‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme] (volume 3)Chapitre 87 sur 132 · LA ELLES EST · texte numérisé non relu

LA ELLES EST

it Livré toutes les ndre, afin de ras.

s confédérés de à profiter de ce effort vigoureux, rontribuant à élei formidable de pute l'étendue de es conséquence, D es, et Françoisfit

les du pape por

ea de leur per. 4 sauver Litalie, e n et de la servi c le pape et lui, n générale, dont sance d’un potenus une égale rai-

égociations dans , il porta son at- Comme le rui de articulières de se çois ne douta pas ligue projetée; et dérations de pruher de s’y joindre, ferte en mariage À les ministres qui omd’Édouard VI, s opinions des réde Henri leur eut asque que son itm- , forcés de pren:

var zèle ici ctateurs oisifs de e ceux qui profes- -mêmes; il espéra action qu'entraine urence dome rup-

wure prochaine avec l'Écosse , il pourrait déterwiner les ministres anglais à prendre part à la ause commune !,

Tandis que François avait recours à tous Les | apédiens, et s'occupait avec une activité si ex raordinaire à exciter la jalousie des différens | itats de l'Europe contre son rival, il ne négli geait aucun des moyens qui dépendaient de lui «ul, Il leva,des troupes dans toutes les parties deson royaume , il ramassa des munitions de guerre, il fit marché avec les cantons suisses pour avoir un corps nombreux de troupes, il établit un ordre admirable dans ses finances, il ft passer à l'électeur et au landgrave des somwes considérables; il prit enfin toutes les mesures Lx vssaives pour être en état de commencer avec vigueui les hostilités, dès que les circonsunces l'exigeraient ?,

fl écais impossible de dérober à la connaissance de l'empereur des opérations si compliquées, et qui demandaient le concours de tant d'instrumens divers, I fut bientôt instruit des intrigues deFrançois dans les différentes cours, ainsi que deses préparatifs intérieurs ; convaincu qu'une querre étrangère porterait un coup fatal à l'exéation de ses projets en Allemagne, l’idée de

«événement le faisait trembler, Le danger

pendant lui paraissait aussi inévitable qu’il dit terrible. Il connaissait l'ambition insatiable mais prévoyante de Soliman ; il savait que cet lubile sultan choisissait le moment de commencer ses opérations militaires avec une prudence égale à la valeur qui les dirigeait. Il avait de bonnes raisons pour croire que le pape ne manquerait pas de prétextes pour justifier une rupture, et qu'il n'aurait aucune répugnance à emmencer les hostilités en effet. Paul avait laissé entrevoir ses sentimens, en témoignant ue joie peu convenable au chef de l'église, lorsqu'il avait appris la nouvelle de l'avantage remporté par l'électeur de Saxe sur Albert de Brandebourg ; et comme il se voyait alors assuré de trouver dans le roi de France un allié assez puissant pour Je soutenir, il ne cherchait pas mème à cacher la violence et l'étendue de sa haine 3, Charles savait d'ailleurs que les Vénitieus voyaient depuis long-temps l'accroissement

! Mém. de Ribier, tom, 1, p. 6%,

* Mém. de Ribier, tom. À, p. 685.

5 Mém. de Ribier, tom. À, p. 63.

de son pouvoir avec un sentiment de jalousie, qui donnait une nouvelle force aux sollicitations et aux promesses de la France ; et il craignait que, malgré la lenteur et la circonspection ordi-

haires de leurs résolutions, ces républicains ne

prissent à la fin un parti décisif, I était évident que les Hanaîset les Anglais avaient de leur côté des raisons particulières de mécontentement , et des mot{6 très puissans pour se liguer costre lui ; iais ilcraignait par-dessus tout la jalousie active de François lui-même qu' regardait comme l'âme et le mobile de la confédération. Ce momarque ayant accordé sa protection à Verrina, qui s'était embarqué pour Marseille, au moment mème où la conspiration de Fiesque avait été découverte , Charles s'attendait iehaque instant à voir commencer en Italie les hostilités, dont il croyait que la révolte de Gènes n'était que le prélude,

Dans cet état d'inquiétude et de perplexité , Charles apercevait cependant une circonstance qui lui laissait quelque espole d'échapper au danger qui le menaçait. La santé du roi de France commençait à s’affaiblir; une maladie , qui était le fruit de l'intempérance et de l'excès des plaisirs, détruisait sourdement et par degrés sa constitution, Les préparatifs de guerre et les négociations entamées dans les différentes cours tombaient dans la langueur , comme l'esprit du monarque qui en était le mobile. Pendant cet intervalle, les Génois soumirent Montobbio, firent prisonnier Jérôme de Fiesque, et, par sa mort et cellede ses principaux complices, éteignirent les restes de la conspiration. Plusieurs villes impériales, en Allemagne, désespérant de recevoir à temps du secours de Ja France, se soumirent à l’empereur, Le landgrave lui-même parut disposé à abandonner l'électeur, et à entrer en accommodement, aux conditions qu’il pourrait obtenir, Charles, de son côté, attendait avec impatience l'issue d’une maladie qui devait décider s’il se désisterait de tous ses autres projets, pour se préparer à combattre une confédération de la plus grande partie des princes de l'Europe contre lui, ou s'il devait, sans se laisser arrêter par aucune considération ni intimider par aucun danger , suivre le plan qu'il avait formé d'entrer en Saxe,

Ce bonheur singulier, qui a distingué Charles et sa famille d'une manièye si remarquable que

certains historiens l'ont appelé l'étoile de la maison d'Autriche, ne se démentit pas en cette occasion. François I" mourut à Rambouillet le

rêta souvent son rival dans sa carrière rapide, et repoussa ses plus vigoureux efforts. Le pre. mier, à l'ouverture d’une guerre ou d'une cam-

de mérite les qualit les défaut

dernier jour du mois de mars, dans la cin- | pagne, fondait sur son ennemi avec la violence legentilh quante- troisième année de son âge et la vingt- | d’un torrent, et entrainait tout ce qui se trou. et ils se troisième de son règne. Pendant vingt-huit ans | vait devant lui; le second, attendant pour agir d'admini de son règne, une animosité déclarée divisa ce | que les forces de son rival commençassent à di. pas pard prince et l'empereur, ct enveloppa non-seule- | minuer, recouvrait à la fin tout ce qu'il avai semble c ment leurs propres états, mais encore la plus | perdu, et faisait souvent de nouvelles acquisi. dù n'êtri grande partie de l'Europe, dans des guerres | tions. Le roi de France forma différens projets courtisan soutenues avec un acharnement plus violent et | de conquêtes; mais quelque brillans que fussent sait de s plus durable qu'aucune de celles qui s'étaient | les commencemens de ses entreprises, la fin en postérité faites dans les temps antérieurs. Plusieurs cir- | fut rarement heureuse ; plusieurs des entre- avec son constances y contribuaient ; la rivalité de ces | prises de l’empereur, qu'on jugeait imprati. 2 naturel : princes était fondée sur une opposition d'inté- | cables et désespérées, se terminèrent avec le constanc rêts, excitée par la jalousie personnelle et enve- | plus grand succès. François se laissait éblouir postérité nimée par des insultes réciproques. En même | de l'éclat d'un projet ; Charles n'était séduit que qu'augm

temps , si l’un des deux paraissait avoir quelque avantage propre à lui donner la supériorité, cet avantage se trouvait balancé par quelque circonstance favorable à l’autre. Les domaines de l’empereur étaient plus étendus; ceux du roi de France étaient plus réunis. Francois gouvernait son royaume avec une autorité absolue; Charles n'avait qu'un pouvoir limité, mais il y suppléait par son adresse. Les troupes du premier avaient plus d’audace et d’impétuosité ; celles du second étaient plus patientes et mieux disciplinées. IL y avait dans les talens des deux monarques autant de différence que dans les avantages respectifs dont ils jouissaient , et cette différence ne contribua pas peu à prolonger leurs querelles. François prenait une résolution avec célérité, la soutenait d’abord avec chaleur et en poursuivait l'exécution avec audace et activité, mais il manquait de la persévérance nécessaire pour surmonter les difficultés, et souvent il abandonnait ses projets ou se relâchait dans l'exécution, soit par impatience, soit par légèreté. Charles délibérait froidement et se décidait lentement; mais lorsqu'une fois il avait arrêté son plan, il le suivait avec une obstination inflexible, et ni le danger ni les obstacles ne pouvaient le détourner dans l'exécution.

L'influence de leurs caractères sur leurs entreprises dut mettre une égale différence dans les succès, François, par son impétueuse activité, déconcerta souvent les plans de l'empereur les mieux concertés. Charles, en suivant ses vues avec plus de sang-froid, mais avec fermeté, ar-

par la perspective des avantages qu’il pouvait en recueillir. Le degré de leur mérite et de leur réputation respective n’a cependant été encore fixé ni par un examen scrupuleux de leurs ta lens pour le gouvernement, ni par la considé. ration impartiale de la grandeur et du succès de leurs entreprises. François est un de ces

princes dont la renommée est au-dessus de leur

génie et de leurs actions, et cette préférence est l'effet de plusieurs circonstances réunies. La su. périorité que donna à Charles la victoire de Pavie, et qu'il conserva dès lors jusqu'à la fn de son règne, était si manifeste que les efforts de François pour affaiblir la puissance énorme et toujours croissante de son rival furent jugés par la plupart des autres états non-seulement avec la partialité qu’inspirent naturellement ceux qui soutiennent avec courage un combi inégal, mais mème avec la faveur que méritait celui qui attaquait un ennemi commun, et tàchait de réprimer le pouvoir d’un souverain également formidable à tous les autres. D'ail leurs, la réputation des princes, surtout aur yeux de leurs contemporains, dépend autant de leurs qualités personnelles que de leurs talens pour le gouvernement. François commit des fautes graves et multipliées, et dans sa conduite politique, et dans son administration intérieure ; mais il fut humain, hienfaisant, généreux ; il avait de la dignité sans orgueil, de l'affabilité sans bassesse, et de la politesse sans fausseté; il était aimé et respecté de tous ceux qui approchaient de sa personne, et tout homme

sciences en Franc les limite et qui av François égaler L avec laq les savar avec eux ileva a fiance.

fattés 6 croient qu'on le ils crure leur rec reux, € talens.

éloges deslettr sa mém blent a de rele fauts.

de suce putatioi nelles d d'admi vaste plus ha La gement L'empe

a carrière rapide, x efforts. Le prerre ou d’une cami avec la violence but ce qui se trou.

tendant pour apir mençassent à di.

out ce qu'il avait nouvelles acquisi.

à différens projets rillans que fussent reprises, la fin en sieurs des entrejugeait imprati.

erminèrent avec le se laissait éblouir n'était séduit que ages qu'il pouvait r mérite et de leur endant été encore juleux de leurs ta ni par la considédeur et du succès is est un de ces t'au-dessus de leur À 'ette préférence est ces réunies, La su.

rles la victoire de lors jusqu’à la fn este que les efforts puissance énorme rival furent jugés ats non-seulement ent naturellemet ourage un combat aveur que méritait ni commun, et tàir d’un souverain les autres. D'ail nces, surtout aur , dépend autant de ue de leurs talens nçois commit des , et dans sa conadministration inhienfaisant, génésans orgueil, de le la politesse sans pecté de tous ceux ne, et tout homme

de mérite avait accès auprès de lui. Séduits par , n'avait plus pour rivaux que de jeunes monar-

les qualités de l’homme, ses sujets oublièrent les défauts du monarque; ils l'admiraient comme le gentilhomme le plus accompli de son royaume, et ils se soumirent sans murmure à des actes d'administration vigoureuse qu'ils n’auraient pas pardonnés à un prince moins aimable, Il semble cependant que cette admiration aurait dû n'être que momentanée et mourir avec les courtisans de ce monarque; l'illusion qui naissait de ses vertus privées a dû se dissiper, et la postérité devrait juger sa conduite publique avec son impartialité ordinaire; mais cet effet naturel a été contre-balancé par une autre circonstance, et le nom de François a passé à la postérité avec une gloire dont le temps n'a fait qu'augmenter l'éclat. Avant son règne, les sciences et les arts avaient fait peu de progrès en France; à peine commençaient-ils à franchir les limites de l'Italie où ils venaient de renaître, et qui avait été jusqu'alors leur unique séjour.

François les prit sous sa protection; il voulut |

égaler Léon X par l’ardeur et la magnificence avec laquelle il encouragea les lettres. Il appela les savans à sa cour, il conversa familièrement avec eux, il les employa dans les affaires , il les ileva aux dignités et il les honora de sa confance. Les gens de lettres ne sont pas moins fattés d'être traités avec la distinction qu'ils croient mériter, que disposés à se plaindre lorsqu'on leur refuse les égards qui leur sont dus; ils crurent qu'ils ne pouvaient porter trop loin leur reconnaissance pour un protecteur si généreux, et célébrèrent à l’envi ses vertus et ses talens. Les écrivains postérieurs adoptèrent ces éloges et y ajoutèrent encore. Le titre de père deslettres, qu’on avait donné à François, a rendu sa mémoire sacrée chez les historiens; ils semblent avoir regardé comme une sorte d’impiété de relever ses faiblesses et de censurer ses défauts. Ainsi François, avec moins de talens et de succès que Charles, jouit peut-être d’une réputation plus brillante; et les vertus personnelles dont il était doué lui ont mérité plus d'admiration et d'éloges que n’en ont inspiré le vaste génie et les artifices heureux d’un rival plus habile, mais moins aimable,

La mort du roi de France produisit un changement considérable dans l’état de l'Europe.

L'empereur, vieilli dans l’art du gouvernement ,

ques peu dignes d'entrer en lice avec celui qui avait lutté si long-temps et presque toujours heureusement avec des princes tels que Henri VIII ct François Ie". Cette mort délivra Charles de toute inquiétude, et il se trouva heureux de pouvoir commencer avec succès, contre l'électeur de Saxe, les opérations qu'il avait été obligé de suspendre jusqu'alors. ]1 savait que les talens de Henri 11, qui venait de monter sur le trône de France, étaient bien inférieurs à ceux de son père ; il prévit que ce nouveau monarque serait, pendant quelque temps, trop occupé à renvoyer les anciens ministres qu'il haïssait, et à satisfaire les désirs ambitieux de ses propres favoris, pour qu'on eût quelque chose à craindre, soit de ses efforts personnels, soit de quelque confédération formée par ce prince sans expérience.

Comme il était difficile de prévoir combien durerait cet intervalle de sécurité, Charles se détermina à en profiter sur-le-champ; dés qu'il eut appris la mort de François, il se mit en marche d’Égra sur les frontières de Bohême ; mais le départ des troupes du pape, joint à la retraite des Flamands, avait tellement affaibli son armée, qu'il ne put rassembler que seize mille hommes. Ce fut avec des forces si peu considérables qu'il commença une expédition dont l’événement devait fixer le degré d’autorité dont il jouirait dorénavant en Allemagne. Cependant, comme sa petite armée était particulièrement composée de vieilles bandes espagnoles et italiennes, il pouvait, sans laisser beaucoup au hasard, se reposer sur leur valeur, et se flatter même de l'espérance du succès. L’électeur, il est vrai, avait levé une armée fort supérieure en nombre, mais elle ne pouvait être comparée avec celle de l’empereur ni pour l'expérience et la discipline des troupes, ni pour les talens des officiers. D'ailleurs ce prince avait déjà fait une faute qui, en le privant de tout l'avantage que lui donnait la supériorité du nombre , aurait pu seule entraîner sa ruine : au lieu de tenir ses forces réunies , il en détacha un corps considérable vers les frontières de la Bohème, afin de faciliter sa jonction avec les mécontens de ce royaume ; et il cantonna une grande partie de ce qui restait en différentes villes de la Saxe, contre lesquelles il ne doutait pas que l'empereur ne portât ses premiers efforts. Il eut la fai-

blesse de croire que ces places, ouvertes et munies de petites garnisons, seraient en état de tenir contre un tel ennemi.

L'empereur entra eu Saxe par la frontière méridionale, et attaqua Altorf sur l'Elster. On vit bientôt combien la manœuvre de l'électeur était insensée ; car les troupes qui se trouvaient dans cette ville se rendirent sans résistance , et celles qu'on avait envoyées dans les autres places entre Altorf et l'Elbe suivirent cet exemple ou s’enfuirent à l'approche des impériaux. Charles ne laissa pas aux Saxons le temps de se remettre de la terreur panique dont ils paraissaient être frappés, et il marcha en avant sans perdre un seul moment. L’électeur, qui avait établi son quartier général à Meissen, flottait dans l’état d'indécision et d'incertitude qui lui était naturel; il se montrait mème plus indécis à proportion que le danger paraissait plus urgent et exigeait des résolutions plus promptes. Quelquefois il semblait déterminé à défendre les bords de l’Elbe, et à tenter le sort d’une bataille , dès que les détachemens qu'il avait appelés à lui seraient à portée de le joindre. D'autres fois, regardant ce parti comme téméraire et trop périlleux , il paraissait adopter les avis plus prudens de ceux qui lui conseillaient de tàcher de trainer la guerre

en longueur, en se retirant sous les fortifications |

de Wittemberg où les impériaux ne pourraient

l'attaquer sans un désavantage sensible, tandis | qu'il y attendait en sûreté les secours qui de- | sûre et avec plus d'effet. Sous la protection de

vaient lui arriver du Meklembhourg , de la Poméranie et des villes protestantes de la Baltique. Sans s'arrêter d'une manière fixe à l’un ou à l’autre de ces deux plans, il rompit le pont de Meissen, et marcha le long de la rive orientale de l'Elbe jusqu’à Muhlberg. Là il délibéra de nouveau , et après avois hésité long-temps, il s’en tint à unde ces partis mitoyens qui sont toujours agréables aux âmes faibles et incapables de résolution et de fermeté. Il laissa un détachement

à Muhlberg pour s'opposer aux impériaux s'ils tentaient de passer la rivière en cet endroit , et s'avançant à quelques milles de là avec son armée , il y campa , en attendant l'événement sur lequel il se proposait de régler ses démarches |

ultérieures.

Cependant Charles, qui marchait toujours

sans s'arrêter, arriva le 23 avril au soir sur les bords de l'Elbe, vis-à-vis de Mublberg. La ri-

1547] vière avait en cet endroit trente pas de largeur et plus de quatre pieds de profondeur ; son courant était rapide, et le bord que les Saxons oc. cupaient était plus élevé que celui où il se trouvait. Ces obstacles cependant n’arrètérent point l'empereur ; il assembla ses officiers généraux: et, sans demander leur avis, il leur commaniqua la résolution où il était de tenter, le lendemain au matin, le passage de la rivière, et d'attaquer l'ennemi partout où il pourrait le rencontrer. Tous ses généraux ne purent s'empêcher de témoigner l'étonnement que leur inspira une résolution si hardie ; le duc d’Albe, quoique naturellement audacieux et bouillant , et Maurice de Saxe, quoique impatient d’accabler l'électeur son rival, firent eux-mêmes des représentations très vives contre ce parti : mais Charles, s'en fiant davantage à son propre jugement ou à sa fortune, n'eut point égard à leurs raisons, et donna les ordres nécessaires pour l'exécution de son plan.

Dès le point du jour, un corps d'infanterie espagnole et italienne marcha vers la rivière, et commença à faire un feu continuel sur l'ennemi.

| Les longs et pesans mousquets dont on se ser-

vait alors faisaient beaucoup de ravage sur la rive opposée ; plusieurs soldats impériaux , emportés par une ardeur guerrière, et voulant s'approcher plus près de l'ennemi, entrèrent dans la rivière, et, s’y avancant jusqu’à la hauteur de la poitrine, ils tiraient avec une direction plus

ce feu de mousqueterie, on commença à établir un pont de bateaux pour l'infanterie; un paysan, ayant proposé de faire passer la cavalerie par un yué qu'il connaissait , elle se mit aussi en mouvement; les Saxons qui étaient postés à Mulhberg tâchèrent de troubler ces opérations par le feu assez vif d’une batterie qu’ils avaient élevée; mais comme les terrains bas des bords de l'Elbe étaient couverts d’un brouillard épais, ils ne pouvaient pas diriger leurs coups avec assez de justesse, et ils ne firent pas beaucoup de mal aux impériaux. Les Saxons, au contraire, fort maltraités par le feu des Espagnols et des Italiens, brûlèrent quelques bateaux qui avaient

| étérassemblés près du village, et se préparèrent

à faire retraite, Les impériaux s'étant aperçus de ce dessein, dix soldats espagnols se dépouillèrent sur-le-champ, et, prenant leurs épées

entre leu rent la ri qui voulu mes auta achever l reuse ani jeta l'épa En mè croupe ut trer dans à la tête, reur cond cheval, v javeline à liers s’agi suivant le obligés d quelquefc se mettan

. COMpagn

spectacle Le coura; tous les o sentiment geait tous dits. Dès ns atter da aux S passé la encore pa sant un ei qu'il pou tinrent au et marchè certaine.

Penda rement d l'électeur mouvemel l'empere de lui 2, :

historiens

| fidie de $

de faux a plusieurs vaincu de pour se 1 Avila, ? Camer:

hist, germ

pas de largeur deur ; son coules Saxons oci où il se trouarrétèrent point iers généraux; leur commanienter, le lendela rivière, et pourrait le renent s’empècher e leur inspirait d’Albe, quoique Ilant , et Maurice cabler l'électeur représentations is Charles, s'en gement ou à sa eurs raisons , et ur l'exécution de

rps d'infanterie ers la rivière, et nel sur l'ennemi.

dont on se serle ravage sur la impériaux , em- , et voulant s’ap- , entrèrent dans u’à la hauteur de ne direction plus la protection de mmenca à établir terie; un paysan, \cavalerie par un it aussi en mout postés à Mulhs opérations par qu’ils avaient éleas des bords de juillard épais, ils COUPS AVEC assez beaucoup de mal au contraire, fort ignols et des Itaeaux qui avaient et se préparèrent x s'étant aperçus gnols se dépouil-

enant leurs épées

entre leurs dents, se jetérent à la nage, traversèrent la rivière, mirent en fuite quelques Saxons qui voulurent les arrêter, et sauvèrent des flammes autant de bateaux qu’il leur en fallait pour achever le pont ; cette action si hardie et si heureuse anima le courage de leurs compagnons et jeta l'épouvante parmi leurs ennemis.

En même temps, chaque cavalier prenant en

croupe un fantassin , tous commencèrent à entrer dans la rivière; la cavalerie légère marchait à la tête, suivie par les gendarmes que l’empereur conduisait en personne, monté sur un beau cheval, vêtu d'un habit superbe, et tenant une javeline à la main. Ce corps nombreux de cavaliers s'agitant à travers une grande rivière où, suivant la direction de leur guide, ils étaient obligés de suivre différens détours, marchant quelquefois sur un terrain solide, et quelquefois se mettant à la nage, présentait à ceux de leurs compagnons qu'ils laissaient sur le rivage, un spectacle également intéressant ! et magnifique. Le courage de cette troupe surmonta à la fin tous les obstacles; personne n'osait montrer un sentiment de crainte lorsque l'empereur partasait tous les dangers avec le dernier de ses soldits. Dès que Charles eut atteint la rive opposée, «ns attendre le reste de son infanterie, il marda aux Saxons à la tête des troupes qui avaient passé la rivière avec lui; celles-ci, encouragées encore par le succès de leur entreprise et méprisant un ennemi qui n'avait osé les attaquer lorsqu'il pouvait le faire avec tant d'avantage, ne tinrent aucun compte delasupériorité du nombre, et marchèrent au combat comme à une victoire certaine.

Pendant toutes ces opérations, qui nécessairement durent consumer beaucoup de temps, l'électeur resta dans son camp sans faire aucun mouvement ; il ne voulait pas même croire que l'empereur eût passé la rivière et pt être si près de lui ?, aveuglement si extraordinaire, que les historiens les mieux instruits l'imputent à la per-

| fidie de ses généraux qui l'avaient trerapé par

de faux avis. Lorsque les témoignages réunis de plusieurs témoins oculaires l'eurent enfin convaincu de sa fatale méprise , il donna ses ordres pour se retirer vers Wittemberg; mais une

1 Avila, p. 115. A.

? Camerar., ap. Freher.,tom. Il, p.693.Struv., Corp. hist, germ., 1047, 1019.

armée allemande, embarrassée comme de cou-

tume par ses bagages et son artillerie, ne pouvait se mettre en mouvement avec beaucoup de

célérité. A peine avait-elle commencé sa marche

que les troupes légères de l'ennemi se firent apercevoir, et l'électeur vit qu'il ne pouvait éviter une bataille, Comme il avait autant de bravoure dans l’action que d’indécision dans le conseil, il fit ses dispositions pour le combat avec la plus #rande présence d'esprit et beaucoup de prudence ; il profita d’une grande forèt pour couvrir ses ailes, de manière à ne pas craindre d'être enveloppé par la cavalerie ennemie, beaucoup plus nombreuse que la sienne. L'empereur, de son côté, rangeait ses troupes en bataille à mesure qu'elles avançaient, et parcourant les rangs à cheval, il exhortait ses soldats en peu de mots, mais en termes énergiques, à faire leur devoir. Les deux armées étaient animées par des sentimens bien différens. Le ciel, qui jusqu’à ce moment avait été sombre et couvert de nuages, s'étant éclairci tout à coup, cette circonstance fit sur les deux partis opposés une impression analogue à la disposition des esprits. Les Saxons, surpris et découragés, se virent avec peine exposés aux regards de leurs ennemis; les impériaux, assurés que les troupes protestantes ne pouvaient plus leur échapper, se réjouirent du retour du soleil comme d'un présage certain de la victoire. Le combat n'aurait été ni long ni douteux si le courage des Saxons n’eût été ranimé et soutenu par la bravoure personnelle de l'électeur, et par l'activité qu'il déploya dès le moment que l'approche de l'ennemi lui eut fait regarder un engagement général comme inévitable. Ils repoussèrent d’abord la cavalerie légère hongroise qui commença l'attaque, et reçurent avec beaucoup de vigueur les gendarmes qui s’avancèrent ensuite à la charge; mais comme ceux-ci étaient la fleur de l'armée impériale, et qu’ils combattaient sous les yeux de l’empereur, les Saxons furent obligés de plier ; les troupes légères des impériaux se ralliant en même temps, et tombant sur leur flanc, la déroute devint bientôt générale. Un petit corps de soldats choisis, que l'électeur commandait en personne, continuait encore de se défendre, et tâchait de sauver son souverain en se retirant dans la forêt. Mais cette troupe ayant été enveloppée de tous côtés, l'électeur, qui était blessé

au visage et épuisé de fatigue, et qui voyait l'inutilité d’une plus longue résistance, se rendit prisonnier. Il fut conduit sur-le-champ vers l'empereur, qui, revenant alors de la poursuite des fuyards, jouissait au milieu du champ de bataille de la vue de tout son succès, et recevait les complimens de ses officiers sur la victoire complète qu'il venait de remporter par sa valeur et sa prudence. L'électeur, dans la situation malheureuse et humiliante où il était réduit, montra un maintien également noble et décent ; il se présenta à son vainqueur sans prendre un air d'orgueil ou d’humeur qui n'aurait pas convenu à un captif, mais il ne s'abaissa non plus à aucune marque de soumission indigne du rang élevé qu’il tenait parini les princes d'Allemagne. « Le hasard de la guerre, dit-il, m'a fait votre « prisonnier, très gracieux empereur, et j'espère « d’être traité... Ici, Charles l’interrompit brusquement : « On me reconnait donc enfin pour « empereur? lui dit-il. Charles de Gand était le « seul titre que vous m'aviez donné jusqu'ici. « Vous serez traité comme vous le méritez. »

Après ces mots il tourna le dos à l'électeur d’un air très fier et le quitta. A ce traitement cruel, le roi des Romains ajouta en son propre nom des reproches, accompagnés d'expressions moins généreuses encore et plus insultantes. L’électeur ne fit point de réponse, et d’un air calme et tranquille, sans montrer ni abattement ni surprise, il suivit les soldats espagnols désignés pour le garder !.

Cette victoire décisive ne coûta aux impériaux que cinquante hommes; douze cents Saxons y perdirent la vie, surtout dans la déroute, et il y en eut un plus grand nombre encore de prisonniers. Un corps d'environ quatre cents vint à bout de s'échapper et arriva à Wittemberg avec le prince électoral, qui avait été blessé aussi dans l’action.

L'empereur resta deux jours sur le champ de bataille, en partie pour rafraîchir son armée, en

partie pour recevoir les députés des villes voisines, qui s’empressèrent de mériter sa protection en se soumettant à ses volontés ; après quoi il marcha à Wittemberg , dans le dessein de ter-

1 Sleid., Æist., p. 426. Thuan., p. 136. Hortensius, de Bello german. ap. Scard., vol. 11, p. 498. Descript. pugnæ muhlberg., ibid., p.509. P. Heuter., Aer, austr., 1jb, xus, c. xutt, p. 298,

miner tout d'un coup la guerre en s’emparant de cette place. L’infortuné électeur fut emmené comme en triomphe et exposé partout , dans l'état d'un captif, aux yeux de ses propres sujets. Ce spectacle affligeait tous ceux qui aimaient et qui honoraient ce prince; mais un si sensible outrage ne put abattre la fierté de son âme, ni mème troubler son sang-froid et sa tranquillité ordinaire.

Wittemberg était alors larésidence de la branche électorale de la famille de Saxe ; c'était une des plus fortes villes de l'Allemagne, très diffcile à prendre, si elle était bien défendue. L'empereur y marcha avec la plus grande célérité, espérant que la consternation qu'avait répandue la nouvelle de sa victoire, pourrait déterminer les habitans à imiter l'exemple de leurs compatriotes, et à se soumettre à ses armes dès qu'il se présenterait devant leurs murs. Mais Sibille de Clèves, femme de l'électeur, qui joignait beaucoup de talens à une grande vertu, au lieu

de s’abandonner aux larmes et aux plaintes sur !

le malheur de son époux, tâcha par son exemple et ses exhortations d'animer les citoyens: elle sut leur inspirer tant de confiance et de courage, que lorsqu'ils furent sommés de se rendre, ils rent la réponse la plus fière et avertirent l’empereur d’avoir pour leur souverain tous les égards qui étaient dus à son rang, parce qu'ils étaient déterminés à traiter Albert de Brandebourg, qui était toujours prisonnier, comme l'électeur serait traité. La résolution des habitans et la force de la place paraissaient rendre un siége en règle indispensable. Après une victoire si éclatante, ç'aurait été une tache pour l'empereur que de ne pas l'entreprendre, mais en mème temps il manquait de tout ce qui était nécessaire pour cette expédition. Maurice leva toutes ces difficultés en s’engageant à fournir des vivres, de l'artillerie, des munitions, des pionniers, et toutes les autres choses dont on pourrait avoir besoin. Sur la foi de ces promesses, Charles donna ses ordres pour ouvrir la tranchée devant la place ; mais Maurice s'était laissé séduire par l’impatience qu'il avait de voir tomber la capitale de ces mêmes états, dont la possession devait le récompenser d’avoir pris les armes contre son parent, et d'avoir abandonné la cause protestante; on s'aperçut bientôt qu'il avait promis plus qu'il n’était en état d'exécuter.

On trans] train d’ar temberg ; de troupi ses doma comte Ma ment des convoi de dispersa !

service de les progri plus com sentit qu’ dient plu:

rendre m2 L’infor!

Charles f pour tirer pour essa:

son dessei pour son leur père.

fois Sibille fisant sa teur paye jour la ca uce frivo a prisonr ère que de consult h cause à litution £ connaissa grand pr conseil de ctitalien d'Albe, i acte de vi charge s prisonnie torité de formalité validité ; l'électeur de trahis décapité.

qu'il s’a de Bruns lecteur g laisser éc

[1547] » en s’emparant eur fut emmené partout , dans ses propres su- S ceux qui aince; mais un si la fierté de son sang-froid et sa

Rence de la branaxe ; C'était une agne , très diffidéfendue. L'emgrande célérité, u'avait répandue rait déterminer de leurs compa- ‘armes dès qu'il hurs. Mais Sibille ur, qui joignait de vertu , au lieu

aux plaintes sur À

a par son exem-

er les citoyens;

fiance et de coummés de se renus fière et avertieur souverain tous son rang, parce traiter Albert de ours prisonnier, La résolution des paraissaient rennsable. Après une té une tache pour treprendre, mais le tout ce qui était tion. Maurice leva sageant à fournir s munitions, des es choses dont on foi de ces promeses pour ouvrir la ais Maurice s'était qu’il avait de voir mes états, dont là ser d’avoir pris les d'avoir abandonné erçut bientôt qu'il en état d'exécuter.

On transporta , à la vérité, sans obstacles, un train d'artillerie par l'Elbe, de Dresde à Wittemberg ; mais comme Maurice n'avait pas assez de troupes pour assurer la communication de ses domaines avec le camp des assiégeans, le comte Mansfeldt, qui commandait un détachement des troupes électorales, s'empara d’un

‘onvoi de vivres et de munitions de guerre, et

dispersa une bande de pionniers destinés au service des impériaux. Ce contre-temps arrêta ls progrès du siége ; l'empereur, ne pouvant plus compter sur les promesses de Maurice, sentit qu’il devait avoir recours à quelque expédient plus prompt et plus efficace, pour se rendre maître de la ville.

L'infortuné électeur était entre ses mains ; Charles fut assez cruel et assez peu généreux pour tirer avantage de cette circonstance , et pour essayer s’il ne pourrait pas venir à bout de son dessein en alarmant la tendresse de l'épouse pour son mari , et la piété des enfans envers leur père. Dans cette vue, il somma une seconde is Sibille d'ouvrir les portes de la ville, en lui fiisant savoir que si elle refusait d’obéir, l’électur payerait de sa tête son obstination ; et jour la convaincre que ce n'était pas une meace frivole, il fit faire sur-le-champ le procès a prisonnier. La procédure fut aussi irrégultre que le stratagème était barbare. Au lieu de consulter les états de l'empire ou de remettre k cause à quelque tribunal qui, selon la constution germanique, pût légalement prendre connaissance du crime, Charles soumit le plus grand prince de l'empire à la juridiction d’un conseil de guerre , composé d'officiers espagnols et italiens, et auquel présidait l’impitoyable duc d'Albe, instrumeit toujours prêt à servir à un acte de violence. Cet étrange tribunal fondait sa charge sur le ban de l'empire décerné contre le prisonnier , sentence prononcée par la seule autorité de l’empereur, et dénuée de toutes les formalités légales qui pouvaient lui donner de la validité ; mais le conseil de guerre , regardant l'électeur comme convaincu par cette sentence de trahison et de rébellion , le condamna à être décapité. Cet arrèt fut signifié à l'électeur tandis qu'il s'amusait à jouer aux échecs avec Ernest de Brunswick qui était prisonnier avec lui ; l’électeur garda un moment le silence, mais sans laisser échapper aucun mouvement de trouble [R

ni de terreur; puis observant l’irrégularité ainsi que l'injustice du procédé de l’empereur : « 11 « est aisé, dit-il, de deviner son plan; il faut « que je meure, parce que Wittemberg ne veut « pas se rendre; mais je donnerai ma vie avec « plaisir, si par ce sacrifice je puis conserver la « dignité de ma maison , et transmettre à mes « descendans l'héritage qui leur appartient.

« Plaiseau ciel que cette sentence n'affige pas ma « femme et mes enfans plus qu’elle ne m’inti- « mide, etquedans l'espérance d'ajouter quelques « jours à une vie déjà trop longue ils ne renon- « cent pas aux titres et aux possessions auxquels | « leur naissance les a destinés !.» Se tournant | ensuite vers le prince de Brunswick , l'électeur lui proposa de continuer la partie. Il joua avec le même degré d'attention et d'intérêt, et ayant ‘ gagné la partie, il en témoigna toute la satisfaction qu’il eût pu éprouver dans un autre moment. Il se retira ensuite dans son appartement ‘ pour y employer ses derniers instans aux exer- \ cices de piété qu’exigeait sa situation 2.

| Ce ne fut pas avec la même tranquillité que | la nouvelle du danger de l'électeur fut reçue à Wittemberg. Sibille, qui avait supporté avec une fermeté inébranlable l’infortune de son | mari, tant qu’il n'y avait eu à craindre que la | diminution de sa puissance et de ses domaines, | sentit s’'évanouir tout son courage en apprenant que la vie de ce prince était menacée. Déterminée à le sauver, elle n’écouta aucune aatre | considération, et il n'y eut point de sacrifice qu'elle ne fût prête à faire pour apaiser un vainqueur irrité. En même temps le duc de CIèves, l'électeur de Brantebourg et Maurice, auxquels Charles n'avait point communiqué les véritables motifs de ses rigoureuses résolutions contre l'électeur, intercédaient avec beaucoup de chaleur pour obtenir sa vie; le premier était animé par un pur sentiment de compassion pour sa sœur et son beau frère; les deux autres redou- | | |

taient le blâme universel dont ils se couvriraient si, après avoir exalté si souvent la promesse que Charles leur avait faite d’une entière sécurité pour ce qui concernait leur religion , le premier fruit de leur union avec l’empereur était l'exécution publique d'un prince justement re-

1 Thuan, tom. 1, p. 142.

2 Struvius, Corp., 1050.

ES Re gene

mn aude ce aie LE En TES

véré comme le plus zélé protecteur de la cause protestante, Maurice, en particulier, prévoyait qu'il serait un objet d'horreur pour les Saxons, et qu’il ne pourrait jamais espérer de les gouverner avec tranquillité si on pouvait le soupçonner d'avoir eu quelque part à la mort de son plus proche parent pour se faire donner ses états.

Tandis que ces princes, agités par ces différens motifs, sollicitaient l'empereur avec !a plus vive importunité de ne point faire exécuter l'arrêt du conseil de guerre, Sibille et ses enfans lui écrivaient et lui envoyaient des députés pour le conjurer de faire cesser les alarmes que leur causait le danger d'un époux et d'un père , et de mettre au prix qu'il voudrait le salut et la vie dece prince infortuné. L'empereur, s'applaudissant du succès de l'expédient qu'il avait imaginé. se relâcha par degrés de sa première sévérité, montra des dispositions de clémence, et promit la grâce de l'électeur s'il voulait s'en rendre digne en souscrivant à des conditions raisonnables. Ce prince, qui avait vu sans être ébranlé l'approche d'une mort ignominieuse , fut attendri par les larmes d'une épouse chérie, et ne put résister aux instances de sa famille : vaincu par leurs sollicitations réitérées , il consentit à un accommodement qu’il aurait, en tout autre moment , rejeté avec dédain. Ce traité était, qu'il résignerait, en son nom et au nom de sa postérité , la dignité électorale entre les nains de l'empereur, qui serait le maître d'en disposer à son gré; que les villes de Wittemberg et Gotha seraient livrées sur-le-champ aux troupes de l'empereur; qu’Albert de Brandebourg serait mis en liberté sans rançon; que l'électeur se soumettrait au décret de la chambre impériale, et acquiescerait à tous les changemens que l'empereur jugerait à propos de faire dans la constitution de ce tribunal; qu’il renoncerait à toute ligue contre l’empereur ou le roi des Romains, et ne formerait à l'avenir aucune alliance dans laquelle ces deux princes ne seraient pas compris. En échange de ces importantes concessions. l'empereur promettait nonseulement de lui donner la vie, mais encore de lui céder, pour lui et sa postérité, la ville et le territoire de Gotha avec une pension annuelle de 50,000 florins , payables sur les revenus de l'électorat, et une somme d'argent comptant

destinée à l’acquittement de ses dettes. Mais ces articles de grâce étaient bien empoisonnés par la condition cruelle, imposée à l'électeur , de rester, pendant le reste de sa vie, prisonnier de l'empereur t, Charles avait voulu exiger encore que l'électeur se soumit aux décrets du pape «+ du concile sur les points de religion qui étaient en controverse; mais ce prince infortuné , qui avait bien pu consentir à sacrifier ce que les hommes regardent communément comme ce qu'ils ont de plus cher et de plus précieux, fut inflexible sur ce dernier article; ni les menaces ni les prières ne purent le faire renoncer à ce qui lui paraissait la vérité, ni le déterminer à

faire une démarche contraire aux mouvemens de ;

sa conscience.

Dès que la garnison saxonne fut sortie de Wit. temberg, l'empereur s’acquitta de ses engage. mens envers Maurice, et, pour le récompenser d'avoir abandonné la cause protestante et d'avoir contribué avec tant de succès à la dissolution de la ligue de Smalkaide, il le mit en possession de cette place, ainsi que de toutes les autres villes de l'électorat. Ce n'était pas cependant sans répugnance que Charles consentait à faire un si grand sacrifice ; le succès extraordinaire de ses armes avait commencé, comme il arrive toujours, à élever les vues de son âme ambitieuse, et lui suggérait déjà de nouveaux et vastes pro- Jets d’agrandissement, pour l'exécution desquels il lui aurait été fort utile de conserver la Saxe. Mais comme son plan n'avait pas encore la maturité nécessaire pour songer à l’exécuter, il craignit de le laisser entrevoir; d’ailleurs, il n'y aurait eu ni sûreté ni prudence à offenser, dans un tel moment, Maurice, en manquant ouverte.

ment à toutes les promesses qui avaient déterminé ce prince à abandonner ses alliés naturels.

Le landgrave, beau-père de Maurice, était toujours en armes, et quoiqu'il restàt alors le seul défenseur de la cause protestante, cet ennemi n'était ni faible ni méprisable, Ses domaines étaient fort étendus, et ses sujets étaient animés du plus grand zèle pour la réformation. S'il avait pu en imposer pour quelque temps aux impériaux, il y avait beaucoup à espérer d'un parti dont la force n’était pas encore divisée,

! Sleid., p. 427. Thuan, vol. 1, p. 142. Dumont, Corps diplom., vol. AV, p. 11, 332.

qui pouva gueur, et compter si roi de Fra des plans mème con les conféd.

conditions dait com la nécessit encourage fiques, er l'empereut cet allié vi ditions av.

d'obtenir ( dont le sal le landgra dans les pi impatient brsqu'il cc peur, qu de la biens a lorsqu'il nnnique d xxe, ces ar lui, qu ins qu'il quil était dans ses générosité die, inspin tient et ir de longue quillemen sa propre titudes et l négocia Maurice térent po lndgrave Maurice s tions très renoncer à l'autorité décrets de ditions q l'électeur personne pardon à

dettes. Mais ces mpoisonnés par à l'électeur , de e, prisonnier de lu exiger encore crets du pape et igion qui étaient e infortuné , qui ifier ce que les ent comme ce lus précieux, fut ; ni les menaces re renoncer à ce le déterminer à x mouvemens de

fut sortie de Wita de ses engager le récompenser rotestante et d'aiccès à la dissolu- | le mit en possese toutes les autres it pas cependant consentait à faire ‘extraordinaire de mme il arrive tou- | âme ambitieuse, aux et vastes proxécution desquels onserver la Saxe.

pas encore la mar à l’exécuter, il r; d'ailleurs, il ny e à offenser, dans nanquant ouverte:

qui avaient déterses alliés naturels.

de Maurice, était d'il restät alors le otestante, cet eniprisable. Ses dot ses sujets étaient ur la réformation.

quelque temps aux up à espérer d'un as encore divisée,

Page 1