‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 136 sur 155 · ARR MR · texte numérisé non relu

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Mexicains; mais comme on dit que l'original a presque été effacé par le‘temps, je soupçontie qu'il a été retoueHé et'cortigé par quelque artiste européen. (Carreri, Churchill, IV, 487.) La roue chronologique est une repré: sentation exacte de la manière dont les Mexicains supputaient le temps, suivant le récit d'Aébsta (lib. vi, c. 1). Elle paraît ressembler à celle qu'avait vue ce savant jésite, et'si on peut la regarder comme un monumiént authentique, elle prouve que tes Mexicains avaient dés ca: ractères artificiels ou arbitraires, qui’, outté les nombres; représentaient différentes choses: Chaque mois est repré: senté'par le: syihboledé quelque traÿail où cérémonte’ religieuse qui lui'était particulier.

Le troisième morceau dé‘peinture mexicaine a été dé: eouvert'pat un autre alien. Laurent Boturinii Benaducet partit pour’ I Nouvelle-Espagne en‘1736. Divers incidens

Vengagèrent à apprendre le langue: des: Mexibainn ot à | rassembler les débris de‘lours monumens historiques. 1 | employa: neuf ans à ce reclierches, avectout l'enthou- |

slasme d'uni faiseuv de: projets-et: toute-la! patience d'u

antiquaire. En:1746 il publia à: Madvid'son: ea: deuna | Nueva historiæ generat de la Amerivaseptentrionat, |

contenant lerésultat de sesrecherches, etil y'joignit un

Catalogue: de son Cabinet: d'histoire améhicaine, di: |

visé en:trente-six: articlus: Sow Alée d'une nouvelle his-

toire me paraît l'ouvrage d'un homme aussi bizarre que |

crédule ; mais'son catulogue'des cartes, desipeintures, des registres, desimpôts, des-almanachs, etc: est surprènaht, Malheureusement. le vaisseau sur lequeb it: envoyait: en Europe une partie de cette collection, futipris par uniar- Mateurt anglais: pendant l'avant-dernière guerre ,.et il est apparent: que le:tout fut perdu:par l'ignorance de ceux entre les mains: de qui-ces effets tombèrent.. Boturini lui: mémeencourutla-disgrâce de la cour d'Espagne et mourut dans un hôpital à Madrid, L'histoire, dont l’Zdée n'étaitiqu'un: prospectus ,. n'a-jamais été publiée. 11 parait que le reste de.cette collection" aété dispersé, Une partie tomba.entre les. mains de l’archevéque de Tolède actuel < lorsqu'il élait-encore primat de la Nouvelle Espagne, et il en: publia le curieux: registre des. impôts dont j'ai parlé plus bant.

La seule collection de peintures mexicaines que je connaisse, outre celle dont je viens de parler, se trouve à la bibliothèque impériale à Vienne. J'en ai obtenu, par ordre de leurs majestés impériales, une copie en huit tableaux, si fidèlement imités qu’à peine pouvait-on, à ce qu’on m'a marqué, distinguer les copies des originaux. Suivant une. note qui se trouve sur ce recueil mexicain, il paraft qu'Emmanuel, roi de Portugal, en fit présent au pape Clément VII, qui mourut en 1533, Après avoir passé par les wains de plusieurs possesseurs illustres, cette collection tomba entre celles du cardinal de Saxe-Eisenach, qui les présenta. à l’empereur Léopold. On ne peut douter que ces peintures ne soient l'ouvrage des Mexicains; mais elles Sont d'un style tout-à-fait différent de toutes les autres. Jeu ai fait graver une. pour satisfaire la curiosité des lecteurs qui la-croiront digne de leur attention. Si l'objet était assez important, il serait possible de parvenir, avec quelque attention et avec le secours des planches de Purchas et de l'archevêque de Tolède, à former quelques conjectures plausibles. touchant le sens de ce tableaü. Plusieurs figures sont absolument sembläbles, 44 sont des boucliers et des dards À peu près de la même figure Que ceux qu'on voit dans Purchas (p. 1070, 1072, etc.).

NOTES ET ÊÉCLAIRCISSEMENS

B B représentent des temples qui ressemblent beaucoup à' ceux dé"Püretiat (p! 110D'et/11113!) el à ceux de la seconde platiche’ dé’ Lorenzima! ©'est'une balle de manteaux ou'd’Habits dé’cotbn', dont la tigure se trouve dans presque toutes ès plancties de Pürciias et de Lorenzana. E'E E paraissent étre des capitaltes mexicalhé en habits de guerte, dont les ornemens'singuliers ressemblent aux figures de Purchas(p: 1110! 1114; 1113). Je suis porté à croire que ce tableau réprésenté un registre d'impôts, parce que la mianièré d'exprimer les nombres's'y retrouve souvent. D D D, etc: Boturini dit que là manière de «compter par des nœuds était aussi familière aux Mexi- : Cains qu'au peuple du:Pérou:(p.85);:opinion qui parait confirmée par la manière dont les unités sont reprégentées' dans les peintures mexicaites: que j'ai, Ellesi res semblent parfaitetiént d'une suite: de nœuds fait#äune corde: L Depuis’ que’ j'ai! publié la: précédente édition: de cette histoire d’Artiétique, M! Waddilove, qui'a toujours‘continué de me’ procurer des: informations ayec'unt zèle! si bienveillänt'et si actif, a découvert dans lubibtiothèque de l'Escurialun volume: in-folio!, renfermant quarante | feuillés d'une espèce de carton! ayant chacune là: grant deur d'une feuille de papier’ à lettre, et couvertes d'urie grande variété de figures mexicaihes, pelites: d'une manière grossière’et birarre en couleutaitrès vives, aved une’explication' en'larigue espagnole, audessous dé la Plupart:dé'ces fçures. Les vingt-deux premières feuilles représentent les:mois, juuts, éto: Versle milieuide cha: cuñe! de! ces’ feullles', ily'a deux et: quelquefoistun plus grand nombre de figures plus grandes, pour lesmois, entourées par les signes des jours ; les dix-huit dernières feuilles ne contiennent pas autant de figures; elles paraissent désigner des divinités et des représentations de | divers objets. Suiva, ‘le‘calendrier de l'Esoutial!, l'arinée mexicaine! renferme: deux cent quatre-vihgt-six jours; chaque jour’ est représenté par'un: signe différent: prië | dans: la'nature; c’estrun serpent, un: chien, un: lésard unroseau, une maisohietc. Lewsignes des:jours;, dans le

calendrier de l'Escuviat, sontprécisément:les mêmes que ceux: indiqués: par Boturini datis:son /deæ, etc... p;.46. Mais! sinous en! croyons cèt.auteun,, l'année: mexicaine renfermait trois dent soixante. jours, divisés en dixhuit mois de vingt jours chacun'; l'ordre des jours-dans chaque mois était calculé, suivant.lui., d’abord.par ce qu'il appelle une progression: tridéeennairée de jours, d’un à treize, de la méme manière:que. dans. le calendrier. de l’Escurial; et-ensuite parure progression septennaire,,de jours, d’un à-sept;-faisant, en tout vingt. On a marqué dans ce calendrier non-seulement les signes qui distinguent chaque jour, mais:encore les-qualités qu'on suppose particulières. à chaque mois. IL ya toujours une certaine faiblesse qui. semble accompagner l'esprit humain dans tous les pas des progrès qu’il fait dans l'observation et les sciences. Les connaissances médiocres des Méxicains en astronomie semblent ayoir déjà été liées avec l'astrologie judiciaire; ils supposaient que la destinée et le caractère des personhes nées dans chaque mois étaient fixés par

quelque influence supérieure qui prédominaît à l’époqie

| de leur naissance; on prédisait de 14 dang le calendrier, que tous les individus qui nat(ratent dans’ tel mois

seraient vains, dans tel autre, guerriers’ ou débau-

chés, etc., etc. Le carton ou'la’ substance quelle qu’elle soit, sur Jaquelle le calendrier dél'Eséurialest peint, parait

remembler | M: de Wadd trouve dan:

rapport, les qui se trouv dilove’ supp:

vaieut porté rôle d'impos par Purcha signes des jc dans l'exacti opinion est | caractères d que cé mon trouvé peu est étonnan mention,

Le premie telle ; le sec le verseur maison noi

Le temple sacré de tou le plus.consi terre solide.

d’un quart d de hauteur.

Suivant le dans les pei croire que t la même ma

Ce n'était à Mexico m des cabanes d'ärbres. El sans autrés que chez les habitaient: 8 merit séparé v. xx, Dec c. XxIL.)

Une pers Espagne et dit qu'il n’s pire aucun | qui fût p même aucui

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e l'auteur neresie pa ancien. bâtir ni dans auc traversé, di

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quelquefoistun plus les, pour lesimole, dix-huit dernières figures; elles pareprésentations de A'Ésourial;, l’arinée re-vihgt:8ix jours; gue différent, pris chier, un: lésard, # des jours; dans le nent'les mémesique Îdea, ete., p!465.

l'année: mexivaine s, divisés: en dixdre des jours dans d'abord.par ce qu'il ré de jours, d'un à 18. le calendrier. de ion septennaire, de ugt. On a. marqué signes qui distinlités qu'on suppose jouis une cértaine sprit humain dans l'observation et les > des Méxicains en es avec l'astrologie née et le caractère 8 étaient fixés par ominait À l’époqtie lA dans le calentent das tel'Moüis erriers’ ou débau-" ince quelle qu’elle ‘lalest peint, parait

ressembler beaucoup, d'après la description: qu'en: fait M: de Waddilove, à la substance du calendrier qui se trouve dans la bibliothèque de Vienne’; vous quelque rapport, les figures ont quelque ressemblance avec celles qui se trouvent datis la platiche qué j'ai publiée. M. Wa: dilove' suppose que les figures marquées D; qui‘ m'avaieut porté à'conjecturer que cette peltiture était'un rôle d'impositiohs semblable à ceux qui ont élé’ publiés par Purchay et par l'archevéque: de: Totéué, sont lès signes des jours ; et comme j'ai la plus grande confiance dans l'exactitude de ses observationis j'en conclus que son opinion est bien fondée, 11 paraît, d'après la forme des caractères dont on s’est servi pour écrire lesexplications, que cé monument curieux des arts du Mexique a été trouvé peu &e temps aprés la conquête de cet empire. Il' est étonnant qu'aucun écrivain espagnol n'en ait fait mention,

NOTE 151, p. 608.

Le premien.fut appelé Le prince de la lance mortelle ; le second le partageur d'hommes, le troisième le verseur de sang,.le quatrième le seigneur de la maison noire. (Acosta , lib, vs, c, Xxv.)

NOTE 152, p: 700:

Le temple de Cholula, qu'on regardait comme le plus sacré de tous ceux de la Nouvelle-Espagne, en était. aussi le plus:considérable, Ce n'était cependant qu'un mont de terre solide, dont la base , selon Torquemada , avait plus d’un quart de.lieue de circuit, et qui avait quarante brasses de hauteur, (Monar.. ind., lib. an, c. xx.)

Suivant les différentes figures des temples qu'ontrouve dans les peintures gravées par Purchas,, il: y,a lieu. de:

croire que tous ceux des Mexicains-étaient. construits: de:

la même manière.

NOTE.153, p. 701

Ce n'était pas'seulemerit à Tlascala et à Tepeaca , mais à Mexico même, que‘les maisons du peuple n'étaient que des cabanes! bâties avec de la terre ou des branches d'ärbres. Elles étaient extrémement basses et étroites, sans autrés meubles que quelques vases de.terre, ainsi

que chez les Indiens les plus sauvages; plusieurs familles’

habitaient sous un même toit, sans.avoir aucun appartement séparé. (Herrera, Decad. II, lib, vu, c. xur; lib, x, « xxu, Decad.. IV, lib. 1v, c, xvir. Torquem,, lib. mm, ©. XxIu.)

NOTE #5#; pi 701.

Une personne qui a vécu long-temps dans:la Nouvelle . Espagne et qui:a visité la plupart de ses provinces. m'a dit qu’il n'y avait dans toute l'étendue de. ce vaste empire aucun monument ni aucun vestige de quelque édifice qui fût plus ancien que le temps, de la conquête, ni méme aucun pont.ou grand chemin, excepté la chaussée fe va de Guadeloupe à la porte de Mexico, par laquelle

ortès entra dans cette ville. (Manuscritentre les mains.

e l'auteur.) L'auteur d’un autre manuscrit.observe qu’il neresie pas le moindre vestige de l’existenee d'aucun ancien. bâtiment indien public ou partieulier,, ni à. Mexico, pi dans aucune province dela Nouvelle-Espagne. « J'ai: traversé, dit-il, toutes les provinces adiacentes, c’est-à-

dire ln Nouvetléæ Galice, là Nouvelle: Hiseaye, le Nouveaus Mexique, Sonora , Cintatba, le nouveau royaume de Léon etle NouveauiSantander, satis avoir trouvé auctin mo: nument diggne-de remarque, excepté des ruines près d'u ancien'village dans la valée dé Casws-Grandes, au trentième degré quarante:six minutes dé latitude septentrionale’, et à déux cent'cinquarite-huit degrés vingt-quatre minutes de longitude de lle dé Ténériffe, ou quatre cent soixante lieues’ au nord'nord-ouest dé Mexico: » Il décrit avec beauvoup: d'éxactitüde ces ruines, qui: paraissent avoir fait partie: d'ün méchant bâtiinent de gazon et de pierres, recouverts d'une’ tèrre blanche ou dé chaux, Un misiotitiaire lui avait dit avoir vn'les ruities d’un pareil bâtiment’ À environ cent lieues: au’ nord-ouest, sur les bords dë la’ rivière dé Saint-Pierre.» ( Mänuscrit entre les mains de l'auteur.)

Ce qui donne beaucoup'de crédit à’ ces témoignages; c'est qu'ils n’ont point été avancés pour soutenir quelque système particulier, et que ce sont dé simples réporises à dés questions que j'avais faites. Il'faut croire ceperidänt'que Ibrsque’ces voyageurs otit dit n'avoir trouvé auctine ruine’ ni aucun reste d'ouvrages anciëtis dans l'empire dû Mexique, ilé ont! seulement voulu faire entendre qü'il n’y restait rien qui puisse dünner quelque idée de grandèur ou de niagnificence dans lès ouvrages de ses aricièns’ häbitans; cat’suivant le téinoignage de p'üsieurs écrivains espagnols, il parait qu'on voil encore quelques’ vestiges d'anciens Hätithetis à Otumba, Tlascala, Cholnla, etc. (Villa: Segnor, Meatro aer., p. 143, 308, 355.) D! Franc, Ant, Lorenzana, ci-devant archevêque de Mexico et aujourd'hui de Tolèdé, dans son introduction à l'édition des cartès de la relation de Cortès qu’il a publiées à Mexico, parle de quelques ruines qu'on voit encore dans plusieurs villes par lesquelles Cortès à passé en se rendant à la capitale { p. 4, etc.). Mais aucun de ces auteurs n’en donne la description, et ces ruines paï'aissent si peu considérablés, qu’à peine suffisent-elles pour füire voir qu'il y a eu autrefois quelque bâtiment dansices endroits. Le grand tertre de terre à Cholula, auquel les Espagnols ont donné le nom de temple, s'y trouve toujours, mais sans le moindre escalier pour y monter el'sans aucune apparence de pierre, Cette élévatioh ne paraît maintenant qu’une montagne naturelle, couverte d'herbe et d’arbrisseaux , et peut-é re qu'elle n’à jamais été rien de plus, (Torquemada, lib. an, c. x1x.) J'ai reçu une description, fort exacte des ruines d’ur templé près de Cuernavaca, sur la route de Mexico à Acapulco. Elles sont composées de larges pierres, aussi exactement jointes les unes aux autres que celles des bàtimens des Péruviens, dont nous parlerons dans la suite, Les fondations de ce temple forment un carré de vingt: cinq verges d'Angleterre, où soixante- quinze pieds de roi; mais il diminue d’étendue à mesure qu'il s'élève en hauteur, non par gradation, mais en se resserrant tout à coup à des distances régulières, de sorte qu'il doit avoir ressemblé à la figure: de læ planche. 11 se terminait, à ce qu'on dit, en pyramide:

NOTE 155, p. 703.

1. paraît que les historiens espagnols ont beaucoup exagéré le nombre des:victimes humaines qu’on sacrifiait à Mexico. Suivant Goinara, il n’y avait point d’anuée où. l'on n’immolât vingt mille personnes aux divinités du

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848 NOTES ET ECLAIRCISSEMENS

Mexique, et il y avait même des années où elles allaient | à cinquante mille, (Chron., c. œxux.) Les crânes de ces malheureuses victimes étaient rangés par ordre dans un bâtiment destiné pour cet effet, et deux des officiers de Cortès qui les avaient compiés ont dit à Gomara qu'il y en avait cent trente-six mille. (Zbid., ce. cxxxu,) Le apport d'Herrera est plus Incroyable encore : il dit que le nombre des victimes était si grand qu'on en sacrifiait cinq mille en un jour, et en quelques occasions même jusqu'à vingt mille, ( Decad, I, c. xvr.) Torquemada

les surpasse tous deux en exagération; car il prétend |

qu'on immolait annuellement vingt mille enfans, sans compter les autres victimes. (Mond ind., lib, m, c. xxt.) L'autorité la plus respectable en faveur de

ce grand nombre de victimes est celle de Zumurraga, | premier évéque de Mexico, qui, dans une lettre au cha- | pitre général de son ordre, écrite en 1631, dit quelles |

Mexicains sacrifiaient tous les ans vingt mille victimes. (Davila, Teatro eccles., p. 126.) D'un autre côté, Barth. de Las Casas remarque que si l'on avait fait mourir tous les ans un si grand nombre d'hommes, le Mexique ne serait jamais parvenu à ce degré de-population qui surprit tous les Espagnols lorsqu'ils y arrivèrent, et il assure positivement que les Mexicains ne sacrifiaient jamais plus de cinquante à cent. personnes par an, ( Voyez sa dispute avec Sepulveda, qui se trouve jointe à sa Brevissima relacion, p. 105.) Cortès ne spécifie pas le nombre des hommes qu'on sacrifiait annuellement ; mais B. Diaz del Castillo dit que les religieux franciscains qu'on envoya dans la Nouvelle-Espagne immédiatemert après la conquête, ayant fait des recherches à ce sujet, ont trouvé qu'on sacrifiait tous les ans cinq cents personnes à Mexico, (Ch. 207.)

NOTE 156, p. 703.

ll est pour ainsi dire inutile d'observer que la chronologie péruvienne est non-seulement obscure, mais qu'elle est même en contradiction avec les observations les plus

dans quelque succession de princes qu’on suppose. On a trouvé que le nombre moyen n’a pas passé vingt années. Suivant Acosta et Garcilasso de La Vega, Huana-Capac, qui mourut environ l'année 1527, a été le douzième Inca. On ne peut pas compter que la monarchie du Pérou ait duré plus de deux cent quarante ans; cependant ils assurent qu’elle a subsisté pendant quatre cents années. ( Acosta, lib. vr, c. x1x. Vega, lib. 1, c.1x.) Suivant ce rapport, la durée moyenne de chaque règne est portée à trente-trois ans au lieu de vingt, nombre établi par les observations de Newton ; mais les traditions des Péruviens étaient si imparfaites, que quoique le total y soit fixé d'une manière positive, le nombre des années de %haque règne est cependant inconnu.

NOTE 157, p. 706.

Plusieurs des premiers historiens espagnols assurent

e les Péruviens sacrifiaient des victimes humaines. (Xerès, p.190. Zarate, lib. x1, c. m1. Acosta, lib. v, c.x1x. ) Mais Garcilasso de La Vega prétend que, quoique cette coutume barbare eût subsisté parmi leurs ancêtres von civilisés, elle fut totalement abolie par les Incas, et | qu'on n’a jamais offert de victime humaine dans le temple |

exactes et les plus étendues sur la durée de chaque règne, Î

du soleil, Cette assertion, et les raisons plausibles sur lenquelles il l’appuie, suffisent pour réfuter les historiens espagnols, dont les récits ne paraissent fondésque sur de: oui-dire, et non sur ce qu'ils ont observé eux-mêmes, (Vega, lib, a, oc. iv.) Les Péruviens, dans une de teurs fêtes, offraient des gâteaux arrosés du sang tiré des bras, des sourcils et du nez de leurs enfans, (Zdem , lib. vu, c, vi.) Cette cérémonie parait avoir été une suite de leur ancienne coutume de sacrifier des victimes humaines.

NOTE 158, p. 707.

Les Espagnols ont adopté ces deux coutumes. des an

! ciens Péruviens, Ils ont conservé quelques-uns des aqué-

ducs ou canaux faits du temps des Incas, et en ont construit, au moyen desquels ils arrosent tous les champs qu'ils cultivent. (Ulloa, Foyage, t. 1, p. 422, 477.) lis continuent aussi à employer pour fumier le guano, ou la fiente des oiseaux de mer, Ulloa donne une description de la quantité presque incroyable qui s'en trouve dans les petites Îles qui bordent la côte. ( /bid. , p. 481.)

NOTE 159, p. 708.

Ulloa (Voyage, t.1, p.286, etc.) a décrit le temple de Cayambo, le palais des Incas à Callo, dans la plaine de Lacatunga, et celui d'Atun-Cannar, qu'il a examinés avec beaucoup de soin. On trouve dans les Mémoires de l'académie de Berlin (année 1746, p. 435) un Mémoire curieux de M. de La Condamine sur les ruines d'Atun- Cannar. Acosta parle des ruines de Cuzco qu'il a examinées (lib, vs, c. x1v). Garcilasso, dans son style ordinaire, donne des descriptions pompeuses et confuses de plusieurs temples et autres édifices publics (lib nr, c. 1, xxt; Hib, vi, c. 1v). Don Zapata, dans un traité volumineux sur le Pérou, qui n’a pas encore été publié, donne la description de plusieurs monumens des anciens Péruviens, dont les autres écrivains n’ont pas fait mention. ( Manuscrit entre les mains de l'auteur.) Ulloa (tom. 1, p. 391) parle de quelques anciennes fortifications péruviennes, qui étaient aussi des ouvrages considérables et fort solides. Trois circonstances frappérent principalement tous ces observateurs : 1° La grandeur énorme des pierres que les Péruviens avaient employées pour quelques-uns de leurs bâtimens. Acosta en a mesuré une qui avait trente pieds de long et dix-huit de large, sur six d'épaisseur; cependant il ajoute qu'il s’en trouvait de beaucoup plus grandes encore à la forteresse de Cuzco. Il est difficile de concevoir comment les Pérnviens pouvaient les remuer et les élever, même à la hauteur de douze pieds. 2° L’impéritie des Péruviens dans l’art de la charpente. Avec la patience et la persévérance naturelles aux Américains, ils peuvent être parvenus à donner aux pierres la forme qu'ils désiraient, principalement en frottant une pierre contre l'autre, ou par lé moyen de leurs haches et autres instrumens de pierre; mais avec ces outils grossiers, ils n’ont pu faire que de faibles progrès dans la charpenterie. Les Péruviens ne pouvaient emmortaiser deux poutres ensemble, ni donner la moindre solidité aux ouvrages de charpente. Comme ils ne savaient pas former la clef des voûtes, ils ignoraient tout-à-fait l'usage des cintres dans l'architecture, et les auteurs espagnols n’ont pu concevoir comment ils pouvaient faire les toits des grands bâtimens qu'ils élevaient.

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.) a décrit le temple allo, dans la plaine ar, qu’il a examinés ns les Mémoires de p. 435) un Mémoire les ruines d’Atun- Cuzco qu'il a exami- | son style ordinaire, et confuses de plucs (lib ax, C. 1,XX1; ntraité volumineux ublié, donne la des- ; anciens Péruviens, fait mention. ( Maur.) Ulloa (tom. 1, fortifications péruges considérables et ppèrent principalerandeur énorme des iployées pour quelen a mesuré une qui it de large, sur six lil s'en trouvait de rteresse de Cuzco. Il Pérnviens pouvaient \ hauteur de douze ans l’art de la char- 'ance naturelles aux nus à donner aux principalement en u par le moyen de > pierre; maïs avec e que de faibles proviens ne pouvaient ble, ni donner la arpente. Comme ils des, ils ignoraient architecture, et les r comment ils pouens qu'ils élevaient.

Gent nécessaire pour faire cet armement. Les copies de

La troisième particularité eat la preuve frappante que | cette notice sont rares à Madrid ; mais j'en ai obtenu une rournissent tous les monumens des Péruviens, de leur ! qui m'a mis à portée de communiquer ces'faits curieux

peu de génie et d'invention, et de leur extrême patience qui n'était pas moins remarquable, Aucune des pierres employées à la construction de ces ouvrages ne recevait une forme particulière ou égale aux autres, qui pôt la rendre propre à bâtir. Les Indiens les prenaient telles

. qu'elles tombaient des montagnes ou qu'on les tirait des

carrières, Les unes étaient carrées, les autres triangulaires, celles-ci convexes, celles-là concaves. lis employaient leur art et Jeur industrie à les joindre ensemble, en formant des creux dans l'une qui répondaient parfaitement aux saillies et aux élévations d'une autre Cette Jente opération, qu'ils auraient pu abréger si facilement en adaptant ensemble les surfaces des pierres, soit en les frottant, soit en les travaillant avec leurs haches de cuivre, paraltrait incroyable, si l'on pouvaît en douter en voyant les ruines de ces bâtimens, Cela leur donne un aspect singulier aux yeux des Européens. 11 n’y a aucune suite régulière dans les fondemens des bâtimeus, et aucune pierre ne ressemble à une autre par sa forme et par ses dimensions ; tandis que par l'industrie persévérante, mais mal entendue des Indiens, elles sont toutes jointes ensemble avec cette minutieuse exactitude dont j'ai parlé. Ulloa a fait cette observation sur les pierres de la forteresse d'Atun-Cannar, ( Foy., vol. 1, p. 387.) Pineto donne une pareille description de la forteresse de Cuzco, le plus parfait de tous les ouvrages péruviens, (Zapata, manuscrit entre les mains de l'auteur.) Suivant M. de La Condamine, il y avait des assises de pierres exactement parallèles et de même hauteur dans quelques parties des ruines d'Atun-Cannar; ce qu'il remarque comme une preuve des progrès des Péruviens,

NOTE 160, p. 709.

Ces ponts tendus par leur propre poids, agités par le vent ou dans un balancement continuel par le mouvement de la personne qui y passe, offrent d'abord à la vue un aspect effrayant. Mais les Espagnols ont cependant trouvé que c'était la manière la plus aisée de passer les torrens du Pérou, sur lesquels il serait difficile d'en construire de plus solides de pierre ou de bois. 1! y a des ponts de liane dans le Pérou, si larges, que les mules peuvent y passer toutes chargées : tel est celui qui est sur la rivière d'Apurimac, où passent toutes les marchandises et autres effets dans lesquels consiste le commerce entre le Pérou et les provinces de Lima, de Cuzco, etc. On emploie une méthode plus simple pour passer des rivières moins considérables : un mannequin, dans lequel se place le voyageur, est suspendu à un fort câble tendu d'un bord de la rivière à l’autre; on pousse et tire le mannequin par le moyen de deux cordes qui y sont attachées. (Ulloa, foyage au Pérou, t. 1, p. 358.)

NOTE 161, p.712.

J'ai puisé mes idées sur ces faits dans la Noticia breve de la expedicion militar de Sonora y Cinaloa, su exito feliz y ventajoso estado, en que por consecuencia de ello, se han puesto ambas provincias, publiée à Mexico le 17 juin 1771, pour satisfaire la curlosité des négocians qui avaient fourni au vice-roi l’ar-

au public. Suivant ce récit, on a trouvé dans la mine de Yecorato de ia province de Cinaloa, un grain d'or de vingt-deux karats, pesant seize marcs quatre onces qua: tre ochavas, ce qui fait environ quinze marcs, quatreon

ces trois grains, poids de France, qu'on a envoyé en Espagne comme un présent digne du roi, et qui se trouve Log dans le cabinet de sa majesté catholique à

adrid,

L'incertitude des ge »;raphessur ce point est singulière car Cortès paralt avoi, :x1miné les côtes de la Californie avec une grande atteuiicn, L'archevèque de Tolède a publié , d'après l'original qui se trouve entre les mains du marquis Del Valle , descendant de Cortès, une carte dressée en 1541, par le pilote Domingo Castillo, dans laquelle la Californie est placée comme une péninsule , qui s'étend à peu près dans la même direction qu’on lui donne aujourd'hui dans les meilleures cartes , et la pointe où le fleuve Colorado se jette dans le golfe y est marquée avec précision. (Æist, de la Nueva Espagna, p. 3%.)

NOTE 163, p. 714.

Je dois ce fait à l'auteur de l’Æistoire philosophique et polilique des deux Indes, tom. M1, p. 103; et après avoir consulté une personne intelligente, qui, ayant demeuré long-temps sur la côte des Moskites, y a fait le commerce du bois de teinture, j'ai trouvé que cet ingénieux auteur a été bien informé. Le hois coupé près de la ville de Saint-François de Campêche est d’une qualité infiniment supérieure à celui de l’autre côté de Yucatan, et le commerce des Anglais dans la baie de Honduras tire à sa fin.

NOTE 164, p. 719.

Le P. Torribio de Benevente ou Motolinea a assigné dix causes de la dépopulation rapide du Mexique, auxquelles il donne le nom des dix fléaux. 11 y en a plusieurs qui ne sont pas particulières à cette province seulement. 1° L'introduction de la petite vérole. Cette maladie fut portée pour la première fois dans la Nouvelle-Espagne , en 1520, par un esclave nègre de la suite de Narvaës, Torribio assure que la moitié du peuple des provinces où régna cette maladie en mourut. A cette mortalité, occasionée par la petite vérole, Torquemada ajoute deux effets destructifs ou maladies contagieuses qui régnèrent en 1546 et 1576. Huit cent mille hommes périrent par la première et plus de deux millions par la seconde, suivant le calcul exact fait par ordre des vice-rois. (Mond. ind., tom. 1, p. 642.) La petite vérole ne fut introduite dans le Pérou que plusieurs années après l'invasion des Espagnols, mais fut très fatale aux naturels du pays, (Garcia, Origen, p. 88.) 2° Le nombre de ceux qui furent tués ou qui périrent de besoin pendant la guerre avec les Espagnuls, surtout pendant le siége de Mexico. 3° La grande famine qui suivit la réduction de Mexico, parce que le peuple des deux partis avait également négligé de cultiver les terres; ce qui arriva dans toutes les autres contrées conquises par les Espagnols. 4° Les charges onéreuses imposées par les Espagnols aux Indiens de leurs repartimientos. 5° Le poids oppressif des taxes qu'ils

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n'étaient pas en état de payer et dont ils ne pouvaient

espérer aucune exemption. 6° Legrand nombre d'Indiens ;

employés à rassembler l'or que les torrens charrient des montagnes, qu’on forçait à quitter leurs habitations sans aucune provision pour leur subsistance, et qu'on exposait à toute la rigueur du froid dans ces régions élevées, 79 Les travaux immenses pour rebâtir Mexico, que Cortès

pressa avec tant d’ardeur, qu'il en mourut un nombre | incroyable d’Indiens. 8° Le nombre d'hommes condam- | nés à l'esclavage sous différens prétextes et employés à |

exploiter les mines d'argent. Ces malheureux, marqués par leurs maîtr’” avec un fer chaud, comme le bétail » étaient con: par trouneaux dans les montagnes. 90 La nature du travail auquel'ils étaient condamnés , les

vapeurs nuisibles de ces mines, la froideur du climat et le :

manque des vivres furent si funestes, que Torribio assure que la campagne autour de plusieurs de ces mines, principalement près de Guaxago, était couverte de corps morts, que l'air était corrompu par leur puanteur, et que la quantité des vautours et des autres oiseaux de proie était si grande, que leur nombre obscurcissait le soleil, 10° Les Espagnols dans leurs différentes expéditions et dans leurs guerres civiles firent périr un grand nombre d'Indiens en les forçant deleur servir de éamemes ou de poite faix. Cette dernière oppression fut fatale aux Péruviens. La quantité d’Indiens qui périrent pendant l’ex- “ition de Gonzalès Pizarre dans les provinces qui sont “st des Andes, peut donner une idée de ce qu'ils ont fert et faire juger combien leur ombre diminua. .ribio, manuscrit.) Corita, dans sa Breve ÿ summaria relacion, éclaircit et confirme plusieurs o5sérvations de Torribio, auxquelles il renvoie les lecteurs (Manuscrit entre les mains de l'auteur.)

NOTE 165, p. 719.

Montesquieu même a adopté cette idée (liv. viu, e. xviu); mais le désir qu'avait ce grand homme d'établir un système, l'a rendu quelquefois peu attentif dans ses recherches, et son génie trop ardent lui a fait négliger plusieurs causes aussi évidentes que solides.

NOTE 166, p. 719.

On en trouve une preuve convaincante dansletestament d'‘sabelle, où elle montre la plus tendre sollicitude pour que les Indiens soient traités d'une manière douce et humaine. Ces louables sentimens de la reine ont été adoptés dans les lois publiques d'Espagne et servent d'introduction aux règlèmens contenus sous le titre de bon traitcment des Indiens. (Recopil., VI, tit. x.)

NOTE 167, p. 720.

Le tiers du septième titre du premier livre de la Recopilacion, qui contient les règlemens touchant les pouvoirs et les fonctions des archevêques et des évêques, roule sur la charge qui leur est imposée comme protecteurs des Indiens, et parle de tousles cas où il est de leur devoir de les protéger contre l'oppression, tant dans leurs propriétés que dans leur personne. Non-seutement ils sont chargés par les lois de cette fonction, aussi humaine qu’honorable, mais ils l’éxercent'en effet.

Je pourrais en citer des preuves sans nombre tirées des

auteurs espagnols; mais je préfère m'en rapporter à Gage, qui était peu disposé à accorder au clergé romain un mérite auquel il n'aurait pas eu droit de prétendre, (Survey, p 142, 192, etc.) Henri Hawks, négociant anglais, qui pendant cinq ans a résidé dans la Nouvelle-Espaÿne, avant l'année 1572, rend le même témoignage favorable au clergé romain. (Æakluy, vol. Ill, p. 466.) Une loi donnée par Charles-Quint autorise non-seulement les évêques, mais tous les ecclésiastiques en général, à informer et avertir le magistrat civil, dans le cas où quelque Indien serait privé de sa liberté et de ses droits; (Recopil., lib. va, tit, wr, 1, 14.) ce qui les constituait protecteurs en titre des Indiens. Il y a eu des ecclésiastiques espagnols qui ont refusé l’absolution à eeux de leurs compatriotes qui possédaient des envomierda et regardaient les Indiens comme des esclaves, ou qui les employaient à l'exploitation des mines. ( Gonzalès Davil, Teatro eccles:, vol. 1, p. 157.)

NOTE 168, p. 720.

Suivant Gage, Chiapa dos Indios contient quatre mille familles, et il en parle comme d’une des villes indiennes les plus peuplées de l'Amérique (p. 104).

NOTE 169, p. 720.

1l est très difficile de se procurer un état exact de la population des royaumes de l’Europe où la police est la plus parfaite et où les sciences ont fait les plus grands progrès. Dans l’Amérique espagnole, où les connaissances sont encore au berceau et où peu d'hommes ont le loisir de se livrer aux recherches de pure spéculation, on a fait peu d'attention à cet objet. Cependant en 1741, Philippe V ordonna aux vice-rois et aux gouverneurs des différentes provinces de l’Amérique, de faire un dénombrement des habitans de leurs districts et d'envoyer un état de leur nombre et de leurs occupations ; en conséquence de cet ordre, le comte de Fuen-Clara, vice-roi de la Nouvelle-Espagne, chargea D. Jos. Ant. de Villa- Segnor y Sanchez d’exécuter cette commission dans la Nouvelle -Espagne. Villa Segnor publia le rémitat de ses recherches dans son Zeatro american), d'après des rapports des magistrats des différentes provinces, et d’après ses propres observations et la longue communication qu’il avait eue avec la plupart des provinces. Des neuf diocèses dans lesquels l'empire du Mexique est divisé, il n’en a cité que cinq, savoir : l’archévéché de Mexico et les évêch”s de Los Angelès, de Mechoacan,. d'Oaxaca et de la Nouvelle-Galice, 1] n’a fait aucune mention des évêchés de Yucatan, de Verapaz, de Chiapa et de Guatimala, quoique la race des Indiens soit plus nombreuse en ce dernier endroit que dans aucune autre partie de la Nouvelle-Espagne, Dans le dénombrement du diocèse fort étendu de la Nouvelle-Galice, il décrit bien la situation des différens villages indiens; mais il ne spécifie le nombre des habitans que d’un petit nombre de ces vilages. Les Indiens de cette vaste province, dans laquelle la puissance des Espagnols est encore imparfaitement établie, ne sont pas enregistrés avec la même exactitude que dans les autres parties de la Nouvelle- Espagne. Suivant Villa-Segnor, voici l'état actuel de la population dans les cinq diocèses nommés ci-dessus . tant

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Nouvelle-Galice. . .,.,,,...

À raison de cinq personnes par famille, le nombre total est de, ...,,,...... 950,543 Noinbre des familles indiennes dans le diocèse de Mexico. ..,.., ose y. 119,511 Los Angelès. .,,.,.,., ..... 88,240 Mechoacan...,,.... ..... 36,196 Oaxaca. ..., vous... 44,22 Nouvelle-Galice . ...... + 6,222

Total. . .. 294,291

En comptant cinq personnes par famille, le nombre total est de 1,471,955. Nous pouvons compter avec d'autant plus de certitude sur le calcul du nombre des Indiens, qu’il est pris de la matricule ou du registre suivant lequel on levait le tribut qu'ils payaient, Puisque des neuf diocèses on en a omis totalement quatre, et que le dénombrement de la Nouvelle-Galice n’a été fait que très imparfaitement, nous pouvons en conclure que le nombre des Indiens dans l'empire du Mexique va au-delà de deux millions.

Le calcul du nombre des Espagnols ne paraît pas être si exact. Villa-Segnor remarque, en termes généraux, que plusieurs Espagnols, nègres et métis, résident ensemble dans plusieurs endroits, sans spécifier leur nombre, C’est pourquoi, si nous rassemblons tous ces habilans avec ceux qui demeurent dans les quatre diocèses qu'on a omis, le nombre des Espagnols et ceux des races mélées peuvent probablement monter à un million et demi, Dans quelques endroits, Villa -Segnor distingue les Espagnols des trois races inférieures de nègres, des mulâtres et de métis, et marque leur nombre séparément: mais en général il les joint ensemble. Cependant par la proportion observée dans les endroits où le nombre de chaque espèce

est marqué, ainsi que par le détail de l’état de la popu- |

lation dans la Nouvelle-Espagne donné par d’autres historiens, il est clair que le nombre des nègres et des habitans de race mélée, excède de beaucoup celui des Espagnols. Peut-étre doit-on porter ces derniers à plus de cinq cent mille contre un miilion des autres.

Quelque défectueux que soit ce calcul, il ne m'a cependant pas été possible de me procurer des connaissances assez exactes du nombre des habitans du Pérou, pour former des conjectures aussi satisfaisantes sur l'état de sa population. Je sais qu'en 1761, le protecteur des Indiens dans la vice-royauté du Pérou, comptait qu’il y en avait 612,780, qui payaient le tribut au roi, Comme toutes les femmes et tous les mineurs étaient exempts de cette taxe dans le Pérou, on doit supposer que le nombre des Indiens montait à 2,449,120. ( Manuscrit entre les nains de l’auteur.)

Je vais parler d'une autre méthode de calculer ou du moins de faire des conjectures touchant l’état de Ja population de la Nouvelle-Espagne et du Pérou, Suivant un

état que j'ai lieu de croire exact, e nombre des copies de la bulle de la Croisade, envoyées au Pérou à chaque nouvelle publication, est de 1,171,953, et pour la Nouvelle-Espagne , de 2,649,326. On m'a dit qu’il n'y a qu'un petit nombre d’Indiens qui achètent la bulle , et qu’on la vend principalement aux Espagnols et aux habitans de race mêlée ; de sorte que suivant cette manière. de calculer, ie nombre des Espagnols et des races mélées monteraitau moins à trois millions.

Le nombre, des habitans de plusieurs villes de l’Amérique espagnole. peut, nous donner quelque idée de l’étendue de la population,.et corriger l’idée peu exacte mais commune; qu'on. a. dans la Grande-Bretagne, du faible et misérable état de ces colonies. La ville de Mexico contient au moins cent cinquante mille habitans; Los An- &elès plus de soixante mille, tant Espagnols qu’habitans de race mêlée (Villa-Segnor , p. 247); Guadalaxara contient au-delà de trente mille Ames, sans compter les Indiens (/bid., lib. 11, p. 206): il y en a cinquante-quatre mille à Lima (D. Cosme Bueno, Descr. de Pére, 1764); Carthagène en contient vingt-cinq mille; Potosi vingt-cinq mille (Bueno, 1767); Popayan plus de vingt mille, (Ulloa, p. 287.) Les villes du secoré rang sont plus peuplées encore, Les villes et les établissemens les plus florissans des autres nations européennes en Amérique ne peuvent entrer en comparaison avec ceux-ci.

Tels sont les calculs de la populatior. de plusieurs villes, que j'ai trouvés répandus dans des écrivains que j'ai jugés dignes de foi. Mais ‘je me suis procuré un dénombrement des habitans des villes de la province de Quito, sur l'exactitude duquel je puis compter, et que je com- Munique au public, tant pour satisfaire sa -uriosité, que pour rectifier les notions erronées dont j'ai parlé, Saint-François de Quito contient de cinquante à soixante mille habitans de différentes races. Outre la ville, ily a dans ce corregimiento vingt-neuf cures établies dans les principaux villages, lesquels ont chacun de plus petits hameaux qui en dépendent, dont les habitans sont tous Indiens ou métis. 11 y a environ six à huit mille âmes à

| Saint-Jean de Pasto, outre vingt-sept villages qui en dé-

pendent. Un compte à Saint-Michel d’Ibarra sept mille habitans et dix villages. Le district de Havala contient de dix-huit à vingt mille âmes ; celui de Tacuma dix à douze mille ; celui d’Ambato huit à dix mille, et seize villages. La ville de Riobambaseize à vingt mille et neuf villages. Le district de Chimbo six à huit mille. Celui de Guayaquil

| de seize à vingt mille et quatorze villages. Le district

d’Atuasi environ cinq à six mille et quatre villages, La ville de Cuenza vingt-cinq à trente mille et neuf villages fort peuplés. La ville de Laxa huit à dix mille et quatorze villages, Cette population, quoique médiocre si l'on considère la vaste étendue du pays, est bien plus considérable qu’on ne le suppose communément. J'ai oublié de dire en son lieu que Quito est la seule province de l'Amérique espagnole qu’on peut regarder comme un Pays de manufactures. On y fabrique des chapeaux, des étoffes de coton et des draps grossiers, en assez grande quantité pour suffire non-seulement à la consommation de la province, mais pour fournir un article considérable d'exportation dans les autres parties de l'Amérique «espagnole. Je ne sais si l'on doit regarder l'industrie singulière de cette province comme la cause ou comme l'effet de sa population; mais la passion pour tout ce qui vien

DE ATEEENPENS GS

852 NOTES ET ECLAIRCISSEMENS

de l'Europe est si grande parmi les vains habitans du |

Nouveau-Monde, que l'on m'a assuré que les manufectures de Quito sent si peu estimées qu'elles commencent à pencher vers leur déclin.

NOTE 170, p. 722.

Ces audiences sont établies dans les endroits auivans : à Saint-Domingue, dans l'île d'Hispaniola; à Mexico, dans la Nouvelle-Espagne ; à Lima, dans le Pérou ; à Panama, dans Terre-Ferme ; à Saint-Jacques dans le Guatimala; À Guadalaxara, dansla Nouvelle-Galice; à Santa-Fé,

dans le nouveau royaume de Grenade; à la Plata, dans la !

provinces de Los Gharcas; à Saint-François dans celle de Quito ; à Saint-Jacques, dans le Chili; et à Buenos-Ayres dans la province de ce nom, Plusieurs grandes provinces dépendent de ces audiences ; quelques-unes même sont si éloignées des villes où ces cours résident, qu’elles n’en peuvent tirer que peu d'avantage. Les auteurs espagnols comptent douze de ces cours d'audiences, parce qu'ils y comprennent celle de Manille dans les tles Philippines.

NOTE 171, p. 724.

Vu la distance qui sépare le Pérou et le Chili de V'Espagne, et la difficulté qu'il y a de transporter par l'isthme de Panama des effets d'une charge aussi considérable que le sont le vin et l'huile, les Espagnols de ces provinces ont obtenu la permission d'y planter des vignes et des oliviers, Mais il leur est rigoureusement défendu de faire passer du vin et de l'huile à Panama, à Guatimala, ou dans toute autre province à portée d’en recevoir de l'Espagne. (Recop., lib. tit. XV-xvin.)

NOTE 172, p. 725.

Ce calcul a été fait par Benzoni, en 1550, cinquantehuit ans après la découverte de l'Amérique. ( ist. novi orbis, lib. mr, c. xxt. ) Mais comme Benzoni a écrit avec un esprit mécontent et porté à détracter en tout les Espagnols, il se peut que son calcul ait été trop faible.

NUTE 173, p. 726.

Je n'ai que des notions imparfaites sur le passage et la transmission des biens dans les colonies espagnoles. Les auteurs espagnols ne s'expliquent pas clairement sur ce sujet, et peut-être même n'ont-ils pas assez considéré les effets de ?eurs lois et de leurs institutions. Solorzarno, (de Jure ind., vol. D, Kb. an, 1 16), explique en quelque sorte l'introduction de la tenure de mayorasgo et parle de quelques-uns de ses effets. Villa-Segnor en remarque une conséquence singulière. 11 observe que dans quelquesunes des situations les plus favorables de Mexico, une grande partie du terrain n'est pas occupée , Ou est COUverte par les ruines des maisons qu’on y avait bâties autrefois. Il ajoute que ce terrain étant possédé par droit de

mayorasgo et ne poutrant pas être aliéné, ces ruines |

deviennent éternelles. (Zvatr. amer. vol. 1, p. 34.) NOTE 174, p. 726.

11 n'y a aucune loi qui exclue les créoles des charges,

tant civiles qu'ecclésiastiques. Il y a au contraire plusieurs |

Cedulas qui recommandent de donner indistinctement, des places de confiance aux personnes nées en Espagne et en Amérique. (Betancourt y Figueroa, Derecho, etc., p. 5, 6.) Mais malgré ces ordres répétés, on accorde dans

presque tous les cas la préférence aux personnes nées en Espagne. L'auteur que nous venons de citer en donne une preuve singulicre. Depuis la découverte de l'Amérique, jusqu'en 1637, on a nommé trois cent soixante-neuê évêques ou archevéques pour les différens diocèses de ce

| pays, et de ce grand nombre il n'y en a eu que douze qui | fussent créoles (p. 40). Cette préférence pour les Euro-

péens semble durer encore, Parun mandat royal de 1776, le chapitre de la cathédrale de Mexico reçoit l'injonction de nommer des ecclésiastiques européens d'un mérite et de talens reconnus, pour que le roi puisse ésigner aux bénéfices vacans.

NOTE 175, p.728

Quelque modéré que puisse parattre ce tribut, l'indigence des indiens est si grande dans plusieurs provinces de l'Amérique, que l'exaction en est insupportable (Pegna, Itiner. para parrocosde Indios, p. 192.)

NOTE 176, p. 728

Dans la Nouvelle-Espagne, on accordait les encomiendas pour trois et quelquefois pour quatre générations, à raison du mérite extraordinaire et des services des premiers conquérans, et du faible revenu du pays avant la découverte des mines de Sacatecas. ( Recopil., lib, ve, tit.nn, c. xiv, ele. )

NOTE 177, p. 72.

D. Ant. Ulloa prétend que le travail des mines n’est pas nuisible, et en apporte pour preuve que plusieurs métis ou Indiens, qui n’appartiennent à aucun repartlimiento, se louent volontairement pour exploiter les mines, et que plusieurs Indiens continuent de plein gré ce travail, lorsque le temps prescrit pour leur service est fini. (Entreten., p.265.) Mais son opinion sur la salubrité de ce travail est contraire « à L: érience de tous les siècles, Partout où les hommes seront séduits par un salaire considérable, ils s'engageront à toute espèce de tra vail, quelque fatigant ou dangereux qu'il puisse être. D. Hern. Carillo Altamirano rapporte un fait curieux qui est incompatible avec l'opinion d'Ulloa. Partout cù l'on exploite les mines, dit-il, le nombre des Indiens diminue ; mais dans les provinces de Campêche, où il n’y a point de mines, le nombre des Indiens a augmenté de plus d’un tiers depuis la conquête de l'Amérique, quoique le sol et le climat ne soient pas aussi bons qu'au Pérou et au Mexique. (Uolbert, Collect.) Dans un autre mémoire présenté à Philippe 11, en 1609, le capitaine Juan Gonzalès d’Azevedo dit que dans tous les districts du Pérou où l'on forçait les Indiens de travailler aux mines, le nombre en était réduit à la moitie, et dans quelques endroits au tiers de celui qu'on en comptait sous la vice-royauté de don Fr. de Tolède, en 1581. { Colbert, Collect.)

NOTE 178, p. 729.

Comme Un travail de cette espèce ne peut être prescrit avec une exactitude précise, la tâche qu’on impose aux Indiens paraît étre fort arbitraire; et de même que le service exigé par les seigneurs féodaux de leurs vassaux, in vinea, prato aut messe, elle doit être extrêmement incommode, et souvent gratuitement tyrannique. (Pe gna, Ztin.para parrocos de Indios. )]

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1 fait curieux qui est Partout cù l'on exes Indiens diminue ; , où il n’y a point de menté de plus d’un 1e, quoique le sol et u Pérou et au Mexiautre mémoire prétaine Juan Gouzalès cts du Pérou où l'on nines, le nombre en ues endroits au tiers e-royauté de don Fr.

ect.)

ne peut être prescrit e qu’on impose aux et de même que le ux de leurs vassaux, it être extrêmement 1t tyrannique. (Pe S.)

NOTE 179, p. 7%.

L'espèce de service connu au Pérou sous le nom de mila , est appelé {anda dans la Nouvelle-Espagne, où il n'a lieu que pour une semaine de suite, Personne n'est obligé de servir à une plus grande distance que celle de vingt-quatre milles de son habitation, Cette règle est moins oppressive pour les Indiens que celle qui est établie au Pérou, ( Mémoire de Hern. Carillo Altamirano, Colbert, Cotlect.)

NOTE 180, p. 730.

C'est des lois même qu'on peut en déduire les plus fortes preuves. La multitude et la variété des règlemens pour prévenir les abus est ce qui peut nous donner une idée de leur nombre, Quoique les lois aient sagement réglé qu'aucun Indien ne sera tenu de servir dans les mines à plus de trente milles de distance de son habitation, nous apprenons cependant, par un mémoire présenté au roi par D. Hernan Carillo Altamivano, que les Indiens du Pérou sont obligés de travailler aux mines à cent, cent cinquante, et jusqu'à deux cents lieues de leurs habitations. (Colbert, Collect.) Plusieurs mines sont située dans des lieux si stériles et si éloignés des habitations ordinaires des Indiens, que la nécessité d'y avoir des ouvriers a obligé les rois d’Espagne de contrevenir plusieurs fois a leurs propres règlemens, et de permettre aux vice-rois de forccr les peuples des provinces les plus eloiguées de se rendre à ses mines, (Escalona, Gazophil. Peruv., lib. 1, c. xvi.) On doit cependant leur rendre IL. justice de dire qu’ils ont toujours été attentifs à adoucir celte oppression autant qu’il leur a été possible, en enjoignant aux vice-rois d'employer toute espèce de moyens pour engager les Indiens à s'établir près des mines. (/d., ibid.)

NOTE 181, p. 731,

Torquemada, après avoir fait une longue énumération qui parait assez exacte, conclut par dire qu’il y a quatre cents couvens dans la Nouvelle-Espagne, (Mon. ind., lib, xix, c. xxx. ) En 1745, il y avait dans la seule ville de Mexico cinquante-cinq couvens. (Villa-Segnor, Teat. amer., p.34.) Ulloa en a compté quarante dans Lima, et en parlant de ceux de filles, il dit qu’on pourrait en peupler une petite ville, tant le nombre des personnes renfermées est considérable, ( 7oy., tom. 1, p. 429.) Philippe If, dans une lettre adressée en 1620 au vice-roi du Pérou, remarque que le nombre des couvens à Lima était si grand qu'ils occupaient plus de terrain que le reste de la ville, (Solorz., lib. nr, c. xx, n° 57; lib. ur, c xvi. Torquemada, lib, xv, c. 11,) Le premier couvent Wut fondé dans la Nouvelle-Espagne en 1525, quatre ans seulement après la conquête. (Torq., lib. xv, c. xvr.)

Suivant Gil Gonzalès Davila, toute la hiérarchie de l'église d'Amérique, dans tous les établissemens espagnols, consistait, en 4649, en un patriarche, six archevêques, trente-deux évêques, trois cent quaranie-six chanoines, deux abbés, cinq chapelains du roi et huit cent quarante couvents. ( Teatro ecclesiastico de las Ændias occident., vol. 1, préf.) Lorsque les jésuites furent expulsés de l'Espagne, ils possédaient dans la province de la Nouvelle-Espagne trente colléges, maisons professes ou résidences; seize dans celle de Quito; treize

dans le nouveau royaume de Grenade; dix-huit dans le Chili, dix-huit dans le Paraguay; en tout cent douze, (Coleccion general de providencias hasta aqul tomadas sobre estrañamento, etc., de la compañia , part, 1, p. 19.) Le nombre des jésuites qu'il y avait dans ces maisons montait à deux mille deux cent quarantecinq, (Manuscrit entre les mains de l'auteur.)

En 1644, la ville de Mexico présenta une requête au roi pour le prier de défendre qu'on y fondât de nouveaux couvents, et de mettre des bornes aux revenus de ceux qui s’y trouvaient déjà établis, vu que sans cela les maisons religieuses acquerraient en peu de temps la propriété de tout le pays. Elle demandait aussi qu’on init des restrictions au pouvoir des évêques de conférer les ordres, parce qu’il y avait alors dans la Nouvelle Espagne plus de six mille ecclésiastiquessans bénéfice. (Zbid., p. 16.) Il doit ÿ avoir eu sans doute de grands abus, puisque la superstition des Espagnols américains en était blessée au point de leur dicter des représentations pour les faire abolir.

NOTE 182, p.732.

Je ne me serais pas hasardé à faire la peinture desmœurs du clergé espagnol sur le seul témoignage des auteurs protestans, parce qu’on peut les soupçonner de prévention et d'exagération. Gage en particulier, qui plus qu'aucun autre protestant à eu l'occasion de connaître l'état intérieur de l'Amérique espagnole, dépeint la corruption de l’église à laquelle il avait renoncé avec toute l'aigreur d’un nouveau converti; de sorte que je dois me méfier de son témoignage, quoiqu'il rapporte quelques faits très curieux et très frappans. Mais Benzoni parle de la débauche des ecclésiastiques en Amérique très peu de temps aprés qu’ils y furent établis. (Æist., lib, n,c. x1x, xx.) M. Frezier, observateur intelligent et très zélé pour sa religion, dépeint les mœurs corrompucs des ecclésiastiques espagnols dans le Pérou, particuliérement des moines réguliers, avec des couleurs plus fortes que celles que j'ai employées. ( 7’oyage, p. 51, 215, etc.) M. Gentil confirme ce rapport. (Foy., t. 1, p. 34.) Coreal s'accorde avec ces deux voyageurs, et y ajoute plusieurs circonstances singulières. ( Por. t. 1, p. 61, 155, 161.) J'ai tout lieu de croire que les mœurs du clergé régulier sont encore extrêmement licencieuses , surtout dans le Pérou. Acosta lui-même avoue que la grande corruption des mœurs a été une suite de la permission accordée aux moines de renoncer à la retraite et à la discipline de leur coûvent, et de s’introduire dans le monde en se chargeant du soin de desservir les paroisses des Indiens, ( De Procur, Ind, salute, \ib. 1v, c. xur, etc.) 1 parle surtout des vices dont j'ai parlé, et pense que les tentations en sont si redoutables, qu’il penche vers l’opinion de ceux qui croient que le clergé régulier ne doit pas être chargé du soin des paroisses (lib. v, c. xx). Les défenseurs même des réguliers conviennent qu'il y a plusieurs grands

abus parmi les moines de différens ordres lorsqu'on les ::

affranchit de la discipline monastique ; et l’on peut croire ;

par la manière dont ils les défendent qu’on ne les a pas accusés tout-à-fait sans raison. Dans les colonies fiançaises, l’état du clergé régulier est à peu près le même que dans les établissemens espagnols, et il en est résulté les mêmes conséquences. M. Biet, supérieur des prêtres séculiers à Cayenne, a recherché avec autant de piété

854 NOTES ET ECLAIRCISSEMENS

que de candeur les causes de cette corruption, qu’il

impute principalement à l'exemption dont jouissent les réguliers de la juridiction et des censures de leurs dio- |

césains, aux tentations auxquelles ils sont exposés ; et à leur commerce: avec le monde. ILest singulier que les auteurs qui ont censuré la licence des moines réguliers espaguols avec la plus grande sévérité, concourent tous

à défendre la conduite des jésuites. Formés à une disci- |

pline plus parfaite que celle-des autres ordres mouastiques, ou anunés par l'intérêt de conserver l'honneur de

la société, qui était si cher à chaque membre, les jésuites, | tant du Mexique que du Pérou, onttoujours conservé une | régularité de mœurs irréprochable. (Frezier, p. 223. | Gentil, t. 1, p. 34.) On doit rendre la même justice aux |

évêques et à la plupart des ecclésiastiques en dignité.

On m'a donné communication d’un volume de la | Gazette de Mexico, pour les années 1728, 1729 et 1730, | et il me fournit une confirmation frappante de ce que j'ai. | avancé relativement à l'esprit de superstition illibérale qui domine dans l'Amérique espagnole. On peut juger |

d'après les journaux d’une nation des sujets qui attirent

plus particulièrement son attention et qui lui paraissent | les plus intéressans, La Gazette de Mexico est remplie | presque entièrement de récits de cérémonies religieuses, |

de descriptions de processions , de consécrations d'églises, de canonisation de saints, de fêtes, d’auto-da-fé, etc.; les affaires civiles et commerciales et même les événemens politiques de l’Europe n'oecupent qu’un: très petit espace dans ce journal, destiné à faire connaître tout ce qui est important. D'après les titres des nouveaux livres, qui y sont régulièrement insérés, il paraît que les deux tiers de ces ouvrages sont des traités religieux de théologie scolasiique ou de dévotion monacale.

Solorzano, après avoir parlé de la morale corrompue du clergé régulier, avec cette sage réserve qui convenait à un laïque espagnol sur un sujet si délicat, se déclare ouvertement et avec beaucoup de fermeté contre l'usage de confier le soin des paroisses à des moines. Il cite plusieurs auteurs respectables, tant théologiens que poliriques, dont le témoignage sert à confirmer son opinion, (De Jure ind.,t. H, lib. 11, cap. xvi.) On trouve dans la collection des mémoires de Colbert une preuve frappante de l'alarme occasionée par le projet du prince d’Esquilache pour exclure les prêtres réguliers des cures paroissiales, Les ordres monastiques firent présenter au roi plusieurs mémoires auxquels on répondit au nom du clergé séculier. On aperçoit que les deux partis ont mis beaucoup d’aigreur et d’animosité dans cette dispute.

NOTE 184, p. 734.

On exeluait originairement de la prétrise et des ordres religieux non- seulement les Indiens, mais encore les métis ou enfans d’un Espagnol et d'une Indienne. Mais par une nouvelle loi, promulguée le 28 septembre 1588,

Phihppe Il enjoint aux prélats de l'Amérique de conférer :

les ordres aux métis, nés d’un mariage légitime, à qui ils trouveront les qualités requises, et de leur permettre de faire leurs vœux dans le couvent où ils auront fait

un noviciat convenable. (Recopil., lib. 1,tit. vu.) Hparaît :

qu'on a eu quelque égard à cette loi daus la Nouvelle- Espagne ; mais elle n’a eu aucun effet dans le Pérou. Sur des représentations faites à ce sujet à Charles Il en 1697, il donna un nouvel édit pour en ordonner l’exécution et manifester sa volonté que tous ses sujets, tant Indiens que métis et Espagnols jouissent des mêmes priviléges. Il paraît que l’aversion des Espagnols d'Amérique pour la race indienne s’est opposée à l'exécution de cette ordonnance; car en 1725, Philippe V fut obligé de renouveler l'injonction d’une manière plus précise ; mais les Espagnols du Pérou ont une haine et un mépris si insurmontables pour les Indiens, que le roi régnant a été obligé de donner uue nouvelle force aux anciens édits par une loi publiée le 11 septembre 1774. (Real cedula. Manuscrit entre les mains de l'auteur.)

M. Clavigero a réfuté ce que j'ai rapporté sur la situation des Indiens en ce. qui concerne l’état ecclésiastique et particulièrement sur leur exclusion du sacrement de l’Eucharistie et des saints ordres, soit comme séculiers , soit comme réguliers, de manière à faire une profonde impression sur les esprits. 1l assure, d'après ses propres connaissances, que, dans la Nouvelle-Espagne , non-seulement les Indiens ont la faculté de participer au sacrement de l'autel, mais que les prêtres indiens sont si nom: breux qu’on peut les compier par centaines, et que parmi ces derniers, il y a eu, dans différensitemps , plusieurs centaines de curés, de chanoines et de docteurs, et méme, dit-on, un très savant évêque. «À présent, ajoutet-il, il y a beaucoup de prêtres et un bon nombre de curés, parmi lesquéls trois ou quatre ont été mes élèves (vol. II, pag. 348; etc. ).

Je regarde comme un devoir ‘pour: moi envers ie public et envers moi-méme de considérer soigneusement chacun de ces points et d'expliquer les raisons qui m’ont engagé à adopter l’opinion que je publie.

Je savais que dans l’église chrétienne il n’y a aucune distinction de personnes, mais que les hommes de tous les pays qui embrassent la religion de Jésus-Christ ont un droit égal à tous les priviléges du christianisme auxquels ils sont:en état de prendre part. Je savais aussi qu’une opinion avait prévalu, non-seulement parmi les Espagnols établis en Amérique, mais parmi les ecclésiastiques eux-mêmes que ( pour employer les expressions mêmes d’Herrera dans sa Dec. 1 , liv. x}, x1, chap. xv) les Indiens n'étaient ni des hommes parfaits, ni tout-àfait doués de raison, et n'étaient pas en état de participer aux sacremens de l'autel ni aux autres bénéfices de notre religion.»

Ce fut contre cette opinion que Las Casas combattit, avec le louable zèle que j’ai mentionné dans les liv. mr et vi de mon histoire, Mais comme l’évêque de Darien, le docteur Sepulveda et d'autres respectables ecclésiastiques soutenaient vigoureusement l’opinion commuue sur lin capacité des Indiens, il devint nécessaire, afin de prendre une détermination à cet égard, de faire intervenir l'autorité du saint-siége ; ‘et en conséquence, Paul II] expédia, en 1527, une bulle dans laquelle, après avoir condamné l'opinion de ceux qui prétendaient que les Indiens n’étant qu’au niveau des bêtes brutes, ils devaient être réduits en servitude, il déclara qu'ils sont réellement des hommes, et capables, comme tels , d’embrasser la religion catholique et de participer à toutes les bénédictions, Malgré les arguties de M. Clavigero, le compte

que je re voudra pi exacteme:

chap. xxv Mais, n résidant tité des n Lima (je ] espagnols sainte cor Dans la sacremen tervalle d tions que commerc docteur A on le ver:

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que je rends de cette bulle paraîtra juste à quiconque voudra prendre la peine de le parcourir ; et il coïncide exactement avec ce qu’en disent Torquemada (liv. xvr, chap. xxv) et Garcia ( Orig., liv. 1, x).

Mais, malgré l’autorité de cette décision , les Espagnols résidant en Amérique faisaient si peu de cas de la capasité des naturels du pays, que le premier concile tenu à Lima (je l'appelle ainsi sur la foi des meilleurs écrivains espagnols ) se déclara contre l'admission des Indiens à la sainte communion. (Torquemada, liv, xvz, Chap. xx. )

Dans la Nouvelle-Espagne, l'exclusion des Indiens des sacremens est encore plus formelle, (Zbid.) Après un intervalle de deux siècles, et malgré nn améliorations que les Indiens peuvent avoir gagnées dans leur commerce avec les Espagnols pendant cette époque, le docteur Ant. Ulloa nous apprend qu’au Pérou, où, comme on le verra par la suite dans cette note, les naturels pouvaient être regardés comme plus éclairés que dans la Nouvelle-Espagne, l'ignorance des naturels est telle encore cependant, qu'on ne permet qu’à un bien petit nombre de recevoir la communion, le reste étant tout-àfait hors d’état d’y participer. (Foy. ,}. 341, etc. Solorz., Polit. Ind., 1, 203.)

A l'égard de l'exclusion des Indiens de l’ordre, soit comme réguliers, soit comme séculiers, nous pouvons remarquer qu’aussi long-temps que l'opinion commune a été que les Indiens étaient incapables de participer au saint sacrement, on ne peut pas supposer qu'on dût les revêtir du sacré caractère qui leur donnait droit de le consacrer et de le distribuer. Torquemada composa sa Monarquia indiana environ un siècle après la conquête de la Nouvelle-Espagne, et cependant, de son temps, c'était encore un usage général d’exclure les Indiens des ordres sacrés : nous avons la preuve la plus incontestable de ce fait. Après avoir célébré au long et avec toute la complaisance d’un missionnaire les vertus des Indiens, Torquemada s'arrête devant l’objection qu'on peut lui faire : « Mais si les Indiens possèdent réellement toutes les bonnes qualités que vous nous dites, pourquoi ne leur permet-on pas de porter l’habit religieux ? Pourquoi ne peuvent-ils devenir prêtres et évéques, comme les Juifs convertis le devinrent dans la primitive église, eux surtout qui pourraient être employés avec tant d'avantage de préférence aux autres, pour l’instruction de leurs compatriotes P» ( liv. xvit, chap. xur.)

En réponse à cette objection, qui établit de la manière la moins équivoque quel était l’usage général à cette époque, Torquemada remarque que, bien que les Indiens soient, par la mansuétude de leurs mœurs, tout-

à-fait propres à une situation subordonnée, ils sont néanmoins privés de toutes les qualités nécessaires dans un emploi qui veut de la dignité et de l'autorité ; et qu'ils sont, en général, si enclins à l’ivrognerie, qu’ils cèdent à la moindre tentation, et qu’on n'est jamais certain qu’ils se conduiront avec la décence nécessaire au caractère eæxlésiastique. Lacconvenance de les en exclure, d’après ces motifs, est, ajoute:t-il, si bien justifiée par l’expévience, qu’un étranger de profonde érudition, qui était arrivé d'Espagne, ayant d’abord condamné cette pratique de l’église mexicaine, il fut bientôt convaincu de son erreur par une discussion publ'que qu'il eut avec ‘e savant et très pieux frère don Juan de Gaona, et nous possédons encore sa rétractation. Torquemé' : :-

connaît bien, à la vérité, comme M. Clavigero le remarque en s’en félicitant, que de son temps quelques Indiens avaient été admis dans les monastères ; mais avec tout l’art des disputans de l’école, M. Clavigero oublie de mentionner que Torquemada ne cite que deux exemples, etajoute que même dans ces deux cas, c'était par erreur qu’ils avaient été admis. Je me suis confié dans l'autorité de Torquemada pour la Nouvelle-Espagne, et dans celle d'Ulloa pour le Pérou ; et en considérant l’état d’humi« liation et d'abaissement des Indiens dans tous les établissemens espagnols , j'avais conclu, de tous ces témoignages réunis, que les Indiens n'étaient pas admis dans l’état ecclésiastique , qui est en grande vénération par tout le Nouveau-Monde.

Mais lorsque j'ai vu M. Clavigero, d'apres sa propre connaissance, assurer l'existence de fails si opposés à ceux que j'avais regardés comme vrais, j'ai commencé à me méfier de mes inductions et j'ai cherché de nouveaux renseignemens. Afin de me les procurer, je me suis adressé à un noble Espagnol, placé dans de hauts emplois et distingué par ses talens, et qui, dans différentes occasions, m'avait permis de profiter des avantages de sa correspondance. Voici sa réponse :

«Ce que vous avez écrit sur l’admission des Indiens aux ordres sacrés ou dans les monastères dans votre livre vai, et particulièrement l'explication que vous en donnez dans la note de votre éditien in-4°, est en général exact et conforme aux autorités que vous citez. Bien que la congrégation du conseil ait annoncé, le 12 février 1682, qu'il ne suffisait pas d’être Indien, mulâtre ou métis pour être déclaré incapable d’être admis dans les ordres, que d’ailleurs on possédait tout ce qui est prescrit par les canons pour obtenir ce privilége, cela ne prouve qu’une chose, c’est que de telles ordinations seraient valides ( ce dont Solorzano et les jurisconsultes et historiens espagnols cités par lui dans sa Pol. Znd., liv.n1, chap. xxIx, étaient convaincus); mais cela ne prouve ni la pratique d'admettre les Indiens dans les ordres, ni l’usage commun relatif à cette admission. Cela montre, au contraire, qu’il y avait beaucoup de doutes sur l’ordination à conférer aux Indiens, et beaucoup de répugnance à la faire.

«Depuis cette époque il y a eu quelques exemples d’admission d’Indiens dans les ordres. Nous avons à Madrid en ce moment un prêtre âgé, natif de Tlascala. Son nom est don Juan Cerilo de Castilla Aquihual Catehutlc, descend d’un cacique converti au christianisme peu de temps après la conquête. Il avais étudié les sciences ecclésiastiques dans un séminair. de Puebla de los Angelos; il a été cependant un ai avant d'obtenir la prêtrise, et il a fallu s'appuyer vive. ment près de l’évêque Abren pour qu'il consentit à l'ordonner, Cet ecclésiastique est du caractère le plus honorable , rnodeste, désintéressé, et avec une ample

connaissance de tout ce qui se rapporte à ses fonctions ecclésiastiques. il est venu à Madrid, il y a environ

trente-quatre ans, dans le seul but de solliciter l’admission des indiens dans les colléges et séminaires de la Nouvelle-Espagne , afin que si, après une instruction solide etun examen sévère, ils sentaient quelque inspiration d'entrer dans l'état ecclésiastique, ils pussent l'embrasser et s’acquitter de leurs devoirs pour le plus grand béné

* fice de leurs compatriotes qu'eux seulsils pouvaient in.

856 NOTES ET ECLAIRCISSEMENS

terroger dans leur propre langue. Il a obtenu quelques règlemens favorables à ce sujet, et particulièrement que le premier collége devenu vacant par suite de l'exclusion des jésuites, serait réservé à cet effet. Mais ni ces règlemens, ni aucune autre des lois des Indes, n'ont produit jusqu'ici aucun effet, par suite des objections et des représentations de la plus grande partie des hommes les plus considérables employés dans la Nouvelle-Espagne.

«Cette opposition est-elle fondée en raison ou ne l’estelle pas? C’est un problème difficile à résoudre, e! pour la solution duquel il faut établir diverses distinctions et modifications.

«D'après les renseignemens donnés par cet ecclésiastique et par d'autres personnes qui ont habité dans les possessions espagnoles d'Amérique, vous pouvez être assuré que, dans tout le royaume de la Terre-Ferme, on ne sait pas ce que c'est qu'un prêtre indien ou qu’un moine de race indienne, et que, dans toute la Nouvelle- Espagne il y a extrémement peu d'ecclésiastiques indiens. Peut-être y en a-t-il davantage dans le Pérou, attendu que dans ce pays il se trouve un assez grand nombre d’Indiens en état d'acquérir l'éducation nécessaire à ceux qui aspirent au caractère ecclésiastique.»

NOTE 185, p. 735.

Ustariz, calculateur exact et circonspect, paraît admettre que la quantité d'argent qui ne paie point de droit peut être évaluée à cette somme. Suivant Herrera, ii n’y avait pas plus du tiers de l'argent venant du Potose qui payät le quint du roi. (Decad. VII, liv. 1, chap. xv.) Solorzano dit aussi que la quantité d'argent qui circule en fraude est beaucoup plus grande que celle qui est monnayée légalement après avoir payé le quint. ( De Jure ind., vol. 11, lib. v, p. 846.)

NOTE 186, p. 736.

Lorsqu'on découvrit les mines du Potose en 1545 , les filons étaient si près de la surface qu’on eu tirait facilement le minerai, et si riches qu'on l'affinait sans beaucoup de peine et à peu de frais, principalement par l’action du feu. Cette méthode d'affiner par la simple fusion continua jusqu’à l’année 1574, où l'on découvrit l'usage du mercure pour affiner l'argent aussi bien que l'or. Comme on exploite ces mines depuis deux siècles sans interruption, les filons se trouvent aujourd’hui à une telle profondeur que les dépenses pour en tirer le minerai sont devenues plus considérables. D'ailleurs, ce qui est contraire à ce qui arrive dans la plupart des autres mines, la richesse des filons a diminué à mesure qu'on a fouillé plus profondément, et mème à un tel point qu’on est étonné de ce que les Espagnols persistent à lesexploiter. On a découvert successivement d’autres mines ; mais en général la valeur du minerai a diminué considérablement , tandis que la dépense de l'extraction a augmenté; de sorte que la cour d’Espagne a réduit, en 1736, le droit du quint pour le roi à un dixième.

Tout le vif-argent dont on se sert dans le Pérou est tiré de la fameuse mine de Guanacabelica, découverte en 1563. La couronne s'est réservé la propriété de cette mine, et les personnes qui achetaient ce vif-argent en

payaient non-seulement la valeur, mais encore un quint comme un droit dù au roi Mais en 1761 on abolit ce droit sur le vif-argent, à cause de l'augmentation de la dépense qu'exige aujourd’hui l'exploitation des mines. (Ulloa, Entretcnimientos, 12-15, Foy. 1, p. 505- 523). Les lecteurs qui désireront d'apprendre la manière dont les Espagnols procèdent dans la fouille de leurs mines et l'affinage du minerai, en trouveront une description exacte dans Acosta (lib. rv, c. 5, xt). Leurs améliorations les plus récentes dans l'art métallurgique sont écrites par Gamboa. ( Comment. sur les ordonnances des mines, c.xx11.)

NOTE 187, p. 737.

En conséquence de l'abolition de ce quint, et de quelques diminutions faites postérieurement sur le prix du vif-argent, opérations que l’augmentation des dépenses pour la fouille des mines avait rendues nécessaires, le vif-argent qui se vendait autrefois quatre-vingts pesos le quintal se donne aujourd'hui par le roi à soixante pesos. (Campomanès, Educ. popul., 1, p. 132, note.) Le droit sur l'or est réduit à un vingtième ou à cinq pour cent

Il y a plusieurs preuves frappantes de l'état florissant où l'industrie était en Espagne au commencement du seizième siècle. 11 y avait en Espagne un nombre considérable de villes, qui toutes étaient peuplées fort au-delà de la proportion commune des autres parties de l’Europe; j'en ai expliqué la cause dans l’Aistoire de Charles: Quint (tom. 1, p. 148, de la trad. in-4°). Partout où les villes sont peuplées, l'espèce d'industrie qui leur est particulière y augmente, et les ouvriers et fabricans y abondent. L’impulsion que le commerce de l'Amérique donne à leur activité peut être clairement prouvée par un seul fait. En 1545, tandis que l'Espagne continuait à fournir ses colonies du fond de sa propre industrie, on commanda aux manufactures une si grande quantité de travail qu'on ne crut pas qu’elles pussent l'achever en moins de six ans. (Campomanès, p. 406. ) Une demande si considérable doit avoir donné un grand mouvement à l'industrie et avoir fait faire des efforts considérables. Nous apprenons qu’au commencement du règne de Philippe 11, Séville seule, où le commerce avec l'Amérique était concentré, n’occupait pas moins de seize mille métiers d’étoffe de soie et de laine, et cent trente mille ouvriers occupés à ces manufactures. (Campomanès, I, p. 472). Mais l'influence des causes que je détaillerai plus bas fut si rapide, qu'avant la fin du règne de Philippe Ill, le nombre des métiers de Séville était réduit à quatre cents. (Ustariz, c. var.)

Depuis la publication de la première édition de cette Histoire, j'ai eu la satisfaction de voir mes idées sur les relations commerciales de l'Espagne avec ses colonies confirmées et éclaircies par D. Bernardo Varo, membre de la junte de commerce de Madrid, dans son Proyecto economico (part.u, v.1).« Sous les règnes de Charles V et de Philippe I, dit cet écrivain, les manufactures d'Espagne et celles des Pays-Bassoumis à sa domination, étaient dans l’état le plus florissant, tandis que les manufactures de France et d'Angleterre étaient encore dans l'enfance. La république des Provinces-Unies n'exis-

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tait pas encore. L'Espagne était la seule puissance de | d'audience de Quito et gouverneur de la province : son l'Europe qui fondât dans le Nouveau-Monde des colonies | témoignage mérite le plus grand crédit, parce qu'il a été de quelque importance ; elle pouvait alimenter les éta- | témoin oculaire des faits qu'il ranporte, et qu'il a été blissemens qu'elle y avait formés , avec les productions | souvent employé à découvrir et à constater les fraudes de son propresol les bras de ses propres artisans étaient | dont il parle. 11 est cependant probable que comme sa employés dans les manufactures, et tout ce qu'elle re. | représentation a été rédigée au commencement de la cevait en retour appartenait à elle seule. L'exclusion des | guerre qui se déclara entre la Grande Bretagne et l'Esproduits des manufactures étrangères était alors conve- pagne en 1739, elle est peut-être exagérée en quelques nable, parce qu'elle pouvait faire exécuter cette €x- | points. Le détail qu’il donne des faits est eurieux, et se clusion. L'Espagne pouvait à cette époque imposer des | trouve même en quelque sorte confirmé par des auteurs droits considérables sur les marchandises exportées en anglais, qui conviennent qu'il se commettait beaucoup Amérique ou qui en étaient importées, et elle avait la | de fraude dans l'expédition du vaisseau annuel, et que faculté de mettre toutes les restrictions qu'elle jugeait | le commerce de contrebande de la Jamaïque et des coloconvenables à un commerce qui était tout entier dans nies ar.{laises était devenu très considérable. Mais on peut ses mains ; mais lorsque le temps et les révolutions suc- : observer, à l'honneur de la nation anglaise , que ces opécessives eurent modifié cet état de choses, lorsque les rations frauduleuses ne doivent pas être regardées comme manufactures d'Espagne eurent commencé à décliner, | des faits de la compagnie, mais comme une pratique les maximes qu'elle avait adoptées dans l'origine et les | déshonorante de ses facteurs et de ses agens. La comparègles qu'elle avait d'abord suivies auraient dû être ap- | Gnie elle-même souffrit une perte considérable par le propriées à son changement de situation. Ce qui était | commerce de l’Assiento, tandis que plusieurs de ses em-

| | | | | sage à une époque est devenu absurde à une autre. | ployés ont fait une fortune immense. (Anderson , Chro- | nol. deduct., tom. 11, p. 388.) | | | | |

NOTE 189, p. 740.

Jamais on n'ouvre aucune balle de marchandises et , jamais on n'examine aucune caisse d'argent ; on reçoit. les unes et les autres sur la déclaration verbale des per- | sonnes à qui ces eftets appartiennent, et on ne trouve

NOTE 192, p. 745.

Il y a plusieurs faits curieux concernant l'institution, les progrès et l'influence de cette compagnie, qui sont peu connus des lecteurs anglais. Quoique la province de qu'un seul exemple de fraude pendant un long période | Venezuela ou Carracas occupe une étendue de quatre que ce commerce s’est fait avec celte noble confiance. | cents milles le long de la côte , et qu’elle soit une des Tout l'argent monnayé, porté du Pérou à Porto-Belloen | plus fertiles de l'Amérique, elle fut si négligée par les 1654, se trouva altéré et mélé dune cinquième partie de | Espagnols que, pendant les vingt années qui précédèrent mauvais métal. Les négocians espagnols , avec leur ipté- | l'établissement de la compagnie, il ne partit que cinq grité ordinaire, suportèrent la perte entière et indemni- | vaisseaux d’Espagne pour cette province; et depuis 1706 sèrent les étrangers qui les employaient. On découvrit la jusqu’à 1722, c'est-à-dire pendant seize ans, il n’arriva fraude, et le trésorier des finances du Pérou, qui en était | pas un seul vaisseau de Carracas en Espagne. ( Noticias l'auteur, fut brûlé publiquement. (B. Ulloa, Rétablis. | delarealcompagnia de Carracas, p. 28.) Pendant des manuf., etc. B. 2, p. 120.) | tout ce temps, l'Espagne a été obligée d'acheter de l'étranger la grande quantité de cacao qu’elle consom- NOTE 190, p.742. mait. Avant l'établissement de la compagnie, Carraque

è ! n’envoyait en Espagne ni tabac ni cuirs. (Zbid. , p. 117.)

On'rouTepILHeUrS" proUves remarquables de la ra- | Mais depuis que la compagnie a commencé ses opérations relé de l'argent en Espagne. De toutes les sommes IM= | en 734, l'importation du cacao en Espagne a considéramenses qu'on y a importées de l'Amérique, objet dont jjement augmenté. Pendant les trente années qui ont nous aurons occasion de parler dans lasuite, Moncade : &,; 1704, le nombre des fanègues de cacao ( de cent assure qu'en 1619, il nerestait pas en Espagne au-delà à Gix livres chacune) qu'on a importées de Carraque monde deux cent millions a pesos, la Li itié en argent | {aient à six cent quarante-trois mille deux cent quinze, monnayé, le reste en vaisselle et en bijoux. (Resfaur. | {ndis qu'il en est entré, pendant les dix-huit années de Espagna, disc. a, c. 1.) Ustariz, qui publia son excel Qu ont suivi 1731, huit cent soixante-neuf mille deux lent ouvrage en 1724, prétend qu'il ne restait pas alors | Lt quarante-sept fanègues ; et sl nous supporons qu'on pour cent millions de monnaie, de vaisselle et de bijoux. continue d'en importer dans la même proportion pen- (Théorie, etc. ,c. ur.) Campomanés, d’après une remOn- | ant les douze années qui restent pour faire les trente , trance de l’université de Tolède à Philippe Ill, observe, | Je nombre ira à un million quatre cent quarante-huit cornme une preuve certaine 9 Le rarolé de FArReDt que | mille sept cent quarante-six fanègues ; ce qui fait une les personnes qui prétaient de l'argent recevaient pOur | a nentation de huit cent cinq mille cinq cent trenteintérèt un tiers de la somme qu'ellesavançaient. (Æduc. | Le fanègues. ( /bid., p. 148.) Pendant les huit années popul. 1, p. 417.) subséquentes à 1756, la compagnie a importé en Espagne quatre-vingt-huit mille quatre cent quatre-vingt-

NOR SEE. 7 deux arobes ( chacun de vingt-cinq livres ) de tabac, et

Ce récit de la manière dont les facteurs de la compa- | cent soixante dix-sept mille trois cent cinquante quatre guie de la mer du Sud faisaient leur commerce à lafoire cuirs. (Zbid., p. 161.) 11 paraît que depuis la publication de Porto-Belo, qui leur fut ouverte par l’Assiento, a été des Noticias delacompagniaen 1765 , son commerce à tiré de don Dion Alcedo y Herrera, président de la cour : fait des progrès. Pendant les cinq années qui ont suivi

ne ee QE CCR

es

1769, elle a importé cent soixante dix-neuf mille cent Cinquante-six fanègues de cacao en Espagne, trente-six mille deux cent huit arobes de tabac, soixante-quinze mille quatre cent quatre-vingt-seize cuirs et deux cent vingt-un millequatre cent trente-deux pesos en espèces. ( Campomanès, tom. 11, p. 162.) Ce dernier article est une preuve de l'accroissement des richesses de la colonie, Elle reçoit de l'argent du Mexique en retour du cacao qu’elle fournit à cette province, et cet argent est envoyé en Espagne ou employé à acheter des marchandises d'Europe. Outre cela, on a la preuve la plus évidente que cette province donne le double du cacao qu’elle produisait en 1731. La quantité des bestiaux y est plusque triplée, et le nombre des habitans a considérablement augmenté. Les revenus de l'évêque, qui ne consistent qu’en dimes, sont augmentés de huit jusqu’à vingt mille pesos, (oticias, p. 69. ) L'augmentation de

la quantité de cacao importé en Espagne en a fait bais- |

ser le prix de quatre-vingts à quarante pesos la fanègue. (Zbid., p. 61.)

Depuis la publication de la première édition de cet | Ouvrage, j'ai appris que la Guiane, comprenant toutes | les provinces considérables situées sur les rives de l'O- | rénoque, les îles de la Trinité et de la Marguerite ont :

été ajoutées aux pays avec lesquels la compagnie de Carracas avait la liberté de commercer par sa première Charte, (Real Cedula du 19 novembre 1776. ) Mais j'ai appris également que l'établissement de cette compagnie n'a pas été suivi de tous les effets avantageux que je lui avais attribués. Plusieurs de ses opérations portent l’empreintè de l'esprit illibéral et oppressif des monopoles. Pour expliquer ceci, il faudrait entrer dans des détails

trop minutieux, qui sortiraient du cadre de cet ouvage. | | la loi, avait à bordun million trois censtreize mille huit

NOTE 193, p. 747.

Cet essai qu’a fait l'Espagne d'ouvrir un commerce

libre avec quelques-unes de ses colonies a produit des |

effets si remarquables, que cet objet mérite quelques éclaircissemens. Les villes auxquelles on a accordé cette liberté sont pour la province d’Andalousie, Cadix et Sé-

ville ; pour celle de Valence et de Murcie, Alicante et |

Carthagène; Barcelone pour la Catalogne et l’Aragon ; Santander pour la Castille ; la Corogne pour la Galice, et Gyon pour l’Asturie, (#ppend., 1l, a la Educ. popul., p. 41.) Ce sont là les ports du principal commerce de leurs districts respectifs, ou ceux qui sont situés le plus commodément pour l'exportation de leurs productions respectives. Les faits suivans nous donneront une idée des progrès du commerce dans les établissemens qui ont joui de ces nouveaux règlemens, Avant la liberté du commerce, les droits qu'on percevait à la

‘douane de la Havane: allaient à’ cent quatre mille deux | cent huit pesos par an. Pendant les cinq années qui ont | précédé 1774, ils montatent, année commune, à trente- |

huit mille pesos. A Yucatan, les droits ont augmenté de huit mille pesos à quinze mille; à Hispaniola, de deux mille cinq cents à cinq mille six cents ; à Porto-Rico, de mille. deux cents à sept mille. En 1774, on évaluait le total des marchandises importées de Cuba en Espagne à un million cinq cent mille pesos. (Educ. popul., tom.l, p- 460 , etc.)

NOTE 194, p. 749.

Un en trouve une preuve remarquable dans les deux traités de don Pedro Rodrigue Campomanès, fiscal du conseil royal et suprême (charge à peu près égale en dignité et en pouvoir à celle de procureur général en Angleterre), et directeur de l’Académie royale d'histoire: l'un intitulé : Discurso sobre el fomento de la industria popular; l'autre : Discurso sobre la educ. popular de los artesanos y su fomento; le premier publié en 1774, et le second en 1775, Presque tous les points de quelque importance touchant la police intérieure, les impôts, l’agriculture, les manufactures, le commierce, tant domestique qu'étranger, sont discutés dans ces ou vrages : il y a peu d'auteurs, même parmi les nations lés plus versées dans le commerce, qui aïent poussé si loin leurs recherches, avec une: connaissance aussi approfondie de ces différens objets et avec un plus parfait mépris pour les préjugés nationaux et populaires, ou qui

| aient uni plus heureusement le calme des rechérches phi-

losophiques avec le zèle ardent d’un citoyen animé par l'amour du bien public. Ces deux ouvrages sont fort estimés des Espagnols , ce qui est une preuve évidente du progrès de leurs lumières, puisqu'ils sont en état de goûter un auteur qui pense avee tant d'élévation et de liberté.

NOTE 195, p. 760.

Le galion employé à ce commerce, au lieu de six cents

, tonneaux, auxquels il est limité par la loi (Recop.,

lib. xzv, 1, 15), est ordinairement de douze cents à deux

mille tonneaux de port. Le vaisseau d’Acapulco, pris par

le lord Anson, au lieu de cinq cents mille pesos que porte

cent quarante trois pesos, sans compter l'argent non monnayé montant à quarante trois mille six cents onze pesos de plus. (Anson’s Voyage, pag. 384.)

Le prix de la bulle varie suivant le rang des personnes. Celles du moindre ordre, telies que les domestiques ou les esclaves, paient deux réaux de plata ou environ vingt

sous de France; d’autres Espagnols paient huit réaux , et,

ceux qui occupent des charges publiques ou qui possèdent des encomiéndas, sont taxés à seize réaux. (Solorz. , de Jureind.,v. M, hibeur, 1:25.) Suivant Chilton, négociant qui a résidé long-temps dans les établissemens espagnols,

| la bulle de la Croisadese vendit plus cher en 1570, puisque | le plus bas prix était alors de quatre réaux, (Hakluyt, II,

pag. 461.) Ce prix narait avoir varié en différens temps. Le droit levé pour la bulle par la dernière predicacion se verra par la table suivante qui donnera quelque idée du nombre proportionnel des différentes classes de vitoyens dans la Nouvelle-Espagne et dans le Pérou,

On donna pour la Nouvelle-Espagne :

fait, n qu'il é départ quent n’a do:

nus de les pa:

curieu

ble dans les deux omanès, fiscal du eu près égale en ureur général en royale d'histoire:

nlo de la induse la educ. popule premier publié tous les points de e intérieure, les 8, le commierce, utés dans ces ourmi les nations lés ent poussé si loin ince aussi approà plus parfait méopulaires, ou qui es rechérches phiitoyen animé par açses sont fort es- ‘euve évidente du \ sont en état de d'élévation et de

\ lieu de six cents

la loi (Recop., Juze cents à deux capulco, pris par le pesos que porte streize mille huit ter l'argent non le six cents onze

if des personnes, omestiques ou les ju environ vingt nt huit réaux , et, es ou qui possè- : réaux. (Solorz., hilton, négociant mens espagnols, en 1670, puisque ux, (Hakluyt, HI, différens temps.

re predicacion era quelque idée les classés de cile Pérou.

Pour le Pérou , à 16 pesos 4 14 réaux. . . 3 | à 3pesos3 réaux... 14,202 à 1peso 5! ,réaux . .' 78,822 D APOUT + 410,325 à Sréaux,. ..... 668,601

NOTE 197, p.751.

Villa-Segnor , à qui nous devons la connaissance de ce fait, mérite la plus grande confiance sur ce point, parce qu'il était receveur général d'un des plus considérables départemens des revenus du roi, et qu’il était par conséquent à portée d'être bien informé. Jusqu'à présent on n’a donné en anglais aucun détail aussi exact des revenus de l'Espagne dans aucune partie de l'Amérique, et les particularités en pourront paraitre intéressantes et curieuses à quelques lecteurs.

De la bulle de la Croisade, publiée tous les deux ans, il provient un revenu annuel de 150,000

mm rm

Du droit sur l'argent . ........ 700,000 Du droit sur l'or. . ... Vanier 60,000 De la taxes sur les cartes, . . . . . .. . .. 70,000 Dé la taxe sur le pulque, boisson dont les Indiens font usage . ............ . 161,000 De la taxe sur le papier timbré. . ... 41,000 De la taxe sur la glace. . . . . . . eve 15,522 De la taxe sur le cuir . . . . .. Fine 2,500 De la taxe sur la poudre à canon. . ... 71,550 De la taxe sur le sel. . . . . . .. RL L 32,000 De la taxe sur le cuivre de Mechoacan . 1,000 De la taxe sur l’alun. ......... Et 6,500 De la taxe sur le jeu de cogs. . . : . . . . 21,100 De la moitié des annates ecclésiastiques. . . 49,000 Du neuvième du roi sur les évéchés, etc. . 68,800 | Du tribut des Indiens. . . . . «.... .. 650,000 De l'alcovala, ou du droit sur la vente det PO RC OCT 721,875 De l'almojarifasgo (douane). . . . . . . 373,333 De la monnaie . ....... +... 357,500

Total .... 3,552,680

Cette somme revient à environ 18,431,122 livres tournois, et si nous ajoutons ce qui provient de la vente de cinq mille quintaux de vif-argent importé en Espagne

des mines d'Almaden, pour le compte du roi, et ce qui | revient de l’Averia et de quelques autres taxes, dont |

Villa-Segnor n’a pas parlé, on peut évaluer le tout à près de vingt-trois millions. (Teatr.meæ., vol. 1, p. 38.) Suivant Villa- Segnor , le produit total des mines du Mexique monte, année commune, à huit millions de pesos en argent et à cinq mille neuf cent douze marcs d'or. (Zbid., p.44. }On a parlé dans le cours de cette his-

toire de plusieurs branches du revenu ; quelques-unes de |

celles dont on n'a pas eu occasion de faire mention de-

mandent un détail particulier. Le droit des dîmes dans | le Nouveau-Monde a été accordé à la couronne d'Es- | pagne par une bulle d'Alexandre VI. Charles-Quint en ! régla la répartition de la manière suivante : un quart est |

accordé à l’évêque du diocèse, un autre quart au doyen et au chapitre et aux autres officiers de la cathédrale,

La moitié qui reste est divisée en neuf parties égales,

dont deux, sous la dénomination de los dos novenos reales, sont payées à la couronne et font une branche du revenu du roi. Les sept autres parties sont destinées au maintien du clergé de la paroisse, à la construction et à l'entretien des églises et autres usages pieux. ( Recopil., lib. 1, tit. xvi, ley 23, etc. Avendano, Thesaur. indic., vol. 1, p. 148.)

L'alcovala est un droit levé en forme d’accise sur la vente des effets. En Espagne il monte à dix pour cent, et en Amérique , à quatre pour cent, (Solorzano, Polit. ind., lib. vi, cap. vi. Avendano, vol. À, p. 186.)

L'almojarifasgo, ou le droit qu’on paie en Amérique des marchandises importées et exportées, peut monter, année commune, à quinze pour cent. (Recopil., lib. vin, tit. xvz, ley 1. Avendano, vol. 1, p. 188.)

L'averia , ou la taxe payée pour le convoi des vaisseaux qui arrivent et qui partent de l'Amérique, fut imposée pour la première fois lorsque François Drake remplit le Nouveau-Monde de terreur par son expédition dans la mer du Sud. Elle monte à deux pour cent sur la valeur des marchandises. (Avendano, vol. 1, p. 189. Recopil., lib, xri, tit. 1x, leÿ 34, 44.)

Je n'ai pu: me procurer un détail exact des différentes branches des revenus dans le Pérou, postérieur à 1614. Suivant un manuscrit curieux concernant l’état de cette vice-royauté dans tous ses départemens, présenté au marquis de Montès Claros, par Franc. Lopez Caravantès, receveur général du tribunal de Lima, il parait que le revenu public, autant que je puis estimer la valeur de l'argent dont Caravantès s’est servi pour ar-

ducats.

rêter ses comptes, s'élevaient à . . . ... 2,372,768 Dépenses du gouvernement. . . . . : . : 1,242,992 Revenunet...........4..: ... 1.129,776

Le total en livres tournois. . . . . .. .. 13,124,317 Dépenses du gouvernement. . . . . . .« . 6,875,280

Revenu net... eee... 6,249,037

Mais il paraît qu’on a omis prusieurs articles dans ce compte, tel que le droit sur le papier timbré, sur les cuirs, sur les annates, etc. , de sorte qu'on peut regarder le revenu du Pérou comme égal à celui du Mexique.

En faisant le calcul des dépenses du gouvernement de

la Nouvelle-Espagne, je puis prendre pour modèle ce- Jui du Pérou , où la charge annuelle de l'administration excède là moitié du revenu: il n’y a pas lieu de croire qu’elle soit moins considérable dans la Nouvelle - Es- | pagne.

Je me suis procuré un état du revenu total que l’Es- | pagne tire de l'Amérique et des iles Philippines, qui est de plus fraiche date qu'aucun des autres états, comme | Je lecteur le verra par les deux derniers articles.

Alcovalas ( Accise ) et aduanas (Droits

de douane, etc.) ...... true 2,500,000

Droit sur l'or et sur l'argent. . . . . . . . 3,009,000

Bulle de la Croisade . . ........4.: 1,000,000

Tribut des Indiens, .. ........: 2,000,000

| La vente du vif-argent .... ..:.: 300,000

A reporter .. +... ++ 8,800,000

D'autre part , + . Es 8,800,000 Papier exporté pour compte ‘du roi et

vendu dans les magasins royaux . , 300,000 Papiertimbré,tabacet autrespetits droits 1,000,000 Droit de monnayage à raison d'un réal

d'argent pour chaque mare , , , . 300,000 Du commerce d'Acapulco, et du cabotage

de province en province . , CEE 500,000 La traite des nègres . . , . 200,000 Du commerce du mathé ou herhe du Pa-

raguay, dont les jésuites avaient autrefois

le monopole . , + , . . 500,000 Des autres revenus appartenant ‘autre

fois à cette société , , . . , . . . 400,000

Total. . « + 12,000,000

Total en livres tournois. . 60,750,000 Déduction faite de la moitié pour ‘les dé-

penses de l'administration, il reste en re-

venu libre et net . . . . . . . .« « « .« 30,375,000

NOTE 198, p. 151.

Un auteur, qui a longtemps suivi les spéculations du commerce, a calculé que les seules mines de la Nouvelle- Espagne rapportent tous les ans au roi pour son quint

environ quarante-cinq millions de livres tournois. (Har- |

ris, Collect. of voy. vol, Il, p. 164.) Suivant ce calcul,

le produit tolal des mines doit être d'environ deux cent |

vingt-cinq millions tournois, somme si exorbitante et si peu conforme aux détails qu’on a de l'importation annuelle de l'Amérique, que les rapports sur lesquels ce calcul est fondé sont évidemment erronés. Suivant Campomanès, on peut compter le produit total des mines de l'Amérique à trente millions de pesos, qui, à quatre schellings et demi, feraient 7,425,000 livres sterling, dont le quint du roi, s'il était exactement payé,

ferait 1,485,000 livres sterling. Mais il faut déduire de | cette somme les dépenses de l'administration qui sont très-considérables, comme il le paraît par la note précédente. (£duc. popular, vol. 11, p. 131, note.)

NOTE 199, p. 752.

Suivant Ulloa, toutes les marchandises étrangères exportées d'Espagne en Amérique, paient différentes espèces de droit montant ensemble à plus de vingt-cinq pour cent. Comme la plus grande partie des marchandises dont l'Espagne fournit ses colonies viennent de l'étranger, ces droits sur un commerce si étendu doivent produire un revenu considérable. (Rétabliss. des manufact. et du commerce d'Espagne, p. 150.) 11 estime la valeur des marchandises exportées annuellement d'Espagne en Amérique, à huit, dix ou douze millions de piastres, (Ibid, p. 91)

NOTE 200, p. 752.

Si l’on en croit Gage, le marquis de Serralvo gagnait tous les ans un million de ducats, par le monopole du sel et par la part considérable qu'il prenait dans le commerce de Manille et d'Espagne. 11 fit passer, dans une

seule année, un mälion de ducats en Espagne, afin d'obtenir du comte Olivarès et de ses créatures une prolongation dans son gouvernement (p. 61).

Ïl obtint sa demande et continua d'occuper cette place depuis 1624 jusqu'en 1636, ce qui fait le double du temps ordinaire,

Extrait succinet de la lettre de Cortès à l'empereur, dont il est parlé dans la Préface.

Cette lettre est datée du 6 juillet 1519. Cortès, dans sa seconde lettre, dit qu'elle fut expédiée le 16 juillet,

Le grand objet des auteurs de cette lettre était de justifler leur conduite en établissant une colonie indépendante de la juridiction de Velasquez. Dans cette vue, ils cherchent à diminuer le mérite que ce gouverneur pouvait avoir eu en équipant les deux premiers armemens sous Cordoval et Grijalva, et ils prétendent que ces ar-

| memens avaient été faits, non par Velasquez, mais par

les aventuriers engagés dans cette expédition. Ils tâchent aussi de déprécier les services de Cordova et de Grijalva, pour faire valoir davantage l'importance de leurs propres exploits.

Ils prétendent que le seul objet de Velasquez avait été de commercer ou de faire des échanges avec les naturels du pays, et non de conquérir la Nouvelle-Espagne ou d'y

établir une colonie. C'est ce que B. Diaz del Castillo ré-

pèle souvent (cap. x1x, XL1, XLII, etc.). Mais il paraît qu'il eût élé inutile de faire des armemens si considérables si Velasquez n'avait pas eu pour but cette conquête et cet établissement.

Ils disent que Cortès fournit la plus grande partie des fonds nécessaires pour cet armement; mais cela ne s'accorde pas avec la médiocrité de sa fortune, suivant Gomara (Chron., cap. vn, et B. Diaz, cap. xx), ni avec ce

| que j'ai dit, note 97.

Is observent que quoiqu'un grand nombre d'Espagnols eussent été blessés en différentes rencontres avec les habitans de Tabasco, il n'en mourut pas un seul, et que tous 8e rétablirent en fort peu de temps ; ce qui paraît confirmer ce que j'ai observé, pag. 603, concernant l’imperfection des armes offensives des Américains.

Ils donnent une idée des mœurs et coutumes des Mexicains. Ce récit est fort court ; et comme ils n'avaient résidé que peu de temps dans le pays, sans avoir une grande « communication avec les naturels, il est aussi défectueux qu'inexact. Ils décrivent avec beaucoup de soin et avec un sentiment d'horreur des sacrifices humains offerts par les Mexicains à leurs dieux, et assurent que quelquesuns d’entre eux ont été témoins oculaires de cette bar bare cérémonie.

Ils ont joint à leur lettre un catalogue ct une description des présens envoyés à l’empereur. Celui que Gomara a publié (Chron., cap. x1x), paraît copié sur celui-ci, et P. Martyr en décrit plusieurs articles dans son traité de Insulis nuper inventis, pag. 354, ete.

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