‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme] (volume 3)Chapitre 74 sur 132 · ST PRIE A TIR PP · texte numérisé non relu

ST PRIE A TIR PP

trèslente dans sesopérations, et pendant quelque !

temps elle n’y procéda que d’une manière faible et languissante !, Dès que les confédérés de Smalkalde eurent appris l'ouverture du concile, ils publièrent un long manifeste contenant de nouvelles protestations contre cette assemblée et les raisons qui déterminaient à ne point reconnaître sa juridiction 2. Cependant le pape et l'empereur s'embarrassaient si peu d'en presser les opérations qu'on s'aperçut aisément qu'ils étaient occupés de quelque intérèt de plus grande conséquence.

Mais les pro'estans ne pouvaient être tranquilles spectateurs des mouvemens du pontife et de Charles; leurs soupçons croissaient de jour en jour, par les avis qu'ils r.evaient de tous côtés, des trames qu'on ourdissait contre eux. Le roi d'Angleterre les informa que l'empereur , résolu depuis long-temps de détruire leur secte, ne manquerait pas de saisir cet intervalle du repos de l'Allemagne, comme la conjoncture la plus favorable pour l'exécution de son dessein. Les négocians d’Augsbourg, qui était dès lors une ville du plus grand commerce, furent avertis par leurs correspondans d'Italie, dont quelques-uns favorisaient secrètement le protestantisme 3, que le pape et l'empereur préparaient contre les réformés une dangereuse confédération. Ils reçurent en même temps des Pays-Bas l'avis que Charles avait donné des ordres d'y lever des troupes ainsi que dans d'autres parties de ses élats, mais avec toutes sortes de précautions pour cacher ses mesures. Tous ces avis, réveillant les défiances et la vigilance des protestans, ne leur laissèrent aucun doute sur les intentions de l’empereur ; ils prirent l'alarme; les députés de la ligue de Smalkalde s’assemblèrent à Francfort, et secommuniquant mutuellement leurs informations, ils se convainquirent de plus en plus du danger qui les menaçait. Cependant leur union n'était pas aussi solide que l’exigeaient leur situation

et les préparatifs de leurs ennemis. Cette ligue subsistait déjà depuis dix ans; mais les territoires de la plupart des princes confédérés étaient enclavés les uns dans les autres; des mariages entre leurs familles, des alliances et des contrats

1 Fra-Paolo, p. 120, etc. Pallavic., p. 180, etc. * Seck., lib. nr, p. 602, etc.

5 Jd., ibid., p. 579.

de différente espèce, avaient, selon la coutume

d'Allemagne, établides droits et des prétentions réciproques, et c'étaient autant de sujets inévitables de jalousie et de discorde. Les uns, attachés au duc de Brunswick , en voulaient ouvertement au landgrave, de la rigueur qu'il avait exercée contre ce prince aussi malheureux

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la ligue, d'avoir, par leurs profusions ou leur M manque d'économie, engagé les confédérés dans des dépenses inutiles et exorbitantes. Ces deux grands princes, qui, par la supériorité de À leur puissance et de leur autorité, gouvernaient À entièrement le corps de la confédération, avaient À pourtant des vues si différentes, que toutes À leurs opérations languirent au moment où elles !

avaient besoin de la plus prompte vigueur. Le

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tère entreprenant ; mais, comme son zèle pour sa religion ne lui faisait point oublier les intérêts de la politique, il soutint que dans le danger inévitable dont ils étaient menacés, ils n'avaient pas de plus sûr moyen de s'en garantir que de rechercher la protection des rois de France et d'Angleterre, ou de s’allier avec les cantons protestans de la Suisse, dont ils pouvaient tirer une assistance telle que le demandait leur situation. L’électeur, d'un autre côté, qui avait plus de droiture qu'aucun prince de ce siècle,

ne manquait pas de talens pour gouverner sage |

ment dans ces temps de tranquillité; mais il avait une vénération superstitieuse pour la doctrine de Luther, et portait le fanatisme pour tous ses dogmes jusqu'à détester toute alliance avec ceux dont la croyance eût différé de la sienne sur un seul article, Ainsi son entèêtement pour le luthéranisme le rendait incapable de le défendre dans des temps de troubles et de danger.

Sans doute il pensait queles intérêts de religion devaient se traiter par des maximes et des principes bien différens de ceux de la prudence humaine ; et se laissant égarer par les opinions de Luther , qui non-seulement ignorait les règles de la politique, mais les méprisait, il montra souvent une inflexibilité d'esprit qui devint préjudiciable au parti même qu'i! voulait soutenir. Guidé dans cette occasion par la morale sévère de ce réformateur , i! refusa d'entrer en alliance avec François, sous prétexte qu'il per-

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sécutait le parti de la vérité, de s'attacher au parti de Henri qu’il regardait comme aussi impie que le pape, et mème de s'allier avec les Suisses, parce qu'ils n'étaient pas de son sentiment dans quelques articles de foi qui lui paraissaient essentiels. Cette différence dans la

4 fiçon de penser sur un objet de cette import l'électeur de #

tance produisit l'effet qu'on en devait attendre. On se blâmait et on se condamnait secrètement de part et d'autre. Le landgrave ne voyait dans l'électeur qu'un esprit rétréci par des préjugés indignes d’un prince appelé à jouer le premier rôle sur un grand théâtre. L’électeur accusait le landgrave de principes relâchés et de vues d’ambition qui s'accordaient mal avec les intérêts sacrés de la cause où ils se trouvaient engagés. Mais quoique les scrupules de l'électeur eussent fait perdre le moment de tirer des secours du dehors, et que la jalousie et le mécontentement des autres princes eussent empêché de renouveler la ligue dont le terme était sur le point d’expirer , cependant le sentiment du danger commun réunit les confédérés sur d’autres articles ; ils convinrent en particulier de ne point reconnaître l'assemblée de l’église à Trente pour un concile légitime, et de ne point consentir à laisser opprimer l’archevèque de Cologne, parce qu'il avait voulu établir la réforme dans son diocèse !.

Le landgrave , qui voulait pénétrer les intentions de l'empereur, sachant que Granvelle était bien instruit des projets de son maître, lui écrivit pour l’informer de plusieurs particularités

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qui avaient donné des soupçons aux protestans, et pour lui demander une déclaration précise de ce qu'ils avaient à craindre ou à espérer. Granvelle lui répondit queles avis qu'ils avaient reçus des armemens de l'empereur étaient exagérés, et leurs alarmes destituées de fondement ; qu’à la vérité, Charles, pour préserver ses frontières de toute insulte de la part de la France ou de l'Angleterre, avait donné des ordres pour lever quelques troupes dans les Pays-Bas, mais qu'il désirait autant que jamais de maintenirla tranquillité en Allemagne !.

La conduite de l'empereur ne fut pourtant pas d’accord avec ces protestations. Au lieu de nommer des hommes d’un caractère pacifique et modéré pour défendre la doctrine catholique dans les conférences dont on était convenu, il choisit des dévots emportés et d'une obstination si aveugle pour leurs opinions qu'on perdit toute espèce de conciliation entre les deux partis. Malvenda , ecclésiastique espagnol qui s'était chargé de soutenir la cause des catholiques, la défendit avec toute la subtilité d'un métaphysicien de l’école, plus occupé d'embarrasser ses adversaires que de les convaincre, et de pallier l'erreur que de découvrir la vérité. Les protestans, indignés et de ses sophismes et de la partialité des règlemens que Charies avait prescrits dans cette dispute, rompirent brusquement la conférence, trop convaincus que l'empereur ne voulait que les amuser et gagner du temps pour laisser môrir ses projets 2.

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