Paliavie, p
dant, comme il espérait que le fruit de tant de dittes, de conférences et de négociations amènerait enfin l'établissement de sa religion, il n'osa d'abord tenter aucune innovation publique dans ses états: mais las d’une attente inutile, il œut qu'il était enfin obligé de soutenir de toute son autorité la doctrine qu'il approuvait, et de e rendre aux vœux de ses sujets, qui, par leur commerce avec les états protestans, s'étaient universellement imbus de leurs opinions. Comme la chaleur et l'impétuosité des premiers efforts de la réformation s'étaient un peu ralenties, le changement du Palatinat se fit avec beaucoup
d'ordre et de régularité; l'ancien culte fut aboli !
et le nouveau s'introduisit sans violence et san aucun trouble. Quoique Frédéric adoptat | dogmes des protestans, il imita l'exemple « Maurice , et ne voulut point entrer dans la liguc de Smalkalde t,
Quelques semaines avant la révolution arrivée dans le Palatinat, le concile général s'ouvrit à Trente avec les solennités d'usage. Les états catholiques mettaient toutes leurs espérances dans cette assemblée , et dès ie commencement des troubles de l'église ils l'avaient regardée comme le meilleur remède qu'on y pût appliquer; mais beaucoup de gens craignaient qu'il ne fût trop tard, et qu'un mal qui avait fait de si violens progrès pendant vingt-huit ans ne fût trop invétéré. Quoique le pape, par sa dernière bulle de convocation , eût fixé la première séance du concile au mois de mars, il avait des vues si différentes de celles de l'empereur, que l'année se passa presque tout entière en négociations. Charles, prévoyant que la rigueur des décrets du concile mettrait les protestans sur la défensive et porterait peut-être leur ressentiment à quelque résolution désespérée, faisait tous ses efforts pour la différer jusqu'à ce que ses préparatifs l'eussent mis en état d'en soutenir les décisions par la force des armes. D'un autre côté le pape, qui s'était pressé d'envoyer ses légats à Trente pour y présider en son nom, aignait d'exposer au mepris son autorité, ou de faire suspecter ses intentions , si, dans un moment où le danger de l'église demandait des remèdes prompts et vigoureux, les pères du concile demeuraient dans l'inaction. Il insista donc avec
* Sleid., p. 356. Seck., liv. m1, p. 616.
Charles, ou pour transporter cette assemblée dans quelque ville d'Italie, ou pour en suspendre les opérations pendant quelque temps, ou bien enfin pour l'autoriser à commencer sur-le-chainp ses délibérations, L'emperewr rejeta les deux premières propositions comme également offensantes pour les Allemands, et protestans et catholiques ; mais, sentant qu'il é‘ait impossible d'éluder la dernière , il se restreignit à demander qu'on travaillât dans Le concile à la réforme des désordres de l'église avant de procéder à l'examen ou à la décision des articles de foi. C'était précisément ce que la cour de Rome craignait le : et le but de tous ces artifices était d'éviter cherche si dangereuse, Paul, quoiqu'il ins inflexible que quelques-uns de ses urs sur la convocation d'un concile, pas moins jaloux de son autorité. Il presses ait qu'un pareil début serait un sujet de triomphe pour les hérétiques. Il appréhendait tout ce qui pouvait s’ensuivre d’humiliant ou de funeste pour le saint siége, si le concile regardait la réforme des abus comme son unique affaire, et si les prélats du second ordre pouvaient, au gré de leurs désirs et de leur humeur, prescrire des lois à ceux qui, par la puissance et les dignités, étaient au-dessus d'eux. Ainsi, sans écouter les propositions insidieuses de l'empereur , il donna des instructions à ses légats pour ouvrir le concile.
La première session se passa en pures formalités. Dans la suivante on convint que ce qu'il y avait de plus pressant était de dresser une confession de foi qui contiendrait tous les articles dont l'église ordonnait la croyance, mais qu’en même temps on porterait son attention sur les moyens de réformer les mœurs et la discipline du clergé. Ce premier pas, qui montrait déjà quel serait le fruit du concile, le ton impérieux des: légats qui y :» ‘ ‘laient, et la déférence aveugle de la plupr: ues membres qui suivaient l'impulsion des chefs, firent prévoir aisément aux protestans à quelles décisions ils devaient s'attendre. Ils furent étonnés cependant de voir quarante prélats (car il n’y en avait pas un plus grand nombre au concile) s'arroger l'autorité de représentans de l’église universelle, et juger en son nom les points les plus importans de la foi. Frappée elle-même de cette indécence et du ridicule qui pouvait en résulter, l’assemblée fut