‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme] (volume 3)Chapitre 111 sur 132 · observe avec autour de la mer ns la description de · texte numérisé non relu

observe avec autour de la mer ns la description de

‘s'étendant du nord ville, La position de Cattigara, comme il s'efforce de le | prouver, répond à celle de Mergui, port considérable sur la côte occidentale du royaume de Siam; et Thina ou

ss Sinæ-Metropolis, que M. d'Anville recule jusqu’à Sin-

p. QULe Hoa, au royaume de Cochinchine, est située sur la même e justement le nom rivière que Mergui, et porte aujourd’hui le nom de Tana- 1e paraîtra plus sur- Serim. L'Ibadii Insula de Ptolémée, que M. d’Anville

reconnait dans Sumatra, fait partie, suivant lui, de ce groupe de petites tles qui sont à la hauteur de cette partie de la côtede Siam (.p. 137— 148 ). Selon le système de M. Gosselin, les anciens ne portèrent jamais leurs voiles dans le détroit de Malacca , ne connaissaient point l'ile de Sumatra, et l’océan Oriental leur était absolument inezanu, S'il est quelqu'un de mes lecteurs à qui cs opinions paraissent bien fondées, la navigation et le commerce des anciens dans l’Inde auront des bornes encore plus étroites que celles que je leur ai assignées Ayeen Akbery ( vol. 11, p. 7 ), nous apprend que Cheen était l'ancien nom du royaume de Péggu ; comme ce pays est limitrophe d’Ava où M. Gosselin place le Grand-Promontoire, cette grande ressemblance de noms paraltra peut-être confirmer son opinion que Sinæ-Metropolis était située sur cette côte , et non pas aussi loin vers l’orient que M. d’Anville l’a placée. =

Comme la description que Ptolémée a faite de certe partie orientale de :l’Asie est plus erronée, plus obscure et plus contradictoire qu'aucune autre partie de son ouvrage , et comme tous les manuscrits grecs et latins sont extrémement incorrects dans les deux chapitres qui contiennent la description des pays au-delà du Gange, Md’Anville, dansson Mémoiresur les Limites dumonde connu des anciens au-delà du Gange, s'y est plus livré aux conjectures qu'on ne le voit dans les autres recher : ches de ce judicieux géographe. Îl se fonde aussi plus qu'à l'ordinaire sur les ressemblances entre les noms anviens et modernes des endroits, quoique partout il découvre un penchant peut-être trop grand à suivre leur élymologie et à s’y fier. Il est vrai que souvent ces ressemblances sont frappantes, et l'ont conduit à plus d’une heureuse découverte. Mais en lisant ses ouvrages, il est unpossible, à mon avis, de ne pas s'apercevoir que quel ques-unes de celles qu’il cite sont peu naturelles et souvent

péllera qu'il n’a pu e du voyage autour an des rois d'Égypte tosthène, qui souten Atlantique, était la imunication par mer eogr., Mb.1, p. 113, oit pas être imputée , que nous pouvons enseigné que la terre par l'Océan , mais jsthmes qui la parta- Strab. lib. 1, p. I, B}.

bn , soutint, pour être inconnu qui s’étendait kt de ta côte d'Afrique e le système fréogra ment recu, cette eT- L.'Pour s’y conformer, écrivait au douzième vres non interrompue ent, en suivant la côte une partie du contip. 187. ) Au premier os ; est jointe une ande habitable, dessinée Gosselin, dans sa carte graphieum , à repré naire par laquelle Plonte à l'Asie. (Géogrt

SUR L'INDE ANCIENNE

imaginaires, Toutes les fois que je l'ai euivi, je n'ai embrassé de ses décisions que celles qui m'ont paru fondées sur son exactitude ordinaire.

NOTE 33, Suor. 11, p. 634.

L'auteur de la Navigation autour de la mer Éryrthrée a marqué les distances de plusieurs endroits qu'il cite avec une exactitude qui doit faire regarder son ouvrage comme la description la plus complète qu'il soit possitile de trouver dans aucun auteur aucien , de la côte depuis Myos-Hormus , sur la côte occidentale du golfe Aïabique, le long des rivages de l'Éthiopie, de l'Arabie, de la Perse et de la Caramanie, jusqu'à l'embouchure de l'indus, et de là, en descendant la côte occidentale de la péninsule de le, jusqu'à Musiris et Barace, C'est un mérite de plus dañs ce court traité, qui en a déjà beaucoup à bien des égards. On peut regarder comme une preuve remarquable de l'étendue et de l'exactitude des connaissances de cet auteur sur l'inde qu'il est le seul écrivain de l'antiquité qui paraisse avoir eu quelque idée de la grande division qui subsiste encore de ce pays; à savoir : l'indostan propre, comprenant les provinces septentrionales de la péninsule, et le Deccan, qui renferme les provinces méridionales : « De Barygasa, dit-il, le « continent s'étend vers le sud, d'où vient que ce district «s'appelle Dachinabades; car daus la langue du pays le « sud s'appelle dachanos.» (Peripl., p. 20.) Comme les Grecs et les Romains, lorsqu'ils adoptaient une dénomination étrangère, avaient toujours soin d'y joindre une terminaison particulière à leur propre langue, et que la structure grammaticale des deux langues rendait en quelque sorte nécessaire, il est évident que Dachanos est le même nom que Deccan, mot qui n'a point changé de signification, et qui est encore le nom de cette division de la péninsule, La rivière Nerbuddah sert actuellement de borne au Deccan du côté du nord, et c'est aussi là que l'a posée notre auteur, (Perip. , ibid.)

NOTE 34, Sacr. 11, p. 535.

Quoique les anciens astronomes, en fixant les latitudes des lieux d’après les observations faites sur le soleil et sur: les étoiles, aient négligé plusieurs procédés qu'il aurait fallu employer, il ne manquait quelquefois qu'un petit nombre de minutes à l'exactitude de leurs résultats ; mais d’autres fois la différence allait jusqu’à deux et même trois degrés ; et l'on peut calculer que, l’un dans l'autre, ces résultats approchaient de moitié de la vérité. Ainsi cette partie de la géographie ancienne äurait été passablement exacte #il y eût eu un nombre #üffisant de déterminations faites d’après ces principes. 11 s’en faut de beaucoup au contraire qu’elles soient nombreuses, et il paraît qu’elles ne furent appliquées qu'aux endroits les plus remarquables des pays qui environnent la Méditerranée.

Lorsque, faute d'observations plus exactes , la latitude se déterminait d’après la mesure du jour le plus long ou le plus court, on ne pouvait dans aucun cas compter sur un grand degré de précision, surtout dans le voisinage de l'équateur. Une seule erreur d’un quart d'heure (et it était aisé d’y tomber, d’après la manière peu exacte dont les anciens mesuraient le temps) pouvait dans de telles

positions en causer une de quatre degrés dans la détermination de la latitude.

Quant aux lieux situés dans la zone torride, il y avait pour la fixation de la latitude une ressource qui manquait ailleurs ; c'était d'observer le temps de l'année où le soleil était vertical à un endroit, ou, dans d’autres termes, quand les corps perpendiculaires à l'horizon n'avaient point d'ombre à midi : la distance du soleil de l'équateur en ce temps, qui était connue par les principes de l’astronoie, était égale à la latitude du lieu. Nous avons des exemples de l'application de cette méthode dans la détermination des parallèles de Syène et de Méroé. L'exactitude dont cette méthode était susceptible semble être limitée à près d’un demi-degré; et encore faut-il supposer que l'observateur restait à la méme place : car s’il voyageait d’un lieu à l’autre, sans avai occasion de corriger l’observation d’un jour par celle du jour suivant, il risquait de s’écarter beaucoup plus encore de la vérité.

Quant à la longitude des lieux, comme les éclipses de lune ne sont pas fréquentes et ne pouvaient que rarement servir à la déterminer et seulement lorsqu'il se trouvait des astronomes capables de les observer avec exactitude, on peut n’en tenir aucun compte dans l’exainen de la géographie des pays éloignés. C'était donc uniquement par les distances et par les hauteurs d'un lieu à l'autre que s'assignaient anciennement les différences des méridiens des divers endroits; et par conséquent c'était principalement sur la longitude que tombaient toutes les erreurs d’estimations, de plans et de descriptions, de même qu'il arrive sur un vaisseau, qui n’a d'autre moyen de déterminer sa longitude qu’en comparant l'estime avec les observations de la latitude; quoiqu'il y ait cette différence, que les erreurs auxquelles le plus habile des anciens navigateure fût sujet étaient bien plus grandes que celles où le patron le plus ignorant, muni d’une boussole, pourrait tomber aujourd'hui, La longueur de la Méditerranée, prise en degrés de longitude depuis les

Colonnes d’Hercule jusqu’ à la baie d’lssus, ne porte pas |

quarante degrés ; mais dans les cartes de Ptolémée elle en a plus de soixante; et en général ses longitudes, à partir du méridien d'Alexandrie, surtout du côté de l’ovient, sont défectueuses à peu près dans la même proportion. Îl parait, à la vérité, que dans les mers éloignées on décrivait souvent les côtes d’après le relevé imparfait des distances qu'avait parcourues le vaisseau, sans la moindre connaissance de la direction, de sa marche ou des gisemens. Îl est vrai que Ptolémée avait coutume de déduire un tiers pour les détours que suivait un vaisseau

dans son cours (Géog., lib. 1, cap. xn); mais il est clair |

que l'application de cette règle générale pouvait rarement conduire à un juste résultat. Nous en avons un exemple frappant dans la forme que ce géographe a donnée à la péninsule de l'Inde. De Barygazenum-Promontorium, à l'endroit désigné ZLocus undé solvunt in Chrysen navigantes, c'est-à-dire di: Surate sur la côte de Malabar, à Narsapour sur celle de Coromandel, la distance, prise le long du rivage de la mer, est à peu près la méme que ce qu’elle est réellement, c’est-à-dire d’environ cinq cent vingt lieues. Mais la inéprise dans la direction est étonnante ; car les côtes de Malabar et de Coromande, au lieu de s'allonger vers le sud et de s’entrecouper au cap Comorin, par un angle trés aiju, sont représentées par Ptolémée comme s'étendant sur une

NOTES El ÉCLAIRCISSEMENS

même ligne droite d’occident en orient, avec une légère inflexion vers le sud. Il y a en même temps plusieurs baies et promontoires représentés sur cette côte, qui ressemblent beaucoup, dans leur position, à ceux qui y existent aujourd’hui. On voit clairement par la réunion de toutes ces circonstances quels étaient les élémeus qui entrèrent dans la composition de l’ancienne carte de l'Inde. Les vaisseaux qui avaient visité la côte de ce pays avaient tenu compte du temps qu'ils avaient mis à aller d’un lieu à l’autre, et en suivant la côte avaient remarqué de quel côté était la terre lorsqu'ils traversaient une baie ou doublaient un promontoire. C’est à ce journal imparfait, auquel se joignait peut-être une mauvaise mesure de la latitude d'un ou de deux endroits, que se bornèrent probablement tous les renseignemens qu'il fût possible à Ptolémée de se procurer. On ne sera pas étoriné qu'il n'ait pas pu en obtenir de mieux raisonnés de la part de marchands, dont la navigation n’avait nullement pour objet l'examen “es côtes, si l'on considère que même le célèbre Periplus d'Hannon ne mettrait pas un géographe à même de lever un plan plus exact de la côte d’Afrique que Ptolémée n'a fait celle de l’inde.

NOTE 35, SEcr. 11, p. 538.

L'introduction du ver à soie en Europe et les effets qu’elle produisit se presentèrent sous la plume de M. Gibbou en écrivant l’histoire de l’empereur Justinien; et,

| quoique ce ne fût qu'un incident d’un intérêt secondaire

dans la foule des grands événemens qui devaient fixer son attentiou , il l’a examiné avec un soin et l’a rapporté ! avec une vérité qui auraient fai honneur à l'écrivain qui eût borné là l’objet de ses recherches (vol. IV, p.71, etc.); et ce n’est pas seulement ici que je me fais un devoir de lui rendre cette justice. Le sujet de mes recherches m'a souvent conduit sur un terrain qu'il avait parcouru, el je m’en suis uniquement rapporté à son habileté et à son discernement.

NOTE 36, SEcT. 11, p. 539.

Ce voyage, avec les observations d’Abu-Zeid et de Hassan de Siraf, fut publié par M. Renaudot l’an de Jésus-

| Christ 1718, sous le titre d'anciennes Relations des

Indes et de la Chine, de deux voyageurs mahométans qui y allèrent dans le neuvième siècle ; traduites de l’arabe, avec des remarques sur les principaux endroits de ces relations. Comme M. Renaudot, dans ses Aemarques , représente la littérature et la police des Chinois sous des couleurs bien différentes de celles qui caractériseut les brillantes descriptions qu'en avaient données les jésuites, poussés par une admiration aveugle, deux zélés inissionnaires ont révoqué en doute l'authenticité de ces relations, et ont assuré que leurs auteurs n'avaient jamais été en Chine (P. Prémare, Lettres édifiantes ct curieuses, tom. XIX , p. 420 , etc. ; P. Parennin, ibid., tom. XXI, p. 158, etc.). Plusieurs savans d'Angleterre conservèrent aussi des doutes sur le même sujet, en ce que M. Renaudot n’avait donné d’autres éclaircissemens sur le manuscrit qu'il avait traduit, sinon qu'il l'avait trouvé dans la bibliothèque de M. le comte de Seignelay. Comme personne depuis n'avait vu le manuscrit, le

‘doutes augmentérent, et M. Renaudot fut accusé d'avoir

, avec une légère à temps plusieurs à ette côte, qui resnm, à ceux qui y nt par la réunion it les élémeus qui ancienne carte de #4 la côte de ce pays À

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vu le manuscrit, les Ludot fut accusé d'avoif

voulu en imposer au public. Mais les manuscrits de Colbert ayaut été déposés dans la bibliothèque du roi, comme le sont, heureusement pour la littérature, la plu

part des collections particulières en France, M. de Guignes , après bien des recherches, découvrit en nature le manuscrit cité par M. Renaüdot. Il paraît avoir été écrit au douzième siècle (Journal des Savans, déc. 1764, p. 315, etc.). Comme je n’avais pas l'édition francaise du livre de M. Renaudot, c'est de la traduction anglaise que sont tirées mes citations. La relation des deux voyageurs arabes se trouve confirmée sur beaucoup de points par leur compatriote Massoudi, qui publia son traité de l’histoire universelle , auquel il donna le titre bizarre de Champs d’or,de Mines de diamans, cent six ans après leur mort. C’est encore lui qui nous a laissé sur la situation de l’inde au dix-neuvième siècle des détails qui prouvent évidemment qu’à cette époque les Arabes avaient acquis une connaissance très étendue de ce pays. Suivant la description qu'il en donne, la péninsule de l'Inde était divisée en quatre royaumes. Le premier était composé des provinces arrosées par l’Indus et les autres rivières qui s'y jettent; sa capitale était Moultan. La capitale du second royaume était Canoge, qui, par les ruines qu’on voit encore, parait avoir été une très grande ville (#émoires de Rennel, p. 54). Pour donner une idée de sa population, les historiens indiens assurent qu’elle contenait ) trente mille boutiques où se vendait la noix de bétel , et soixante mille bandes de musiciens et de chanteurs qui payaient un droit au gouvernement (Férishla, traduit par Dow, vol. 1, p. 32). Le troisième royaume était Cachemire. Massoudi £st le premier auteur, queje sache, qui fasse mention de ce paradis de l’inde, dont il ne donne qu'une courte mais fidèle description. Le quatrième est le royaume de Guzurate, qu’il représente comme le plus grand et le plus puissant, et il s'accorde avec les deux voyageurs arabes dans la dénomination de Balhara qu’il donne à ses souverains. Ce que Massoudi raconte de l’Inde est plus remarquable, en ce qu’il avait lui-même visité ce pays (Notices et extraits de manuscrits de la Bibliothèque du Roi, tom. 1, p. 9, 10). Massoudi appuie ce que disent les deux voyageurs arabes des progrès étonnans des Indiens dans l'astronomie. Suivant lui, on bâtit un temple seus le règne de Brahman, premier momarque de l'Inde, avec douze tours veprésentant les douze signes du zodiaque, et où l’on voyait toutes les étoiles dans l’ordre où elles paraissent dans les cieux.

Sous le même règne fut composé le faneux Sind-Hind,

qui paraît être le traité le plus parfait de l'astronomie indienne (Votices , tom. 1, p. 7). Un autre auteur arabe,

qui écrivait vers le milieu du quatorzième siècle, partage l'Inde en trois parties, l’une septentrionale, qui com-

prend toutes les provinces arrosées par l'Indus ; l’inter-

nale,qu'il appelle Comar, du nom du cap Comorin (Nolices , etc., tom. XI, p. 46).

NOTE 37, SEcr. 11, p. 540.

ll ne paraît pas que les Chinois aient été versés plus que les Grecs, ies Romains ou les Arabes, dans l’art de la navigation. Leurs propres auteurs ont tracé la route qu'ils euivaient de Quang-Tong à Siraf, près l'embouchure du golfe Persique. 1ls se tenaient le plus près du rivage

SUR L'INDE ANCIENNE

médiaire, qui s’étend de Guzurate au Gange; la méridio- |

qu'elle venait d'Europe. (Foy. en Arabie, t. Il , p. 169.

qu'il leur était possible jusqu’à leur arrivée à l'ile de Ceylan, et alors, doublant le cap Comorin, ils suivaient le côté occidental de la péninsule jusqu’à l'embouchure de l’Indus, et de là scrraient la côte jusqu’au lieu de leur destination. (Mém. de littérat., tom. XXXII, p. 367. ) Quelques auteurs ont prétendu que les Arabes et les Chinoisconnaissaient très bien le compas des marins et l'usage qu’on en fait dans la navigation : mais il est remarquable que dans aucune des langues arabe, turque ou perse, il n’y a point originairement de mot pour boussole. Ms l’appelaient communément bossola, nom litalien qui prouve que la chose qu’il signifie ne leur était pas moins étrangère que le mot même. 1 n’y a pas une seule obser

vation de quelque antiquité, faite par les Arabes sur la variation de l'aiguille, ou quelque inférence utile à la navigation, qui en ait été tirée. Le chevalier Chardin, l’un des voyageurs les plus savans et les mieux inatruits qui aient visité l’orient, ayant été consulté sur ce point! donna la réponse suivante : « Je soutiens, sans crainte «d’être démenti, que c’est à nous que les Asiatiques sont « redevables de ce merveilleux instrument qu'ils tenaient «de l’Europe long temps avant la conquête des Portu- «gaïis. Car, d’abord, leurs boussoles sont exactement pa- «reilles aux nôtres, et, tant qu'ils peuvent, il les achè- «tent des Européens, osant à peine se fier aux leurs. « Secondement, [il est certain qu'il n’y avait que les an- «ciens navigateurs qui s’attachaient aux côtes; ce que «j'attribue au ‘défaut de cet instrument qu'ils n’avaient « pas pour les guider et les instruire au milieu de l'Océan. « On ne dira pas qu’ils craignaient de se hasarder trop «loin de chez eux ; car les Arabes, les premiers naviga- «teursdu monde, selon moi, du moinssur lesmers orien- «tales, ont, de temps immémorial, navigué du fond de «la mer Rouge tout le long de la côte d'Afrique, et les «Chinois ont été dans un commerce continuel avec les Qles de Java et de Sumatra, ce qui est un voyage très «considérable, Tant d'iles inhabitées et cependant pro- «ductives, tant de terres inconnues aux peuples dont je «parle, sont une preuve que les anciens navigateurs «ignoraient l’art de gouverner en pleine mer. Je n'ai «que des raisonnemens à présenter sur cette matière, «n'ayant jamais trouvé personne en Perse ou dans les «indes qui ait pu me dire à qu’elle époque le compas y «fut connu pour la ‘première fois, quoique je me sois «adressé aux plus savans hommes des deux pays. J'ai fait «le voyage des Indes en Perse sur des vaisseaux indiens, «où il n’y avait que moi d'Européen. | Tous les pilotes «étaient Indiens, et ilsse servaient, pour leurs observa- «tions, du rayon astronomique et du quart de cercle. « C’est de nous qu’ils tiennent ces instrumens; ils sont «faits par nos artistes, et ils ne diffèrent absolument en «rien des nôtres, si ce n'est dans les caractères, qui sont «arabes. Les Arabes sont les plus habiles navigateurs «parmi les Asiatiques et les Africains; mais ni eux ni les «Indiens ne font usage des cartes ; et elles ne leur sont « pas très nécessaires : ils en ont bien, mais copiées sur «les nôtres; car ils ne connaissent point du tout la pers- «pective. » (Recherches sur la premiére entrée des mahométans en Chine, p. 141, etc.) M. Niebhur étant au Caire, fit connaissance d'un mahométan qui avait une aiguille marine qui servait à indiquer la Kaaba, et il lui donnait le nom d’E! Magnatis; preuve évidente

NOTE 37 bis, p. 540.

Quelques hommessavans, tels que Cardan, Scaliger, etc. ont imaginé que les Fasa Murrhina , particulièrement décrits par Pline (#ist. nat., lib. xxxviu) et mentionnés cà et là par plusieurs auteurs anciens grecs et romains , étaient la véritable porcelaine de la Chine, M. l'abbé Le Blond et M. Larcher ont examiné cette opinion avec autant de soin et d’érudition que le méritait le sujet, dans deux! Dissertations publiées dans les Mém. de littéral. (t. XLIH1), D'après eux ilserait évident que les vases murrhina étaient formés d’une pierre transparente que l’on trouve en creusant la terre dans quelques-unes des provinces orientales de l'Asie. On cherchait à imiter ces vases avec des vaisselles de verre colorié. Comme tous deux étaient fort beaux et fort rares, on les vendait à un très baut prix aux opulens citoyens de Rome.

NOTE 38, Sscr. n1 , p. 540.

Nous avons des preuves de la propagation du christianisme et du mahométisme dans la Chine et dans l'Inde, qui ne laissent aucun doute sur cet objet. Ces preuves soat présentées par Assemanni (Bibliot.Orient. vol. IV. p. 437, ete. 521, etc., et par M. Renaudot, dans deux Dissertations qu'il a jointes aux #nciennes relations; enfin par M. delaCroze, Histoire du christianisme des Indes. Aujourd’hui cependant nous savons que le nombre des prosélytes dans les deux religions est infiniment petit, surtout dans l'Inde. Un Gentou regarde toutes les distinctions et tous les priviléges de sa caste comme lui appartenant par un droit exclusif et incommunicable. Convertir ou être converti sont des idées qui répugnent également aux principes les plus profondément enracinés dans son âme ; et il n’y a pas un seul missionnaire catholique ou protestant dans l'Inde, qui puisse se vanter d'avoir surmonté ces préjugés, si ce n’est. dans un petit nombre d'individus qui appartiennent aux castes les plus basses, ou qui n’en ont pas du tout, Cette dernière circonstance est un grand obstacle aux progrès du christianisme dans l’inde, Comme les Européens mangent la chair de l'animal sacré pour les Indieus, et boivent des liqueurs enivrantes, exemples que suivent les nouveaux convertis au christianisme, cette conduite les fait descendre au niveau des parias, l'espèce d'hommes la plus méprisable et la plus odieuse, Quelques missionnaires catholiques en sentirent si bien la conséquence, qu'ils affectèrent d'imiter l'habillement et la manière de vivre des bramines, et refusèrent de fréquenter les parias, ou de les admettre à la participation des sacremens. Mais ils enfurent blâmés par le légat aportolique Tournon, comme d'une chose contraire à l'esprit et aux maximes de la religion chrétienne. ( Foyages aux Indes Orientales, par M. Sonnerat, tom. à, p. 58, notes.) Malgré les travaux des missionnaires pendant plus de deux cents ans, dit un écrivain moderne distingué, et les établissemens de différentes nations chrétiennes qui les entretiennent et qui les protégent parmi peut-être cent millions d’Indiens, il n’y en a pas douze mille chrétiens, et encore ce petit nombre n'est-il composé que de Chaucalas, ou proscrits ( Esquisses sur l'histoire, la religion, la littérature et les mœurs des Indiens, p. 48 ). On fait monter à près de dix mnillions le nombre des mahométans

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENS

ou des maures qui sont aujourd’hui dans l’indostan ; mais ils ne sont point originaires du pays; ce ne s0nt que les descendans des aventuriers qui. n’ont cessé de s’y répandre de la Tartarie, de la Perse et de l'Arabie, depuis l'invasion de Mahmoud de Gazna, l'an de Jésus-Christ 1002 , premier conquérant de l’inde , parmi les mahométans ( Orme, #ist. of military transactions , in Jndostan, vol. I, p.24. D'Herbelot, Bibliot. Orient., artic. Gasnaviah). Comme il paraîtque les mœurs des Indiens d’aujourd’hui sont absolument les mêmes qu'autrefois, ilest probable que les chrétiens et lesmahométans, qu'on dit avoir été en: si grand nombre dans l’Inde et dans la Chine, étaient surtout des étrangers qu'y avait attirés l'appât d’un commerce lucratif, ou bien leurs descendans, Le nombre des mahométans dans la Chine s’est considérablement augmenté par l'usage établi chez eux d'acheter dans les années de famine des enfans qu’ils élèvent dans lareligion mahométane ( ist. génér. des Voyages, tom. VI, p. 357.)

NOTE 39, Skcr. 1, p. 542.

La Chronique d'André Dandulo, doge de Venise, qui fut élevé à cette dignité dans un temps où ses compatriotes avaient établi un commerce régulier avec Alexan- ! drie et en tiraient toutes les productions de l’orient, faisait naturellement espérer quelques éclaircissemens sur-leurs premières relations avec ce pays; mais, excepté je ne sais quelle histoire de quelques vaisseaux vénitiens qui étaient allés à Alexandrie, vers l'an 828, en dépit d’un décret de la république ,.et qui avaient enlevé le corps de saint Marc (Murat., Script. rer. ital., vol. XII, Mb. vais, C. 1, p. 170), je ne trouve aucun autre indice sur la communication entre les deux pays. 1! se présente au contraire des circonstances qui font voir que les relations des Européens en Égypte avaient presque entièrement cessé pour un temps. Antéfieurement aux septième et huitième siècles, la plus grande partie des actes publics, en Italie et dans les autres pays de l’Europe, s’écrivaient sur du papier fait d’un arbrisseau d'Égypte : mais après cette époque, comme les Européens ne cherchaient plus à commercer avec Alexandrie, presque toutes les chartres et autres actes sont écrits sur du parchemin (Murat, Antiq. ital. medii ævi, vol. Il, p. 832). Je ne me suis si fort appesanti , et dans le texte et dans cette nole, sur ces détails qui prouvent l'interruption du commerct entre les chrétiens et les mahométans, que pour détruire une erreur dans laquelle sont tombés plusieurs auteurs modernes, en supposant que bientôt après les premières conquêtes des califes, le commerce avec l'Inde avait repris son ancienne marche , et les négocians d'Europe fréquentaient. avec la même liberté qu'auparavant les ports d'Égypte et de Syrie.

NOTE 40, Sacr. nt, p. 543.

Il est bon de remarquer , dit M. Stewart, que les In diens ont un art admirable pour rendre leur religion lucrative. Les fakirs, dans leurs pèlerinages des côtes de la mer dans l'intérieur des terres, se chargent ordinairement de perles, de corail, d'épiceries et autret objets précieux d'un petit volume, qu'ils échangent, à leur retour, contre de la poudre d'or, du musc et autres

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| Stewart, que les Inrendre leur religion ptierinages des côtes es, se chargent ordid'épiceries et autrét e, qu'ils échangent, à 'or, du musc et autres

articles semblables, qu'il leur est facile de cacher dans leurs cheveux et dans leurs ceintures; faisant par ce moyen un trafic assez considérable, en proportion de leur nombre. (Relation du royaume de Thibet. — Transact. philos., vol. LXVIIT, part, 11, p. 483.)

NOTE 41, SEcT. ut, p. 546.

Caffa est la place de commerce la mieux située de la mer Noire. Dans les mains des Génois, qui en avaient eu la possession pendant plus de deux siècles, elle était devenue le centre d’un commerce étendu et florissant. Malgré tous les désavantages d’un gouvernement tel que celui des Turcs, elle est encore aujourd’hui renommée par son commerce. Le chevalier Chardin , qui y fut, l'an de J.-C. 1672, dit que dans un séjour de quarante jours qu'il y fit, il vit à Caffa arriver ou partir plus de quatre cents vaisseaux. ( Joyages , t. à, p. 48. ) 11 y remarqua beaucoup de restes de la magnificence ‘des Génois. Le nombre de ses habitans, selon M. Peyssonnel , est encore de quatre-vingt mille, ( Commerce de la mer Noire, t. 1, p. 15.) 1! parle de son commerce comme d'un comnerce très considérable.

NOTE 42, Secr. 11, p. 547.

L'insolence et la rapacité des Génois établis à Constantinople sont représentées par Nicéphore Grégoras, témoin oculaire de leur conduite , sous les couleurs les plus frappantes : « Les Génois , dit-il, à présent , c’est-à-dire «vers l’an 1340, s'imaginent avoir acquis l'empire de la «mer, et s’arrogent un droit exclusif au commerce de la «mer Noire, empéchant les vaisseaux grecs d'approcher «du Méotide , de la Chersonèse et de toute autre partie «de la côte supérieure à l'embouchure du Danube, sans «une permission expresse de leur part. Ils étendent cette «exclusion jusque sur les Vénitiens, et ils ont poussé le «délire jusqu'à s'occuper du projet de lever une taxe «sur tous les vaisseaux qui passeraient le Bosphore. » (Lib. xvur, c., $ 1.)

NOTE 43, Secr. ut, p. 547.

On croyait qu’il était si nécessaire de s'autoriser d’une permission du pape pour commercer avec les infidèles, que long-temps après cette époque, l'an 1454, Nicolas V, dans sa fameuse bulle en faveur du prince Henri de Portugal, entre autres priviléges, lui accorde la permission de trafiquer avec les mahométans, s'appuyant de semblables permissions accordées aux rois de Portugal par les papes Martin V et Eugène. ( Leibnitz, Codex jur., gent, diplomat. , pars 1, p. 489.)

NOTE 414, Secr. mn, p. 548.

Ni Paul Jove, panégyriste zélé des Médicis, ni Jos. | M. Brutus leur détracteur, quoiqu’ils parlent tous deux de l'exorbitante richesse de cette famille, ne s’expliquent | sur la nature du commerce par lequel ils s'étaient enri- | chis. Machiavel lui-même, dont le génie se plaisait à | rechercher toutes les circonstances qui avaient contribué

SUR L'INDE ANCIENNE

à l'agrandissement ou à la décadence des nations, ne

Paralt pas avoir envisagé le commerce de son pays comme |

un sujet qu méritât le moindre éclaircissement. Dénina

qui a intitulé le premier chapitre de son dix-huitième

, livre : Origine des Médicis, et commencement de leur pouvoir et de leur grandeur, ne donne que peu de renseignemens sur le commerce qu’ils ont fait. Ce silence de tant d'auteurs est une preuve que les historiens n'avaient pas encore commencé à considérer le commerce comme un objet assez important dans les rapports politiques des nations, pour en suivre la nature et les effets. D'après les renvois de divers écrivains à Scipio-Ammirato ({storie florentine), à Paguini (Della Decima ed altri gravezze della mercatura di Fiorentini), et à Balducci (Praltica della mercatura), je croirais qu’il serait possible de trouver quelque chose de plus satisfaisant sur le trafic tant de la république que de la maison de Médicis ; mais je ne trouverais ces livres ni à Édimbourg ni à Londres.

NOTE 45 , Sucr. nn, p. 548.

Leibnitz a conservé une pièce précieuse qui contient les instructions de la république de Florence aux deux ambassadeurs envoyés au soudan d'Égypte pour négocier ce traité avec lui, avec la réponse de ces ambassadeurs à leur retour. Le grand objet de la république était d’obtenir la liberté de commercer dans toute l'étendue des états du soudan, sur le même pied que les Vénitiens. Les principaux priviléges qu’ils sollicitèrent étaient : 1. Libre entrée dans tous les ports du soudan, protection tant qu'ils y resteraient, et liberté d’en sortir quand ils voudraient. 2. Permission d’avoir un consul revêtu des mêmes droits et de la même juridiction que ceux des Vénitiens ; et liberté de faire bâtir une église, un magasin et un bain dans tous les lieux de leurs établissemens. 3. Qu'ils ne païieraient point sur les objets d'importation ou d'exportation des droits plus forts que n’en payaient les Vénitiens. 4. Que les effets de tout Florentin, qui mourrait dans les états du soudan, seraient rémis entre les mains du consul, 5. Que la monnaie d’or et d’argent de Florence serait reçue en payement. Tous ces priviléges, qui font voir sur quel pied généreux et équitable les chrétiens et les mahométans traîtaient alors ensemble, les Florentins les obtinrent ; mais à cause des raisons motivées dans le texte, il paraît qu’ils n’ont jamais eu une grande part au commerce de l’Inde. (Leibnitz, Mantissa, God. jur. gent. diplom., pars altera, p. 163.)

NOTE 46, Sacr. n1, p. 549.

Les parties orientales de l’Asie sont aujourd'hui si parfaitement connues, que le compte inexact qu’en a rendu le premier Marco Polo n’attire que peu de cette attention qu’excita d'abord la publication de sés voyages: et il s’est mêlé à ses récits des circonstances qui ont. poussé quelques auteurs à justifier cette défaveur , en révoquant en doute la vérité de ce qu'il rapporte, et même à soutenir qu’il n’avait jamais vu le pays dont il prétend donner la description. Il n’établit, disent-ils, la position d'aucun lieu en spécifiant sa longitude ou sa latitude. 11 donne aux provinces et aux villes, surtout dans sa description du Catay, des noms qui n’ont aucune ressemblance avec les noms modernes. Il faut cependant observe: que Marco Polo r’étant pas du tout un savant on n’a pas dû s’attendre qu'il fixerait la position des lieux avec l'exactitude d'un géographe. Comme les voyages qu'il faisait dans la Chine étaient ou pour accompagner le grand Khan, ou pour faire exécutér ses ordres, il est probable que les

uoims, qu'il donne aux différentes villes, sont ceux que leur faisaient porter les Tartares au service de qui il était, et non point les noms originaires chinois. Une circonstance explique les inexactitudes qui se trouvent dans la relation de ses voyages, c’est qu’elle ne fut point publiée d’après un journal régulier que les changemens continuels de sa situation, pendant une si longue suite d'aventures, ne Jui permirent pas de tenir ou de conserver. 11 la composa, de retour dans son pays natal, et principalement de mémoire. Mais, malgré ce désavantage, le compte qu'il rend des contrées de l'orient qui ont été l'objet de mes recherches renferme des éclaircissemens sur beaucoup de points que l’Europe ne connaissait pas alors, et dont l’exactitude est aujourd'hui parfaitement démontrée. M. Maisden, dont l'exactitude et le discernement sont justement estimées , rappelle sa description de l'ile appelée par lui Java minor, et qui est évidemment Sumatra. D'où il paraîtrait que Marco Polo aurait passé un temps considérable dans cette Île, et aurait examiné avec soin quelques parties , et aurait pris sur d’autres les renseignemens les plus détaillés (ÆZist. de Sumatra , p. 281.) J'en rapporterai quelques-uns qui, quoiqu'’ils ne soient pas relatifs à des objets de grande importance, prouvent incontestablement qu’il a visité ce pays , et qu'il a observé avec attention les mœurs et les usages du peuple. H rend un compte particulier de la nature et de la préparation du sogou, premier article de subsistance chez toutes les nations de la race malaise , et il apporta le premier échantillon de cette production singulière à Venise (lib, ax, c. xva). Îl parle aussi de l’usage où l’on était généralement de mâcher le bétel , et la manière de le préparer est Sncore aujourd'hui la mâme que celle qu’il a décrite. (Ramus, Fiaggi 1. p. 55, D. 56.) Il va même jusqu’à parler de la manière particulière dont on rourrissait les chevaux, et qui existe encore. (Ramus, p. 53, F.) Mais ce qui est bien plus important, il nous apprend que le commerce avec Alexandrie, lors de son voyage dans l’inde, se faisait encore de la même manière que j'avais présumé qu’il se faisait anciennement. C'était encore des vaisseaux du pays qui portaient les marchandises de l'orient à la côte de Malabar, d'où elles étaient enlevées avec le poivre et d’autres productions particulières à cette partie de l'Inde par des vaisseaux qui venaient de la mer Rouge (lib. nr, c. xxvn ). On peut rendre compte par-là peut-être de cette qualité supérieure que Sanudo attribue aussi aux marchandises apportées à la côte de Syrie, du golfe Persique, sur celles qui arrivaient en Égypte par la mer Rouge. Celles-là étaient choisies et achetées dans les lieux qui les avaient produites ou m?nufacturées par des marchands persans qui continuaient leurs voyages dans toutes les parties de l'orient ; tandis que les marchands égyptiens, dans la forruation de leurs cargaisous, étaient boraés , pour tout assortiment, aux marchandises apportées à la côte de Malabar par les naturels, Ce que Marco Polo raconta à quelques personnes de son temps des nombreuses armées et des revenus immenses des princes orientaux, leur parut si extravagant, quoique absolument conforme à ce que nous savons aujourd’hui de la population de la Chine et de la richesse de l'indostan, qu'ils lui donnèrent le nom de Messer Marco Millioni. (Préfat. de Ramus, pag. 4.) Mais il fut bien différemment écouté des personnes inieux instruites. Colomb, aipsi que les savaus avec qui il était en relation,

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENS

mettait une si grande confiance dans la véracité de ses rapports, qu’ils servirent de base principale aux spéculations et aux théories qui menèrent à la découverte du Nouveau-Monde. (Vie de Colomb, par son fils, c.vur, vu.)

NOTE 47, Secr. ni, p. 552.

L'an 1301, Jeanne de Navarre, femme de Philippe-le- Bel , roi de France, ayant passé quelques jours à Bruges, fut tellement frappée de la grandeur et de la richesse de cette ville, et surtout de la magnificence des femmes des bourgeois, que par un mouvement de cette envie naturelle à son sexe ( dit Guicciardin ) elle s'écria avec indi guation : « Je croyais étre ici la seule reine, mais je vois «qu'il y en a des centaines encore; » (Descrit. dei’ Paesi Bassi, p. 408.)

NOTE 48, Secr. nt, p. 552.

J'ai remarqué dans l’histoire du règne de Charles V, vol, 1, p. 163, que, durant la guerre excitée par la fameuse ligue de Cambray, tandis que Charles Villde France ne pouvait se procurer de l’argent qu'avec une prime de

| quarante-deux pour cent, les Vénitiens trouvaient les

sommes qu'ils voulaient à cinq pour cent. Mais je pense bien que ce prix ne doit pas être comme le taux ordinaire de l’intérêt à cette époque, mais comme un effort volontaire et patriotique des citoyens, pour venir au secours de leur pays dans une crise dangereuse. Il y a dans l’histoire de la république des exemples frappans de ces généreux dévouemens. L'an 1379, lorsque les Génois, aprés avoir remporté une grande victoire navale sur les Vénitiens, se disposaient à attaquer leur capitale, les citoyens, par une contribution, mirent le sénat à même de faire un armement qui sauva leur pays. (Sabellicus, ist. rer. venet. Dec. WA, lib. 1v, p. 385,390.) Dans la guerre avec Ferrare, qui commença l’an 1472, le sénat, sûr de l’attachement des’ciloyens à leur pays, ordonna que chacun apportât au trésor public toute sa vaisselle d'or et d'argent et ses bijoux , s'engageant d'en payer la valeur à ja fin de la guerre, avec cinq pour cent d'intérêt; et cet ordre fut exécuté avec allégresse.(Petr. Cyrnœæus de Bello Ferrar. ap. Murat. Script. rer. ilal., vol. XXI, p. 1046.)

NOTE 49, Sec. ns, p. 552.

On peut citer deux faits comme preuves de l'étendue extraordinaire du commerce des Vénitiens à cette époque. — 1° On trouve dans la graride collection de Rymer uue suite d’actes par lesquels les rois d'Angleterre vonféraient différeus priviléges et différentes immunités aux marchands vénitiens qui commercaient en Angleterre, ainsi que divers traités de commeree avec la république, qui montrent clairement à quel point leurs rapports s'étaient multipliés dans ce pays. M. Anderson cite chacun de ces traités dans leur ordre; et quiconque est engagé dans des recherches sur le commerce, a dû sentir en plus d’une occasion combien il devait au travail infatigable et à l’excellent jugement de cet écrivain. — 2° L’établissement d’une banque par l'autorité publique, dont le crédit était fondé sur celui de l’état, dans un siècle et.chez une nation où l’on connait si bien les avantages que le commerce retire de l'institution des banques, il est inutile d'en faire l’énumération. Les transaetions mercantiles doivent avoir été nombreuses et étendues, avant que l'on

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apercût pleinement l'utilité d’une telle institution , ou que les principes du commerce fussent si bien connus qu'ils formassent des règlemens propres à la diriger avec succès, Venise peut se vanter d’avoir donné à l’Europe le premier exemple d’un établissement entièrement inconnu aux anciens et dont s’enorgueillit le système moderne commercial. La constitution de la banque de Venise fut originairement établie sur des principes si justes, qu'elle a servi de modèle à l'établissement des banques dans les autres pays , et l’administration de ses affaires a été conduite avec tant d’intégrité, que son crédit n'a jamais été ébranlé. Je ne peux pas spécifier l’année précise dans laquelle la banque de Venise fut établie par une loi de l’état. Anderson présume qu’elle l’a été l'an de Jésus-Christ 1157.(Chron.,v.1, p. 84. Sandi, Hist. civil. de Ven., part.u, vol. I, p. 768 ; part.is, vol. il, p.892.)

NOTE 50, Secr. nt, p. 553.

Un auteur italien assez estimé, et qui a fait des recherches exactes sur l’histoire ancienne de ses différens gouvernemens , assure que si tous les états qui commercaient dans la Méditerranée s'étaient réunis, Vénise seule aurait été supérieure à tous par ses forces navales, et l'étendue de son commerce ( Denina, Révol. d'Ilalie, traduites par l'abbé Dujardin, lib. xvnr, c. vr, tom. VI, p. 339 ). Vers l’an 420, le doge Mocenigo donna un plan de Ja force navale de la république, lequel confirme cette décision de Denina. Elle consistait alors en trois mille vaisseaux marchands de différentes grandettrs, à bord desquels il y avait dix-sept mille matélots; en trois cents vaisseaux de plus grande force, montés par huit mille matelots ; et en quarante-cinq larges galères ou caraques, cotiduites par onze mille matelots. Six mille charpeñtiers étaient employés aux arsenaux publics et particuliers. (Mare Sanuto, Vies des ducs de Ven. Ap.Murat, Hist, de l'Italie, voi. XXIL, p. 959. )

NOTE 51, Secr. int, p. 558.

Si ous remarquons la forme et la position des parties habitables de l’Asie et de l’Afrique, nous aurons de bonnes raisons pour considérer le chaneau comme le plus utile de tous les animaux qne les habitans de ces grands continens aient domptés. Dans cés deux continens, quelquesuns des plus fertiles districts sont séparés l'un de l'autre par des trajets si étendus de sables arides, séjour de la désolation et de la sécheresse, qu’ils paraissent exclure la possibilité de toute communication entre ces deux parties du monde, Mais comme l'Océan, qui semble d'abord &re placé come une barrière insurinontable entre les diffétetites régions de la terre, est devenu par la navigation utile à leur commerce réciproque, ainsi par le moyen

du vliameau, que les Arabes nomment avec emphase le |

vaisseau du désert, on traverse les déserts les plus sauvayes, et les nations qu’ils séparent sont en état de commercet entre elles. Ces voyages pénibles, impraticables pour fout autre animal, le chameau les exécute avec une

pesant, il peut continuer sa marche durant un long espace de temps avec peu de nourriture ou de repos, et quelqtefois sans boire pendant huit ou neuf jours. Par la Saype économie de la Providence, le chameau parait Formé

SUR L'INDE ANCIENNE

placé, et où son service est très nécessaire, Dans tous les districts de VAsie ou de l'Afrique, où les déserts sont multipliés et très étendus, le chameau abonde; ces pays lui sont propres et la sphère de son activité ne peut s’étendre plus loin. I redoute également les excès de la chaleur et du froid, et ne peut se faire même au doux climat de notre zone tempéréè. Comme le premier commerce des marchandises de l'inde dont nous ayons quelque détail authentique fut fait par le moyen des chameaux (Gen., xXxvI1, v. 5), et comme c’est en les employant que le transport de ces marchandises a été d'une si grânde étendue dans l’Asie et dans l'Afrique, les particularités dont j'ai fait mention relativement à ce singulier animal m'ont paru nécessaires à l’éclaircissement de cette partie de mon sujet. Si quelques-uns de mes lecteurs désirent une plus ample information et souhaitent de connaître comment l’industrie et l’art de l’homme avaient secondé les intentions de la nature en dressant le chameau dès sa naissance à cette vie active et laborieuse à laquelle il est destiné, il peut consulter l'Histoire naturelle de M. le conte de Buffon, article chameau et dromadaire, une des plus éloquentes descriptions, et autant que je peux juger, d’après l'examen des autorités qu’il a citées, une des plus exactes qu’ait données ce fameux éerivain. M. Volney, dont l'exactitude est bien connue, donne aussi une description de la manière dont le chameau voyage. Elie peut être agréable à quelques uns de mes lecteurs. «On emploie surtout les chameaux en «voyageant à travers les déserts, parce qu’ils consomment «peu et portent de gros fardeaux. Leur charge ordinaire «est d'environ sept cent cinquante livres, leur nourriture «est tout ce qu'on leur donne, paille, chardons, les «noyaux de dates, fèves, orge, etc. Avec une livre de «nourriture par jour, et autant d’eau, le chameau «voyagera pendant des semaines. Dans la journée du «Caire à Suez, qui est de cinquante ou de cinquante-six «six heures, ils ne mangent ni ne boivent, mais ces «longs jeûnes si souvent répétés les épuisent, Leur «marche ordinaire est très lente , ils font à peine au-delà «de deux milles par heure; il est inutile de les presser, «ils ne précipiteront pas leur pas, mais si on leur accorde «quelques repos, ils marcheront quinze où dix-huit «heures par jour. » ( Foyage, tom. 11, p. 383.)

NOTE 52, Secr. ut, p. 559.

Pour donner une idée complète de la circulation étendüe des marchandises indiennes par terre, il serait nécessaire de tracer la route et d'évaluer le nombre des diffé-

| rentes caravanes qui les transportent. Si ceci était exécuté

avec exactitude , ce serait un objet curieux de recherche géographique, aüssi bien qu’une addition précieuse à l'histoire du commerce. Quoique jé ne pusse entrer dans uu si long détail sans contredire la brièvété à laquelle je me suis attaché dans cette vechérche, cépendant il est peut-être nécessaire ici d’éclaircir cette partie de mon sujet en parlant des deux caravanes qui visitent la

’ | Mecque, afin que mes lecteurs puissent mieux apprécier étoniattte promptitude. Chargé de six, sept à huit cents |

l'importance de leurs transactions commerciales. La preinière est la caravane qui va du Caire en Égypte, et

| l’autre de Damas en Syrie. Je choisis celles-ci, et parce , qu'elle sont les plus considérables et parce qu'elles sont

près pour tre la bête de charge des régions oùt il est! meilleures occasions d'être pleinement informés de tout

décrites par des auteurs non suspests, qui ont cu les

ce qui avait rapport à ce sujet. La première est composée non-seulement de pèlerins de chaque partie de l'Égypte, mais encore de ceux qui arrivent de tous les petits états imahométans sur les côtes d'Afrique dans la Méditerranée, de l'empire de Maroc et même des royaumes maures dans la mer Atlantique. Lorsque la caravane s’assemble, elle est composée au moins de cinquante mille personnes, et le nombre des chameaux employés à porter de l’eau, des provisions et des marchandises, est encore plus grand. Ce voyage, qui en partant du Caire et en y reveant ne s’achève pas en moins de cent jours, se fait entièrement par terre, et comme la route est ordinairement à travers les déserts sablonneux, stériles, inhabités et sauvages, qui rarement offrent quelque subsistance, et où souvent on ne peut trouver des sources d’eau, les pèlerins essuient toujours beaucoup de fatigue, et quelquefois doivent supporter des peines incroyables. Hakluit a publié anciennement une bonne description de cette caravane (vol. 11, p. 202, etc.). Maillet est entré à ce sujet dans un détail curieux et minutieux, (Descript. de l'É- &Yple, part. n, p. 212, etc.) Pocock a donné la route avec la longueur de la marche de chaque jour; il la tenait d'une personne qui avait été quatorze jours à la Mecque (vol. 1, p. 188, 261, etc.). La cararne de Damas, composée de pèlerins de presque toute la province de Fempire turc, est peu inférieure en nombre à la première, et son

commerce n’est pas moins important. { Voyage de Pol- |

ney, tom. 1l, page 251, etc. ) Ce pèlerinage fut formé dans l'année 1741 par Khojeh Abdulkurreem, dont j'ai déjà parlé, note 4, p. 572. 11 donne la route ordinaire de Damas à la Mecque évaluée par heures, manière commune d'apprécier une journée dans l’orient à travers les contrées peu fréquentées. Selon l’évaluation la plus modérée, la distance entre les deux villes, par son calcul, doit être de plus d’un millier de milles. Une grande partie du voyage se fait au travers d’un désert, et les pelerins essuient non-seulement beaucoup de fatigue, mais courent souvent de grands dangers de la part des Arabes vagabonds ( Mémoires, p. 114, etc.). C’est une singulière preuve de l'esprit de rapines des Arabes, que quoique toutes leurs tribus indépendantes soient mahoiétanes zélées, cependant ils ne se font pas de scrupule de piller les caravanes des pèlerins, qui ne font que remplir un des plus indispensables devoirs de leur religion : quelque nombreuses que soient ces caravanes, nous ne pouvons pas supposer que tous les pèlerins qui visitent la Mecque leur appartiennent. 11 y a des renforts considérables des vastes domaines de la Perse, de chaque proviuce de l’Indostan et des contrées à l’est, de l’Abyssinie,

des différens états sur la côte méridionale d’Afrique et de |

toutes les parties de l'Arabie, qui tous rassemblés ont été estimés monter à deux cent mille. En quelques années le nombre est encore augmenté par de petites bandes de pèlerins de plusieurs provinces intérieures de l'Afrique, dont les noms et les positions commencent maintenant à être connus en Europe. Nous sommes redevables de ce dernier fait à l'association pour favoriser la découverte des parties intérieures de l'Afrique, formée par quelques Anglais sur des principes si généreux et des vues de bien public qui les honorent autant que leur propre pays. Dans le rapport du comité du conseil privé sur la traite des nègres, il y a d’autres particularités, et il parait que le commerce des caravanes, dans les parties intérieures

NOTES ET ECLAIRCISSEMENS

de l'Afrique, est non-seulement très étendu, mais d’un bénéfice considérable, Outre la grande caravane qui va au Caire et est jointe par des pèlerins mahométans de chaque partie de l'Afrique, il y a des caravanes qui n’ont d'autre objet que le commerce; elles partent de Fez, Alger, Tunis, Tripoli et des autres états sur la côte maritime, et pénètrent dans l’intérieur de la contrée. Quelques-unes d'elles ne mettent pas moins de cinquante jours pour atteindre le lieu de leur destination; et comme leur marche peut être estimée à environ dix-huit milles par jour, on peut aisément calculer l'étendue de leur voyage. Comme le temps de leur départ et leur route sont entièrement connus, elles sont rencontrées par le peuple de toutes les contrées qu'elles traversent et qui commercent avec elles. Les marchandises indiennes de toute espèce, forment un article considérable de ce trafic : la denrée principale qu’elles peuvent donner en échange consiste en esclaves (part. vi).

Comme les voyages des caravanes qui sont purement commercçantes ne commencent pas dans des saisons fixes, et que leurs routes varient selon la convenance ou la fantaisie des marchands qui les composent, on ne peut les décrire avec le même degré d'exactitude, En considérant les détails de quelques auteurs et les notions des autres, on peut tirer une connaissance suffisante pour nous satisfaire, que la circulation des marchandises d'orient par ces caravanes est très étendue. Le même commerce qui se faisait anciennement par les provinces au nord-est de l’Asie avec l'Indostan et la Chine, et que j'ai décrit au commencement, subsiste encore. Parini toutes les nombreuses tribus de Tartares, même de celles qui conservent leurs mœurs pastorales dans la plus grande pureté, la demande pour les productions de ces deux contrées est très considérable. ( Voyage de Pallas, tom. 1, p. 357, et tom. 11, p. 422.) Pour faire des échanges des marchandises les unes avec les autres, les caravanes partent anouellement de Boghave (Hackluyt, vol. 1. p.332), de Samarcande, du Thibet, et de plusieurs autres places et retournent avec d’amples cargaisons de marchandises indiennes et chinoises. Mais le commerce entre la Russie et la Chine, en cette partie de l’Asie, est bien plus étendu et mieux connu. ll est probable que quelque relation de cette espèce existait entre elles; mais elle a augmenté considérablement lorsque les parties antérieures de là Russie furent devenues plus accessibles par les conquêtes de Gengis-Kan et de Tamerlan. Les nations commerçantes de l’Europe étaient si au fait de la manière de faire le commerce, qu’aussitôt après que les Portugais eurent ouvert la communication avec l'orient par le cap de Bonne-Espérance, on essaya de diminuer les avantages qu'ils retiraient de cette découverte, de l'emporter sur

les Russes pour transporter les marchandises indiennes et chinoises à travers toute l'étendue de leur empire, partie par terre et partie par le moyen des rivières navigables, dans quelque port de la Baltique, d'où elles pussent étre distribuées daus chaque partie de l'Europe. (Ramusio, Recueil des voyages, vol. 1. p. 374. B.)

Ce plan , trop vaste pour que le monarque alors sur le trône de la Russie pût le mettre à exécution, devint prati: cable par les conquêtes de Basilovitz, et le génie de Pierrele-Grand. Quoique les capitales des deux empires fussent situées à l'immense distance de six mille trois cent

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vol. L p.374. B.!

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travers un désert inhabité, parcourait un espace de plus de quatre cents milles (Voyages de Bell., vol. ll, p. 167), les caravanes voyageaient de Pétersbourg à Pékin. Il avait été stipulé, lorsque cette communication fut établie, que le nombre des personnes dans chaque caravane n’excèderait pas deux cents. Tous restèrent renfermés dans les murs d’un caravanserai pendant le peu de temps qu'ils passèrent à Pékin, et il ne leur fut permis de traiter qu'avec un petit nombre de marchands à qui on avait accordé le monopole de ce commerce; mais, malgré ces entraves et ces précautions, la vigilance jalouse avec laquelle le gouvernement chinois interdit aux étrangers tout commerce libre avec ses sujets, prit l’allarme, et l'admission des caravanes russes fut aussitôt défendue. Après différentes négociations, on employa à la fin un expédient qui assura les avantages d'un commerce réciproque’, sans enfreindre les règlemens circonspects de la police chinoise. Sur les limites des deux empires, on bâtit deux petites villes contiguës, l’une habitée par les Russes, et l’autre par les Chinois, Les sujets de chaque empire portent dans ces villes ies productions commercables de leur pays. Les fourrures, les toiles, les draps de laine, le cuir et les glaces de la Russie sont échangés contre la soie, le coton, le thé, le riz et les bijoux de la Chine. Quelques règlemens sages de la souveraine Ï placée aujourd’hui sur le trône de la Russie, dont le génie est supérieur aux maximes étroites de quelques-uns de ses prédécesseurs, ont rendu ce commerce si florissant , que le produit monte tous les ans au moins à huit cent mille livres sterling, et que c'est le seul trafic avec la Chine qui se fasse presqu’entièremet par échange. M. Coxe, dans ses recherches sur la Russie, a recueilli, avec l'attention et le discernement qui lui sont ordinaires, tout. e qui est relatif à cette branche de commerce, dont la nature et l'étendue étaient peu connues en Europe ( ch. u,uret1v.) Ce n’est pas le seul endroit où la Russie reçoive des marchandises chinoises et indiennes. Un supplément considérable des unes et des autres est apporté par des

rivière de Jaik (7’oyage de Pallas, tom. 1, p. 355), et à Troizkaia sur la rivière d’Oui, et à d'autres places dont je ne fais pas mention. Je suis entré dans ce long détail relativement à la manière dont les productions de l'Inde et de la Chine sont introduites en Russie, parce qu’il offre là preuve la plus frappante qu'il est possible de transporter par terre des marchandises considérables à une très grande distance.

NOTE 53, SEcr. 1v, p. 560.

Le seul voyage des découvertes dans l'océan Atlantique, vers le sud , qui ait été entrepris par aucun des peuples commerçans des côtes de la Méditerranée est celui d'Hannon, ordonné par la république de Carthage. La position de cette ville, beaucoup plus voisine du détroit de Gibraltar que Tyr, Alexandrie et les autres places de

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