LE TIR
rre avait pu alors es propositions en l'autorité qu'Élisn.
neur, qui était sa créature, € prolonger Ja négociation long-temps qu’elle l'aurait Camden, 549, 1
1 L’astrologie judiciaire était fort à Ja Mode dans ce siècl
€ : On sait combien Catherine de Mé.e,— 1 Melvil, 104 105,
nstances des négociations en.
mariage de la reine d'Écosse 8 de manière à faire juger qu'il ne réussirait point, La reine d'Angleterre qui
succès, La reine
à écouter s de Leicester,
* Melvil, 93, 94, —s Thid,, 101,
apparences, en retirer toute la gloire et tous les avantages, ne le désirait que faiblement. Cependant Élisabeth et Marie continuaient à agir avec une égale dissimulation. Élisabeth, malgré la crainte qu’elle avait de perdre le comte de Leicester, sollicitait fortement en sa faveur. Marie, qui avait déjà jeté les yeux sur un autre sujet d'Angleterre , n’osait pas néanmoins rejeter définitivement la proposition d’Élisabeth.
Henri Stuart, lord Darnly , fils aîné du comte de Lennox, était celui qui commençait à devenir l'objet des attentions de Marie. Lennox avait été chassé d'Écosse pendant la régence du duc de Chatellerault, et il vivait dans l'exil depuis vingt années. Milady Marguerite Douglas, femme de Lennox, était la rivale de Marie, et la plus dangereuse, par rapport à ses prétentions au trône d'Angleterre. Elle était fille de Marguerite, sœur aînée d'Henri VII, et du comte d’Angus, que cette reine avait épousé après la mort du roi Jacques IV, son premier mari. Le droit et l'ordre de succession n'étaient point alors aussi exactement déterminés qu'ils le sont aujourd'hui. Le temps et la décision de presque tous les cas possibles ont à la fin mis de la certitude dans une matière sujette par sa nature à toutes sortes de variations , et souvent embrouillée par le caprice de législateurs guidés par des rapports et des convenances obscures et souvent imagjinaires. Milady Lennox, quoique née d’un second mariage, était plus proche que Marie d’un degré du sang royal d'Angleterre; elle était fille de Marguerite, dont Marie n'était que petite-fille. Milady Lennox avait encore sur Marie un autre avantage; elle était née en Angleterre, et suivant les lois de ce pays à l'égard des successions entre particuliers : « quiconque n'était point né « en Angleterre, ou bien au moins de parens « étant lors de sa naissance sous l’obéissance du « roi d'Angleterre, ne pouvait recueillir aucun a héritage dans le royaume f. » Hales, jurisconsulte anglais, avait avancé cette maxime dans un traité qu’il venait de publier, et il s’efforçait d'appliquer le sens de la loi au droit de succession à la couronne. Ce point de la loi peut, dans une affaire entre particuliers, donner matière à des doutes et à de longs plaidoyers; mais lorsqu'il est question du sort d’une
Carte. Æist. of Engl., vol. 1], 422,
oo
couronne , on doit éviter avec soin ces disputes frivoles, ces vaines subtilités. Si Darnly s'était allié à une des familles puissantes d'Angleterre, ou qu’il eût pris le parti de faire publiquement profession de la religion protestante, ces lieux communs plausibles et agréables au peuple pouvaient être employés de manière à produire un effet fatal aux prétentions d’un étranger et d’un papiste. ;
Marie apercevait toutes ces choses , et pour prévenir le danger qui pouvait la menacer, elle s'était attachée de bonne heure à cultiver une correspondance d'amitié avec la famille de Lennox. En l’année 1562 !, Élisabeth avait fait arrêter le comte de Lennox et milady Marguerite, sur ce qu’on disait qu’ils entretenaient une correspondance secrète avec la reine d'Écosse.
Depuis que Marie avait senti les difficultés qui se rencontraient à son mariage avec un étranger, elle avait formé uneliaison plus étroite avec le comte de Lennox ?, et elle l'avait invité à revenir en Écosse. Elle voulait cacher cette démarche à Élisabeth, mais une chose de cette importance ne pouvait pas échapper à la vigilance de cette princesse. Elle en fut informée, et elle ne voulut point s’y opposer. Rien ne pouvait s’accorder plus parfaitement à ses vues par rapport aux affaires de l'Écosse. Elle était bien aise de voir l’orgueil de la reine d'Écosse rabaissé au point de songer à partager son lit avec un sujet. Darnly n’était point dans une position à lui donner ni craintes ni jalousies..Les biens de son père étaient situés en Angleterre, et au moyen de ce gage, elle espérait qu’elle pourrait diriger à son gré cette négociation, y faire jouer les mêmes ressorts, et yemployer les ruses et les délais dont elle avait formé le plan, si sa recommandation en faveur du comte de Leicester avait été reçue plus favorablement.
Avant la réunion des deux couronnes, un sujet ne pouvait pas aller d'un royaume dan
l’autre sans la permission des deux souverains € Lennox demanda à Élisabeth la permission de € passer en Écosse, sous prétexte de suivre lis &
prétentions de sa femme sur le comté d’Angur et il l’obtint sur-le-champ. Élisabeth lui don en même temps des lettres de recommandation
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très fortes , dans lesquelles elle demandait à Marie, avec beaucoup d’empressement , de favoriser la personne et les intérêts de Lennox !. Mais comme Élisabeth s'était fait le plan de répandre toujours des doutes et des embarras dans toutes ses opérations relatives au royaume d'Écosse , et qu'elle y affectait une sorte d'inconséquence , elle avertissait Marie que sa bienveillance pour Lennox pourrait lui être fatale , et que le retour de ce seigneur en Écosse ne manquerait pas de réveiller les anciennes animosités entre lui et la maison d'Hamilton.
l'esprit de Marie, et attira de sa part une réponse très vive qui interrompit pendant quelque temps toute correspondance entre les deux reines ?, Marie fut très alarmée de cette mésintelligence. Elle craignait les effets du ressentiment d’Élisabeth, et elle apercevait tout le
libre avec l'Angleterre, où ses ambassadeurs suivaient depuis long-temps avec assez de succès des négociations secrètes qui augmentaient le nombre de ses partisans, et qui lui frayaient le chemin au trône, Pour remédier à ces inconvéniens, Melvil fut envoyé à la cour d'Angleterre. Il ne trouva aucune difficulté à faire la réconciliation. Les apparences de la bonne amitié furent aussitôt rétablies, mais sans aucune confiance, Ce füt tout le fruit des démarches de Melvil, et les choses restèrent sur ce pied-là, pendant quelque temps, entre les deux reines.
Pendant le cours de cette négociation , les protestations d’attachement de Ja part d'Élisabeth pour Marie , et les réponses de Melvil au
nom de sa maîtresse se faisaient dans le langage .de l'amitié la plus forte et la plus sincère. Mais l'observation de Melvil au sujet d’Élisabeth Peut, sans injustice, être appliquée aux deux | reines. « Il n'y eut, dit-il ; dans toute cette af-
“ crainte, que jalousies, et une grande dissimu- « lation 3, »
Cependant Lennox, muni de la permission qu'il avait demandée , se mit en chemin pour
l'Écosse, Il y fütreçu par la reine non-seulement avec les égards dus à un seigneur qui ap-
* Keith, 255, 268, — + /hÿd,, 253. Melv., 83. 8 Melvil, 104.
RE IIL . 117
partenait d'aussi près à la famille royale, mais encore avec une ouverture de cœur et des marques d'amitié si distinguées, qu’elles ne pouvaient pas manquer de lui faire concevoir les plus hautes espérances. Le bruit du mariage de son fils avec la reine commençait à se répandre dans le royaume > €t attirait sur lui les regards de tous les Écossais comme sur le père de leur maître futur. Le duc de Chatellerault fut le premier à en prendre l'alarme. Il regardait Lennox
Cet avis captieux jeta des soupçons dans
désavantage d'être privée d’une correspondance |
comme un ennemi ancien et héréditaire de la maison d'Hamilton ; il croyait voir sa ruine entière et celle de tous ses parens dans l'élévation du comte de Lennox. Mais la reine interposa son autorité pour empêcher les voies de fait, et elle vint à bout d'engager ces deux seigneurs
à transiger sur tous leurs différends 1,
La famille puissante des Douglas ne redoutait
| Pas moins le retour de Lennox > Qui pouvait lui enlever le comté d’Angus. Mais la reine, apercevant combien il serait dangereux d'irriter Morton et les autres grands de cette maison, obtint de Lennox qu'il rechercherait l'amitié des Douglas , et qu'il ne serait point fait mention des prétentions de sa femme sur le comté
d’Angus ?,
Après ces démarches préliminaires, Marie hasarda d’assembler le parlement. L'acte de confiscation prononcé contreLennox en l'année 1545 fut cassé, et il fut publiquement rétabli dans les honneurs et biens de ses ancêtres 5,
Il ne se passa rien de fort considérable pendant le cours de cette année au sujet des affaires de l’église. On porta dans les assemblées les mêmes plaintes de l'accroissement de l’idoltrie, On y renouvela les mêmes représentations sur la pauvreté du clergé. Les réponses de la reine furent plus satisfaisantes pour les protestans qu'aucune de celles qu’ils avaient jusqu'alors ob. tenues 4, Cependant malgré ces déclarations favorables, ils ne pouvaient s'empêcher de soupçonner Marie d’avoir des desseins contre leur religion. Elle n'avait jamais voulu entendre aucun prédicateur de la réforme. Elle n'avait rien : diminué de son attachement à la religion ro- ! maine, L'esprit de cette religion, éloigné dans tous les temps de la toiérance, était alors cruel
* Keith, 259, — 2 /bid., 268, not. b. —5 {ppendix n°IX, p. 55et suiv. — 4 Keith » 293, 539,
et inflexible. Marc avait donné à ses parens du continent des assurances réitérées de la résolution où elle était de rétablir l'église catholique !, Elle avait évité avec art toutes les occasions de ratifer les actes du parlement de 1560, en faveur de la réformation, La protection qu'elle avait accordée, depuis son retour , à la religion protestante , n'était que passagère ; elle avait même déclaré par sa proclamation qu'elle y était forcée, et que ce n'était « qu'en « attendant qu'elle eût pris quelque arrange- « ment définitif au sujet de la religion ?, » Aucune de ces circonstances n'échappait au zèle et à la vigilance des prédicateurs. La froideur de leurs principaux chefs, qui étaient alors entièrement dévoués à la cour, augmentait encore leurs soupçons et leurs craintes. Is inspiraient au peuple ces mêmes défiances, dans un languge qu'ils jugeaicat convenable à la nécessité des temps, et que la reine traitait d'insolençe et de manque de respect, Dans une des séances de l'assemblée générale, Maitland accusa publiquemert Knox d'enseigner une doctrine séditieuse , en donnant aux sujets le droit de résister À leur souverain lorsqu'ils sortaient des bornes de leurs devoirs envers leurs peuples. Knox ne recula point , et entreprit de justifier ce qu'il avait avancé, Cette doctrine de la résistance, selon lui si conforme au droit naturel, mais dont l'application aux cas particuliers est si délicate, fit naître des débats dans lesquels on vit briller les talens et le caractère des deux personnages qui étaient entrésen lice : la sagacité de Maitland , ornée des agrémens de la littérature, mais «rop portée à la subtilité ; l'âme nerveuse de Knox , toujours prêt à soutenir des sentimens audacieux, et supérieur à toutes les craintes à,
\ Deux années s'étaient déjà écoulées depuis
qu'il était question du mariage de la reine d'Écosse, et les négociations étaient toujours également infructueuses. Marie avait eu le temps et les occasions d’apercevoir toute la fausseté de la conduite de la reine d'Angleterre dans cette affaire. Mais pour mettre les véritables sentimens ,de cette princesse dans tout leur jour, et la #forcer de déclarer ouvertement ses intentions,
4 Carte, vol. Il}, 415, — *? Keith, 504, 510. 5 knox, 349,
\ Marie déclara à Randolph , que si on voulait reconnaître publiquement son droit de succession à la couronne d'Angleterre, elle était prête à se rendre aux sollicitations de sa maîtresse, en faveur du comte de Leicester !, Élisabeth était bien éloignée d'accepter une telle proposition, Le droit de succession était un mystère que sa jalousie ne lui permettait pos de dévoiler, et qui resta impénétrable pendant tout le cours de son règne, Cependant lorsqu'elle avait commencé à s'intéresser au mariage de la reine d'Écosse, elle avait déjà promis tout ce qu'on lui demandait alors. Comment refuser aujourd'hui avec bienséance, ce qu'elle avait offert elle-même dés le commencement de la négociation? comment éluder ses premières propositions ? La conjoncture était embarrassante, et jetait Élisabeth dans une grande perplexité.
Le lord Darnly obtint alors la permission d'aller à la cour d'Écosse; cette complaisance d'Élisabeth venait, selon toutes les apparences,
de ia difficulté des circonstances où elle se trou- ‘
vait. Depuis l'ambassade de Melvil en Angleterre, lady Lennox avait fortement sollicité la liberté de son fils. Elle avait déjà reçu plusieurs avis de ses ministres, qui l'instruisaient du commencement et des progrès des sentimens de la reine d'Écosse pour Darnly ?. Élisabeth était absolument la maîtresse d'empêcher Darnly de sortir de Londres, mais alors le voyage de ce scigneur en Écosse était pour elle un avantage réel. Elle avait déjà produit sur la scène un acteur dont elle dirigeait tous les mouvemens , et elle était ainsi venue à bout d'amuser pendant long-temps la reine d'Écosse. Elle espérait de gouverner avec le même empire le lord Darnly, qui était pareillement son sujet; elle pouvait ainsi engager Marie dans de nouvelles intrigues, dans une négociation longue et importune. Ces considérations déterminérent Élisabeth et ses ministres. à céder aux instances de lady Lennox.
Cependant tout ce plan d'intrigues obscures fut en un moment déconcerté., Ces événemens imprévus qui tiennent du roman, et que l'ima-' gination des poëtes attribue au pouvoir de l'amour , sont en effet quelquefois produits réelles ment par les mouvemens de cette passion. Une
‘ Keith, 269, — * /bid., 259, 261, 26€.
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rigues obscures Ces événemens, n, et que l'ima- | pouvoir de l'aproduits réelle te passion, Une
affaire qui avait fait jouer tant de ressorts politiques, qui avait remué et intéressé tant de princes, fut décidée en un instant par la sympathie de deux jeunes personnes, Darnly était alors dans la force de l'âge, dans la premiére fleur de la jeunesse. 1 effaçait tous ceux de son temps par ses grâces et par sa beauté. Il possédait, dans le plus haut degré, tous les talens qui pouvaient donner un aird’aisance et d'élégance aux agrémens extérieurs de sa figure, toutes les qualités capables d'éblouir et de charmer. Marie était d'age etde complexion à en ressentir vivement l'effet. On aperçat dés le premier moment de l'entrevue toute Yimpression que le lord Darnly faisait sur l’espiié de la reine, La cour ne fut plus occupée j'te du soin de l’accueillir et de l'amuser, Au milieu de ces réjouis sances, les talens de Darnly, propres aux fêtes etaux spectacles, parurent avec le plus grantl avantage. Il triompha du cœur de la reine. La force de l'attrait précipita la conclusion d'un mariage dont les premières propositions n'étaient fondées que sur des vues purement politiques. Élisabeth contribua, et peut-être à dessein, à augmenter la violence de cette passion, Aussitôt après l'arrivée de Darnly en Écosse, elle répondit au message par lequel Marie avait déclaré qu'elle était disposée à accepter Leicester, et elle s’exprima dans des termes qui dévoilèrent pleinement ses véritables intentions depuis le commenceément de cette intrigue !, Elle déclara que si le mariage de la reine d'Écosse se faisait avec Leicester, elle élèverait ce seigneur aux plus grands honneurs; mais que par rapport au droit de Marie à la succession d'Angleterre, elle ne souffrirait point qu'on fit sur cela aucun examen juridique , et qu'elle ne permettrait point
| qu'il fût publiquement reconnu, jusqu'à ce
qu'elle cût elle-même déclaré qu'elle ne se marierait jamais. Malgré les promesses précéden-
}tes et tout opposées d'Élisabeth, Marie aurait
pu s'attendre à cette dernière réponse. Cependant sa fierté fut blessée d'une marque de mépris aussi cruelle; elle perdit toute patience lorsqu’elle avait été pendant si long-temps le jouet d'Élisabeth, qui, sous des apparences d'amitié, l'avait äbusée par de lâches artifices. L'indignation lui arracha un torrent de larmes, et elle ex-
‘ Keith, 270. Append. , 158,
prima dans les termes les plus forts la douleur
qu'elle en ressentait 1,
L'effet de ces emportemens fut d'augmenter l'ardeur avec laquelle Marie suivait l'exécution de son dessein, Aveuglée également par sa passion et par ses ressentimens, elle ne vit plus aucun défaut dans l'homme dont elle avait fait choix, et elle commença à faire les démarches nécessaires pour exécuter son projet avec toute l'impatience naturelle à cs sortes de passions.
Comme Darnly était proche parent de la reine, les lois canoniqutes le mettaient dans la nécessité d'obtenir une dispense du pape avant Ja célébration du mariage. La reine se pressa d'établir à cet effet une négociation à la cour de Rome ?,
Marie travailla en même temps à obtenir le consentement du roi de France, et celui de sa mère. Elle Communiqua son dessein à Castelnau , ambassadeur de France, et elle Jui fit part
des motifs qui avaient déterminé son choix, le regardant comme l’homme le plus propre à faire entrer sa cour dans toutes ses vues, Castelnau représenta entre autres choses à la cour de France, la violence de l'attachement de Marie pour Darnly, et cette passion si profondément euracinée, qu'il n’était plus possible à la reine de rompre cet engagement #. Le ministre de France se porta volontiers à encourager la passion de la reine d'Écosse, Il savait que l'orgueil de Marie ne lui permettrait jamais de s’allier avec un sujet du roi de France. Le choix de Marie délivrait la France de l'appréhension d'un mariage avec un prince autrichien , et en même temps du danger d'une union trop étroite avec Élisabeth. De plus, comme Darnly faisait profession de la religion catholique romaine, cela convenait parfaitement au plan de superstition adopté par cette cour.
Pendant que Marie était occupée à faire approuver aux cours étrangères des mesures qui lui tenaient si fort au cœur, Darnly et son père se faisaient, par leur mauvaise conduite, dans l'intérieur du royaume, des ennemis capables de les traverser, Lennox, pendant les premières années de sa vie, avait montré peu d’habileté et de connaissances politiques ; on ne voyait en lui qu'un homme de peu d'esprit, mais agité de
Keith, 4ppend., 159, — 3 Camden, 396.
3 Castelnau, 464.
passions fortes. Darnly n'avait ni plus d'esprit ni plus d'intelligence que son père, et ses passions étaient bien plus impétueuses {. I] joignait à ces défauts toute l'insolence qu’une figure avantageuse peut inspirer, lorsqu'elle n’est point accompagnée de qualités plus estimables. Enivré du haut degré de faveur où il était auprès de la reine, ilcommençait à prendre le ton de hauteur d’un roi, et cet air impérieux que la majesté même du trône peut à peine rendre supportable.
C'était par l'avis de Murray et de ceux de son parti, ou bien au moins avec leur consentement, qu'on avait invité Lennox à venir en Écosse 2, Cependant, aussitôt que ce seigneur se fut affermi dans le royaume , il commença à cabaler en secret avec les nobles qu'il savait ennemis déclarés de Murray, et qu'il connaissait pour être, sur le fait de la religion , ou indifférens, ou zélés fauteurs du papisme 3. Darnly, encore plus imprudent que son père, laissait échapper des propos indiscrets sur les grâces que Murray avait obtenues des bontés de la reine 4.
Mais ce qui déplaisait le plus aux nobles et ce qui augmentait leur indignation, c'était la familiarité dans laquelle Darnly vivait avec un Italien nommé David Rizio.
La basse extraction et l’état d’indigence de cet homme l'avaient mis dans une position qui devait naturellement dérober son nom à la postérité. Mais le rôle qu'il était destiné à jouer en Écosse, et sa catastrophe singulière, obligent l'histoire de descendre de sa dignité et de se rabaisser au récit de ses aventures. Il était fils d'un musicien de Turin; il vint en Écosse à la suite de l'ambassadeur de Piémont ; son talent pour la musique lui donna entrée dans la maison de la reine. Sa profession servile lui avait rendu l'esprit souple et les manières insinuantes. Il parvint à se concilier la bienveillance de la reine, et elle lui donna la préférence pour remplir la place de son secrétaire français, qui avait demandé à repasser dans son pays natal. Il commença alors à jouer un rôle à la cour et à y figurer comme un homme de poids et d'importance.
Il fut aussitôt entouré de toute la cohorte de ces
1 Keith, 272, 273. — ? Knox, 367. Keith, 274. 5 Keith, 272, — 4 Zbid., 274.
esclaves ambitieux dont les cours sont remplies, et qui ont une merveilleuse sagacité pour découvrir les routes les plus assurées pour parveair à leurs fins. On apercevait que ses recommandations avaient une grande influence sur l'esprit de la reine; on commença à le regarder non-seulement comme un favori, mais même comme un ministre. Rizio ne se donnait pas la peine de diminuer l'envie qu'on porte toujours à ces révolutions de fortune, subites et extraordipaires. Il se plaisait au contraire à faire parade de tout son crédit. Il affectait de parler souvent à la reine en public et avec beaucoup de familiarité : il tranchait du grand, il allait de pair avec les citoyens les plus riches pour la magnificence de ses habillemens, pour le nombre de ses domestiques; il affichait dans toute sa conduite et dans son maintien cette insolence empruntée que la prospérité sans mérite inspire aux âmes basses. Les nobles étaient indignés à l'excès de voir l'autorité usurpée de cet indigne favori, et ils supportaient impatiemment son arrogance. À peine pouvaient-ils se contenir en présence même de la reine, et s'empêcher de donner à Rizio les plus grandes marques de mépris. Le pouvoir exorbitant de cet homme n'était pas le seul motif de la haine envenimée des Écossais; ils le regardaient comme un ennemi dangereux de la religion protestante, et ils le soupçonnaient avec quelque fondement d’entretenir à ce sujet des correspondances secrètes avec la cour de Rome t.
Ce fut un grand malheur pour Darnly d’être tombé entre les mains de cet homme, et de s'être livré à lui. Rizio, par des louanges excessives et par des assiduités, flattait sa vanité, et il triompha bientôt de son peu d'expérience. Darnly crut ne pouvoir mieux faire que d'employer tout le crédit de Rizio, et celui-ci contribua en effet à concilier de plus en plus à Darnly la bienveillance et les affections de la reine 2. Mais tous les avantages qu'il retira des bons offices de Rizio ne pouvaient contre-balancer le mépris et même l’infamie dont il se couvrait par ses liai sons et sa familiarité avec ce vil personnage.
Malgré tout l'empire que Darnly prenait de jour en jour sur le cœur de la reine, cette princesse se conduisait avec tant de circonspection,
1 Buchan. , 340. Melv., 107. — ? Zbid., 111.
qu'elle terre, voit p:
sa cou sance surait ( Marie Darnly dans ce en An Élisabe … avec D ment. ( qui fit à Élisal apprena : reine d’ raison à » c'était e à Marie, « … de sesr » mariage à dans les DD y aperce : convénie | n'était er } avait so:
résolutio DD impossib reux. On étrangers Bcraignait.
vérité all iterres da l'autre n onsidéra avoir au
2 raisons de l:
+ Onvoitm sabeth, que riage. Keith
rs sont remplies, agacité pour déirées pour parvet que ses recomde influence sur nça à le regarder ori, mais même se donnait pas la | porte toujours à ites et extraordire à faire parade de parler souvent ucoup de familiail allait de pair s pour la magniour le nombre de ans toute sa conte insolence ems mérite inspire taient indignés à se de cet indigne patiemment son ils se contenir en et s'empêcher de ; marques de mécethomme n'était e envenimée des mme un ennemi estante, et ils le ndement d’entrendances secrètes
our Darnly d’être mme, et de s'être ges excessives et anité, et il triompérience. Darnly que d'employer i-ci contribua en plus à Darnly la e la reine ?. Mais des bons offices alancer le mépris avrait par ses liai IL personnage.
arnly prenait de reine, cette prine circonspection,
Ibid. , 111.
Marie n'était point dans l'intention d'épouser Darnly!. Pendant que le ministre anglais vivait dans cette sécurité, la reine dépêcha Maitland en Angleterre pour déclarer ses intentions à Élisabeth, pour lui faire part de son mariage avec Darnly, et pour lui demander son agrément. Cette ambassade fut la première chose qui fit à la fin ouvrir les yeux à Randolph.
Élisabeth affecta la plus grande surprise en apprenant cette prompte détermination de la reine d'Écosse. Elle n'avait cependant aucune MN raison à donner de son étonnement , puisque à c'était elle-même qui avait tendu ce piége à … Marie, et qu'elle devait s'attendre à voir l'effet … de ses menées. Elle désapprouva hautement ce mariage; elle en exprima son mécontentement à dans les termes les plus forts, et elle prétendit y apercevoir toutes sortes de dangers et d'inconvéniens pour les deux royaumes. Mais ce n'était encore qu’une pure dissimulation. Marie | avait souvent et très expressément déclaré la résolution où elle était de se marier. Il était impossible qu’elle fit un choix moins dangereux. On évitait par-là un concours d'intérêts étrangers dans la Bretagne, ce qu'Élisabeth Acraignait, et avec juste raison. Darnly était à la Lvérité allié des deux couronnes, et il avait des iterres dans les deux royaumes, mais ni l’un ni Aautre n'avaient rien à en redouter. Par ces onsidérations, il est évident qu'il ne pouvait y avoir aucune réalité dans ces appréhensions Élisabeth, dans ces dangers qu’elle présageait, t que ses emportemens contre Darnly n'étaient [ue feinte et déguisement 2,
1 Keith, 273. Append., 159, ? Les historiens Contemporains conviennent que le Mariage de la reine d'Écosse avec un sujet n’était nulement désagréable à Élisabeth, Knox, 369, 373. Buhan. , 339. L Castelnau, qui était alors bien au fait des deux cours de la Bretagne, assure que ce mariage était entièrement l'ouvrage d'Élisabeth, et il appuie cette opinion sur des | raisons de la plus grande vraisemblance. Casteln. , 462, On voit même, par les lettres des ambassadeurs d'Éli-
sabeth, que cette princesse fut très contente de ce mariage. Keith, 280, 288,
qu'elle trompa Randolph, résident d'Angle- !
terre, homme d'ailleurs fin et pénétrant. On voit par les lettres que ce ministre écrivait à sa cour qu'il n'avait pas la moindre connaissance de l'intrigue qui se tramait, et il as- | surait continuellement la reine d'Angleterre que
Cependant Élisabeth ne manquait point de ! raisons politiques, et même très importantes, | Pour donner en cette occasion des marques de ! mécontentement, Marie, intimidée Par ces démonstrations, aurait peut être différé son mariage, et Élisabeth, par une faiblesse indigne . d'une grande âme, et messéante dans une reine, ! désirait d'y apporter des obstacles. De plus, le | grand objet de la politique d'Élisabeth était de maintenir la tranquillité dans son royaume; en désavouant hautement la conduite de Marie, elle espérait de porter l'alarme en Écosse dans le parti qui était attaché aux intérêts de l'Angleterre, d'encourager les nobles qui désapprouvaient secrètement ce mariage, et'de les | engager à s’y opposer ouvertement. Par ce moyen , des semences de discorde pouvaient se répandre dans tout le royaume et y exciter des troubles intestins. Pendant ces révol utions, Marie se serait trouvée dans l'impossibilité de former de ces projets dangereux que l'union de ses peuples lui aurait facilités. Élisabeth pouvait alors devenir l'arbitre entre la reine d'Écosse et ses sujets rebelles; et l'Anglais, spectateur tranquille de cette tempête qu'il aurait excitée, serait venu à bout de ruiner le seul royaume qui pouvait lui susciter des troubles et des embarras.
Ce fut pour l'exécution de ce plan qu'Élisabeth porta à son conseil privé le message de la reine d'Écosse, et elle le éonsulta sur la réponse qu’elle devait y faire. Le résultat de ce conseil fut, comme on peut bien se l'imaginer , parfaitement conforme aux vues secrètes de la reine. Il lui fit des représentations sur le mariage projeté, et il lui exposa fort au long les dangers imaginaires dont cet événement menaçait le royaume {, Élisabeth ne crut pas devoir s'en tenir à faire signifier son désaveu du mariage projeté, soit par Randolph, son résident en Écosse, ou par Maitland , ambassadeur de Marie à la cour d'Angleterre. Pour donner un air de dignité à la comédie qu'elle voulait jouer, elle nomma le chevalier Nicolas Throgmorton, son ambassadeur extraordinaire en Écosse, et elle lui ordonna de déclarer dans les termes les plus forts le mécontentement qu’elle avait du mariage que Marie se proposait de contracter, et de produire en même temps la décision de son conseil
Keith, 274, Append., n° X, p. 58 et suiv.
privé, pour donner des preuves évidentes que le vœu de la nation anglaise ne différait point des sentimeps particuliers de la reine. Peu de temps après, Élisabeth fit arrèter lady Lennox, la tint d'abord renfermée comme prisonnière dans sa propre maison , et ensuite l'envoya à la Tour !.
On était déjà instruit en Écosse de toutes ces menées avant l'arrivée de l'ambassadeur anglais. Marie, dans les premiers transports de sa colère, se détermina à ne plus garder de mesures avec Élisabeth. Elle envoya ordre à Maitland, qui venait avec Throgmorton, de retourner sur-le- Champ à la cour d'Angleterre, et de déclarer à Élisabeth, qu'après avoir été amusée si longtemps, et après avoir été jouée et trompée si grossièrement par tant d'artifices, elle était déterminée à suivre sa propre inclination pour le choix de celui qu'elle devait épouser , sans demander d'autre consentement que celui de ses propres sujets, Maitland, avec sa pénétration ordinaire . aperçut toutes les suites de la commission qu'on lui donnait, toute l'aigreur et toute l’imprudence de la déclaration dont il était chargé. Il préféra de risquer d'encourir la disgrâce de sa maitresse en désobéissant à ses ordres, plutôt que de devenir l'agent d'une démarche téméraire, et qui briserait avec tant d'éclat le peu de liens qui formaient encore une sorte d'union entre les deux reines 2.
Marie elle-même reconnut bientôt sa faute.
Elle reçut honorablement l'ambassadeur d’Angleterre. Elle entra avec lui dans le détail de sa conduite, et elle chercha avec bienséance à la justifier. Quoique ferme dans sa résolution , elle affecta un désir inquiet &e ramener à ses vues la reine d'Angleterre. Elle alla même jusqu'à déclarer que, par complaisance pour Élisabeth, elle différerait de quelques mois la consommation du mariage 3. Cependant il y a lieu de croire que la dispense du pape, qu'on attendait, et l'envie de se donner le temps d'obtenir le
mr
consentement de ses sujets, furent les vrais | y : À . auprès de la reine, et il affectait encore de mon-
motifs de ce délai.
Marie se donna beaucoup de soins pour ob- |
tenir ce consentement, et elle y employa toute son industrie, Le comte de Murray était l'homme
‘Keith, 4ppend., 161. — ? Keith, Append., 160. 5 Keith, 4ppend., 278.
du royaume dont il lui était le plus intéressant de gagner le suffrage, mais elle avait des raisons pour craindre de ne pouvoir y réussir qu'avec une extrème difficulté, Depuis que Lennox était de retour en Écosse, Murray s’apercevait que la bienveillance que la reine avait pour lui diminuait de jour en jour.'Darnly, Athol, Rizio, tous trois favoris de la reine, s'étaient ligués contre lui. L'esprit ambitieux du comte ne pouvait supporter cette diminution de crédit, dont ses longs et aneiens services auraient dû le garantir. Il se retira à la campagne, et laissa le champ libre à des rivaux avec lesquels il ne se sentait point assez de force pour entrer en lice !, Le comte de Bothwell, son ennemi déclaré , et qui avait même été accusé d’avoir voulu attenter à sa vie, était de retour en Écosse, après avoir passé quelque temps dans les pays étrangers.
Murray se crut obligé de pourvoir à sa sûreté, et toutes les instances de la reine ne purent jamais l'engager à se réconcilier avec ce seigneur. Il voulut absolument le traduire en justice ; et à force d’importunités, il obtint un jour marqué pour procéder à son jugement. Bothwell n’osa pas paraître devant Murray , qui arriva au lieu désigné, suivi de cinq mille de ses vassaux à cheval ; et il fut encore une fois obligé de sortir du royaume. Mais, par le commandement exprès de la reine, la sentence de proscription qu’il avait encourue, faute de comparoir, ne fut point prononcée 2.
Cependant Marie apercevait de quelle impor.
tance il était pour elle de gagner un sujet aussi puissant et aussi aimé du peuple que le comte de Murray. Elle le rappela à la cour, et elle le reçut avec les plus grandes marques de confiance et de considération. A la fin elle lui demanda de
signer un papier qui contenait une approba- À
tion formelle du mariage de la reine avec Darnly, et de donner ainsi l'exemple à ses autres sujets.
Murray avait bien des raisons de balancer sur une | pareille demande, et même de s'y refuser entiè. À
rement. Darnly avait ruiné le crédit de Murray
trer contre lui, dans toutes les occasions , une haine enracinée. En consentant à l'élévation de Darnly au trône, Murray contribuait à lui don-
| ner une augmentation de pouvoir et de dignité
Keith, 272,274, Append., 150. Keith, ibid. 160
11565] qu'on n Lonséqu l'Anglet très int ment fa l'anciem principa ème po confédér prouver et incon:
le royau obligés, tenir 1?
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de quelle impor.
ner un sujet aussi uple que le comte la cour , et elle le rques de confiance le lui demanda de ait une approbaeine avec Darnly, Lses autres sujets,
le balancer sur une !
s'y refuser'entiècrédit de Murray
qu'on n'accorde pas volontiers à son ennemi, Les conséquences malheureuses d'une rupture avec
l'Angleterre étaient un autre objet d'attention très intéressant pour Murray. Il avait ouvertement fait préférer l'alliance de l'Angleterre à l'ancienne alliance avec la France, Il avait été le
principal mobile de ce changement dans le sys |
tème politique de la nation, On avait fait une confédération avec l'Angleterre; pouvait-il approuver que la reine sacrifiat à une passion folle et inconsidérée une union si avantageuse pour le royaume et que lui-même et les nobles étaient obligés, par toutes sortes de raisons , de maintenir 1? L'intérêt de la religion était aussi un des principaux objets des attentions de Murray.
} Marie était, à la vérité, entourée de conseillers } protestans , mais elle avait trouvé le moyen d’en-
tretenir avec les catholiques étrangers des
} correspondances dangereuses. Elle avait même
recherché la protection du Pape, qui lui avait enà voyé un subside de huit mille écus 2. Murray à s'était jusqu'alors attaché à modérer le zèle du | clergé réformé, et à présenter la conduite de la | reine sous l'aspect le plus favorable ; mais il ne à pouvait pas s'empêcher d'être alarmé de l'entéà tement qu'il apercevait dansla reine pour la reli-
gion romaine, et la résolution qu'elle prenait
à d'épouser un papiste faisait perdre la seule es-
pérance qu'on pouvait avoir de la ramener,
Toutes ces considérations agissaient fortement |
sur l'esprit du comte de Murray, et elles le dé-
eine, Les nobles, qui s'assemblèrent quelques jours
eur approbation au mariage qu'elle désirait, lais comme quelques autres, effrayés des mêmes angers qui avaient alarmé Murray, ou bien Rcouragés par son exemple, refusérent leur pnsentement, on indiqua une autre assemblée Perth, pour délibérer à fond sur cette affaire 3, Cependant Marie donna publiquemert des
après, parurent très disposés à se prêter aux | Hues de Marie. Plusieurs donnèrent sans hésiter
traverser et déconcerter son projet, firent sur elle l'effet qu'ils produisent ordinairement sur le cœur humain, Is la confirinérent dans ses sentimens, ils augmentérent la violence de sa passion. La crédulité de ce siècle cherchait dans l'art de la magie les causes de cet attachement porté à l'excès !, Cependant cette prétendue sorcellerie se réduisait aux influences ordinaires de la jeunesse et de la beauté sur un Cœur jeune et tendre. Darnly devint insolent dans sa prospérité. Flatté de l'amour de la reine, enivré des applaudissemens de la plupart de ses sujets, il perdit la tête ; sa fierté naturelle s'accrut au point de devenir insupportable; il ne pouvait plus souffrir d'être contredit , il ne voulait pas même recevoir des avis. Le lord Ruthven lui apprenant que la reine, pour apaiser Élisabeth : avait différé pour quelque temps de le créer duc d'Albanie, Darnly, transporté de rage, tira son poignard et voulait le tuer sur-le-champ?, Marie eut bien de la peine à excuser cette conduite extraordinaire , et à empêcher Darnly de tomber dans le mépris qu'il méritait.
Marie, dans tout le cours de sa vie, ne donna jamais tant de preuves de sa finesse et de son habileté. L'amour Ia rendait ingénieuse , et lui faisait chercher tous les moyens de se concilier l'affection de ses sujets. Elle gagna par adresse quelques-uns des nobles, et plusieurs autres par des promesses. Elle leur distribuait des terres ,
| elle leur accordait de nouveaux titres d'honterminèrent alors à éluder les Propositions de la |
neur 5. Elle daigna même se donner des soins pour se rendre agréable au clergé protestant, Elle fit venir trois surintendans à Stirling, et elle leur déclara expressément qu'elle était dans la résolution de protéger leur religion, qu'elle assisterait volontiers à une conférence sur les points contestés entre les papistes et les protestans; et elle alla même jusqu’à marquer quelque désir d'entendre ceux de leurs prédicateurs qui s'étaient distingués par leur modération #. La reine, par ces artifices, s’accrédita merveilleusement parmi le peuple, qui malgré les vexations
it encore de mon- { es occasions, une !
nt à l'élévation de !
tribuait à lui donvoir et de dignité
preuves de son inclination pour Darnly en lui qu'il avait tant de fois éprouvées, était toujours accordant des honneurs réservés à la famille disposé à voir les actions de sa souveraine avec royale. L'opposition qu'elle avait rencontrée | des yeux d'indulgence.
jusqu'alors, les ressorts qu'on fit jouer pour ! D’unautre côté, Murray et ses associés eurent
"Keith, 169, — » Ibid. , 295, Melvit, 114, | # Keith, 283, Knox, 273.
! Keith, 283, — 3 Jbid., Append. , 160, Keith, 283, — 4 Knox, 373.
1 Keith, ébid., 160.
la simplicité de se laisser séduire par la politique d'Élisabeth, Elle s'exprimait avec tant de hauteur sur le mécontentement qu'elle avait du mariage de la reine; elle traitait lady Lennox avec tant de rigueur, elle écrivait à la reine d'Écosse dans des termes si forts , elle rappela le comte de Lennox et son fils avec de telles menaces de sa vengeance s'ils osaient lui désobéir !, que Murray et ses amis furent pleinement les dupes de ces démonstrations , et ne doutérent point de la sincérité d'Élisabeth. Cette crédulité fortifia leurs doutes et leurs craintes sur le mariage de Darnly avec la reine, et les encouragea à s'y opposer. Ils commencèrent à former entre eux des ligues et des confédérations pour leur défense mutuelle; ils lièrent des correspondances secrètes avec le résident anglais ; ils firent assurer Élisabeth de leur assistance, si elle jugeait qu'elle fût nécessaire ?; ils travaillèrent à répandre dans la nation la terreur du danger dont elle était menacée, et à contre-balancer ainsi les moyens que la reine employait avec tant d'art pour arriver au but de ses désirs.
Ces intrigues étaient accompagnées de desseins plus criminels, plus analogues à l'esprit de ce siècle, et qui se tramaient dans le secret entre les deux partis. Darnly, impatient de l'opposition qu'il rencontrait, et qu'il attribuait entiérement à Murray, prit la résolution de se délivrer à quelque prix que ce fût d’un ennemi si puissant, et il forma le complot de l'assassiner pendant la tenue de l'assemblée de Perth. Murray, de son côté, avait. concerté des mesures avecle duc de Chatellerault et le comte d'Argyll, pour se saisir de Darnly et l'envoyer prisonnier en Angleterre, n'espérant plus de trouver d'autre moyen d'empêcher son mariage avec la reine,
Si l’une ou l'autre de ces conspirations avait eu son effet, l'assemblée de Perth serait devenue un théâtre d'horreurs. Mais ces complots furent déconcertés par la vigilance ou par la bonne fortune de ceux contre lesquels ils étaient formés. Murray averti du danger où il était, par quelques personnes de la cour qui lui étaient affidées, et qui étaient restées attachées à ses intérêts, évita le coup qu'on voulait lui porter, en ne se trouvant point à l'assemblée de Perth.
1 Keith, 285, 286. — * Zbid. , 289, 292, 298.
(1566) Marie eut avis de l'entreprise de Murray, partit (1565) en grande hâte avec Darnly, et se retira de Lorsq l'autre côté du Forth. Les coupables, dévorés de convoqu remords , l'âme en proie à leurs ressentimens, leur ma ne pouvaient ni se dissimuler à eux-mêmes la la défen noirceur de leurs forfaits, ni perdre le souvenir domestii des injures méditées contre eux. Dès lors toute et la vivi espérance de réconciliation s'évanouit, et l'ani- pulaire | mosité entre Darnly et Murray éclata avec les Marie de symptômes d'une haine implacable !, ses peu nistratio 1 |, Les circonstances, et même la réalité de ces deux s'était o conspirations respectives, ont donné lieu à plusieurs dis- : putes et à de grandes contradictions entre les historiens, crime av Quelques-uns ont nié absolument qu'il y eût eu aucun passés. | dessein formé contre la vie de Murray. D'autres ont ré. tradictio voqué en doute la conspiration contre Darnly. Il parait sa perso! qu’on a de très bonnes raisons pour ajouter foi à ces deux 4 lontés. r événemens; mais il est certain que les historiens des par. ra tis opposés, par zèle ou par crédulité, en ont exagéré les poids de: circonstances, On voit, par exemple, qu’il y a tout lieu à mer de de croire qu'on avait projeté quelques voies de fait contre délai, pc Murray.
1° Le fait est avancé comme certain par Buchanan, 341, propos d'o 20 Le résident anglais écrit à Cecil, que Murray avait été des écrits informé avec certitude qu’on voulait l’assassiner à Perth, dence et 1 et il lui fait le détail de la manière dont ce complot de mens. Buc vait être exécuté. Keith, 287. de la cons 30 Murray assura lui-même et soutint publiquement tous les pi qu'on avait eu réellement dessein d'attenter à sa vie ni plus de (Keith, Append. , 108.) 1 est vrai qu’il fut appelé par li contre Dar reine pour donner juridiquement des preuves de cette rés était d assertion, et qu'on lui offrit un sauf-conduit pour le | ce fait se,r temps qu'il passerait à la cour à cet effet. (/bid.) Mais si Randolph ( l'on considère la position où Murray se trouvait, et l'es- Saint - And prit qui régnait alors à la cour, on nes'étonnera pas qu'il lords, dan: n'ait point voulu se risquer sur de telles assurances. DOS Conjurés ét 4° Les passions et les fureurs de Darnly, la férocité de PSS reine, pou son ressentiment , son peu de délicatesse sur les moyens Ps parer du g de l'assouvir, et les mœurs du siècle en général, donnen recherche beaucoup de vraisemblance à cette imputation. LE aveu 11. Que Murray et ses associés eussent formé la résolu ; , ion tion de se saisir de la personne de Darnly, c'est un fai He souvel qui paratt prouvé avec la plus grande certitude : 1° par de menson Je témoignage de Melvil, qui l'avance comme une chox ed
assurée, 112, quoique Buchanan, p. 341, et Knox, 377% affectent, mais sans aucune preuve, de le rapporter | comme un simple bruit, 2° On demanda à Randolph à le gouverneur de Berwick recevrait Lennox et son fil, en cas qu'on les menât prisonniers dans cette place ; & qui prouve la réalité de quelque projet de cette espèce, et la réponse de Randolph ne fut point décourageante. (Keith, 290.) 3° La précipitation avec laquelle la reine #t retira, et la raison qu’elle donna de cette fuite, sont rap ! portées par Randolph. (Keith, 291.) 4° Une grande parti | des nobles d'Écosse, et entr'autres, les comtes d’Argil et de Rothes, qui étaient instruits du projet, affirment } réalité de la conspiration. Good., vol 11, 558. Ë
Toutes ces circonstances laissent peu de doutes sur l (fs
réalité de ces conspirations. Cependant je crois qu’il esti
qu’on leur extes, que emprisonne » gouvernem | fournissait tellesextrér . tes les proc en si grand > il n'est pa > contre Dar
contrelare ‘Keith, :
de Murray, partit , et se retira de pables, dévorés de urs ressentimens, à eux-mêmes la perdre le souvenir ix. Dès lors toute ivanouit, et l'aniay éclata avec les cable f,
la réalité de ces deux é lieu à plusieurs dis.
18 entre les historiens, qu'il y eût eu aucun ray. D'autres ont ré.
ntre Darnly. 1 parait ‘ajouter foi à ces deux les historiens des par.
té, en ont exagéré les ple, qu’il y a tout lieu À es voies de fait contre
ain par Buchanan, 341, , que Murray avait été it l’assassiner à Perth, e dont ce complot de
soutint publiquement n d’attenter à sa vie, qu’il fut appelé par là des preuves de cette sauf-conduit pour le t effet. (Zbid.) Mais si ay se trouvait, et l’esnes’étonnera pas qu'il telles assurances. fo Darnly, la férocité de catesse sur les moyens 2 le en général, donnent L imputation.
sent formé la résolu e Darnly, c’est un fait inde certitude : 1° par À nce comme une chose # p- 341, et Knox , 371, © euve, de le rapporter à emanda à Randolph à ait Lennox et son fil, 8 dans cette place; tt A projet de cette espèce , point décourageanle vec laquelle la reine # le cette fuite, sont rap ,) 4° Une grande parti s, les comtes d’Argil du projet, affirment h } vol 11, 658. !
t peu de doutes sur li idant je crois qu'il esti
Lt
” fournissait aucune
en si grande quantité dans il n'est pas fait mention > contre Darnly, ni de celui ? contre la reine.
Lorsque Marie fut revenue à Édimbourg, elle convoqua ses vassaux par une proclamation , et leur manda de venir la trouver en armes , pour la défendre contre ses ennemis étrangers et domestiques !. Elle fut obéie avec toute la joie et la vivacité qu'une administration douce et populaire peut inspirer à des sujets. Cependant Marie devait en grande partie cette affection de ses peuples au comte de Murray, dont l'administration avait toujours été très sage. Mais il s'était opposé au mariage de la reine, et ce crime avait effacé la mémoire de tous ses services
| passés. Marie, qui ne pouvait supporter la con-
tradiction, et qui regardait comme ennemis de sa personne tous ceux qui résistaient à ses volontés, résolut de faire sentir à Murray tout le poids de sa vengeance. A cet effet , elle le fit sommer de comparaître par-devant elle sans aucun délai, pour y répondre sur divers chefs d'accu-
propos d'observer combien ces preuves, quoique tirées des écrits publics, sont encore éloignées d'établir l’évidence et l'authenticité de l'un et l’autre de ces événemens. Buchanan et Randolph, dans le récit qu'ils font de la conspiration contre Murray, différent sur presque tous les points de détail. On ne trouve ni plus de suite ni plus de conformité dans le récit de l’entreprise faite contre Darnly. Melvil rapporte que le dessein des conjurés était d'emmener Darnly prisonnier en Angleterre :
L ce fait se rapporte avec la proposition faite à Randolph,
Randolph dit que leur projet était de conduire la reine à Saint-André, et Darnly au château de Campbell, Les lords, dans leur déclaration, affirment que le dessein des conjurés était de tuer Darnly et son père, de confiner la
» reine, pour toute sa vie, dans Lochlewen, et de s’em-
parer du gouvernement. Les savans qui s’attachent à la, recherche des antiquités sont ordinairement portés à croire aveuglément tout ce qu'ilstrouvent dans les écrits,
Cependant ces anciennes chroniques ne contiennent le
plus souvent que les calomnies débitées par un parti et les mensonges du jour. La déclaration des nobles qui est rapportée est de cette espèce : elle est remplie de fiel et d’animosité ; on voit qu’elle est écrite avec toute la Chaleur de l'esprit de faction. Plusieurs choses qui y sont affirmées ‘sont ou évidemment fausses ou exagérées. En supposant à Murray et à ses confédérés toute l’ambition qu’on leur prête, il fallait qu'ils eussent quelques préextes, quelques raisons plausibles, pour se hasarder à emprisonner leur souveraine et à se saisir des rênes du Souvernement. Mais alors la conduite de la reine ne leur
| raison apparente Pour excuser de tellesextrémités. ]1 est encore à remarquer que dans toutes les proclamations contre
Murray, et qui se trouvent Keith, 4ppend., 108, etc., une seule fois ni du complot qu'on dit qu’il avait formé
‘Keith, 298.
sation intentés contre lui !. Dans ce même temps, Murray etles lords ses adhérens étaient assemblés à Stirling, pour délibérer sur le parti qu'ils devaient prendre dans des conjonctures auss:
difficiles. Mais ils avaient tellement contre eux la voix du peuple, et la nation , malgré ses craintes et ses ombrages, était si généralement disposée à complaire à la reine sur un point qui la touchait si sensiblement, que Murray et ses associés ne trouvèrent point d'autre expédient que d’avoir recours à la protection de la reine d'Angleterre. Îls terminérent ainsi leurs délibérations infructueuses ; l'assemblée se sépara , et chacun se retira chez soi.
Pendant que la reine apercevait avec la plus grande satisfaction la faiblesse de ses ennemis, l'affluence de ses sujets qui venaient de tous les coins du royaume se rendre auprès d'elle lui donnait des preuves assurées de toute la force de son autorité. Marie voulut profiter de ces circonstances favorables pour terminer enfin cette affaire de cœur dont elle était occupée depuis si long-temps. Le 29 juillet, elle épousa lord
Darnly. Le mariage fut célébré dans la chapelle de la reine suivant les rits de l'église romaine, après l’arrivée de la bulle du pape qu'on attendait pour la dispense de parenté 2, La reine fit aussitôt proclamer son mari roi des Écossais, et l'édit qui lui accordait ce titre fut accompagné d’un autre qui ordonnait qu’à l'avenir tous les actes publics fussent expédiés au nom du roi et de ia reine 3. Ce dernier trait représenta toute la violence de l'amour de Marie, ou bien toute la faiblesse de ses conseils. Marie pouvait-elle se déterminer sur le choix d’un mari sans le consentement du parlement? C'était un point qui, dans ce siècle, pouvait être un objet de discussion#. Mais d'accorder de sa propre autorité à ce mari le titre et la dignité de roi, de donner par une simple proclamation un maître à ses peuples; l'irrégularité de ce procédé ne pouvait pas être révoquée en doute. François II avait,
la vérité, porté le même titre, mais il le tenait
du vœu de la nation et non pas de la libéralité de la reine; et avant que de se hasarder à le prendre il avait obtenu le consentement du parlement. Darnly, né sujet, était plus qu'aucun
Keith, Append., 108. — * Keith, 307. — 5 An-
ders., 1,33. 4ppend., n° XI, p. 81 et suiv. — 4 Buchana, 341, :
{26 ° autre dans la necessité de réclamer le concours de l'autorité du conseil suprème en sa faveur. Cette extension de l'autorité royale, cette entreprise inouïe et despotique de substituer une proclamation à un acte de parlement, pouvait causer à la nation de justes alarmes. Mais la reine possédait alors à un tel degré la confiance de ses sujets, que, malgré les clameurs des mécontens, le corps dela nation ne donna dans cette occasion aucune marque de déplaisir.
Cependant , au milieu des fêtes et des réjouis-
sances , dans ces‘premiers transports d’un amour |
ordonné à ses sujets de marcher contre eux, ils furent poussés aux dernières extrémités. Comme ils n'étaient point en état de résister aux forces que la reine avait rassemblées, ils se réfugièrent dans la province d'Argyll dans l'espérance d'y recevoir des nouvelles d'Élisabeth, dont ik avaient réclamé secrètement le secours, et à qui ils avaient demandé une prompte assistance {, Cependant Élisabeth cherchait à jeter Marie dans de nouveaux embarras, en lui faisant en-
| core signifier le mécontentement qu’elle avait de
heureux , la reine ne donnait point de relâche à |
ses ressentimens, et elle était continuellement occupée des moyens d’en faire ressentir les effets aux nobles mécontens. Trois jours après le mariage, Murray fut encore sommé, et sous les peines les plus sévères, de se rendre à la cour. Faute par lui de comparaître il éprouva toute la rigueur dela justice; il fut condamné par contumace et proscrit !, Dans le même temps la reine mit en liberté lord Gordon, qui était
dans les prisons depuis la rébellion de son père, | | tables par l’effronterie et l’insolence de Tam-
en l’année 1562. Elle rappela le comte de Suthierland, qui avait été accusé d'avoir pris part à cette conspiration, et qui s'était réfugié en Flandre; et elle permit à Bothwell de revenir en Écosse, Gordon et Bothwell étaient les seigneurs les plus puissans du royaume, et ils étaient,
ainsi que Sutherland, ennemis jurés de Murray, |
qu’ils regardaient comme l'ennemi de leurs fa- |
milles et comme l’auteur de leurs souffrances. Cette haine pour Murray qui leur était commune fut le fondement de l'union la plus étroite avec la reine, et leur procura un grand ascendant dans tous les conseils. Murray lui-même regardait cette union intime de Marie avec ses en-
nemis déclarés comme la plus impor‘ante de !
toutes les mesures qu'on avait prises contre lu, et comme la marque la plus assurée du ressentiment implacable de la reine.
Les mécontens n'avaient point encore pris ouvertement les armes?, Mais la reine ayant
1Keitk, 309,310.
* Après la délibération infructueuse des lords à Stirling, ils s'étaient retirés chacun chez,eux. (Keith, 304.) Murray resta toujours à Saint-André jusqu’au 22 juillet. (Keith, 306 )Suivant les places de rendez-vous marquées aux habitans des différens comtés, au 4 août, il parait que le dessein de la reine était de marcher dans le comté de Fife, où Murray, Rothes, Kirkaldy et les autres chefs
sa conduite. Elle blâmait, et le choix qu’elle avait fait de lord Darnly, et la précipitation avec le quelle elle avait conclu ce mariage. Elle demandait que Lennox et Därnly, qu'elle appelait tou-
| jours ses sujets, retournassent en Angleterre;
elle intercédait en même temps avec chaleur en faveur de Murray, dont elle prétendait que la conduite était non-seulement exempte de reproches , mais même digne de toutes sortes d'é: loges. Ces conditions si mortifiantes pour l’orgueil de la reine, et si pleines de mépris pour son mari, furent rendues encore plus insuppor-
worth qui en fut chargé ?. Marie justifia sa conduite avec beaucoup de vivacité, mais en même temps avec une grande force de raisonnement,
Elle rejeta les sollicitations d'Élisabeth en faveur |
du comte de Murray, et elle fit paraître son ressentiment de ce que la reine d'Angleterre prétendait s’ingérer du gouvernement intérieur du royaume d'Écosse 3,
Marie, malgré les représentations d'Élisabeth, ne diminua rien de l’ardeur avec laquelle elle poursuivait Murray et ses adhérens 4, Ils avaient pris ouvertement les armes, et, après avoir reçu d'Élisabeth quelques secours d'argent, ils travaillaient à faire soulever leurs vassaux des comtés occidentaux. La vigilance de Marie les em-
des mécontens faisaient leur résidence. (Keith, 310.) Leur fuite dans les pays occidentaux (Keith, 312), fit manquer cette expédition, et les premiers rendez-vous furent changés. Keith, 310.
1Keith, 312. Knox, 380, — Lx Keith, Append. , 99.
Les pcrsonnes les plus considérables qui s'étaient jointes à Murray, étaient le duc de Chatellerault, les comtes d’Argyli, de Giencairn, et de Rothes; les lords Boyd et Ochiltree; parmi les nobles, de Grange, Cunninghambhead, Balcomie, Carmylle : les avocats, Bar, Dre fhorn, Pitarrow. Knox, 382, 5 Knox, 380.
* Camden , 398
pècha de considéral la reine 6 exécutées succès. Po chait elleses pistolet fatigues di Son air de courage ir d’ailleurs i bre à celle tenir la can de dépasser en grande de faire so prendre les temps de sc et les joign approches « obligés d’at grand déso:
Comme on :
de la route cet intervall situés dans des places fc et elle oblig plus suspect s’armer pou tranquillité derrière elle huit mille h étaient alors écrit à la re taient arrêté sion, et qui d’accommode
+ minéeanep * aussi favoral ses sujets, re +7 À mesure qu tiraient; et c
| aucun secour
rance, ils ne v se réfugier en
1Keith, App:
* Keith, #ppe “Keith, Appe ‘ Append. , n
ler contre eux, ils trémités. Comme ésister aux forces ils se réfugièrent s l'espérance d'y sabeth, dont ik secours, ef à qui pte assistance f, ait à jeter Marie en lui faisant ennt qu'elle avait de choix qu’elle avait cipitation avec le age. Elle demanelle appelait tout en Angleterre; s avec chaleur en prétendait que la exempte de retoutes sortes d'éfiantes pour l'orde mépris pour "e plus insuppor-
solence de Tam- À
ie justifia sa con- , mais en même le raisonnement, jsabeth en faveur paraitre son resl'Angleterre prénent intérieur du
ions d'Élisabeth, vec laquelle elle ‘ens 4, [ls avaient après avoir reçu argent 5, ils travassaux des conrle Marie les em-
e, (Keith, 310.) Leur h, 312), fit manquer rendez-vous furent
len , 398
rables qui s'étaient > Chatellerault, les e Rothes; les lords le Grange, Cunninavocats, Bar, Dre
en grande hâte à Édimbourg, de faire
approches de son armée, les mécontens furent obligés d'abandonner la place et de se retirer en grand désordre vers les frontières occidentales 2, Comme on fut pendant quelque temps incertain de la route qu'ils avaient prise, Marie employa cet intervalle à pourvoir à la sûreté des comtés situés dans le cœur du royaume. Elle s’empara des places fortes qui appartenaient aux rebelles, et elle obligea dans ces provinces les barons les plus suspects de former des associations et de s'armer pour sa défense 3, Après avoir établi Ja D tranquillité dans tous les pays qu’elle laissait derrière elle, elle marcha avec une armée de dixhuit mille hommes à Dumfries, où les rebelles étaient alors. Pendant leur retraite, ils avaient écrit à la reine, de tous les endroits où ils s'étaient arrêtés, des lettres remplies de soumis- Sion, et qui contenaient quelques ouvertures d’accommodement. Mais Marie, qui était déter- + minée à ne point laisser échapper une occasion D, aussi favorable d’abattre les esprits mutins de 2, ses sujets, rejeta ces Propositions avec dédain. À mesure qu'elle avançait, les mécontens se re- | tiraient; et comme ils ne recevaient d'Élisabeth aucun secours effectif 4, privés de toute espérance, ils ne virent plus d'autre ressource que de se réfugier en Angleterre, et ils allèrent se met- Keith, dppend., 164.
* Keith, Append. , 315, “Keith, #ppend., 113.
‘ Append., n°5 XH, X'I1, p. 89, 92 et suiv.
pêcha de s'assembler et de former un corps considérable, Toutes les opérations militaires de la reine étaient alürs concertées avec sagesse, exécutées avec vigueur et toujours suivies du succès. Pour encourager ses troupes, elle marchait elle-même à leur tête, toujours à cheval, ses pistolets chargés ! ; elle supportait toutes les fatigues de la guerre avec une force admirable. Son air de gaîté et de résolution inspirait un courage invincible à ses troupes; elles étaient d’ailleurs infiniment supérieures pour le nombre à celles des mécontens, qui n’osaient pas tenir la campagne. Mais ils trouvérent le moyen de dépasser l’armée de la reine, et ils marchèrent où ils essaytrent soulever les habitans et de leur faire prendre les armes. La reine, sans leur donner le temps de se reconnaître, se mit à leur poursuite, et les joïgnit en peu de temps. Aux prernitres
| tre sous la protection du comte de Bedford, gardien des marches.
Bedford, qui était ami particulier de Murray, n'oublia rien pour adoucir leurs malheurs et pour leur rendre cette retraite agréable. Mais Élisabeth les traita avec une extrême indifférence : eîle était parvenue à ses fins, elle s'était servie d'eux pour semer la discorde parmi les Écossais et pour susciter des troubles qui devaient, selon toutes les apparences, donner pour long-temps des affaires à Marie et affaiblir ses conseils. Elle ne songeait plus alors qu’à sauver les apparences et à se justifier des imputations des ministres de France et d'Espagne, qui l’accusaient d'avoir fomenté les troubles en Écosse par ses intrigues. L’expédient qu'elle imagina pour se laver de ce reproche peint bien au vrai le caractère de cette princesse, et la malheureuse condition des exilés qui sont obligés de se mettre sous la dépendance d’un prince étranger.
Murray, Hamilton et l'abbé de Kilwioning, avaient été députés vers Élisabeth par les autres fugitifs. Au lieu d'y trouver la bonne réception due à des hommes qui, par confiance en ses promesses, avaient risqué leur vie et leur fortune, ils ne purent pas même obtenir ja simple faveur d’une audience , sans avoir auparavant consenti à déclarer, en la présence des ambassadeurs de France et d'Espagne, qu'Élisabeth ne les avait encouragés en aucune manière à prendre les armes. À peine.eurent- ils proféré ces mots, qu'Élisabeth, à leur grand étonnement, leur fit cette réponse : « Vous avez dit la vérité. Je suis «bien éloignée de donner l'exemple de la rébel- «lion à mes propres sujets, en soutenant ceux «qui se révoltent conire leur prince légitime. « Votre trahison est un crime détestable, et, «comme traîtres, je vous bannis de ma. pré- «sence !,» Malgré cette comédie indécente, cette scène de fausseté, dont tous les acteurs parta gérent également le déshonneur, Élisabeth permit aux mécontens de rester tranquillement dans ses états; elle leur fit sous main distribuer de l'argent, et elle renouvela ses instances en leur faveur auprès de la reine d'Écosse 2.
L'avantage que Marie avait remporté sur les mécontens ne remplissait point encore tout l’objet de ses désirs; elle résolut de pousser les
? Melvil, 112. — 2 Knox, 389.
choses plus loin, et d'empêcher que le parti qu'elle craignait pût jamais reprendre pied dans le royaume. Dans cette vue, elle convoqua une assemblée du parlement , et pour que la sentence de confiscation ft prononcée légalement contre les lords bannis, elle les fit sommer par une proclamation publique de comparaître par-devant elle !,
Le duc de Chatellerault obtint par ses soumissions son pardon en particulier, ot ce ne fut qu'avec beaucoup de peine, parce que le roi s’y opposait fortement. Mais le duc fut obligé de quitter le royaume et d'aller pendant quelque temps demeurer en France 2.
Les forces nombreuses que Marie avait mises en campagne , la vigueur avec laquelle elle avait agi, des troupes tenues sous les armes pendant ane aussi longue expédition , semblent supposer une puissance et des richesses bien plus considérables que celles de la reine d'Écosse. Mais dans ce royaume, les princes mettaient alors des armées sur pied, et les entretenaient à peu de frais. Le vassal suivait son seigneur suzerain , et le seigneur accompagnait le monarque, l’un et l'autre à ses propres dépens. Cependant la reine, outre sa garde ordinaire, soudoyait six cents hommes de cavalerie et trois compagnies d’infanterie. Cette dépense extraordinaire, et les frais occasionés par son mariage, avaient épuisé son trésor , qui était peu considérable. Dans cette nécessité, on proposa plusieurs expédiens pour lui procurer de l'argent. On fil payer desamendes
aux villes de Saint-André, de Perth et de Dundee, qui étaient soupçcanées de favoriser les mécontens. On imposa une taxe extraordinaire sur les bourgs dans tout le royaume, et on demandaune grosse somme , par forme d'emprunt, aux citoyens d'Édimbourg. Ces exactions, jusqu'alors inconnues, alarmèrent les peuples. Ils prirent des délais, ils formèrent des difficultés
pour s’y soustraire. Marie déclara qu'elle regar- | | elle-même accorda plus ouvertement que jamai PS
sa protection aux catholiques romains; et que: D
dait ces démarches comme des actes marqués de désobéissance , et elle envoya aussitôt plusieurs citoyens dans les prisons. Cette sévérité fut inutile, et rien ne put dompter l'esprit de liberté qui régnait parmi les habitans d'Édimbourg. La reine fut obligée de leur hypothéquer la suze-
1 Keith, 320.
+ Keith, 389
raineté de la petite ville de Leith! , et elle obtint par ce moyen une somme d'argent considérable 2, Elle retira encore quelques secours du tiers des revenus des bénéfices ecclésiastiques. Vers ce même temps le clergé protestant se plaignait plus que jamais de sa pauvreté. Les armées avaient apparemment épuisé une grande partie des revenus destinés pour son entretien 5.
Le clergé ne fut point spectateur oisif des
troubles de cette année, si féconde en révolutions. Quelques-uns des nobles mécontens se trouvèrent à l’assemblée du 24 juin, et il parait qu'ils eurent une grande influence sur les délibérations du clergé. Le ton de hauteur qu'on aperçoit dans l'adresse qui fut présentée à la reine ne peut être attribué qu'aux craintes et aux jalousies de ces nobles, par rapport à la re- | ligion, et au désir qu'ils avaient de les inspirer à la nation. L'assemblée se plaignait avec amer- | tume des entraves qu'on avait mises aux progrès
de la réformation depuis l’arrivée de la reine en
Écosse. On demandait non-seulement la sup- | pression entière 'du culte romain dans tout | le royaume, mais même das la propre chapelle
de la reine; que la religion protestante fût éta- |
blie légalement , et que Marie elle-même en fit profession publiquement. La reine, après quelques délibérations, répondit queni sa conscience ni son intérêt ne lui permettaient de se prêter À de telles propositions ; que la première lui attirerait le reproche d’un changement qui ne serait pas fondé sur sa propre conviction, et que la seconde souffrait beaucoup d’inconvéniens, en ce que son apostasie offenserait grièvement le roi de France et ses autres alliés du continent 4,
11 est à remarquer que la situation avants geuse des affaires de la reine pendant le cours de cette année commença à opérer quelque changemens en faveur de la religion romaine
assistèrent publiquement à la messe; la rein
ques anciens moines se hasardèrent, avec « permission, à prècher publiquement devant l peuple 5.
1 Bourg, ou petite ville sur le golfe d'Édimbourg,t mille pas de la ville de ce nom. — * Knox, 383, 386,
5 Maitland, Aist. d’Édimbourg, 21.
4 Knox, 374, 376, — 5 Knox, 389, 390.
| Les comtes de Lennox, d’Athol et de Cassils, Fi
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3 Knox, 383, 366, , 27.