RECHERCHES SUR L'INDE ANCIENNE
VALLE VLL LEA ALLIE LUE SE Le
ment suspect. Le père de Sésostris, à ce qu'il raconte, fit rassembler tous les enfans mâles qui étaient nés en Égypte le même jour que son fils, pour les faire élever avec lui d’aprèsun même plan d'éducation et les préparer à l'exécution des grands desseins auxquels il destinait Sésostris. En conséquence, lorsque Sésostris partit pour l'expédition de l'Inde qui, d’après les circonstances rapportées par Diodore, doit avoir eu lieu la quarantième année de sa vie, on dit qu'il existait encore mille sept cents des compagnons de sa jeunesse à qui il confia les premiers grades de son armée. Mais si nous appliquons à l'examen de cette histoire les principes invariables d’arithmétique politique , il est évident que s’il existait mille sept cents des enfansmâlesnés le même jour que Sésostris, à l’époque où commença sa grande expédition, le nombre des enfans qui naissaient en Égypte chaque jour de l'année devait être au moins de dix mille, et la population du royaume excéder soixante millions (Goguet, Origine des lois, des arts, etc. tom. 11, p. 12, etc.); proportion qui s'étend fort au-delà des termes de la vraisemblance , dans un royaume qui, d’après les excellens calculs de M. d’Anville ( Mémoire sur l'Égypte ancienne et moderne, p. 23, e!c.), ne contient pas plus de onze cents lieues carrées de pays habitable, Une autre circonstance merveilleuse, c’est la description d'un vaisseau de cèdre qui avait quatre cent quatre-vingt-dix pieds de long, couvert d'or à l'extérieur et d'argent en dedans, que Sésostris consacra à la divinité qui était le premier objet du culte à Thèbes (lib. x, p. 67 ); telle est encore la des cription qu’il donne de l’armée égyptienne, qui, outre six cent mille hommes d'infanterie et vingt-quatre mille cavaliers,'contenait ving: sept mille chariots armés (Zbid., P. 64), — 4. Ces détails et quelques autres répugnaient si fort au bon sens de Strabon le géographe, qu'il n’hésita nullement à rejeter ce que l’on racontait de l'expédition de Sésostris dans l'Inde; et non-seulement il assure dans les termes les plus positifsque ce monarque ne mit jamais le pied dans l'Inde{lib. xv, p. 1007, C. edit. Casaub. Amst. 1707), ais il range ou rang des exploits fabuleux de Bacchus et d'Hercule, tout ce qui s’est dit de ses opérations dans ce pays (p.. 1007, D. 1009 B.). L’historien philosophe d’Alexandre-le- Grand paraît avoir eu la méme opinion sur les exploits de Sésostris dans l'Inde (Hist. ind. c. v, Arrian, exped. Alex. edit. Gronov. L. Bat. 1704). — Le peu de renseignemens qu'Hérodote avait eus aur l'Inde et ses habitans, il paraît les avoir tirés ion pas des Égyptiens, imais des Perses (lib. an, e. cv); circonstance qui ferait croire que de son temps il y avait
peu de rapports entre l'Égypte ct l'Inde.
NOTE 2, Secr.1, p. 509.
Quand on considère l’étendue et les effets du commerce des Phéniciens, on doit s'étonner, au premier coup d'œil, des faibles éclaircissemens que l'on trouve dans les anciens écrivains sur ce commerce. Mais si l'on se rappelle que tous les historiens grecs (excepté Hérodote), qui parlent des Phéniciens, publièrent leurs ouvrages longtemps après la destruction de Tyr par Alexandre-le Grand, on ne s'étonnera plus qu'il nous aient laissé ignorer presque tous les détails d'un commerce qui avait porté ailleurs sa splendeur, et qui ne suivait plus la même direction. Mais la puissance et la richesse de Tyr danses jours brillans de son commerce , doivent avoir attiré sur elle tous les regards. Il n’est point d'auteur ancien où l’on trouve un compte plus détaillé de la nature et de la va-
riété des opérations de son commerce, que dans les pro- !
phéties d’Ezéchiel qui fleurit deux centsoixante ans avant la chute de Tyr, et rien ne donne en même temps une plus haute idée de l’immense puissance de cet état (ch. XXVI, XXVII, XXVUI ).
NOTE 3, Secr. 1, p. 511.
L'état qui nous est donné par Hérodote du revenu de la monarchie perse est curieux, et paraît avoir été copié sur quelque registre public qui lui avait été communiqué. D'après cet état, l'empire perse était divisé en vingt satrapies ou gouvernemens. Le tribut levé sur chacun de ces gouvernemens est spécifié, et la totalité en monte à 14,560 talens d’Eubée, ce qui fait, suivant le docteur Arbuthnot, une somme égale à celle de 2,807,437 livres sterling ; somme très petite pour le revenu du grand roi, et qui ne s'accorde guère avec tout ce que les anciens historiens racontent des richesses, de la magnificence et du luxe de lorient.
NOTE 3 bis, Srcr. à, p. 512.
Le major Rennell, dans la deuxième édition de son Mémoire, où il donne aussi les mœurs modernes de l’indus ou Hydaspes (Zehut et Thylam), a tracé, d'après des matériaux fort imparfaits et cependant avec une exactitude qui fait honneur à son discernement, les routes par lesquelles Alexandre, Tamnerlan et Nadir Shah ont pénétré dans l'Inde. 11 déploie dans ces recherches la supériorité de ses connaissances dans la géographie ancienne et moderne de ce pays. Une carte nouvelle sert à préciser ses recherches, j'y renvoie nos lecteurs. Ii faut bien se garder de considérer ces laborieuses investigations comme un pur objet de curiosité. La géographie de cette région fertile et considérable de l'Inde connue sous le nom de Panjab, peut devenir sous peu d'années fort intéressante, bien qu'aujourd'hui nous la conpaissions fort peu. Si d'un côté les fondemens, sur lesquels l'empire britannique dans les Indes semble appuyé depuis l'heureuse issue de la dernière guerre, restent long-temps solides, et d’un autre côté les Saiks, cette confédération de plusieurs états indépendans, continuant à étendre leurs conquêtes avec la méme rapidité qu'ils l'ont fait depuis le commencement du siècle, il est fort probable que l’espril commercial si eatreprenant de l’un des deux peuples, et l'ardeur mar-
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENS
tiale de l’autre, ardeur qui conserve toute l'activité et toute l'impétuosité, naturelles aux hommes dans les premières époques de leur union sociale, pourront donner naissance à des événemens de la plus grande importance. Les frontières des deux états se rapprochent de plus en plus. Les Saiks sont déjà parvenus sur la rive occidentale du fleuve Jumna, et le territoire du nabab d’Oude s'étend le long de sa rive orientale, Ce nabab allié ou tributaire de la compagnie des Indes est protégé par une brigade de l’armée de Bengale, stationnée constamment sur les frontières occidentales (Rennell, Mém. Zntrod., p. 116 ). Dans une position si rapprochée, la rivalité du pouvoir, le choc des intérêts, et d'autres causes innombrables de jalousie et de discorde ne peuvent guère manquer d'amener tôt ou tard des hostilités ouvertes. Les Saiks possèdent tout le Soubah de Lahore, la plus grande partie du Moultan et la partie occidentale de Delhy. Ce territoire comprend environ 400 milles anglais du N. O. au S. E, sur une largeuriqui varie de 300à 150 milles. Leur principale ville est Lahore. On connaît peu de chose de leur gouvernement et de leurs maximes politiques; mais on les représente comme fort doux. Dans leur manière de faire la guerre, ils se montrent cependant sauvages et cruels; leur armée est tout entière composée de cavalerie, et ils peuvent rassembler jusqu'à cent mille hommes. ( Rennell., Mém., deuxième édit., Zatrod. , p. 121,122 à p.365. Vory. aussi Esquisses de M. Crawford, deuxième édit. v. I, p. 263.)
NOTE 4, Sgcr. 1, p. 512.
Il est étonnant qu’Alexandre n'ait rien appris des pluies périodiques de l'Inde, dans les provinc® lÿpitrophes de cette péninsule; cette connaissance aurait pu l'aider à mieux y choisir le temps de ses opérations militaires. Son expédition dans l’Inde commença vers la tin du printemps (Arrian., lib. av, c. xxu), lorsque les pluies étaient déjà commencées dans les montagnes, d’où toutes les rivières qui arrosent le Panjab partent, et dont les eaux par conséquent devaient être considérablement accrues avant qu’il arrivât sur leurs bords {Rennell, pag. 268). — 11 passa l'Hydaspe à la mi-été, à peu près dans le fort de la saison pluvieuse. Dans un pays que traversent tant de grands fleuves, une armée en campagne à cette époque de l'année doit avoir beaucoup souffert. Arrien (lib. v, c. 1x) donne une description exacte de la nature des pluies et des inondations dans cette partie de l'Inde; on en trouve une plus étendue encore dans Strabon (lib. xv, 1013). C'était de ce que leur faisaient souffrir ces pluies, que se plaignaient les soldats d'Alexandre (Strabo, 1, xv, 1021, D.); et ce n'était pas sans raison, car il n'avait cessé de pleuvoir pendant soixante-dix jours (Diod, Sicul., xvir, c. xc1v ).—Une circonstance qui fait voir avec quelle exactitude les officiers d'Alexandre observaient tout ce quise passait dans cette partie de l'Inde, mérite d'être remarquée. Aristobule, dans son journal dont j'ai fait mention, remarque que quoiqu'il eût aboudar,.ment plu dans les montagnes et dans le pays qui les avoisine, les plaines qui s'étendent au-delà ne recurent pas la plus petite ondée (Strabo, lib. xv, 1013, B. 1015, B.). Le major Rennel! apprit d'une personne digne de foi, qui avait résidé dans ce district de l'Inde, où les
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SUR L'INDE
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l'Inde, l'atmosphère dans le Delta indien est chargé de nuages en général, mais sans aucune pluie, sice n’est très près de la mer. 11 tombe même à peine quelques ondées peudant tout le cours de la saison. Le capitaine Hamilton rapporte que quand il se rendit à Tatta, il y avait trois ans qu’il n'avait plu du tout (Mémoires, p. 288). —Tamerlan, dont la capitale n’était pas éloignée de l'Inde, doit avoir été à mêine de connaitre la nature du pays; il évita la faute d'Alexandre, et fit sa campagne de l'Inde pendant la belle saison, Comine Nadir Shah, lors de son invasion de l’Inde l'an de Jésus-Christ 1738, et à son retour l'année suivante , traversa les mêmes pays qu’Alexandre, el marcha presque sur la même ligne. Rien ne peut donner une plus forte idée de l’invincible constance du conquérant macédonien, que la description des embarras que le Nadir Shah eut à surmonter , et des fatigues qu’essuya Son armée. Quoique possédant un pouvoir sans bornes et des richesses inmenses, et non moins distingué par ses grands talens que par une longue expérience dans la conduite de la guerre, il eut la douleur de perdre une grande parie de ses troupes en traversant les rivières du Panjab, en s’ouvrant un chemin à travers les montagnes du nord de l’inde, et dans les chocs qu'il eut à essuyer de la part des belliqueux babitans des pays qui s'étendent depuis les bords de l'Oxus jusqu'aux frontières de Perse. 11 se trouve dans les mémoires de Khojeh Abdulkurreem, Cachemirien de distinction qui servait dans son armée, une description intéressante desa retraite et de ses malheurs.
NOTE 5, Secr. 1, p. 513.
liparaîtrait d’abord incroyable qu’on eût pu rassembler en si peu de temps une flotte aussi nombreuse. Cependant Arrien nous assure qu’il n'indique ce nombre que d’après Plolémée, fils de Lagus, dont il regarde le témoignage comme étant du plus grand poids (lib. vr, c. nr). Mais comme le Panjab est rempli de rivières navigables sur lesquelles se faisait tout le commerce entre les naturels, ils'y trouvait de tous les côtés des vaisseaux tout prêts à ha disposition du conquérant, qui ne doit pas avoir eu de peine à en rassembler un si grand nombre. Si l’on pouvait ajouter foi au récit de l'invasion de l'Inde par Sémiramis, il n’y avait pas moins de quatre mille vaisseaux réunis dans l’Indus, pour barrer le passage à sa flotte. ( Diod. Sicul., lib, 11, c. Lxx1v ). — Îl est singulier que lorsde l’invasion de l’Inde par Mahmoud de Gaznabh, on ait rassemblé contre lui dans l’Indus une flotte composée du même nombre de vaisseaux. Nous apprenons de Ayeen Akbery, que les habitans de cette partie de l'Inde commercent encore aujourd’hui entre eux par eau; les habitans du Circar, de Tetta seul, ne possèdent pas moins de quarante mille vaisseaux de différentes constructions { v. ll, p. 143).
NOTE 6, Secr. 1, p. 313.
Tous ces détails sont tirés de l’ÆZistoire de l’Inde,d'Artien, ouvrage différent de celui dont j'ai déjà parlé, et l'un des traités les plus curieux qui nous soient venus de |
l'antiquité, Des extraits de la Description que donne Néarque du climat et du sol de Pinde et des mœurs des naturels, remplissent la première partie. La seconde contient le Journal où cet officier rend compte de son voyage depuis l'embouchure de l’indus jusqu’au foud du golfe Persique, Cette lecture donne lieu à plusieurs observations. + 1. Il est remarquable que ni Néarque, ni Ptolémée, ni Aristobule, ni même Arrien, ne fassent pas la moindre mention du voyage de Scylax : ce silence ne pouvait pas venir de leur ignorance ; car Hérodote était l'auteur favori de tout Grec qui avait quelque prétention littéraire, 11 avait probablement pour cause les raisons qu'ils avaient de se défier de la véracité de Scylax, et dont j'ai déjà fait l'exposé. En conséquence, Arrien met dans la bouche d'Alexandre un discours où il affirme qu'il est le premier après Bacchus qui ait passé lindus; ce qui suppose qu'il n’ajoutait pas foi à ce que l’on rapporte de Scylax, et qu'il n'avait pas entendu parler de ce que l'on dit que Darius Hysdaspe avait fait pour soumettre cette partie de l'Inde à la couronne de Perse (Avrian., vu, c. x). Cette opinion est confirmée par Mégasthène, qui avait fait une très longue résidence dans l'Inde, 11 assure qu’à l’exception de Bacchus et d’Hercule (aux exploits fabuleux desquels Strabon s'étonne qu’il ait pu accorder quelque confiance (lib. vx, p. 1007, D.), Alexandre était le premier qui se fût emparé de l'Inde (Arrian., Hist. indie., e. v). Arrien nous apprend que les Assacans et d’autres peuples qui possédaient le pays qu'on appelle aujourd'hui le royaume de Candahar, payèrent tribut d'abord aux Assyriens et ensuite aux Mèdes et aux Perses (Hisl. indic., c. L). Comme toutes les belles provinces au nord-ouest de l’Indus étaient censées anciennement faire partie de l’Inde, il est probable que ce qu’elles payaient en impôt est la somme portée sur le rôle qu’'Hérodote avait consulté dans le compte qu'il rend du revenu annuel de l'empire perse, et qu'aucune des provinces au sud de l’indus ne fut jamais soumise aux rois de Perse, — 2. Ce voyage de Néarque fournit plusieurs preuves frappantes du peu de lumières des anciens sur toute autre navigation que celle à laquelle ils étaient accoutumés dans la Méditerranée. Quoique le gfnie entreprenant d'Alexandre et la grandeur de ses vues lui eussent inspiré le dessein d'établir un commerce par mer entre l'Inde et ses états de Perse, cependant Néarque et lui avaient si peu d'idée de l'Océan qu'ils désiraient de parcourir, qu’ils craignaient que leur navigation n'y fût arrêtée par des détroits impraticables et d’autres obstacles semblables ( Æist. indic., c. xx, Q. Curt., lib. 1x, ec. 1x). Lorsque la flotte arriva à l'embouchure de l’Indus, l’étonnement que produisit le flux et le reflux de la marée de l'océan Indien, phénomène, selon Arrien, jusqu'alors inconnu à Alexandre et à ses soldats, est une autre preuve de leur ignorance dans l’art de la navigation (lib. va, c. xax ); et il n’y a nullement lieu d'être surpris de leur étonnement, les marées étant à peine sensibles dans la Méditerranée où se renfermait toute la science des Grecs et des Macédoniens. C’est pour cette raison que lorsque les Romains portèrent leurs armes victorieuses dans les pays situés sur l'océan Atlantique, ou sur les mers qui y communiquent, ce phénomène nouveau des marées fut pour eux un objet de surprise et de terreur.
| César décrit l’étonaement de ses soldats au sujet d’une
maline qui endommagea beaucoup sa flotte-quand il fit
sa descente en Angleterre, et avoue que c'était pour eux un spectacle nouveau (Bell.Gallic., lib. av, c. xxx); les marées sur la côte voisine de l'embouchure de l’Indus, sont extrémement hautes et suivies de grands effets, surtout cette précipitation soudaine de la marée dans la bouche des fleuves et des bras de mer étroits qui est connue dans l'Inde sous le nom du calibré, et dont le major Rennell donne une description exacte(Znt., xx1v, Mém, p.278); dansle Periplus Maris Erythræi, p. 26, il est question de ces hautes marées, et la description qu’on en donne ressemble beaucoup à celle du calibré, Pline rend un compte fort exagéré des marées dans l’océan Indien (Wat, hist., lib. xun, c. 25). Le major Rennell semble croire qu’Alexandre et ses compagnons ne devaient pas être si absolument étrangers au phénomène des marées puisque Hérodote avait appris aux Grecs, « qu’il y avait tous les jours un flux et reflux régulier de la marée dans la mer Rouge (lib. m1, c. 1), « C'est là toute l'explication que donne Hérodote de ce phénomène. Mais il y a chez les anciens des exemples du peu de cas que l'en faisait des faits rapportés par des auteurs respectables, qui ont de quoi surprendre dans les temps modernes. Quoique Hérodote comme je viens de le remarquer, eût raconté fort au long le voyage exécuté par Scylax, Alexandre et ses historiens ne font pas la moindre mention de cet événement. J'aurai dans la suite occasion de citer un exemple encore plus remarquable du peu d'attention qu'ont fait des écrivains, venus après Hérodote, à la description exacte qu’il donne de la mer Caspienne. D'après ces exemples et d'autres semblables, qu’il eût été facile de produire, nous pouvons conclure que le peu que dit Hérodote du flux et du reflux singulier de la marée dans la mer Rouge, n’est pas une raison suftisante pour rejeter, comme indigne de foi, ce qu’Arrien raconte de la surprise des soldats d'Alexandre à la vue des effets extraordinaires de la marée à l'embouchure de l'Indus.— 3. Le cours entier du voyage de Néarque, les promontoires, les anses, les rivières, les villes, les montagnes, qui se présentèrent successivement à ses regards, sont décrits avec tant d'ordre, et les distances des lieux les plus remarquables, tracées avec tant de précision, que M. d’Anville, en les comparant avec la position actuelle du pays, d’après les rapports anciens et modernes les mieux faits à ce sujet, s’est vu en état d'indiquer la plupart des lieux dont parle Nénarque, avec un degré de certitude qui ne fait pas moins d’honnenr à la véracité du navigateur grec, qu'au talent, au savoir et à la pénétration du géographe français ( Mém. de littérat., tom. XXX, p. 132, etc).
Dans les temps modernes, le nom de mer Rouge est particulier au golfe Arabique ; mais les anciens appliquaient à la mer qui s'étend depuis ce golfe jusqu’à l’Inde, la dénomination de merjÉrythrée, d'un roi Érythras, dont on ne connait rien de plus que le nom, qui, en grec, signiñe rouge. D’après la signification accidentelle de ce not, on s’est imaginé que cette mer était d'une couleur différente des autres, et par conséquent d’une navigation plus dangereuse,
NOTE 7, Secr. 1, p. 514.
Alexandre s'occupait tellement de cimenter de plus en plus cette union de ses sujets, qu'après sa mort on trouva
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENS
dans ses tablettes, entre autres magnifiques projets qu'il méditait, plusieurs indices qui annonçaient le projet de bâtir plusieurs villes nouvelles, les unes en Asie et les autres en Europe, et de peupler celles d'Asie d'Européens et celles d'Europe d'Asiatiques, « afin, dit l'histo. rien, qu’en mélant les mariages et en se rendant des services mutuels, les habitans de ces deux grands conti. nens parvinssent insensiblement à n'avoir qu’une méme âme, et à rester attachés les uns aux autres par les liens d'une affection réciproque (Diod. Sicul., lib. xvm, C. IV). »
Les historiens orientaux ont mêlé à tant de circonstances fabuleuseset incroyablesle peuqu'ils savent desaffaires des nations européennes et particulièrement d'Alexandre. le-Grand et de ses conquêtes de la Perse, que leurs récits ne méritent que bien peu d'attention. Bien qu'ils aient représenté de ia manière la plus fausse tous les événemens de sa vie, ils s'étaient formé la plus haute idée de la grandeur de son pouvoir et le distinguaient par le nom d'Escander Dhulcarnein , c’est-à-dire à deux cornes, par allusion à l'étendue de son empire, qui, suivant eux , s'étendait de l’orient à l'occident du monde, ( D'Herbelot, Bibl. Orient. , article Escander. Anc. Univ. Hist., vol. V, édit., in-8°, p. 432. Richardson, dans la dissertation qui précède son Dictivnnaire arabe et persan, p. 12.) On ne saurait savoir si les historiens de l'Hindostan ont donné un compte rendu plus exact de l'invasion de l'Inde par Alexandre , jusqu’à ce que quelques-uns de leurs ouvrages, écrits en langue sanscrite, aient été traduits. Plusieurs circonstances prouvent que l'on censerve encore dans les provinces septentrionales de la péniasule quelques notions traditionnelles sur l'in-
vasion de l'Inde par Alexandre. Les rajahs de Chitore, à
qui sont regardés comme les souverains les plus anciens parmi les princes indiens, se vantent de descendre de Porus , aussi célèbre dans l’orient qu'il l'est dans l'occident pour sa valeureuse opposition au conquérant macédonien. (Fragm. d'Orme, p. 5 ). Le major Rennell a dit, d’après des renseignemens nouvellement reçus de l'Inde et confirmés par de nombreux témoignages, que dans le pays de Kuttore, à l'extrémité orientale de l’ancienne Bactriane , il existait encore au moment de l'invasion des provinces par Tamerlan , un peuple qui prétendait descendre des compagnons d'Alexandre, Dans la Bijore, la Bazira d'Alexandre, pays de même district, mais plus à l'occident , il existe encore aujourd'hui une tribu qui fait remonter son origine à certains individus laissés par le conquérant dans son passage à travers cette province. Aboul Fazel et Soojah Rae, historien orientalid’une grande réputation, rapportent cetle même tradition sans aucune différence remarquable, le dernier ajoute seulement que ces européens, si on peut leur donner ce nom, continuërent à conserver sur leurs voisins l’ascendant qu’on pouvait supposer leurs ancêtres en possession d'exercer lorsqu'ils étaient venus s’y établir. Bien que nous devions rejeter comme fausse cette généalogie, cependant le simple fait de la prétention prouve la croyance des habitans du pays et il doit y avoir quelque base à la croyance qu’Alexandre non-seulement conquit le Bijore, mais transféra cette conquête à quelques-uns de ses compatriotes. Les habitans de Bijore avaient aussi une très haute opinion de l'étendue d'autorité d'Alexandre, et ils lui donnaient aussi le non de Ricorne, con:
forméme les langu Ceux qu saintes, € emploi d
Il para qu’Alexai et Bucéph Chaul, et soin. Mais qu'il fit b:
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en se rendant des jeux grands contiavoir qu’une même autres par les liens Sicul., Mb. xvin,
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p. 432. Richardson, Dictionnaire arabe et ir si les historiens de rendu plus exact de jusqu’à ce que quelen langue sanscrite, stances prouvent que yinces septentrionales raditionnelles sur l'in-
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Le major Rennell a dit, ment recus de l'Inde oignages, que dans le rientale de l’ancienne inent de l'invasion des e qui prétendait desdre. Dans la Bijore, me district, mais plus rd'hui une tribu qui s individus laissés par ravers cette province.
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SUR L'INDE ANCIENNE
formément à l'emblème frappant du pouvoir dans toutes |;
les langues orientales ( Ayeen Akbery , vol. X1, p. 194). Ceux qui sont accoutumés à la lecture des écritures saintes, doivent se rappeler plusieurs exemples du même emploi de cette image.
NOTE 8, Secr.1, p. 515.
11 paraît que c’est une opinion généralement recue qu'Alexandre ne bâtit que deux villes dans l'Inde, Nicée et Bucéphalie sur les bords de l'Hydaspe, aujourd’hui Chaul, et que c'est Cratère qui fut chargé de ce double sin. Mais il est évident, d'après Arrien (lib. v, c. ult.), qu'il fit bâtir une troisième ville sur l'Acésinès, aujourd'hui le Jénaub, sous l'inspection d'Éphestion; et si son dessein était de tenir ce pays en respect, il paraît qu'il ne pouvait le faire que par le moyen d'une place forte sur l’une des rivières qui sont au sud de l'Hydaspe. Cette partie de l'Inde a été si peu fréquentée des modernes, qu'il est impossible de marquer avec précision la situation de ces villes. Si le P. Tiessenthaler, qui pense que la rivière qu’on appelle aujourd’hui Rave est l’Ascésinès d'Arrien (Bernouilli, vol. 1, pag. 39), est bien fondé dans sa conjecture, il est probable que cette ville fut bitie quelque part près de Lahore, l’un des postes les plus imporlans de cette partie de l’inde, et regardée dans l'Ayeen Akbery comme une ville de la plus haute antiquité. Mais le major Rennell est, selon moi, très bien fondé dans son opinion que le Jénaub doit être l’Acésinès des anciens.
NOTE 9, Secr. 1, p. 516.
Les scrupules de religion qui empéchaient les Perses d'entreprendre aucun voyage par mer étaient connus ds anciens. Pline rapporte de l’un des mages que Tiridate avait envoyé en ambassade à l’empereur Néron, «qu'il n’avait pas voulu venir par mer, parce qu'il ne pensait pas qu'il fût permis de salir cet élément de tous lsimmondices qu'y occasionerait le séjour des hommes » Nat. hist. , lib. xxx, c. n); ils porcaient si loin cette version pour la mer que, suivant l'observation d’un tstorien très bien instruit, il n’y avait pas dans leur enpire une seule ville un peu importante bâtie sur les côtes de la mer (Ammian. Marcel. lib. xxux, c. vi). Le tcteur Hyde nous apprend combien ces idées étaient ilimement liées avec les principes de Zoroastre ( Rel. ul, Pers., cap. vi); dans toutes les guerres des Perses vec la Grèce, les flottes du graud roi n'étaient compo- #s que de vaisseaux fournis par les Phéniciens, les Kriens, les provinces conquises de l’Asie-Mineure et les les adjacentes. Hérodote et Diodore de Sicile parlent de h proportion dans laquelle chaque pays contribua, pour irmer la flotte de douze cents vaisseaux avec laquelie \ercès entra dans la Grèce; et parmi ces vaisseaux il \y en a pas un seul qui appartint à la Perse. 11 est bon dobserver en même temps que, suivant Hérodote, dont autorité est incontestable à cet égard, la flotte était “mmandée par Ariabigines, fils de Darius, qui avait sieurs satrapes distingués sous ses ordres, et que les lerses et les Mèdes servaient à bord en qualité de solüts ( Herod., lib. vas, c. xcvi, xcvir). Je ne puis dire par els motifs ou par quelle autorité on les engagea dans
un tel service. Par une suite des mêmes scrupules religieux, plusieurs naturels de l’Indostan refusent encore aujourd'hui de s'embarquer et de servir sur mer; et cependant, dans certains cas, les cipayes au service des puissances européennes ont surmonté ces sortes de
| scrupules.
NOTE 10, Secr. 1, p. 616.
M. le baron de Sainte-Croix, dans son ingénieuse et savante Critique des historiens d’Alexandre-le-Grand (pag. 96), paraît conserver des doutes sur le nombre de villes qu'on dit qu’Alexandre a bâties. Plutarque! ( de Fort. Alex.,) assure qu'il n'en fonda pas moins de soixante-dix, Il parait, par plusieurs passages des anciens auteurs, que le moyen dont Alexandre et ses successeurs fais. «ent usage pour conserver leur autorité sur les peuples conquis, était de bâtir des villes, ou, ce qui revient au même, des places fortes. Séleucus et Antiochus, sous l'empire desquels tomba la plus grande partie de la Perse, ne furent pas moins remarquables que Alexandre pour bâtir de nouvelles villes, et il paratc que ces villes remplissaient parfaitement le but des fondateurs, et qu’elles empêchèrent effectivement, comme j'aurai occasion de l'observer, la révolte des provinces conquises. Quoique les Grecs, animés de l'amour de la liberté et de leur patrie, eussent refusé de s'établir en Perse tant que cet empire fut sous la domination de ses propres monarques, malgré tous les avantages qu’on leur promettait, comme le remarque M. de Sainte-Croix, le cas devint tout différent lorsque le pays fut soumis à leur propre domination , et qu’ils s’y établirent non pas comme sujets, mais comme maitres, Alexandre et ses successeurs montrèrent un égal discernement dans le choix qu'ils firent de l'emplacement des villes qu'ils fondèrent. Séleucie, que bâtit Séleucus, ne le cédait qu’à Alexandrie pour le nombre des habitans, pour la richesse et l'importance. (M, Gibbon, vol. 1, M. d'Anville, Mém. de Littér., xxx.)
NOTE 11, Secr. 1, p. 517.
C’est dans Justin que se trouve le peu de détails que nous avons sur les progrès de Séleucus dans l’inde (lib. xv, c. 1vV); mais nous ne pouvons compter sur son témoignage que lorsqu'il est appuyé de celui des autres auteurs. Plutarque semble affirmer que Séleucus avait pénétré fort avant dans l'Inde ; mais ce respectable écrivain brille davantage dans l’art de tracer les caractères et par l’heureux choix des circonstances qui les développent et les distinguent, que par l'exactitude des recherches historiques. Pline, dont l'autorité est d'un plus grand poids, semble regarder comme une chose certaine que Séleucus avait porté ses armes dans les districts de l’Inde où Alexandre n'était jamais entré (Pline, JVat. hist., lib. vi, c. xvin). Le passage où il en est question n'est pas très clair, mais il semble intimer que la marche de Séleucus avait été de l’Hyphase à l’Hysudre, de là à Palybothra, et de ce dernier endroit à l'embouchure du Gange. Les distances des principaux endroits où il s’arrêta sont marquées , et font un total de deux mille deux cent quarante-quatre milles romains. Telle est l’interprétation que donne à ce passage de Pline M. Bayer (Æistor.
576 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENS
regni Græcorum Bactriani, pag. 37 ); quant à moi, il | très grande ville nommée Pote/poot-her ou Patalippume paraît extrêmement peu probable que l'expédition de | tra, ce qui s'approche beaucoup de l'ancien nom de Pa- Séleucus dans l'Inde ait pu durer assez long-temps pour | lyboihra. Quoiqu'il n’y ait point aujourd'hui à Patna deux consommer des opérations aussi étendues. Si Séleucuseñt | rivières qui se joignent, il a su que le confluent de ja pénétré dans l'Inde jusqu’à l'embouchure du Gange, les | Soanne et du Gange, aujourd'hui à vingt-deux milles auanciens auraient beaucoup mieux connu cette partie du | dessus de Patna, était autrefois sous les murs de cette pays qu'ils ne paraissent l'avoir jamais fait. | ville. Les rivières de l'Inde changent quelquefois leur | cours d'une manière singulière, et il en cite quelques NOTE 12, Secr. «1, p. 517. exemples remarquables. Mais quand on conviendrait que ce que racontent les naturels de ce changement de cours Le major Rennel! nous donneune grandeidée de ceteffet | dela Soanne est parfaitement exact, je doute que ce que dit en nous disant que « le Gange, après s'être échappé du | Arrien de la grandeur de l’Erranaboas, puisse s'appliquer «lit montagneux où il avait erré dans un espace de plus | à cette rivière aussi justement qu’au Jumna.—2. li parait «de huit cents milles ( Mém., p. 233), recoit dans son | que l'itinéraire de Pline en sa table des distances de Taxile «cours à travers les plaines onze rivières dont les unes | (la moderne Attock) à l'embouchure du Gange, à eu «sont aussi grandes que le Rhin et pas une moindre que | quelque part à sa décision ( at. hist., lib, vr, c. xvur: «la Tamnise, sans compter celles qui sont moins remar- | mais dans cette table les distances sont marquées d'une «quables et dont le nombre est égal (p. 257). » manière si peu exacte et quelquefois si évidemment er- | ronée, qu’il n'est pas possible de s’y fier jusqu’à un cer. NOTE 13, Secr. 1, p. 517. tain point. D’après cette table Palybothra est située à quatre cent vingt-cinq milles au-dessous du confluent du Je me suis écarté du major Rennell, en fixant la posi- | Gange et de Jumna. Cependant aujourd'hui il n’y a pas tion de Palybothra, et ce n’est qu'avec défiance que je le | plus de deux cents milles d'Angleterre de distance entre fais. Suivant Strabon, Palybothra était situéeau confluent | Allahabad et Patna, Une différence si considérable ne du Gange et d’une autre rivière (lib. xv, p. 1028, A.); | peut s'expliquer qu’en supposant quelque erreur extraor- Arrien est plus positif encore. 11 place Palybothra au con- | dinaire dans la table, ou un changement arrivé dans le fluent du Gange et de l'Erranaboas, qu’il représente | point de jonction du Gange et du Jumna, 1 n’y a pour la comme moins grand que le Gange et l’Indus, mais | première de ces suppositions, que je sache, aucun manuscomme supérieur à toutes les autres rivières connues | crit, et pour la seconde aucune tradition dont on puisse ( Hist. ind., c. x). Cette position répond exactement à | s’étayer. Le major Rennell a exposé les raisons qui l'a. celle d’Allahabad. Le P. Boudier, aux observations duquel | vaient engagé à supposer que la situation de Palybothra la géographie de l'Inde doit beaucoup, dit que le Jumna, | était la même que celle de Patua ( Mémoires, p. 49, 51), à l'endroit où il se joint au Gange, lui a paru tout aussi | 11 à prévu quelques-unes des objections qui pourraient considérable que ce fleuve (d’Anville, #ntiq. de l'Inde, | être faites à cette supposition, et il s’est efforcé de les p. 53). Allahabad est le nom que donna à cette ville l'em- | prévenir ; et après tout ce que je viens d'y ajouter, je ne pereur Akbar, qui y éleva une puissante forteresse; | serais point surpris que dans une discussion géogra- M. Hodges en a publié un élégant dessin, n° 4 de ses | phique, mes lecteurs fussent disposés à préférer sa déci- Select. views in India. Son nom ancien, sous lequel | sion à la mienne. elle est encore connue des Indous, est Praeg ou Piyag,
et le peuple de ce district s'appelle Praegi, dénomina- NOTE 14, Secr. 1, p. 518. tion qui se rapproche beaucoup de celle de Prasii , an-
cien nom du royaume, dont Palybothra était la capitale Je ne parle point d’une légère incursion d’Antiochus- (P. Tiessenthaler, chez Bernouilli, tom. 1, p. 223. — | le-Grand dans l’Inde, environ cent quatre-vingt-dix-sept
D'Anville, p.56). Allahabad est un lieu de dévotion si | ans après l'invasion de son ancêtre Séleucus. Tout ce que fameux parmi les Indous, qu’elle porte le non de Reine | nous savons de cet événement, c’est que le monarque} des lieux adorés (Ayeen Akbery, vol. Il, p.35); son | syrien, après avoir terminé la guerre qu’il faisait aux territoire, qui forme un espace de quarante milles, est | deux provinces révoltées de Parthe et de Baciriane, réputé saint. Les Indous croient que l’homme qui y |entra dans l'Inde, et reçut un certain nombre d'éléphanl meurt est sûr d'obtenir tout ce qu’il désire à la seconde | et de l'argent de Soppagasénus, roi du pays, avec quiil naissance. Quoiqu'ils enseignent que le suicide en général | avait conclu un traité de paix. (Polyb., lib. x, p. 597, etc. sera suivi de tourmens dans l’autre vie, cependant ils | Lib. xr, p. 651, édit. Casaub. Justin., lib. xv, c.1v; pensent qu'il y a du mérite à se tuer à Allahabad ( Ayeen | Bayer, Aist. regn. Græcor. bact., p. 69, etc.) Akbery , t. Il, p.255). Le P. Tiessenthaler décrit les |
différens objets de vénération à Allahabad, vers lesquels | NOTE 15, Secr. 1,p. 519.
se rendent encore un très grand nombre de pèlerins | ( Bernouilli, t. 1, p. 224) ; de toutes ces circonstances, | Un fait, que Strabon rapporte en passant et qui « on peut conclure que c'est un endroit d'une très haute | échappé au génie investigateur de M. de Guignes, sa antiquité, et dont la situation est la même que celle de la | corde parfaitement avec le récit des écrivains chinois, el Palybothra des anciens. | le confirme. Les Grecs, dit-il, furent dépouillés del
C'est par deux considérations principales que le major | Bactriane, par des tribus ou nordes de nomades scylhe Rennell s’est déterminé à placer Palybothra au même lieu | qui vinrent du pays au-deià du Jaxartes, et sont connut que Patna. — 1. D'abord parce qu'il avait appris que sur ! sous les noms d’Asii, Pasiani, Tachari et Sacaraul le sol de Patna ou très près, il existait anciennement une (Strab., lib. x1, p. 779, A.) Les nomades des antiel
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SUR L'INDE
étaient des peuples qui, comme les Tartares, ne subsistaient que par leurs troupeaux, sans le secours de l'agriculture.
NOTE 16, Sac. 1, p. 519.
Comme la distance d’Arsinoë (Suez) au Nil est infiniment moindre que de Bérénice à Copte, c'était la voie la plus prompte et la moins dispendieuse par laquelle on pit recevoir en Égypte toutes les marchandises qui entraient dans le golfe Arabique. Mais la navigation du golfe Arabique qui, malgré toutes les lumières acquises depuis, est encore aujourd’hui lente et difficile, était regardée autrefois par les peuples des environs comme extrémement dangereuse; et la crainte qu'ils en avaient conçue leur avait fait donner à plusieurs de ses promon toires, de ses baies et de ses ports, des noms qui exprimaient d’une manière frappante l'impression de ce sentiment. Ils appelèrent l'entrée du golfe Babelmandeb, porte ou port d’affliction. A un port qui n’en est pas bien éloigné, ils donnèrent le nom de Mele, c'est-à-dire mort. lis appelèrent une pointe adjacente Gardefan, cap des funérailles. L'auteur à qui je dois ces détails cite d’autres dénominations qui devaient leur origine au même sentiwent. (Voyages de Bruce, vol. 1, p. 442, etc.) 1l n'était donc pas étonnant que l’entrepôt du commerce de l’inde eût été transporté de l'extrémité septentrionale du golfe Arabique à Bérénice, puisque par ce changement on abrégeait de beaucoup une navigation dangereuse. 1l parait que ce fut la principale raison qui détermina Ptolémée à établir le port de communication avec l'Inde à Bérénice, quoiqu'il y eût sur le golfe Arabique d’autres ports infiniment plus près du Nil que celui-là. A une époque postérieure après la ruine de Copte par l’empereur Dioclétien, Aïbuféda nous apprend ( Descript. Egypt., édit. Michaelis, p. 77), que les marchandises de l'inde furent transportées de la mer Rouge au Nil, par le chemin le plus court, c'est-à-dire de Cosseir ( probablement le Philoteras Portus de Ptolémée ) à Coùs, le Vicus Apollinis, trajet de quatre jours. Cette distance fut confiimée au docteur Pococke par le rapport des naturels (Voyages, vol. 1,.p. 87 ); en conséquence, Coùs, de petit village qu’il était, devint, après Fostat ou le vieux Caire, la ville la plus considérable de la Haute-Égypte. Dans la site, par des causes que je ne puis expliquer, le commerce de la mer Rouge par Cosseir passe à Kène, plus bas que Coùs, en suivant la rivière. (Aïlbuf., p. 13, 77, d'Anville, Égypte, 196-200.) Aujourd'hui toutes les marchandises de l'Inde destinées pour l'Égypte, où vont par mer de Gedda à Suez, et de là sont portées par des chameaux jusqu’au Caire, où elles sont amenées par terre par la caravane qui revient du pèlerinage de la Mecque. (Voyage de Nieburh, tom. 1, p. 224 Volney, 1, 188, etc. ) Tel est le tableau complet, autant que mes recherches ont pu l'être, des différentes routes par les-
à quelles les productions de l'Inde ont été transportées
jusqu'au Nil, depuis la première ouverture de cette communication. Îl est singulier que le P. Sicard ( Mém. des missions dans le Levant, tom. 11, p. 157), et quelques autres écrivains respectables, supposent que Cosseir est la Bérénice fondée par Ptolémée, quoique Ptolémée en ait fixé la latitude à 23° 50, et que Strabon l'ait placée presque sous le même parallèle que Syène (lib. 1, p. 195, D). Par une suite de cette méprise, on a regardé comme
erroné le calcul de Pline, qui met entre Bérénice et Copte une distance de deux cent cinquante-huit milles. (Pococke, p. 87.) Mais comme Pline ne se borne pas à indiquer la distance totale, qu'il nomme les différens endroits où l’on s’arrétait sur la route, et marque le nombre des milles qui les séparent ; qu'enfin l'itinéraire d'Antonin se rapporte exactement à sa mesure (d'Anville, Égrpt., p. 21 ), il n'y a pas raison de douter de son exactitude,
NOTE 17, Secr. 1, p. 520.
Le major Rennell est d'avis, «que sous les Ptolémées, les Égyptiens étendirent leur navigation jusqu'à la dernière extrémité du continent indien, et remontérent le Gange jusqu'à Palybotra, » aujourd'hui Patna. (/ntrod., p. 36.) Mais s’il eût été ordinaire de remonter le Gange jusqu’à Patna, les parties intérieures de l'Inde auraient dû être mieux conaues des anciens qu'elles ne l'ont jamais été, et ils auraient cherché des renseignemens ailleurs que dans Mégasthène. Strabon commence sa description de l’inde d’une manière très remarquable, 11 demande l'indulgence de ses lecteurs, parce que, dit-il, c'était un pays très éloigné et que peu de personnes avaient visité, et qu’alors même, ces personnes n'ayant vu qu’une pelite partie du pays, ne rapportaient que ce qu'elles avaient oui dire, ou tout au plus ce qu'elles avaient remarqué à la bâte dans le cours de leur service militaire, ou dans la suite d’un voyage. (Strabo, lib xv, p. 1005, B.) } observe qu’un très petit nombre de cummercçans du golfe Arabique avaient été jusqu’au Gange. (Zbid., 1006, €.) 1! assure que le Gange se jette dans la mer par une seule embouchure (Zbid..10t1 , C.) ; erreur dans laquelle il ne serait certainement pas tombé , si la navigation de ce fleuve eût été plus commune de son temps. }! parle bien de remonter le Gange (Zbid., 1010), maïs c'est en passant et dans une seule phrase ; au lieu que si un voyage intérieur aussi considérable, un voyage de plus de quatre cent milles, à travers un pays riche et peuplé, eût été ordinaire, ou méme s’il eût jamais élé exécuté par aucun des marchands romains, grecs ou égyptiens, on n'aurait pu s'empêcher d'en faire une description particulière ; et Pline et les autres écrivains en auraient nécessairement. parlé comme d'une chose extraordinaire dans la navigation des anciens. Arrien, ou l’auteur quelconque du Periplus Maris Erithræi , observe qu'avant la découverte d'une nouvelle route dans l’inde, dont nous parlerons dans la suite, le commerce avec ce pays se faisait dans de petits vaisseaux qui suivaient les détours de chaque baie (pag. 32, ap. Huds. Geogr, imin.), des vaisseaux d’une construction si légère et asservis à un tel mode de navigation n'étaient guère propres à un, voyage aussi éloigné que l'était celui autour du cap Comorin, et dans toute la longueur du golfe de Bengale jusqu’à Patna. 11 n'est pasinvraisemblable que les marchands qui, suivant Strabon , ont été jusqu’au Gange, s’y soient. rendus par terre, ou des pays à l'embouchure de l’Indus ou de quelque endroit de la côte de Malabar ; et quela navigation du Gange, dont il ne parle qu'accidentellement, se faisait par les naturels dans des vaisseaux du pays. Ce qui donne quelque poids à cette opinion, ce sont ses remarques sur la mauvaise construction des vaisseaux qui fréquentaient cette paruie de l'océan Indien. D’après. ce qu'il en dit, il est évident que ce ne pouvait être que des vaisseaux du pays (p. 1012, C ).
NOTE 18, Sacr. 1, p. 520.
Les idées erronées de plusieurs écrivains distingués de l'antiquité, sur la mer Caspienne, quoique parfaitement connues de tout homme de lettres, sont si étonnantes, et fournissent un exemple sifrappant de l'imperfection de leurs connaissances géographiques, qu'un exposé plus complet de ces erreurs pourra non-seulement faire plaisir à quelques-uns de mes lecteurs, mais en cherchant à tracer les différentes routes par lesquelles les marchandises de l'orient arrivaient aux nations de l'Europe, il devient même indispensable d'entrer dans quelques détails sur la diversité de leurs sentimens à cet égard. 1. Selon Strabon, la mer Caspienne est une baie qui communique avec le grand Océan septentrional d'où elle sort par un bras étroit, puis forme une mer qui s'étend dans une longueur de cinq cents stades (lib. xx, p. 773, A). Pomponius-Mela est du même avis, e il représente le détroit par lequel la mer Caspienne tient à l'Océan comme uu détroit extrémement long, mais si resserré, qu'on le prendrait pour une rivière. (/bid., x, c.v.) Pline lui-même en fait une semblable description. (Nat. hist., lib. va, c. Lxxn1.) Au siècle de Justinien, cette opinion sur la communication de la mer Caspienne avec l'Océan prévalait encore. ( Cosim. indicopl. Topog. Christ, lib. 1, p. 138, C.) Quelquesécrivains des premiers âges, par une méprise plus singulière encore, ont supposé que la mer Caspienne communiquait avec la mer Noire. Quinte-Curce, dont l'ignorance en géographie est uotoire, a adopté la même erreur (lib. vis, c. var, édit.) 2. Arren, écrivain beaucoup plus judicieux , qu'un séjour assez long dans la province romaine de Cappadoce, dont il était gouverneur, aurait dû mettre à même d'obtenir des renseignemens plus certains, déclare dans un endroit que l’origine de la mer Caspienne est encore inconnue; et il ne sait si elle se joignait à la mer Noire ou au grand Océan oriental qui environne l’inde (lib, vu, c. xvi). Dans un autre endroit, il assure qu’il y avait une communication entre la mer Caspienne et l'océan Oriental (lib. v, c. xxvi.) Ces erreurs paraissent d'autant plus extraordinaires qu’Hérodote avait donné une description exacte de la mer Caspienne, près de cinq cents ans avant le siècle de Strabon. « La mer Caspienne, dit-il, est une mer indépendante et qui ne tient à aucune autre. Elle a en longueur ce qu’un vaisseau armé de rames peut parcourir en quinze jours, et dans sa plus grande largeur, ce qu'il peut faire en huit jours. » (Lib. 1, c. cour.) Aristote en donne la même description, et soutient avec sa précision ordinaire que c’est un grand lac et non pas une mer.(Meteorolog, lib. n.) Diodore de Sicile joint son opinion à la leur (vol.ll lib. xvin ,p.261). Aucun de ces auteurs ne détermine si c'était du nord au sud, ou de l’est à l'ouest que la mer Caspienne s’étendait dans sa plus grande longueur. Dans les anciennes cartes, qui servent d’éclaircissement à la géographie de Ptolémée, elle est représentée comme s'étendant de l’orient à l'occident dans sa plus grande longueur. De nos jours, ce fut un marchand anglais, Antoine Jenkinson, qui donna aux peuples de l’Europe les premiers renseignemens sur la vraie forme de la mer Caspienne ; il avait suivi une partie considérable de sa côte, avec une caravane de Russie, l’an 1558. (Hakluyt, Collect. vol. 1, p. 334.) L’exactitude de la description de Jenkinson fut confirmée par une reconnaissance de cette
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENS
mer, exécutée par ordre de Pierre-le-Grand, en 1714 et il est maintenant hors de doute que non-#eulement ja mer Caspienne n'est jointe à aucune autre mer, mais qu’elle s'étend infiniment plus en longueur du nord au sud que de l'est à l’ouest dans 'sa plus grande largeur, Nous apprenons cependant, par ces détails, à combien de mauvais plans, pour le transport des marchandises de l'Inde ou de l’Europe, les fausses idées qu'on s'en était pré néralement faites avaient donné lieu , par la supposition où l’on était qu’elle communiqusit avec la mer Noire ou avec l’océan septentrional. C’est une preuve de plus de l'attention d’Alexandre-le-Grand pour tout ce qui pouvait contribuer à l'avancement du commerce, que l’ordre qu'il donna peu de temps avant sa mort, d’équiper pour la mer Caspienne une escadre destinée À la reconnattre, et à s'assurer si c'était avec la mer Noire ou avec l'océan Indien qu'elle communiquait, (Arrien, lib. vu, C. XV1.)
NOTE 19, Secr. 1, p. 623.
Ce détail curieux nous apprend combien la navigation des anciens était imparfaite, même à son plus haut poin! de perfection. On n'atrait jamais employé trente jours à faire le voyage de Bérénice à Océlis, si on eût connu une autre méthode que celle de suivre servilement tous les détours des côtes. Le voyage d’Océlis à Musiris serait, suivant le major Rennell , de quinze jours pour un vaisseau européen , d’après la nouvelle manière de naviguer , n'y ayant que sept cent cinquante milles marins sur une ligue droite ( Zntroduc. p. 37). 11 est singulier que, quoique le Periplus maris Erythræi ait été écrit après le voyage d’'Hippale, son auteur se soit surtout attaché à décrire l’ancienne marche le long des côtes d'Arabie et de Perse jusqu’à l'embouchure de l’lrëns, et de là en descendant le rivage occidental du contiuent jusqu’à Musiris, Je ne puis expliquer cette singularité qu’en supposant que par une suite de cette difficulté qu'éprouvent les hommes à renoncer à d'anciennes habitudes, la plus grande partie des commerçans de Bérénice continuërent de suivre cette route à laquelle ils étaient accoutumés, |! faut, suivant Pline, quatre-vingt-quatorze jours pour aller d'Alexandrie à Musiris. L'an 1788 , Le Roddam, vaisseau de la compagnie anglaise des Indes, de mille tonneaux de port, ne mit que quatorze jours de plus à faire son voyage de Porstmouth à Madras. Telle est la mesure des progrès qu'on a faits dans la navigation.
NOTE 20, Secr. 11, p. 524.
Platon pensait que, dans une république bien gouvernée, les citoyens ne doivent point 8e livrer au commerce , ni l’état chercher à se rendre puissant sur la mer. li prétend que le commerce corromprait la pureté de leurs mœurs, et que le service de la mer les accoutumerait à trouver des prétextes pour justifier une conduite dont l'opposition à tout ce qu'il y a de noble et de convenable tendrait à relâcher insensiblement les liens de la discipline militaire. Il assure qu'il aurait été moins funeste pour les Athéniens de continuer d'envoyer tous les ans les fils de sept de leurs principaux citoyens pour étre dévorés par le Minotaure , que d’avoir renoncé à leurs mœurs primitives et d'être devenus une puissance mari
time, L plan, il inilles d
seigneme
Pline d que om lib, xxxv.
manis pr mas. Ces l'autre, q Ua mniner le attaché a A exemples A seul de cet A sage de P CA C.1), après ÿ dit : « Æ ce qui imp chère de tc
Pline a c turelle (lib, tion des épi fums, dont concitoyen naient de 1 | merce avec
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Grand, en 1718 non-seulement |a autre mer, mai ueur du nord au 8 grande largeur.
étails, à combien s marchandises de qu'on s'en était fitpar la supposition ce la mer Noire ou preuve de plus de r tout ce qui poumerce, que l’ordre rt, d’équiper pour > À la reconnaitre, er Noire ou avec (Arrien, lib. vur,
ibien la navigation son plus haut point ployé trente jours à ion eût connu une ervilement tous le: à Musiris serait, suirs pour un vaisseau re de naviguer , n'y marins sur une lisingulier que, quoiait été écrit après le it surtout attaché à es côtes d'Arabie et ’Aréus, et de là en bntiuent jusqu’à Mugularité qu’en supficulté qu'éprouvent s habitudes, la plus érénice continuèrent ient accoutumés. |l quatorze jours pour 788, le Roddam, s Indes, de mille tonjours de plus à faire
Telle est la mesure igation.
publique bien gout se livrer au compuissant sur la mer.
ait la pureté de leurs les accoutumerait à une conduite dont ble et de convenahent les liens de la urait été moins fuer d'envoyer tous les x citoyens pour être oir renoncé à leurs ne puissance mari
time, Dans cette république parfaite, dont il trace le plan, il veut que la capitale soit située au moins à dix milles de la mer, (De legibus , lib, av, ab initio.) Ces idées de Platon furent embrassées par d’autres philosophes. Aristote entre dans la discussion formelle de la question de savoir, si un état bien organisé doit ou ne doit pas être commerçant ; et quoique extrêmement disposé à soutenir une opinion contraire à celle de Platon, il n'ose s'expliquer ouvertement à ce sujet. (De Repub, lib. vu, c. vi.) Dans des siècles où de telles opinions dominent, on ne doit pas s'attendre à de grands ren. signemens sur le commerce.
NOTE 21, Sur. 11, p. 525.
Pline dit (lib, rx, c. xxxv); Principium ergo culmenque omnium rerum prelii margaritæ tenent. (n lib. xxxvu, c.1v.) Ilaffirme, maximum in rebus humanis pretium non solum inter gemmas , habet adamas. Ces deux passages sont tellement opposés l’un à l'autre, qu'il est impossible de les concilier, ou de déterminer lequel est le plus conforme à la vérité. Je me suis attaché au premier , parce que nous avons plusieurs
Ÿ exemples du prix exorbitant des perles, mais pas un
seul de cette cherté extrême des diamans. Un autre passage de Pline me confirme dans cette opinion (lib. xx, c. 1), après avoir parlé du prix exorbitant de l’asbeste , i dit : « Æquat pretia excellentium margaritarum ; » ce qui implique qu’il regardait les perles comme la plus chère de toutes les marchandises.
NOTE 22, Sacr. 11, p. 525.
Pline a consacré deux livres entiers de son histoire naturelle (lib. xax et x), à l’énumération et à la description des épices et.des aromates, des onguens et des parfums, dont le luxe en avait introduit l'usage parmi ses concitoyens. Comme la plupart de ces productions venaient de l'Inde, ou des pays au-delà, et que le cummerce avec l’orient était considérable du temps de Pline, neus pouvons nous former une idée du grand débit qui s'en faisait par l’extrème cherté dont elles continuèrent
A d'être à Rome. La comparaison des prix des mêmes mar-
chandises à Rome autrefois, et aujourd’hui, dans notre propre pays, n'est pas un pur objet de curiosité, mais peut servir de règle pour apprécier la différence du succès avec lequel le commerce de l'Inde s’est fait dans les temps anciens et modernes. Meursius (De luxu Romanorum, c. v), et Stanislas Robierzyckius, dans son traité sur le même sujet (lib. 1, c. 1,) ont fait des recueils de plusieurs passages remarquables des anciens auteurs sur le prix extravagant des pierres précieuses et des perles chez les Romains, et sur l'usage général qui s’en faisait parmi les personnes de tous les rangs. Le lecteur anglais peut se contenter des excellentes tables de monnaies, des poids et des mesures des anciens par le docteur Arbuthnot (p. 172 etc)
NOTE 23, Secr. 11, p. 526.
M. Mahudel, dans un mémoire lu à l’Académie des insviptions et belles-lettres, l'an 1719, aprésenté letableau des différentes opinions des auciens sur la nature ct l'o-
SUR L'INDE ANCIENNE
rigine de la soie, qui toutes tendent à prouver leur ignorance à ce sujet. Depuis la publication du mémoire de M. Mahudel , le P. du Halde a fait la description d'une espèce de soie, dont je crois qu'il a le premier donné connaissance aux modernes, « Elle est produite par de petits insectes qui ressemblent beaucoup aux limacons. lis ne forment pas, comme les vers à soie , des cocons de forme ronde ou ovale, mais font de très longs fils qui s’attachent aux arbres et aux buissons, selon que le vent les pousse. On les ramasse et on en fabrique des étoffes de soie plus grosses que celles qui viennent des vers à soie domestiques. Les insectes, qui produisent cette grosse soie, ne sont pas privés. » (Description dell'empire de la. Chine, tom. Il, fol. p. 207). Ceci ressemble beaucoup à la description de Virgile ;
Velleraque ut foliis depectant tenuia Seres.
Gronc., 11, p. 121.
Il ne faut que lire attentivement Virgile pour s’apercevoir que outre toutes les autres qualités d’un grand poèle qui peint, il avait une connaissance très étendue de l’histoire naturelle. La nature et ks productions des vers à soie sauvages sont traitées d’une manière plus détaillée dans la vastc:collection des Mémoires concernant l’histoire, les sciences et les arts, etc., des Chinois. tome 11, p. 575, etc. ; et par le père de Mailla , dans son histoire volumineuse de la Chine, tome XIIl,p. 434.C'est une circonstance singulière dans l’histoire de la soie, que les mahométans la regardent comme une étoffe immonde, parce qu’elle est le produit d’un ver; et tous leurs docteurs, d’un consentement unanime, ont décidé que toute personne revêtue d’un habit uniquement composé de soie, ne peut être admis à réciter les prières journalières prescrites par le Koran (d'Herbel, Bibl. Orient,. artic., Harir.).
NOTE 24, Scr: 11, p. 526.
Si l’usage des manufactures de coton de l’Inde avait été commun parmi les Romains , on en aurait spécifié les différentes espèces dans la loi de Publicanis et de Vectigalibus, comme on avait fait pour les épices et les. pierres précieuses, Une telle explication n'aurait pas été moins nécessaire au marchand qu’au collecteur , pour les diriger l’un et l’autre dans leur opérations.
NOTE 25, Sacr. 11, p. 526.
Le lieutenant Wilford a porté beaucoup d’exactitude et d'érudition dans l'examen de cette partie du Périple d’Arrien ; et il est évident, d’après ses recherches, que la Plithana d’Arrien est la moderne Puthanah sur la rive méridionale de la Godvéry . à deux cent dix-sept milles anglais au sud de Barocbe ; que la position de Tagara est la même que celle de la moderne Dultabad, et les hautes terres à travers lesquelles les marchandises arrivaient à Baroche sont les montagnes de Ballagaut. Les hauteurs et les distances de ces. différens.endroits, telles qu'Arrien les désigne, sont une nouvelle preuve , si elle était nécessaire , de l'exactitude des renseignemens qu’il avait pris sur ce district de l'Inde, (Recherches sur l'Asie, vol. 1, p. 369, etc.) .
NOTE 20, Sscr. n1, p. 620.
Strabon avoue qu'il s’est très peu servi des nouvelles lumières que les observations astronomiques d'Hipparque avaient répandues sur la géographie , et il justifie sa négligence par une de ces subtilités sculastiques que les anciens mélaient trop souvent dans leurs écrits. « Un «géographe, dit-il, c'est-à-dire celui qui décrit la terre, «ne ‘doit faire aucune attention à ce qui est hors de la «terre ; et les hommes occupés de la conduite des affaires «dans les parties habitées de la terre, ne s’inquièteront « nullement des distinctions et des divisions d'Hipparque.» (Lib. un, p. 194, C. ).
NOTE 27, Sucr. 11, p. 529.
Agathemère , qui fleurit assez près de Ptolémée, nous apprend quelle haute idée les anciens avaient de lui. «Ptolémée, dit-il, qui a réduit la géographie en un #ys- «tème régulier, traite de tout ce qui y a rapport, non «pas d’une manière indifférente, ou seulement d’après «etes propres idées, mais recueillant avec soin tout ce «qu’avaient écrit des auteurs plus anciens, il en a pris «tout ce qui lui paru conforme à la vérité. » ( Epitome Geogr, lib. 1, c. vs, édit. Hudson. ) Agathodémorr, artiste d'Alexandrie, non moins épris de son ouvrage, y joignit une suite de cartes propres à en faciliter l'intelligence , où la position de tous les lieux dont parle Ptolémée , avec leur longitude et leur latitude, se trouvait marqué d'une manière absolument conforme à ses idées. (Fabric. Biblioth. græc., Ml, 412.)
NOTE 28, Sucr.u, p. 529.
Comme c'était dans ces itinéraires où dans des plans que les anciens géographes puisaient les renseignemens les plus certains spr la position et les distances de beaucoup d'endroits, il peut n'être pas inutile de faire voir de quelle manière tis furent exécutés par les Romains. Jules- César conçut le premier l’idée de faire lever un plan général de l'empire; il le commenca sous l'autorisation d’un décret du sénat , et Auguste l’acheva. Comme Rome était encore bien inférieure à la Grèce dans les sciences, l’exécution de cette grande entreprise fut confiée à trois Grecs, hommes de grands falens, et versés dans toutes les branches de la philosophie. Le plan de la partie orientale de l'empire fut achevé par Zénodoxeen quatorze ans, cinq mois et neuf jours; celui de la partie septentrionale, par Théodote , en vingt ans, huit mois et dix jours. La partie septentrionale fut achevée en vingt-cinq'ans un mois et dix jours. { Æthici Cosmographia apud Geographios éditos a Hen. Stephan, 1577, p. 107.) Ce tut là une entreprise digne de ces personnages illustres , et dignes de la magnificence d’un grand peuple. Outre ce plan général, chaque nouvelle guerre occasionait de nouvelles inésures et une nouvelle description des pays qui en étaient le siége. Nous pouvons conclure, d'après Végèce. ({nstit. rei militaris, lib. ns, c. vi) ,'que chaque gouverneur d’une province romaine était muni d’un plan de sa province , où était spécifié la distance des lieux en milles, la nature des grandes routes, les chemins de côté, ceux de traverse, les montagnes, les rivières, etc. Tous ces objets, dil-il n'étaient pas seulement représentés par des
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENS
mots , mais dessinés sur des cartes, afin qu'en concertant ses mouvemens militaires, l'œil du général pût seconder les résolutions de son esprit.
NOTE 29, Secr. n, p. 590.
La suite de ‘cette méprise est remarquable. Ptolémée: (Wb. vis, c. 1), calcule la longitude de Barygaza ou Ba roche, à 17° 20”; et celle de Cory ou cap Comorin, à 10° 20” ; ce qui fait précisément une différence de quatre degrés , au lieu que la différence réelle entre ces deux endroits est de près de quatorze degrés.
NOTE 80, Snér. n, p. 591.
Ramusio, éditeur de la plus ancienne et peut-être de la meilleure collection de voyages qui existe , est le pre. mier que je sache, qui ait remarqué cette singulière erreur de Ptolémée, ( Fiaggi, vol. 1, p, 181.) 1 observe avec raison que l'auteur de la navigation autour de la mer Érythrée s'était montré plus exact dans la description de l'Inde, qu'il avait représentée comme s'étendant du nord au sud. ( Peripl., p. 24, 29.)
NOTE 31, Secr.nn, p. 631.
Cette erreur de Ptolémée mérite justement le nom d'énorme que je lui ai donné: ‘1 elle paraîtra plus surprenante encore quand on se rappellera qu’il n’a pu ignorer ni ce que Hérodote rapporte du voyage autour de l'Afrique, exécuté par ordre d’un des rois d'Égypte (lib. av, c. iv), ni l'opinion d’Ératosthène, qui soutenait que la grande étendue de l'océan Atlantique, était la seule chose qui s’opposât à la communication par mer eutre l’Europe et l'Inde. ( Strab. Geogr., lib. 1, p. 113, A.) Cependant cette erreur ne doit pas être imputée tout entière à Ptolémée. Hipparque, que nous pouvons regarder comme son guide, avait enseigné que la terre n’était pas environnée de toutes parts par l'Océan , mais qu'elle était occupée par différens isthmes qui la partagent en plusieurs grands bassins. (Strab. lb. 1, p. Il, B). Ptolémée, ayant adopté cette opinion , soutint, pour étre conséquent, qu’il y avait un pays inconnu qui s'étendait de Cattigara à Prassum, au sud-est de la côte d'Afrique (Geogr., Vib. var, c. a et v.) Comme le système gréogra phique de Ptolémée était généralement recu, cette er reur se propagea par le même canal. Pour s’y conformer, le géographe arabe, Édrissi qui écrivait au douzième siècle, enseigna qu’une suite de terres non interromput s’étendait de Sofala du :£ié de l’orient, en suivant la côte d'Afrique, jusqu'à sa jonction avec une partie du continent indien. ( D'Anville, Æ#ntiqg., p. 187.) Au premier votume des Gesta Dei per Francos ; est'jointe une ancienne carte très grossière du monde habitable, dessinée d'après cette idée de Ptolémée. M. Gosselin, dans sa cart intitulée Ptolemæi systema geographicum , a repré senté cette étendue de terre imaginaire par laquelle Pt
lémée suppose que l'Afrique est jointe à l'Asie. (Géogra phie des Grecs analysée. )
Dans la carte
méridion Bragu, à de laque ( Pecad, troit de S Sinus de | etnon poi ville, La | prouver, la côte oc Sinæ-Metr Ho, au re rivière que Serim. L reconnait groupe de partie de | tème de A leurs voil point l'ile ç lument in ces opinion commerce core plus Ayeen Akb . était l'anci est limitro
était située rient que Comme partie orie et plus con vrage , et cl extrêmem tiennent la Md'Anvitle Connu des aux conjec ches de ce j qu'à l'ordi tiens et md couvre un étymologie semblances heureuse dé Unpossible , ques-unes d
en concertant NOTE 32, Sacr, nu, p. 532.
r-deutpsset Dans cette partie de la dissertation, aussi bien que dans
la carte qui doit l'accompagner, on a généralement suivi 530. les opinions géographiques de M. d’Anville, auxquelles
te major Rennell a donné la sanction de son approbation quable. Ptolémée D ({ntrod , p. 39 ); mais M. Gosselin a dernièrement pu- , Barygaza ou Ba. blié la Géographie des Grecs analysée, ou les systèmes x cap Comorin , à d'Ératosthène, de Strabon et Ptolémée, comparés l'un fférence de quatre à l'autre et tous ensemble aux nouvelles contiaissances
des modernes, ouvrage savant et ingénieux où il diffère de son compatriote dans plusieurs de ses décisions, Suivant M, Gosselin, le Magnum-Promontorium , que M. d'Anville prétend être le cap Romania, à l'extrémité
lle entre ces deux ls.
. 51. méridionale de la péninsule de Malacea, est la pointe de ne et peut-être de Bragu , à l'embouchure de la grande rivière d'Ava, près existe, ent'le pre. de laquelle il place Zaba, que M. d’Anville et Barros te singulière erreur ( Pecad, , iv. vi, c.1),supposent être située sur le dé-
troit de Sincapura ou Malacca. Il soutient que le Magnus Sinus de Ptolémée est le même que le golfe de Martaban, etnon point le golfe Siam , suivant la décision de M. d’An-