une feuille apportée des extrémités les plus éloignées de la terre, et dont l'éloge le plus grand peut-être qu'on puisse en faire est de dire qu’elle n’est pas malfaisante, est devenue presque une nécessité de la vie dans plusieurs parties de l'Europe, et cette passion a passé dans toutes les classes de la société, depuis les plus hauts rangs jus . qu'aux derniers, Eu 1785, on calcula que toute la quantité de thé, transportée de Chine en Europe, était de dix-neuf millions de livres, dont on conjecture que douze millions furent consommés dans la Grande-Bretagne ct dans les possessions qui en dépendent ( 4nnual Register
|! de Dodsley pour 1784 et 1785, p. 156). La porcelaine de Le seul voyage des découvertes dans l'océan Atlanti- |