LIVR
ques huttes que les Indiens avaient établies sur des pieux pour les élever au-dessus des eaux stagnantes qui couvraient la plaine, donnèrent au pays le nom de Fenezuela , ou petite Venise, d'après leur penchant ordinaire à trouver des ressemblances entre ce qu'ils découvraient en Amérique et ce qu'ils connaissaient en Europe. Ils firent quelques tentatives pour s'y établir, mais sans succès. Ils en devinrent enfin les maîtres par des moyens bien différens de ceux qui les ont mis en possession de leurs autres domaines du Nouveau-Monde. L'ambition de Charles V l'engagea souvent dans des projets si multipliés et si vastes, que ses revenus ne suffisaient pas pour les dépenses de l'exécution. Parmi d'autres expédiens qu'il employa pour y suppléer, il avait emprunté de grosses sommes des Velsers d'Augsbourg, qui étaient alors les plus riches négocians de l'Europe. Pour leur paiement, et peut-être pour en obtenir de nouveaux secours, il leur concéda la province de Venezuela pour la tenir en fief héréditaire de la couronne de Castille, à la condition pour eux qu'ils se rendraient maîtres du pays et qu'ils y établiraient une colonie. On devait espérer que des commerçans | donneraient à un pareil établissement une forme différente de celle que les Espagnols avaient