SUR
men
NOTE 1, p. 425.
Tyr était située à une trop grande distance du golfe Arabique ou de la mer Rouge pour qu'il fût possible de transporter par terre les marchandises jusqu'à cette ville; c'est ce qui engagea les Phéniciens à se rendre maires de Rhinocrura ou Rhinocolura, le port de la Méditerranée le plus voisin de la mer Rouge. C'était à Elath, le meilleur port de la mer Rouge vers le nord, qu'ils débarquaient les cargaisons qu'ils avaient achetées en Arabie, en Éthiopie ou dans l'Inde. De là on les trans: portait par terre à Rhinocolura, dont la distance n'était pas fort considérable, et on les embarquait de nouveau dans ce port pour étre transportées à Tyr et réparties dans le reste du monde.{Strab. Geogr., edit, Casaub. , lib. xvi, p. 1128. Diodor. Sicul., Biblioth. Aist., edit. Wesselingi, lib. x, p.70.)
NOTE 2, p. 426.
Le Périple d'Hannon, seul monument authentique que nous ayons de la science des Carthaginois dans l’art de la navigation, est un des écrits les plus curieux qui nous aient été transmis par l'antiquité. Le savant et ingénieux M. Dodwell, dans une dissertation qu'il a mise à la tête du Périple d'Hannon qui se trouve dans l'édition ües Geographi minores publiée à Oxford , cherche à prouver que ce n’est qu’un ouvrage supposé, composé par quelque Grec qui a pris le nom d'Hannon, Mais M. de Montesquieu, dans son Esprit des Lois, liv. xx, ch. vus, et M. de Bougainville, dans une dissertation insérée dans le vingt-sixième volume des Mémoires de l’Académie des Inscriptions , etc., ont prouvé son authenticité par des raisons qui me paraissent irrésistibles. Ramusio a joint à la traduction qu’il a faite de ce curieux voyage, une dissertation qui sert à l’éclaircir, (Raccolta de’ Viaggi, vol. 1, p. 112.) M. de Bougainville a traité le même sujet avec son savoir et son habileté ordinaire. Il paraît qu'Hannon, selon la méthode de naviguer des anciens, entreprit ce voyage avec de petits bâtimens, construits d’une manière propre à longer de fort près les côtes. Il se rendit en douze jours de Gadès à l'tle de Cerné, qui probablement est l’ile d'Arguim des modernes. Elle devint la principale station des Carthaginois ; et M. de Bougainville prétend que les citernes qu’on y trouve encore sont des monumens de leur puissance et de leur industrie. En partant de Cerné et suivant toujours la côte, il arriva en dix-sept jours à un promontoire qu'il appela la Corne de l'Occident, qui sans doute est le cap des Palmes. De là il s'avança vers un autre
| promontoire, auquel il donna le nom de {a Corne du | Midi, et qui paraît étre le cap des Trois-Pointes, situé | à environ cinq degrés au nord de la ligne. Toutes les cir constances contenues dans un court extrait de son journal, qui est parvenu jusqu’à nous, concernant la figure et l’état de l'intérieur et des côtes de l'Afrique, se trouvent confirmées et éclaircies par la comparaison qu’on en a faite avec les rapports des navigateurs modernes. Les faits même, qui par leur peu de probabilité paraissaiert devoir rendre douteuse la vérité de cette relation, ten- | dent à la confirmer, 11 marque que pendant le jour on observait u profond silence dans le pays qui se trouve au sud de lite de Cerné, mais que, lorsque la nuit était venue, on allumait un nombre considérable de feux sur les bords des rivières, et que l'air retentissait alors du bruit des fifres et des tambours et de cris de joie. Suivant Ramusio, le même chose s’y pratique encore, parce que la chaleur excessive oblige les habitans à se tenir pendant le jour dans les Lois où dans leurs cabanes, Au coucher du soleil ils en sortent à la lumière des flambeaux pour jouir pendant la nuit du plaisir de la musique et de la danse, (Ramusio, 1, 113 F.) Dans un autre endroit il représente la mer comme embrasée par des torrens de feu. Ce qui arriva à M. Adanson sur la même côte peut expliquer ce passage. « Dès que le soleil, dit-il, en se plongeant sous l'horizon avait ramené les ténèbres, la mer nous prétait aussitôt sa lumière, La proue du navire, en faisant bouillonner ses eaux, semblait les mettre en feu. Nous voguions ainsi dans un cercle lumineux qui nous environnait comme une gloire d'une grande largeir, d'où s'échappait dans le sillage un long trait de lumière qui nous suivit jusqu’à l'ile de Gorée, » (Voyage au Sénégal, in-4°. Paris, 1757, p. 97.) Cet aspect de la mer, observé par Hunter, a été cité comme un argument contre l'authenticité du Périple. C’est .cependantun phénomène très commun dans les climats chauds. ( Second Voyage du capitaine Cook, vol. 1, p. 15.) Le Périple d'Hannon a été traduit, et tous les points en ont été éclaircis avec beaucoup de science et de perspica= cité, dans un ouvrage publié par Don Pedro Rodrig, Campomanès, sous le titre de 4ntiguedad maritima de Cartago, con el Periple de su general Hannon; | traducido e ilusitrado. Madrid, 1756, in-4°,
NOTE 3, p. 477.
Long-temps après la navigation des Phéniciens et d’Eu- | doxe autour de l'Afrique, Polybe, le plus intelligent et | le plus instruit des historiens de l'antiquité, affirme que
| l'on ignorait de son temps si l'Afrique était un continent
étendu vers le sud, ou si elle était entourée de la mer, (Polyb. #ist., 1, 1.) PNne assure qu'il ne peut y avoir aucune communication entre les zones tempérées du sud et du nord, (Plinii Æist. Nat., edit, in usum Delph, n-4°, lib. 1, ©, Lxvin.)Si ces deux auteurs avaient ajouté foi aux relations de ces voyages, le premier ne se serait pas trouvé dans le doute, et le second n'aurait pas soutenu une pareille opinion, Strabon parle du voyage d'Eudoxe , mais le traite comme une fable (lib. n, p. 155); et même, suivant ce qu'il en dit, on ne peut guère en porter un autre jugement, {1 paraît que Strabon n’a eu aucune connaissance certaine touchant la forme et l'état des parties méridionales de l'Afrique. (Geogr., lib, xvir, p. 1180.) Ptolémée, le plus curieux et le plus savant des anciens géographes, w’était pas mieux instruit sur les parties de l'Afrique situées à quelques degrés au-delà de la ligne-équinoxiale ; car il pensait que ce grand contivent n'était pas entouré de la mer, mais qu'il s’étendait sans interruption vers le pôle antarctique: etil s'est trompé sur sa véritable figure, au point.de dire, que ce continent s'élargit à mesure qu'on avance vers le sud. (Ptol. Geogr.,\b. 1v, cap. 1x, Brietii Parallela Geogr. veteris et novæ, p.86.)
NOTE 4, p. 429.
Un fait rapporté par Strabon nous donne une preuve aussi forte que singulière de l'ignorance des anciens sur la situation des différentes parties de la terre. Pendant qu’Alexandre marchait le long des rives de l'Hydaspe et de l’Acesine, deux rivières qui se jettent dans l'Indus, il remarqua qu’il y avait un grand nombre de crocodiles dans ces rivières, et que le pays produisait les mémes espèces de fèves qui sont très communes en Égypte. Il conclut de ces circonstances qu'il avait découvert la source du Nil, et prépara une flotte pour 8e rendre en Égypte en descendant l'Hydaspe. (Strab. Geogr., lib, xv, p. 1020.) Cette surprenante erreur ne provenait pas d’une
ignorance de la géographie, particulière à ce monarque,
seul ; car Strabon nous apprend qu'Alexandre s’appliquait avec une attention singulière à l'étude de cette science, et qu'il avait des cartes ou des descriptions exactes des pays par lesquels il passait (lib, u, p. 120). Mais dans ce siècle la connaissance des Grecs ne s’étendait pas au-delà des limites de la Méditerranée.
NOTE 5, p. 429.
Le flux et le reflux, qui sont très considérables à l'embouchure de l’Indus, devaient rendre ce phénomène plus redoutab'e aux yeux des Grecs. (Varen. Geogr., vol. 1, pag. 251.)
NOTE 6, p. 430.
Ilest probable qu'ils étaient rarement excités à s’avan cer si loin, soit par un motif de curiosité, soit par quelque intérêt de commerce ; c’est pour cela que les anciens avaient des idées très fausses sur la situation de cette grande rivière. Ptolémée plâce la première branche du Gange, qu'il distingue par le nom de la grande embouchure, au cent quarante-sixième degré de longitude de son premier méridien, qu'il fait passer. par les {les Fortunées. Mais sa véritable longitude, prise de ce méridien, est aujourd'hui déterminée, d’après les observations as-
tronomiques, à cent cinq degrés seulement, Un ai Grand Géographe ne peut avoir été entrainé dans une erreur aussi considérable que par les rapports infidèles qu'il avait reçus de ces pays éloignés; ce qui prouve évidemment que les voyages qu'on y faisait n'étaient pas fré. quens, Ses connaissances étaient encore plus bornées et ses erreurs plus considérables relativement aux contrées de l'Inde qui sont au-delà du Gange. J'aurai occasion d'observer ailleurs qu'il a placé le pays des Sères, ou la Chine, à soixante degrés plus à l’est que n'est sa véritable position, M. d'Anville, un des plus savans géographes moderhes , a jeté une grande clarté sur cette matière, dans deux dissertations publiées dans les Mémoires de l'Acad. des Inscrip., tom. XXXN, p 6573, 604,
NOTE 7, p.430.
Ilest singulier que les découvertes des anciens se soient faites principalement parterre ,'et celles des modernes par mer, Le progrès des conquêtes conduisit les premiers et celui du commerce présida aux entreprises desseconds. Strabon observe judicieusement que les‘eonquétes d’A. lexandre-le-Grand firent connaître l'orient ; que celles des Romains ouvrirent la route de l'occident, et qu'on doit à celles de Mithridate la connaissance du nord (lib. 1, p. 26). Lorsqu'on fait des découvertes par terre, les progrès en doivent étrelents et les opérations bornées; celles qui se font par mer‘ontune sphère plus étendue et une marche plus rapide, mais'elles sont sujettes à des défauts particuliers ; quoiqu'elles fassent connaître la position des différens pays et qu’elles servent à déterminer leurs limites du côté de la mer, elles nous laissent dans une parfaite ignorance sur leur état intérieur. Il à plus de deux siècles et demi que les Européens ont doublé le cap méridional de l'Afrique , et qu'ils ont porté le commerce ‘dans la plupart de ses ports; mais ils n’ont fait pour ainsi dire que parcourir les côtes et marquer quelques ports et quelques caps d'une grande partie de ce vasle continent; Jes contrées intérieures sont restécs presque absolument inconnues. Les anciens, qui n'avaient qu’une connaissance imparfaite de ces côtes, excepté celles qui sont baignées par la Méditerranée ou par la mer Rouge, avaient coutume de pénétrer dans l'intérieur du pays, dont, suivant Hérodote et Diodore de Sicile, ils ont découvert plusieurs parties qui nous sont aujourd’hui inconnues. Les connaissances géographiques resteront donc inexactes et bornées jusqu'à ce qu’on unisse ensemble ces deux manières de faire des découvertes.
Les idées des anciens, sur cette chaleur excessive de la zone torride qui la rendait inhabitable, et leur opini4treté à persister dans cette erreur, long-temps après avoir porté leur commerce dans plusieurs parties de l'Inde situées entre les tropiques, doivent paraître si singuliéres et si absurdes qu'il ne sera peut-être pas inutile de donner quelques preuves de leur étrange méprise sur ce point, et d'expliquer l'inconséquence apparente de leur théorie et de leur propre expérience. Cicéron, qui a porté ses regards sur toutes les parties de la philosophie connue des anciens, paralt avoir pensé que la zone torride était inhabitable, et que, par conséquent, il ne pouvait ÿ
avoir aucune nord et du st le jeune : « ceinte de qu extrêmes, € sont toujou milieu’ qui e soleil. 11 n'e la zone aust est pour vo de Sripion temporain d dans un ouv
pavouevz, que nous p:
et de ses hal il faut toujo connaissance et que nous figure sphér soleil entre | une autre Z0 de températ tons. » (Cap tempor. in | auctorum. : ces deux poi qui séparen chent chacu droit de ses l'autre aust
- de ces contr
tout des ténè u’est jamais ( nous regard lumière bla sous la zon soleil fait 8:
nage de cet juste titre qu de cette cei glaciales, i Encore le p:
vu l’incendi l'autre de |:
visée en qua en retranch s'explique p de la terre « torride, est (Lib. 11, p.
sieurs autre de l'antiquit
Pour'exp Bénéraleme:
nide, comm divisa la ter piques les :l par la tro] qu’Aristote même mani de son tem] démontré }
ulement, Un si grand iné dans une erreur pports infidèles qu'il € qui prouve évidemit n'étaient pas fré.
core plus bornées et vement aux Contrées ige. J'aurai occasion pays des Sères, ou la que n'est sa véritable s savans géographes é sur celte matière, ns les Mémoires de , P 673, 604,
| des anciens'se soient celles des modernes onduisit les premiers treprises desseconds, e les‘conquétes d'A.
l'orient ; que celles l'occident, et qu'on nuaïssance du nord couvertes par terre, 8 opérations bornées; hère plus étendue et sont sujettes à des fassent connaître la s servent à détermi- ", elles nous laissent r état intérieur, 1,y Européens ont douet qu'ils ont porté le 8; mais ils n’ont fait les et marquer quelgrande partie de ce ieures sont restécs nciens, qui n’avaient ces côtes, excepté iterranée ou par la trer dans l’intérieur Diodore de Sicile, ils ous sont aujourd’hui raphiques resteront qu’on unisse ensemcouvertes.
leur excessive de la ble, et leur opiniâg-temps après avoir s parties de l'Inde raftre si singuliéres pas inutile de donge méprise sur ce apparente de leur Cicéron , qui a porté la philosophie conque la zone torride nt, il ne pouvait ÿ
avoir aucune communication entre les zones tempérées du nord et du sud, {1 fait dire par Scipion l'Africain à Scipion le jeune : « Vous voyez encore cette même terre comme ceinte de quelques cercles qu'on appelle zones. Les deux extrêmes, qui ont chacune un des pôles pour centre, sont toujours hérissées de glaces, tandis que celle du milieu’ qui est la plus grande, est brûlée des rayons du soleil. 11 n'en reste donc que deux d’habitables : mais la zone australe dont les habitans sont vos antipodes, est pour vous comme âi elle n'existait pas. » ( Songe de Srcipion, ce. vr, Geminus, philosophe grec et contemporain de Cicéron, paraît da même sentiment, non dans un ouvrage populaire, mais dans son Etaayoryn tu qavouevz, qui est un traité purement scientifique. « Lorsque nous parlons, dit-il, de la zone teinpérée du midi et de ses habitans, et de ceux qu’on appelle antipodes, il Faut toujours sous-entendre que nous n’avons aucune connaissance ni relation de la zone tempérée du midi, et que nous ignorons si elle est habitée ou non. Mais la figure sphérique de la terre et la ligné qui parcourt le soleil entre les deux tropiques, nous font croire qu’il y a une autre zone, située au midi, qui jouit du même degré de température que la zone du nord que nous habitons, » (Cap. xux, p. 31, ap. Petavii opus de Doctr. tempor. in quo Uranologium sive systemavariorum auctorum. Amst., 1705, vol, II.) L'opinion de Pline sur ces deux points était la même, « Des cinq parties ou zones qui séparent le ciel, les deux zones opposées qui touchent chacune à l’une des extrémités de la terre à l'endroit de ses pôles, dont l’un est appelé septentrional et l'autre austral, ne produisent que des glaçons, et font - de ces contrées le séjour éternel des frimas : ce sont partout des ténèbres perpétuelles, et dont l’influence maligne u’est jamais corrigée par l'aspect bienfaisant des signes qui nous regardent. Le seul éclat des neiges y produit une lumière blanchâtre. Quant à la partie de la terre située sous la zone du milieu, qui est celle sous laquelle le soleil fait sa route, incessamment brûlée par le voisinage de cet astre et consumée par ses flammes, c’est à juste titre qu’on la nomme torride. À droite et à gauche de cette ceinturé brûlante, et entre les deux extrémités glaciales, il reste uniquement deux zones tempérées. Encore le passage de l’une à l’autre est-il impraticable, vu l'incendie qui règne dans le ciel constellé d’un bout à l'autre de la ligne, Si donc vous concevez la terre divisée en quatre parties , il est clair que le ciel à lui seul en retranche trois.» (Lib 11, c. cxvin.) Strabon ne s’explique pas moins clairement sur cet objet. « La partie de la terre qui se trouve près de l'équateur, dans la zone torride, est inhabitable à cause de l’excessive chaleur. » (Lib. 11, p. 154.) Je pourrais joindre ici l’autorité de plusieurs autres philosophes et historiens recommandables de l'antiquité.
Pour expliquer le sens dans lequel cette doctrine était généralement reçue, nous devons observer que Parménide, comme nous l'apprend Strabon, fut le premier qui divisa la terre en cinq Zones. Il étendait au-delà des tropiques les limites de la zone qu'il supposait inbabitable par la trop grande ‘chaleur. Strabon nous dit aussi qu’Aristote fixait les bornes des différentes zones de la même manière qu'elles sont marquées par les géographes de son temps. Mais les progrès des découvertes ayant démontré par degrés que plusieurs régions de la terre
situées entre les :ropiques sont non-seulement habitables mais même très peuplées ét très fertiles, cela engagea les géograplies à renfermer la zone torride dans des bornes plus étroites. Il n'est pas facile de marquer avec précision les limites qu'ils lui donnaient, Un passage de Strabon, qui est, je pense, le seul auteur de l'antiquité qui nous ait transmis quelque notion sur ce sujet, me ferait croire que ceux qui caloulaient d'après la mesure de la terre donnée par Ératosthène, supposaient que la zone torride comprenait près de seize degrés, à peu près huit de chaque côté de l'équateur ; au lieu que ceux qui suivaient le caleul de Possidonius donnaient environ vingt-quatre degrés à la zone torride, c’est-à-dire un peu plus de douze deg de chaque côté de l'équateur, (Strabo, lib. «, à. 151 Suivant la première opinion, environ deux tiers de la partie du globe qui se trouve entre les tropiques étaient habitables, et il n’y en:avait que la moitié selon la 6econde hypothèse, Avec cette restriction, la doctrine des anciens:touchant la zone torride, parait moins absurde, et nous pouvons concevoir pourquoi ils regardaient cette zone comme inhabitable, même après s'être ouvert une communication avec plusieurs endroits situés entre les tropiques. Lorsque les savans parlaient de la zone torride, ils la regardaient, suivant la définition des géographes, comme occupant une étendue de seize ou tout au plus de vingt-quatre degrés; et comme ils n'avaient presque aucune connaissance des contrées plus voisines de l'équateur, ils pouvaient fa croire inhabitable, On continua de donner, dans le langage familier, le nom de zone torride à cette portion de la terre contenue entre les tropiques. Cicéron, qui paraît avoir ignoré les idées des géographes postérieurs, suit la division de Parménide, et décrit la zone torride comme la plus large des cinq. Il y a eu quelques anciens qui ont rejeté comme une erreur populaire la pensée de cette chaleur excessive de la zone torride, Suivant Plutarqne, Pythagore était de ce sentiment; Strabon nous apprend qu'Ératosthène et Polybe avaient adopté la même opinion (lib. 11 :, 154.) Ptolémée paralt n'avoir fait aucun cas Je l’anvienne doctrine concernant la zone torride.
NOTE 9, p. 429.
Le tribunal de l’Inquisition, qui, partout où il est établi, arrête nécessairement l'esprit de recherche et le progrès des lettres, était inconnu en Portugal au xv° siècle, au moment où les Purtugais commencèrent les voyages de découvertes, Plus d'un ‘siècle s’écoula encore jusqu'à ce qu'il fut introduit en Portugal par Jean II, qui comcommença à régner en 1521.
NOTE 10, p. 442.
Nous en trouvons un exemple dans Hackluit, d’après l'autorité de Garcia de Resende, historien portugais Quelques négocians anglais ayant résolu d'ouvrir un commerce avec la côte de Guinée, Jean f1, roi de Portugal, envoya des ambassadeurs à Édouard IV, pour lui représenter le droit qu’ilavait acquis par la bulle du pape de dominer seul sur cette contrée, et pour le prier de défendre à ses sujets de continuer leur expédition. Édouard eut une si grande déférence pour le titre exclusif des Portugais qu’il satisfit pleinement à leur demande. (Hackluit, Navigations, voyages el commerce des Anglais, vol. 11, part. u., p. 2.)
NOTE ;; , p. 446.
Le temps de la naissance de Colomb peut étre déterminé exactement par les circonstanoes suivantes, Il parait, par le fragment d’une lettre qu’il écrivit à Ferdipand et à Isabelle en 1501, qu'il avait déjà exercé alors pendant quarante ans le métier de marin. Il ieur dit dans une autre lettre qu'il se mit en mer à l’âge de quatorze ans ; il suit donc de ces deux faits qu'il était né en 1447. (Vie de Christ. Colomb, par D Ferdinand, son fils. Churchill’s Coliect. of Foyages, vol. Il, p. 484, 485.)
NOTE 12, p. 448.
Les anciens connaissaient la figure sphérique de la terre. Ils inventèrent la méthode de calculer la longitude et la latitude de ditférens endroits, qui est encore en usage aujourd’hui. Suivant leur principe, l'équateur, ou le cercle imaginaire qui enveloppe la terre, était de trois cent soixante degrés, qu'ils divisaient en vingt-quatre parties ou heures, chacune de quinze degrés. Marinus de Tyr, le plus habile et le plus ancien géographe avant Ptolémée, supposait que le pays des Séres ou Sinæ , qui était le lieu le plus reculé de l’Inde que connussent les anciens, se trouvait à quinze heures, ou deux cent vingtcinq degrés à l’est du premier méridien qui passait par les fles Fortunées. (Ptolem. Geogr., lib. 1, cap. 11.) Si celte supposition était bien fondée, le pays des Sères, ou la Chine n’était qu’à neuf heures ou cent trente-cinq degrés à l’ouest, des îles Fortunées ou Canaries, et la navigation, par cette route, aurait été beaucoup plus courte que par la route que suivaient les Portugais. Marco Polo, dans ses voyages, décrit des pays, principalement l'ile de Cipango ou Zipangri, qu'on croit être le Japon, qui se
trouvait beaucoup plus à l’est qu'aucune partie de l'Asie |
connue des anciens. (Marco Polo, De region. orien., lib. 11, cap. £xx; lib. ut, Cap. 1.) Suivant son récit, le Japon, s'étendant encore plus à l’est, était plus près des îles Canaries. Les conclusions de Colomb, quoique fondées sur des observations inexactes, se trouvaient justes. Si les suppositions de Marinus avaient été bien fondées, et si les pays que Marco Polo visita avaient été situés à l’est de ceux dont Marinus avait déterminé la lngitude, la route la plus droite, et en même temps la plus courte aux Indes orientales, aurait été denaviguer droit à l’ouest, (Herrera, Decada lib. 1, cap, n.) Une connaissance plus étendue du globe nous a découvert la grande erreur où est tombé Marinus, en supposant que la Chine se trouve à quinze heures ou deux cent vingt-cinq degrés à l’est des Îles Canaries, et a montré que Ptolémée même s’est trompé en réduisant la longitude de la Chine à douze heures ou cent quatre-vingts degrés. La longitude des limites occidentales de ce vaste emnire est de sept heures, ou de cent quinze degrés du ‘ridien des tles des Canaries. Mais Colomb suivait les lumières que son siècle pouvait lui fournir et s’appuyait de l'autorité des écrivains qu'on regardait alors comme les maîtres et les fsuides du genre bumain dans la science de la géographie,
NOTE 13, p 456.
Comme les Portugais, en faisant leurs découvertes, ne s'écartaient qu’à une petite distance des côtes de l'A. frique, ils croyaient que les oisezux, dont ils observaient le vol avec une grande attention, ne se hasardaient pas loin des terres, Dans l'enfance de la navigation, on ignorait que souvent les oiseaux poussent leur vol à une distance considérable des côtes. En naviguant vers les fles des Indes occidentales, on trouve quelquefois des oiseaux à plus de deux cents lieues de terre. Catesby a vu en mer un hibou à plus de cinq cents lieues des côtes. (Nat. Hist. of Carolina, pref., pag.7. Hisl. nat. de M, de Buffon , tom. XVI, pag. 32.) 11 paraît donc que cet indice de terre, sur lequel Colomb semble s'être appuyé avec quelque confiance, n’était rien moins que certain, Cette observation a été confirmée par le capitaine Cook, le plus grand navigateur et le plus expérimenté qu'ait produit aucun siècle et aucune nation. « Personne ne sait encore, dit-il, jusqu’à quelle distance les oiseaux océaniques étendent leur vol au-dessus des mers. Pour ma part, je ne crois pas qu’il y en ait un seul qu’on puisse prendre pour témoignage de la proximité des terres.» (Voyages vers le pôle méridional, vol. 1, p.275.)
NOTE 14, p. 460.
L’amiral, dans une lettre qu’il adresse à Ferdinand et Isabelle, décrit un des ports de Cuba avec l'admiration qui caractérise l'enthousiasme des découvertes. « Je dé. couvris, dit-il, une rivière où une galère peut entrer facilement. Sa beauté m’engagea à la sonder , et je trouvai depuis cinq jusqu'à huit brasses d'eau. Après avoir re: monté cette rivière à une distance considérable, tout m'engagea à y faire un établissement. La beauté de la rivière, la limpidité des eaux, qui me permettait d'en voir le fond sablonneux, la grande quantité de palmiers de toute espèce, les plus grands et les plus beaux que j'aie jamais vus, le nombre extraordinaire d’autres arbres magnifiques, les oiseaux, la ÿerdure des plaines, tout cela forme un tableau si intéressant que ce pays surpasse tous les autres, autant que le jour surpasse {a nuit en éclat et en lumière; ce qui m'a fait dire souvent, que je tenterais en vain d'en donner une description exacte à vos majestés ; car ni ma langue ni ma plume ne pourraient rendre la vérité, et le spectacle de tant de beauté m’étonne au point que je ne sais comment le décrire. » (ie de Colomb, c. 30.)
NOTE 15, p. 461.
Le récit de Colomb, fait de l’humanité et de la conduite humaine des Indiens à cette occasion, est fort remarquable. « Le roi, dit-il dans sa lettre à Ferdinand et à Isabelle, ayant été instruit de notre malheur, parut touché de la perte que nous venions de faire, et envoya surle-champ à notre bord tous les habitans de l'endroit avec plusieurs grands canots. Nous déchargeâmes bientôt le vaisseau de tout ce qui se trouvait sur le tillac avec le secours que nous fit donner le roi, tandis que lui-même avec ses frères et ses autres parens prirent tout le soin possible pour faire observer le meilleur ordre, tant sur le vaisseau qu'à terre. De temps en temps un de ses pa
rens venait, | point m’affli sédait. Je pu de l'Espagne lesquels fure voi, pour y
ls maisons
sur-le-cham dépôt pend:
sur la côte :
tre perte. Ce que j'ose réf une meilleu que celui-ci.
leur conver!
tueuse du m sourire. Qu peuvent êtr fort louable:
et ses manie grand plaisi mémoire ét quérir des causes et des IL est probal cette attentil que c'étaient
Tout ce « doit nous êt nand et Isab cette occasi son courage amour pou:
cour, «J’aur si je m'étais ma vie n’est prême que fois dans un coup, c'étail foi nécessait laquelle j'ai nière à con et la puissa sant de ren dant ce ma n’eût pas € dans l’espél en voyant non-seulem gner, mais
pirais, et q vaient souv douleur, c* collége à C tandis qu'il j'avais rend pour que m je me cons pas que ce
leurs découvertes, ne ce des côtes de l'A.
, dont ils observaient 1e se hasardaient pas navigation, on ignont leur vol à une disaviguant vers les {les aelquefois des oiseaux . Catesby a vu en mer eues des côtes, (Wat.
Hisl. nat. de M. de ait donc que cet insemble s'être appuyé n moins que certain, ar le capitaine Cook, 18 expérimenté qu'ait n. « Personne ne sait ice les oiseaux océades mers. Pour ma un seul qu’on puisse roximité des terres,»
al, vol. 1, p. 275.)
iresse à Ferdinand et ba avec l’admiration découvertes. «Je désalère peut entrer fasonder , et je trouvai eau. Après avoir ree considérable, tout it. La beauté de la ri- > permeLtait d'en voir ntilé de palmiers de plus beaux que j'aie aire d’autres arbres ire des plaines, tout que ce pays surpasse rpasse {a nuit en éclat ouvent, que je tentecription exacte à vos plume ne pourraient tant de beauté m'ént le décrire. » (Vie
nanité et de la conccasion, est fort reettre à Ferdinand et malheur, parut toufaire, et envoya surans de l'endroit avet hargeâmes bientôt le sur le tillac avec le landis que lui-même prirent tout le soin leur ordre, tant sur temps un de ses pa
rens venait, les larmes aux yeux, me dire desa part de ne point m’affliger, et qu'il me donnerait tout ce qu’il pos sédait. Je puis assurer vos majestés que, dans aucun lieu de l'Espagne, on n'aurait pris autant de soin de nos effets, lesquels furent déposés dans un endroit près du palais du voi, pour y être gardés jusqu’à ce qu’on eût débarrassé les maisons où l’on devait les transporter. Il fit placer sur-le-champ des sentinelles armées pour garder ce dépôt pendant la nuit, et les Indiens qui se trouvaient sur la côte se désolaient comme s'ils avaient partagé notre perte. Ce peuple est si doux , si humain et si paisible, que j'ose répondre vos majestés qu'il n’y a pas au monde une meilleure espèce d'hommes, ni un aussi bon pays que celui-ci. Ils aiment leurs voisins comme eux-mêmes ;
leur conversation, qui est la plus douce et la plus affec- :
tueuse du monde, est toujours gaie et accompagnée d'un sourire. Quoiqu'il soit vrai qu'ils vont nus, vos majestés peuvent être persuadées qu'ils ont. plusieurs coutumes fort louables. Le roi est servi avec beaucoup d'appareil, et ses manières sont si honnètes qu'on le voit avec un grand plaisir. On n’en trouve pas moins à observer la mémoire étonnante de ce peuple, et le désir qu'il a d'acquérir des connaissances, ce qui le porte à s'informer des causes et des effets de tout. (Pie de Colomb, c. xxxu.) ll est probable que les Espagnols étaient redevables de cette attention officieuse à l'opinion qu’avaient les Indiens que c'étaient des êtres d’une nature supérieure.
NOTE 16, p. 464.
Tout ce qui nous reste d’un homme tel que Colomb doit nous être précieux. Une lettre qu'il écrivit à Ferdinand et Isabelle, et où il leur parle de ce qui s’est passé à cette occasion, nous fournit une peinture frappante de son courage, de son humanité, de sa prudence, de son amour pour le bien public et de son adresse à faire sa cour. «J'aurais, dit-il, été moins touché de ce malheur, si je m'étais trouvé seul exposé au danger , tant parce que ma vie n’est qu’un dépôt dont je dois compte à l'Être suprême que parce que je m'étais déjà trouvé plusieurs fois dans un péril éminent. Mais ce qui m'affligeait beaucoup, c'était de voir qu'après avoir reçu du Seigneur la foi nécessaire pour exécuter une pareille entreprise, dans laquelle j'ai maintenant eu 1e bonheur de réussir de manière à convaincre mes adversaires, et accroître la gloire et la puissance de vos majestés, il plaisait au Tout-Puissant de renverser tous ces projets par ma mort. Cependant ce malheur aurait été moins affligeant pour moi s’il n’eût pas entraîné la perte de ceux qui m’avaient suivi dans l'espérance d'acquérir une grande fortune , et qui, en voyant le danger où ils se trouvaient, maudissaient non-seulement l'idée qu'ils avaient eue de m’accompaguer, mais encore le respect et la crain'e que je leur inspirais, et qui les empéchait de me quitter, comme ils l’avaient souvent résolu. Mais ce qui mettait le comble à ma douleur, c'était la pensée d’avoir laissé mes deux fils au collége à Cordoue, sans amis et dans un pays étranger, tandis qu'il était très probable qu’on ne saurait jamais que j'avais rendu à vos majestés des services assez essentiels pour que mes enfans méritassent leurs bontés. Et quoique je me consolasse par !’espérance que Dieu ne permettrait pas que ce qui devait tant contribuer à la gloire de son
église, el qui m'avait coûté de s1 grands travaux, restât imparfait, je pensai cependant que, pour me punir de mes fautes, sa volonté était de me priver de la gloire que j'aurais pu en recueillir dans ce monde. Pendant que j'é . tais dans cet état de trouble, je songeai au bonheur qui accompagne vos majestés, et il me vint dans l'idée que même si je périssais et que le vaisseau fût perdu, il serait pessible que vous fussiez par quelque hasard instruit de mon voyage et du succès que j'avais eu jusqu'alors. Dans cette vue, j'écrivis sur un morceau de parchemin, avec toute la brièveté que demandait la situation où je me trouvais, la découverte que j'avais faite des pays que j'avais annoncés, en combien de jours j'avais achevé mon voyage, et quelle route j'avais tenue. Je marquai la bonté du pays, le caractère de ses habitans, et j’ajoutai que j'avais laissé {es sujets de vos majestés en possession de tous les pays que j'avais découverts. Après avoir cacheté cet écrit, je l’adressai à vos majestés, et promis mille ducats à celui qui le remettrait ainsi fermé, afin que la récompense promise pût engager l'étranger qui le trouverait à en donner quelque nouvelle à vos majestés. Je fis alors apporter un grand tonneau, et ayant enveloppé le parchemin d’une toile cirée et ensuite d’une espèce de gâteau de cire, je le mis dans le tonneau que je
| fis jeter à la mer après l’avoir bouché. Tout l'équipage
s'imagina que c'était un acte de dévouion. Craignant que ce tonneau ne fût jamais trouvé, et voyant que nous approchions plus près de l'Espagne, je fis un autre paquet semblable au premier que je plaçai au haut de la poupe, afn que si le vaisseau coulait à fond, le tonneau restât au-dessus de l’eau pour flotier au gré de la fortune.»
NOTE 17, p, 465.
Quelques auteurs espagnols, guidés par le petit intérét de la jalousie nationale, ont cherché à diminuer la gloire de Colomb, en faisant entendre qu'il avait été conduit à la découverte du Nouveau-Monde, non par ses propres lumières ou par son génie entreprenant, mais par les instructions qu'il avait recues. Selon eux, un vaisseau ayant été écarté de sa route par les vents d'est, fut emporté bien loin à l’ouest sur une côte inconnue, d’où il ne revint qu'avec beaucoup de difficulté; tout
| l'équipage périt de fatigue et de besoin , excepté le pilote | et trois matelots. Ces quatre marins moururent aussi
quelques jours après leur arrivée; mais le pilote ayant été recu dans la maison de Colomb, son ami intime, lui découvrit avant sa mort le secret de la découverte qu’il avait faite par hasard, et lui laissa ses papiers qui contenaient le journal de son voyage, lequel servit de guide à Colomb.dans son entreprise. Gomara est, je crois, le premier qui ait publié ce conte. (Æist., ©. 1à.) Toutes les circonstances en sont destituées des preuves nécessaires pour le rendre probable. On ne connait ni le nom ni la destination de ce navire. Quelques auteurs prétendent qu'il appartenait à un des ports de l'Andalousie, et qu'il était destiné ou pour les Canaries ou pour Madère ; d'autres disent qu’il était biscayen, et qu'il prenait la route d'Angleterre; d'autres enfin assurent que c'était un vaisseau portugais qui trafiquait sur la côte de Guinée. Le nom du pilote est pareillement inconnu, aussi bien que celui du port où il aborda à son retour. Suivant
les uns, ce fut en Portugal; selon d’autres, à Madère ou aux Açores, On n'ignore pas moins l’année que ce fit ce voyage. (Monson’s Nav. Tracts. Churchill, Ni, 371.) And. Bernaldès ni Pierre Martyr, contemporains de
, de Behaim, telle qu'elle a été publiée par Doppelmayer
Colomb, ne parlent de ce pilote ni de ses décou- | vertes. Herrera, avec son bon sens ordinaire, passe aussi |
ce fait sous silence, et Oviedo n’en parle que comme d’un conte propre à amuser le peuple, (ist. 1. U, e. 2.) Dis auteurs plus modernes ont supposé que Colomb avait été guidé dans son voyage par quelque instruction particulière, parce qu’on l'a vu diriger constamment sa course à l’ouest en partant des Canaries Mais ils ne se rappellent pas que, selon les principes sur lesquels il fondait toutes ses espérances de succès, il croyait qu’en dirigeant sa route vers l'ouest, il devait névessairement arriver aux régions dont les anciens ont parlé. Ce fut la confiance invariable qu’il eut dans son propre sysième qui lui fit tenir cette route sans en changer jamais,
Les Espagnols ne sont pas les seuls qui aient mis en question si Colomb pouvait s'arroger l'honneur d’avoir découvert l'Amérique. Quelques écrivains allemands l’attribuent à Martin Behaim, leur compatriote; il était issu de la noble famille des Behaim de Schwartzbach, citoyens de la première distinction de la ville impériale de Nuremberg. Après avoir éludié sous le célèbre Jean de Muller, plus connu sous le nom de Regiomontanus, il acquit une telle connaissance de la cosmographie, que cefte étude fit naître en lui le césir d'explorer des régions dont il s’était habitué sous le mattre habile, à rechercher ei à décrire la situation et les qualités. Aidé par la protection de la duchesse de Bourgogne, il se rendit à Lisbonne, où la renominée des découvertes faites par les Portugais, appelait tous les esprits aventureux de ce siècle. Là, comme nous l’apprenons d'Herman Schedel , dont le Chronicon Mundi, traduit en allemand, fut imprimé à
Nuremberg en 1493, :on mérite comme cosmographe |
l’éleva, conjointement avec Diego Cano, au commandement d’une escadre équipée en 1483 pour un voyage de découvertes. Dans ce voyage il découvrit, dit-on, le royaume de Congo. li s'établit dans l'ile de Fayal, une
(Herrera, Decad. }, lib. 1, cap. n). Magellan possédait un
dans son Essai sur les mathématiciens et les artistes do Nuremberg. Cette carte prouve toute l'imperfection des connaissances cosmographiques de cette époque. 11 est à peine un seul lieu qui soit plecé dans sa véritable position; et je ne puis rien découvrir qui fasse supposer que Behaim eût la moindre connaissance d'aucun des pays de l'Amérique. Il donne à la vérité le contour d'une tle qu’il nomme Saint-Brandon. Jai pensé que ce pouvait être quelque partie de la Guyane qu’on suppose d'abord étre une le, 11 la place sous la même latitude que les fles du cap Vert, et je présume que ce pourrait bien être une Île imaginaire qui a été admise dans les anciennes cartes, sur la seule autorité de la légende de l’Irlandais Saint- Brandon ou Brendan, dont l'histoire est si puézile ct si fabuleuse qu'elle est tout-à-fait indigne d'occuper fattention. (Giraldus Cambresis, apud Missingham Florilegium sanctorum, p. 427.)
Celles des Gallois ne paraissent pas mieux fondées Suivant Powell, une dispute s'étant élevée dans le douzième siècle entre les fils Owen Guyneth, roi de la partie septentrionale du pays de Galles, touchant la succession de sa couronne, Madoc, lun de ces princes, fatigué de ces disputes, se mit en marche pour chercher un séjour plus tranquille. {1 dirigea sa course droit à l'ouest en laissant l'Irlande au nord, et arriva dans un pays inconnu qui lui parut si agréable qu'il retourna dans la province de Galles pour y chercher de nouveaux compagnons : cela se passa, dit-on, vers l’an 1170, après quoi on n'entendit plus parler ni de Madoc ni de sa colonie. 11 faut observer que Powell, sur le témoignage de qui est fondée l'authen. ticité de ce fait, a publié son histoire plus de quatre siècles après la date de l'événement dont il parle. Chez un peuple aussi grossier et aussi ignorant que l’étaient les Gallois de ce temps, la mémoire d’un fait si reculé ne peut avoir été conservée que fort inparfaitement et aurait besoin d’être confirmée par quelque écrivain d'un plus grand poids que Powell et moins éloigné de l'époque du voyage de Madoc. Des savans plus inodernes se sont à
| la vérité appuyés sur le témoignage de Meredith ap Rees, des Açores, et fut un des amis particuliers de Colomb, !
globe terrestre fait par Behaim, et sur lequel il avait | isdiqué la route qu’il se proposaic de tenir à la recherche d’une communication avec la mer du Sud qu'il découvrit |
plus tard (Gomara, Æist., c. xix. Herrera, Decad. 1], lib. 11, cap. x1x). Dans l’année 1492 Behaim fil une visite à ses amis de Nuremberg et leur laissa une carte dessinée
de sa propre main, et qui est encore conservée dans les |
archives de sa famille.
thentique ; mais l’asser tion qu’il a découvert quelque partie du Nouveau-Monde est une pure hypothèse.
Lorsque je publiai ma première édition, je ne connaissais de Martin Behain que ce que j'en avais appris d'une frivole dissertation intitulée : De vero novi orbis inventore, publiée à Francfort en 1714 par J. Fréd, Stuvenius. L'autorité d'Herrera m'avait décidé à penser que Behaim n’était pas allemand. Mais d’après des informations plus exactes et plus complètes qui m'ont été communiquées. par le docteur Jean. Reinold Forster, je suis maintenant
ment la bonté de me communiquer une copie de la carte
barde gallois, qui mourut en 1477; mais il vécut aussi dans un temps trop éloigné de cet événement pour que son témoignage soit d’un plus grand poids que celui de Powell, D'ailleurs, ses vers, publiés par Hackluit, vol. Il, pag. 1, nous apprennent seulement que Madoc , mécontent de l'état de ses affaires domesfiques, parcourut l'Océan pour y chercher de nouvelles possessions. Mais quand même nous. admettrions l’histoire de Powell comme authentique, il ne s’ensuivrait pas que le pays
inconnu, découvert par Madoc en naviguant à l'ouest et Jusque-là l'histoire de Martin Behaim paraft fort au-
en laissant l'Irlande au nord, fût une partie de l’Amérique. Les connaissances des Gallois dans le douzième siècle étaient tr>p bornées pour leur permèttre d’entreprendre un pareil voyage. Si Madoc a fait quelque découverte, ce ne peut probablement: être que Madère ou quelqu'’une des les Hébrides. On a allégué le rapport qu'il y a entre le langage gallois et quelques dialectes de l'Amérique, comme une preuve 4u voyage de Madoc. Mais les traits qu'on en cite sont en si petit nombre, et dans quelques-uns même les affinités sont si obscures où
| si gratuites qu'on ne peut établir aucune preuve sur la convaincu de mon erreur. Le docteur Forster a eu égale-
ressem'ijance accidentelle d’un petit nombre de mots. Il Y à un oiseau qu’on n’a trouvé jusqu'ici que sur les côtes
de l'Amérior détroit de À mot qui dar Tous les au de la découv preuve irré galloise et c rique. Mais ! détaillée du relie espèce nous devon hypothèse à galloise. » { D'ailleurs si en Amérique retrouver p:
religion chr cents ans ap qu'on puisse ait perdu toi Les préter mérique par mands et dé faisaient ren et l'étendue Norwégiens cotonie, En s’établirent [ vigateurs 8’:
pays plus ag tent aujourd pays étaient couvert de * de Æelle-la land, à cau vérent garni cette histoire du Saga ou Snorro Stur kiold à Stock 1179, il n’a c apres l’événe ni plus confi des découvet (pag. 104, 1:
dans quelle p cendus. Suiv jours et des :
huitième deg de la côte di Hudson, où « duction du p dans le texte l'endroit où quarante-net dans cette ré courant le cc la situation € du pays déco dans une île M. Mallet, da pag. 175, et je ne suis p:
e par Doppelmayer ns et les artistes de e l’imperfection des ette époque. Il est à a véritable position; è supposer que Be- 'aueun des pays de mour d’une Île qu'il que ce pouvait étre 1ppose d'abord étre tude que les Îles du rrait bien être une es anciennes cartes, de l’Irlandais Saintre est si puéiile et si 1e d'occuper f’atten- Issingham Florile-
pas mieux fondées élevée dans le douneth, roi de la partie ichant la succession princes, fatigué de chercher un séjour oit à l'ouest en laisns un pays inconnu [dans la province de ompagnons ; cela se quoi on n’entendit nie, 11 faut observer est fondée l'authen.
lre plus de quatre dont il parle, Chez ant que l’étaient les an fait si reculé ne parfaitement et auelque écrivain d’un éloigné de l'époque modernes se sont à e Meredith ap Rees, mais il vécut aussi vénement pour que poids que celui de w Hackluit, vol. Ill, ue Madoc , méconsfiques, parcourut s possessions. Mais istoire de Powell it pas que le pays viguant à l’ouest et le partie de l’Amé- . dans le douzième permêttre d’entrea fait quelque détre que Madère ou allégué le rapport lelques dialectes de voyage de Madoc.
à pelit nombre, et sont si obscures ou une preuve sur la ombre de mots, Il i que sur les côtes
SUR L’HISTOIR
de l'Amérique méridionale depuis le port Désiré jusqu'au
mot qui dans la langue galloise signitie téte blanche. Tous les auteurs qui veulent faire honneur aux Gallois de la découverte de l'Amérique, citent ce mot comme une preuve irrévocable de l’affinité qu’il y a entre la langue falloise ct celle qu’on parle dans cette partie de l'Amérique, Mais M. Pennant qui nous a donné une description détaillée du penguin, remarque que tous les oiseaux de telle espèce ont la tête noire; « de sorte, ajoute-t-il, que nous devons renoncer à l'espérance fondée sur cette hypothèse de retrouver dans le Nouveau-Moride la race galloise.» (Phil. Transact., vol. LVII, p. 91, etc.) D'ailleurs si les Gallois avaient fait quelque établissement en Amérique vers la fin du douzième siècle, on aurait dû retrouver parmi leurs descendans quelques indices de la religion chrétienne lorsqu'on les découvrit environ trois cents ans après leur émigration, période trop court pour qu’on puisse supposer que dans cet espace de temps on \ ait perdu toute idée des arts et des mœurs de l'Europe, Les. prétentions des Norwégiens à la découverte de l’Amérique paraissent mieux fondées que celles des Allemands et des Gallois. Les peuples de la Scandinavie se faisaient remarquer dans le moyen âge par la hardiesse et l'étendue de leurs excursions maritimes. En 874, les Norwégiens découvrirent l'Islande où ils établirent une cotonie, En 982, ils se rendirent au Groenland, où ils s’établirent pareillement. De 1à quelques-uns de leurs navigateurs s'avancèrent vers l'ouest et y trouvèrent un pays plus agréable que les horribles régions qu’ils habitent aujourd’hui. Suivant leur rapport, les côtes de ce pays étaient sablonneuses, mais l’intérieur était uni et couvert de “ois ; c’est pourquoi ils lui donnèrent le nom de Æelle-land et Mark-land, et ensuite celui de Finland, à cause de quelques plants de vigne qu’ils y trouvérent garnis de grappes de raisin. L’authenticité de cette histoire est fondée, à ce que je crois, sur l’autorité du Saga ou de la chronique du roi Olaus, composée par Snorro Sturlonides ou Sturlusons, publiée par Perinskiold à Stockholm en 1697. Puisque Snorro était né en 1179, il n’a compilé sa chronique qu'environ deux siècles apres l'événement qu’il rapporte. Rien n’est plus grossier ni plus confus que le conte qu’il fait de la navigation et des découvertes de Biorn et de Lief, son compagnon, (pag. 104, 110, 326). Il est impossible d'apprendre de lui dans quelle partie de l'Amérique les Norwégiens sont descendus, Suivant le rapport: qu'il fait de la longueur des jours et des nuits, ce ne peut êire que vers le cinquante huitième degré de latitude au nord, sur quelque partie de la côte du Labrador, près de l'entrée du détroit de Hudson, où certainement les raisins ne sont pas une production du pays. Torfeus prétend. qu’il y a une erreur dans le texte, et qu’en la rectifiant on peut supposer que l'endroit où les Norwégiens descendirent était situé au quarante-neuvième degré de latitude. Mais ce n’est pas dans cette région que croit le vin en Amérique. En par- Courant le conte de Snorro, je serais porté à croire que. la situation de Terre-Neuve correspond mieux avec celle du pays découvert par les Norwégiens; mais ce n’est pas dans une Île stérile que l'on trouve des plants de vigne. M. Mallet, dans son /ntroduc. à L’Hist. du Danemark, Pay. 175, etc., cite plusieurs autres conjectures, mais
| pour les discuter, Quoi qu'il en soit, il est manifeste que détroit de Magellan : on lui donne le nom de penguin, :
si les Norwégiens ont découvert, dans le dixième siècle,
| quelque partie de l'Amérique, leurs tentatives pour y
le ne suis pas assez versé dans la littérature du nord |
établir une colonie ont été infructueuses, et que la connaissance en à été bientôt perdue. ;
NOTE 18, p. 465.
Pierre Martyr ab Angleria, gentilhomme milanais qui dans ce temps résidait à la cour d'Espagne, et dont les lettres contiennent le récit des faits de ces temps, sutvant leur date, dépeint d’une manière fort vive les sentimens dont lui-même et ses savans correspondanis étaient
affectés. «Præ lætitià prosiluisse te, vitque à la
chry mis præ gaudio temperdsse, quandà litteras as= pexisti meas quibus, de antipodum orbe latenti hactenüs, te certiorem feci, mi suavissime Pomygoni, insinuasti. Ex tuis ipse lilteris colligo quid senseris. Sensisti autem, tantique rem fecisti, quanti virum summé doctrind insignitum decuit. Quis namque cibus sublimibus præstaripot est ingeniis isto suavior® Quod condimentum gratius? 4 me facio conjeciuram. Beari sentio spiritus meos, quand accitos alloquor prudentes aliquos ex his qui ab eà redeunt provincid. Implicent animos pecuniarum cumulis augendis miseri avari, libidinibus obscænis ; nostras nos mentes, postquam Deo pleni aliquandà fuerimus, Conlemplando , hujuscemodi rerum notitid demulciamus. » (Epist, 162, Pomponio Læto.)
NOTE 19,p 470.
Les savans de ce siècle étaient ‘si fortement persuadés que les pays qu'avait découverts Colomb faisaient partie des Indes orientales, que Bernaldès, curé de Los Palacios, qui paraît avoir été un des hommes les plus instruits de son temps dans la cosmographie, prétend que Cuba n’était pas une Île, mais une partie du continent et qu’elle appartenait à l’empire du grand Khan. communiqua cette: opinion à Colomb même, qui, pendant quelque temps, logea chez lui au retour de son second voyage, et il la soutient par plusieurs argumens, pour la plupart fondés sur l'autorité de Jean Mandeville. MS! entre les mains de l'auteur: Antoine Gallo, qui était secrétaire du magistrat de Gênes, vers la fin du quinzième siècle, a publié un court récit des voyages et découvertes de son compatriote Colomb , qui se trouve joint à ses Opusculæ histarica de rebus populi genuensis : il nous apprend, d'après des lettres de Colomb qu'il dit avoir vues, que son opinion, fondée sur des observations nautiques, était qu'une des îles qu’il avait découvertes ne se trouvait qu’à deux heures ou trente degrés de Cittigara, qui, dans les cartes de géographie de ce temps, était marquée, sur l'autorité de Ptolémée, lib. vis, ch, 17, comme le lieu de l’Asie le plus avancé vers l'orient ; d’où il con. cluait que si quelque continent inconnu n'arrétait point la navigation, on devait trouver un passage court et facile vers cette extrémité orientale de l’Asie, en naviguant à l'ouest. (Muratori, Scriptores rerum italicarum, vol. XXIII, pag. 304.)
NOTE 20, p. 472.
Bernaldès, curé de Los Palacios, auteur contemporain, dit que cinq cents de ces captifs furent envoyés en Espagne et vendus publiquement comme esclaves à Séville; mais que le changement de climat et l'impuissance où ils étaient de supporter les fatigues du travail les firent tous mourir en fort peu de temps. HS. entre les mains de l'auteur.
NOTE 21, p. 476.
11 paraît que Colomb s'était formé des idées singulières sur les pays qu'il venait de découvrir. Les houles violentes et l'agitation singulière des eaux sur la côte de la Trinité, lui firent croire que c'était là la partie la plus
élevée. Après avoir posé ce principe erroné, la beauté du pays lui fit adopter l’idée de Jean Mandeville, cap. en,
l dis t tre était le lieu le plus élevé de la ee Re | 1497. (Viag. primo, p. 6.) C'était dans ce méme temps
terre ; et il s’imagina avoir été assez heureux pour découvrir ce fortuné séjour. Nous ne devons pas être surpris qu’un homme d’une si grande sagacité se soit laissé
fabuleux que l'était Mandeville. Colomb et les autres na-
vigateurs devaient nécessairement suivre les seuls guides |
qu'ils pouvaient. consulter ; et il paraît, par plusieurs passages du manuscrit de Bernaldès, l’ami de Colomb, que le témoignage de Mandeville n’était pas d’un médiocre poids dans ce siècle. Bernaldès le cite souvent et toujours avec respect.
NOTE 22, p. 480.
11 est surprenant que ni Gomara ni Oviedo, les plus anciens historiens espagnols de l'Amérique, ni Herrera même, n'aient regardé Ojeda ou son compagnon Vespuce, comme ayant fait la première découverte du conti-
nent de l'Amérique. Tous attribuent unanimement cet |
honneur à Colomb. Quelques auteurs ont supposé qu'un ressentiment nationai contre Vespuce, qui avait quitté le service d'Espagne pour passer à celui des Portugais, avait engagé ces historiens à ne point parler des découvertes qu'il avait faites. Mais Martyr et Benzoni, tous deux ltaliens, ne pouvaient être gouvernés par ce pré-
jugé. Martyr était un auteur contemporain qui résidait à |
la cour d’Espagne et qui était à portée d'être exactement informé de ces faits publics ; cependant il n’attribue pas à Vespuce la gloire d’avoir le premier découvert l’Amérique, ni dans ses Décades, qui sont la première histoire
générale qu'on ait publiée du Nouveau-Monde, ni dans !
ses lettres, où il parle des principaux événemens qui
sont arrivés de son temps. Benzoni passa comme avan- | turier en Amérique , en 1541, et y demeura fort long- | temps. 11 paraît avoir été animé d'un zèle fort ardent |
pour la gloire de l’ltalie, sa patrie ; cependant il ne parle ni des exploits ni des découvertes de Vespuce. Herrera,
qui a compilé son histoire générale de l'Amérique d’après |
les témoignages les pls authentiques, suit non-seulement le sentiment des auteurs antérieurs, mais il accuse Même Vespuce d’avoir falsifié les dates des deux voyages qu'il a faits dans le Nouveau-Monde , et d’avoir confondu
l'un avec l’autre, afin de pouvoir s'arroger la gloire |
d’avoir découvert le continent, (Herrera, Dec. 1, lib, av,
NOTES ET ECLAIRCISSEMENS
cap. 11.) 1l assure que dans un examen judiciaire de cette matière fait par le fiscal du roi, il fut prouvé.par le t& moignage de Ojeda lui-même, qu'il toucha à Hispaniols en revenant en Espagne à son premier voyage, au lieu que Vespuce dit qu'ils retournèrent directement de la côte de Paria à Cadix, et qu'ils ne touchèrent à Hispaniola qu'à leur second voyage. Ojeda ajoute qu'ils firent le trajet en cinq mois , tandis que Vespuce prétend avoir employé dix-sept mois à le faire, (Fiaggio primo de Am. Vespucci, p. 36. Viaggio secundo, p. 45.) Herrera nous donne, dans un autre endroit de son histoire, un récit plus circonstancié de cette recherche et tendant au même but. (Herrera, Dec. 1, lib. vu, cap. v.) Colomb se trouvait à Hispaniola lorsque Ojeda y arriva, et s'était
haute du globe, et il pensait que plusieurs circonstances | déjà alors reconcilié avec Roldan qui s’apposa aux efforts
concouraient à prouver que la mer y était visibiement | d'Ojeda pour exciter. une nouvelle révolte; par consé-
|! quent son voyage doit avoir été. postérieur à celui de
l'amiral. (fie de Colomb, ch. Lxxxiv.) Suivant le rapport de Vespuce, il entreprit son premier voyage le 10 mai
que Colomb se trouvait à la cour d'Espagne pour faire les préparatifs de son voyage et qu'il paraissait y jouir
séduire par les opinions et les récits d’un auteur aussi | d’une grande faveur. La direction des uffaires du Nouveau-
| Monde se trouvait alors entre les mains d'Antoine Torrès
l'ami de Colomb. Il n'est donc pas probable que dans ces circonstances on ait accordé une commission à une autre personne qui aurait pu prévenir l'amiral dans un voyage qu'il était sur le point d'entreprendre. Fonseca, qui protégeait Ojeda et qui lui fit obtenir la permission de faire le voyage, ne fut rappelé à la cour et rétabli dans sa charge de directeur des Indes qu'à la mort du prince Jean, qui arriva au mois de septembre de l'année 1497; (P. Martyr, Ep. 182), c'est-à-dire plusieurs mois après le temps que Vespuce prétend avoir misen mer, En 1745,
| l'abbé Bandini publia à Florenceune Vie de Vespuce in-4°, | Cet ouvrage, qui n'a aucun mérite, est écrit avec aussi
peu de jugement que de vérité, L'auteur soutient les prétentions de son compatriote à la découverte du Nouveau- Monde avec tout le zèle aveugle qu” ‘pire une prévention nationale ; mais il ne produit aucune preuve pour les appuyer. Il dit que le récit du voyage de Colomb fut publié
| en 1510 et même peut-être plus tôt. (Vita di Am. Vesp..
p. 52.) On ignore dans quel temps le noin d'#mérique fut donné pour la première fois au Nouveau-Monde.
NOTE 23, p. 496.
Le formulaire employé à cette occasion a servi de modèle aux Espagnols dans toutes leurs conquêtes postérieures en Amérique. Il est d’une nature si extraordinaire et donne une idée si nette des procédés des Espagnols et des principes sur lesquels ils fondaient leurs droits au vaste empire qu'ils acquirent dans le Nouveau-Monde, que cetle pièce mérite toute l'attention du lecteur, «Moi,
| «Aionzo de Ojeda, serviteur des très hauts et très puis-
«sans rois de Castille et de Léon, vainqueurs de nations «barbares, leur ambassadeur et capitaine, je vous no- «tifie et vous déclare, avec toute l'étendue des pouvoirs « que j'ai, que le Seigneur notre Dieu, qui est un et éter-
«nel, a créé le ciel et la terre, ainsi qu'un homme et
«une femme, de qui sont descendus vous et nous, et «tous les hommes qui ont existé ou qui existeront dans «le monde, Mais comme il est arrivé que les générations
«a success «persées «sont di «qu’un £ « nir les « Seigner «<äumh « seigneu «les hon «quelqu « Il a sou « donné « « plus pr “ ment F «torité 8 «et dej «Juifs, i « ou croy « pape, ( «parce « « homme «lui ont «roi, et «à ceux «nue au « L'un « la conc «à leurs « Ferdin:
«leurs si « contien « phqué ] «le désir «tion, rc «et c'est «plupart «reconnt «homma «maître | «instruit «que sa «tous, d «récomp « de l’êtr.
« protect « nière q «et oblig «je vous «temps | «viens d «naître | « vers, ai « propre «pape, f «de la te «susdits «Foi, Si «dire, vi « quels v « moi en « bonté, «enfans, «tous vo
nen judiciaire de cette fut prouvé.par le t& l'toucha à Hispaniola mier voyage, au lieu nt directement de la > touchèrent à Hispada ajoute qu'ils firent espuce prétend avoir (Fiaggio primo de undo, p. 45.) Herrera t de son histoire, un herche et tendant au 11, Cap. v.) Colomb se la y arriva, et s'était ui s’apposa aux effor(s > révolte; par consépostérieur à celui de [Y.) Suivant le rapport ier voyage le 10 mai dans ce même temps d'Espagne pour faire u'il paraissait y jouir suffaires du Nouveauains d'Antoine Torrès, robable que dans ces inmission à une autre miral dans un voyage re. Fonseca, qui proa permission de faire rm et rétabli dans sa à la mort du prince bre de l’année 1497; usieurs mois après le nisen mer. En 1745, Vie de Vespuce in-4°, , est écrit avec aussi teur soutient les préouverte du Nouveau- ‘pire une rrévention è preuve pour les apde Colomb fut publié (Vita di Am. Vesp.
le non d’4mérique Nouveau-Monde.
casion a servi de mo.
urs conquêtes postéture si extraordinaire dés des Espagnols et aient leurs droits au le Nouveau-Monde, ion du lecteur, «Moi, ès hauts et très puisainqueurs de nations pitaine, je vous noétendue des pouvoirs u, qui est un et éternsi qu'un homme et lus vous et nous, et u qui existeront dans é que les générations
«successives, pendant plus de cinq mille ans, ont été disopersées dans les différentes parties du monde, et se « sont divisées en plusieurs royaumes et provinces, parce
« qu’un seul pays ne pouvait ni les contenir ni leur four- !
« nir les subsistances nécessaires; c'est pour cela que le «Seigneur notre Dieu a remis le soin de tous ses peuples «à un homme nommé saint Pierre, qu'il à constitué «seigneur et chef de tout le genre humain, afin que tous
«les hommes, en quelque lieu qu'ils soient, nés ou dans |
«quelque religion qu’ils aient été instruits, lui obéissent, «Il a soumis la terre entière à sa juridiction , et lui a or- « donné d'établir sa résidence à Rome, comme le lieu le « plus propre pour gouverner le monde. Ii lui a pareille-
“ ment promis et accordé le pouvoir d'étendre son au- -| « torité sur quelque autre partie du monde qu'il voudrait, |
«et de juger et gouverner tous les chrétiens, Maures, « Juifs, idolâtres, ou tout autre peuple de quelque secte «ou croyance qu’il puisse être. On lui a donné le nom de
« pape, qui veut dire admirable, grand péreet tuteur; |
«parce qu’il est le père et le gouverneur de tous les
«hommes. Ceux qui ont vécu du temps de ce saint père |
« lui ont obéi en le reconnaissant pour leur seigneur et «roi, et pour le maître de l'univers. On a obéi de même «à ceux qui lui ont succédé au pontificat ; et cela conti- « nue aujourd’hui et continuera jusqu'à la fin des siècles. « L'un de ces pontifes, comme maitre du monde, a fait
« la concession de ces îles et de la terre ferme de l'Océan !
«à leurs majestés catholiques les rois de Castille, don
« Ferdinand et dona Isabelle de glorieuse mémoire, età |
«leurs successeurs nos souverains, avec tout ce qu'elles « contiennent, comme cela se trouve plus ampiement exu phiqué par certains actes qù’on vous montrera si vous
«te désirez. Sa majesté est donc, en vertu de cette dona- | «tion, roi et seigneur de ces iles et de la terre ferme, |
«et c’est en cette qualité de roi et de seigneur que la ÿ q
« plupart des iles à qui on a fait connaitre ‘ces titres ont |
«reconnu sa majesté, et lui rendent aujourd’hui foi et
«hommage de bon gré et sans opposition, comme à leur |
«maître légitime. Et du moment que les peuples ont été « instruits de sa volonté, ils ont obéi aux hommes saints « que sa majesté a envoyés pour leur précher la foi; et «tous, de leur plein gré et sans le moindre espoir de «récompense, se sont rendus chrétiens et continuent
« de l'être, Sa majesté les ayant reçus avec bonté sous sa |
« protection, a ordonné qu’on les traitât de la même ma- «nière que ses autres sujets et vassaux. Vous êtes tenus «et obligés de vous conduire de méme; c’est pourquoi
«je vous prie et vous demande aujourd’hui de prendre le | «temps nécessaire pour réfléchir mürement à ce que je | «viens de vous déclarer, afin que vous puissiez recon- | «naitre l'église pour la souveraine et le guide de l’uni- | « vers, ainsi que le saint père, nommé le pape, par sa | « propre puissance, et sa majesté, par la concession du | « pape, pour rois et seigneurs souverains de ces iles et |
«de la terre ferme; et afin que vous consentiez que les «susdits saints pères vous annoncent et vous préchent la «foi. Si vous vous conformez à ce que je viens de vous «dire, vous ferez bien et vous remplirez les devoirs aux- «quels vous êtes obligés et tenus. A!srs sa majesté et « moi en son nom, nous vous recevr' 18 avec amour et « bonté, et nous vous laisserons vous, vos femmes et vos «enfans, exempts de servitude, jouir de la propriété de
« des iles. Sa majesté vous accordera en outre plusieurs «priviléges, exemptions et récompenses. Mais si vous re « fusez ou si vous différez malicieusement d’obéir à mor «injonction, alors, avec le secours de Dieu, j'entrera «par force dans votre pays, je vous ferai la guerre la «plus cruelle, je vous soumettrai au joug de l’obés- «sance envers l’église et le roi, je vous enlèverai vos «femmes et vos enfans pour les faire esclaves et en « disposer selon le bon plaisir de ga majesté; je saisirai
| tous vos biens et je vous ferai tout le mal qui dépendra
«de moi, comme à des sujets rebelles qui refusent de se
| (soumettre à leur souverain légitime. Je proteste d’a-
«vance que tout le sang qui sera répandu et tous les « malheurs qui seront la suite de votre désobéisrance ne « pourront être imputés qu'à vous seuls, et non à sa ina-
| «jesté, ni à moi ni à ceux qui servent sous mes ordres ;
«c’est pourquei vous ayant fait cette déclaration et re- «quisition , je prie le notaire ici présent de m’en donner «un certificat dans la forme requise.» (Herrera, Decad. |, db. vus, cap. x1v. )
Balboa , dans sa lettre au roi, dit que de cent quatre-
| vingt-dix hommes qu’il avait emmenés avec lui, il n’y en
eut jamais quatre-vingts à la fois en état de servir, tant ils souffraient de la fatigue, de la faim et des maladies. (Herrera, Dec. 1, lib. x, c. xvr. P. Martyr, Dec., pag. 226.)
NOTE 25, p. 506.
Fonseca , évêque de Palencia et principal directeur des affaires de l'Amérique, avait huit cents Indiens en propriété; le commandeur Lope de Conchillos, son premier associé dans ce département, en possédait onze cents, et 6n en avait donné en grand nombre aux autres favoris. Ïs envoyaient des intendans aux îles pour louer ces esclaves aux colons. (Herrera, Dec. I, lib. 1x, c. XIV, p. 325.)
NOTE 26, p. 515.
Quoïqu'il y ait plus d’eau en Amérique que dans aucune autre partie du globe, on ne trouve cependant ni ruisseau ni rivière dans la province de Yucatan. Cette péninsule s'étend dans la mer à cent lieues de longueur depuis le continent , mais n’a pas plus de vingt-cinq lieues dans sa plus grande largeur. C’est une plains unie où il n’y a pas la moindre montagne. Les habitans font usage de l’eau de puits, qu’on trouve partout en abondance. Toutes ces circonstances font regarder cette vaste étendue de terre comme un lieu qui a fait autrefois partie de la mer. (Herrera, Descr. Zndiæ occident., pag. 14, Aist nat., par M. de Buffon, tom. 1, p. 593.)
NOTE 27, p. 616.
M. Clavigero me critique pour avoir dit que les Espa. gnols qui s'étaient embarqués avec Cordova et Grijalva s'imaginèrent, dans leurs espérances fantastiques, voir sur les côtes de Yucatan des villes ornées de tours et de coupoles. Je ne sais dans quelle traduction il aura lu mon histoire (car la citation qu’il en fait n’est pas tirée de l'original) ; mais je n’aurais jamais imaginé qu'aucun bâtiment érigé par les auciens Américains pût faire
«tous vos biens, de la méme manière que les habitans | naître l'idée d’une coupole ou d'un dôme, structure que
PR DR Ne, A
leur habileté en architecture, quelle qu’elle fût, était incapable de concevoir, Mes expressions sont : qu’ils transformaient les villages, qu'ils voyaient de leurs vaisseaux, en autant de villes ornées de:tours et de pinacles, Par pinacles, j'entends quelques élévations qui surgissaient au-dessus des autres bâtimens, et le passage est traduit presque littéralement d'Herrera. (Dec. il, lib. 111, €. 1.) Dans presque toutes les descriptions des nouveaux pays, données par les voyageurs espagnols de cesiècle, on retrouve cette chaleur d'admiration qui les porte à décrire ces nouveaux objets dans les termes les plus emphatiques. Lorsque Cordova et ses compagnons apergurent pour la première fois-un village-indien plus-considérable qu'aucun de ceux; qu'ils eussent rencontrés : jusqu'alors dans ces Îles, ils le qualifièrent du nom splendide de Grand-Caire. (B, Diaz, ç; 1). Ce fut par la'méme cause que Grijalva et ses compagnons pensèrent que le pays le long duquel ils avaient dirigé leur course méritait le nom de Nouvelle-Espagne.
NOTE 28, p. 518.
Suivant M. de Cassini, la plus grande hauteur des Pyrénées est de six mille six cent quarante-six pieds. Celle
du mont Gémmi, dans le canton de Berne, est de dix mille |
cent et dix pieds. Le P. Feuillé dit que, suivant sa mesure, le pic de Ténériffe a treize mille cent soixante-dixhuit pieds de hauteur. La hauteur du Chimboraço, la partie la plus élevée des Andes, est de vingt mille deux cent huit pieds. (Yoyages de D. J. Ulloa, observaïion astron. et phys., tom. 11, pag. 114.) La seule partie du Chiiborago, qui est toujours couverte de neige, a huit cents toises de hauteur perpendiculaire, (Prévost, Æis£. gén. «es voyages, Vol. XI, p. 636.)
NOTE 29, p. 518.
Comme une description particulière fait une plus forte impression que des assertions générales, je placerai ici un compte rendu de la rivière de la Plata, par un témoin oculaire, le P. Cattaneo, jésuite de Modène, qui arriva à Buenos-Ayres en 1749, et qui décrit les sentimens qu’il éprouva à la première vue de ces objets nouveaux.« Lorsque j'étais en Europe et que je lisais dans les livres de géographie et d'histoire que l'embouchure de la rivière de la Plata avait cent cinquante milles de largeur, je re gardais ce récit comme une exagération, parce que nous n'avons dans notre hémisphère aucune rivière qui approche de cette grandeur. Mon plus grand désir, en approchant de son embouchure, fut de vérifier par moiinême la vérité de ce fait, et j'ai trouvé qu'on l'avait rendu avec fidélité; ce que je conclus particulièrement l{'une circonstance. Lorsque nous partimes de Monte- Video, qui est un fort situé à plus de cent milles de l’embouchure de la rivière et où sa largeur est considérablementdiminuée, nous nayiguâmes un jour entier avant de découvrir le bord opposé de la rivière. Lorsquenous nous trouvâmes au milieu du canal, nous ne pûmes discerner ni l’une ni l’autre rive et ne vimes que le ciel êt l'eau, comme si nous avions été dans le Grand-Océan. Nous aurions même pensé étre en pleine mer si la douceur de l'eau de cette rivière, qui est aussi trouble que celle du Po, ne nous eût pas couvainçus du contraire, À Buénos-
Ayres même, qui est à cent lieues plus haut, et où la rivière eét bien moins large encore, il ést impossible de rien distinguer sur ia rive opposée, qui, à la vérité, est fort basse et fort plaie; on ne peut pas seulement. voir les maisons ni les tours de l'établissement portugais de Colonia qui se trouvent à l’autre bord. (Leftera prima, publiée par Muratori, dans son Christianesimo fe lice, etc., c. 1, pag. 257.)
NOTE 30, p. 519.
Terre-Neuve, une partie de la Nouvelle-Écosse et le Canada, se trouvent sous le méme parallèle de latitude que le royaume de France, et dans ces pays l'eau des rivières est gelée pendant l'hiver à plusieurs pieds d’épaisseur ; la terre y est couverte de neige ; la plupart des oiseaux quittent pendant cette saison un climat où ils ne pourraient pas vivre. Le pays des Esquimaux , une partie de la côte de Labrador et les pays qui se trouvent au midi de la baie d'Hudson, sont sous le même parallèle que la Grande-Bretagne; cependant le froid y est si excessif que toute l'industrie des Européens mêmes n’a pas tenté de les cultiver.
NOTE 31, p. 520.
Acosta est, je crois, le premier philosophe qui ait cherché à rondre raison des différens degrés de chaleur dans l'ancien et le nouveau continens par l'action des vents qui règnent dans l’un et dans l’autre, ( Histoire morale, .etc., lib, x et 11.) M, de Buffon a adopté ;eette théorie, qu'il a non-seulement rectifiée par de nouvelles wbservaljons, mais qu’il a même embellie et mise dans un.jour plus frappant avec son éloguenre. ordinaire. On ajoutera ici quelques remarques qui pourront éclaircir encore une doctrine très importanie dans ses recherches sur la température des différeng climats,
Lorsqu'un vent froid souffle sur un pays, il doit en y passant lui enlever une partie. de sa chaleur et par-là même perdre une partie de sa froideur. Mais s’il continue à souffler dans la même direction, il passera par degrés sur une surface déjà refraidie, et ne pourra bientôt plus perdre de son âpreté, Si donc il parcourt un. grand espace, il.y apportera tout le froid d'une forte gelée,
Si le méme vent parcourt l'étendue d’une mer vaste et profonde, la superficie de l’eau sera d’abord refroidie à un certain degré; et Je vent se trouvera réchauffé à proportion. Mais l’eau plus froide de la surface devenant spécifiquement: plus pesante que l'eau plus chaude qui est au-dessous, descend, et celle qui est ‘plus chaude prend sa place; celle-ci.se refroidissant à son tour, continue à échauffer le courant d'air qui passe par-dessus et en diminue Ja froideur, L'action mécanique du vent et le mouvement dela marée contribuent à apérer ce changement. successif de l’eay de la surface. et l'élévation de celle qui est plus: chaude, et par conséquent le potes er na auccessif de:l’air.
Cela continuera de même, et l’Apreté du vent diminuera, jusqu'à ce que l’eau sait refroidie au point que sa surface ns soit plus assez agitée par l’action du vent pour qu’elle ne puisse se glacer..Partout où la surface ge gèle, le vent. n’est plus réchauffé par l’eeu intérieure, et il continus alors à soufflér avec le même degré de froid.
Yeat d’après ces mrincipes qu'on peut expliquer les
fortes gelées bivers dans | dans. ces par sont le mien:
ouest de l’Eu les. vents: d’o dant les mois janvier.
D'un autre terre, ilen é cesser de di même: vent s celle d’en bas de sa chaleur
Mais Ja pt de modérer:
dessus , c'est parence de ] considérable terre, quies!
grande chale nent de la 20 iusupportabl mer, il se raf à la côte h | ration.
Ces princi des chaleurs torride , de | à la même la pendant l'été ones tempéi qu'on éprou pend non-s6 soleil, mais chaleur qu'il la terre deme pour cela q chaleur vers chaleurs de 1 que le froid « le mois de ja
La tempér.
se trouvent couvrent et | fer la terre. son tour éch rayons du 80 absorber la cet effet. On
plante prodi tionnée à la par la natur dans les fer perspiration l'air qui est diminué. Ce sur ce sujet mo ami, À versité d’Éd
us haut , et où la riil est impossible de qui, à la vérité, est pas seulement. voir ement portugais de d. (Lettera prima, Jhristianesimo fe
uvelle-Écosse et le parallèle de latitude es pays l'eau des risieurs pieds d’épaisge; la plupart des un climat où ils ne juimaux , une partie qui se trouvent au 8 le même parallèle le froid y est si exéens mêmes n’a pas
lasophe qui ait cherrés de chaleur dans r l'action des vents re, (Histoire moffon a adopté .eette ée par de nouxelles bellie et mise dans 1ence ordinaire. On pourront éclaircir dans ses recherches ats, n pays, il doit en y à chaleur et par-là r. Mais s’il continue passera par degrés pourra bientôt plus court un. grand. ese forte gelée, d'une mer vaste et d’abord refroidie à ya réchau£fé à proà surface devenant plus chaude qui est plus chaude prend on tour, continue à ar-dessus et en di- > du vent et le mouérer ce changement.
vation de celle qui le refroidissement
reté du vent dimiidie au point que sa etion du vent pour | da surface se gèle, x intérieure, et il à degré de froid,
peut expliquer les
fortes gelées dans les grands continens, la douceur des bivers dans les petitesitles et le froid excessif des hivers dans ces parties de l'Amérique septentrionale. qui mous sont le mieux connues. Dans les: lieux qui sont au nordouest de l'Europe , la rigueur de lhiverest modérée par les vents" d'ouest qui soufflent assez.canstamment pendant les mois de novembre, de déeembre et une partie de jauvier.
D'un autre côté, lorsqu'un vent chaud souffle sur la terre, il en échauffe la surface, qui par conséquent doit cesser de diminuer la chaleur du vent, Mais lorsque ce même: vent souffle sur les eaux , il les agite, fait monter celle d’en bas qui est plus froideet continueainsi à perdre de sa chaleur,
Mais la principale cause de cette propriété de la mer de modérer la chaleur.du :vent ou de:l'air qui passe pardessus , c’est que la surface de la:mer, attendu la transparence de l’eau, ne peut pas étre :échauffée à un degré considérable par les rayons :du soleil ; au lieu :que la terre, quiest exposée à leur action ;:acquiert:bientôt une graude chaleur. Ainsi lorsque:le vent parcourt iun continent de la zone torride ; il devient bientôt. d’une chaleur insupportable ; mais en passant sur une:vaste étendue de mer, il se rafraichit par degrés, de sorte qu'en arrivant à la ete la plus éloignée, il devient propre à la respiration. à
Ces principes peuvent noys aider à expliquer la cause des chaleurs étouffantes des grands continens de :la zone torride , de la douceur du climat des Îles qui se trouvent à la même latitude , de la grande chaleur qu'on éprouve pendant l'été dans les grands continens situés sous les sones tempérées.ou plus froides, en comparaison de celle qu'on éprouve dans les tles. La chaleur du climat dépend non-seulement de d'effet immédiat des rayons du
soleil, mais encore de leur action continue et de la | chaleur qu'ils ont déjà produite antérieurement , et dont ;
la terre demeure imprégnée pendant quelque temps ;c'est | que souffle le vent, il se trouve rafraichi avant d'arriver
| aux terres magellaniques, en traversant une immense
pour cela qu’on éprouve dans le jour la plus grande chaleur vers les deux heures après midi; que les grandes
chaleurs de l'été se font sentir vers le mois de juillet, et |
que le froid est ordinairement plus violent en hiver vers | sage. Ce sont ces circonstances qui concourent à rendre
le mois de janvier.
La température modérée des parties de l'Amérique qui se trouvent sur l’équateur provient des forêts qui les
son tour échautfer Pair, et les feuilles qui interceptent les rayons du soleil ne sont pas d’un volume suffisant pour
cet effet. On sait d’ailleurs que la force vég tative d’une plante produit dans les feuilles une perspiration propor-
tionnée à la chaleur à laquelle elles sont exposées , et ! par la nature de l’évaporation, cette perspiration produit :
dans les feuilles un degré de froid proportionnel à la perspiration. Ainsi done l'effet de la feuille pour échauffer
sur ce sujet intéressant, m'ont été communiquées par
versité d'Édimbourg.
NOTE 32, p. 520.
Deux grands naturalistes, Piso et Margrave, nous ont donné la description du climat du Brésil avec une précision philosophique que nous désirerions de retrouver dans les relations de plusieurs autres provinces de l’Amérique. Tous deux disent qu'il est doux et tempéré en
. Comparaison du climat de l'Afrique, ce qu'ils attribuent
principalement au vent frais de la mer qui souffle constamment. L'air y est non-seulement frais pendant la nuit, mais même assez froid pour obliger les habitans à faire du feu dans leurs cabanes, (Piso, de Medicina brasiliensi, ib.x,p. 1, etc. Margravius, Aist. rerum nacural. Brasiliæ, lib. vin, c. nt, p. 264.) Ce fait se trouve confirmé par Nieuhoff, qui a long-temps résidé dans le Brésil, (Churchill’s Collection, vol. 11, p. 26.)Gumilla, qui a passé plusieurs années dans le pays qu'arrose l'Orénoque, nous fait le même rapport de la température de son climat, (Zistoire de l'Orénoque, tom. 1, p. 26.) Le P. Anugua dit avoir beaucoup souffert du froid sur les bords de la rivière des Amazones. (Relat., vol. 11, p. 56.) M. Biet, qui a vécu long-temps à Cayenne, parle de même de la température de ce climat et l'attribue à la méme cause. (Poyage de la France équinox., p. 330.) Rien ne peut être plus différent de .ces descriptions que celle que M. Adanson nous a donnée de la chaleur brtlante dela côte d'Afrique. (Foyage au Sénégal, passim.)
La forme de l’extremité méridionale de l’Afnérioue ‘ parait être la cause la plus sensible et la plus probable
| du degré excessif de froid qu’on ressent dans cette partie
du continent, Sa largeur diminue à mesure quelle s'étend du cap Saint-Antoine vers le sud, et ses dimensions sont fort rétrécies depuis la baie de Saint-Julien jusqu’au détoit de Magellan. Ses côtes orientale et occidentale sont baignées par la mer du Nord et l'océan Pacifique. Il est probable qu’une vaste mer s'étend depuis sa pointe méridionale jusqu’au pôle antarctique .Dans quelque direction
étendue d’eau, et la terre y occupe un espace trop peu considérable pour pouvoir réchauffer le vent à son pas-
la température de l’air de cette partie de l'Amérique plus semblable à celle d'une ile qu’à celle du climat d’un con-
| tinent, et qui l’empéêchent d'acquérir ce degré de chaleur couvrent et qui empêchent les rayons du soleil d'échauf-
fer la terre. Le 80! n'étant point échauffé ne peut pas à | eten Asie, dans la même latitude septentrionale. Le vent
| du nord est le seul qui arrive à cette partie de l’Amé-
| rique après avoir traversé un grand contineni. Mais après absorber la quantité de chaleur nécessaire pour opérer !
qu'éprouvent en été les pays qui se trouvent, en Europe
un examen attentif de sa position, nous trouverons que cela même sert plutôt à diminuer qu’à augmenter le degré de chaleur. C’est à l'extrémité méridionale de l'Amérique que finit proprement l'immense chaîue des Andes, qui parcourt presque en ligne droite, du uord au sud, toute l'étendue du continent. Les régions les plus brûiantes de
| l'Amérique méridionale, le Brésil, le Paraguay et le Tu-
l'air qui est en contact avec elle est prodigieusement | cuman sont à plusieurs degrés à l’est des terres magella-
diminué, Ces observations, qui jettent un nouveau jour |
niques. Le pays plat du Pérou, où l’on éprouve la cha-
. leur des tropiques, est situé fort à l’ouest de ces terres mO8 ami, M. Robison, professeur de physique à l’uni- |
Le vent du nord, quoiqu'il traverse la terre, n'apporte donc pas à l'extrémité méridionale de l'Amérique l’aug-
! Ceite dernière partie de la note a été retranrtce par Ro bertson dans sa dernière édition.
mentation de chaleur qu'il a pu prendre en passant par les régions brûlantes, parce qu'avant d'y arriver il doit raser les sommets des Andes et s'imprégner du froid de ces régions glacées.
NOTE 33, p. 521.
En 1739, on fit partir deux frégates françaises pour faire de nouvelles découvertes. Les navigateurs commencèrent à sentir un froid excessif au quarante-quatrième dégré de latitude méridionale. Au quarante-buitième degré, ils trouvèrent des iles flottantes de glace, (Æist. des navig.auxterres austr., tom. 1, p. 256, etc.) Le docteur Halley trouva de la glace au cinquante-neuvième degré de latitude {Zd., tom. 1, pag. 47.) Le commodore Byron, se trouvant sur la côte des Patagons, à cinquante degrés trente-trois minutes de latitude méridionale, le 15 décembre, qui est le milieu de l’été de cette partie du globe où le plus long jour tombe au 21 décembre , compare ce climat avec celui de l'Angleterre au milieu de l'hiver. (Poyages de Hawkesworth,tom. 1, pag. 25.) M. Banks étant descendu à la Terre - dé - Feu dans la baie de Bon-Succès, située au cinquante -cinquième degré de latitude, le 16 janvier, qui répond au mois de juillet de notre hémisphère, deux de ses gens moururent de froid pendant la nuit, et tous furent dans le plus grand danger de périr. (Zd., tom. 11, pag. 51, 52.) Le 14 mars, qui répond au mois de septembre de l’Europe, l'hiver s'était déjà déclaré, et les montagnes se trouvaient couvertes de neige. (Zb., pag. 72.)
Le capitaine Cook, dans son voyage au pôle méridional, nous fournit des exemples nouveaux et frappans de l'intensité extraordinaire du froid dans cette région du globe. «Qui aurait pensé , se dit-il, qu'une fle qui n'a que soixante et dix lieues de circuit, et qui est située entre le cinquante-quatrième et le cinquante-cinquième degré de latitude, serait, au plus fort de l'été, couverte entièrement de plusieurs brasses (la brasse a six pieds) de neige glacée, et plus particulièrement vers la côte sudouest? Les sommets des hautes montagnes étaient couverts de neige et de glace, et la quantité qui se trouve dans les vallées est incroyable : à l'entrée des baies la côte se termine par un mur de glace d'une hauteur considérable. »
Dans quelques parties de l’ancien continent il règne, dans des latitudes méridionales très peu élevées, un degré extraordinaire,de froid. M. Boyle, dans son ambassade à la cour du Dalay-Lama , passa l'hiver de 1774 à Chamuaning situé au trente et unième degré trente - neuf minutes de latitude nord, et il trouva souvent que
le thermomètre s'élevait dans sa chambre à vingt-neuf | degrés au - dessous de la glace, du thermomètre de |
Fahrenheit. Au milieu du mois d'avril, toutes les eaux slagnantes étaient glacées, et il tombait fréquemment de la neige. L'élévation extraordinaire du pays semble être la cause de ce froid excessif, En se rendant de l’indostan au Thibet, on monte beaucoup pour parvenir au sommet des montagnes du Boutan; la descente de l’autre côté n’est pas dans la même proportion. Le royaume du Thibel est un pays élevé, extraordinairement nu et désert. Le froid extraordinaire dans les basses latitudes de l’A-
mérique ne peut être attribué à la même cause, parce | que ces pavs ne sont pas remarquables par leur élévation, !
et que plusieurs sont même bas et plats,
NOTES ET ECLAIRCISSEMENS
La cause la plus probable de la plus grande intensité du froid vers l'extrémité méridionale de l'Amérique semble être la forme du continent lui-même, Sa largeur décrolt graduellement depuis le cap Saint-Autoirie , dans la direction du sud, et ses dimensions vont toujours en diminuant depuis la baie de Saint-Julien jusqu’au détroit de Magellan. À l'est et à l'ouest, ilest baigné par les océans Atlantique et Pacifique. 11 est probable qu'une
‘grande étendue de mer, sans aucune terre bien considé-
rable, s'étend à partir de son point le plus méridional jusqu’au pôle antarctique, Dans quelque direction que le vent souffle, il arrive très rafratchi aux régions magellaniques, après la vaste étendue d’eau sur laquelle il à passé; et il n'y a là aucune terre assez considérable pour qu’il puisse y puiser une grande chaleur en Ja traversant. Les circonstances concourent à rendre, dens ce district de l'Amérique, la température de l'air plus semblable à celle d’un climat insulaire que d’un climat continental, et l'empéchent d'arriver pendant l'été au même
| degré de chaleur que les lieux placés en Europe et en
Asie à une latitude correspondante au nord. Le vent du
| nord est le seul qui arrive à cette partie de l'Amérique
après avoir traversé un vaste continent. Mais en exa-
| minant attentivement la position dans laquelle il souffle,
il est facile de se convaincre qu'il tend plutôt à diminuer qu’à augmenter la chaleur. L’extrémité méridionale de l'Amérique est proprement la dernière limite de cette immense chaine des Andes qui s'étend presque en ligne directe du nord au sud, à travers tout ce continent. Les régions les plus chaudes de l'Amérique méridionale, telles que la Guyane, le Brésil, le Paraguay, le Tucuman, sont à plusieurs degrés à l'est des terres magellaniques. La plaine du Pérou, qui jouit des chaleurs du tropique , est située fort à l'ouest de ces régions. Quoique le vent du nord souffle sur des terres, il n’apporte à l'extrémité méridionale de l'Amérique aucune chaleur nouvelle qu’il ait pu ramasser dans son passage à travers des régions torrides ; mais au contraire, avant d’y arriver, il faut qu'il s'élève au-dessus des sommets des Andes, et qu’il s’y imprègne du froid de cette région glacée, Quoiqu'il soit maintenant prouvé qu'il n'existe aucun continent méridional dans la région du globe où on sup: posait qu’il devait se trouver, il paraît néanmoins, d’après les découvertes du capitaine Cook, que près du pôle sud on trouve une grande étendue de pays, et que c’est à cela qu'on doit une grande partie de ces monceaux de glaces répandus dans la mer du Sud (v. 11, p. 230, 239), Peut-
| être l'infivence de ce lointain continent de glace se fait-
elle seutir jusqu'aux extrémités méridionales de l’Amérique c’est une recherche qui n’est pas indigne d'attention.
NOTE 34, p. 522.
M. de La Condamine, un des derniers et des plus exacts : observateurs de l'état intérieur de l'Amérique méridio- | nale dit : «A cette foule d’objets variés, qui diversifient «les campagnes cultivées de Quito, succédait l'aspect le | «plus uniforme; de l’eau, de fa verdure et rien de plus. «On foule la terre aux pieds sans la voir : elle est si cou: . (verte d’herbes touffues, de plantes et de broussailles,
«qu'il faudrait un assez long travail pour en découvrir «l'espace d’un pied.» (Re/at. abrégée d’un vo yage,elc.) Une des singularités de ces forêts, c’est une espèce d’o-
sier, que les lianes, et a dont on se cordes. Cetui arbres qu’ell plus hautes perpendicula racine, s'élè montant ain rejetons, por hasard, forn ressemble a Nat. Aist. o liane qui sont p. 76.) La re du Pérou, r« (Foyage au semblable de d’autres parti Pendant plus peuvent avoi la nécessité 0 mettre à cou sont fort élo fiantes , tom.
Garcia nou des rivières, € de l'Amérique Indios , lib. :
que Gonzalès trer dans le } tableau frapp:
l'Amérique a Comment r«
1l paraît qu jours été plus On a trouvé j d'os d’une gr:
cette découve plus bas que 1 et à près de q côté d’un mar:
se trouvent er terre, et la cc Salé, (Journa les mains de exactitude dar partenu à des turalistes, qui pareille statur:
taient des subs
sieurs échanti
après les avoir convenu que c’ l'éléphant est les dents qu'or des éléphans, t à conclu que le de cette espèce de ce siècle q
plus grande intensité onale de l'Amérique lui-même, Sa largeur p Saint-Autoirie, dans ons vont toujours en Julien jusqu'au détroit , il est baigné par les est probable qu'une le terre bien considéint le plus méridional que direction que le aux régions magellaeau sur laquelle il a re assez considérable ide chaleur en Ja traent à rendre, dens ce ure de l'air plus sem- > que d’un climat conendant l'été au même cés en Europe et en au nord. Le vent du partie de l'Amérique tinent. Mais en exains laquelle il souffle, tend plutôt à dimixtrémité méridionale rnière limite de cette end presque en ligne out ce continent. Les érique méridionale, > Paraguay, le Tucut des terres magellaouit des chaleurs du ces régions. Quoique res, il n'apporte à ique aucune chaleur jon passage à travers aire, avant d’y arri- ; sommets des Andes, te région glacée, é qu’il n’existe aucun du globe où on supit néanmoins, d’après que près du pôle sud lys, et que c’est à cela monceaux de glaces , p. 230, 239), Peutent de glace se faitéridionales de l'Ast pas indigne d'at-
rs et des plus exacts ’Amérique méridioriés, qui diversifient succédait l'aspect le ure et rien de plus.
oir ; elle est si couet de broussailles, | pour en découvrir > d'un voyage,etc.) est une espèce d'o-
sier, que les Espagnols appellent bejucos, les Français lianes, et auquel les Indiens donnent le nom de nibbees, dont on se sert ordinairement en Amérique au lieu de cordes. Cetle plante monte en serpentant autour des arbres qu’elle rencontre, et après s'être élevée jusqu'aux plus hautes branches, ‘Ile jette des filets qui descendent perpendiculairement, rentrent dans la terre, y prennent racine, s'élèvent de nouveau autour d'un autre arbre, montant ainsi et descendant alternativement. D'autres rejetons, portés obliquement par le vent ou par quelque hasard, fornfent un assemblage confus de cordages qui ressemble aux manœuvres d'un vaisseau. ( Bancroft, Nat. Hist. of Guiana, p. 99.) On trouve de ces filets de liane qui sont de la grosseur du bras d’un homme. (/bid., p. 75.) La relation que M. Bouguer a donnée des foréts du Pérou, ressemble parfaitement à cette description. (Foyage au Pérou, p. 16.) Oviedo nous a laissé une semblable description des forêts qui se trouvent en d’autres parties de l'Amérique, (Æis£., lib. 1x, p. 144, D.) Pendant plus de quatre mois de l’année, les Moxes ne peuvent avoir de communication entre eux, parce que la nécessité où ils sont de chercher des hauteurs pour se mettre à couvert de l’inondation fait que leurs cabanes sont fort éloignées les unes des autres. (Zettres édifiantes , tom. X, p. 187.)
Garcia nous a donné une description détaillée et exacte des rivières, des lacs, des bois et des marais des provinces de l'Amérique situées entre les tropiques. (Origen de los Indios , lib. x, c. v, $ 4, 5.) Les difficultés incroyables que Gonzalès Pizarre eut à surmonter en voulant pénétrer dans le pa”s situé à l’est des Andes nous donne un tableau frappant de l’état où se trouvait cette partie de l'Amérique avant d’être défrichée. (Garcil. de la Vega, Comment royal du Pérou, part. n, liv. IX, Cap. 1I-V,)
NOTE 35, p. 523.
11 paraît que les animaux de l'Amérique n'ont pas toujours été plus petits que ceux des autres parties du globe. On a trouvé près des rives de l'Ohio un grand nombre d'os d’une grandeur étonnante. L'endroit où l’on a fait celle découverte se trouve à cent quatre-vingt-dix milles plus bas que le confluent de la rivière Scioto avec l'Ohio, et à près de quatre milles de la rive de cette dernière, du côté d’un marais nommé Le Grand-Marais-Salé. Ces 08 & trouvent en grande quantité à cinq ou six pieds sous terre, et la couche en est visible sur le bord du Marais- Salé, (Journal of colonel George Croglan; Ms. entre les mains de l’auteur.) Cet endroit parait marqué avec exactitude dans la carte d’Evans. Ces os doivent avoir appartenu à des animaux d’une grandeur énorme ; les naluralistes, qui n’ont jamais connu d’animal vivant d'une pareille stature, ont d’abord été portés à croire que c’étaient des substances minérales, Après en avoir reçu plu-
. #ieurs échantillons de différentes parties de la terre, et
après les avoir examinés avecplus d'attention, on est enfin convenu que c'étaient des 08 de quelques animaux : comme l'éléphant est le plus grand quadrupède connu, et que les dents qu’on a trouvées ressemblent beaucoup à celles des éléphans, tant par la qualité que par la forme, on en à conclu que les squelettes trouvés près de l'Ohio étaient de cette espèce. Mais le docteur Hunter, l’un des savans
de ce siècle qui est le plus en état de décider cette ques- |
tion, après avoir examiné attentivement plusieurs mor. ceaux des défenses, des dents mâchelièr:s et des mâchoires, envoyées de l'Ohio à Londres, a prétendu qu'elles n’appartenaient pas à l'éléphant, mais à quelque grand animal carnivore d'une espèce inconnue, (Phil. Transact., vol. LVII, pag. 34.) On a trouvé des os de la méme espèce et d'une grandeur aussi remarquable près des embouchures de l’Oby, de Jeniseia et de la Lena, trois grandes rivières de Sibérie, (Stralhenberg, Descrip, des Parties septentrionale et orientale de l'Europe et de l'Asie, pag. 402.) L'éléphant parait ne pas sortir de la zone torride, et ne point multiplier au-delà. 11 ne pourrait vivre dans ces froides régions qui bordent la mer Glaciale. L'existence de ces grands animaux en Amérique pourrait ouvrir un vaste champ aux conjectures. Plue nous considérons la nature et la variété de ses productions, plus nous devons être convaincus que ce globe terraqué a subi d’étranges changemens par des convulsions et des révolutions dont l’histoire ne nous a conservé aucune trace.
NOTE 36, p. 523.
Cette dégénération des animaux domestiques d'Europe en Amérique doit être attribuée en partie aux causes suivantes. Dans les établissemens espagnols qui se trouvent ou sous la zone torride, ou dans les pays qui l’avoisinent, le plus grand degré de chaleur et le changement de nourriture empêchent les moutons et les bêtes à corne de parvenir à la même grandeur qu'en Europe. Ils deviennent rarement aussi gras, et leur chair n’en a ni le suc ni la saveur délicate. Dans l'Amérique septentrionale, où le climat est plus tempéré et plus approchant de celui de l’Europe, les herbes qui viennent naturellement dans les pâturages sont d’une mauvaise qualité, (Mitchell, pag. 157.) L'agriculture y a fait si peu de progrès que la nourriture artificielle pour les troupeaux y est en très petite quantité, et l'on n’y prend presque aucun soin du bétail pendant l'hiver, qui est très long dans plusieurs provinces et rigoureux dans toutes. On traite fort mal les chevaux et les bêtes à cornes dans toutes les colonies anglaises. Toutes ces causes contribuent peut-être plus que la qualité du climat à faire dégénérer, dans ces provinces , la race des chevaux, des bœufs et des moutons.
En 1518 l'ile d’Hispaniola fut désolée par ces insectes destructeurs. Herrera, qui rapporte toutes les particularités de ce fléau, nous donne un exemple singulier de la superstition des colons espagnols. «Après avoir essayé, dit-il, tous les moyens possibles de détruire les fourmis ils résolurent d’implorer la protection des saints; mais comme c'était une espèce de calamité toute nouvelle, ils furent embarrassés sur le choix du saint qui pourrait leur être le plus propice. Ils tirèrent au sort le patron qu’ils devaient choisir. Le sort décida en faveur de saint Saturnin. Ils célébrèrent sa fête avec une grande solen- . nité, et le fléau, ajoute l'historien, commença sur-lechamp à diminuer ses ravages.» (Herrera, Decad, 11, lib. ur, c. xv, pag. 107.)
mentation de
les régio'$
raser lilosophiques sur les