CF
âre qu'il fait aussi chaud À l'équateur, qu'à dix-huit # (tom. 1, pag. 11). Le doc-
à quatorze ou quinze de- 257.)
M. Periramn , « 4 janvier 1765 se trouva à la source de la rivière de Saint-Jean dans la Floride, y éprouva un froid si violent que, dans uneseule nuit, la terre fut gelée de l'épaisseur d’un pouce sur les bords de la rivière, Les tilleuls, les citronuiers et les bananiers périrent tous à Saint-Augustin. (Bertram’s Journal, pag. 10.) Le docteur Mitchell nous fournit plusieurs exemples des effets extraordinaires du froid dans les provinces du midi de l'Amérique septentrionaic. (Present State , pag. 206, etc. ) Le 7 février 1747, le froid fut si violent à Charlestown, que deux bouteilles d'eau chaude qu’une personne avait mises en se couchant dans son lit, se trouvèrent fendues le lendemain au matin, et que l’eau n’était plus que deux morceaux solides de glâce. Une jate d’eau dans laquelle était une anguille vivante, fut gelée jusqu’au fond dans une cuisine où il y avait du feu. Presque tous les orangers et les oliviers furent détruits. (Descrip. of south Carolina, vur. London, 1761.)
NOTE 40, p. 524.
Nous trouvons un exemple remarquable de cette fertiité dans la Guyane hollandaise, pays fort plat, et si bas que pendänt les saisons pluvieuses il ést ‘ordinairement couvert de près de deux pieds d’eau. Cela rend le sol si riche, qu’il y a sur là surface, à douze pouces de profondear, une couche d'engrais excellent qu'on transporte pour cet usage à la Barbade. On a fait successivement
crente coupes de cannes à sucre sur les bords de l’Esse- |
quebo , tandis qu'on n’en fait jamais plus de déux dans lés îles des Indes occidentales, Les colons se servent de plusieurs moyens pour diminuer cette excessive férlilité du s01. (Bancroft, Wat. ist. of Guiana, p. 10, etc.)
11 paraît que c’est sans la moindre preuve évidente que M. Muller a supposé que le cap avait été doublé (tom. 1, pag. 2° ete.) L'académie impériale de Saint-Pétersbourg paraît appuyer ce sentiment sur la manière dont ischukotsnoï-Noss, se trouve placé sur ses caries. Mais je suis convaincu, d’après une autorité incontestable, que jamais aucun vaisseau russe n’a fait le tour de ce cap; et Yon n'a que des notions très imparfaites du pays des Tschutki, qui ne dépend pas de l'empire de Russie.
NOTE 42, p. 529.
Si c'était ici le lieu d’entrer dans une longueet épineuse #echerche de géographie, nous pourrions faire plusieurs observations curieuses en comparant les relations des deux voyages des Russes et les cartes de leurs naviga-
tions respectives. Une remarque nous servira pour tous les deux :on ne peut regarder comme absolument exacte,
ES ET éCLAIRCISSEMENS
| la position qu'ils dontient aux différens lieux qu'ils ont
ifférence de chaleur est |
À d'observations, prétend | e
visités. Le temps était si nébuleux qu'ils ne virent que rarement le soleil on les étoiles, et ia posicion des iles et des continens supposés fut déterminée par le seul calcul et non par des observations, Behring et Pschiirikow allé. rent beaucoup plus loin vers l'est que Krenitzin. Le pays découvert par Bebring, et qu'il regarda comme faisant partie du continent de l’Amérique, est situé au deux cent trente-sixième degré de longitude, en comptant du premier méridien à l'ile de Fer, et au cinquante-huitième degré vingt-huit minutes de latitude, Zschirik 2 touch à la méme côte au deux cent quarante-unième degré de longitude et au cinquante-sixième de latitude. (Muller, |, 248, 249. ) 11 faut que le premier se soit avancé à soixante degrés de Petropawlowska, d'où il mit à la voile, et le dernier à soixante-cinq degrés, Mais il parait par la carte de Krenitziu qu'il ne poussa son:voyagée qu'au deux cent quatresvingtième degré à l'est, et: seulement à trente: deux degrés de Petropawlowska, En 1741, Bebring et Tschirikow , en alaut et en revenant, dirigèrent principalement leur route au sud dé la chaine d’iles: qu'ils avaient découverte, et en obbervañt les montagnes et le terrain inégal des caps:qu'ils voyaient au nord, ils pensèrent que c'étaient des promontoires de quelque partie ducontinent de l'Amériquequi, à ce qu'ils s’imaginèrent, s'étendait. jusqu'au cinquante-sixième degré de latitude auwsud, C'est ainsi qu'on les trouve placés dans la carte publiée par Muller, et sur une carte dessinée à la main par un contre-mattre du navire de Behring, et qui m'a été communiquée! par: M le professeur Robison, Mais en:1769, Krenitzin, après’avoir hiverné dans l'ile d’A+ laxa, s’avanda si fort au nord, en revénant, que 8a roule se trouva couper par le milieu ce qu'ils avaient supposé devoir étre un continent, et qu'il trouva n'être qu'une mer ouverte; et il vit que ce qu'on: avait pris pour des caps du continent n'étaient que des iles de roche. Iles! à présumer q'e les pays'découverts en 1741 à l'est n'appartiennent pas au continent de l'Amérique, :et ne sont qu'une continuation de:cette'chalne d'tles: Le froid ex: trême qui pendant l'été règne dans toutes ces iles, nou porte à conjecturer qu'elles ne sut dans le voisinage d'aueun continent. Le nombre des volcans! qui-se trou vent dans ces régions du-globe est extraordinaire. Ity en a plusieurs au Kamstchatka, et il n'ya pas une des
| iles, grandes ou petites, que les Russes ont visitées, où l'on ! n’en trouve. Plusieurs de ces volcans sont encore allu-
més, et toutes. les montagnes conservent des marques de leurs anciennes éruptions. Si-je voulais admettre les conjectures qu'on a avancées en parlant de la population de l'Amérique, je pourrais supposer que cette partie de la terre ayant souffert de violentes secousses par des
| tremblemens de terre et des volcans, l'isthme qui peut-
être a uni autrefois l'Asie à l’Amériqhe a élé brisé el transformé par le choc en un groupe d'îles.
IL'est singulier que dans le même temps que les Russes
| cherchaient à faire des découvertes au nord-ouest de l'Amérique, les Espaghuls étaient occupés du même
projet dans une autre partie de ce continent. En 1769, deux petits navires partirent dé Lorette, en Californie pour découvrir les côtes du paÿs qui est au nord de cetie péninsule. is ne passèrent pas le port de Monie-Rey: litüé au trente-sixième degré de latitude. Mais dans plusieurs autres expéditions faites du port de Saint-Alas
dans la N:
qu'au cine Madrid , journaux ne puis ce des Russe deux nati espérer qi des affair public de
Laconn continens moment ( d’Amériq rendu par l'Amériq curieux q par les R Nouveauvertes, ce miné par donné tot pouyait d'
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1e temps que les Russes rtes au nord-ouest de ent occupés du même ce continent. En 1709, Lorette, en Californie qui est au nord de celle port de Monte-Rey:
le latitude. Mais dans s du port de Saint-Alas
dans la Nouvelle-Galice, les Espagnols s'avancèrent jus: | être une Île , mais qui fait partie du continent américain,
qu'au cinquante-huitième degré de latitude, (Gageta de Madrid , des 19 mars et 14 mai 1776.) Mais comme les journaux de ces voyages n'oui pas encore été pubiiés, je ne puis comparer les progrés qu'ils ont faits avec ceux des Russes, ni faire voir à quel point les navigateurs des deux nations se sont approchés les uns des autres, I faut espérer que le ministre éclairé qui est aujourd'hui à la tête des affaires d'Espagne en Amérique ne privera pas le public de ces instructions,
NOTE 43, p. 580
La connaissance que nousavions de la proximité des deux continens d'Asie et d'Amérique était fort imparfaite au moment où je publiai pour la première fois mon Histoire d'Amérique ;, elle est maintenant complète. Le compte rendu par M. Cook des découvertes russes entre l'Asie et l'Amérique, imprimé en 1780, contient plusieurs faits aussi curieux qu'importans sur les différentes tentatives faites par les Russes pour ouvrir une commumication avec le Nouveau-Monde. L'auteur du grand voyage de découvertes, commencé par lé capitaine Cook en 1776, et terminé par les capitaines Clerk et Gore, publié en 1780, a donné tous les renseignemens que la curiosité humaine pouyait désirer à cet égard. ;
Mon ami M. Playfair, professeur de mathématiques à l'université d'Édimbourg, a bien voulu à ma requête comparer les récits et les cartes de ces illustres voyageurs avec les relations et cartes plus imparfaites des Russes. Je citerai ici, dans ses propres expressions, le résultat de cetle comparaison , et avec beaucoup plus de confiance dans son exactitude scientifique que je n’en aurais pu mettre dans mes propres observations sur ce sujet,
Les découvertes du capitaine Cook dans son dernier voyage ont confirmé le raisonnement, du docteur Robertson et ont lié ensemble tous les faits sur lesquels posait son argumentation, 1 est maintenant confirmé que Bebring et Tschirikow ont touché la côte de l'Amérique en 1741; le premier découvrit la terre sous la latitude de cinquante-buit d'grés vingt -huit minutes et à environ deux cent quatre-vingt-six à l’est de l'ile Ferro. ll a donné une description si minutieuse de la baie où il a jeté l'ancre et des hautes montagnes appelées par lui Saint-Élie, et placées par lui à lorient de cette’ baie, que bien que le compte rendu de son voyage soit fort abrégé dans la traduction anglaise, le capitaine Cook réconnût ce lieu en nayiguant le long de la côte occidentale de l'Amérique, en 1778, L'ile de Saint-Her mogène, près de l'embouchure de la rivière de Cook, les îles Schumagin, surla côte
d’Alaska, et l'ile Brumeuse , conservent dans la carte du |
capitaine Cook les noms qu'ils avaient reçus du navigateur russe, (Joy. de Cook, vol M, p. 347.)
Tschirikow arriva sur la même côte à environ deux degrés trente minuies de plus au sud que n'était arrivé Bebring, près du mont Edgecumb de Cook.
Quant à Krenitzin, nous apprenons, par le compte rendu de Cook des découvertes russes, qu'il fit voilé avec deux vaisseaux en 1768, de l'embouchure du Kamtéchatka, avec son propre vaisseau; qu’il aborda l'ile d'Ounalaska, dans laquelle existait un établissement russe depuis 1762, et qu'il y passa l'hiver probablement dans ce même port où la même baie on le capitaine Cookjeta ensuite l'ancre. L'autre vaisseaw passa l'hiver à Alaska, qu'on croyait
Krenitzin revint donc sans savoir qu'aucun de ses deux vaisseaux eût tourné la côte d'Amérique, et cela est d'autant pius surprenant, que noussavons par je récit du capitaine Cook que les Russes, aussi bien que les habitans d'Ounalaska, regardent Alaska comme un grand con: tinent, ÿ
«D'après Krenitzin, le vaisseau qui avait passé l'hiver: à Alaska s'était à peine éloigné à trente-deux degrés à l'est du port de Saint - Pierre et Saint-Paul, dans le Kam tschatka ; mais suivant les cartes beaucoup plus exactes du capitaine Cook , il se serait éloigné jusqu'à trente-septdegrés dix-sept minutes à l'est de ce port.
On retrouve lamême erreur de près de cinq degrés dans la longitude donnée par Krinitzin à Ounalaska, I! est assez curieux que dans la carte des mêmes mers, remise par les Russes dans cette ile aux mains du capitaine Cook , il y avait une erreur de la même espèce et presque de la même étendue
«Mais ce qu’il n’est pas inutile de remarquer, c’est que les découvertes du capitaine Cook ont pleinement confirmé les conjectures du docteur Robertson : que de futurs navigateurs, en allant plus loin au nord dans ces mers que ne l'ont fait Behering ,Tschirikow ou Krenitzin, pourront découvrir un jour que le continent de l'Amérique est encore plus rapproché qu'ils ne l’ont pensé de celui de l'Asie (liv. zv).»
«On à en effet trouvé que ces deux continens ,qui sont au cinqüante-cinquième parallèle, à l'extrémité méridionale d'Alaska, sont éloignés l’un de l’autre d’envirun quatre cents lieues, et vont continuéllement en se rap prochant à mesuré qu'ils s'étendent vers le nord, jusqu’à ce que, à moins d'un degré du cercle polaire, ils sont terminés par déux caps, éloignés dé quinze lieues seulement l'un de l'autre. Le cap oriental de l'Asié est à $oiKantesix dégrés six minutes de latitudé, ét à dix-neuf degrés vingt-deux minutes delongitude orientalé de Greenwich; et l'extrémité occidentale de l'Amérique ou le cap du Prince de Gallés, est à soixante-cinq degrés vingl minutes de latitude, et cent quatre-vingt onze déprés qua“ rañte-cinq minutes de longitude. Presque au milieu de ce détroit si court (le détroit de Behring), qui sépare ces déux caps, sont les deux îles deSaint-Diomède, d’où on péüt voir les deux continens. Le capätaïné Kinÿ rapporte qu’en faisant voile à travers ce détroit , le 6 juillét 1779, le brouillard étant venu à se dissiper, il put jouir du plaisir de voir en méme témps de son vaisseau les deux continen$ d'Asie et d'Amérique et les Îles de Saint-Dionède, placées au milieu d’eux.{ Foy. de Cook, vol, HI, p. 244.)
«Au-delà de ce point, le détroit s'ouvre vers l’océan arctique, et lés côtes de l'Asie et de P'Amérique divergent si rapidement l’une dé l’autre, qué sous le soixante neuvième parallèle ellés sont éloignées de'plus de cent lieues,
«Au sud de ce détroit on trouve un grand nombre d'iles, celles de Clerk, de King, d’Anderson, etc., qui peuvent aussi bien que celles de Saint-Diomède avoir facilité l’émigration des habitans d'un continent à l’autre, Cependant, sur la foi dés Russes d'Ounalaska, et d'après
| d’autres bônnes raisons, le capitaine Cook à diminué le
nombre des îles placéés dans lés premières cartes de l'archipel septentrional, et a aussi indiqué Alaska, ou le promontoire qui s'éfend au sud-ouest dé continent de l'Amérique vers le Kamtschatka, come étant à une dis-
anée de cinq dégrés de longitude plus élôtgnée de la côte
821 NOTES ET ECLAIRCISSEMENS
de l'Asie qu'elle ne se trouvait d'après les navigateurs russes.
«La géographie de l'Ancien comme du Nouveau-Monde est donc également redevable aux découvertes faites dans ce mémorable voyage qui a rectifié bien des erreurs, rempli bien des lacunes et confirmé l'exactitude de plusieurs observations précédentes. La base de la carte de l'empire russe, en ce qui concernait le Kamtschatka et le pays de Tachutzky était la position des quatre villes de Yakush, Ochotz, Botcheresk , et Petropawlowski, qui avait gté déterminée par l’astronome Crousinikof, ( Nov. Comment, Petrop., vol. HA, p. 465.) Mais l'exactitude des observations de Cook fut constatée par MM, Engel et Robert de Vaugondy. (Cook, Æpp. 1, nv 2, p. 267, 292); et le premier de ces géographes alla jusqu’à retirer vingtcinq degrés de la longitude qui, sur la foi desobservations de Krisilnicof avait été assignée aux limites orientales de l'empire russe. Si l'on considère que nos navigateurs anflais, après avoir déterminé la position de Petropawlowski par un grand nombre d'observations exactes, ont fixé la longitude de ce port à cent cinquante-huit degrés quarante-trois minutes est de Greenwich et sa latitude à cinquante-trois degrés une minute, en tombant d'accord avec les calculs de l'astronome russe, le premier à sept minutes près, le second avec une différence de moins d'une demi-minute, on jugera sans doute que celte coïncidence sui la situation d’un endroit aussi éloigné ne laisse pas une incertitude de plus de quinze milles anglais, et c'est là une précision que pour l'honneur de la science, il importe de remarquer,
«La principale erreur des cartes russes vient de ce qu'on n’y a pas porté assez loin les limites de cet empire vers l'est, comme on le voit en effet, pour le pays de Tschutsii et la pointe nord-est de l'Asie, Avec ces lieux dont la position avait été inexactement tracée, sur les notes imparfaites de Bebrimg et de Synd, on ne pouvait manquer de s'exposer à un grand nombre d'erreurs ; aussi avait-on fixé le point à vingt-trois degrés deux minutes est seulement du méridien de Petropawlowski. (Cook, Æpp., n° 2.)
«D'après les observations du capitaine King, la différence de longitude entre Petropawlowski et le cap oriental est de trente et un degrés neuf minutes, c’est-à-dire
; RS | huit degrés neuf minutes plus grande que les géographes | je membres bien tournés; ie pied petit ; le corps d'une
russes ne le supposaient.
«dl parait par les voyages de Cook etde King (HI, 272) que les continens de l'Asie et de l'Amérique sont habituellement réunis par la glace durant l'hiver, M. Samwelt confirme cette remarque de son officier supérieur. «A l’est de cet endroit, dit-il , c’est-à-dire à la latitude desoixantesix degrés nord, les deux côtes ne sont éloignées que de treize lieues, et à environ moitié chemin entre elles gisent des Îles qui ne sont éloignées que de vingt milles des autres rivages. Î1 était aisé aux naturels de l'Asie de passer sur la côte opposée qu'ils avaient en vue, et il n’est pas douteux que soit à dessein, soit par accident, cela ne dût avoir lieu dans un certain nombre d'années, Les canots que nous vimes chez les Tschutski étaient en état de faire un bien plus long voyage, et quelque grossiers qu'ils aient pu être dans des temps éloignés de nous, où ne peut guère supposer qu’ils ne fussent en élat de soutenir un passage de six à sept lieues. Quelques habitans ont pu être transportés par accident à la côte opposée sur des morceaux de glace flottante. ls ont pu méme y
! aller sur des traineaux où à pied; car nous avons toute
raison de croire que le détroit est entièrement gelé en
: hiver, et ainsi, durant cette saison au moins, les continens. | quant à ce qui est d’une communication facile entre eux,
peuvent être regardés comme une seule et même terre, »
| (Lettre de M. Samwell, Scots magazine pour 1788, | p. 004.)
IL est probable qu'avant peu d'années cette intéressante portion de la science géographique aura reçu de
| nouvelles améliorations, Aussitôt après la publication du ” Voyage du capitaine Cook, l'illustre souverain de la | Russie, attentif à tout ce qui pouvait étendre les limites | de la science ou lui donner un plus haut degré d'exacti-
tude, forma le plan d'un nouveau voyage de découvertes dans le but d'explorer les parties de l'Océan situées entre l'Asie et l'Amérique, et non visitées par Cook, d’examiner avec plus d'exactitude les fles qui s'étendent presque d’un continent à l’autre, de visiter la côte nord-est de l'empire russe, depuis l'embouchure du Kovyma ou Kolyma jusqu'au cap Nord, et de fixer enfin par des observations astronomiques la position de tous les lienx dignes de remarque, La direction de cette importante entreprise fut confiée au capitaine Billings, officier anglais au service russe, qui avait accompagné le capitaine Cook dans son dernier voyage, et qui par-là était mieux qu’un autre préparé à tout ce qu'il y avait à faire, Afin de rendre cette expédition encore plus utile, on désigna un naturaliste fort distingué pour accompagner le capitaine Billings. Ii faudra six ans pour mettre à fin tout ce qui a été prescrit dans ce voyage. (Cook, Supplément aux découvertes russes, p. 27.)
Peu de voyageurs ont eu autant d'occasions que don Antoine Uiloa d'observer les habitans des différentes contrées de l'Amérique, Dans un ouvrage qu'il a publié dernièrement, il décrit de la manière suivante les traits caractéristiques de cette race d'hommes, « Un front très petit, couvert de cheveux aux extrémités jusque vers le milieu des sourcils; de petits yeux ; un nez mince, effilé et recourbé vers la lèvre supérieure; le visage large, les oreilles grandes ; les cheveux très noirs, lisses et rudes ,
proportion exacte ; la peau unie etsans poil, excepté dans la vieillesse où il leur vient un peu de barbe, mais jamais aux joues,» (Noticias Americanas , etc. , p. 307.) M. le chevalier Pinto qui, pendant plusieurs années a résidé dans une partie de l'Amérique où Ulloa n’a jamais été, donne l'esquisse suivante de l'aspect général des Indiens de ces contrées, « Lis sont tous d’une couleur de cuivre ; avec quelque différence dans les teintes, non pas en proportion de leur distance de l'équateur, mais selon le degré d’élévation du sol qu'ils habitent. Ceux qui vivent sur les hauteurs sont plus blancs que ceux qui occupent les terrains bas et marécageux de la côte. Leur visage est rond et plus éloigné peut-être de la forme ovale que celui d'aucun autre peuple, Leur front est petit, l'extrémité de leurs oreilles fort éloignée du visage, leurs lèvres épaisses, leur nez camus, les yeux noirs ou couleur de châtaigne, petits, mais distinguant les objets à une grande distance. Leurs cheveux sont toujours épais, lisses, et sans la moindre apparence de frisure, Ils n’ont de
| poil sur aucune partie du £<orps, excepté à la tête. Au
premier re; paraît un ( de plus pr sauvage, d de l'auteu plus habile:
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{y a des Américains d'un guerr deux nuits, des monta
M. Godir parmi les ans dans la commerce de l'Orénoc des Améric tude au tra ceux des cé zones et di comparés p pendant, « Para, étab zones. poui cours ; ces « à San-Pabl trouvera à en état de 1 tugais en 0 voit faire t( habitués d mains de
Don Ant du Pérou € et plusieur Mexique, f les mathén de voir les «Quand ot les a tous 1 la figure.»
plus ancier du Pérou, f'Amérique paraissent même mèr nations et nica del qu'il n'y a certain air .une figure
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r nous avons toute itièremeut gelé en 1oins, les continens.
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azine pour 1788,
nées cette intéresique aura reçu de s la publication du e souverain de la étendre les limites ut degré d'exactiage de découvertes Dcéan situées entre ar Cook, d’exami- Vétendent presque côte nord-est de e du Kovyma ou ' enfin par des obde tous les lieux tte importante enjs, officier anglais agné le capitaine par-là était mieux avait à faire, Afin utile, on désigna ompagner le capiettre à fin tout ce 00, Supplément
Jccasions que don s des différentes rage qu’il a publié suivante les traits 8. « Un front très tés jusque vers le n nez mince, effilé e visage large, les s, lisses et rudes, it; le corps d'une poil, excepté dans arbe, mais jamais te., p. 307.) M. le rs années a résidé a n'a jamais été, énéral des Indiens ouleur de cuivre, » Non pas en pror, mais selon le . Ceux qui vivent eux qui occupent côte. Leur visage forme ovale que est petit, l’extréisage, leurs lèvres irs ou couleur de les objets à une ujours épais, lisisure, Ils n’ont de pté à la tête, Au
premier regard un habitant de l'Amérique méridionale parait un être doux et tranquille; mais en l'examinant de plus près on trouve dans sa figure quelque chose de sauvage, de méfiant et de sombre,» (5. entre les mains de l'auteur.) Ces deux portraits, faits par des mains plus habiles que celles du commun des voyageurs, ont une grande ressemblance entre eux.
{l y a des exemples étonnans de l'agilité soutenue des Américains à la course. Adair rapporte les aventures d'un guerrier de Chikkasah, qui en un jour et demi et deux nuits, fit trois milles comptés au travers des bois et des montagnes, (Æist. of Amer. Indians, p. 3%.)
NOTE 46, p. 537.
M. Godin le jeune, qui, pendant quinze ans, a résidé parmi les Indiens du Pérou et de Quito, et pendant vingt ans dans la colonie française de Cayenne, où il y a un commerce suivi avec les Galibis et les autres peuplades de l'Orénoque, observe que la vigueur de la constitution des Américains est exactement en raison de leur habitude au travail. Les Indiens des climats chauds, tels que ceux des côtes de la mer du Sud, de la rivière des Amazones et de selle de l'Orénoque, ne peuvent pas étre comparés pour la force à ceux des régions froides; cependant, dit-il, il part tous les jours des chaloupes de Para, établissement portugais sur la rivière des Amazones. pour remonter la rivière malgré la rapidité de son cours; ces chaloupes, avec les mêmes rameurs, se rendent à San-Pablo, qui est à huit cents lieues de là, On ne trouvera aucun équipage de blancs ni même de nègres en état de résister à une pareille fatigue, comme les Portugais en ont fait l'expérience; cependant c’est ce qu’on voit faire tous les jours aux Indiens, parce qu'ils y sont habitués depuis leur enfance. (Manuscrit entre les mains de l'auteur.)
NOTE 47, p. 639.
Don Antoine Ulloa, qui a parcouru une grande partie du Pérou et du Chili, le royaume de la Nouvelle-Grenade et plusieurs autres provinces qui bordent le golfe du Mexique, pendant les dix années qu'il a travaillé avec les mathématiciens français, et qui eut ensuite occasion de voir les habitans de l'Amérique septentrionale, dit : « Quand on a vu un seul Américain, on peut dire qu’on les a tous vus, tant ils se ressemblent par le teint et par la figure,» (Notic. americanas , p. 308.) Un observateur plus ancien, Pedro de Cieca de Léon , un des conquérans du Pérou, qui a traversé aussi plusieurs provinces de l'Amérique , assure que ces peuples, hommes et femmes, paraissent être tous enfans d’un même père et d’une même mère, malgré le nombre infini de peuplades ou de nations et la diversité des climats qu'ils habitent. (Ckronica del Peru, part. 1, c. xix.) On ne peut pas douter qu’il n’y ait une certaine combinaison de traits et un certain air particulier qui forment ce qu'on peut appeler une figure européenne ou asiatique. 1 doit donc y en avoir une aussi qu’on pedt nommer figure américaine et qui doit étre propre à la race enlière. Ce caractère général peut frapper les voyageufs au premier coup d'œil , tandis que les nuances qui distinguent les peuples de différentes régions échappent à leurs observations. Mais
lorsque des personnes qui ont si long-temps résidé parmi les Américains attestent toutes cette ressemblance de figure dans les différens climats, nous pouvons en conclure qu’elle est plus remarquable que celle d'aucune autre race d'hommes, (Voyez aussi Garcia, Origen de los Indios, p. 54, 242, Torquemada, Monargq. ind, vol, Il, p. 671.)
NOTE 48, p, 53).
M. le chevalier de Pinto dit qu'on lui a assuré que dans des parties intérieures du Brésil on trouve quelques individus qui ressemblent aux blafards du Darien, mais que la race ne s'en propage point et que leurs enfans sont semblables aux autres Américains, Cette espèce d'hommes est cependant peu connue, (Manuscrit entre les mains de l'auteur).
NOTE 49, p. 641.
L'auteur des Recherches philosophiques, etc., tom. 1, page 281, etc,, a rassemblé et constaté avec beaucoup d'exactitude les témoignages de plusieurs voyageurs touchant les Patagons. Depuis la publication de cet ouvrage, plusieurs navigateurs ont visité les terres magellaniques, et diffèrent beaucoup, ainsi que leurs prédécesseurs, dans les relations qu'ils ont données des habitans de ce pays. Suivant le commodore Byron et son équipage, qui passèrent le détroit en 1764, la grandeur ordinaire des Patagons est de huit pieds, plusieurs même sont beaucoup plus grands. (Phil. Transac., vol. LVII, p.78.) Les capitaines Wallis et Carteret, qui les ont réellement mesurés en 1766, disent qu'ils ont six et jusqu'à six pieds cinq et sept pouces. (Phil. transact., vol. LX, p. 22., Ces derniers paraissent cependant avoir été le même peuple dont on a si fort exagéré la grandeur en 1764, puisque plusieurs avaient encore des colliers et de la flanelle rouge de la même espèce que celle qu'on avait mise à bord du vaisseau du capitaine Wallis; d'où il conclut fort naturellement qu'ils avaient recu ces présens de M, Byron. ( Vor. redigés par Hawkesworth, tom. 1.) M. de Bougainville les mesura de nouveau en 1767, et son rapport s'approche beaucoup de celui du capitaine Wallis. (For., tom. 1, p. 242.) Aux témoignages que je viens de citer, jen ajouterai encore un autre d'un grand poids. En 1762, don Bernard Ibagnez d’Echavarri accompagna le marquis de Valdelirios à Buenos-Ayres, où il résida pendant plusieurs années. C’est un auteur fort judicieux et qui parmi ses compatriotes passe pour ne s'être pas écarté de la vérité, En parlant des contrées qui se trouvent à l'extrémité méridionale de l'Amérique, il dit : « Par quels Indiens sont-elles habitées ? Ce n’est certainement pas par les fabuleux Patagons, qui, à ce qu’on prétend , occupent ce district. Plusieurs témoins oculaires qui ont vécu et commercé avec ces Indiens m’en ont donné une description exacte. Ils sont de la même taille que les Espagnols; je n’en ai jamais vu qui eût plus de deux vares et deux ou trois poucés; « c’est-à-dire, environ 80 ou 81, 332 pouces anglais, si M. Echavarri a calculé d'après la vare de Madrid ; ce qui s'accorde beaucoup avec la mesure donnée par le capitaine Wallis. (Reyno Jesuit., p. 238.) M. Falkner, qui a demeuré pendant quarante ans comme missionnaire dansles parties méridionales de l'Amérique , dit que «les Patagons où Puelches sont un peuple d’une grande taille; mais je n'ai jamais entendu parler de cette race de géans dont
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quelques voyageurs ont fait mention , quoique j'aie vu les individus de’différentes peupladés des Indiens méridionaux.» (/ntroduc., p.26.) M. Dobrizhôffer, jésuite, qui a résidé dix-huit ans au Paraguay, et qui a visité uu grand nombre des divérses tribus qui habitent les pays situés sur le détroit dé Magellan, confirmé dé tout point le témoignage de son confrère le missionnaire Falkner. Dobrizhoffer entre dans quelques détails sur les opinions de plusieurs auteurs au sujet de la taille des Patagons. Après avoir mentionné les rapports de quelques anciens voyageurs sur l'énorme grandeur d'os regardés come des 08 d'hommes, trouvés sur célte côte, et avoir chérché à démontrer que les o8 appartenaient à quélque grand mantnifère où poissôn, il términé’en disant : « De’hisce ossibus crede quicquid libuérit, dummodd, me suasôre, Patagones pro gigantibus desinas habere. » (Zisloria de Abissonibus, vol. 11, p. 19.)
NOTE 50, p. 542.
Antoine Sanchès Ribeiro, savant ev ingénieux médecin, a publié en 1765 une dissertation, pat laquelle il cherche à prouyer que cette maladie n’a pas été apportée de l'Amérique, mais qu’elle a pris naissance en Europe, où elle a été la suite d’une maladie épidémique et maligne. Si je voulais entrer ici dans une discussion sur ce sujet, dont je n'aurais pas parlé s’il n'avait pas été intimement lié avec mes recherches, il ne serait pas difficile de faire voir quelques méprises dans les faits sur lesquels ii se fonde, et quelques erreurs dans les conséquences qu'il en tire. La communication rapide de ce mal, de l'Espagne sur toute l'Europe, ressemble plus au progrès d’une épidémie qu’à une maladie transmise par contagion. On en a parlé pour la première fois en Europe en 1493; et avant l’année 1497, ce mal s'était déclaré dans presque ioutes les contrées de l'Europe avec des symptômes si alarmans qu’on jugea nécessaire d’interposer l'autorité civile pour en arrêter le progrès. Depuis la publication de mon Histoire, on n’a communiqué une deuxième édition de la dissertation du dncteur Sanchès ; elle contient quel: ques nouveaux faits en faveur de son opinton, qui est soutenue par des argumens si plausiblee, que le sujet de ces recherches me parait tout-à-fait digne de l'attention des naturalistes instruits.
NOTE 51, p. 544,
Le peuple d'Otabiti n’a point de terme pour signifier un plus grand nombre que celui de deux cents, qui suffit pour ses Calculs. (Relations des Voyages, elc., par Hawkesworth, traduction française, in-4°. Paris, 1774, tom. Il, p. 546.)
NOTE 52, p. 546.
Comme la peinture que j'ai faite des nations sauvages diffère beaucoup de celle que nous en ont donnéé des auteurs très estimables, il est peut-être nécessaire dé produire ici qtelques-unes des autorités sur lesquelles j'ai fondé ma description. Jamais les mœurs des sauvages n'ont été décrites par des personnes plus: en état de les observer avec discernement que les philosophes emiployés en 1735 par la France et par l'Espagne pour 44terminer la figure de la terre. M. Bouguer, don Antonio Ulioa et don George Juan ont véeu long-temps parmi les
| nations les moins civilisées du Pérou. M. de La Condamine | a eu non-sculement aussi cette occasion de les observer,
mäis en descendant le Maragnon il a été à portée de voir | les différentes peuplades qui habitent sur les bords de , cette rivière dans son long cours au travers du continent de l'Amérique méridionale.
Il ÿ a un rapport frappant entre les descriptions qu'ils nous ont données du caractère des Américains. «ils sont tous d’une paresse extrême, dit M. Bouguer ; ils passeront des journées entières dans la méme place, assis sur leurs talons, sans remuer ni sans rien dire. » On ne peut assez dire combien ils montrent d’indifférence pour les richesses et même pour toutes leurs commodités. On ne | sait souvent quelle espèce de motif leur proposer lors- | qu'on veut en exiger quelque service. On leur offre inutilement quelques pièces d'argent, ils répondent qu'ils n’ont pas faim.» (Voyage au Pérou, in-4°. Paris, 1749, p. 102.)
Si'on les’ regarde comme dés Hômmés, lés bornes de leur intelligence sémblent incompatiblesavec l’excettence de l'âme, et leur imbécillité est si visiblé qu'à peine en certains cas peut-on se faire d’eux une autre idée que celle qu'on a des bêtes. Rien n’altère la tranquillité de leur âme, également insensible aûx revéré! et’ aux prospérités. Quoiqu'à demi nus, ils sont aussi contens que le roi le plus somptueux dans ses habillémens. Les richesses n'ont pas le moindre attrait pour eux , et l'autorité et les dignités où ils peuvent prétendre leur paraïssent si peu des objets d'ambition, qu’un Indieä recevra avec la même indifférence l'emploi d’alcade et ceiui de bourreau » Sion lui Ôte l’un pour lui donner l’autre, Rien ne peut les émouvoir ni les faire changer ; l'intérêt n’a aucun pouvoir sur eux, et souvent ils refusent de rendre un petit service, quoique sûrs de recevoir une grosse récom pense, La crainte ne fait aucun effet sur eux ; le respect n'en produit pas davantage, disposition d’autant plus singulière qu'on ne peut la changer par aucun moyen : on ne peut ni les tirer de cette indifférence qui est à l’épreuve des efforts des hommes les plus habiles, ni les faire renoncer à cette grossière ignorance ni à cette négligence insouciante qui déconcertent la prudence de ceux qui s'occupent de leur bien-être. (Voyage de Ulloa, tom.1, p. 335 et 336.) 11 cite des traits extraordinaires de ces qualités singulières (p. 336 et 347.) « L’insensibilité, dit M. de La Condamine, fait la base du caractère des Américains. Je laisse à décider si on la doit honorer du nom d’apathie, ou l’avilir par celui de stupidité, Elle nait sans doute du petit nombre de leurs idées, qui ne |" s'étend pas au-delà de leurs besoins. Gloutons jusqu’à la
voracité quand ils ont de quoi la satisfaire: sobres, quand
la nécessité les y oblige, jusqu’à se passer de tout sans paraître rien désirer ; pusillanimes et poltrons à l'excès, si l'ivresse ne les transporte pas: ennemis du travail; indifférens à tous motifs de gloire, d'honneur et de reconnaissance ; uniquement occupés de l’objet présent, el toujours détérminés par lui, sans inquiétude pour l’avenir ; incapables de prévoyance ei de réfléxion: se livrant, quand rien ne les gêne, à unie joie puérile, qu'ils manifestent par des sauts et des éclats de rire immodérés, sans objet et sans dessein , ils passent leur vie sans pen- | Ser, et ils vieillissent sans soëbr de l'enfance dont its | Conservent tons les défauts. Si ces reproches ne repars daient que les Indiens de duetqués provinces du Pérou, auxquels il ne manque que le nom d'esclaves, on pour-
rait cr servile modert à dégra lies sau moins les auti l’homnm tion et abrégé valon, dit à la ans, 1 f la coul traits différe cité; ci n’est p:
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