Compte rendu, par M. de Monclar, p
Ils ont soutenu que les ecciésiastiques ne doivent nullement dépendre du magistrat civil. Is ont publié, sur l'obligation de résister aux princes ennemis de la foi catholique , une doctrine qui favorisait les crimes les plus atroces , et qui tendait à rompre tous les liens qui unissent les sujets à leurs souverains.
Comme l’ordre devait sa réputation et son autorité au zèle avec lequel il défendait l’église romaine contre les attaques des réformés, les jésuites, fiers de cette distinction, se sont fait un devoir particulier de combattre les opinions et d'arrêter les rrogrès des protestans. IL n’est point d'artifice et de moyens qu’ils n'aient employés contre eux. Ils n'ont jamais manqué de s'opposer à toutes les voies de douceur et de tolérance qu'on proposait en leur faveur. Jamais ils ne cessèrent d’exciter contre eux toute la fureur des persécutions ecclésiastiques et séculières.
Les autres moines se sont hasardés, à la vérité, à enseigner aussi les mêmes pernicieuses doctrines, et ont soutenu des opinions également contraires au bon ordre et au bonheur de la société civile; mais par des raisons qu’on devine aisément , ils ont débité ces opinions avec plus de réserve , ou les ont répandues avec moins de succès. Quiconque rassemblera les événemens arrivés dans l'Europe depuis deux siècles, trouvera qu'on peut, sans injustice, imputer aux jésuites la plupart des maux enfantés par cette morale dangereuse et corrompue, par ces maximesextravagantes sur la puissance ecclésiastique et par cet esprit d’intolérance, qui ont flétri la réputation de l'église romaine pendant tout ce période , et qui ont attiré tant de calamités sur la société civile !.
Mais au milieu de tous les effets déplorables de l'établissement ide cet ordre, il faut avouer aussi que le genre humain en a retiré quelques avantages importans. Comme les jésuites faisaient de l'éducation de la jeunesse un de leurs objets principaux, et que les premières tentatives qu'ils firent pour établir des colléges où ils pussent recevoir des étudians, éprouvérent la plus grande opposition de la part des universités
‘ Dict. Encyclop., art. Jésuites, tom. VU, p. 513.
en différentes parties de l'Europe, ce fut pour eux une nécessité de tâcher de surpasser leurs rivaux en science et en talens, afin de se concilier la faveur publique , en conséquence ils s'appliquèrent avec la plus grande ardeur à l'étude de la littérature ancienne. Ils imaginèrent différentes méthodes pour faciliter l'instruction de la jeunesse; les suecès de leurs efforts n'ont pas peu contribué à accélérer le progrès de la littérature; et à cet égard, la société ieur a de grandes obligations. Ils n’ont pas seulement réussi à enseigner les élémens des lettres ; leur ordre a produit encore d'habiles maîtres dans les différentes branches des sciences, et il peut se vanter d'avoir produit un plus grand nombres de bons écrivains que toutes les autres communautés religieuses ensemble !.
Mais c’est dans le Nouveau-Monde que les jésuites ont exercé leurs talens avec le plus d'éclat et de la manière la plus utile au bonheur de l’espèce humaine. Les conquérans de cette malheureuse partie du globe n'avaient eu d'autre objet que de dépouiller, d'enchainer, d'exterminer ses habitans; les jésuites seuls s'y sont établis dans les vues d'humanité. Vers le commencement du dernier siècle, ils obtinrent l'entrée de la province du Paraguay, qui traverse le continent méridional de l'Amérique depuis le fond des montagnes de Potose jusqu'aux confins des établissemens espagnols et portugais, sur les bords de la rivière de la Plata. Îls trouvèrent les ha-
1 M. d’Alembert a remarqué que quoique les jésuites se soient exercés avec succès dans tous les genres d’érudition , quoiqu'ils aient produit des mathématiciens , des antiquaires, des critiques distingués, quoiqu'ils aient formé quelques orateurs de réputation, ils n’ont jamais produit un seul homme d’un esprit assez lumineux et d'un jugement assez sain pour avoir mérité le nom de philosophe. it semble que ce soit un effet inévitable de l'éducation monastique, de rétrécir l'esprit humain et de donner des entraves au génie. L'attachement partial d’un moine à l'intérêt de son ordre, intérêt souvent en contradiction avec les autres citoyens; l'habitude d'une aveugle obéissance à la volonté d’un supérieur, et le retour
fréquent des devoirs frivoles et ennuyeux du clottre, |
dégradent les facultés de l’esprit, éteignent cette énergie de sentiment et de courage qui donnent des idées et des sentimens justes sur tout ce qui a rapport à la morale et à la conduite de la vie. Fra-Paolo est peut-être le seul religieux qui se soit élevé au-dessus des préjugés monastiques, qui ait vu les actions des hommes et jugé les intérêts de la société avec le coup d'œil étendu d'un phi 'asophe, le discernement d’un homme versé dans les affaires et la nobiesse d’un homme bien né.
bitans de ces contrées à peu près dans l’état où
| sont des hommes qui commencent à s'unir en-
semble; ils n'avaient aucun art, ilscherchaient une subsistance précaire dans le produit de leur chasse ou de leur pêche, et connaissaient à peine les premiers principes de la subordination et de la police. Les jésuites se chargèrent d’instruire et de civiliser ces sauvages. Ils leur apprirent à cultiver la terre, élever des animaux domestiques , à bâtir des maisons.
Ils les engagèrent à se réunir ensemble dans des villages : ils les formèrent aux arts et aux manufactures; ils leur firent goûter les douceurs de la société et les avantages qui résultent de la sûreté et du bon ordre. Ces peuples devinrent ainsi sujets de leurs bienfaiteurs, qui les gouvernèrent avec la tendresse qu'un père a pour ses enfans. Respectés, chéris, presque adorés, quelques jésuites présidaient sur des milliers d'Indiens. Ils entretenaient une égalité parfaite entre tous les membres de cette nombreuse communauté. Chacun était obligé de travailler, non pour un seul, mais pour le public. Le produit de leurs champs, tous les fruits de leur industrie étaient déposés dans des magasins communs, d'où l'on distribuait à chaque individu ce qui était nécessaire à ses besoins. Cette forme d’institution détruisait dans sa racine presque toutes les passions qui troublent la paix de la société et rendent les hommes malheureux. Un petit nombre de magistrats, choisis par les Indiens eux-mêmes, veillaient sur la tranquillité publique et assuraient l’obéissance aux lois. Les punitions sanguinaires, si fréquentes sous les autres gouvernemens , y étaient inconnues : une réprimande faite par un jésuite, une légère note d'infamie, ou, dans des cas extraordinaires, quelques coups de fouet suffisaient pour main-
| tenir le bon ordre parmi ce peuple innocent et
heureux !.
Mais dans cet effort mème que les jésuites ont fait pour le bien du genre humain et qui mérite sa reconnaissance, le génie de leur politique et l'esprit de leur ordre s’y mêlèrent encore, et s'y reconnaissent aisément. Ils tendaient ouvertement à établir dans le Paraguay un empire indépendant , soumis à la société seule, et qui, par
1 Hist.du Paraguay, par le père de Charlevoix, tom Il, p. 42, etc. F'oyage au Pérou, par D. G Juan et D. Ant. de Ulloa, tom. 1, p. 540, etc. Paris, 40, 1752.
L pour être
des jésuites
tb
l'exce n'eût l'ordr rique.
Espag mens é sorte d les jés la hair ils avai elles et négocia d'entrer de rece mens v caractèr aucun e saient el où résid, jésuite. { eux plus de donn de la lar européen!
quelque t duire un qu'ils che leurs do Comme Militaires rendre le instruisire guerre à ] des corps et bien dis quantité d fournis d pèce. Ils vi mée assez
forces mili se réduisai mal discipl La puiss grès consi qui, avec 4 et la tenda
! Voyage Cueil de tout
ns l'état où s'unir enherchaient duit de leur jent à peine nation et de L d’'instruire apprirent à ux domesti-
semble dans rts et aux males douceurs résultent de les devinrent qui les gou- 1 père a pour esque adorés, r des milliers galité parfaite ymbreuse comtravailler, non lic. Le produit de leur indus- Sins COMMUNS, individu ce qui te forme d'inspresque toutes x de la société treux. Un petit par les Indiens ranquillité pue aux lois. Les quentes SOUS les inconnues : une une légère note extraordinaires, jent pour mainple innocent et
e les jésuites ont ain et qui mérite leur politique €!
nt encore, et S'Y
daient ouverteun empire indéule, et qui, par
e Charlevoix, ton Il, .G. Juan et D. Ant.
l'excellence de sa constitution et de sa police, n'eût pes manqué d'étendre la domination de l'ordre sur toute la partie méridionale de l'Amérique. Dans cette vue et afin d'empêcher que les Espagnols ou les Portugais, dont les établissemens étaient voisins, ne pussent prendre aucune sorte d'autorité sur le peuple qu'ils gouvernaient, les jésuites tâchèrent d'inspirer aux Indiens de la haine et du mépris pour ces deux nations, et ils avaient intercepté toute communication entre elles et le Paraguay. Ils avaient défendu à tout négociant particulier, Espagnols ou Portugais, d'entrer dans leur territoire, S'ils étaient obligés de recevo'r chez eux, de la part des gouvernemens voisins, quelque personne rcvèêtue d'un caractère public, ils ne lui permettaient d'avoir aucun entretien avec les Indiens, et ils ne laissaient entrer aucun de ceux-ci dans la maison où résidaient les étrangers qu’en présence d’un jésuite. Pour rendre toute communication avec eux plus difficile encore, ils évitaient avec soin de donner aux Indiens aucune connaissance de la langue espagnole et des autres langues européennes; mais à mesure qu'ils civilisaient quelque tribu nouvelle, ils tâchaient d'y introduire un certain dialect de la langue indienne, qu'ils cherchaient à rendre universel dans tous leurs domaines.
Comme toutes ces précautions, sans forces militaires, n'auraient pas été suffisantes pour rendre leur empire tranquille et durable, ils instruisirent leurs sujets dans l’art de faire la guerre à la manière européenne. Ils formérent des corps de cavalerie et d'infanterie bien armés et bien disciplinées. Ils se munirent d’une grande quantité d'artillerie, et établirent des arsenaux fournis d'armes et de munitions de toute espèce. Ils vinrent à bout de former ainsi une armée assez nombreuse et assez bien entretenue pour être formidable dans un pays où toutes les forces militaires des Espagnols et des Portugais se réduisaient à quelques bataillons délabrés et mal disciplinés !,
La puissance des jésuites ne fit aucun pro-
b grès considérable sous le règne de Charles V,
qui, avec sa sagacité ordinaire, démêla l'objet
L et la tendance dangereuse de leur institution,
! Voyage de Juan et d'Ulloa , tom. l, p. 549. Recueil de toutes les pièces qui ont paru sur les affaires des jésuites en Portugal, tom, |, p. 7, etc.
et les empêcha de s'entendre !. Mais, comme sa fondation appartient au période dont j'écris l'histoire, et que le siècle pour lequel j'écris a vu sa chute, le tableau que je viens de donner des lois et du génie de ce corps formidable ne peut déplaire à mes lecteurs, d'autant plus qu'une ciconstance particulière m'a mis à portée de traiter ces détails avec succès. L'Europe avait bien examiné pendant deux siècles l'ambition et le pouvoir de cet ordre ; mais quoiqu'elle en eût éprouvé plusieurs effets funestes , elle n’en pouvait pas déméler clairement les véritables causes. Elle n'avait pas la connaissance des règlemens singuliers qui caractérisaient la constitution politique et le régime de cette société : c’étaient cependant ces règlemens qui formaient l'esprit d'intrigue et d’ambition qui distinguait ses ministres, et qui tendait à accroître sans cesse la puissance du corps. Dès l'institution même , une des maximes favorites des jésuites fut de ne jamais rendre publiques les règles de leur ordre, et ils les tenaient cachées comme un mystère impénétrable, Jamais ils ne les communiquaient aux étrangers ; la plupart de leurs membres mêmes n'étaient pas du secret ?, et lorsque les tribunaux les requirent de les produire, ils refusèrent toujours de le faire. Ainsi, par une faute étrange de politique, la puissance civile autorisa ou toléra en différens pays l'établissement d’une société d'hommes qui affectaient de cacher avec.le plus grand soin leurs constitutions et leurs lois , précaution qui seule était une raison suffisante pour les exclure, Pendant les poursuites faites récemment contre eux en Portugal et en France, ils ont enfin eu l’imprudence de produire les livres mystérieux de leur institut: au moyen de ces pièces authentiques, on a reconnu les principes de leur gouvernement, et l'on a remonté aux sources de leur puissance, avec un degré de précision et de certitude auquel il était impossible 3 d'atteindre avant cet événement.
1 Compte rendu, par M. de Monclar, p. 312.
2 Hist. des jés., tom. Il, p. 236, etc. Compte rendu, par M. de La Chatolais, p. 38.
5 J'ai tiré la jius grande partie de ces lumières sur le régime et les louis de l’ordre des Jésuites des comptes rendus par M. de La Chalotaiset M. de Monclar. Je ne me suis cependant pas reposé sur l'autorité seule de ces mafistrats aussi respectables par leur caractère que par leurs talens ; je me suis fondé aussi sur les passages sans
Après avoir exposé la tendance Cangereuse des constitutions et de l'esprit de l'ordre des jésuites avec la liberté qui convient à un historien, la candeur et l'impartialité qu'impose ce caractère m'obligent d'ajouter une observation en leur faveur; c'est que dans l'église romaine, aucune classe du ctergé régulier ne s'est plus distinguée par la pureté des mœurs que cette société en général. Les maximes de sa politique intrigante, ambitieuse et intéressée !, pouvaient bien influer sur l'esprit de ceux qui gouvernaient la société, et même corrompre le cœur et la conduite de quelques individus; mais le plus grand nombre, occupé de l'étude des lettres ou employé aux fonctions de la religion, suivait pour guide les principes ordinaires qui écartent les hommes du vice et les portent à l'honnèteté et à la vertu. Rien n'est plus digne de l'attention de tout homme éclairé, curieux d'observer les révolutions du genre humain, que les causes qui ont occasioné la ruine de ce corps si puissant, avec les circonstances et les effets qui ont accompagné cet événement dans les différentes contrées de l'Europe; mais elles appartiennent à une époque qui s'éloigne de celle dont j'ai entrepris l'histoire.
Charles n'eut pas plus tôt rétabli l'ordre dans les Pays-Bas, qu'il fut obligé de porter son attention sur les affaires d'Allemagne. Les protestans le pressaient vivement de faire tenir cette conférence qui devait avoir lieu entre quelques théologiens choisis des deux partis, et qui avait été expressément stipulée dans la convention de Francfort. Le projet de faire examiner ainsi et même décider les points de la dispute, parut au pape un attentat sur le droit qu'il s'arrogeait d'en être le juge suprême ; persuadé que la conférence serait inutile en ne décidant rien, ou qu'elle pourrait être dangereuse en décidant trop, ilmit tout en œuvre pour empêcher qu'elle n'eût lieu. Mais Charles, qui se croyait plus intéressé à gagner le cœur des Allemands qu’à satisfaire le pape, fit peu de cas de ses remon-
nombre , extraits des constitutions de l’ordre, lesquelles ont été déposées entre leurs mains. Hospinian , docteur protestant de Zurich, dans son ÆZistoria jesuilica , imprimée en 1619, a publié une petite partie de leurs constitutions, dont le hasard lui avait fait tomber une copie entre les mains, p. 13, 54.
1 Sur la destruction des jésuites, par M. d'Alembert,
L1540/ trances. Dans une diète tenue à Haguenau , on prépara les matières qui devaient faire le sujet de la conférence, Dans une autre qui se tint à Worms, la conférence fut entamée; et Mélanchton d'un côté, et Eckius de l'autre , y soutinrent le rôle principal ; ils avaient déjà fait quelques progrès , sans cependant avoir encore rien conclu , lorsqu'elle fut interrompue par l'ordre de l'empereur, qui voulut qu'on la recommencçat avec plus de solennité en sa présence , dans une diète qu'il convoqua pour cet effet à Ratisbonne, L'assemblée s'ouvrit en effet avec le plus grand appareil, et tout le monde s'attendait à une dispute des plus vives, et à un résultat décisif. Les deux partis consentirent à donner à l'empereur le pouvoir de nommer ceux qui devaient soutenir la conférence; et au lieu de lui donner la forme d’une dispute publique, on convint de faire à l'amiable l'examen et la recherche des articles qui avaient donné lieu aux contestations, L'empereur nomma du côté des catholiques Eckius , Gropper et Pflug, et du côté des protestans Mélanchton, Bucer et Pistorius, tous six jouissant de la plus grande réputation dans leur parti, etitous, à l'exception d'Eckius, distingués par leur modération et leur amour pour la paix. Lorsqu'ils étaient sur le point de commencer leurs conférences, l'empereur leur remit wn ouvrage, composé , disait-il, par un savant théologien des Pays-Bas, avec une modération et une clarté si extraordinaires, qu'il pouvait, à son avis, concilier et satisfaire les deux partis. Gropper, chanoine de Cologne, un des docteurs qu'il avait nommés, et qui avait autant d'adresse que d’érudition , fut soupçonné dans la suite d’être l'auteur de ce petit traité. Cet ouvrage était composé de propositions sur vingt-deux des articles principaux de la théologie, lesquels comprenaient la plupart des questions agitées alors entre les luthériens et l'église de Rome. | avait eu attention d'exposer ses sentimens dans un ordre naturel , de les exprimer avec simplicité, de n'employer que les termes mêmes de l'Écriture sainte ou des anciens pères de l'église, d’adoucir la rigueur de quelques opinions, de modifier et d'expliquer ce qui paraissait absurde dans les autres , de rapprocher les deux parties en accordant quelques points tantôt à l'un.
tantôt à l'autre ; surtout il avait eu soin d'éviter, autant qu'il était possible , les phrases de
L rites et aux
l'école,
sont co entre le excité d logiens avait er faire es qu'on a termine Mais
les dispi subtilité imposer cieux qu’ de cette « l'autre le oppositio de les réc Tous les ecclésiasti damnèren comme tre prétendir( d'une ma le déguisa spécialeme de Saxe, ce livre co de la vérit inposer à Mais les d miner y p de modéra soi, et mo d'accorder à des chax spéculation de l'intérie rien au pe affecte ses corder sur d commune lustificatio rent aux ob intérêts et :
changemen tL exposé à
! Goldast.,
uenau , On re le sujet ni se tint à t Mélanch- , ÿ soutinà fait quelencore rien par l'ordre commençât € , dans une Ratisbonne, e plus grand ndait à une ultat décisif.
nner à l'em- « qui devaient de lui donner pu convint de recherche des contestations.
8 catholiques | côté des protorius , tous six ation dans leur us, distingués ir pour la paix.
de commencer ir remit un Oùin savant théomodération et it pouvait, à son ux partis. Gropes docteurs qu'il at d'adresse que s a suite d'être ouvrage était gt-deux des arti- , lesquels comns agitées alors se de Rome. Il ; sentimens dans er avec simplirmes mêmes de pères de l'église, es opinions , de araissait absurde les deux parties $ tantôt à l'un.
ait eu soin d'évi , les phrases de
l'école, et tous ces termes de controverse qui sont comme autant de marques de séparation entre les différentes sectes , et qui ont souvent excité de plus violens combats entre les théologiens que le fonds même des opinions ; il avait enfin composé son ouvrage de manière à faire espérer qu'il réussirait mieux que tout ce qu'on avait tenté jusqu'alors, à concilier et à terminer les disputes de religion !,
Mais les hommes de ce siècle portaient dans les disputes théologiques tant d'attention et de subtilité, qu'il n'était pas possible de leur en imposer par aucun subterfuge, quelque spécieux qu'il pût être. La chaleur et la longue durée de cette querelle avaient tellement aliéné l'un de l'autre les deux partis , et avait mis une si grande opposition dans les esprits, qu'il était impossible de les réconcilier par des concessions partielles. Tous les catholiques zélés , particulièrement les ecclésiastiques qui avaient place à la diète, condamnèrent unanimement le traité de Gropper comme trop favorable aux opinions de Luther, et prétendirent qu'il insinuait le venin de son hérésie d'une manière d'autant plus dangereuse qu'elle le déguisait en partie. Les protestans rigides, spécialement Luther et son protecteur, l'électeur de Saxe, voulaient, de leur côté, qu'on rejett ce livre comme un mélange impie de l'erreur et de la vérité, frauduleusement préparé pour en imposer aux âmes faibles, timides et simples. Mais les docteurs qui étaient chargés de l’examiner y procédèrent avec plus de réflexion et de modération. Il était beaucoup plus aisé en soi, et moins contraire à la dignité de l'église d'accorder quelque chose et de consentir même à des changemens dans les opinions de pure spéculation, dont la discussion ne sort guère de l'intérieur des écoles, et qui ne présentent rien au peuple qui frappe son imagination ou affecte ses sens ; ils n'eurent pas de peine à s'ac- «order sur ce point , et à concilier mème, à leur commune satisfaction, l'article important de la justification des hommes. Mais quand ils en vinrent aux objets de juridiction qui touchaient aux intérêts et à l'autorité du siége de Rome ou aux
L rites et aux formes du culte extérieur, où tout
changement devait nécessairement être public el exposé aux yeux du peuple, ce fut sur ce
! Goldast., Constit. imper., p. 182.
point que les catholiques se montrèrent tout-àfait intraitables ; l'église ne pouvait, sans compromettre sa sûreté et son honneur, abolir les anciennes constitutions. Tous les articles relatifs au pouvoir du pape, à l'autorité des conciles , à l'administration des sacremens , au culte des saints, et beaucoup d'autres n'admettaient par leur nature aucun tempérament ; en sorte qu'après bien des efforts pour en venir à un accommodement sur ces objets divers , l'empereur fut convaincu que tous ses efforts seraient inutiles. Impatient cependant de terminer la diète, il vint à bout d'engager la pluralitt «+ ses membres à approuver la résolution suivante : savoir, que les articles sur lesquels les ‘docteurs s'étaient accordés dans cette conférence seraient tenus pour décid's, et seraient inviolablement observés de part et d'autre ; quant à ceux sur lesquels ils étaient divisés, qu'ils seraient renvoyés à la décision d’un concile g'néral, et si le concile ne pouvait avoir lieu, à un synode r'ational qui se tiendrait en Allemagne ; ou enfin, : l'on ne pouvait réussir à assembler le syncie , que l'on convoquerait dans dix-hu!t mois une diète gé :rale de l'empire, pour proucucer un jugement définilif sur toute la dispute; que l'empereur emploirait auprès du pape toute son autorité pour faire convoquer un concile général ou un synode national ; qu'en attendant on ne ferait aucune innovation, aucune tentative pour multiplier les prosélytes ; et qu'on r’envahirait ni les revenus de l’église, ni ceux des monastères !.
Toutes les opérations de cette diète et ses dernitres conclusions offensèrent vivement le pape. Le droit que les Allemands s'étaient attribué de nommer leurs propres théologiens pour examiner et décider des matières de controverse 15: parut un attentat dangereux sur ses droits ; ii fut encore choqué comme d’un acte de désobéissance de ce qu'ils avaient renouvelé l'ancienne proposition d'assembler un synode national, proposition qui avait été tant de fois rejetée par lui et par ses prédécesseurs ; mais la seule mention d’une diète qui serait composée pour la plus grande partie de laïques, et qui aurait le droit de rendre un jugement définitif sur des articles de foi, parut aux catholiques une profanation aussi criminelle que la plus grave
! Sleidan, p. 267, etc. Pallav., liv. 1v, c.u, p. 136. Fra Paolo, p. 86. Seckend, liv. nt, p. 256
de ces mêmes hérésies qu’ils paraissaient si jaloux d’étouffer. Les protestans. de leur côté, ne furent pas plus contens d’une décision qui resserrait considérabiement la liberté dont ils avaient joui jusqu'alors. Ils laissèrent éclater hautement leurs murmures contre cette décision ; et Charles, pour ne point laisser des semences de mécontentemeus dans l'empire, leur accorda une déclaration particulière, conçue dans les termes les plus positifs, qui les exemptait de tout ce qu'ils trouvaient d'injurieux ou de tyrannique dans l'arrêté de la diète, et les maintenait dans la pleine possession de tous les priviléges qui leur avaient été accordés !. Tant d'indulgence de la part de l'empereur pourra paraitre extraordinaire; mais il y était forcé par la situation où étaient ses affaires dans cette conjoncture. Il prévoyait qu'une rupture avec la France était inévitable, et ne pouvait être éloignée ; et il n'osait pas s'exposer à laisser dans l'âme des protestans aucun sentiment de mécontentement ou d'inquiétude qui pût les engager à rechercher de nouveau pour leur propre défense , l'appui du roi de France , contre lequel ils étaient pour lors très indisposés. La modération dont Charles en usait à leur égard était appuyée sur un motif plus pressant encore : c'étaient les progrès rapides que faisaient les Turcs en Hongrie. Il venait de se faire dans ce royaume une grande révolution. Jean Zapol Scæpus avait, comme je l'ai déjà dit, préféré de posséder un royaume tributaire, plutôt que de renoncer à la dignité royale dont il jouissait ; et avec le secours de Soliman, son puissant protecteur, il avait enlevé à Ferdinand une grande partie de la Hongrie, et ne lui avait laissé qu’une possession fort incertaine du reste. Mais Jean était ami de la paix; et les tentatives fréquentes que Ferdinand et les partisans qu'il avait en Hongrie ne cessaient de faire pour reprendre ce qu'ils avaient perdu, lui donnaient de grends embarras ; d'un autre côté, il n’étan pas moins affligé de la nécessité où il se trouvait réduit d'appeler à son cours les Tures, qu'il regardait plutôt comme ses maitres que comme ses alliés , et qui le lui faisaient bien sentir, Afin de se délivrer de cette pénible alternative, et de s'assurer le loisir et le repos nécessaire pour suivre en paix son goût pour les arts
1 Sleid', p. 283. Seckend, pag. 366. Dumont, Corps diplom., tora. IV, 1, p. 210.
et les amusemens qu'il aimait, il fit avec son compétiteur un accommodement secret , dont la condition fut que Ferdinand le reconnaitrait comme roi de Hongrie, et le laisserait jouir tranquillement pendant sa vie de la partie du royaume dont il se trouvait en possession, à Ja charge qu'après sa mort le royaume passerait en enticr à Ferdinand !. Comme le roi de Hongrie n’était pas marié, et qu'il était alors avancé en âge, les termes de cette convention paraissaient très favorables à Ferdinand ; "nais peu de temps après, les nobles de ce royaume, jaloux d'empêcher un étranger de monter sur leur trône, déterminèrent Jean à mettre ui terme à son long célibat, en épousant Isabelle, fille de Sigismond , roi de Pologne. Jean, avant sa mort , qui arriva l’année même de son mariage, eut la satisfaction de voir naître un héritier de son nom et de son royaume. Il lui légua sa couronne sans aucun égard au traité qu’il avait fait avec Ferdinand, et qu’il regarda sans doute comme annulé par un événement qui n'avait pas été prévu lors de la conclusion du traité. Il laissa à la reine et à George Martinuzzi, évêque de Varadin, la tutelle de son fils et la régence du royaume, La plus grande partie de la nation reconnut aussitôt le jeune roi, à qui elle donna le nom d’Étienne, en mémoire du fondateur de leur monarchie ?,
Ferdinand, quoique extrêmement déconcerté par cet événement imprévu, résolut de ne pas abandonner un royaume sur lequel il avait des droits par l’accord qu’il avait fait avec Jean. Il envoya des ambassadeurs à la reine pour en réclamer la possession, et lui promit la province de Transylvanie, comme un établissement pour
son fils ; il se prépara en même temps à appuyer À
ses droits par la force des armes. Mais les personnes à qui Jean avait confié son fils avaient trop de courage pour céder ainsi sa couronne, et ils possédaient toutes les ressources nécessaires pour la bien défendre. La reine joignait à l'adresse particulière à son sexe un courage mâle, de l'ambition et de la grandeur d'âme. Martinuzzi, qui s'était élevé par son propre mérite du rang le plus bas à la dignité dont il était revêtu , était un de ces hommes extraordinaires qui, par l'étendue et la variété de leurs talens.
“lstuanhaffi, Æisi. Aung., lib. xxir, p. 135. * Jovius, Æist., liv. xxxix, p. 239, A. etc.
sont pr de!troi d'humi
de son gouver
de fines dépouil d'un cin brave e Au mil posées ( désir in était ais devait r.
convainc force po:
ronne d d’Allema leurs vas
la partie Étienne, en état d püissante et surtout toutes les
Il envoya Soliman I même pre tenu le pà rrands ef
il offrit grie aux 1 lesquelles butaire dd tant d’ava roi qu'il p en effet i rie, et la Cependa (erminer étaient re le siége d semblé to défendit 1 leté qu'il son seco rent les A maladies firent un 4
!Istuanh (R
roi de Honalors avancé ntion paraismais peu de ume , jaloux ter sur leur re uü crime à belle, fille de in, avant sa son mariage, in héritier de légua sa couqu’il avait fait a sans doute at qui n'avait n du traité. Il inuzzi, évêque s et la régence ie de la nation qui elle donna u fondateur de
ent déconcerté olut de ne pas uel il avait des it avec Jean. Il ine pour en réinit la province blissement pour emps à appuyer s, Mais les person fils avaient nsi sa couronne, urces nécessaires e joignait à l'an courage mâle, ir d'âme. Martin propre mérite $ dont il était re- ; extraordinaires & de leurs talens.
au, p. 135.
, À., elc.
sont propres à jouet un grand rôle dans les temps detrouble et de faction. Il affectait un extérieur d'humilité et de piété austère dans les fonctions de son office ecclésiastique. Dans les affaires du gouvernement il montrait autant d'activité et de finesse que de fermeté. Pendant la guerre il dépouillait la soutane et montait à cheval, armé d'un cimeterre et d'un bouclier, aussi actif, aussi brave et aussi fier qu'aucun de ses compatriotes. Au milieu de toutes les formes diverses et opposées qu'il savait prendre, il laissait voir un désir insatiable d'autorité et de domination. Il était aisé de prévoir la réponse que Ferdinand devait recevoir. Il ne fut pas long-temps à se convaincre qu'il ne devait compter que sur la force pour se remettre en possession de la couronne de Hongrie. Il leva un corps nombreux d'Allemands , auxquels ses partisans joignirent leurs vassaux , et il fit marcher cette armée dans la partie du royaume qui s'était déclarée pour Étienne. Martinuzzi sentit bien qu'il n’était pas en état de tenir tête, en plaine , à une armée si püissante ; il se contenta de s'assurer des villes , et surtout de Bude, qu’il eut soin de munir de toutes les provisions nécessaires pour sa défense. Il envoya en même temps des ambassadeu:s à Soliman pour le prier d'accorder au fils cette mème protection qui avait si long-temps maintenu le père sur le trône. Ferdinand fit les plus grands efforts pour traverser cette négociation ; il offrit même d’acccpter la couronne de Hongrie aux mêmes conditions ignominieuses sous lesquelles Jean l'avait tenue , et de se rendre tributaire de la Porte-Ottomane; maisle sultan vit
tant d'avantages à épouser les intérêts du jeune
roi qu'il promit de lui accorder sa protection; et
en effet il fit marcher une armée vers la Hon-
grie, et la suivit aussitôt à la tète d’une seconde.
Cependant les Allemands, dans l'espérance de
terminer la guerre par la prise d’une ville où
étaient renfermés le roi et sa mère, formèrent
le siège de Bude. Martinuzzi, qui y avait ras-
semblé toutes les forces de la noblesse hongroise,
défendit la ville avec tant de courage et d’habi-
leté qu’il donna le temps aux Tures de venir à
son secours, Dès qu'ils arrivèrent, ils attaquè-
rent les Allemands affaiblis par la fatigue, les
maladies et les désertiors, les battirent et en
firent un grand carnage !.
lstuanhaffi, ist. hung , iv. xav. p. 150.
Soliman ne tarda pas à joindre ses troupes victorieuses : las de tant d’expéditions dispendieuses pour défendre des états qui ne lui appartenaient point, ou tenté peut-être par l'occasion séduisante et favorable de s'emparer d’un royaume que possédait un enfant sous la tutelle d'une femme et d'un prêtre, il sacrifia trop facilement à ces motifs d'intérêt personnel tous les principes de l’honneur et les sentimens de l'humanité. Le sultan eut recours à la fraude pour exécuter un projet dont l'idée seule était une lâcheté; il engagea la reine à lui amener dans son camp le jeune roi, qu’il avait , disaitil, un désir extrême de voir; il invita en même temps les principaux dela noblesse de Hongrie à s’y rendre, et à assister à une fête qu'il voulait y donner. Tandis qu'on se livrait sans soupçons à la gaîté et aux divertissemens de la fête, un détachement de ses meilleures troupes s'empara d'une des portes de Bude. Maitre de la capitale , de la personne du roi et des chefs de la noblesse, il fit conduire la reine avec son fils dans la Transylvanie, qu'il leur assigna pour leur partage, et nomma un pacha pour résider à Bude avec un corps de troupes considérable ; il réunit ainsi la Hongrie à l'empire ottoman. Ni les larmes, ni les plaintes de cette reine infortunée ne purent le toucher; et Martinuzzi, trop faible pour s'opposer aux volontés absolues du sultan , fit d'inutiles efforts pour lui faire changer de résolution !.
Avant que Ferdinand eût reçu la nouvelle de cette usurpation violente , il avait malheureusement envoyé à Solimaif de nouveaux ambassadeurs pour lui exposer encore ses droits à la couronne de Hongrie, et lui réitérer ses premières offres de tenir ce royaume de la Porte- Ottomane, et de lui payer un tribut annuel, Cette proposition, faite dans des circonstances si peu favorables, fut rejetée avec dédain. Le sultan , enflé de son succès, et se croyant en droit de faire la loi à un prince qui lui offrait de son propre mouvement des conditions si peu conveuables à son rang, déclara qu'il n’interromprait point le cours de ses opérations militaires à moins que Ferdinand n’évacut sur-le-champ toutes les villes qu’il tenait encore en Hongrie , et qu'il ne consentit à l'imposition d’un tribut
stuanhaffi, ist. hung., liv. xav,p. 56. Jov., Aist., liv. xxxix, p. 24, 76, etc.
2 > re meer dre qu
sur l'Autriche, afin de dédommager le sultan des sommes immenses que l'invasion présomptueuse de Ferdinand en Hongrie avait coûté à la Porte-Ottomane pour défendre ce royaume !.
Tel était l’état des affaires en Hongrie. Comme ces événemens malheureux y avaient précédé la séparation de la diète de Ratisbonne, ou qu'on avait alors lieu de les craindre, Charles sentit qu'il serait dangereux d’irriter le ressentiment des Allemands dans le moment où un ennemi si formidable était près de fondre sur l'empire; et que ce n’était qu’en flattant les protestans , et en leur donnant satisfaction sur leurs demandes qu'il pouvait espérer d’en être vigoureusement secouru, soit pour conquérir la Hongrie, soit pour défendre les frontières de l'Autriche. Ce fut par les concessions dont on a déjà parlé qu'il parvint à son but; les protestans convinrent de lui fournir, pour faire la guerre aux Turcs, des secours d'hommes et d'argent si abondans qu’il ne lui resta presque plus d’inquiétudes sur la sûreté de l'Allemagne pour la campagne suivante.
Aussitôt après la clôture de la diète, l'empereur partit pour l'Italie, En passant par Lucques, il eut avec le pape une courte entrevue où il fut question des moyens les plus propres à terminer les disputes de religion qui désolaient l’Allemagne ; mais celte conciliation ne pouvait se faire entre deux princes dont les vues et les intérêts sur cette matière étaient alors si opposés. Tous les efforts que fit le pape pour étouffer les sujets de discorde qui divisaient Charles et François, et pour éteindre cette animosité mutuelle qui menacait d'éclater bientôt par une guerre ouverte, n’eurent pas un succès plus heureux.
L'empereur avait l'esprit si occupé de la grande entreprise qu’ilavait projetée contre Alger, qu'il fit assez peu d'attention aux propositions et aux arrangemens du pape, et se hâta de rejoindre sa flotte et son armée ?.
Alger était toujours dans cette dépendance de l'empire turc où Barberousse l'avait mise, Depuis qu’il commandait la flotte ottomane, en qualité de capitan-pacha, Alger était gouverné par Hassen-Aga , eunuque renégat, qui, ayant passé au service des pirates par tous les grades , avait acquis dans la guerre une grande cxpérience , et était bien capable d'occuper un poste
Ulstuanhaffñ, Æ/ist. hung., liv. x1v, p. 160. % Sandov., Æist., tom. 11, 298.
qui demandait un courage et des talens éprouvés. Hassen , pour se montrer digne de cet honneur, exerçait ses déprédations contre tous les états de la chrétienté , avec une activité si étonnante : qu'il surpassait, s'il est possible, Barberousse lui-même en audace et en cruauté. Ses corsaires avaient presque interrompu le commerce de la Méditerranée. Il jetait si fréquemment l'alarme sur les côtes d'Espagne, qu'on fut obligé d'élever de distance en distance des corps-de-garde, et d'y entretenir continuellement des sentinelles pour veiller sur l’approche des Barbaresques, et garantir les habitans de leurs invasions !. L’empereur recevait depuis long-temps des plaintes très pressantes de la part de ses sujets; on lui représentait que son intérêt et l'humanité lui faisaient également un devoir de réduire Alger, devenu , depuis la conquête de Tunis, le réceptacle de tous les pirates, et d’exterminer cette race de brigands , ennemis implacables du nom chrétien. Déterminé par leurs prières, séduit encore par l'espérance de donner un nouveau lustre à la gloire de sa dernière expédition d’Afrique , Charles, avant de quitter Madrid pour son voyage des Pays-Bas, avait donné des ordres en Espagne et en ltalie pour équiper une flotte et lever une armée destinées à cette entreprise. Les changemens qui survinrent dans les circonstances ne le firent point changer de résolution : ni les progrès que faisaient les Turcs dans le pays, ni les remontrances de ses plus fidèles partisans en Allemagne , qui lui représentaient que son premier soin devait être de défendre l'empire; ni les railleries de ceux qui ne l'aimaient pas, et qui plaisantaient sur ce qu'il fuyait un ennemi qu’il avait près de lui, pour aller au loin en chercher un si peu digne de son courroux, rien ne put l'engager à porter ses forces vers la Hongrie. C'était sans contredit une entreprise honorable , que d'aller attaquer le sultan en Hongrie, mais elle était au-dessus de ses forces , et ne s’accordait pas avec ses intérèts. Il eût fallu faire venir des troupes d'Espagne et d'Italie, pour les conduire dans un pays très éloigné ; pourvoir aux préparatifs immienses que demandait le transport de l’artillerie, des munitions et des bagages d’une armée entière, terminer dans une campagne une guerre qu'il était difficile de rendre un peu décisive,
1 Jovius, Æist., liv. xxx, p. 266.
même semble longue de l'en D'ai cipales Italie e l'invasi pas de porter tion d’ achevés demand reté et ] curerait qucler de son a Toute persister résolutio seils du } conjurait une destr l'approch une saisc étaient si galères d toire de que cet que lui d connaître que ce et après que Cha où était flotte, M:
d'un cou flexible, Doria, le n'eurent encore d:
les forces Capables de succès moins pr mille ho valerie , mands , trois mill italienne
s éprouvés.
t honneur, 15 les états étonnante, 3arberousse es corsaires merce de la ent l'alarme ligé d'élever e-garde , et ; sentinelles aresques , et ons {. L’emdes plaintes jets; on lui humanité lui duire Alger, ais , le réceperminer celte ables du nom rières , séduit un nouveau pédition d’A- Madrid pour ané des ordres per une flotte te entreprise.
dans les cirnger de résoent les Turcs es de ses plus qui lui reprédevait ètre de es de ceux qui niaient sur ce ait près de lui, n si peu digne gager à porter t sans contredit d'aller attaquer était au-dessus pas avec ses ines troupes d'Esduire dans un préparatifs import de l'artillees d’une armée agne une guerre in peu décisive,
mème dans l’espace de plusieurs campagnes; un 1 faire sa cour à l'empereur en le suivant dans
semblable projet eût entraîné des dépenses trop longues et trop fortes, pour que le trésor épuisé de l'empereur pt y suffire.
D'ailleurs, en employant de ce côté ses principales forces, les domaines qu'il possédait en Italie et dans les Pays-Bas restaient exposés à l'invasion du roi de France, qui ne manquerait pas de profiter d’une occasion si favorable d'y porter la guerre. D’un autre côté, son expédition d'Afrique, dont les préparatifs étaient achevés et presque toutes les dépenses faites, ne demandait qu’un seul effort, qui, outre la sûreté et la satisfaction que cette entreprise procurerait à ses sujets, demanderait si peu de temps que le roi de France ne pourrait guère profiter de son absence pour envahir ses états d'Europe.
Toutes ces raisons déterminèrent Charles à persister dans son premier dessein avec une résolution inflexible ; il n'eut égard ni aux conseils du pape, ni à ceux d'André Doria, qui le conjurait de ne pas exposer une flotte entière à une destruction presque inévitable, en risquant l'approche des côtes dangereuses d'Alger , dans une saison si avancée , où les vents d’automne étaient si violens. Après s’ètre embarqué sur les galères de Doria, à Porto-Venère sur le territoire de Gènes, il ne tarda pas à reconnaitre que cet habile homme de mer avait jugé mieux que lui d’un élément qu'il devait en effet mieux connaître. Il s'éleva une tempête si vidlente, que ce ne fut qu'après les plus grands efforts , et après avoir couru les plus grands périls, que Charles put aborder à l’île de Sardaigne, où était fixé le rendez-vous général de Ja flotte. Mais comme l’empereur était quelquefois d'un courage inébranlable et d’un caractère inflexible, les remontrances du pape, celles de Doria, les dangers même qu’il venait de courir , n'eurent d'autre effet sur lui que de l'affermir encore dans sa funeste résolution. Il est vrai que les forces qu'il avait rassemblées étaient bien capables d’inspirer les plus grandes espérances de succès, même à un prince moins hardi et moins présomptueux. Elles consistaient en vingt mille hommes d'infanterie et deux mille de cavalerie, tant Espagnols qu'italiens et Allemands, pour la plupart vieux soldats ; et en trois mille volontaires, la fleur de la noblesse italienne et espagnole, qui s'était empressée de
cette expédition, et qui se montrait jalouse de partager la gloire dont elle croyait qu’il allait se couvrir. 11 lui était d’ailleurs arrivé de Malte mille soldats envoyés par l'ordre de Saint-Jean , et conduits par einq cents de ses plus braves chevaliers.
La navigation depuis l’île Majorque jusqu'aux côtes d'Afrique ne fut ni moins longue ni moins périlleuse que celle qu'il venait de faire. Lorsqu'il approcha de terre, la fureur de la mer et la violence des vents ne permirent pas aux troupes de débarquer. A la fin, l'empereur profitant d’un moment favorable les mit à terre sans obtacles, assez près de la ville d'Alger, vers laquelle il marcha sans délai. Hassén n’avait à opposer à cétte puissante armée que huit cents Turcs et cinq mille Maures, moitié naturels du pays, moitié réfugiés de Grenade. Il ne laissa pas de fairé une réponse fière ét hardie à la sommation qu'on lui fit dé # rendre ; mais malgré son courage et sa grandé expérience dans Part de la guerre, il n’aurait pu, avec lé peu de soldats qu'il avait , tenir long-temps contre des forces supérieures à celles qui avaient battu Barberousse à la tête de soixante mille hommes, et réduit Tunis malgré tous les efforts de ce fameux pirate.
Au moment où l'empereur se croyait le plus en sûrété contre ses ennemis, il se vit tout à coup exposé à une calamité bien plus terrible, et contre laquelle toute la force et la prudence humaine ne pouvait rien. Deux jours aprés son débarquement, lorsqu'il n'avait encore eu que le temps de disperser quelques petits corps d’Arabes qui inquiétajent son armée dans les marches, des nuages s’amoncelèrent, et le ciel se couvrit d’une obscurité effrayante. Vers le soir, la pluie chassée par un vent impétueux commença à tomber avec violence ; la tempête augmenta pendant la nuit; les impériaux, qui n’avaient débarqué que leurs armes, restèrent sans tentes et sans abri, exposés à toute la fureur de l'orage. En peu de temps la terre fut couverte d’eau au point qu’ils ne pouvaient se coucher : leur camp, placé dans un terrain bas, était entièrement inondé ; à chaque pas ils entraient jusqu'à la moitié de la jambe dans la boue, et le vent soufflait avec tant d’impétuosité, que pour se soutenir ils étaient obligés d'enfoncer leurs
lances dans la terre et de s'en faire un point d'appui. Hassan était trop actif pour ne pas saisir une occasion si favorable d'attaquer ses ennemis. Dès le point du jour, il fit une sortie avec ses soldats, qui, ayant été sous leurs toits à l'abri de la tempête, étaient frais et vigoureux. Quelques soldats italiens qui avaient été postés le plus près de la ville, découragés et glacés de froid, s'enfuirent à l'approche d: ‘ennemi ; ceux qui occupaient les postes moins avancés montrèrent la plus grande valeur: m’is la pluie ayant éteint leurs mèches ct iouillé leur poudre, leurs mousquets étaient devenus inutiles ; et, pouvant à peine soutenir le poids de leurs armes, ils furent bientôt mis en désordre. Presque toute l'armée, ayant à sa tête l’empereur, fut obligée de s’avencer pour repousser l'ennemi, qui, après avoir tué un grand nombre d'impériaux et jeté l’épouvante dans le reste, se retira en bon ordre.
Le sentiment de ce désastre et de ce premier danger fut cependant bientôt effacé par un spectacle plus affreux encore et plus déplorable ; il faisait grand jour, et l'ouragan continuait dans toute sa force; on voyait la mer $’agiter avec toute la fureur dont cet élément terrible est capable : les navires, d'où dépendait la subsistance et le salut de l’armée, arrachés de leurs ancres, allaient ou se briser les uns contre les autres, ou se fracasser contre les rochers; plusieurs furent poussés à terre; d'autres furent abîmés dans les flots. En moins d'une heure quinze vaisseaux de guerre et cent soixante bâtimens de transport périrent ; huit cents hommes qui étaient à bord furent noyés ; ou si quelques-uns de ces malheureux échappaient à la rage des flots et cherchaient à gagner la terre à la nage, ils étaient massacrés saus pitié par les Arabes. L'empereur, immobile d'étonnement et de douleur, contemplait en silence cet affreux désastre; il voyait s’engloutir dans les flots et toutes ses munitions
de guerre et les immenses provisions destinées
à nourrir ses troupes; il voyait s'évanouir toutes
ses espérances. La seule ressource qui fût en son
pouvoir était d'envoyer quelques détachemens pour chasser les Arabes postés sur le rivage, et pour recueillir le petit nomure de ceux qui avaient Je bonheur de gagner la terre. A la fin cependant le vent commença à tomber, et lon espéra qu'on pourrait conserver encore assez de
vaisseaux pour sauver l'armée des horreurs de la famine et la ramener en Europe ; mais ce n'étaient encore que des espérances. Vers le soir, la mer se couvrit d’épaisses ténèbres; les officiers des vaisseaux qui n’avaient pas péri se trouvant dans l'impossibilité de faire parvenir aucun avis auxtroupes qui étaient à terre, celles-ci passèrent toute la nuit dans les tourmens de l'inquiétude la plus affreuse. Lorsque le jour reparut , une barque envoyée par Doria vint à bout d'aborder àterre, et apprit au camp que l'amiral avait échappé à la tempête, la plus furieuse qu’il eût vue depuis cinquante ans de navigatiou, et qu'il avait été obligé de se retirer sous le cap Métafuz avec ses vaisseaux délabrés. Comme le ciel était toujours orageux et menaçant, Doria conseillait à l’empereur de marcher avec la plus grande diligénce vers ce cap, l'endroit le plus commode pour rembarquer ies troupes.
C'était, dans ce malheur, une grande consolation pour Charles que d'apprendre qu’une partie de sa flotte était sauvée : mais ce sentiment de plaisir était bien altéré par les embarras et les inquiétudes où le jetait encore l’état de son armée. Métafuz était à quatre jours de marche du lieu où il était alors campé. Les srovisions qu'il avait débarquées à terre étaient toutes consommées; les soldats, fatigués et abattus, auraient à peine été en état de faire cette route dans leur propre pays : découragés par une suite de souffrances que la victoire même n'aurait peut-être pu leur rendre supportables, ils n'avaient pas la force de résister à de nouvelles fatigues. Cependant la situation de l’armée ne permettait pas même de délibérer, et il n’y avait pas deux partis à prendre. Charles ordonna donc àses troupes de se mettre en marche; lesblecsés et les malades furent placés au centre, et ceux qui paraissaient les plus vigoureux à la tete et à l'arrière-garde. Ce fut alors que l'effet cruel des maux qu'ils avaient essuyés se fit mieux sentir. et que de nouvelles calamités vinrent augmenter les premières. Les uns pouvaient à peine soutenir le poids de leurs armes; les autres, épuisés
| par une marche pénible dans des chemins pro-
fonds et presque impraticables, tombaient et
| mouraient sur la place; plusieurs périrent de fa-
mine , car l’armée n'avait guère &’antre subsistance que des racines, des graines sauvages et la chair des chevaux que l'empereur faisait tuer et
| vaise foi de
distribt les ton qu'en l jusqu'a de tués partie d et de le:
vérent à Coup ass tion de | des vivre pérance € Dans c Charles « Cours suiv jusqu'alor mirer sa d'âme, so:
tait les plu soldat de partout où le courage il visitait le A Courageait
DOLLLLEE EE PERS
L'empere treprise con que le bruit mesure qu’il trophe, Fra hostilités qu mais il ne cr pour motif
prétentions tant de fois ce pays. Le suffisant pot de Nice, ne 1 pouvait allég blesse de sa
l'empire Ini brendre les 4
rreurs de
ais ce n'é-
le soir, la
s officiers
> trouvant aucun avis
| passèrent inquiétude parut, une d'aborder miral avait
se qu'il eût ou, et qu'il
> cap Métanme le ciel Doria convec la plus roit le plus pes.
ide consolaqu’une pare sentiment embarras et l'état de son s de marche 8 srovisions 1 toutes COnabattus, au-
celte route
jés par une » même n auportables , ils de nouvelles le l'armée ne et il n’y avait ordonna donc he ; lesblessés bntre , et ceux k à la tete et à ffet cruel des mieux sentir.
ent augmenter à peine souteutres, épuisés ÿ chemins protombaient ei
érirent de fal'autre subsissauvages et la » faisait tuer et
distribuer à ses troupes; une partie se noya dans les torrens, tellement gonflés par les pluies, qu’en les passant à gué on y entrait dans l’eau jusqu’au menton ; il y en eut un grand nombre de tués par l'ennemi, qui, pendant la plus grande partie de leur marche, ne cessa de les inquiéter et de les harceler jour et nuit. Enfin ils arrivèrent à Métafuz, et le temps devenant tout à coup assez calme pour favoriser la communication de la flotte avec l’armée, ils retrouvèrent des vivres en abondance, et se livrèrent à l'espérance de se voir bientôt en sûreté.
Dans cet horrible enchaînement de malheurs, Charles déploya de grandes qualités, que le cours suivi de ses prospérités ne l'avait pas mis jusqu'alors à portée de faire connaître. Il fit admirer sa fermeté, sa constance, sa grandeur d'âme, son courage et son humanité; il supportait les plus grandes fatigues comme le dernier soldat de son armée; il exposait sa personne partout où le danger était menacant; il ranimait le courage de ceux qui se laissaient abattre ; il visitait les malades et les blessés, et les encourageait tous par ses discours et par son
exemple. Quand l’armée se rembarqua, il resta des derniers sur le rivage, quoiqu’un corps d’Arabes, qui n'était pas éloigné, menaçât de fondre à chaque instant sur l'arrière-garde. Charles répara en quelque sorte par tant de vertus la présomption et l’entètement qui lui avaient fait entreprendre une expcüition si funeste à ses sujets. Ce ne fut point là le terme de leürs malheurs. A peine toutes les troupes furent rembarquées, qu'il s'éleva une nouvelle tempête, moins terrible à la vérité que la première, mais qui dispersa tous les vaisseaux et les obligea de chercher chacun de leur côté des ports, soit en Espagne soit en Italie, où ils pussent aborder. Ce fut par-là que se répandit le bruit de ces désastres, avec les exagérations que pouvaient y ajouter des imaginations encore frappées de terreur. L'empereur lui-même, après mille périls , avait été forcé de relàcher dans ie port de Bregia en Afrique, où les vents contraires le retinrent pendant plusieurs semaines : enfin il arriva en Espagne, dans un état bien différent de celui où il y était revenu après sa premiéreexpédition contre les Barbaresques !.
ASS SEE LE LEE LE LEVEL LES EVE LE EVE BE SL OU LUR SEE LUE LES EU VEUVE SEE VE VE LE SELS VE LUVIVE TELE ME LE LES LEE LE LL ULULLE LEURS ERREUR LRU LVEMS ETS UURLURRR LR SAR